1 novembre 2013 5 01 /11 /novembre /2013 07:06

On se retrouve tous, un jour ou un autre, confronté à ce mot terrible et angoissant. La mort. Prononcez le et vous verrez les visages s'assombrir autour de vous. « C'est qui qui est mort ? »
Personne. Enfin, beaucoup. Trop. Ou pas assez. Ça dépend pour qui.

J'ai toujours vu la mort comme une délivrance. Ça, c'est pour les personnes ayant fait leur temps. Ou ayant rencontré la maladie trop vite, une maladie trop forte. Une maladie contre laquelle on lutte, mais à laquelle on ne peut résister. Une maladie qui l'emporte, et qui à force de souffrance fait regretter au souffrant d'être encore ici bas. Mourir est la meilleure chose qui puisse arriver à certains. Triste à dire, à écrire, mais tellement logique parfois. Et l'une des pires maladies reste la vieillesse. Mon arrière grand-mère est morte à 96 ans. Elle avait clairement fait son temps. Et elle le savait. Elle n'avait pas envie de prolonger. Je la revois encore, chercher quelques pièces dans son porte-monnaie. C'était quelques jours après la nouvelle année. Nous venions présenter nos vœux en famille. Et comme chaque année, elle voulait nous donner une piécette à nous, ses petits-petits enfants qu'elle connaissait finalement si peu. Trop d'écart dans le temps. Trop de kilomètres. Se voir une fois par an complique le rapprochement inter-générationnel. Dans son porte-monnaie elle avait trouvé quelque chose. Je ne me souviens plus combien. Mais c'était trop. Trop pour ma mère qui l'arrêta. Elle lui convertit alors la somme en anciens francs. Nous venions de passer à l'euro. Mon arrière grand-mère s'est tout d'un coup mise à pleurer. Les larmes d'une grand-mère sont encore plus difficiles à supporter que les larmes d'un enfant. Ce sont les larmes de l'expérience. Elle ne pleure pas pour pleurer, elle pleure car elle n'y arrive plus. Trop de conversions, trop de changement. Mon arrière grand-mère est née dans une autre France, en 1907. Elle a connu les périodes les plus sombres. Elle a connu des temps plus glorieux. Et voici qu'arrive l'euro dans la botte du XXIème siècle. Ce n'est pas son siècle. Ce n'est plus de son temps. Ce n'est plus pour elle.

Mes trois grands-pères sont morts. Deux officiellement. Le troisième est mort mentalement. Il est maintenant dans le monde d'Alzheimer. Je l'ai déjà écrit, c'est une maladie terrible pour les proches, plus que pour le malade. Cela fait bien longtemps que je ne suis pas allé le voir. Je me souviens cependant très bien des deux dernières fois. L'avant-dernière fois, c'était quelques jours avant mon départ pour le tour du monde. Très franchement, j'y allais en me disant que c'était sans doute la dernière fois que je le voyais. Alors sur la route du retour de chez ma grand-mère, j'ai fait un arrêt à la maison de retraite. Je le revois assis sur une chaise, dans la salle commune. Il s'est retourné vers moi, et m'a reconnu. Ça se lisait à son visage : un grand sourire aux lèvres. Le fait qu'il m'ait reconnu était déjà, à l'époque, un petit miracle en soi. Mais ce qui suit va rester gravé. Il se leva, et prit la parole, en direction des autres pensionnaires : « c'est mon petit-fils, et il part faire le tour du monde ».
Alors là, ce fut un miracle. Et un bonheur. Mon grand-père ne se souvenait pas des prénoms, des visages, n'avait aucune idée de l'endroit où il était, était souvent persuadé de voir des personnes mortes depuis 30 ans, ou revivait un moment vieux de 15 ans. Et là, un immense éclair de lucidité a traversé la pièce, le temps, l'espace. On lui avait dit que je partais bientôt faire un tour du monde, on lui avait accroché un article de la Voix du Nord sur le sujet, et ça l'a apparemment marqué. Si vous saviez comme j'étais fier ce jour là. J'avais réussi à graver quelque chose dans le cerveau malade d'Alzheimer de mon grand-père.

Lors de mon retour de voyage, j'y suis reparti. Mon grand-père est toujours vivant, même si la maladie a continué à empirer. Cette fois, le miracle n'a pas eu lieu. Je ne pense pas qu'il m'ait reconnu. Quant au tour du monde, je présume que ça a déjà dû disparaître depuis de nombreux mois de son cerveau. Le revoir ainsi m'a fait mal. Depuis je n'y suis plus reparti.

Je me pose souvent la question d'aller le revoir. Pourquoi. Pour qui. Pour mon grand-père ? Les chances qu'il me reconnaisse sont très limitées, ayant déjà de nombreuses difficultés avec mamy. Et il a sans aucun doute déjà oublié notre venue quelques secondes après notre départ. Pour ma grand-mère alors. Pour montrer qu'on est là avec elle, dans cette galère de vie ou de survie.
Mon grand-père a fait un AVC il y a plusieurs années. Depuis ce temps là, il n'est plus le même. Parfois, je me demande si les choses n'auraient pas été meilleures pour tout le monde s'il était mort ce jour là. Car depuis, personne ne peut tourner la page. Ma grand-mère continue ses visites sur place, malgré l'absence totale de dialogue ou d'échange. Et lorsque je vais chez elle, c'est souvent le sujet de discussion. Il ne faut pas longtemps avant que les larmes coulent. La dernière fois, c'était à cause du sourire de mon grand-père lorsque celui-ci avait entendu le surnom de mes sœurs.

 

J'ai l'impression que mon grand-père va mourir quelques années trop tard.
Et il y en a d'autres, qui sont morts quelques années trop tôt.

On échangerait bien les années en trop du précédent pour quelques années de plus pour d'autres. François Marquis était quelqu'un que je connaissais peu. Un garçon de Tilques, et comme on se connaît tous plus ou moins à Tilques, il était dans mes amis Facebook. J'avais fait une ou deux années d'école primaire avec lui.
Je me souviens bien, j'étais en Finlande, à Tampere, quand j'ai reçu la nouvelle. Ça m'a marqué, ça m'a fait la soirée. La mort l'a happé avant ses 25 ans. Une putain de sale mort, bien violente. Une putain de nouvelle. Chaque mère peut tenter d'imaginer ce que la sienne a pu ressentir lorsqu'elle a appris la nouvelle. Chaque mère peut tenter d'imaginer ce qu'elle peut ressentir chaque jour depuis, en pensant à lui. La mort d'un fils c'est une plaie ouverte et profonde, au niveau du cœur, qui ne se refermera jamais. Toute la vie, ce sera le poids de son absence. J'en ai mal au cœur rien qu'en écrivant ces quelques lignes.
Je le connaissais peu. Mais depuis je pense souvent à lui, plus que quand il était vivant pour être tout à fait honnête. Lorsque je suis parti autour du monde j'ai pensé à lui, lorsque je fais quelque chose de ma Bucket List, je pense à lui. A chaque fois que je dois me rappeler que la vie est courte je pense à lui. Il est un peu vivant avec moi.

