24 avril 2017 1 24 /04 /avril /2017 04:30

J'évite de trop écrire par superlatifs, même si ce pays le permettrait régulièrement. Néanmoins, j'ignore comment écrire cet article sans utiliser les mots "extraordinaire", "magique" ou "incroyable". Je les écris donc tout de suite, dans cette petite introduction.

Hampi est le lieu historique, culturel et architectural du coeur de l'Inde. C'est le Bagan, Angkor ou les Pyramides, c'est la cité Maya et le Machu Pichu national. Devant le Taj Mahal. Certes, vous connaissez tous celui-ci, et Hampi ne vous dit sûrement rien (c'était mon cas jusqu'à mon arrivée ici). Pourtant... Hampi, ce n'est pas un seul temple, une statue ou un palais. Non, c'est tout ça à la fois. De 1350 à 1550, ce fut la capitale de l'empire Vijayanagara. Des dizaines de temples et de palais ont poussé la, et l'ensemble est aujourd'hui un mélange de ruines mais aussi, et c'est pour ça que c'est génial, encore en fonction et utilisé par la population (Hampi est un village, moins de 3 000 habitants !)

J'ai tout de suite compris que ce serait incroyable, à peine arrivé, lorsque je rencontre une cérémonie religieuse, avec musique et éléphant. Coucou toi.

Hampi. C'est tout.

La suite, ce fut 6h30 de marche pour découvrir les merveilles. Magique.

Hampi. C'est tout.
Hampi. C'est tout.
Hampi. C'est tout.
Hampi. C'est tout.
Hampi. C'est tout.
Hampi. C'est tout.
Hampi. C'est tout.

Je souffre vraiment de la chaleur pour la première fois depuis mon arrivée. Le mercure doit approcher les 40 degrés, je réussis à prendre des coups de soleil sur les bras (en n'étant pas blanc blanc) et je descends 6 litres de boisson (je dois tenir un record personnel).

Après un repas dans un restaurant de rue, je pars à l'ascension du coucher de soleil, pas vraiment là au contraire des nuages. Depuis mon balcon, j'observe l'édifice principal, un phare dans l'obscurité, les vaches traînassant ça et là, sans se rendre compte qu'elles habitent au milieu d'un lieu extraordinaire. Hampi.

Hampi. C'est tout.
Hampi. C'est tout.
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23 avril 2017 7 23 /04 /avril /2017 04:38

Amis des classiques français, bonjour ! Là, on est dans l'intemporel, et même sans les avoir lus, vous connaissez certains titres. 

Alfred de Musset, Les caprices de Marianne

Coelio, amoureux de Marianne, femme de Claudio, et vertu incarnée, Difficile dans ces conditions de lui trouver une solution. Mais Octave, son meilleur ami, et cousin de Claudio, est persuadé qu'il va réussir. Avec persévérance, mais aussi naïveté, il croit renverser une situation amoureuse, sans se rendre compte de son erreur.
Pièce assez classique, rapide (2 actes) et qui manque sans aucun doute d'originalité. Les raisons du changement d'esprit de Marianne sont esquissées, il manque peut-être un acte supplémentaire pour donner du corps (et du coeur) à l'intrigue.

Extrait : "Vivre pour une autre me serait plus difficile que de mourir pour elle".

Alfred de Musset, On ne badine pas avec l'amour

Le titre en soi mérite que je m'y attarde. Badiner avec l'amour. Quelle belle expression. Qui annonce la couleur, l'humeur, les coeurs, les malheurs. Le baron ramène dans son château son fils et sa nièce, bien décidé à les marier. Perdican a reçu une grande éducation à Paris, mais il revient sans avoir changé. Son village et ses ami(e)s lui ont manqué, et les moments de sa jeunesse restent gravés dans sa mémoire. Mais pour son ancienne comparse et promise Camille, les choses ont bien changé. Décidée à entrer au couvent, elle met une barrière physique et psychologique avec la vie du château, et donc son cousin. Celui-ci reste profondément amoureux de sa cousine, et de ses souvenirs. Il prend comme décision de se rapprocher de Rosette, jeune villageoise de son âge qui accepte de se remémorer et de revivre leur jeunesse. La fin est dramatique.

Amusant grâce aux personnages du gouverneur et du curé, mais surtout très fort grâce aux confrontations Perdican/Camille. La dernière scène de l'acte 2 est grandiose, amour et religion se faisant face dans un débat comme j'en ai rarement lu. La dernière réplique de Perdican dans cette scène mériterait d'être citée en entier. Un coup de coeur pour cette pièce, alors que le théâtre est toujours loin d'être agréable à la lecture. Il faut que j'aille voir des classiques joués sur les planches, par curiosité.

Extraits : "Je me suis élevé de quelques pieds vers le ciel, et vous vous êtes courbés de quelques pouces vers le tombeau".

"Je ne suis pas assez jeune pour m'amuser de mes poupées, ni assez vieille pour aimer le passé".

Guy de Maupassant, Contes de la bécasse

A la suite d'un repas de chasse, le convive ayant été désigné pour manger les têtes des bécasses s'engage à conter une histoire. Maupassant se propose ici de rassembler les meilleurs. En vérité, ces contes sont ceux qu'il a publiés lors de l'année écoulée (1882-3) dans deux journaux. Leur point commun ? La grande majorité traite de sa Normandie. Hormis cela, la thématique vagabonde, avec quelques comédies cinglantes (Ce cochon de Morin, Farce normande, Les Sabots...) mais aussi des drames. Pierrot est ainsi le prénom d'un chien jeté dans un puits, agonisant pendant plusieurs jours. La rempailleuse est l'une des histoires d'amour les plus cruelles qu'il m'ait été donné de lire. En mer évoque la perte d'un bras par avarice. Et puis il y a la guerre de 1870, ancrée dans la mémoire collective, et évoquée dans La folle, Saint-Antoine ou L'aventure de Walter Schnaffs, les deux premiers contes étant sanglants, tandis que le dernier évoque avec un immense sarcasme une grande victoire française. Il est question d'amour (Menuet), parfois filial (Le Testament, Aux champs, Un fils) mais aussi de religion, plutot moquée (Un normand). Enfin, il y a La peur, que j'ai un peu moins saisi.
Mes quatre contes préférés (je voulais faire un top 3, mais ce fut difficile !) : Ce cochon de Morin pour sa légende, Pierrot pour le drame, Un fils pour la souffrance, L'aventure de Walter Schnaffs pour l'absurde.
C'est mon quatrième livre de Maupassant (Une vie, Pierre et Jean, Bel-Ami). Le style, dû au format, est différent. L'emploi du patois est régulier, ces passages me plaisant particulièrement. L'ensemble se lit aisément, et si on ne peut forcément pas développer le caractère des personnages, c'est tout de même agréable de faire varier les sujets, et donc les plaisirs. L'idée des nouvelles me plaît bien du coup.

