1 juin 2013 6 01 /06 /juin /2013 11:13

Les voyages n'ont plus le même goût qu'auparavant. Bizarre. Si même cela perd de sa saveur, qu'est-ce que ça va être long 70 ans de vie supplémentaires !
Je me souviens de mon périple en Espagne. Mon arrivée à l'aéroport de Girona, et les pensées qui me traversaient. Que c'était génial de partir ainsi, à l'assaut du pays. Et en solitaire. Je me disais que j'étais fou. Rencontrer des dizaines de personnes, découvrir des centaines de paysages. Et quand ce fut le départ pour l'Asie c'était autrement plus fort. Je me rappelle l'image du transsibérien, la fumée autour du train, les lumières l'éclairant. C'était magique. Et encore plus fou.
Transsiberien.jpgAujourd'hui, ça n'est plus magique. Le Kenya ne fut pas magique à l'automne dernier, la Tanzanie ne l'est pas aujourd'hui. J'ai peur pour le Rwanda dans deux semaines, alors que c'est peut-être le pays que j'ai le plus envie de découvrir à ce jour. Ne suis-je plus fou ?

 

Ici je regarde les gens avec un regard étrange quand on me propose de rester pour six mois ou deux ans. « Euh, mais j'ai une vie en Europe ! ». Si je restais ici 6 mois je sombrerais tristement en dépression. Quand je vois les expatriés je suis impressionné. Ils ont quitté l'Europe et ils ne la regrettent pas. Moi je regarde le calendrier chaque matin en me demandant comment ça se fait que les jours soient si lents à défiler.

La raison c'est toi. Forcément. Et pour cause, à chacun de mes voyages je partais pour te rencontrer. Je te cherchais à travers l'Europe. Ce ne fut pas en Espagne mais au milieu de la Russie. La suite, on la connaît. Alors aujourd'hui pourquoi repartir ? Je sais où tu es localisé, dans le sud-ouest de l'Allemagne.
Ici tu me manques. Ici je ne suis pas heureux.

Il faut le reconnaître, je ne suis pas un grand voyageur. Je suis juste un grand romantique. Prêt à partir à l'assaut du monde pour trouver l'amour. Car ces girafes, ces zèbres ou ce Kilimandjaro, sans toi, ça n'a plus le même goût.

Un mois.

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31 mai 2013 5 31 /05 /mai /2013 18:57

Il est six heures quand le réveil sonne. J'ai envie de le jeter par la fenêtre, puis réalise que ce n'est pas mon téléphone, mais simplement celui que l'on m'a gentiment prêté. Pas de violence, c'est les vacances, et c'est aujourd'hui le départ. Au revoir Nairobi, tes bouchons, ta pollution. Direction Arusha, Tanzanie, le pays de Nyerere et de son socialisme africain, le pays des parcs nationaux et animaux en tout genre, et surtout, le pays du Kilimandjaro...

C'est d'ailleurs lui que j'espère voir sur la route. 5 895 mètres, j'essaie de m'imaginer un peu ce que ça représente, mais à mon avis on doit le voir de loin ! Je traverse d'abord les collines du sud Kenya, boisées. Puis je remonte vers Arusha. Je rencontre des cultures en tout genre, du maïs à volonté, et je suis impressionné par le vert qui m'entoure.

caramba encore raté !-copie-1Nous arrivons près d'Arusha, et toujours pas mon Kili ! Cruelle déception ! Pourtant j'en ai vu des collines qui, de loin, pouvait me faire penser... mais non ! Et au détour d'un regard, surgissant des nuages, le... Mont Méru. Caramba, encore raté !
Bon, mon erreur peut s'expliquer : le Mont Méru est le quatrième plus haut sommet d'Afrique avec ses 4 565 mètres d'altitude. Et s'il n'est pas aussi connu que le Kili il n'en demeure pas moins une spectacle pour les yeux. D'un peu partout en ville on peut l'apercevoir. Pour un homme comme moi qui est né dans une région où les terrils sont des montagnes... ça fait quelque chose.
Mont Méru, ArushaMont Méru, Arusha (2)Qu'est-ce que je viens faire en Tanzanie, et plus précisément à Arusha ? Bonne question ! La Communauté d'Afrique de l'Est. C'est là une grande partie de mon sujet de thèse, et il se trouve que la capitale de cette communauté est Arusha. Je pars donc à l'assaut des députés et du personnel administratif qui la composent. Bon, les députés ayant décidé de s'échapper en Ouganda, il me restera du petit administratif, et il faut reconnaître que les deux rendez-vous que j'ai eus se révèlent être un peu décevants.Communauté d'Afrique de l'Est, Arusha, EAC, East African CEn plus de la CAE (EAC selon son nom anglais), il y a quelque chose que je voulais voir de mes propres yeux : le tribunal pénal international pour le Rwanda. Pour quelqu'un comme moi qui a fait deux mémoires de recherche en lien avec le génocide rwandais, c'est forcément un petit aboutissement (avec le grand qui arrivera dans quelques semaines, un déplacement au Rwanda).tribunal pénal international pour le Rwanda ArushaDemain direction LA montagne d'Afrique.

