18 juillet 2013 4 18 /07 /juillet /2013 16:51

Game-of-Thrones-le-trone-de-fer-serie.jpgUn harcèlement. J'ai d'abord vu des articles. Puis j'en ai entendu parler par des ami(e)s. Et enfin, il y a l'épisode 9 de la saison 3 qui a déclenché il y a quelques semaines des réactions dithyrambiques sur la toile. Alors je me suis laissé convaincre. J'ai regardé les trois saisons actuellement disponibles.

Game of Thrones, dont j'apprends à l'instant que le nom français est le trône de fer (merci wikipédia!), est une série américaine, plutôt fantastique. 

Un point sur le genre fantastique : c'est un fantastique mesuré. Plutôt limité au départ, il augmente au fur et à mesure des saisons. Des marcheurs blancs, des résurrections, des dragons, oui ça peut être gênant pour moi, homme sans imagination, ayant parfois un peu trop les pieds sur terre. Mais j'ai réussi à passer dessus, malgré quelques réticences lors de certains épisodes.


Le point fort de la série est clairement le scénario. C'est très très développé, les personnages sont nombreux et variés, entre le jeune roi pervers qu'on rêverait tous de voir mourir et la jeune fille en cavale qu'on souhaiterait aider à chaque épisode. Le jeu du pouvoir donne vraiment envie de s'engager en politique (non, c'est une blague). Plusieurs fois j'ai l'impression de voir des événements historiques, notamment en rapport avec les pays anglo-saxons. Les Écossais du Nord, surtout. Les paysages irlandais n'y sont pas étrangers. Et parfois je vois aussi la Perse, les États Grecs, ou l'Empire Romain. Du fait des armes utilisées, de la façon dont les villes sont gérées.

Attention, à ne pas mettre entre toutes les mains : il y a du sexe à volonté (trop parfois selon les médias US!) et de la violence et du sang à gogo (il faut aimer voir des gorges tranchées).

 

Un petit bémol : j'ai l'impression parfois que le pays est à l'image d'un terrain de foot d'Olive et Tom. Pour ceux qui ne connaissent pas la série sportive, le terrain a tendance à s'agrandir et à faire plusieurs kilomètres sur certaines actions, et 10 mètres sur d'autres. J'ai cette sensation surtout depuis le retour express sur un épisode du père Lancaster, juste au bon moment, alors que d'autres ont marché une saison pour faire la même distance.

 

Parfois je suis aussi en manque d'action. Des épisodes comme l'avant dernier de la saison 3, ça me plairait d'en voir plus souvent – je conçois cependant que trois épisodes ainsi et il ne resterait plus beaucoup de personnages –. Mais dans l'ensemble c'est une série à découvrir. Produite par HBO (Rome). Prochaine saison en 2014. D'ici là, vous pouvez toujours vous consoler avec les livres.

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15 juillet 2013 1 15 /07 /juillet /2013 17:22

C'est maintenant officiel, je suis l'heureux locataire d'une chambre de 9m² à Fribourg, dans le sud-ouest de l'Allemagne. Pourtant on m'avait prédit les pires difficultés pour trouver une bonne colocation. Certains en recherchent une ici depuis des mois, sans succès. Et moi, avec ma chance légendaire, la fleur au fusil, j'obtiens un oui après une journée de recherche.

 

A quoi ressemble mon appartement ? Nous sommes au deuxième étage d'un immeuble qui en compte six ou sept. J'ai trois colocataires allemands, Mia, Jasmina et Ombeni. Deux filles, un garçon. Le même âge ou à peine plus vieux que moi, tous étudiants ici. D'entrée j'ai senti qu'ils allaient me plaire : une carte du monde et une carte de l'Europe dans la pièce commune. Hum, mon nez ne me trompe pas, ce sont des voyageurs en puissance. L'Amérique du Sud pour les filles, la Nouvelle-Zélande pour le garçon. Et celui-ci est né... en Tanzanie, à Moshi, la ville du Kilimandjaro. Le monde est finalement très petit, j'y étais il y a un mois !

 Ma chambre est plutôt petite, mais bien agencée. J'ai un balcon à partager avec ma coloc. Et j'ai une pièce de 2m² qui me servira de débarras. Le reste de l'appartement est classique, hormis un très grand balcon. 