Extrait de L'aventure de Walter Schnaffs : Tout ce qui est doux dans l'existence disparaît avec la vie.

Charles Baudelaire, Le spleen de Paris

Après les fleurs du mal, voici mon second recueil de poèmes de l'autre grand Charles. Enfin, peut-on vraiment parler de poèmes ? Des pensées, certes. Mais sans réel rythme, sans rime. L'ensemble est saccadé, et alterne quelques bons passages avec du passable. On sent le dépressif. On sent aussi le talent. Je me régale parfois de simples oxymores, "éloquence muette" et surtout la "Sainte prostitution" (on n'a pas fait mieux depuis !). Les 50 textes abordent la capitale, vue d'en bas : les miséreux et les caniveaux, les artistes délaissés et les filles enchaînées. Il y a parfois de la méchanceté qui transparaît (le mauvais vitrier, assommons les pauvres). Il y a aussi l'envie de s'en aller, de déguerpir, de voyager, là bas, où les heures plus lentes contiennent plus de pensées (l'invitation au voyage), de prendre la mer (déjà). Baudelaire rêve de liberté, et d'amour.

Et puis il y a ce petit texte, pour moi le chef d'oeuvre du livre : "Mon beau chien, mon bon chien, mon cher toutou, approchez et venez respirer un excellent parfum acheté chez le meilleur parfumeur de la ville". Et le chien, en frétillant de la queue, ce qui est, je crois, chez ces pauvres êtres, le signe correspondant du rire et du sourire, s'approche et pose curieusement son nez humide sur le flacon débouché ; puis, reculant soudainement avec effroi, il aboie contre moi, en manière de reproche.

"Ah ! misérable chien, si je vous avais offert un paquet d'excréments, vous l'auriez flairé avec délices et peut-être dévoré. Ainsi, vous-même, indigne compagnon de ma triste vie, vous ressemblez au public, à qui il ne faut jamais présenter des parfums délicats qui l'exaspèrent, mais des ordures soigneusement choisies".

Lecture parfois difficile (besoin de relire 3 fois les phrases pour comprendre l'idée), avec un vocabulaire très soutenu et varié. L'ensemble reste toutefois inégal, et, surtout, vaguement poétique.

Pierre Corneille, L'illusion comique

Il me semble avoir lu Le Cid dans ma jeunesse, mais j'avoue que ma mémoire me fait défaut. Du coup, je considère un peu ce livre comme mon premier Corneille. Et quel livre ! Je râlais il n'y a pas si longtemps du dénominatif de poésie donné au Spleen de Paris de Baudelaire, et voilà que je me retrouve face à une pièce de théâtre en vers ! Woh ! J'étais un peu inquiet au départ, craignant que cela n'alourdisse le texte. Mais pas du tout, au contraire. L'histoire reste limpide, et je me suis délecté du talent de l'auteur pour la rime. Un chef d'oeuvre technique.

L'histoire est celle d'Isabelle, désirée par tant d'hommes mais qui choisit Clindor, simple second d'un drôle de capitaine. Elle quitte tout pour lui, amis, famille, argent et titre. Mais l'heureux élu finit par fricoter avec la femme de Florilame. La scène semble tragique. Elle est suivie de près par Primadant, père de Clindor, qui n'est pas au bout de ses surprises. La chute finale est intéressante et change des tragédies-comédies classiques. 5 actes, 1824 vers de plaisir.



La prochaine fois, je serai philosophe !

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21 avril 2017 5 21 /04 /avril /2017 03:35

13 ans plus tard, il est toujours vivant, toujours debout ! Nombreux sont ceux qui en ont eu un, surtout à l'époque des skyblogs. La mode est retombée depuis, et je continue à écrire, sur tout et rien, quoique principalement ma vie. Et on me demande parfois : mais pourquoi tout dire dans ton blog ? Pourquoi avoir publié cet article, alors que 200 personnes de Saint-O t'en parleront pendant des années ? Pourquoi te dévoiler ? Quel intéret ?

Figurez vous que ce sont aussi des questions que je me pose souvent. Pourquoi écrire par exemple ? Pour moi, forcément. Au départ, c'était pour écrire sur les choses que j'aimais à la fin de mon adolescence : le PSG, la FF, deux-trois films intelligents (la tour Montparnasse, le Dîner de Cons), et des moments avec les copains (c'était l'époque pré-permis où une soirée au bowling avec eux te paraissait vraiment fou-fou !). Depuis, ça a légèrement évolué.
 

J'écris pour me connaître. Connais-toi toi-même disait un philosophe célèbre. Grâce à l'écriture, j'arrive, peu à peu, à me cerner. Ce que j'aime, ce que je n'aime pas, ce que je pense, ce que je souhaite, ce que je veux. Bien sûr, c'est rarement en un article. Mais, en 13 ans, j'affirme que l'écriture m'a beaucoup aidé, dans mon "développement personnel" (je sors les grandes expressions, pardon !). L'écriture me permet de me remettre en question, elle m'interroge. Elle m'est aussi réparatrice, les mots pour les maux, elle me soulage souvent. C'est aussi très intéressant, pour moi, de me relire, quelques mois ou années plus tard : je vois mon changement d'état d'esprit, d'opinion. J'observe mes contradictions. Ca m'évite ainsi de trop rester fixé sur une idée, d'être borné, car ça me prouve que l'on change tout au long de sa vie.
 

Oui, pour l'écriture, mais pourquoi publier tout ça ? Car je pourrais très bien garder l'ensemble pour moi, tel un journal intime. Je pense ici que j'ai aussi envie de divertir mes proches. Pour les voyages, ça me semble une évidence. Publier mes articles m'évite aussi de répéter 30 fois la même chose. Je me dis que les photos peuvent également donner envie aux gens de visiter un pays, de découvrir un lieu où je passe. J'ai presque l'ambition de repousser les limites de mes proches et connaissances, de leur montrer qu'un voyage à l'autre bout du monde n'a rien d'impossible, car je le fais ! Ca a fonctionné comme ça pour moi, j'ai vu un copain partir en Erasmus puis aux Philippines, et je me suis dit : pourquoi pas moi ? Là, mon idée, c'est pourquoi pas vous (sans prétention aucune, l'idée étant vraiment d'ouvrir l'esprit comme le mien l'a été un jour, et continue de l'être).