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30 mai 2013 4 30 /05 /mai /2013 07:09

D'autres voyageurs vous le diront : c'est à l'étranger que l'on se sent le plus Français. Je dirais même que c'est à l'étranger que l'on est le plus fier d'être Français. J'ignore pourquoi, n'étant pas vraiment un grand patriote et passant beaucoup de temps à critiquer mon pays, ses institutions, ses représentants ou sa population quand je suis dans l'Hexagone. Mais voilà, c'est à l'étranger que je me rends compte de la chance que j'ai de vivre en France.


Ça a commencé en Erasmus, en Angleterre. Là je faisais de la publicité pour notre éducation nationale, et son système de bourses avantageux. Évoquer cela avec un Anglais qui paye 3000€ son année, je peux vous dire que ça a fait son effet (depuis ils peuvent payer jusque 9000€). Pire encore quand nous comparions nos bourses avec les autres Erasmus : j'étais celui qui touchait le plus (je remercie également la région Nord-Pas-de-Calais dans cette histoire).
Au-delà de l'éducation, c'est tout un système social que je vantais régulièrement. Nos hôpitaux ? Ils sont excellents. Et on est remboursé. Pas vous ? Les Anglais répondirent par la négative. Et leurs hôpitaux publics sont parfois dans un état déplorable.

Et puis j'ai continué mes voyages. A travers les pays nordiques j'ai vanté notre météo. Penser, un pays où il fait – 30°C l'hiver et où les moustiques vous harcèlent l'été. Ce n'était pas difficile de faire mieux ! Preuve en est que même notre Pas-de-Calais est capable d'avoir un climat plus accueillant !

 

A travers l'Asie je glorifiais notre nourriture. Dans des contrées où tu manges du riz au petit-dej, à midi et le soir, parlez d'un petit-pain au chocolat et on vous prendra pour un fou. L'aspect nourriture vaut également en Angleterre, dans les pays nordiques, en Allemagne et dans 95% des pays du monde.

A travers l'Afrique, j'ai compris que notre crise économique n'était finalement que légère. « Nous, quand on a une crise, c'est la guerre civile et les gens meurent de faim. Quelle crise vous avez en Europe ? » C'est vrai que vu comme ça... L'électricité, l'eau courante, l'eau chaude, des routes, pas de maladie refilée par les moustiques, des salaires, une assurance-chômage, une retraite... Oui, vivre en France reste une chance. Je l'ai déjà dit, on a tous gagné au loto le jour de notre naissance.

Au cours de mes voyages, je me suis également rendu compte que la France est un pays magnifique. Et que l'on a de la chance d'avoir une telle diversité de paysages. On a Paris, les Alpes, l'île de Beauté, la Camargue, les plages du grand Ouest, le Mont-Saint-Michel, les volcans d'Auvergne... tous les citer me prendrait une éternité.

Et notre histoire ! Quelle histoire ! Ici en Tanzanie, je parlais avec une Québécoise, elle me disait qu'elle était toujours impressionnée quand elle venait en Europe. Et que sa première fois à Paris, elle touchait les pierres des ponts et disait « c'est plus vieux que n'importe quelle autre construction du Québec ».

