30 novembre 2013 6 30 /11 /novembre /2013 10:14

Les soirées d'intégration étudiante. Ou soirées beuveries. Je vous annonce tout de suite la couleur, cet article ne sera pas une ode aux soirées festives où l'on boit avec modération. C'est que j'ai une petite histoire qui m'est arrivée il y a quelques semaines, et je pense qu'elle vaut le coup d'être entendue (ou lue).

Je considère que ne pas boire d'alcool est un choix fait contre la société. Que c'est un choix plus difficile qui n'y paraît, que c'est un choix qu'il a fallu imposer. Qu'il m'aurait été plus facile de me laisser entraîner. Voyez-vous, je refuse de boire depuis de nombreuses années, depuis ce choix que j'ai fait lors d'une soirée du collège. Depuis je m'y suis tenu, malgré les demandes incessantes. Combien de personnes m'ont proposé un verre depuis ce temps là ? 100 ? 1 000 ? 5 000 ? On doit être dans cette fourchette. C'est que je suis sorti pas mal pendant ma jeunesse (qui continue). Et que très souvent, quelqu'un m'a proposé un verre. Ma réponse était toujours la même, non.

Dire non à un verre d'alcool, c'est subir des moqueries. « Tu ne sais pas t'amuser ». Commandez une grenadine à l'eau au café, vous verrez parfois la réaction du serveur. Un petit rire. Surtout quand je suis le seul. A Lille, dans un pub irlandais, on m'a déjà tenu le crachoir cinq minutes un soir de Saint-Patrick pour me faire changer d'avis. Pour me dire que c'est soirée Guiness, qu'il faut que j'en prenne une, qu'il y a beaucoup de monde dans le café, que certains n'ont pas pu entrer. Alors c'est mieux que je consomme une Guiness. Non. Vraiment. Non.


L'une de mes tandems est étudiante en sport. Elle m'évoquait les soirées d'intégration étudiante. Tous dans une hutte, au milieu d'une montagne. Chaque petit groupe reçoit un seau de bouteilles. Je suis un peu choqué. Selon moi, ça pousse à la consommation.


Le débat a commencé à apparaître avec Alba. Je lui expliquais que pour moi la société nous pousse à boire. Que malgré la petite mention du « boire avec modération », la publicité est omniprésente. Que l'alcool va toujours avec l'image de fête. Le débat s'est prolongé sur les soirées étudiantes, et notamment les soirées intégration. Un bierathlon. C'était l'épreuve à laquelle était invitée Alba. L'idée était simple : une course dans la ville de Fribourg, avec un nombre de bières à boire. Le premier groupe arrivé avec les bières vides a gagner. Elle considérait que cela ne pousse pas les gens à boire. J'étais en désaccord.

Ses arguments tenaient la route. Celui qui n'a pas envie de boire ne boit pas. On n'oblige personne. C'est exact. Mais ces soirées étudiantes sont faites pour rapprocher les étudiants. Alors celui qui souhaite s'intégrer doit venir. Cela pousse les personnes à venir, et donc à boire. Non, Alba me réplique que quelqu'un peut bien venir et ne pas boire. C'est vrai. Mais je lui explique qu'il y aura toujours quelqu'un, le plus souvent un garçon d'ailleurs, qui va venir vers cette personne qui ne boit pas pour lui demander pourquoi ? Et pour le pousser un peu. Imaginez faire ce bierathlon avec une boisson sans alcool. Alba m'arrête, me dit que ça ne serait pas pareil. Exact. Donc pour participer, il faut boire de l'alcool. Si tu ne bois pas, tu ne participes pas. Et tu ne t'intègres pas.

Je lui ai pris l'exemple d'un jeu auquel j'ai participé il n'y a pas longtemps. Le gros poulet. Si vous êtes du nord de la France, vous devez connaître. C'est un jeu de dés, à boire. Ce n'est pas forcément mon jeu préféré, mais c'est celui qui a été lancé lors de l'une de mes dernières soirées lilloises. Le jeu est simple: faire boire les autres. De mon côté, je ne bois pas. Bon, étant le seul, je joue tout de même au jeu. Mes amis sont sympas, ils ne me laissent pas tout seul dans la cuisine. Mais ça reste problématique pour certains. Ce n'est pas du jeu pour d'autres. J'entends toujours des petites réflexions « c'est pas drôle avec toi ». Cet exemple, c'est pourtant avec des gens que je connais très bien, avec qui je fais des soirées régulièrement.