 

Cependant, les gens comprennent souvent mes articles de voyages. Non, la vraie question qu'ils souhaitent poser, c'est "pourquoi publier des articles intimes ?" Là, on touche quelque chose. Car, c'est vrai, je pourrais me contenter d'écrire sur mes voyages. Mais j'écris aussi sur ma vie étudiante/professionnelle (prof), Sur les films que j'aime. Sur la politique (et pour qui je vote). Pour certains, c'est déjà la limite. Moi, je repousse cette limite, je vais jusque dans mes propres sentiments. Amour. Peine. Décès. Et même sexe.

Ai-je une limite ? Oui. Beaucoup d'ailleurs. Car il y a ce que j'écris, et ce que je publie. L'auto-censure fonctionne déjà a plein régime. De nombreuses fois, je m'interroge : dois-je publier cela ? J'ai des vrais débats et je ne suis pas toujours d'accord avec moi-même (coucou mon dédoublement de personnalité !).

Deux raisons expliquent principalement mes publications intimes : la première, c'est que si cela me concerne, c'est que cela peut aussi vous concerner. Une rupture amoureuse, un décès, ce sont des choses que l'on rencontre tous dans sa vie. L'idée est de montrer que l'on n'est pas seul face à certains de ses sentiments, et j'apprécie vraiment quand quelqu'un, à la suite d'un article, vient m'écrire un petit mot sur Facebook pour me dire qu'il/elle s'est reconnu/e.

La deuxième raison, c'est ce que j'appelle la double vanité. La vanité, aujourd'hui, est plutôt une critique. Est-ce-que je suis vaniteux, et qu'en publiant ces articles intimes. je recherche les clics, les vues, les commentaires, les réactions ? Ou est-ce la vanité ancienne, celle qui dit simplement que notre passage sur terre est limité, que l'on mourra tous ? Dans ces conditions, pourquoi vouloir donner une certaine image biaisée de nous, et non pas le tableau complet ? Les sentiments intimes font partie de moi. Je les assume, de plus en plus. Alors pourquoi vouloir les cacher ? Pour contrôler mon image, pour que mon paraître ne soit pas entaché, pour ne pas montrer mes faiblesses ? Je préfère le fait de laisser ma trace, mon empreinte, réelle, qui pourra faire rire, sourire, rêver mais aussi pleurer mes enfants, petits-enfants, ou neveux. Et vous aussi, d'ailleurs. C'est ce que j'ai préféré dans mes recherches familiales, les sentiments de mes anciens. Ils les écrivaient, sur des lettres, et les envoyaient à leurs proches. Je les envoie au monde. XXIème siecle.


Et, bien sûr, si une gêne apparaît chez vous à la lecture d'un article, ne perdez pas votre temps à aller jusqu'au bout, c'est qu'il n'en vaut pas la peine !

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19 avril 2017 3 19 /04 /avril /2017 02:56

Les réfugiés tibétains, c'est un peu comme les bébés chiens, tout le monde les aime bien, les trouve mignons, et serait prêt à en adopter un.... sauf les Chinois ! Bon, ils ne vont pas jusqu'à manger les petits Tibétains, mais comme ils ont déjà envahi leur pays...

Nous sommes en 1950, et 40 000 soldats chinois marchent sur Lhassa pour "libérer" le Tibet. De qui ? De quoi ? Ca reste une bonne question. Toujours est-il que la Chine remporte une victoire assez facile et le gouvernement tibétain doit signer un accord en 1951 reconnaissant la souveraineté chinoise sur la région. Cet accord a été dénoncé depuis (car signé sous la contrainte) par le gouvernement tibétain en exil, qui est réfugié en Inde depuis 1959.

Des milliers de réfugiés tibétains arrivent en Inde. Que faire pour eux ? Le gouvernement indien aurait pu leur proposer de construire un grand camp, voire une jungle...(suivez mon regard). Non, New Delhi va faire mieux que ça : elle lance un programme d'installation ! A Bylakuppe, ce sont ainsi près de 50 000 réfugiés tibétains qui s'installent. Aujourd'hui ils représentent près de 75% de la population locale. Je pars donc en territoire tibétain.

 

Sur la route de Mysore, je trouvais déjà que la région du Karnataka était plus pauvre que le Kerala ou le Tamil Nadu. Mon impression se confirme, puisque ce sont maintenant des petits tracteurs ou des boeufs qui tractent les remorques ou travaillent dans les champs. Et c'est aussi la première fois qu'un mendiant insiste de façon gênante pour avoir de l'argent (il s'agrippe à mon bras, et me fait une sorte de câlin en réclamant de l'argent).

Arrivé à Bylakuppe, je me retrouve sans hôtel. Dans le premier on m'explique que c'est les élections ce week-end, et que tout est plein. On me conseille quand même d'aller voir au pied d'un monastère tibétain, on ne sait jamais. Arrivé là-bas, il y a de la place, ouf. Mais il faut un permis spécial du ministère des affaires étrangères indien pour y dormir. Merde. En résumé, les Tibétains sont les bienvenus en Inde, mais on surveille un peu quand même qui ils reçoivent. Bon, que faire ? Je laisse mon sac au pied du monastere, et je m'en vais voir le lieu. Difficle de le visiter, les moines ne sont pas du tout loquaces, et je cherche en vain des infos. Je demande à l'auberge des conseils, notamment pour en savoir plus sur l'histoire locale des Tibétains... on me répond que ce n'est pas possible. Bon, d'accord. Décidément, pas grand chose de possible ici !

Chez les réfugiés tibétains
Chez les réfugiés tibétains

Je repars, mon sac sur les épaules... quand le moine de l'auberge vient me chercher et m'explique que je peux finalement rester une nuit ! Ca m'arrange ! Et c'est ainsi que je dors dans la zone de peuplement tibétain de Bylakuppe, au pied d'un monastère.