Notre histoire fascine nos voisins. Je me souviens bien d'un professeur de Canterbury me demandant « mais pourquoi avez-vous tué Marie-Antoinette ». Après lui avoir répondu que ce n'était pas vraiment ma faute, je lui déclarais que pas grand monde ne regrettait ce geste. Et que les Français avaient une opinion très positive concernant la Révolution, ou Napoléon.
Notre esprit de révolte est parfois caricaturé : un peuple qui passe la moitié de son année à faire grève. Oui, mais ça sert parfois. Quand on m'évoqua les suppressions de postes draconiennes dans l'éducation nationale finlandaise (3 postes d'enseignants de français sur 4 sautaient dans l'université visitée) je leur ai demandé : « mais pourquoi vous ne faites pas grève ». On m'a alors regardé avec des yeux, l'air de dire « faire grève, c'est quoi ça ? ». J'évoquais alors les blocages d'université lors de la période CPE, telle une grande bataille napoléonienne contre l'envahisseur. Et je voyais une certaine admiration à l'écoute de ce récit (soit dit en passant, je n'ai jamais été un partisan du blocage des universités !).

Et puis vint le temps de la culture française. Ah comme je suis fier quand on m'évoque Voltaire ou Rousseau (alors que franchement les Confessions n'était pas mon livre favori du lycée!). Encore en Erasmus, ma colocataire américaine me parlait de la Nouvelle Vague, de Godard. J'étais bien en peine, je n'avais jamais vu un Godard de ma vie. Ni de Truffaut. Mais elle m'en parlé comme si c'était moi qui en étais à l'origine.

Et puis notre langue. Ah, le français. « Bonjour, comment ça va ». On m'interpelle de nombreuses fois de cette façon en Tanzanie. Je tente de poursuivre un peu mais souvent leurs connaissances s'arrêtent là. Mais il faut voir leur fierté de dire cette petite phrase pour comprendre. Et quand il me demandent mon prénom, je le dis à l'anglaise, avant de leur préciser la prononciation française. Ils répètent, et rient. Comme quoi, il n'en faut pas beaucoup pour faire sourire un homme.
D'ailleurs cet accent très français que j'ai, j'en suis très fier. Je le répète souvent, le garder fut un choix merveilleux. Et pour cause, avec le succès que ça a auprès des filles, ça aurait été con de le perdre !

 

Alors oui, je peux le dire d'ici, Arusha, Tanzanie  : vive la France ! (et vive le Général)

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27 mai 2013 1 27 /05 /mai /2013 20:21

Il y a plusieurs jours de cela, alors que je vivais encore à Nairobi, je me suis retrouvé dans une situation assez délicate. Enfermé devant chez moi. Pendant plus de trois heures.
Pour comprendre cette situation, il faut savoir que je venais à Nairobi pour dix jours. J'habite chez une kényane, Beryl, qui vit avec sa sœur, un Russe et un autre Français, Colas, qui bosse à l'Institut où j'étudie. Le premier jour, alors que je demande pour les clefs, Beryl me dit qu'elle m'en donnera dans deux jours. Problème, je ne les ai pas eues. En fait, un double des clefs avait été emporté par des voleurs qui sont venus dans l'appartement plusieurs semaines avant mon arrivée. Ils n'ont pas changé les serrures, ce qui me semblait être la moindre des choses, mais bon, passons.
En ce jeudi matin, je demande donc à Beryl si elle est présente aujourd'hui. « Oui, oui, je ne bouge pas aujourd'hui ». Ça tombe plutôt bien, car j'ai pas mal de choses à faire avant mon départ pour la Tanzanie (échanger de l'argent, laver mes fringues...).
Quand je reviens, aux alentours de 14h, je trouve la porte close. Je sonne. J'attends. Je re-sonne. J'attends. Je frappe. J'attends. Je sonne et je frappe. J'attends. J'attends en frappant et en sonnant comme un fou. J'attends. Je réfléchis, me dis que c'est dommage d'avoir justement oublié ce matin mon téléphone dans ma chambre... Et puis je prends mon ordinateur. Le wifi arrive jusqu'à la porte, et je contacte la sœur de Beryl, qui est en ligne. Elle me dit qu'elle contacte Beryl et que celle-ci est sur la route du retour. Les autres ne sont pas là. Je me décide donc à l'attendre. Longtemps. Très longtemps. Je m'assois au sol. Puis je m'allonge. Je somnole. Je m'endors. Je suis réveillé par les voisins, des petits Indiens, qui me regardent avec un air quelque peu méfiant, l'air de se dire : « mais c'est qui ce type qui dort par terre ? ». C'est moi. Leur mère a le regard inquisiteur, je me demande même si elle n'appelle pas le garde de l'entrée pour vérifier que j'habite bien ici.