Le cap's. Combien de fois des personnes se sont assises en soirée pour jouer au cap's ? Des dizaines de fois sans hésiter. Et moi, forcément, je n'étais pas toujours convié. J'étais en dehors du groupe à ce moment là. Pas de bière pour moi, donc pas de jeu, donc pas de fun. Donc en dehors du groupe, pas intégré.


Je ne sais pas si vous comprenez bien le point important de cet article : pour s'intégrer dans un groupe, surtout quand on est jeune, il est conseillé de boire. J'ai réussi à ne pas le faire, grâce à un mental en acier, forgé au fil des années. Mais combien ont craqué ? Et combien craquent chaque jour ? Combien se disent un jour « non, aujourd’hui, je ne bois pas ». Pour, quelques heures plus tard, se retrouver à moitié saoul, après avoir répondu par les actes aux propos des potes qui leur disaient « allez, un petit verre, allez, ne fais pas ta fillette ! ».

Le problème de la soirée d'intégration, c'est qu'elle ne pousse pas à boire un verre pour le plaisir. C'est qu'elle pousse à boire plus que de raison. Donner un seau d'alcool à un groupe d'étudiants c'est dangereux. Surtout quand on explique que le dernier groupe qui aura fini son seau devra nettoyer les toilettes de la hutte où sont réunis les étudiants de sport.

Je vois peut-être le mal partout. Ou pas.

Lors du week-end d'intégration, le meilleur ami de ma tandem est mort.

Il avait 24 ans. La vie devant lui. Une belle soirée d'intégration s'annonçait. Il a bu, plus que de raison. Le seau. Il ne serait pas le dernier. Il ne laverait pas les toilettes. Il était saoul. Tout d'un coup, il lui a pris l'idée de courir dehors. Drôle d'idée. On a souvent des drôles d'idées quand on est saoul. Et il est parti courir dehors. Le problème, c'est que c'était la nuit. Le problème c'est qu'il y avait du brouillard. Le problème, c'est qu'il faisait froid.
Il a couru. Et il n'a pas été capable de retrouve la hutte où étaient réunis les autres étudiants. Il est mort de froid dans un champ, à un kilomètre de là.

Imaginez un peu les autres étudiants aujourd'hui. Comment ne pas se sentir coupable ? Certes, personne ne l'a obligé à boire. Mais ça n'empêchera pas le sentiment de culpabilité pour tous. Car on parle ici d'un jeune de 24 ans. Imaginez recevoir l'appel qu'on reçu ses parents ce jour là. Imaginez leur vie maintenant.

L'année prochaine, il n'y aura pas de soirée d'intégration à l'université.
 Alcoolisme.jpg

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30 novembre 2013 6 30 /11 /novembre /2013 01:04

Mercredi, j'ai réalisé un petit rêve : entrer dans l'Assemblée Nationale. Non pas que j'eusse été élu à la suite d'une élection passée inaperçue ! J'y suis allé en simple spectateur.

L'Assemblée Nationale se réunit dans le Palais Bourbon. Ce bâtiment a une belle histoire. Il fut construit en 1722 pour Louise-Françoise de Bourbon, fille légitimée du roi Louis XIV et de Madame de Montespan. Le prince de Condé récupéra le palais en 1764, avant de devoir le céder lors de la Révolution, puis de le louer à la Chambre des députés. L’État acheta finalement le bâtiment en 1827.
Assemblee-nationale-palais-bourbon.jpgPour assister à une séance, il faut être invité par un député. Ou mieux, un ministre. Ça tombe bien, j'ai un ami haut-placé qui a effectué un stage au ministère de l'écologie. Ainsi, c'est Monsieur le ministre Philippe Martin qui nous permet d'être sur la liste des spectateurs. Après avoir présenté notre passeport, nous passons le contrôle de sécurité. Il y a un peu de queue, le temps pour la dame en charge de la sécurité de nous demander de signaler si l'on se présente avec un couteau ! Bizarre ! Je ris à entendre cette phrase, me demandant qui peut bien vouloir entrer dans l'Assemblée Nationale avec un couteau.

Moi. En fait, sur mon porte-clef, il y a un mini-couteau. Suffisant pour me faire remarquer lors de ce contrôle. « Avez-vous un couteau ? » Je ne réalise pas très bien, ne me souvenant plus de la présence de mon porte-clef dans mon manteau. « Non, c'est un stylo ». La dame me regarde avec un air surpris. Puis me montre mon couteau. Ah, oui, en effet. François Pignon, bonjour.