Et puis il y a ma voisine. C'était un peu ma quatrième grand-mère, il y a plusieurs années de cela. Je franchissais le trou sous la haie, et j'allais la voir. Je la revois encore regarder Pascal Sevran à la télé, puis écouter RDL. Sensation étrange de replonger dans mon passé. Depuis cette période, de l'eau a coulé, et je l'ai vraiment perdue de vue pour des histoires de voisinage (qui, comme les histoires de famille, sont présentes un peu partout sur cette planète). Je l'ai revue il y a quelques mois de cela. Elle était à sa fenêtre, et l'a ouverte en me voyant. Je vais dire bonjour et nous entamons la discussion. Je lui explique mon parcours. Je lui demande des nouvelles de ses enfants et de ses petits-enfants. Et tout d'un coup elle me parle de la vie. Et de la vieillesse. « Tu sais, c'est dur de vieillir ». Surtout seule. Elle a perdu son mari il y a plus de dix ans. Et elle m'évoque sa fin. Elle est fatiguée d'être ici. Elle me raconte qu'elle a encore un peu de mort aux rats dans sa serre. Alors un jour, elle me dit qu'elle franchira le pas.
Difficile de répondre à une telle sortie. J'essaie bien de lui faire voir le bon côté des choses, sa santé encore bonne, voir ses petits-enfants se marier dans quelques années. Mais même en le disant, je n'y crois pas tellement. Moi aussi je me dis que ça doit être long ici, seule le soir dans une grande maison froide. Car rien n'est pire que la solitude.

Alors quand je lis des articles glorifiant la poussée de l'espérance de vie, je reste circonspect. Combien de personnes ont vraiment envie de vivre jusque 100 ans ? En bonne santé, avec vos proches autour de vous, bien sûr. Mais dans d'autres circonstances, est-ce que ça vaut vraiment le coup. Et après 90 ans de vie, n'a-t-on pas déjà fait le tour des choses que l'on voulait faire sur cette planète ? Que peut-on bien faire de nouveau entre 90 et 100 ans ? Répondez-moi ! Oui, manger avec sa famille, voir ses petits-petits enfants apparaître. L'occasion de voir que la boucle est bouclée. Qu'après les enfants que l'on a éduqués et les petits enfants que l'on a chéris, la vie continue avec une nouvelle génération. Et ensuite ?


Parfois aussi, j'imagine la mort de mes proches. C'est une situation que j'envisage de plus en plus, sans savoir vraiment pourquoi. Et j'essaie d'imaginer ma possible réaction. Je vais au plus profond de moi-même, je plonge tellement loin que parfois les larmes m'en tombent des paupières. Souvent, je crois que ces morts me plongeront dans un grand état de déprime. Une déprime réelle, profonde. Une dépression. Je me dis souvent que j'aurai du mal à m'en relever. Et dans d'autres occasions, je vois la mort comme un appel à la liberté. Je m'imagine tout claquer et partir loin, vers d'autres horizons. Je m'imagine en voyage, je m'imagine dans un monastère. Je m'imagine changer de vie.

Et puis j'imagine ma mort, aussi. Enfin, surtout l'enterrement, auquel j'espère pouvoir assister (lol). J'imagine qui sera là, ce qu'on jouera, ce qui se dira. Comment réagiront les proches, ceux qui restent sur terre, ceux qui ont le droit de souffrir alors que moi j'aurai déjà la chance d'être parti. Car le plus dur est pour celui qui vit avec le poids de l'absence. Le défunt, lui, est libre.

La mort est un sujet que j'ai évoqué récemment avec une amie ayant eu un mois d'octobre noir. Elle me disait que les disparitions successives autour d'elle lui avaient fait parler du sujet, et qu'elle avait demandé que lors de son enterrement on ne passe que des musiques joyeuses. Et que surtout il ne fallait pas être triste. Belle demande. Malheureusement, je crains que ça ne soit pas le cas. On pleure toujours les morts, on pleure leur départ, on pleure les bons souvenirs, on pleure les moments que l'on ne vivra pas, les moments que l'on ne vivra plus. Et on pleure aussi sa propre mort. Car chaque décès n'est qu'un rappel du temps qui passe. La mort de mon arrière grand-mère appelait les morts prochaines de mes grands-parents. Et quand mes grands-parents seront tous partis, ce sera au tour de mes parents. Et ensuite, ce sera moi. Ce sera nous. On a beau chercher, on n'y échappera pas. Et c'est sans doute mieux comme ça.

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1 novembre 2013 5 01 /11 /novembre /2013 05:30

Ca y est ! J’ai enfin trouvé mon vieux réalisateur américain préféré. J’ai longtemps cru que ce serait Frank Capra, surtout quand je me suis aperçu que Chaplin était Britannique. Et puis Billy Wilder est arrivé. Dans sa hotte, des drames magnifiquement interprétés, des films historiques intéressants et surtout, surtout, des comédies. Reconnu par ses pairs, nominé 8 fois au titre de meilleur réalisateur, il remporta 2 fois l’Oscar du meilleur film. Pas mal pour cet Autrichien, exilé aux Etats-Unis en raison de l’arrivée d’Hitler en Allemagne ! Je lui en aurais donné un nombre similaire, mais pas pour les mêmes films ! Petit tour d’horizon.

 
Le policier

Witness for a Prosecution (1957) : 14,5/20. Titre français : Témoin à charge. Avec Tyrone Power, Marlene Dietrich et Charles Laughton.

Billy Wilder dans un genre que je ne lui connaissais pas, le film policier. Et pas n'importe quel film, puisque c'est tiré d'une pièce d'Agatha Christie.
Sir Wilfrid, un avocat à la santé défaillante, décide de s'occuper du cas de Leonard Vole, accusé du meutre d'une vieille veuve. Cela semble une cause perdue. Mais Christine Vole fait changer d'avis l'avocat par son attitude. Il va se lancer dans le procès. 
Le film se passe principalement dans le palais de justice. De retournement de situation en retournement de situation, on se surprend à être surpris. Et c'est toujours un petit plaisir.
 

Les drames

 

The Lost Week-End (1945) : 15/20. Titre français : Le poison. Avec Ray Milland et Jane Wyman.