Vous savez, c'est long trois heures. Ou quatre, je ne sais plus. Surtout quand on n'a rien à faire. Si ce n'est d'attendre et de réfléchir. Je tente de faire Mac Gayver. Je sors mon coupe ongle et tente d'ouvrir la porte. Ça peut paraître ridicule, mais ça m'a déjà sauvé une fois en Angleterre ! Cependant la tentative reste vaine, tout comme le coup de la carte bancaire. Je pense à défoncer la porte. Mais avec mon physique de rugbyman (ou pas), ça serait compliqué. Et puis de toute façon je le prends avec philosophie : si je dois être là c'est qu'il y a une raison. Colas me sauve en fin d'après-midi.

Une heure plus tard, on frappe à ma porte. Beryl, qui vient pour s'excuser. Et je lui dis tout de suite, et très honnêtement, que ce n'est pas grave. Que ce n'est pas sa faute. Tout va bien, no worries. Je sais que tu as fait de ton mieux pour revenir au plus vite.

Pardonner. Pour mieux oublier. C'est quelque chose que j'ai appris récemment, pendant mon périple asiatique. Et que ce fut important. L'une de mes plus belles victoires. On en veut toujours à quelqu'un, de sa famille, un ou une ex, un(e) ami(e) ou une autre personne qui a pu vous faire du mal, un jour. Alors on est en colère, alors on rumine. On se fait encore plus de mal de cette façon. On revit les instants, on revit les mots. On nous a fait du mal alors on pense vengeance, on tente de faire du mal, on parle en mal de cette personne. Mais le mal reste là. Non, vraiment, la meilleure façon de se débarrasser de ce mal fut, pour moi, de pardonner. « Le pardon est une option du cœur qui va contre l'instinct spontané de rendre le mal pour le mal ». (Jean-Paul II)
Récemment j'ai discuté avec un autre garçon, à peine plus jeune que moi. Il m'évoquait ses problèmes familiaux et répéta à plusieurs reprises : « je ne pourrais pas pardonner ». Au fond de moi, j'avais envie de lui dire qui si, un jour, tu y arriveras. En tout cas, c'est tout ce que je lui souhaite, car son absence de pardon l'empêche d'oublier cette partie de sa vie. Car pardonner, c'est déjà oublier.

Bien sûr, le pardon est un travail sur soi. J'imagine que c'est parfois un travail qui peut être celui d'une éternité quand il faut vivre avec le meurtre de son enfant ou de tout autre proche. Quand il s'agit d'un crime sordide. Là, je n'ai pas de conseil à donner. Je comprends que pour certains le pardon soit impossible dans cette vie, sur cette Terre. Quand trop de mal a été fait. Cependant tout en comprenant cette attitude je ne l'encourage pas. Quand je vois que des pardons sont possibles en Afrique du Sud, au Rwanda ou après la seconde guerre mondiale, je me dis qu'aucun pardon n'est impossible


 

Il y a quelques semaines de cela, un fait divers s'est produit dans un village proche de chez moi. Une voiture. Deux victimes. Un crime, peut-être volontaire (le saura-t-on un jour?). Et puis le lot de commentaires. Quand ça se passe dans un petit village comme celui d'Eperlecques, c'est tout Saint-Omer qui s'exprime. Et j'ai lu, avec un avis extérieur (je ne connaissais ni les victimes, ni les accusés), ce qui se disait sur les blogs, dans les journaux, sur Facebook. J'ai été choqué plusieurs fois, par des commentaires qui insistaient pour que l'on tue les passagers de la voiture. Œil pour œil, dent pour dent. Plusieurs réclamaient même qu'on les pende par les couilles. Drôle d'idée (que l'on retrouve souvent pour les violeurs, mais rarement dans cette situation). Et au fond de moi je me demandais à quoi ça servirait ? La vengeance va-t-elle ramener ces deux frères à la vie ? A quoi cela servira-t-il, si ce n'est à créer d'autres mères éplorées ?

Je pensais déjà au chauffeur de la voiture. Pour lui ça doit être crime et châtiment. Il a tué, volontairement ou involontairement, deux mecs. J'imagine sa vie, ses pensées. Se regarder dans la glace et voir deux fantômes derrière lui. Pour toujours. S'endormir. Se réveiller. Être la raison des souffrances de toute une famille, de toute une communauté. Alors ce mec, innocent ou coupable, je le plains. Et quand la communauté lui aura pardonné (après peut-être x années de prison) il faudra se poser la question si lui, un jour, sera capable de se pardonner ce geste. Car le plus dur est de pardonner nos propres erreurs.