Après quelques escaliers (et de nouveaux contrôles d'identité), nous entrons enfin dans l'Hémicycle.

assemblee-nationale.jpg

C'est magnifique. Petit frisson. On s'assoit et on se tait, la cloche sonne, la séance débute. Les premières questions au gouvernement. L'événement est retransmis sur France 3, c'est la seule fois de la semaine. De ce fait, l'hémicycle est plein (ce qui n'est pas toujours le cas, loin de là). Et Michel Lefait, le député de ma circonscription, de nous avertir : « les questions au gouvernement, c'est un spectacle ». Spectacle pour les caméras, spectacle pour les téléspectateurs.

Spectacle est le mot. Déplorable spectacle conviendrait mieux. Les députés sont des collégiens. Mais pas les bons collégiens du premier rang. Non, les cancres du dernier rang. Ils n'écoutent pas celui qui parle. Ils vaquent à leurs occupations (lecture de journal, de mail, envoi de courrier). Pire, certains parlent entre eux. Pire, d'autres hurlent. « Vous mentez ! Vous mentez ! ». La secrétaire d’État continue son discours, malgré les clameurs venus d'un groupe de cinq députés UMP.
Bien sûr, il faut montrer que l'on est là. Lorsqu'un député va poser une question, tous ses petits voisins se collent à lui, afin de passer à la télévision. De notre place, en haut de l'hémicycle, on observe tout ça avec désolation. Le président du parlement frappe avec son marteau pour obtenir le silence. Il rappelle que ce genre de comportement renforce la mauvaise image des députés. Pas mieux.
A-l-assemblee-nationale.JPG

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24 novembre 2013 7 24 /11 /novembre /2013 21:55

Plusieurs de mes copains sont venus étudier à Aix-en-Provence lors des dernières années. J'ai tenté de comprendre pourquoi.

Aix-en-Provence (1)

Une heure et quinze minutes. C'est le temps qu'il faut pour visiter le centre-ville. C'est rapide, c'est efficace. Avec l'aide de notre carte, nous enchaînons les numéros surlignés. De temps en temps, c'est des déceptions. Les fontaines ont une grande histoire, mais elles n'impressionnent guère. Elles me rappellent simplement qu'Aix est une ville thermale. On déambule dans la partie XVIIIème siècle de la ville, plutôt jolie. Puis on se retrouve dans la cathédrale Saint-Sauveur.

Là, on se tait, et on admire.

Aix-en-Provence (2)

On estime le début de la construction au début du Haut Moyen-Age (dans la cathédrale c'est écrit le VIème siècle). S'en suit un mélange d'art roman, gothique, de nombreuses peintures, et des orgues, que dis-je, des ORGUES immenses, des deux côtés de la nef.
Orgues-Aix-en-Provence-cathedrale-saint-sauveur.jpg
Ensuite pas grand chose, j'admets. Mais je ne doute pas que la ville soit agréable à vivre pour les étudiants, avec de nombreux magasins et une rue de la soif locale.

 

Puis nous avons enchaîné avec le paradis des peintres, la montagne Sainte-Victoire. Direction Beaurecueil, hommage aux vacances de mon enfance. On retrouve facilement la maison où on a passé un été, la balançoire, le cours d'eau, l'allée d'arbres... et puis la montagne, massive, impressionnante (160 km² de superficie). Moins impressionnante sur la photo qu'en vrai, mais croyez-moi. Et pensez à Cézanne, et à ses 80 œuvres représentant la montagne.
Aix-en-Provence (3)Montagne-Sainte-Victoire-Cezanne.jpg

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22 novembre 2013 5 22 /11 /novembre /2013 15:14

Cela fait plusieurs années que je n'ai pas mis les pieds sur la côte méditerranéenne. J'y ai passé l'essentiel de mes vacances d'enfance, et j'avais l'impression d'avoir déjà fait le tour : la Côté d'Azur n'aurait plus de secret pour moi.
Mais, avec le temps va, tout s'en va. Les souvenirs se font plus lointains. Et du Marseille que j'ai visité en 2008 je me souviens simplement de Notre-Dame de la Garde, du Vieux Port et de la Canebière. C'est déjà pas mal me direz-vous. Pas faux, mais l'occasion se présente pour rafraîchir ma mémoire : ma sœur a déménagé à Cassis, à quelques kilomètres de la cité phocéenne. Et un ticket Prem's à 25,90€ depuis Fribourg, ça ne se refuse pas.