 

The lost weekend le poison ray milland billy wilderLe drame de la vie d’un écrivain. Celui auquel tout le monde croit, mais qui n’y arrive pas. Obsédé par la feuille blanche, il tente de se réconforter auprès de la bouteille. Noyé dans ses peurs, il est laissé seul le temps d’un week-end. Va-t-il nager pour survivre ou se laisser couler ? Belle interprétation de Ray Milland, Oscar du meilleur acteur.

7 nominations aux Oscars, 4 récompenses dont l’Oscar du meilleur film en 1946 ainsi que le Grand Prix à Cannes.

 

Double Indemnity (1944) : 15/20. Titre français : Assurance sur la mort. Avec Fred MacMurray et Barbara Stanwyck.

 

Un thriller rempli d’amour et de haine. Un assureur est victime d’un coup de foudre. Seul problème, la femme est déjà mariée et la seule solution semble être d’éliminer le mari gênant. Et au passage rafler la mise à l’aide d’une assurance. Bon film bien emmené par MacMurray. Tiré d’une histoire vraie. 7 fois nominé aux Oscars.


Sunset Boulevard (1950) : 16/20. Titre français : Boulevard du crépuscule. Avec Gloria Swanson et William Holden.


Magnifique attaque contre Hollywood et une ode aux vedettes du cinéma muet. Humour noir et drame se mélangent. William Holden joue un scénariste malchanceux, qui se retrouve chez Norma Desmond (Gloria Swanson), qui joue un peu son propre rôle. Star du cinéma muet, délaissée, elle enferme littéralement William Holden, tout d’abord bien heureux d’avoir un endroit où dormir. 3 Oscars, dont celui du meilleur scénario. 11 fois nominé. Swanson méritait l’Oscar de la meilleure actrice.Norma Desmond Sunset Boulevard du crépuscule Billy Wilder

 

Ace in the Hole (1951) : 17,5/20. Titre français : Le gouffre aux chimères. Avec Kirk Douglas.

 

 Depuis Path of Glory (Stanley Kubrick), j’ai un grand respect pour le jeu d’acteur de Kirk Douglas. Eh bien cela s’est renforcé. Dans Ace in the Hole, le grand Kirk est un journaliste sur le déclin, rejeté par les plus grands journaux pour ses problèmes de boisson. Il atterrit dans un bled paumé où il n’a qu’un souhait : s’en échapper le plus vite possible.

ace in a hole le gouffre aux chimères kirk douglas billy wL’Histoire qu’il attend arrive enfin : un homme se retrouve pris au piège d’une montagne (évènement tiré de deux histoires vraies). Premier sur les lieux, Douglas réagit vite, de manière journalistique : il a compris que cette histoire peut être le scoop de sa vie. Et peu importe la déontologie…

 

Grand film, magnifiquement interprété. Qui pose la question des méthodes des journalistes, parfois qualifiés de charognards sur des sujets délicats.

 

Les Historiques

 

Five Graves to Cairo (1943) : 15/20. Titre français : Les cinq secrets du désert. Avec Franchot Tone et Anne Baxter.

 

L’histoire de Rommel. Une sorte de comédie historique, parfois dramatique, surtout la fin. Les troupes allemandes avancent à vitesse grand V et font reculer les Britanniques chaque jour. Ils ne prennent même pas le temps d’attendre des renforts ou le ravitaillement. Il semble même qu’ils trouvent ce ravitaillement quelque part en plein milieu du désert. Un soldat britannique, blessé, se retrouve considéré par Rommel comme un espion au service de l’Allemagne. Il va essayer d’en savoir plus, même si sa vie est en jeu. 3 nominations aux Oscars.

 

Stalag 17 (1953) : 14/20. Avec William Holden et Robert Strauss.

 

On ne fait pas assez de films sur les camps de prisonniers. Surtout dans ce genre-là. Un espion se cache dans le bungalow de soldats américains et met à mal toutes leurs tentatives d’évasion. Qui est-il ? Est-ce celui qui fait du commerce avec l’ennemi ? Ou est-ce trop évident ? Film intéressant pour le côté historique. Oscar du meilleur acteur pour Holden.

 

La romance

 

Sabrina (1954) : 13/20. Avec Audrey Hepburn, Humphrey Bogart et William Holden.

 

Sabrina (Hepburn), fille de domestique, est éperdument amoureuse de David Larrabee (William Holden) qui ne la remarque même pas. Pour l’en détacher, son père décide de l’envoyer à Paris dans une école de cuisine. A son retour, elle est transformée. Les fils Larrabee n’ont d’yeux que pour elle. Une romance un peu gentillette, manquant de profondeur en tout cas. Audrey Hepburn est nommée pour l’Oscar de la meilleure actrice.

 

Les comédies

 

Some Like it hot (1959) : 17/20. Titre français : Certains l’aiment chaud. Avec Marylin Monroe, Tony Curtis et Jack Lemmon.

 

Sans aucun doute le film le plus connu du réalisateur, la présence de Marylin Monroe et de son pou pou pi dou l’explique sans doute. Deux musiciens assistent à un règlement de compte dans le Chicago de 1929. Obligés de quitter la ville, ils trouvent un boulot dans une revue où ils sont déguisés en femmes. Ils rencontrent Sugar Kane (Monroe) et vont vivre une tonne d’aventures ensemble. « Well, nobody’s perfect. » est la réplique du film. 6 nominations aux Oscars.some like it hot certains l'aiment chaud well nobody's perf

 

The Apartment (1960) : 16/20. Titre français : La garçonnière. Avec Jack Lemmon, Shirley MacLaine et Fred MacMurray

jack Lemmon The apartment la garconnière billy wilder 

Bien que positionné en bas de la chaîne, C.C. Baxter (Lemmon) est connu de tous dans son entreprise. La raison ? Trop gentil pour refuser au départ, il est maintenant contraint de laisser son appartement à ses supérieurs afin qu’ils y reçoivent leur maîtresse. Sa vie personnelle s’en retrouve affectée, puis sa vie professionnelle. Surtout quand il tombe fou amoureux de la maîtresse du grand chef.

Très bonne comédie, récompensée à juste titre par 10 nominations et 5 titres, dont l’Oscar du meilleur film en 1961.

 

 

 

The fortune cookie (1966) : 14,5/20. Titre français : La grande combine. Avec Jack Lemmon et Walter Matthau.

 

Encore une arnaque à l’assurance. Toujours avec Jack Lemmon, acteur fétiche de Wilder. Renversé par la star du football américain, il se retrouve à l’hôpital. Son beau-frère, avocat sans scrupule spécialiste des assurances, veut faire cracher ces dernières. Et peu importe si la vie de son beau-frère s’en retrouve affectée. Bonne comédie, un tout petit peu moins rythmée que les deux précédentes. 4 nominations aux Oscars, une récompense (Matthau, meilleur acteur dans un second rôle).