"Pardonne moi mes offenses, comme je pardonne à ceux qui m'ont offensés" 

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22 mai 2013 3 22 /05 /mai /2013 15:25

Aujourd'hui, c'est un grand jour pour l'université de Pau : on signe un accord de coopération avec une université de Nairobi, Kenyatta University. De ce fait je suis invité à la signature de l'accord, en tant qu'étudiant de l'université de Pau. Notre vice-président est là, tout comme son homologue kényan. Sont également présents des professeurs de Kenyatta, une partie de l'administration, des membres de l'Institut Français de Recherche (IFRA) et l'ambassadeur de France lui-même !
Accord KU-UPPA (1)Pas grand chose à signaler lors de cette signature, si ce n'est quelques discours, et beaucoup d'applaudissements (et d'optimisme sur la réussite de cet accord). Ah, si, une énorme chute d'un photographe kényan qui a voulu enjamber une table et qui a réussi finalement à se faire enjamber par la même table.

 

L'élément important de la journée est pour moi la réception à la résidence de l'ambassadeur. Un déjeuner est organisé pour les éléments présents le matin. 3 tables de 9 personnes et un repas fantastique (quand je dis fantastique, il faut prendre en considération que je mange à Nairobi depuis une semaine, et que j'essaie de manger pour pas cher). Je mange français, dans des assiettes signées République Française ! (mais le chef est kényan). Et la mousse au chocolat noir est divine.Ambassade de France à Nairobi (5)

Ambassade de France à Nairobi (1)

La résidence de l'ambassadeur est impressionnante. Pour bien comprendre la chose, il faut préciser qu'elle est située à côté de la résidence de l'ancien président de la République kényane, et que de l'autre côté vous avez Kibera, le plus grand bidonville du Kenya ! Contraste, contraste... La maison a un style colonial, le jardin est magnifique, une piscine agrémente la terrasse. C'est assez étrange de se retrouver là, au milieu des fastes de la République. Je discute de mon sujet avec les professeurs de Kenyatta, un homologue historien me propose même de le contacter lors de ma prochaine venue ici pour enseigner dans l'université kényane. Pas sûr que cela plaise à ma famille ou à la demoiselle ! (plus de photos ici)Ambassade de France à Nairobi (3)Ambassade de France à Nairobi (2)

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20 mai 2013 1 20 /05 /mai /2013 13:50

Le vice-président de l'université est arrivé deux jours après moi. L'objectif de sa visite est essentiellement une signature d'accord entre notre institution et une université de Nairobi. Mais il en profite pour visiter un peu le pays, et je me suis joint à l'aventure ce dimanche. Direction Olorgesailie. Pas d'inquiétude, j'ignorais également où c'était.
Kenya-map.jpg65 kilomètres en mini-bus, plus de deux heures. Oui, ici on compte toujours en heures et non en kilomètres. Surtout dans Nairobi. En sortant de Nairobi nous longeons le parc national, remontons de nombreuses routes. Et tout d'un coup, en haut d'une nouvelle montée, un virage sur notre droite, et la vallée du Rift devant nous.

Vallée du RiftLa vallée du Grand Rift part de la Mer Rouge, à la frontière nord de la Somalie, et descend sur 6 000 kilomètres de long et 45 de large à travers l’Éthiopie, le Kenya, la Tanzanie et le Mozambique. De nombreux volcans, certains actifs, d'autres endormis, le plus célèbre d'entre eux étant le Kilimandjaro. La-vallee-du-grand-Rift--Great-Rift-Valley.png

Le paysage est saisissant, rempli de verdure et d’acacias parasols, l'arbre symbole de l'Afrique que j'imagine.
Acacia parasolNous arrivons à Olorgesailie, site archéologique. Pour être clair, je ne suis pas fan des sites archéologiques. J'ai beau étudier l'histoire, mais je reste quelqu'un qui préfère le contemporain à la préhistoire. Sur le site, on nous dit qu'ici, il y a plusieurs centaines de milliers d'années, un lac recouvrait la zone. Nous sommes en pleine savane, difficile d'imaginer. Difficile d'imaginer aussi avec trois silex et deux cailloux des habitants et des demeures. J'écoute en regardant le paysage et en profitant du soleil. Plus de 30°C. Heureusement que c'est la saison des pluies ! (je n'ai pas vu une goutte de pluie depuis mon arrivée).