Je redécouvre avec joie la France, la neige à partir de Lyon, les trente minutes de retard de la SNCF. I'm back ! Bonjour gare Saint-Charles. Après quelques minutes à errer pour retrouver ma sœur, nous partons direction le Vieux Port. Sensation étrange, une pensée à celui avec qui j'avais découvert en 2008 cet endroit, au cours d'un tour de France devenu légendaire et d'un melon bien frais offert par un Marseillais à l'accent magnifique. Je retrouve aussi les joies de l'entrecôte, bleue. On ne s'attarde pas trop dans la ville, et partons direction Cassis, dans l'appartement de Sophie.

Cassis, je ne connaissais pas. Mais c'est un nom qui résonne comme une destination de vacances. Alors y habiter... Ma sœur a franchement de la chance, et elle réussit à me faire aimer la ville en une matinée. Faut dire que le décor aide : le soleil (Cassis est la ville avec le plus petit nombre de jours de pluie en France), le bord de mer, la végétation méditerranéenne. Pas de stress, on marche tranquillement, à un rythme de vacancier. Le port est très joli, surtout sans touristes. Le cap Canaille en impose sur l'horizon : du haut de ses 363 mètres, on m'annonce que c'est la plus haute falaise d'Europe (au second plan).
Cassis (3)C'est le point marseillais. Le Cap Girao au Portugal fait 589 mètres, le Preikestolen en Norvège fait 604 mètres et la Slieve League en Irlande 606 mètres. Quant au Hornelen en Norvège, c'est 860 mètres ! Il s'avère finalement que le cap Canaille est douzième ! Mais ça reste la plus haute falaise de France. Sacrés Marseillais !

Après une petite balade vers le phare, direction l'Anse de l'Arène. Nous passons devant quelques vignes : Cassis est également une grande terre viticole (le fameux blanc-cassis!). Ce fut d'ailleurs l'un des trois premiers vins à obtenir l'appellation AOC (en 1936).
Cassis (6)

L' Anse de l'Arène fait partie de ces petits coins cachés que l'on ne pourrait pas trouver sans aide. L'été, la ville est prise d'assaut, et même les meilleurs recoins du pays sont envahis par les touristes, au grand dam des locaux. Cette Anse de l'Arène en fait partie. Il faut suivre une petite route, tourner vers la droite dans un sens unique, descendre quelques escaliers, et enfin vous y êtes. Un petit coin de paradis, très calme en novembre.
Cassis (8)Après le centre, direction les calanques. Cassis a la chance d'abriter l'une des dernières calanques lorsque l'on vient de Marseille : la calanque de Port-Miou. Les calanques, sorte de mini-fjords, offrent toujours un spectacle magnifique. Celle de Port-Miou est assez longue, d'abord large, avant de devenir très fine. Elle abrite un port de plaisance (plus de 500 bateaux). Jusqu'en 1982, c'était encore une carrière exploitée, dont les pierres ont notamment servi au canal de Suez ou au socle de la Statue de la Liberté (rien que ça!).
Cassis (11)Puis nous avons continué notre route vers La Ciotat, en passant par la route des Crêtes. Sur le cap Canaille, on observe des pompiers niçois en mode entraînement avec Cassis en fond. Ça a l'air très facile pour eux, alors que de mon côté, je fais bien gaffe de ne pas trop m'approcher du bord lors de mes photos.
Cassis (13)Enfin, la Ciotat, pas forcément la plus jolie ville de la région. Mais elle abrite la calanque de Figuerolles, la plus jolie que j'ai vue jusqu'à maintenant. Très étroite, pas très longue, elle se démarque par ses caractéristiques animalières : un « bec de l'Aigle » et un lion. Le premier est le haut du rocher à droite de la photo, le second est le rocher posé dans l'eau sur la gauche de la photo.
Cassis (15)Je comprends pourquoi Frédéric Mistral, prix Nobel de littérature en 1904, disait : "Qui a vu Paris et pas Cassis, n'a rien vu !" (plus de photos ici)

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21 novembre 2013 4 21 /11 /novembre /2013 14:21

Bien arrivé dans le Sud, à Cassis, chez ma soeur. Et il règne ici comme une douce odeur de vacances...
Cassis (1)Cassis (2)Cassis (5)

