26 novembre 2019 2 26 /11 /novembre /2019 13:45

« Oh non, pas ça, pas aujourd’hui, pas maintenant, pas après tout ce que tu as fait ».

Il m’a fallu du temps pour m’inscrire. Limite ça me dégoûtait. Quoi que, il y avait aussi une certaine curiosité, à l’époque où j’étais en couple… Je regardais certains de mes ami-e-s y trouver l’amour, ou parfois juste la personne d’un soir ou d’une semaine. Quand on est en couple, on a parfois tendance à idéaliser la vie des célibataires (ah les salauds ils peuvent sortir jusqu’au bout de la nuit, ah les salauds ils ont l’air de s’amuser, ah les salauds, ils font vraiment les salauds !). Et puis, une fois célibataire, après quelques mois, tu idéalises à nouveau le couple (ah les salauds ils ont l’air bien ensemble, ah les salauds ils ne connaissent pas la solitude, ah les salauds, ils s’aiment). Et nous sommes bien d’accords, nous nous trompons dans les deux cas : la vie de célibataire ou de couple n’est jamais parfaite !

Toujours est-il que des amies (essentiellement des filles) étaient inscrites sur ce site de rencontre. Si elles y sont, c’est que d’autres gens bien y sont aussi. Mais… merde quand même ! Moi je voulais raconter à mes enfants (oui je parle beaucoup d’enfants en ce moment, c’est pas ma faute, j’en croise toujours chez les autres !) une belle histoire, quelque chose de romantique… J’ai déjà rencontré une copine dans un train, une autre dans un aéroport, j’imaginais bien la suivante dans une fusée, minimum ! (« et elle te montrerait sa lune ! ah ah » NON MAIS OH ! TOI, tu sors !)

J’ai quitté la Guyane et Kourou depuis quelques mois, et force est de constater que je ne suis pas revenu en couple. Alors je me suis réinscrit il y a quelques jours sur un site de rencontre. L’occasion de voir de nouvelles têtes féminines quand mon réseau semble bloqué (c’est loin la fac, où tu rencontres des nouvelles personnes chaque jour !). Je suis dubitatif sur le fonctionnement, clairement. Pour ceux qui ne connaissent pas, je vous explique : ce site fait passer les hommes pour des produits, et les femmes pour des consommatrices. Elles ont le pouvoir de nous mettre dans leur « panier », ce qui permet ensuite aux hommes de pouvoir discuter avec elles. Si elles refusent les charmes que nous envoyons, c’est impossible pour un garçon de leur parler. En soi, je comprends la logique d’éviter le harcèlement des filles (qui semblent commun sur les sites). J’avoue que le côté marchant m’embête beaucoup plus… je ne suis pas un produit à consommer bon sang ! Alors payer 30 euros pour un mois, juste pour pouvoir envoyer des charmes… très peu pour moi !  J’ai donc fait mon radin (étonnant, je sais) : j’ai fait un profil, j’ai mis une adresse mail, et j’ai dit aux filles « contactez moi par mail, car refusant de payer pour discuter je ne peux pas lire vos messages sur le site ». Je ne sais pas trop si ça allait fonctionner… et surprise, ça marche ! J’ai eu 4 rendez-vous il y a 3 ans de cela, lors de ma première inscription, et un cette semaine. Allez, je vous les raconte, car c’est parfois très marrant !

 

La première, c’était à Saint-Omer. Cette fille, que l’on appellera Micheline, est très sympa. On boit un verre, on parle de voyage, de rap, de cinéma. Mais Micheline ne me plaît pas vraiment physiquement. C’est dur, mais c’est ainsi… je ne donne pas suite.

La seconde est une calaisienne. Plutôt jolie, mais moins sympa ! Pas très souriante, j’ai l’impression que je ne lui plais pas. Soit, ça arrive dans les deux sens ! Elle m’explique qu’elle vit encore avec son ex-copain. Euh, bon, ça ne va donc pas fonctionner !

Ces deux rendez-vous à Saint-Omer m’ennuient un peu par leur format. Boire un verre avec une fille, dans une ville où tu croises à chaque fois quelqu’un que tu connais, c’est un peu bizarre (et ça risque vite de me faire une réputation « mais si, tu sais, le mec qui vient ici avec une meuf différente à chaque fois » !). Je décide de fuir pour les deux suivants !

Direction Tournai pour Noémie. C’est une lilloise. Petit hic, elle a 20 ans. Oui, une dizaine de moins que moi… et elle a un petit lapin qu’elle « considère comme [s]on fils ». Lol. L’après-midi est charmant, mais la différence d’âge est cruelle, impossible dans ces conditions d’imaginer quoi que ce soit.

Bien sûr, je vous ai gardé la meilleure histoire pour la fin : on l’appellera Rosetta. Après quelques mails nous convenons d’un rendez-vous pour les journées du Patrimoine à Douai, au musée archéologique. C’est pas forcément pratique pour discuter, mais ça donne un sujet de conversation au cas où ! (rien de pire que de ne rien avoir à se dire !). Nous nous posons à l’extérieur. Je suis un peu embêté par ses genoux, qui sont originaux (oui, je suis bizarre !). Mais, après quelques minutes de conversation, j’ai surtout un énorme problème de conscience. Voyez-vous, elle me parle, en me regardant dans les yeux. Logique. Je l’écoute, en faisant plutôt de même. Mais c’est son problème de débardeur qui me gêne : la bretelle s’affaisse. A plusieurs reprises. Et, à chaque fois, je vois un sein…

J’hésite. Sois je lui dis « Couvrez ce sein que je ne saurais voir », en mode tartufferie. Sois je ne dis rien, pour éviter de la mettre mal à l’aise. Problème : là, c’est moi qui suis mal à l’aise. Car, bien élevé que je suis, j’évite de bloquer sur son sein. Mais celui-ci me dit « coucou toi ! » toutes les cinq minutes. Je la regarde avec force dans les yeux, ayant des difficultés à suivre la conversation (car mon cerveau me répète « regarde ! » « non ne regarde pas ! » « regarde ça ne fait pas de mal » « tais-toi petit diable, écoute moi le petit ange ! »). Et, à la fin du rendez-vous, je prends la décision de ne pas la revoir. C’est que je me voyais mal raconter à mes futurs enfants : « oh, votre mère, je l’ai rencontré dans un musée, où elle m’a directement montré son nichon gauche ! ». Je voulais une histoire romantique j’ai dit !