Là, une question qui vient peut-être à votre esprit : qu'est-ce qu'il va foutre en Allemagne ? Les cinq raisons essentielles :

1 - J'en ai marre de bouger. J'en ai marre de voyager. J'en ai marre de faire mon sac tous les mois. Je veux rester 6 mois au même endroit. Cela fait 3 ans que je n'ai pas eu d'appartement. Cela fait donc 3 ans que je bouge, à gauche, à droite. Et ça fait 6 ans que je change chaque année de pays. Je veux me poser. Jusqu'à en avoir marre d'être posé !

 2 - Je veux me rapprocher de la demoiselle. Pas besoin d'avoir fait l'ENA pour comprendre. Je veux une relation normale, où nous habitons dans la même ville. La relation à distance, c'est sympa cinq minutes (cf. un an), mais c'est encore plus sympa quand elle n'est pas à distance.

3 - Je veux apprendre l'allemand. Et c'est plus facile en Allemagne.

4 - Je veux créer ma communauté. Je m'explique : comment peut-on se faire des ami(e)s en bougeant tous les deux mois ? Réponse : on ne s'en fait pas. Pas des vrais en tout cas. Hormis mon fief nordiste et la folie Erasmus, je n'ai pas créé de vraie amitié. Rennes : 0. USA : 0. Tour d'Asie : 0. Alors je veux aussi me poser pour pouvoir recréer tout ça. Pour passer une soirée normale, avec des ami(e)s. Et pas seulement pour une soirée de retrouvailles/départ. J'ai l'impression de n'avoir fait que ça depuis des mois.

5- Parce que j'aime Fribourg. Oui, c'est un peu tôt pour déclarer mon amour à une ville où je n'ai vécu que par intermittence. Mais il y a des choses qui ne trompent pas. Pas de métro. Pas de bouchons. Peu de voitures. Des milliers de vélos. Un tram. C'est vert. Je cours sur la colline à 500 mètres de ma maison. C'est le début de la Forêt Noire. Ça me plaît.

 

 

Maintenant place à 5 fausses raisons de ma venue ici

1- Parce que la nourriture est meilleure en Allemagne

2- Pour ne plus entendre parler du retour de Sarkozy

3- Parce que la langue est sexy

4- Parce qu'Angela Merkel est sexy

5- Parce que Fribourg est qualifié pour l'Europa League l'année prochaine

Freibourg (9)

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10 juillet 2013 3 10 /07 /juillet /2013 09:31

Avec un léger retard, revenons sur mon dernier week-end kényan, marqué par un festival de musique. Alors que d'autres profitaient des Solidays, j'ai eu la chance de pouvoir me rendre au « Up live 2, Other side of the Tracks ».

Très clairement, je ne connaissais personne dans l'affiche. Ayub Ogada, Blinky Bill, miss Karun and Thee MC Africa, Mumala, The Slum Drummers... autant d'artistes inconnus au bataillon. Il faut l'avouer, la musique africaine, encore plus anglophone, n'arrive que très peu dans l'Hexagone. C'était donc l'occasion de voir et surtout d'entendre quelque chose de différent.

Tout d'abord, et ce fut là la grande satisfaction de la soirée, ce festival a lieu dans le musée ferroviaire de la ville. Ainsi, nous étions sur un train pour écouter la musique. Awesome !
Le public était plutôt limité. 6 euros, c'est cher pour un kényan. Alors c'était plutôt un festival de Muzungu qu'un festival kényan.
Reste les artistes. Et là il y a eu plusieurs bonnes surprises.
Ayub OgadaAyub Ogada, ce fut la musique africaine que j'imaginais. Un instrument que je ne connais pas, très typique, et une voix qui s'envole. Je vous mets ici en lien sa chanson la plus connue.


 

The Slum Drummers

The Slum Drummers. Eux ce fut l'extase. Des bidons, des bâtons, et ils vous font un concert ! Et ça dégomme. 

 

 

Ils ont également fait un duo avec un autre groupe (dont je ne me souviens plus du nom), et ce fut une sorte de jazz urbain. Curieux mélange !Up live 2

Pour finir la soirée, ce fut un DJ. Moins de surprise, et plus de mouvement. Le festival se transforma en dance-floor géant. Un bon moment.