SAM 0703SAM 0723SAM 0727

Ensuite direction notre repas, une chèvre. Oui, une chèvre. Ici c'est le pays Masaï et ce sont principalement des éleveurs de chèvres. Et ils savent cuir la viande : un véritable délice ! Nous y passons une bonne partie de l'après-midi. J'en apprends beaucoup, que ce soit sur le fonctionnement de l'université française, sur celui de l'université kényane, ou même sur mon sujet. Prochaine étape demain avec le vice-président de l'université : la signature d' accord et le repas chez l'ambassadeur.

Les corbeaux

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17 mai 2013 5 17 /05 /mai /2013 13:25

J'avoue ne pas aller fréquemment au cinéma. 2 fois en 2013, c'est un chiffre plutôt limité pour quelqu'un qui se targue d'apprécier les films en tout genre. Question de budget pour être honnête. Alors c'est avec plaisir que j'ai découvert que Brussels Airlines avait fait évoluer son écran. La dernière fois, il y avait trois films, qui tournaient en boucle. Pas question de le lancer, il fallait donc changer de chaîne au bon moment. Maintenant, on a le droit à un écran tactile et à un nombre de films intéressants : une quinzaine. Mais attention ce sont des films récents, de 2013 !

Kinshasa-Kids.jpgMarc-Henri Wajnberg, Kinshasa Kids (2013) : 15/20.

Des enfants de Kinshasa rejetés dans la rue pour cause de sorcellerie... misère, violence, vol, corruption et, heureusement, un peu de musique. Témoignage cru de la vie en RDC, qui tend à nous faire réaliser à quel point la vie peut-être facile en France. Bon drame en mode documentaire.

 

Ruben Fleischer, Gangster Squad (2013) : 11,5/20. Avec Sean Penn, Josh Brolin, Ryan Gosling et Emma Stone.
Gangster-Squad-Sean-Penn-Ryan-Gosling-Emma-Watson.jpgUn thriller sur la pègre à Los Angeles à la fin de la décennie 1940. Mickey Cohen contrôle et corrompt la ville. Il tente d'élargir son pouvoir mais quelques policiers en mission vont tenter de l'empêcher, en abusant des mêmes méthodes.
Film sans grande surprise, limite décevant quand on voit le casting proposé. Sean Penn n'est d'ailleurs pas très bon (c'est bien la première fois que je vois Sean Penn ainsi!). Et la comparaison avec des d'autres films sur le même thème fait mal...

 

Sam Raimi, Le monde fantastique d'Oz (2013) : 9/20.

Je me suis forcé, malgré le genre bien précisé dans le titre. Un magicien, jusque là, tout est normal. Il vit dans un monde tout à fait normal. Et puis il se retrouve dans un ballon emporté dans le centre d'un ouragan. Jusque là, tout allait bien. S'en suit un autre monde, le sien, où des gentilles et des méchantes sorcières se combattent. Je passe le singe volant et la poupée de porcelaine. A la fin tout le monde est content, et on ne sait même plus pourquoi on a eu un monde normal au départ.
Quand on voit les moyens déployés pour ce film (studio Disney), on ne peut s'empêcher d'être déçu. Un film qui n'est clairement pas fait pour moi.
Le-monde-fantastique-d-Oz.jpgProchain récit cinéma au vol retour ! 

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16 mai 2013 4 16 /05 /mai /2013 09:50

EAC.jpg

Me voici de retour à Nairobi après mon précédent voyage à l'automne dernier. Mais cette fois je ne resterai pas simplement au Kenya : direction la Tanzanie et le Rwanda. Respectivement 10 jours et 3 semaines, même si ce plan peut encore évoluer. A Arusha, à quelques dizaines de kilomètres du Kilimandjaro (qui est sur ma Bucket List), je compte rencontrer des personnes travaillant pour la Communauté d'Afrique de l'Est. Au Rwanda, il en sera de même, ainsi que des acteurs politiques et économiques. J'espère me libérer quelques jours pour pouvoir voyager un peu à travers le pays. Retour en Europe le 1er juillet. 