Je visite notamment le Golden Temple, la grosse attraction locale. Les moines sont présents en très grand nombre, tout comme les Indiens, comme toujours très bruyants. Cela ne m'empêche pas d'apprécier les hommes en rouge et orange qui chantent devant la porte du temple, derrière le rideau (le rideau, le rideau, le rideau !!).

Chez les réfugiés tibétains
Chez les réfugiés tibétains
Chez les réfugiés tibétains
Chez les réfugiés tibétains

Bylakuppe est intéressante pour son coté combattif, que l'on ne voit pas toujours chez les Tibétains. Ainsi, il y a plusieurs mémoriaux, pour les martyrs. Il y a des peintures murales "Save Tibet", "Free Tibet".

Chez les réfugiés tibétains
Chez les réfugiés tibétains
Chez les réfugiés tibétains

Je me sens de moins en moins en Inde en me baladant en ville : les écoles sont tibétaines, les restaurants (avec de la viande !), les magasins et même la maison de retraite ! Surtout, ce sont les faciès qui sont très différents. Il y a même leur propre show !

Chez les réfugiés tibétains
Chez les réfugiés tibétains

Se sont-ils adaptés à l'Inde, se sont-ils intégrés ? (car c'est toujours une grande question que l'on pose lorsque l'on évoque les réfugiés !). Pas sûr. Difficile de l'affirmer, car j'ai beaucoup de mal à engager des conversations (faudrait rester une semaine pour gagner la confiance des locaux). Mais je remarque peu de mélange entre Indiens et Tibétains, pas de faciès mixte. Même au niveau du sport, puisqu'il y a un terrain de foot, mais pas de terrain de cricket ! (et ça c'est un signe !)

Je suis le seul touriste sur place quand... je rencontre un bus de lycéennes anglaises en voyage scolaire ! Comment sont-elles arrivées là, c'est un mystère !

Tout ça donne envie d'aller voir Lhassa. Mais si ça ne passe pas au niveau du visa, j'aurai quand même vu un second bout de Tibet (après le Sichuan !).

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18 avril 2017 2 18 /04 /avril /2017 04:28

Il y a des mots qui entraînent un scintillement du regard, le sourire béat. Maharadjah est l'un de ces mots pour moi. Je repense à Tintin et au Maharadjah de Rawhajoutalah dans les Cigares du pharaon. Et je me revois, enfant, fasciné par les épisodes du grand reporter.

Pour rencontrer le Maharadjah de Mysore, je prends un bus d'Ooty à Mysore. Celui-ci traverse notamment un parc naturel où les tigres seraient présents. Mais hormis les biches et les phacochères (il était jeune et phacoooocheeeere. Bel organe. Merci.), pas grand chose. J'ai l'impression que les régions que je traverse sont de moins en moins riches : les maisons rapetissent, tout comme les magasins, les territoires sont de plus en plus ruraux, les charrettes sont tirées par des boeufs. Même la végétation est moins riche, plus sèche, moins luxuriante. Arrivé à Mysore, je fonce me coucher, car il est déjà 20h ! (réveillé à 3h50 pour mon train mythique, d'où mon horaire russe !).

De ce fait, c'est frais comme un gardon que je me prépare à attaquer le palais de la ville, the place to be. 8h30, ça ouvre à 10h. Bon. Ca me laisse le temps de faire un tour.

Pour la première fois, je vois un "beau" centre-ville. C'est très subjectif, et cela correspond pour moi à des bâtiments ayant une architecture à peu près existante, ce qui n'est pas toujours le fort des villes du Sud. Ici, influence du palais ou pas, il y a des colonnades, des frontons, bref, une certaine classe, que ce soit pour l'école, la poste, l'hôpital ou les autres bâtiments publics.

Le maharadjah de Mysore
Le maharadjah de Mysore
Le maharadjah de Mysore

9h45. C'est l'occasion de vous présenter deux particularités parfois gênantes des Indiens. La première, c'est la queue pour les tickets. Ou plutôt l'absence de queue. Car lorsque le guichet ouvre, c'est la cohue. Ca pousse franchement (et c'est pareil pour monter dans un train ou un bus). Parfois ça en est ridicule, comme ici, ou les deux premières femmes de la "queue" se battent à moitié pour être la première servie. Oh, vous allez avoir un ticket, pas d'inquiétude ! J'entre dans le palais, je prends l'audioguide qui me sera très pratique et qui est compris dans le prix du ticket et je vois, autour de moi, les Indiens cavaler. Pas de cow-boys à l'horizon pourtant. Non, ils cavalent pour faire la visite. Et là, spectacle amusant, ils se suivent un à un, comme.... dans une queue. Ils sont tellement rapides que certains ont déjà fini alors que je suis au point 3 sur 24 ! Surtout, et c'est leur deuxième caractéristique parfois ennuyante, ils sont bruyants. Ils crient, partout, dans les édifices religieux ou dans ce palais. Ils s'appellent d'un bout à l'autre d'une pièce. Et s'ils sont au téléphone, c'est là le pire ! 


Il n'empêche, ce site est magique. Le palais appartenait à la famille des Wodeyar, qui a gouverné Mysore de 1399 à.... 1947 ! (sacrée dynastie !!) Plusieurs palais se sont succédé, celui en face de moi ayant été construit en 1897 (après l'incendie du précédent). Ce n'est donc pas un vieux bâtiment. Ce qui fait sa force, c'est le mélange des influences : indienne, musulmane et... néo-gothique !

Le maharadjah de Mysore
Le maharadjah de Mysore
Le maharadjah de Mysore

Si l'extérieur est magnifique, que dire de l'intérieur.... (ce ne sont pas mes photos, puisqu'il est interdit de sortir l'appareil dans le palais).

Le maharadjah de Mysore
Le maharadjah de Mysore

Le reste de la ville, plutôt étendue (quasiment 1 million d'habitants) est sympa, un zoo (que je boycotte désormais), un grand marché, quelques édifices religieux, mais rien de comparable au palais !

Le maharadjah de Mysore
Le maharadjah de Mysore

Tiens, un Tibétain. Tchang ? (à suivre)

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17 avril 2017 1 17 /04 /avril /2017 05:13

Le retour en Inde s'est fait sur les chapeaux de roues (drôle d'expression !). Quoique, non. Le retour s'est fait à la vitesse d'une locomotive. A Kochi, j'ai enchaîné train pour Coimbatore, puis pour Mettupalayam. Les paysages sont plutôt sympas sur la route...(enfin, sur les rails, alors que je suis assis sur les marches du train !).