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9 juillet 2013 2 09 /07 /juillet /2013 09:52

Oui, c'est exactement le même titre qu'un article datant d'une année. A la différence près des années citées.
Je suis donc reparti pour l'une des missions de ma Bucket List, à savoir courir un marathon. Cependant il y a une grosse différence par rapport à l'année dernière : je sais ce que je ferai de mon mois d'avril 2014 : courir le marathon de Paris (c'est le 6 avril, vous pouvez réserver votre date!). Dans 270 jours.

Pour cela, il faut un sacré entraînement. Et rien de tel que de refaire le semi-marathon de Lille le jour de la braderie, le 31 août, départ 9 heures ! 21 kilomètres de plaisir, ou de souffrance, ce sera selon mon entraînement.
L'année dernière ma performance fut d'1.39.26. L'objectif est donc de faire mieux. Et sous les 1h30. C'était ce que j'avais annoncé l'année dernière suite à ce semi.

Concernant l'entraînement, il est clair que je n'ai pas beaucoup couru depuis ce semi-marathon de septembre 2012. Cinq fois en tout et pour tout. Mais j'ai la chance d'avoir un physique de marathonien (enfin je me rassure comme ça) et de pouvoir reprendre les footings sans trop de difficultés.
Mon terrain d'entraînement de juillet sera la colline boisée de Fribourg, à quelques centaines de mètres de mon habitation. Pour être clair : ça monte et ça descend. Et puis des bonnes montées, je vous le garantis. Du coup, j'espère que cet entraînement assez spécifique me permettra le jour J de considérer le semi-marathon de la braderie de Lille comme quelque chose de facile, ou tout du moins d'excessivement plat. Je me souviens de l'année dernière, où le faux-plat montant du côté de la citadelle m'avait fait très mal. J'espère que cette année ça ne sera pas le cas.
SAM_1047.JPGConcernant cette course, on annonce la réunion de l'équipe du tour d'Europe, complétée par Mat'. C'est clairement ce qui me motive. Si j'avais été le seul à le faire, je ne m'inscrirais pas. La flemme de dépenser 15€ pour courir 21 bornes, chose que je peux faire partout et gratuitement. Mais là ce sera différent. On sera ensemble dans l'effort. Pas au même endroit, mais dans la même galère. Et on pourra partager notre expérience à la fin de la course.

Avis à tous les intéressés. Ainsi qu'à ceux qui veulent m'accompagner dans l'idée de courir le marathon de Paris 2014. On n'a qu'une vie. Et on le racontera à nos petits-enfants : « tu sais Papy, il est vieux maintenant, il marche avec une canne, mais il y a quelques années il a couru le marathon de Paris ! » Et ça c'est classe.

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30 juin 2013 7 30 /06 /juin /2013 09:47

A quelques heures de mon retour en Europe, il est un point qu'il faut que je mette en valeur : la chance que j'ai.

Oui chanceux je le suis, de pouvoir vivre ainsi. J'ai déjà eu mon lot de voyages, suffisant pour toute une vie. J'ai vécu une tonne d'aventures aux quatre coins du monde, rencontré des centaines de visages si peu familiers à l'Europe. J'ai vu des paysages oh combien merveilleux. Et je continue encore, et encore.

 

Parfois j'ai des moments de tristesse lors de ces voyages. Je pense les avoir fait ressentir, notamment lors de mon premier périple à Nairobi. Je me dis que je serais aussi bien en Europe, qu'il faut que je me pose quelque part, que je veux arrêter de voyager. Je suis blasé de ce que je vois, et je ne me souviens plus à quel point je suis un privilégié. Mais le plus souvent, rassurez-vous, je reste lucide sur ma situation. Je suis un étudiant chanceux, qui effectue une recherche sur un sujet que j'ai choisi et qui me plaît. Je reçois de l'argent pour effectuer mes recherches dans des pays exotiques, au-dessous de l’Équateur. Et quand je vois la situation des locaux, je réalise à quel point mes petits problèmes de motivation ou d'envie sont des soucis de riche. 

 

Parfois je me demande ce que j'ai fait pour mériter ça. Et puis je pense au karma. Oui, c'est un principe auquel je crois peu face aux gens qui y croient beaucoup. Mais il n'empêche que c'est quelque chose à quoi je réfléchis beaucoup. Le principe est simple : lorsque vous réalisez des actions de bien, le bien revient vers vous. Il en va de même avec le mal. 