One, two, three (1961) : 18/20. Titre français : Un, deux, trois. Avec James Cagney.

 

Juste magnifique. Une comédie historique très rythmée, portée par un James Cagney extraordinaire. Berlin au sortir de la seconde guerre mondiale. La ville est divisée, bientôt murée. Mais cela n’empêche pas les contacts entre l’Est et l’Ouest. Mac Namara reçoit la fille de son chef. Il doit l’occuper, mais celle-ci a d’autres préoccupations en tête. Elle souhaite se marier avec… un communiste. L’une des meilleures comédies que j’ai vues, peu appréciée à l’époque en raison du contexte (construction du mur de Berlin peu avant la sortie du film).One two three un deux trois the end billy wilder pepsi cola

 

Mon classement des réalisateurs-acteurs (totalement subjectif)

 

1. Emir Kusturica : 17,08/20 (7 films)

2. Jacques Audiard : 15,83/20 (6 films)

3. Frank Capra : 15,50 (7 films)

4. Billy Wilder : 15,46 (12 films)

5. Charlie Chaplin : 15,29 (7 films)

6. Clint Eastwood : 15,25 (10 films)

7. Quentin Tarantino : 15,19 (8 films)

8. Les frères Coen : 14,96 (14 films)

9. Stanley Kubrick : 14,82 (11 films)

10. Sergio Leone : 14,58 (6 films)

11. Sofia Coppola : 14,5 (4 films)

12. Alfred Hitchcock : 14,21 (12 films)

13. Woody Allen : 14 (14 films)

14. Howard Hawks : 14,29 (7 films)

15. George Cukor : 13,95 (10 films)

16. Steven Spielberg : 13,79 (12 films)

17. Tim Burton : 13,25 (12 films)

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30 octobre 2013 3 30 /10 /octobre /2013 07:13

Visage d'ange, mais vrai démon. Hello, Dexter Morgan. La septième série de l'année. Pas mal pour quelqu'un qui s'en était fixé cinq en janvier.

Tiré d'un livre, la série présente un scénario qui peut paraître étrange : on suit un sérial killer. Enfin, un sérial killer de sérial killers. Il s'appelle Dexter, il travaille comme expert médico-légal en analyse de projection de sang au sein de la police de Miami.

 

Il y a huit saisons, avec 96 épisodes de 52 minutes. Un peu plus de 83 heures. Rien que ça !

 

Les saisons ne sont pas toutes du même niveau. J'ai une grande préférence pour la première, la deuxième et la quatrième saison (alors que la troisième, notamment, m'a laissé sur ma faim). 

Dexter, c'est un grand débat. Peut-on tuer quelqu'un car c'est un sérial killer. Au-delà du show, extrêmement divertissant (il faut le reconnaître), il y a toujours cette question en fil rouge. Surtout quand Dexter Morgan ne suit pas le code. Ou alors lorsqu'il le suit mais que cela va à l'encontre d'une enquête de police. J'ai eu quelques débats enflammés avec la demoiselle (sans elle, je ne regarde pas de série) sur cette question. Nous sommes tous deux opposés au principe de la peine de mort. Or, cette série se déroule en Floride, état où la peine de mort est en vigueur. Ainsi, lorsque Dexter tue un sérial killer, on peut toutefois penser que celui-ci aurait de toute façon fini sur une chaise électrique. Dexter permet ainsi de ménager les finances publiques de l'état américain. Et surtout il évite que cette personne recommence.

Deux problèmes. La peine de mort en Floride. Si il y a 395 détenus actuellement condamnés à la peine de mort, celle-ci est assez peu appliquée : 7 personnes ont été tuées entre 2007 et 2011. Or, Dexter assassine plus de personnes en une seule saison. A chaque épisode, en moyenne, quelqu'un finit sur la table de Dexter Morgan.

Second problème : la possibilité de rédemption. Car si je suis quelqu'un opposé à la peine de mort, c'est que je crois aux possibilités de changement. Je crois qu'un être mauvais peut devenir bon avec le temps (et avec beaucoup de suivis et de travail). Or, Dexter n'y croit pas. Et lorsque la religion le pousse à y croire en partie, le scénario fait que cette croyance est exterminée par les mauvaises actions de l'homme. Seul l'amour, à la fin, lui permet d'épargner une victime.

Alors lorsque je regardais Dexter, j'espérais qu'il se fasse prendre. C'était là ma grande différence avec la demoiselle, qui lui demandait de se dépêcher et de tuer très vite cette mauvaise personne. 

La huitième saison était de trop pour moi. J'en avais un peu marre de voir Dexter survivre à tout, et contre tout, sans être jamais véritablement inquiété. Ca m'énervait même. Alors je suis content que la série soit terminée. Et je comprends pourquoi la télévision publique suisse romande a refusé de diffuser la série car « contraire à ses principes ». Car les valeurs diffusées, prises au pied de la lettre, sont dangereuses.


Ainsi, aux Etats-Unis, un gamin de l'Ohio a dit avoir été inspiré par le show lorsqu'il a étranglé son frère de 10 ans. En Suède, une femme de 21 ans a poignardé en plein cœur son père. Surnommé la Dexter Killer, elle s'est comparée au héros de la série, et une photo de Dexter apparaissait sur son téléphone à chaque fois que son père l'appelait. En Norvège, un type a déclaré être inspiré par Dexter lorsqu'il en a tué un autre pour « arrêter le diable ». Et encore aux Etats-Unis, Mark Twitchell a commencé une seconde vie. Là encore, il était Dexter Morgan, et a tué un homme infidèle, avant de planifier un autre crime.

Trois fois nommé aux Golden Globes de la meilleure série. Michael C. Hall récompensé par la statuette de meilleur acteur dans une série dramatique en 2009. John Lithgow meilleur acteur dans un second rôle (le Trinity Killer).Dexter-saison-4-Trinity-Killer.jpg

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28 octobre 2013 1 28 /10 /octobre /2013 07:55

C'est un sujet que j'ai déjà abordé à de nombreuses reprises au cours de ces derniers mois : mon envie de devenir végétarien. Plus je lis sur le sujet, plus je discute avec des végétariens, et plus ça me donne envie de franchir le cap.

Le fait que je sois en Allemagne explique en partie cette atmosphère pro-végétarienne autour de moi. Wikipédia me dit qu'environ 9% de la population du pays seraient végétarienne, contre seulement 2% en France. L'Allemagne présente d'ailleurs le meilleur chiffre d'Europe derrière l'Italie, alors que la France reste le village gaulois qui résiste encore et toujours aux végétarismes, trustant la palme du pays le moins végétarien d'Europe (avec le Portugal). 