Mettupalayam-Ooty, train mythique
Mettupalayam-Ooty, train mythique
Mettupalayam-Ooty, train mythique
Mettupalayam-Ooty, train mythique
Mettupalayam-Ooty, train mythique

Mettupalayam où je dois récupérer LE train du sud de l'Inde : Mettupalayam-Ooty, classé au patrimoine mondial de l'Unesco. Je passe ma nuit dans la chambre la plus chaude que j'ai connue : j'avais chaud aux pieds rien qu'à y marcher et les murs étaient brûlants J'ignore si je me trouvais au-dessus d'un volcan qui comptait entrer en éruption mais c'était impressionnant (ça aurait fait plaisir à ma compère sri lankaise !).
Je réussis tout de même à dormir, réveil 6h, pour aller récupérer le train mythique. Arrivé sur place, une foule est déjà là, et les 50 tickets sont déjà épuisés (le train part pourtant dans une heure !). Pas grave, je retourne me coucher dans mon sauna, et je passe ma journée à écrire mes récits sri lankais. Je ne vois pas un blanc en ville de mes deux jours passés sur place, ça fait bizarre après le Sri Lanka. Je bois le meilleur jus de mangue de mon existence (et il coûtait 40 centimes ! oups, je parle d'argent), parfait avant une nouvelle nuit de chaleur.


Réveil.... 3h50 ! Je le veux ce train ! Arrivé à 4h15 à la gare, pour un train à 7h30 et.... il y a déjà une quinzaine de personnes dans la queue ! Fou ! J'obtiens cette fois un ticket (18 centimes, parfois je souris en payant) et je m'assois.

Le train Mettupalayam-Ooty est mythique car c'est une locomotive.... à vapeur ! Retour au XIXème siècle ! (bon la ligne date de 1899 ou 1908, wiki anglais et français étant en désaccord !) L'engin est impressionnant, et je me demande comment l'eau va pouvoir nous tracter tout ce chemin ! Le parcours est une lente montée de 40 kilomètres (on passe de 1 000 à 2 000 mètres). Ce trajet dure plus de.... 4 heures ! Oui, on est loin du TGV !

Mettupalayam-Ooty, train mythique
Mettupalayam-Ooty, train mythique

La sonnette retentit, c'est parti. La locomotive crache une épaisse fumée blanche et fait valdinguer les wagons bleus d'origine dans un bruit de vaisselle cassée. Nous avançons, lentement, à travers une colline boisée. Après 10 kilomètres, nous nous arrêtons pour... remettre de l'eau ! C'est une sorte d'arrêt au stand, que l'on va faire plusieurs fois. La machine avale tout de même 3 000 litres d'eau pour 10 bornes, sacrée descente ! Le spectacle est génial. Les Indiens en profitent pour prendre des selfies avec le train (ils sont dingues de selfies, mais vraiment dingues !). 

Mettupalayam-Ooty, train mythique
Mettupalayam-Ooty, train mythique
Mettupalayam-Ooty, train mythique
Mettupalayam-Ooty, train mythique

Alors que la pente s'élève, la locomotive commence à cracher une fumée noire, et je me demande vraiment si on va arriver jusqu'au bout ! Le thé fait son apparition sur le côté, puis au vert succèdent les mille couleurs des maisons d'Ooty. Les Indiens crient "ouuuuuuuuhhhhhh" dans chaque tunnel (y'en a 16 !). L'ambiance est vraiment sympa, tout le monde a l'air content d'être là. Seul bémol, mais il est important d'écrire sur ce sujet : le sport national indien, à bien y réfléchir, n'est pas le cricket, mais le lancer d'ordures dans la nature. C'est vraiment un problème de société (d'éducation), et c'est partout le cas. Le pays risque fort (ou c'est déjà le cas) de ressembler à une décharge à ciel ouvert si rien n'est fait. Je n'y fais pas forcément attention quand c'est déjà à terre, mais quand je vois quelqu'un lancer les détritus devant moi, sur un rail classé Unesco, c'est dur de ne pas réagir ! Difficile toutefois de prêcher à plus d'un milliard de personnes (ça fait un peu le blanc donneur de leçons), surtout quand les poubelles se font rares (elles n'existent pas dans le train par exemple...).
 

Ca n'empêche, ce train, si vous êtes dans le coin, c'est un Must !

Mettupalayam-Ooty, train mythique
Mettupalayam-Ooty, train mythique
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16 avril 2017 7 16 /04 /avril /2017 15:42

Combien de livres lirais-je par an sans Internet ? 100 ? Moins ? Peut-être plus ? Aucune idée, mais les faits sont là : je n'ai pas lu de livre depuis deux ans. Excepté ceux qui concernaient ma thèse, ce qui fait un sacré paquet tout de même. Mais j'évoque aujourd'hui la littérature, la vraie ! Et mon compteur 2015-2016, vierge, m'embête un peu. De ce fait, j'ai pris 9 livres dans mon sac às dos ! Un sacrifice au niveau kilogramme (quoique la collection Librio n'est pas gourmande), mais un bonheur au jour le jour. Car, sur la plage ou dans les parcs, allongé dans mon lit ou assis au restaurant, je mange régulièrement de la littérature. Premier tour d'horizon.

 

Victor Hugo, Le dernier jour d'un condamné. 

Mon premier Hugo, après avoir essayé plusieurs fois Notre Dame de Paris. Moins de 100 pages pour résumer le dernier voyage d'un condamné. Quelles seraient vos pensées, vous, s'il n'y avait que quelques heures à vivre, et que vous étiez enfermé dans une pièce close ? Je pense que ça partirait dans tous les sens. Et c'est exactement ce qu'Hugo fait faire à son prisonnier. La forme le montre bien : près de 50 chapitres pour un si petit bouquin ! Alors on pense à ses conditions, à ses visites, au curé, à la religion, à sa fille, aux petits bonheurs de l'enfance, à s'échapper... et à la mort. Surtout. Omniprésente. Pas une seule fois il n'aborde le motif de sa condamnation. Qu'importe le crime, ce qui compte, c'est le châtiment du condamné. Moral, surtout. Physique, ce sera une demi-seconde, le temps que la guillotine fasse son effet. Cette pensée l'obsède. Et cette obsession le tue, à petit feu. 

Manifeste contre la peine de mort ? Je le pense, et Hugo, par son récit à la première personne, semble l'affirmer. Bien écrit, intéressant, bref, je recommande.