Je n'ai pas attendu de connaître le karma pour essayer de faire le bien. Et surtout, je ne fais pas le bien pour recevoir le bien. Ce serait d'un fantastique égoïsme. Non j'essaie de faire le bien pour faire le bien. Attention, je ne suis pas Mère Térésa ou Gandhi. Mais j'essaie de faire les choses à mon niveau, avec mes ami(e)s, ma famille, ou les gens que je rencontre. Avec ce blog même, un peu. J'essaie de faire évoluer les gens dans la direction que je crois bonne, celle du respect des autres, de leur culture. J'essaie de faire changer les mentalités vis-à-vis des pays que je traverse, de supprimer les idées reçues pour montrer ce qui se passe vraiment ici, en Afrique. J'ignore si j'y arrive, mais je me plais à croire que votre vision du Rwanda a, ne serait-ce qu'un peu, évolué. 

 

Je me dis aussi que cette chance m'a été donnée comme une récompense. J'ai longtemps eu l'impression, pendant mon enfance, d'être un gamin très malchanceux. Et aussi malheureux. Les choses n'étaient pas parfaites dans ma vie d'alors, et j'ai longtemps hésité vers quel chemin me diriger. On dit que dans chaque berceau se cachent l'ange et le diable. Pendant mon adolescence, j'ai hésité entre ces deux directions, entre ces deux symboles. J'ai tangué vers le mal, parfois. Mais le bien m'a rattrapé par le col, et m'a dit que ce chemin était le bon. J'ai l'impression que la chance qui m'est donnée depuis plusieurs années est la récompense de ce choix. Je sais, ça peut paraître un peu con comme ça, cette drôle de croyance limite païenne. Mais j'y crois, parfois.

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29 juin 2013 6 29 /06 /juin /2013 06:32

Le Rwanda m'a très clairement réconcilié avec l'Afrique. Un petit bilan en douze mots


Argent : au Rwanda ce fut mon retour avec les francs. Sensation très étrange de payer 100 francs pour quelque chose, ça m'a rappelé des souvenirs. Bon, le taux de change est d'un euro pour 850 francs. J'avais donc des pièces de 100 francs et des billets de 5000 francs ! Concernant les prix, c'est beaucoup moins cher que le Kenya ou la Tanzanie (on peut aisément manger pour un euro, les déplacements sont peu chers). Seul les parcs sont TRES chers (compter 500 dollars US pour voir des gorilles!!!)


Belges : Car mon séjour fut marqué par ma Couchsurfer, Fred, avec qui j'ai vécu pendant deux semaines. Au-delà de l'aspect financier, cette expérience a été très concluante pour ma découverte du pays. Elle m'a emmené dans des lieux que je n'aurais pas trouvés seul, et fait vivre des expériences magnifiques. J'ai également passé un peu de temps avec les professeurs de l'école belge. Cela m'a confirmé une chose : les Belges sont des gens bien sympas tout de même !

 

Conduite : J'ai enfin retrouvé un pays où l'on roule à droite. J'ai vécu au rythme des motos-taxis, redécouvert les vélos-motos (pas à Kigali mais dans les petites villes et villages).


Développement : Le Rwanda se transforme depuis plusieurs années. Le Masterplan de Kigali a carrément prévu des détruire des blocs entiers de résidences pour tout reconstruire, avec une hauteur minimum de six étages ! Je reviens l'année prochaine et je risque d'être perdu dans des quartiers que je connaissais cette année. Augmentation constante du PIB de 6-7 %.


Français : Le fait d'être un Français parlant anglais est une grande chance dans le pays. Les anciennes générations maîtrisent la langue de Molière, les plus jeunes se débrouillent dans la langue de Shakespeare. Bon, ceci est le cas dans la capitale, mais dans les villages mieux vaut bredouiller quelques mots de kyniarwanda, la langue commune du pays.


Génocide : Aller au Rwanda sans évoquer le génocide serait une erreur. C'était il y a moins de 20 ans, et ça reste présent dans l'atmosphère. Un peu partout j'ai vu des affiches pour la 19ème commémoration de cet épisode. Et les mémoriaux sont un must-to-see.

 

Muzungu : Comme au Kenya, comme en Tanzanie, tu es et resteras un Muzungu, à savoir un blanc. Peu importe que tu vives dans le pays depuis 6 mois, un an, dix ans, tu es un Muzungu. Et les gens t'interpelleront toujours de cette façon dans la rue. Ça peut fatiguer.