 

Étonnant d'ailleurs ces chiffres. On pourrait penser que la France dispose d'une variété plus importante de fruits et de légumes en tous genres que l'Allemagne ou les pays nordiques. Et pourtant, il n'y a que très peu de végétariens. Le fait que l'on détienne également le premier cheptel bovin d'Europe peut par contre expliquer le lobby pro-viande dans le pays. Qui n'a jamais entendu que pour être fort, il faut manger de la viande !
Patrick-Baboumian-vegan-vegetarien.jpg

Je vous présente Patrick Baboumian. En 2011, il remporte le titre d'« homme le plus fort d'Allemagne ». Quel rapport ? Ce type est végétarien depuis 2006, et même végétalien depuis 2011 ! Et en 2013, il a transporté un poids de 550 kg sur 10 mètres, ce qui en ferait un recordman du monde !

Qui a dit qu'être végétarien était mauvais pour la santé ?
 

Une étude de l'université d'Oxford a montré que suivre un régime végétarien diminue de 32% les risques de maladies cardiaques. Les végétariens sont également moins susceptibles de développer du diabète.


Mais ce qui me pousse aussi à aller dans cette voie, ce sont les conséquences générales sur la planète de l'élevage intensif. Les fameux « pet de vache », composé de méthane, un gaz 25 fois plus puissant que le CO2. En France, on estime que la digestion de nos amis les bovins représente 5% des émissions de gaz à effet de serre du pays. Ce n'est pas négligeable. A l'échelle mondiale, c'est hallucinant. 

66 kilos, c'est le consommation moyenne de viande en France. En 2011 aux États-Unis, ce fut 78 kilos de viande par habitant. Dans le monde, la moyenne est de 42 kilos par habitant, mais seulement de 31,5 kilos dans les pays en voie de développement. Pays qui nous rattrapent et qui poussent à la production. 

De ce fait, la production mondiale de bœuf a doublé depuis 1970, celle de porc a triplé, et celle de poulet a été multipliée par 6. Et que mangent nos amis les bêtes ? Des céréales. Selon le Conseil International des Céréales, 758 millions de tonnes de céréales devaient aller à l'alimentation animale dans le monde durant la campagne 2010/2011, soit environ 44% de la production totale. Quand la FAO estime que 37 pays sont menacés de famine, et que 15 pays ont connu des émeutes de la faim depuis 2008.


Alors devant mon steak, que j'aime tant (car j'adore le bœuf), je me sens un peu coupable.

Vous devez être le changement que vous voulez voir dans ce monde disait Gandhi. Je n'ai pas mieux.

 

Attention, il ne faut pas manger n'importe comment non plus. Si je n'ai pas encore franchi le cap, c'est que je veux lire au maximum sur le sujet avant de m'engager. Disons que je n'ai pas beaucoup de kilos à perdre, il vaut donc mieux que je fasse gaffe. 

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26 octobre 2013 6 26 /10 /octobre /2013 11:22

... honnêtement ce n'est pas encore le genre de vacances que je souhaite avoir chaque année. Attention, je ne dis pas que des vacances en Crête ne valent pas le coup/coût ! Non, très clairement, ces vacances furent reposantes, ensoleillées, et c'est un endroit que je recommanderais à beaucoup de monde dans mon entourage. Mais pas à moi.

 

Après ces vacances, je suis revenu reposé. C'est indéniable. Mais après mes grands voyages, je suis toujours revenu transformé. Et c'est la sensation qui m'a manqué après la Crête. Enfin, pas que. Il m'a manqué les découvertes chaque jour, le sac à dos trimbalant mes affaires, la rencontre des locaux, couchsurfing, les endroits cachés, et le petit grain de folie. Le stress de la recherche d'hôtel, le moment surprise que l'on n'attendait pas, et l'anecdote croustillante à raconter à mes enfants.

 

Ces vacances en Crête m'ont rappelé mes vacances en Égypte. J'étais alors parti en « tout compris » et j'étais revenu avec l'envie de ne plus jamais faire ça. J'en ai pris pour cinq ans de voyages un peu fous. Et puis j'étais fatigué. Et puis j'en avais ma dose. 

La Crête m'a redonné un coup de fouet, un coup de folie. Une envie. Un projet. Avant mes 30 ans, la route de la Soie. Pour vraiment avoir profité à fond de ma jeunesse.

route-de-la-soie-copie-1.jpg

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22 octobre 2013 2 22 /10 /octobre /2013 09:45

Une semaine en Crête ! Oui, y'en a qui l'ont belle !


Moi en vacances en Crête, ça peut en étonner plus d'un. Moi le premier je suis surpris de m'être laissé aussi facilement convaincre de partir en vacances en mode touriste feignant. Mais mes appels au voyage de l'été n'ont pas été repris comme je l'espérais, et la motivation de la demoiselle pour partir au soleil a fait le reste.

Nous sommes donc partis avec Thomas Cook de Munich, direction l'aéroport d'Heraklion. Sur-place, on comprend déjà que c'est les vacances : alors qu'il avait neigé à Munich l'avant-veille (!), il fait ici 20 degré à 21 heures. Les bagagistes ont le rythme méditerranéen dans la peau, 2 avions ont atterri et ils leur faut 40 minutes pour amener nos sacs. Pas grave, on n'est pas pressé, c'est les vacances. Deux heures de bus plus tard, nous voici à l'hôtel Resort Orpheas, à deux kilomètres de Giorgoupoulos.carte-crete-orpheas-resort-hotel-orfeas-map-kreta.jpgL'hôtel, en top 3 :
Top 3 déception
3 - Les chaises longues sur la plage : 2,25€ par jour. Dans mon esprit, quand tu payes quelque chose tout compris, tout est compris, même la location des chaises longues sur la plage.

2 - Internet. 5€ pour 90 minutes. Le prix d'un internet café en 1996, alors que tout le monde possède désormais le wifi et bénéficie d'une connection illimitée. Sur le smarphone d'Alba, c'était 2€ pour 25 MB. Bien suffisant (et ca m'a permis de faire une cure de la toile)
1 - La nourriture. Là, c'est le seul vrai hic. Gros néanmoins. C'était des buffets, avec énormément de choix. Le petit-déjeuner était correct, on se faisait des sandwichs pour l'après-midi (nous étions en demi-pension). Le fromage était bon, je me surprends à manger des oeufs au petit-dej. Mais le dîner...
Il fallait aimer la saucisse. Dans quasi un plat sur deux, il y avait des saucisses. Certes, 90% de la clientèle est allemande, mais ce ne sont pas tous des dingues des saucisses ! Et puis le reste n'était pas de grande qualité. Le chef avait l'habitude de mettre une salière dans chaque plat, si bien que j'avais l'impression de (re)boire la tasse au lieu de boire ma soupe. Dommage, car sinon c'était presque parfait.
hotel-orpheas-orfeas-crete-kreta-resort.JPGTop 3 satisfaction
3 - La propreté. Notre chambre nettoyée chaque jour, pareil pour la salle de bain, les serviettes constamment changées, tout comme les draps. Impeccable.
2 - Les piscines. On avait deux piscines à notre disposition, alors que la mer était au bout de l'hôtel. Celle-ci était propre, fraiche mais pas froide, superbe pour se raffraichir, parfaite pour faire mes longueurs hebdomadaires.