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19 novembre 2013 2 19 /11 /novembre /2013 12:10

Le football a véritablement commencé pour moi vers 1996. L'un de mes premiers grands souvenirs est celui des Girondins de Bordeaux emportant le grand Milan AC en coupe UEFA. Je me souviens de Platini aux commentaires Canal, de la frappe de Dugarry pour le troisième but, et moi dans mon salon, fou. Et que dire de Paris-Steaua Bucarest. 1997, Paris perd le match aller 3-0 sur tapis vert. Impossible ? Non monsieur, impossible n'est pas français ! Une première mi-temps de folie, un Raï fantastique, et un 5-0 au final.

Malgré-moi, mes souvenirs restent ceux des victoires impossibles. Les grosses défaites du match aller transformant une équipe, et permettant un match de légende.

 

Alors, ce soir, je serai derrière les Bleus. En espérant justement cette remontée fantastique. Depuis plusieurs jours, semaines, années, on tape sur les Bleus. C'est devenu un sport national. Il faut dire qu'ils se sont donnés le bâton pour se faire battre. Mais ça ne devrait pas nous empêcher de les soutenir pendant chaque match. Je lis un peu partout qu'une nouvelle défaite permettrait la reconstruction de l'équipe en vue de l'Euro 2016, comme la défaite de Bulgarie avait permis la reconstruction pour la victoire de 1998. Pardonnez-moi de répliquer que nous sommes en constante reconstruction depuis 2006, lorsque Zidane est parti (sur un coup de tête), En 2008, après s'être fait sortir piteusement au premier tour de l'Euro, c'était à nouveau l'heure de la reconstruction. Et je n'évoque même pas 2010, avec l'élimination du premier tour et une grève restée dans l'histoire. Alors reconstruire, c'est bien joli, mais avec qui ? Parce que des Platini et des Zidane, il y en a un par génération. On peut encore attendre quinze ans avant de retrouver un tel joueur.

 

J'ai grandi avec une équipe de France quasi-invincible. En 1998, j'avais onze ans, l'âge où l'on commence sérieusement à s'intéresser au football. 1994, ce n'était pas pareil, je n'ai aucun souvenir du match de qualification France-Bulgarie. Je me souviens vaguement de la séance de tirs au but Italie-Brésil en finale, mais à part ça... Et depuis, je regarde la Coupe du Monde en supportant la France. Pas franchement une réussite à chaque fois.
Je me souviens de 2002. J'avais décidé de sécher le cours de physique-chimie pour repartir chez moi voir le match d'ouverture, France-Sénégal. Sans en informer mes parents, bien entendu. J'étais revenu à pied, mon sac sur le dos. Après l'heure de marche, j'étais arrivé au coin de ma rue, attendant que ma mère parte pour le travail pour enfin rentrer à la maison. Et voir en direct une sacré défaite.
En 2006, c'est le souvenir des cafés de Saint-Omer qui me hante. Le but de Vieira face au Togo, le huitième de final face à ces cons d'Espagnols (leur dernière grande défaite en compétition officielle). Et puis Zidane face au Brésil. La finale, chez Ptit Suisse. Le sentiment amer. La ralenti de l'action qui fera tant parler. Le silence dans la pièce. L'incompréhension.
2010, je retiens un mélange de honte et de colère. La Une de l'équipe. La grève. Les Unes de tous les journaux à travers le monde. Même l'équipe de France fait grève, c'est vous dire la passion qu'on a dans ce pays pour ce type de mouvement ! Et puis Saint-Omer, une vuvuzela plus tard, retour à la maison.

Alors 2014, le Brésil, sans la France, franchement, je ne veux pas y croire. Ça serait tellement triste. C'est pour ça que j'y crois encore. Et c'est pour ça que je reste un supporter, malgré les défaites, les déceptions en tout genre ou les fautes de comportement.

 

Que voulez-vous j'ai supporté le PSG pendant les années pré-Qatar. Je sais ce que c'est d'être humilié 4-3 par La Corogne alors que tu gagnes 3-0. Je sais ce que c'est de perdre à domicile contre Sochaux ou Lorient (souvent d'ailleurs). Et je me souviens de ce match hallucinant où Paris doit gagner à Sochaux pour rester en Ligue 1 (ah le doublé de Diané qui condamne les Lensois...). A côté de ça, la France, c'est facile. Une seule victoire, la plus importante de l'année, et on verra le Brésil d'un autre oeil. D'un oeil de supporter.France-Ukraine-2013.jpg 

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15 novembre 2013 5 15 /11 /novembre /2013 20:38

L'année dernière, je vous avais fais un petit point sur la situation de l'extrême-droite en Europe, à l'aide d'une carte contenant les résultats de ces partis aux différentes élections législatives. Je fais de même cette année.