Nourriture : Le Rwanda fut pour moi l'occasion d'une rencontre avec de multiples saveurs culinaires. Le meilleur plat : le Tilapia du dernier soir, un poisson péché dans le lac Kivu, clairement énorme dans l'assiette. Les bananes plantains furent également très sympas.

Tilapia Green Corner Rwanda Lac Kivu 

Recherche : C'était tout de même la raison principale de mon séjour. J'ai réussi à voir plusieurs personnes, notamment des professeurs et des gens de l'institut français de Kigali. Pour des professionnels, notamment dans les milieux politiques, il me fallait attendre une autorisation des ministères. Résultat : ce n'est que le dernier jour que j'ai eu les contacts de la Ministre de la Santé ou des Affaires Étrangères. Mais c'est un bon début pour ma prochaine visite.


Sécurité : A mon arrivée ici ce fut les messages reçus : sois prudent, et ne te fais pas enlever ! Pas d'inquiétude pour le coup, le Rwanda étant le pays le plus sécuritaire d'Afrique de l'Est. Avec un militaire armé tous les 100 mètres dans Kigali, ce n'est pas difficile. Cette impression de sécurité se ressent dans les déplacements de la population : la nuit, pas d'inquiétude, les gens sortent et rentrent à pied. Chose impensable à Nairobi.


Sourire : C'est un souvenir que je garderai de ce pays : des gens souriants. Cela m'a changé de la froideur des Kényans et à un degré moindre des Tanzaniens. Les Rwandais étaient très ouverts, toujours prêts à discuter. Et les enfants furent formidables.


Vert : C'est la caractéristique du pays : des collines vertes, boisées. Je suis arrivé au début de la saison sèche, et on m'a dit que pendant la saison des pluies c'est encore plus impressionnant. Même la capitale est de cette couleur (en partie, faut pas déconner non plus).

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28 juin 2013 5 28 /06 /juin /2013 14:03

Pour ma (seule) sortie à l'extérieur de Nairobi, ce fut direction le sud-est du pays, vers Rilima. Sur la route, nous nous sommes arrêtés à Nyamata, l'un des grands mémoriaux concernant le génocide. En avril 1994, des milliers de personnes se sont réfugiées dans l'église catholique de la ville, croyant que cela arrêterait les tueurs. Au final, plus de 10 000 personnes sont décédées dans et aux environs de l'église. A votre entrée dans le lieu saint, vous trouvez des bancs couverts par les vêtements des défunts. Et à l'extérieur de l'église vous entrez concrètement dans les tombes. Sensation étrange.
Nyamata-memorial-genocide-eglise-church-genocide.jpgLes filles que je connais ici m'en avaient beaucoup parlé. Elles m'avaient prévenu. Du coup j'étais prêt à voir le pire. Au final j'ai trouvé le mémorial du génocide plus intéressant, en tout cas plus informatif (ce n'est pas difficile, à Nyamata vous n'avez aucune information).

Changement de décor, changement d'ambiance avec les lacs autour de Rilima. Nous y sommes allés en moto (mais la mode ici c'est les vélos-taxi ! Cependant, pour 18 km, c'est un peu lent...) sur une magnifique piste. A travers les villages je me suis pris pour Jacques Chirac, le bras en l'air, la main qui fait gauche-droite : salut le Rwanda ! Et les Rwandais criaient : « Muzungu ! Muzungu ! » et faisaient des grands signes. Oui, au Rwanda, tu es blanc, donc tu es une star.
Rilima (5)Les stars nous étions également lors de notre marche vers les lacs. Là ce sont les enfants qui nous ont pris en chasse. Nous en avions toujours au moins un derrière nous, mais ça montait parfois à 10 ! Certains réclament des bonbons, d'autres veulent simplement faire des photos avec nous. Ça tombe plutôt bien, d'ordinaire je n'ose pas prendre en photos les locaux ! Mais s'ils réclament !
Rilima (2)Rilima (18)Nous traversons des villages, voyons les conditions de vie des locaux. Puis ce sont les lacs, couverts par les pêcheurs en pirogue. L'image est magnifique.Rilima (10)Rilima (13)Rilima (22)Ce séjour fut clairement mon top du Rwanda. Plus de photos ici