Gogol, Le manteau, Le nez

Première lecture de cet auteur russe au nom si amusant pour l'enfant que je suis encore. Le style est plaisant, avec quelques sarcasmes sur l'Etat russe, ses fonctionnaires, ses militaires. L'histoire est celle d'un de ses fonctionnaires subalternes, Akaki, consciencieux dans son travail de recopie, et qui ne désire rien de plus. Sujet aux moqueries de ses collègues, il arbore un manteau en ruine qui ne passe pas, cette fois, l'hiver. Ce qui est un drame financier devient peu à peu une immense fierté. Le manteau, c'est une histoire de vie. De jalousie. N'ayez rien, et vous ne serez pas envié semble dire l'auteur. La fin me dépasse un peu (les histoires de fantôme et moi...).

Le nez est un récit fantastique : Kovaliov a perdu son nez, et ne se souvient plus comment. C'est le barbier qui l'a coupé. Or, il croise son nez dans la rue, celui-ci se baladant tel un grand fonctionnaire. Récit loufoque, qui semble être le style de l'auteur, moins le mien.

Gogol, Le journal d'un fou

En voilà d'un titre bien trouvé ! Gogol a-t-il été traumatisé par les représentants de l'Etat ? Il fait en tout cas une fixette sur le sujet ! L'histoire est celle d'un fonctionnaire subalterne russe qui éprouve des sentiments pour la fille de son supérieur. Alors que l'histoire suit son cours, un élément perturbateur transforme le récit, celui-ci passant du "normal" au "cinglé". La succession du roi d'Espagne est difficile, et le personnage principal considère que c'est lui, le nouveau roi. Dès lors, la folie prend le pas sur le récit. Etrange.

Gogol, Le portrait

Le récit que j'ai préféré de Gogol. S'il n'a pas la tendresse du manteau, le portrait s'essaie à la leçon de vie : Tchartkov est un peintre sans le sou, mais avec un immense talent. Il pourrait devenir le prochain Raphael, et laisser son nom dans l'histoire de la peinture. Son destin est bouleversé par l'achat d'un vieux tableau, très original : à l'intérieur, il découvre une petite fortune ! Que faire de cet argent ? L'utiliser pour développer son talent, diamant brut ne demandant qu'à être poli ? Ou mener la vie d'aristocrate dont rêve toujours le jeune homme en pleine force de l'age ? Ange ou démon ? Poussé par ses envies, il choisit la seconde option, et obtient appartement, vêtements et même réputation, grâce à de l'argent bien placé chez un journaliste renommé. Il dessine alors son premier portrait qui fait sensation. Le talent est là, et il est reconnu. Mais Tchartkov va seulement l'utiliser à faire des portraits sans saveur pour des aristocrates. Il perd peu à peu son talent, tout en devenant le peintre à la mode. L'art pour la grandeur de l'art ? Etre reconnu de son vivant ? Des questions se posent à la lecture de cette histoire. Une réponse est déjà là : c'est avec l'art que l'on peut laisser une empreinte. L'écriture sera l'une des miennes. Tchartkov, bouleversé par une toile, en arrive à acheter les plus belles oeuvres de son époque pour les détruire, alors qu'il s'est rendu compte du gâchis de ses possibilités.

Gogol, La perspective Nevsky

Nous sommes ici dans une rue de Saint-Pétersbourg : la plus connue et intéressante pour Gogol. Elle lui permet d'écrire sur une masse de personnages, d'habitudes, d'échoppes, au gré des heures, pour parvenir à ses deux personnages principaux : Piskariov et Pirogov. Le premier, petit peintre de son espèce, suit une jolie brune tandis que le second suit une belle blonde. Piskariov est obnubilé par la beauté de cette fille. Attention, ce n'est "pas une passion sensuelle. Non ! il était aussi pur en cet instant que l'adolescent vierge qui ne ressent encore qu'une aspiration indéfinie, toute spirituelle, vers l'amour". C'est tout juste s'il ose la regarder, et, dès qu'elle croise son regard, il se hâte de baisser les yeux. Trop belle pour lui ? A son grand étonnement, elle lui fait signe de le suivre. Arrivé dans un appartement, il s'aperçoit que cette déesse, symbole de la pureté et de l'innocence, travaille pour les vices du corps. Chaque mot qu'elle prononce assassine la magnificence de la perspective Nevsky. Traumatisé, il la rencontre en rêve, douce et caline, belle comme une matinée de printemps. Il cherche dès lors chaque nuit à prolonger ce songe, allant jusqu'à prendre de l'opium pour tomber endormi : la beauté du rêve lui valait plus que la banale réalité. Finalement, il décide d'aller la retrouver, et de la demander en mariage. A son refus, il se tranche la gorge. Pour Pigorov, l'histoire est moins dramatique : cette blonde est mariée et il va tout de même lui faire la cour, jusqu'à ce que son Allemand lui fiche une correction. L'histoire est moins aboutie.

Le bilan de Gogol, c'est que le style est vraiment différent de Dostoievsky, ma référence russe. Le fantastique ne me plait guère, mais j'avoue avoir apprécié ces courts portraits, notamment lorsqu'ils sont ponctués de leçons de vie.

Gael Faye, Petit pays (c'est aussi sa chanson !)

Difficile d’être objectif lorsque j’évoque un livre ayant pour thème le Burundi et le Rwanda… forcément j’étais très intéressé à la base ! Gael Faye écrit un roman, mais est-ce autobiographique ? Je me pose la question, car il y a tellement de vrai là-dedans, de ce que moi je connais de ces deux pays, et notamment de Bujumbura. Je me suis revu dans certaines de ses rues, à longer ses bâtiments. Cette ville, son lac, et ses habitants. Gael Faye, qui affirme le contraire, décrit cependant à merveille les codes, les coutumes, les non-dits, la rumeur. C’est un livre historique, je me pose d’ailleurs la question de la compréhension de certaines références pour les non-initiés. Mais cela n’empêchera personne d’apprécier le scenario, une sacrée claque ! (le livre a été encensé par la critique !). Le style est limpide, pas larmoyant (et pourtant il pourrait). L’histoire est celle d’un enfant ayant la double nationalité franco-rwandaise, grandissant dans un Burundi au bord de l’abîme (décennie 1990), dans une famille en crise (le divorce des parents). On y aborde les amitiés de jeunesse, croix de bois, croix de fer, les grandes joies, les grandes peines, les mariages, les décès. La vie, dans les Grands Lacs. Toujours fragile. Un livre trop contemporain, malheureusement.