1 - La localisation. L'hôtel est coincé entre la montagne et la mer, calme absolu, génial pour se reposer. Il est petit, sans trop l'être. Pour avoir vu beaucoup d'autres hôtels séparés par une grande route de la mer, ou alors avec plus de 300 chambres, c'est clairement le point fort du lieu. La plage de l'hôtel ci-dessous.
Dans les autres satisfactions, les prix sont vraiment corrects (notre mini-bar demandait 80 centimes pour une canette de fanta, le même prix pour une grande bouteille d'eau), le personnel présent si besoin...
plage-orpheas-resort-crete-kreta-strand-orfeas-hotel.JPGBon, l'emploi du temps était light. Se lever, manger, piscine, dormir, lire, manger, piscine, dormir. Un truc du genre. Le soleil était présent, et forcément ca aide pour passer de bonnes vacances. Il faisait chaud, mais pas trop (25-28°C). 
On est quand même parti une fois à l'aventure, direction Gramvousa et la plage de Balos.
Location de voiture et départ vers la péninsule à l'extrême nord-ouest. La route est facile, c'est toujours tout droit. On arrive à Kastelli, puis on tourne à droite. Là, c'est l'info importante. "La route est un peu mauvaise". C'est comme ça qu'on nous l'a vendu. Dans les faits la route est TRES mauvaise, car route il n'y a pas. Des pierres, de la poussière, des chèvres, oui. Mais du béton, non. 7km, une heure. Rythme que l'on qualifiera de lent. Fatiguant, car il faut être toujours très attentif. Sur Internet, après renseignement, c'est écrit que Balos est accessible en bateau ou en 4 x 4. On avait donc l'air malin avec notre petite Hyundai (mais on n'était pas les seuls dans cette situation).Crète Balos 2Crete-Balos-3.JPG Après avoir garé le carosse, une petite randonnée de vingt minutes sous un beau soleil.Crete-Balos-copie-2.JPGEt de l'autre côté de la colline, le paradis. Cette plage du bout du monde a été une place forte vénitienne, puis un repère de pirates. Aujourd'hui, c'est l'un de plus beaux endroits de l'île, préservé d'une invasion touristique par cette absence de route. On arrête donc de se plaindre et on admire, avant d'aller nager.
Crête BalosCrete-Balos-4.JPGSur la route du retour, nous observons les montagnes du centre du pays, se jetant tout droit dans la mer. Un air de Corse. Un air d'île méditerranéenne. Un air de vacance. Un air de repos. Mais...

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10 octobre 2013 4 10 /10 /octobre /2013 11:26

Pendant plusieurs années j'étais un type sociable. Qui allait vers les autres, qui avait envie de les découvrir. J'avais foi dans l'humain, et je pensais que chaque nouvelle rencontre pouvait me permettre d'apprendre sur la vie ou sur moi, en plus de connaître l'autre. Erasmus fut une apogée dans ce domaine : ce n'est pas toutes les semaines que l'on rencontre des dizaines de personnes venues de pays différents, prêtes à échanger avec vous sans sourciller. Le voyage fut aussi l'occasion d'entrer dans la galaxie des backpackers.

Déjà, là, j'ai eu plus de mal. Après 30 histoires de voyages, se ressemblant souvent, j'ai perdu un peu de mes illusions sur cette communauté, parfois égoïste, parfois prétentieuse. Faire un voyage ne nous rendait pas plus intelligenst, pas plus supérieurs que le reste de la population. Mais les personnes que je rencontrais avaient parfois tendance à le penser. « Ceux qui ne voyagent pas ne peuvent pas comprendre le monde, sont dans leurs petites vies pépères, sont tristes ». Pour moi, c'est plus « ceux qui ne voyagent pas font d'autres choses », et s'ils sont heureux ainsi, c'est le plus important.

En Afrique, ce fut la communauté des expatriés. Là, j'ai eu franchement du mal. Beaucoup de mal en fait. J'étais fatigué d'entendre les ambitions de chacun, les critiques faciles faites à la mère patrie, et les discours teintés d'arrogance, au moins de supériorité. Je n'y arrivais plus, je n'en avais plus l'envie. Je devenais peu à peu insociable.

J'écoutais sans écouter. Je ne parlais pas, ou alors le minimum. Et je n'allais plus vers les autres. Je me réfugiais dans la solitude pour mieux la détester. J'allais dans la chambre, je fermais la porte. J'attendais que mes colocataires soient couchés pour aller cuisiner. J'évitais les discussions, j'évitais les rencontres.

Ce sentiment d'insociabilité ne me quitte pas vraiment. J'ai parfois l'impression que j'ai perdu la foi dans l'humain. Que les discours des uns et des autres me fatiguent. Pourquoi ?
Je lis trop le net. Trop les articles, et surtout, trop les commentaires. Rien de pire après un article politique sur les Roms/l'islam/l'insécurité/le mariage pour tous que de lire les commentaires. Vous aurez le droit à des raccourcis sans limites, des propos racistes, homophobes, parfois tenus de relents assassins. Je marche dans la rue. Un SDF est assis à ma droite, un chien à ses côtés. Un couple de vieux devant moi. « C'est quand même pas une vie pour cette pauvre bête ». C'est une façon de voir les choses.

L'humain me déçoit de plus en plus. Lire que le FN est en tête des sondages m'attriste de plus en plus et me révolte de moins en moins. Alors que ça devrait être l'inverse. Il faudrait avoir l'envie de se battre, de lutter contre vents et marées, contre les mensonges et les ignorances. Mais j'ai l'impression que je n'y crois plus. Que dans l'océan des opinions, la mienne compte peu.

A moins que l'enseignement. Je crois à l'école, je crois au savoir. Mais ceux qui ont choisi cette voie autour de moi partaient avec les mêmes bonnes intentions, avec les mêmes belles illusions, et sont revenus quelque peu frustrés (et c'est un euphémisme).