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26 juin 2013 3 26 /06 /juin /2013 08:19

Depuis mon arrivée en Afrique c'est quelque chose à quoi je me suis habitué. Petit à petit. Je parle des domestiques.Personnel-de-maison--domestique--employe-de-maison.jpg

La sensation est cependant étrange. En ce moment-même, je vous écris, et Pascal nettoie mes vêtements. Oui, ça fait bizarre. Au départ je n'osais pas trop donner mes vêtements. De même je faisais la vaisselle. Et puis l'employée de maison n'était pas satisfaite : c'était son travail, et si je le faisais à sa place, elle n'avait plus de raison d'être ici. Et comme travail dit salaire...

 

Alors je m'y suis fait. Que ce soit au Kenya ou au Rwanda je n'ai pas eu besoin de nettoyer mes vêtements. Quelqu'un nettoie ma chambre, fait mon lit, cuisine pour moi, fait la vaisselle. Pas tous les jours : 3 fois par semaine au Kenya, 2 fois au Rwanda. Mais c'est grandement suffisant.

De même, lorsque je suis en soirée chez quelqu'un, je ne m'étonne plus de voir arriver un employé me servir mon jus d'orange. Bon, c'était particulièrement gênant lors d'une soirée au sein de la communauté belge, où nous autres, Occidentaux, nous faisions servir par des domestiques locaux. Un étrange air de colonisation.


Mais le fait de côtoyer les employés de maison m'a permis d'en savoir un peu plus sur le pays, sur sa culture. Ici Pascal est congolais. Il cuisine des plats typiques, il évoque la situation inhérente à l'est de la République Démocratique du Congo. Pascal est un petit livre d'histoire à lui tout seul : il a vu arriver les réfugiés rwandais à Goma et Bukavu en 1994. Il regarde cette période avec positivisme, se souvenant d'une période bénéfique pour les affaires. Et il évoque aussi les guerres, qui ravagent depuis 20 ans sa région natale, où sa femme et ses enfants vivent toujours. Pascal est venu travailler ici pour empocher un meilleur salaire que ce qu'il peut obtenir en RDC. Mais il préférerait travailler pour des Français qui « payent mieux ». Ou alors pour les Américains « mais il faut apprendre l'anglais ». Les Belges sont cependant "très gentils". Pascal observe le Rwanda avec un œil congolais, toujours quelque peu méfiant, surtout envers le président Kagamé. Il évoque aussi sa famille, et surtout son fils, qui va épouser une fille cet été. Le mariage a été accéléré, car la demoiselle est déjà enceinte. Faire cela avant le mariage, un péché pour Pascal, très croyant et plutôt conservateur. En plus son fils n'a pas encore de travail. La dot est donc très importante pour lui (les dots se font encore en animaux dans l'est de la RDC). Ce conservatisme dans ses pensées se reflète dans sa situation professionnelle : pour lui il est tout à fait normal de travailler comme employé de maison. Et il n'imagine pas faire autre chose. 
 

« La nourriture est prête ». « Merci Pascal, j'arrive ».

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25 juin 2013 2 25 /06 /juin /2013 07:11

Amour 17,5

L'odyssée de Pi, Django unchained 16,5
Lincoln, Zero Dark Thirty 15
Hapiness Therapy, Argo 13,5

Les bêtes du sud sauvage 12

Les misérables 11

 

Oui, je sais, mon césar et mon oscar 2013 sont attribués au même film. Mais quel film ! Des bonnes surprises cette année, et un crux 2013 meilleur que les Césars, alors que l'année dernière c'était le contraire. Des films qui valent le coup d'être vus dans tous les cas.


Michael Haneke, Amour (2012) : 17,5/20. Avec Jean-Louis Trintignant, Emmanuelle Riva et Isabelle Hupert.

Une claque. Une histoire de vieillesse. Et d'amour. Anne est victime d'un AVC. Puis d'un deuxième. Georges va devoir se consacrer à elle, à sa santé. Grosse interprétation du couple, grand film.

Palme d'or à Cannes, nommé aux Césars et aux Oscars.


Ang Lee, L'odyssée de Pi (2012) : 16,5/20. Avec Irrfan Khan.