J'aime beaucoup les anecdotes, notamment sur les différents coups d'Etat qu'a connu le pays, reconnaissable à la musique classique ininterrompue à la radio, ou sur l'étrange atmosphère de ni paix, ni guerre, qui correspond bien à la situation actuelle.

Petit extrait : "La souffrance est un joker dans le jeu de la discussion, elle couche tous les autres arguments sur son passage"

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14 avril 2017 5 14 /04 /avril /2017 04:54

Il y a de ces réputations qui vous collent à la peau. Je serais une pince, un avare, un radin. Cette idée, développée par une Finlandaise à l'instant du divorce, je l'ai souvent répétée, entretenant ainsi le mythe. Ou la réalité ?

J'ai plusieurs fois discuté du sujet ces derniers jours, et c'est sans doute ce que je suis capable d'admettre : le pécunier est souvent relevé dans mes paroles et mes articles. Ainsi, en Inde, je m'extasie régulièrement du prix des choses, et je le fais remarquer. Je parle d'argent. Peut-être trop ? Est-ce un reste de ma longue vie étudiante, ou une habitude très familiale ? Car je signale également ce qui me semble trop cher, et les meilleurs qualité-prix. J'ai écrit un article sur combien ce voyage me coûte. 

Mais suis-je vraiment à côté de mes sous, comme oncle Picsou (je connais la tante) ? Je réfute cette idée. Car je ne m'interdis rien que j'aime pour des raisons monétaires. Mes voyages en sont la preuve : je n'hésite pas à partir, à de nombreuses reprises. Oui, ce n'est pas en mode 4 étoiles. Mais ce n'est pas tant en raison de l'argent que du style de voyage : j'aime voguer à la roots. J'ai déjà fait du all-inclusive ou des hôtels plus luxueux, et je n'y ai pas trouvé de plaisirs supplémentaires, bien au contraire. Certes, un vrai hôtel fait du bien de temps en temps, surtout quand on sait l'apprécier, mais je préfère le plus souvent me la jouer à la locale que ce soit pour le lit ou la bouffe.

On pourrait me répondre : "tu n'es pas radin en voyage, mais tu es radin dans la vie de tous les jours !". Et je réfute encore ! Ami(e)s, donnez-moi une seule activité que j'ai refusée pour une question d'argent ! Je suis toujours chaud pour un laser-game, paintball, football, concert, et sans réfléchir trois fois au coût. Certes, je ne dépense pas beaucoup en soirée. Mais vais-je boire 8 grenadines pour prouver mon point ?!

Surtout, je n'hésite pas à faire des "folies" pour les choses que j'aime. Avec l'exemple d'un ticket pour un match de foot à 200 balles. France-Allemagne, en demi de l'Euro, ce n'est pas Lens-Troyes, je le concède, mais cela démontre quelque chose.

Alors, oui, par contre, je ne dépense pas de thunes pour les fringues et j'attends que ce soit immettable pour aller dans les magasins. Ma garde-robe tient sur une mini-étagère, je n'ai qu'une paire de pompes à l'année et le même téléphone depuis 10 ans. Est-ce cela être radin ? Ou ça signifie simplement que je ne me soucie guère de la taille de mon futur dressing, privilégiant les cadres photos au mur. Cadres-photos achetés chez Emmaus, car c'est un sacré rapport qualité-prix, en plus de faire une bonne action.... ok, j'arrête de parler d'argent. Jusqu'au prochain article.

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13 avril 2017 4 13 /04 /avril /2017 05:00

Dernière étape du voyage, Galle ! C'est la ville coloniale par excellence : port principal des Portugais, ville des Néerlandais, puis possession anglaise. Surtout, les deux premiers pays cités ont réalisé un travail de fortification assez incroyable. C'est facile, on dirait Saint-Malo ! (ou Stone Town à Zanzibar pour ceux qui connaissent).

Sri Lanka, le bilan (avec Galle !)
Sri Lanka, le bilan (avec Galle !)
Sri Lanka, le bilan (avec Galle !)
Sri Lanka, le bilan (avec Galle !)
Sri Lanka, le bilan (avec Galle !)
Sri Lanka, le bilan (avec Galle !)

Les petites rues piétonnes sont arpentées par les touristes européens et américains. Le lieu est, d'assez loin, le moins sri lankais de lîle. Bon, les locaux ne sont pas loin, il suffit de sortir des fortifications pour les retrouver, en très grand nombre, autour du marché (où je fais mes emplettes et la demoiselle ses achats souvenirs). Nous fatiguons de plus en plus rapidement, témoignant ainsi du rythme des deux dernières semaines. C'est d'ailleurs l'occasion de faire un petit bilan du Sri Lanka.

 

Tout d'abord, c'est un pays magnifique. J'espère que le blog en témoigne, il est très diversifié (plages, histoires, temples, montagnes, thé, fortification etc), et, finalement, assez petit. Deux semaines sont peut-être justes, mais nous l'avons fait, donc ce n'est pas impossible. Le pays a l'avantage de bénéficier d'un bon réseau de transports entre les principaux lieux touristiques (une préférence pour les trains, qui secouent moins). Au final, notre parcours aura été le suivant (avec Polo, à côté de Sigiriya). Nous avons donc vu du pays !

Sri Lanka, le bilan (avec Galle !)

Autre point fort du pays : sa population. Les Sri Lankais sont souriants et super amicaux (au point de s'endormir régulièrement sur mon épaule dans les transports en commun !), toujours prêts à nous aider. Quelque chose d'intéressant aussi : ils n'essaient pas de t'arnaquer constamment. Ainsi, les chauffeurs du tuk-tuk ou de taxi donnent quasi-systématiquement le vrai prix. On y gagne du temps, et de l'énergie.

Au niveau touristique, ce n'est pas encore la Thailande, mais ça risque de le devenir : le nombre de touristes a franchi les 2 millions sur l'année (soit le double d'il y a dix ans). Un beau pays, des gens sympas, forcément, c'est vendeur ! A ce sujet, les prix sont extrêmement abordables (un peu plus cher qu'en Inde mais, tout de même !) A titre d'exemple, j'ai dépensé sur place en deux semaines 370 euros. Sans se priver, et avec des lits sympas. Nous avons utilisé le Routard, que je préfère de très loin au Lonely Planet, et pour cause : il n'y a que les Français qui ont ce bouquin (quand le reste du monde, sauf quelques Allemands, a le Lonely Planet). Du coup les hôtels que nous avons choisis sont loin d'être bondés (nous ne réservions jamais à l'avance).