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14 mai 2013 2 14 /05 /mai /2013 21:41

Nous.jpg

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8 mai 2013 3 08 /05 /mai /2013 13:50

Village boy. C'est ainsi qu'Alba me surnomme parfois, quand j'évoque mon problème à vivre dans une grande ville. Pourtant je n'ai pas l'impression d'être un véritable village boy. Je ne suis pas né en plein centre de la Creuse ou de la Lozère. Mais pour la Munichoise qu'elle est, un individu né dans une ville de moins de 100 000 habitants est un village boy. Cependant j'admets qu'elle a plutôt raison sur un point : je serais malheureux dans une grande ville.

 

Je suis né et j'ai grandi à Tilques, village avoisinant les 1 000 habitants. J'ai toujours vécu dans une maison spacieuse, avec un jardin, une terrasse, et de l'herbe autour de ma demeure. Alors me retrouver en appartement était un challenge. C'était ma première année à l'université, à Arras. Tout s'est bien passé. Bien sûr, lors des journées ensoleillées, mon herbe et ma chaise longue me manquaient. Mais je faisais avec. Et puis la vie à Arras n'est pas si éloignée de celle de Saint-Omer, si ce n'est pour le côté un peu plus bourgeois du centre-ville. S'en est suivi Canterbury, qui restait bien dans l'esprit arrageois. Puis Rennes. Là, déjà, j'ai eu plus de difficultés. Plus de circulation, un métro. Des gens un peu plus pressés. Et quel malheur fut pour moi New York.

J'ai déjà dit plusieurs fois que le comble du grand voyageur est de pouvoir dire qu'il n'a pas aimé New York. Oui, je n'ai pas aimé. Mais je n'ai pas aimé vivre à New York. Et je le dis souvent, si ça n'avait été qu'une semaine ou dix jours j'aurais croqué à pleines dents dans la grande pomme. Mais la vie là-bas n'était pas faite pour moi. Voyez-vous, j'ai grandi avec une circulation limitée, une absence de métro, de la place pour se déplacer dans les magasins, et des gens que je connaissais à chaque coin de rue. A New York, quand tu te balades dans la rue tu n'es personne. Tu ne connais personne et personne ne te connaît. D'ailleurs, personne n'a envie de te connaître. Vouloir parler à quelqu'un pour parler me fera paraître au mieux suspect, au pire on me prendra pour un détraqué. Combien de fois j'ai essayé de commencer une conversation dans le métro ? Et combien de fois la personne m'a regardé avec des yeux disant : « mais, pourquoi tu me parles toi ? ». Pire, prendre le métro à 7h30 le matin. Ou à 18h. Là c'est chacun pour sa peau et Dieu pour tous. Là il n'y a plus d'amis, et encore moins de savoir vivre. Finie la galanterie, fini le respect pour les aïeux. Ça pousse à gauche, puis à droite. Imaginez les portes d'un métro bondé libérant quelques passagers coincés à l'intérieur, se faufilant tels des souris pour rejoindre la sortie alors que dans le même temps d'autres personnes essaient déjà de s'insérer sans attendre les dernières sorties, en poussant la moitié du wagon et en grommelant quelques sons incompréhensibles. Bien sûr, une fois, c'est drôle. Deux fois passe encore. Mais quand c'est ta vie de tous les jours ? A en devenir fou. Ou plus précisément à devenir comme eux, ces citadins énervés.

Je m'en suis rendu compte là-bas. Après trois mois je poussais pour entrer dans la rame de métro. Lorsque je marchais dans la rue j'allais vite, plus vite que dans mon village. Car oui, à New York ou dans n'importe quelle autre grande ville les gens sont pressés. Et pour cause, ils perdent une heure dans les transports, voire deux. Alors pas question de perdre deux minutes de plus !

J'ai alors pensé que je n'aimais pas les grandes villes. Pékin m'a réconcilié, j'aime découvrir une grande ville, mais je n'aime pas y vivre. Oubliées donc Paris, Londres, Nairobi, New York ou Tokyo, les capitales ne sont pas faites pour moi. Déjà Lille, Rennes ou Munich sont trop grandes. Je suis un fervent partisan de la théorie du métro, à savoir que si métro il y a, mon bonheur n'est pas là. Ainsi Canterbury, Arras, Bruges, Fribourg sont des villes qui me plaisent énormément. Des villes faites pour moi. Des villes à taille humaine. Et si j'ai un jardin pour ma chaise longue, alors je pense que je pourrais même y vivre. Bien sûr je préférerais une maison dans un village, mais il faudra sans doute faire des compromis avec ma city girl.

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