Piscine (surnomé Pi) est gardien de zoo. Un jour son père décide de quitter l'Inde francophone pour rejoindre le Canada. Mais la cargo fait naufrage. Pi se retrouve seul, avec un zèbre, une hyène, un orang-outan et un lion. Il doit survivre sur un radeau, sorte d'arche de Noé.
Au delà des images magnifiques, c'est la métaphore et la lutte pour la survie qui valent le coup d’œil. Nommé à 11 oscars.

 

Quentin Tarantino, Django unchained (2012) : 16,5/20. Avec Jamie Foxx, Christopher Waltz, Leonardo Di Caprio et Samuel L. Jackson.


C'est amusant, puisque je mets la note de 16,5 alors que j'ai l'impression que j'ai presque préféré Django à Pulp Fiction. Je pense que c'est la conséquence de mon attente vis-à-vis des films, qui a grandement augmenté en quelques années. Dans tous les cas, c'est du très haut niveau.


1858, Sud des Etats-Unis, le Dr King Schultz, chasseur de primes, libère Django, un esclave noir. Celui-ci doit l'aider à retrouver 3 de ses cibles. S'en suit une belle histoire d'amitié qui transcende la relation blanc-noir qui prévaut à l'époque.

Comme toujours avec Tarantino, il y a énormément d'action et une grande B.O. Bon, il y a du sang, beaucoup ; de la violence, dans les gestes comme dans les paroles. Ce n'est pas un film familial. Mais c'est un bel hommage au western spaghetti genre délaissé depuis 30 ans et qui revient peu à peu à la mode (True Grit, 3h10 pour Yuma)

Et Christopher Waltz reste magique.

 

Kathryn Bigelow, Zero Dark Thirty (2012) : 15/20. Avec Jessica Chastain et Jason Clarke.

Une vraie bonne surprise. Je n'avais pas apprécié Démineur par la même réalisatrice, et je m'attendais à être déçu avec un nouveau film de guerre sur l'histoire récente des Etats-Unis. Mais la traque de Ben Laden depuis 2001 jusqu'à l'opération finale de 2011 vaut le coup d’œil. Certes, nous sommes dans une fiction, mais on ne peut s'empêcher de voir des choses que l'on connaît (notamment la torture des prisonniers). 2H37 de thriller, d'action, de suspense. Une plongée dans la lutte antiterroriste par l’intermédiaire d'une agente de la CIA, Maya.

Steven Spielberg, Lincoln (2013) : 15/20. Avec Daniel D. Lewis.

Encore une immense performance de Daniel D. Lewis, récompensé à juste titre de son troisième oscar, record du genre chez les hommes. Une partie de la grande histoire de Lincoln, juste après sa deuxième élection et peu avant la fin de la guerre. La publication de la loi pour l'abolition de l'esclavage, malgré le peu de chance qu'il a de réussir. Et sa mort. Un film très historique, qui peut paraître lent mais que j'ai su apprécier. J'attends maintenant de voir le Napoléon de Spielberg !

 

David O. Russell, Happiness Therapy (titre original Silver Lining Playbook) (2012) : 13,5/20. Avec Bradley Cooper, Jennifer Lawrence, Robert de Niro.

Deux fous. Enfin, en quelque sorte. Pat a perdu sa petite amie, sa maison et son job après un « incident », qui l'a envoyé en maison psychiatrique pendant 8 mois. A son retour, il se lie d'amitié avec Tiffany, ancienne névrosée sexuelle après avoir perdu son mari, qui lui propose de reprendre le contact avec sa femme.

Film qui tangue entre le drame, la comédie et la romance. Des bons passages, d'autres moins. J'aime particulièrement le début et les passages où Bradley Cooper fait un peu fou.
8 fois nominé aux Oscars.

 

Ben Affleck, Argo (2012) : 13,5/20. Avec Ben Affleck et John Goodman.

 

L'histoire vraie de la prise d'otage de l'ambassade américaine en Iran, avec 6 hommes et femmes qui réussirent à s'échapper, avant de trouver refuge dans la maison de l'ambassadeur canadien. Comment les faire sortir de là ? La CIA met en place la mission Argo, avec l'aide de Hollywood.

Film sympa de Ben Affleck, mais qui ne m'a pas transcendé non plus. Les dernières minutes amènent un vrai suspense. Bonne prestation cependant de l'acteur-réalisateur.


Benh Zeitlin, Les bêtes du sud sauvage (2012) : 12/20.