Un point négatif, tout de même : la nourriture. Celle-ci n'est pas très variée : riz et pate fried, riz et curry....et voila ! Il y a du poisson, du poulet, mais la cuisine se ressemble beaucoup. Surtout, surtout, je veux dire SURTOUT : c'est trop salé. Mais vraiment. Il faut préciser à chaque fois avant de commander le plat : pas de sel ! Et c'est pareil avec les jus de fruits frais, sauf que cette fois c'est trop sucré. Un vrai problème qui est un peu pesant à la fin (3 fois par jour trop de sel, c'est énervant !)

Néanmoins, c'est clairement un pays que je recommande, que ce soit pour les backpackers, ou pour ceux qui préfèrent les voyages un peu plus organisés : il y en a pour tous les goûts.

Top 3, très personnel : Dambulla, Polonaruwa, Adam's Peak. 
Conseil . ne pas s'attarder à Colombo. Kandy est un point de passage, une nuit est bien suffisante.

Enfin, ce voyage n'aurait pas été le même sans la présence de l'amusante et surtout sexy Mathilde (blague personnelle). Après un mois en solo en Inde, c'est forcément un changement important. Et nous avons bien géré le périple ensemble, sans prise de tête, et sans meurtre ! Les avantages de voyager en duo sont nombreux : partage des moments, des frais, et, plus tard, des souvenirs. Nous avons également longtemps débattu sur une foule de thématiques, et ce fut vraiment sympa ! Je suis donc prêt à retenter cette expérience si d'autres amateurs se manifestent !

Sri Lanka, le bilan (avec Galle !)

Seul petit point négatif : l'absence de véritable rencontre avec les locaux. Nous n'avons pas fait de Couchsurfing, faute de temps principalement. Et le fait de voyager a deux limite toujours les rencontres. De ce fait, difficile d'avoir une vue d'ensemble des Sri Lankais. Il me semble cependant avoir un peu mieux compris la guerre civile, qui s'explique, comme toujours, par l'histoire : les invasions indiennes, portées par la religion hindoue, existent depuis des siècles. Les Sri Lankais se sont développés, en tant qu'Etat, en tant que culture, par la résistance à ces invasions. De ce fait, la réaction très violente du gouvernement vis-à-vis des Tigres Tamouls, aux méthodes parfois sanglantes, se comprend un peu mieux (sans forcément se justifier).

A noter que j'ai eu de grandes difficultés à sortir du pays ! La compagnie Sri Lankan stipulant que je devais avoir un ticket de sortie de l'Inde.... j'ai eu beau leur expliquer par A + B que j'étais déjà entré en Inde sans ticket retour, ils ne voulaient pas me laisser entrer ! J'ai dû acheter un ticket d'avion Chennai-Colombo à 100 euros pour pouvoir repartir en Inde, où, sans surprise, personne ne m'a demandé de ticket retour pour entrer dans le pays.... Bref, qu'importe, je suis de retour en Inde !

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12 avril 2017 3 12 /04 /avril /2017 04:34

Cela fait quelques centaines de kilomètres que le thé a fait une apparition remarquée. Ella, c'est justement cet objectif : une petite randonnée dans des plantations. C'est quelque chose que j'ai déjà fait en Inde, mais c'est tout nouveau pour ma compère. C'est en train que nous nous y dirigeons, et nous hallucinons un peu : 90% de blancs ! Et ils descendent quasiment tous à Ella (alors qu'il y a du thé vraiment partout !!). Bref, j'ai un petit rejet, qui va en précéder un plus important à Yalla... 

Ella, Yalla et Polhena : patineuse et aïe aïe aïe
Ella, Yalla et Polhena : patineuse et aïe aïe aïe

Alors que ma compère choisit l'option massage, je me retrouve à discuter avec une patineuse russe sous un orage impressionnant ! 

8h30, quelqu'un frappe à ma porte, l'aubergiste de la maison kitsch, pour me dire... que mon amie russe est là depuis 7h, m'attendant ! Forcément, cela fait bien rire ma compère de voyage. Et, de ce fait, nous sommes 3 pour gravir le petit pic d'Adam ! Rien à voir avec le précédent, vraiment facile, et une belle vue sur Ella Rock et les terrasses de riz, ce qui me fait revoir mon jugement sur la ville.

Ella, Yalla et Polhena : patineuse et aïe aïe aïe
Ella, Yalla et Polhena : patineuse et aïe aïe aïe
Ella, Yalla et Polhena : patineuse et aïe aïe aïe

Départ le midi pour le parc national de Yalla ! La jeep est réservée, nous devons partir à.... 4h du matin ! (s'il vous plaît, ne dites pas que je suis en vacances !). Eléphant, léopard, crocodile..... et vomi ! Oups. Je ne l'attendais pas celui-la ! Je passe une très mauvaise nuit, et je suis contraint de déclarer forfait (malgré mes 50% d'acompte déjà versés). Ce fut ma sale journée du Sri Lanka. Je soupçonne le ventilo au-dessus de mon ventre. Qu'importe, je prends le bus à 13h, et Mathilde me raconte ce que j'ai manqué. Pas de léopard. Bon, un moindre mal.

Ella, Yalla et Polhena : patineuse et aïe aïe aïe

Le trajet en bus est long jusque Matara. Un pepsi dans l'estomac, puis un coca, une banane et je réussis à avaler une soupe (oui, oui, au Sri Lanka !). Nous arrivons à Polhena, où les criques s'enchaînent. Je me remets facilement, un masque sur le nez, des poissons et des oursins devant moi, avec aussi, des coraux... abîmés. La mer est agitée, le courant est important, vaut mieux être vigilant. Quelques surfers m'accompagnent, ainsi que madame pustule (c'est cadeau !). Un chouette endroit avant la dernière étape : direction Galle !

Ella, Yalla et Polhena : patineuse et aïe aïe aïe
Ella, Yalla et Polhena : patineuse et aïe aïe aïe
Ella, Yalla et Polhena : patineuse et aïe aïe aïe
Ella, Yalla et Polhena : patineuse et aïe aïe aïe
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