Précision n°1 : Je précise que j'appelle extrême-droite les partis se revendiquant comme tels, ou les partis clairement populistes (ou anti-immigrés). Le FN dit qu'il n'est pas un parti d'extrême-droite, mais je le classe comme tel. Le Mouvement 5 étoiles de Grillo en Italie n'est pas foncièrement d'extrême-droite (pas de discours anti-immigration, contrairement à la Ligue du Nord) mais il est un parti populiste par excellence et rassemble les mécontents avec un discours anti-élite et contre les partis traditionnels. Ma méthodologie n'est peut-être pas parfaite sur ce point, mais je n'en ai pas trouvé de meilleure pour le moment.

Précision n°2 : La France est un contre-exemple, car je prends le résultat du deuxième tour (alors que dans le reste de l'Europe, ce sont des systèmes proportionnels).


2012
Carte Europe Extrême Droite 20122013Extreme-droite-en-Europe-elections-legislatives-extreme-.jpg

Les élections allemandes ou islandaises n'ont pas porté chance à l'extrême-droite en 2013, ce sont les deux exceptions. En Norvège, l'extrême-droite a reculé, mais est entrée au gouvernement. En République Tchèque, c'est une avancée fantastique. En Autriche, le parti confirme sa grande forme. En Bulgarie, un animateur de télé au discours populiste a fait entrer le parti au parlement. En Roumanie, une progression de 4 points. Et en Italie, les populistes du mouvement 5 étoiles ont réuni un quart des suffrages. Seul au Luxembourg le parti populiste a perdu un siège (il en garde trois).

 

Alors que les élections municipales auront lieu les 23 et 30 mars, et, surtout, que les élections européennes auront lieu lors du week-end du 24-25 mai, je m'inquiète un peu (et je ne suis pas le seul). Lors des dernières élections européennes, les partis populistes et d'extrême-droite avaient obtenu 8,49% des suffrages.
 

 

Il y a quelque chose qui me chagrinne un peu : en Norvège, le taux de chômage était de 3,5% en août 2013. En Autriche, il était de 4,9%. En Suisse, il est de 3,1%. Ce sont les trois meilleurs chiffres d'Europe.

En Norvège, l'extrême-droite a obtenu un peu plus de 16% aux élections d'octobre 2013 et est entrée au gouvernement. En Autriche, en septembre 2013, l'extrême-droite a obtenu 20,5% des votes. En Suisse, l'UDC a obtenu en 2011 26,6% des suffrages exprimés. Les deux derniers sont les meilleurs chiffres d'Europe pour l'extrême-droite.


Pendant très longtemps, j'ai cru que l'extrême-droite était forte en Europe en raison d'un chômage élevé. La preuve en était un peu faite en France lors de la dernière élection présidentielle : partout où le taux de chômage dépassait la barre des 10%, la présidente du FN se hissait au-delà des 20% des suffrages. Oui, mais apparemment non.


Alors j'essaie de comprendre pourquoi. Cela fait plusieurs dizaines de minutes que je lis sur le net des articles essayant d'analyser les résultats de l'extrême-droite, essayant de comprendre les raisons qui poussent un électorat à se tourner vers le droite populiste. Certains avancent l'immigration, mais le fait que ce soit l'Angleterre et l'Allemagne qui accueille le plus d'immigrés (avec une extrême-droite plutôt faible) contrarie un peu la théorie. L'argument du chômage ne tient pas vraiment, les 3 pays cités plus hauts le prouvent. Et des pays ayant énormément de chômage comme l'Espagne et le Portugal sont toujours extrêmement fermés à l'extrême-droite. Je reste donc comme un con avec ma question. 

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13 novembre 2013 3 13 /11 /novembre /2013 07:46

C'est un peu le marronnier de chaque élection, surtout présidentielle. C'est la fameuse phrase que l'on entend un peu partout, que l'on lit un peu partout « la montée de l'insécurité ». Ça fait peur rien qu'à l'écrire ! Alors je n'imagine même pas pour vous, pauvre lecteur ! L'insécurité est là, elle augmente constamment. C'est le sentiment que j'en ai quand je lis les journaux, quand j'écoute les politiques (surtout à droite). Encore aujourd'hui, je viens de lire dans Le Monde, journal respectable et respecté, qu'un commerçant niçois s'est fait agresser. L'insécurité.