Je ne sais pas trop où je vais avec cet article, j'espère que vous ne m'en voulez pas trop. Ca fait plusieurs semaines que j'essaie d'écrire sur chacun de ces sujets, sans vraiment réussir, alors aujourd'hui c'est un melting-pot, il y en a pour tous les goûts ! Pas sûr que ce soit l'article de l'année, mais si ça me permet d'écrire ce qui me trotte depuis quelques semaines dans la tête, ça me fera du bien.

Où j'en étais ? Ah oui, l'enseignement. Ça me ramène à la question de mon avenir cette histoire. « Qu'est-ce que tu vas faire après ton doctorat ? ». Chut! Arrêtez avec cette question ! Je ne sais pas, et ça m'énerve de plus en plus. Surtout ça me démotive pour le doctorat. Quand on n'a pas d'objectif, pourquoi réaliser un projet ? Et c'est exactement ce qu'il ne faut pas faire, il faut que je me fixe des objectifs, il faut que je les trouve. Se forcer à travailler, ça va bien un temps. Mais lorsque l'on travaille pour soi, que l'on n'a personne sur son dos, pas de patron, un prof lointain... ça ne peut pas fonctionner sur le long terme.
Je suis un peu bloqué dans mes recherches parce que je suis bloqué dans ma tête, parce que je suis dans l'incertitude sur la suite des événements. J'ignore vers où aller, j'ignore même ce qui pourrait m'intéresser. J'ai le sac de voyage qui me titille encore, j'ai la carte du monde dans la tête. J'ai la route de la soie qui crie mon nom.

Financièrement, je vais commencer à être ric-rac. C'est le jeu d'avoir un appart, d'avoir fait un voyage, et de ne plus travailler depuis quelques années. Et je n'ai pas les bourses ! Pas d'argent qui rentre, et il faut vivre. Du coup, chaque mois présente un bilan déficitaire. Les maths font preuve d'une logique implacable. Alors voyager c'est bien, mais encore faut-il avoir les moyens. Et le temps. Et vraiment en avoir envie. Parce que tout quitter quand on est célibataire, c'est une chose. Mais tout quitter en étant en couple, c'en est une autre.

Bref, tu le vois bien, ma tête ne me laisse pas tranquille cinq minutes. Voilà ce à quoi mon cerveau peut penser en l'espace d'un quart d'heure, le temps d'écrire cet article. Pas sûr que ça fasse avancer le schmilblick cette histoire, mais, au moins, une partie des idées est déposée. Pas sûr que vous ayez une réponse à toutes ces questions qui me taraudent l'esprit depuis quelques semaines/mois mais si vous en avez ne serait-ce qu'une, je suis preneur.

On n'a qu'une vie. 

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10 octobre 2013 4 10 /10 /octobre /2013 10:43

quitter-facebook.jpgEn vérité je suis un accro. Un addict. Un putain de junkie. Me le mettre entre les mains et je ne peux m'en détacher. Ça fait trois semaines que je dois faire un boulot pour la fac, et je finis toujours par me retrouver sur ce mangeur de temps. Carnivore.

Saloperie de Facebook, tu m'en auras fait perdre des minutes, des heures, des journées entières. Je venais vers toi pour voir ce qui se passait, et admirer ainsi qu'il ne se passait rien. Ça me rassurait autant que ça me déprimait. Chez moi, c'est calme, et chez vous, ça n'a pas l'air mieux non plus. Triste vie.

Aujourd'hui, je te quitte à nouveau. J'ai déjà fait l'expérience un été, il y avait eu des hauts et des bas à ton absence. Mais objectivement, il y a aussi des hauts et des bas à ta présence. Tu voles mon temps, tu me le confisques, et je n'arrive pas à le récupérer, à me contrôler. Comme toujours, en cas de rupture, je suis radical. C'est un vrai au revoir. On coupe les ponts. Je ne veux plus te voir, plus entendre parler de toi. J'ai eu quelques bons moments mais depuis quelque temps tu ne me satisfaisais plus. Tu me frustrais.

J'espère que je tiendrai. Le problème dans les ruptures, c'est la sensation de manque, la solitude, le petit message qui ne vient plus. Alors il faut que je m'occupe. Ça tombe bien, j'ai une thèse à faire et une langue à apprendre. Une copine à m'occuper, des livres à lire, le journal à feuilleter, des films à regarder. Quelques articles à écrire. Depuis quelques semaines, je n'y arrivais plus, à cause de toi, à cause de moi. Nous ne sommes pas faits pour être ensemble. J'espère que tu me pardonneras. Je te hais. Casse-toi. Ne reviens pas.

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10 octobre 2013 4 10 /10 /octobre /2013 10:22

Alors que ma première visiteuse est repartie, voici treize bonnes raisons pour lui succéder :

1 – J'y suis ! Oui, c'est la raison principale de ta venue ici ! Je suis là, j'ai une chambre et un lit pour toi, je connais la ville, je connais un peu la langue. Je serai ton guide. Ca serait con de venir quand je ne suis pas là !

2 – La demoiselle. Oui, c'est l'occasion pour toi de connaître un peu mieux ma partenaire. Et de comprendre pourquoi j'ai déjà passé deux ans en sa compagnie.

3 – Les collines boisées. C'est peut-être l'élément le plus frappant lorsque l'on visite Fribourg. A chaque instant, on peut se tourner vers l'horizon et voir une colline boisée. Il y en a une à 100 mètres de la cathédrale, qui surplombe la ville. Il y en a beaucoup d'autres autour. Une impression de nature dans une vie citadine.Freibourg (9)

4 – Le vélo. Fribourg est une ville de vélo. Chance pour toi, j'en ai un de disponible pour mieux visiter la ville ou les alentours ! Ça pourra donc être une visite un peu sportive, ou au moins relaxante !

5 – Les pistes de ski. C'est une Breaking News ! Il y a des pistes de ski à quelques minutes de chez moi ! Alors Fribourg en hiver, c'est bien aussi !

6 – Fribourg en été, c'est aussi quelque chose de cool ! Car à Fribourg, il y a des lacs ! Des rivières ! Une bonne baignade sous la chaleur allemande, why not ?Freibourg (12)

7 – Une randonnée ! Fribourg c'est la porte d'entrée de la Forêt Noire. Alors Fribourg peut être une visite nature. Quitte la ville, et viens respirer l'air pur de la forêt !

8 – Les Bächle. Ce sont des petits cours d'eau qui traversent la ville. Ils en font le charme. On peut entendre l'eau circuler, y mettre les pieds en cas de fortes chaleurs. A découvrir.