Le bayou de Louisiane. Une petite fille, Hushpuppi, vit dans des conditions difficiles avec son père, alcoolique et violent. Une énorme tempête (Katrina?) vient empirer leur sort et les séparer. Mais fort de son caractère construit par la disparition de sa mère et l'éducation de son père, elle réussit à passer au-dessus de tout ça.
Film dur et pourtant rempli de bons sentiments, je ne suis pas complètement rentré dedans. Sympa, mais sans plus pour moi.
4 nominations aux Oscars.

 

Tom Hooper, Les Misérables (2012) : 11/20. Avec Hugh Jackman, Russel Crowe, Helena Bonham Carter et Anne Hathaway.

Jean Valjean qui prend sous son aile Cosette, fille de Fantine, d'abord confiée aux méchants Thénardier... Une histoire qui vous dira forcément quelque chose. Mais surtout une comédie musicale, un style que l'on aime... ou pas. J'ai apprécié d'autres comédies musicales plus anciennes (West Side Story au hasard) mais celles-ci avaient des passages parlés. Ici tout est chanté. TOUT. Et ça peut vite gonfler. Les passions me semblent parfois exagérées, tout comme le jeu des acteurs. Moyen. 8 fois nominé aux Oscars.Amour Haneke Emmanuelle Riva

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24 juin 2013 1 24 /06 /juin /2013 11:36

Je partais un peu la fleur au fusil. Ma CS m'avait évoqué les lacs, des hippopotames, des crocodiles et un centre de santé. Une de ses amis travaille là-bas. C'est le déplacement idéal pour le week-end.

Et puis... la claque. Mais vraiment la grosse claque. Je suis arrivé dans un centre de chirurgie orthopédique pédiatrique et de réhabilitation, réservé aux enfants. En entrant dans les (jolis) bâtiments, je ne voyais pas encore ce qui allait m'arriver. Et puis nous avons franchi une porte et je les ai vus. Il y a 13 petits-enfants et une cinquantaine d'adolescents. Certains sont là depuis plusieurs mois, d'autres sont arrivés le matin même. Tous souffrent de problèmes de santé, certains sont atteints plus gravement que d'autres.
Centre de santé Rilima (7)Voir un môme de 3 ans incapable de marcher à cause de pied-bot. 11 enfants de 4 à 7 ans dans des fauteuils-roulants. Certains ne sont pas capables d'avaler leur nourriture.Centre de santé Rilima (12)

Les premières minutes étaient à la limite du supportable. Je détournais le regard, j'en avais mal pour eux. Les handicapés mentaux ont tendance à venir vers moi, bredouillent quelque chose en kinyarwanda. Je me sens oppressé, je me sens mal.
Centre de santé Rilima (11)Et puis... et puis après plusieurs minutes je me suis petit à petit adapté. Je suis allé vers les adolescents, tout contents d'avoir un partenaire pour le baby-foot. Alors je suis resté là, à jouer de multiples parties avec eux. Ils n'en demandaient pas plus. Beaucoup ont des problèmes au niveau des jambes et des pieds, cela ne se ressent pas devant un baby-foot.
Centre de santé Rilima (8)Après le dîner ce fut le temps de la musique. Et ils étaient tous là, le long d'un mur, à entonner des chants rwandais. Ils suivaient le rythme du djembé, frappaient des mains en chœur et en cadence, chantaient à tue-tête les refrains. Et moi, au milieu de tout ça. Ils m'ont poussé au centre, et je me suis mis à danser. Et ils dansaient avec moi. A ce moment-là ce n'était plus pour moi des handicapés, juste des partenaires de danse.Centre de santé Rilima (4)Centre de santé Rilima (5)Le soir même j'ai compris : ils réussissent chaque jour à faire fi de leur handicap pour vivre avec passion devant un baby-foot ou au son du djembé. Putain de leçon.


Le lendemain, après leur messe, ils sont revenus vers nous. Et je suis reparti devant le baby-foot. Ils étaient tout sourires (plus de photos ici). Encore plus quand nous sommes arrivés avec les bonbons que nous leur avions achetés. Car ça reste des mômes. Des mômes à qui la vie n'a pas forcément fait de cadeau.

Centre de santé Rilima (10)En repartant j'avoue avoir été ému. Je venais ici pour des lacs, je suis revenu avec une leçon de vie.Centre de santé Rilima (2)

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