Alors bêtement, je vais voir les chiffres. Je cherche les statistiques depuis 1980. Et...
Evolution-du-taux-de-criminalite--crimes-et-delits-consta.pngEt voilà que l'insécurité n'a pas vraiment augmenté. Entre les années 1960 et 1980 c'est différent, on en arrive à une multiplication par 3. Mais depuis ma naissance, en cette belle année 1987, il semble que ça n'ait pas véritablement bougé. Il y a eu des cycles, avec des hausses puis des baisses, mais sur les 30 dernières années il est difficile d'affirmer que la criminalité a augmenté.
Evolution-du-taux-de-criminalite--crimes-et-deli-copie-1.pngEn regardant en détail, on voit quelques différences. Les vols sont en baisse de 25% depuis 1980. Merde, moi qui pensait que les Roms présents sur notre territoire faisaient exploser les chiffres ! Les infractions économiques ont été divisées par 2. Les autres infractions, catégories fourre-tout, dont les stupéfiants, ont été multipliées par deux. Dans le détail, on voit que l'usage des stupéfiants a augmenté de 32% depuis 2004, et que les infractions aux conditions générales d'entrée et de séjour des étrangers ont été multipliées par 2 ! En résumant, on criminalise le consommateur de cannabis et on chasse le sans-papiers. L'insécurité on vous dit !

Reste une catégorie importante : la hausse du nombre de crimes et délits contre les personnes. C'est la catégorie qui est pour moi la plus importante, car elle touche à l'humain. Et le chiffre est multiplié par 2,5 depuis 1980. Mince, on risque donc à tout moment de se faire poignarder dans la rue ! Ou alors... La raison ? Autrefois, on aurait gardé pas mal d'affaires dans la sphère privée. L'exemple caractéristique est celui des violences faites aux femmes. Aujourd'hui, ce type de violence fait l'objet d'une plainte.


Cette augmentation ne reflète pas la situation réelle des homicides volontaires. Là, pas de place à l'interprétation : un homicide volontaire est un homicide volontaire. Pour cette catégorie, c'est aussi une forte baisse : 1 600 dans le milieu des années 1980, contre 700 en 2009. C'est 700 de trop, on est bien d'accord, mais pour donner une échelle de temps plus importante, nous sommes actuellement dans la période la moins meurtrière depuis le début du XIXème siècle !

L'augmentation de l'insécurité n'a pas vraiment l'air réelle. Pourquoi assiste-t-on alors à l'augmentation du sentiment d'insécurité ?

 

Je reviens au journal Le Monde, quotidien respectable et respecté. Il y a 30 ans, jamais, je dis bien JAMAIS Le Monde, quotidien national, n'aurait repris un fait divers. Cette hausse du sentiment d'insécurité est clairement portée par les médias. L'exemple le plus typique est avant la campagne présidentielle de 2002, vous savez, la fameuse. Entre le 1er janvier de cette année là et le 5 mai 2002, jour du premier tour, les journaux télévisés (et je répète seulement télévisés) ont consacré 18 766 sujets aux crimes, agressions, braquages ou interventions des forces de l'ordre. Soit 987 sujets par semaine, 141 sujets par jour. Simplement à la télé, à une époque sans TNT ! 

Les nouveaux autoroutes de l'information, Internet et les réseaux sociaux, font qu'une affaire qui serait restée à l'échelle d'un quartier devient aujourd'hui une affaire d'Etat (exemple typique du bijoutier niçois). Tout va plus vite aujourd'hui : une agression dans le métro parisien fait l'objet d'une dépêche AFP une heure après. Dans les années 1980 il aurait fallu que la personne agressée aille porter plainte à la gendarmerie, que le journaliste aille dans cette même gendarmerie et note l'info de l'agression, que le journal décide d'imprimer l'info la considérant comme importante, et que l'AFP reprenne ensuite l'information publiée dans ce même journal pour alimenter les autres médias. Autant vous dire tout de suite que cette agression du métro parisien, en 1980, je n'en aurais pas entendu parler. Aujourd'hui, je la vois sur le Figaro.