9 – Le charme de la langue. Venir à Fribourg, c'est pouvoir bénéficier des joies de la langue allemande, de son datif et de son accusatif. L'occasion d'apprendre quelques mots qui feront de toi un véritable germanophone à ton départ !

10 – La gastronomie locale ! La région est connue pour ses Straussi, des jardins ouverts où l'on a l'habitude de déguster du vin. Dans cees brasseries, tu pourras aussi goûter à la bière allemande de ton choix, ou manger quelques Würste avec des Pommel.
11 – Europa Park. Plus de 100 attractions, 11 montagnes russes, 13 quartiers d'Europe, près de 5 millions de visiteurs, ce qui en fait le parc saisonnier le plus visité d'Europe. Et une ligne de bus qui nous relie à Fribourg en 45 minutes.

12 – Aller voir un match de Bundesliga. Des frappes de 30 mètres cadrés, des défenseurs d'1m90 et un odeur de saucisse à la mi-temps. Fribourg a fait une bonne saison l'année dernière, ils sont d'ailleurs en Europa League cette année. Ils sont aussi relégables. Les saisons se suivent et ne se ressemblent pas forcément. Jonathan Schmid et Francis Coquelin seront présents !Freibourg (14)

 

13 – Les vitraux de la cathédrale. L'édifice en soi est impressionnant, un mélange d'art roman et d'art gothique. L'entrée est splendide. Mais les vitraux... Si la lumière est avec vous (et avec votre esprit), ils resplendiront.Freibourg (1)
Elle semble avoir apprécié ! Alors, pourquoi pas toi ?
Anais-a-Fribourg.JPG 

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4 octobre 2013 5 04 /10 /octobre /2013 18:54

Il n'y a pas si longtemps de cela, j'avais un furieux besoin d'écrire. Une journée sans quelques lignes n'était pas une bonne journée. Mon humeur dépendait de cette action, et quelques jours sans un article me mettaient hors de moi.
Mais depuis quelques mois, il y a comme une cassure. Je ne trouve plus les mots. Je n'arrive plus à enchaîner les lignes. Des idées, j'en ai encore beaucoup, des cours d'allemand à l'insociable, en passant par la Françafrique et Renaud. Mais je suis incapable d'aller plus loin. Je n'y arrive plus. Alors plutôt que d'écrire quelque chose, je me décide à écrire sur mes difficultés d'écriture. On tourne en rond.

J'avais besoin d'écrire pour exprimer mes sentiments. Je sais que ce fut pendant de nombreuses années l'un de mes gros soucis : j'étais incapable de parler de moi. Je n'y arrivais pas, je gardais tout pour moi. Maladie familiale. Le risque, c'était d'exploser, de tout lâcher par une journée pluvieuse de novembre. Alors je me suis décidé à écrire ce que je pensais, ce que je vivais, ce que je ressentais. Ce fut là le meilleur des remèdes.
Depuis, j'ai beaucoup appris, sur moi, sur la vie, sur les autres. Par mes écrits aussi, par les réactions qu'ils ont parfois suscitées. Et ça m'a permis de passer au-dessus de ma feu timidité. Oui, elle est bien morte, et celui qui me connaît depuis moins de cinq ans serait bien surpris d'entendre le récit de mes exploits d'amoureux timide. Depuis, je peux parler de moi à d'autres personnes (trop?) sans éprouver de véritables complexes ou peur de jugement. Après avoir balancé sur la toile des choses comme ça, pourquoi reculer devant un ami ? Ce serait stupide.

La raison initiale du blog a donc disparu, mais je continuais cependant à écrire sur tout, et un peu n'importe quoi. Des voyages, des pensées, des découvertes, un peu de politique. Mais depuis quelques mois, ça vient beaucoup moins. Ça ne vient plus du tout depuis quelques semaines. J'essaie de me forcer, je me plante devant mon document « 850 dollars pour un Visa », qui trimbale 178 pages d'archives, sans pour autant trouver la solution.

J'essaie de comprendre quelle fut la coupure. Je pense de plus en plus à des discussions que j'ai eues avec des bons amis plusieurs fois, sur la protection de la vie privée. Ils en sont arrivés à me faire douter de l'intérêt d'un blog, et surtout des articles touchant à ma vie personnelle. « Pourquoi étaler ta vie sur Internet, à portée de main d'inconnus et de vieilles connaissances ? » C'est vrai, ça, pourquoi ? J'essayais de me justifier tant bien que mal, d'expliquer que mes expériences pouvaient servir à d'autres... Mais n'est-ce pas là du narcissisme ? Parler de soi, chaque jour ? Trouver un intérêt à sa vie par les commentaires et les mentions « j'aime » sur chaque article ? Merde, est-ce vraiment ça ?

Ces conversations m'ont un peu déboussolé, surtout venant d'amis proches, avec qui j'ai même partagé un blog de voyage, l'un d'eux ayant eu un blog intéressant (et souvent mis à jour) à l'époque. Alors j'ai essayé de changer un peu ce blog, de ne plus écrire sur moi. Ça s'est fait de manière un peu inconsciente au départ. Et puis peu à peu j'en suis arrivé à me lancer dans un article que je peux qualifier d'intime, touchant à ma vie, ou à des pensées qui me traversent, et à le supprimer après quelques dizaines de lignes, me trouvant ridicule d'exposer ainsi mes pensées. Je n'en voyais plus l'intérêt, je me plaignais pour pas grand chose, ou je voulais donner une petite leçon. Je regardais mon article avec condescendance, le trouvant inutile.

Le problème, c"est que c'étaient ces articles qui étaient à la base de ce blog. J'avais l'impression d'entretenir une vraie relation de confiance avec mes lecteurs, je pouvais me confier à eux sans avoir trop peur d'être jugé. Alors ne plus écrire sur moi, c'est perdre tout intérêt à ce blog.

Depuis quelques jours, je dois valider mon nom de domaine, qui arrive à expiration à la fin du mois. J'ai plusieurs fois pensé que ce serait l'occasion d'arrêter, de prendre ma petite retraite de l'écriture une fois ce moment venu, afin d'aller explorer d'autres horizons. Mais ça ne sera pas encore le cas cette fois. Le fait d'être en Allemagne, loin de tout, loin de vous, m'obligera très vite à reprendre la plume, et mes bonnes vieilles habitudes d'expatrié. Car sans ce blog, j'aurais vraiment l'impression de vivre ma vie seul, ou en tout cas sans vous. Le fait de l'avoir me permet de partager ma vie, malgré le petit millier de kilomètres qui nous sépare. Alors je vais m'y remettre, qu'importe la vie privée, la NSA, ou mon futur employeur. Ils ne décideront pas de ce que je peux ou veux écrire. Ce sera mon choix. Ce sera mon blog.

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