 

Ça m'embête un peu de tirer sur les médias, car je sais au combien ils peuvent (et doivent) avoir un rôle dans un État libre. Mais le problème de cette surenchère médiatique concernant l'insécurité (alors que celle-ci n'augmente pas) est que le débat politique est également monopolisé par ce sujet. Entre 2002 et 2009, plus de 30 lois sont venues modifier le droit pénal. Et à chaque élection présidentielle, on passe des heures et des heures à débattre de "comment réduire l'insécurité" et "à quoi est dûe la montée de l'insécurité", la droite accusant la gauche, jugée laxiste, et la gauche accusant la droite, centrée sur le tout-répressif. Et pendant ce temps-là, le chômage est passé au-dessus des 3 millions, les inégalités de revenus se creusent, le déficit public croît d'année en année depuis 1970... mais chut... 19h28, dépêche du Figaro, 10 000 euros braqués dans un Lidl... L'insécurité.

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11 novembre 2013 1 11 /11 /novembre /2013 14:57

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3 novembre 2013 7 03 /11 /novembre /2013 07:32

Fribourg est une ville de vélo, 27% des déplacements se faisant à bicyclette. J'ai donc décídé contre vents et marées (enfin surtout la SNCF) d'emporter mon vélo. Un choix judicieux dans une ville où tout est fait pour le deux-roues.
Premier point important : contrairement à la France, l'Allemagne n'a pas fait le choix du vélo en libre-service. Chacun achète son vélo. Deuxième point important : contrairement à la France, tu n'es pas un ennemi de la voiture. Celui qui a déjà fait un peu de vélo dans une grande ville francaise peut en témoigner, la voiture est prioritaire. Du moins, le chauffeur de la voiture pense être prioritaire, c'est SA route. Alors dès qu'il peut doubler, il n'hésite pas. Il te frôle à 50 centimètres, mais qu'importe. En Allemagne, si il n'y a pas la place, le conducteur patiente derrière le cycliste. En France, si tu fais ca, il y a de grandes chances de se faire klaxonner.

Pourquoi le vélo n'est-il pas encore le mode de déplacement privilégié en France. Deux arguments que j'entends souvent : la météo et le relief. "Non, mais prendre le vélo c'est bien gentil, mais dans notre région..."
Ci-dessous, le nombre d'habitants utilisant leur vélo comme moyen de déplacement.

Nombre-de-cyclistes-par-pays.png

Comme on peut le voir, c'est loin d'être les régions les plus ensoleillées d'Europe qui sont les plus cyclistes. Au contraire même. Les Pays-Bas sont clairement un modèle, le Danemark suit derrière, l'Allemagne est sur le podium. La France et l'Italie sont reléguées en fin de classement. Concernant le relief, les 9% de Suisses et d'Autrichiens témoignent de la compatibilité possible entre le vélo et un pays pentu.

Pourquoi les Néerlandais et les Danois utilisent-ils leurs vélos ?
A Copenhague 56% des sondés affirment que le vélo est plus rapide, 37% que c'est plus pratique, 29% que c'est moins cher, et 26% que c'est bon pour la santé. La raison environnementale n'obtient que 5%.
Concernant les distances, les Néerlandais utilisent essentiellement leurs vélos pour une distance inférieure à 7,5 km, et dans une moindre mesure entre 7,5 et 15 km. Seuls moins d'un pour cent effectuent plus de 15 km.

Je confirme ces chiffres avec ma vie à Fribourg. Oui, le vélo est plus rapide, et c'est d'ailleurs la raison n°1 pour l'utiliser. Je dépasse les trams, je peux aller n'importe où en ville. Le centre est fermé aux voitures, alors que les vélos ont le droit dans de nombreuses rues de prendre les sens interdits. Et bien sûr je n'utilise le vélo que sur une petite distance. Difficile de partir en vacance en vélo, on est bien d'accord. C'est aussi plus quelque chose pour les urbains.

Une autre grande différence avec la France, c'est le nombre de kilomètres de pistes cyclables. 75 000 km en Allemagne, 3 fois moins en France. 
L'Union Européenne a cependant eu une sacré bonne idée : le projet eurovélo. L'idée est de relier les pays européens par des voies cyclables, voies vertes dans la plupart des cas. La carte fait rêver. 

Eurovelo-europe-carte-des-routes-road-map.pngSi ça intéresse quelqu'un pour l'été prochain, n'hésitez pas à me contacter !

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