 

Bon, cette histoire a bien fait rire mes ami-e-s, mais le bilan est terne : quatre rendez-vous, zéro coup de cœur. Combien en faudra-t-il ? Je décide peu après de partir en Guyane, etc. etc. (je ne vous raconte pas ma vie [sic !]) et me voici de retour à Lille. A peine rentré que dans le train je reçois un sms d’une fille qui m’avait écrit il y a deux ans, grâce à Adopte. Fou. Je me dis alors « allez, on persévère ! ». Et me voici réinscrit, avec un rendez-vous ce week-end. Pour une fois, je trouve la fille à la fois jolie et intéressante ! J’irai pas jusqu’au coup de cœur mais je la relance pour un second rendez-vous ! Victoire ! …. Euh, non en fait, car cette fois c’est elle qui n’a pas eu de coup de cœur ! Décidément, la vie est mal faite !

 

Je me dis souvent « ah quoi bon ? » (faut que j’arrête !). Alors à quoi bon rester sur ce site ? Les rencontres ne sont pas très naturelles, et c’est très loin de mon idéal… oui, mais les chiffres sont là : je suis allé à deux mariage cet été, et les deux ont été rendus possibles par Internet. C’est ainsi, nous sommes au XXIème siècle, et ça devient un moyen de plus en plus courant.

Néanmoins je préférerai raconter quelque chose de différent. Et c’est là où mon idée germe depuis quelques mois : et si c’était vous qui me présentiez ma future copine ? Oui, toi, qui me lis en ce moment ! Tu connais une fille célibataire très sympa. Elle a plus de 18 ans et moins de 65 ? (bon, dans l’idéal vaut mieux entre 25 et 35 hein !) Ce n’est pas ton amie chelou ? (on a tous un-e ami-e chelou, hein Pierre !) Et tu penses qu’on pourrait bien s’entendre. Super ! Car tu me connais ! Oui, tu me connais, même si on ne s’est pas vu depuis 10 ans ! Si tu lis mon blog une fois de temps en temps tu connais mon style de vie. Si tu me présentes ta copine qui n’aime pas sortir de chez elle et qui vote FN à chaque élection, tu conviendras que ça risque d’être difficile ! Mais si tu penses à quelqu’un, ta sœur, ta cousine (non, ne le prends pas personnellement Romain !), ta bonne copine, ta voisine, ta mère (t’es sûre ?!), et bien n’hésite pas à m’écrire. Car, dans dix ans, je pourrais porter un toast le jour de mon mariage (qui n’aura sans doute pas lieu, mais c’est pour l’histoire !), et je me tournerai vers toi en disant « merci, grâce à toi ma vie rayonne, tu m’as permis de connaître mon plus bel amour, celui qui a porté et élève avec moi les enfants, et qui rend chaque jour de mon existence merveilleux. C'est quand même fou que ce soit ta mère ! ».

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25 novembre 2019 1 25 /11 /novembre /2019 09:28

Concernant les séries, je suis une girouette : je suis le sens du vent ! Alors on m’a parlé de Peaky Blinders et j’ai entendu encore plus d'éloges à propos de la Casa de Papel. Allez, petit bilan !

Série 2019 : Peaky Blinders vs. La Casa de Papel

La très british Peaky Blinders, de BBC2, évoque les aventures de la famille Shelby, Thomas étant le personnage principal. La première saison suit son retour de la première guerre mondiale et la montée progressive du gang dans le milieu des paris hippiques du côté de Birmingham (les Peaky Blinders ont vraiment existé à Birmingham !).

Sacrée saison ! La série m’a très rapidement plu, notamment grâce à une musique incroyable. Le traumatisme post-guerre des personnages est très bien interprété, l’inspecteur Campbell est l’anti-flic parfait, le rôle des femmes qui s’amplifie… bref, que du bonheur ! 6 épisodes simplement, assez pour entendre parler de l’IRA, de Churchill et des grèves communistes. Le scénario est très travaillé, on sent que ça a beaucoup bossé côté historique.

La seconde raison permet de retrouver nos personnages aux prises avec les gangs de l’italien Sabini et le juif Salomon, toujours sous fond de paris hippiques (en allant jusqu’à Londres cette fois). Je n’en dis pas plus, afin d’éviter les spoilers ! La troisième saison est consacrée à l’URSS (clairement pas ma préférée !), la quatrième à la mafia (sympa de voir Adrian Brody !) et la cinquième… hum mystère, je vais commencer !

L’ensemble est plutôt bon, mais j’avoue que j’ai l’impression d’un déclin. La première saison m’a tellement plu, elle était tellement riche, et j’ai depuis le sentiment que la musique est moins travaillée (j’en peux plus du thème sous toutes ses formes !) et le côté historique moins présent. Surtout, le très riche scénario de la saison 1 est plutôt une exception… la 3 part un peu dans tous les sens (très bizarre !) tandis que la 4 me semble trop facile pour la famille Shelby. Et rien n’est plus frustrant, surtout après Game of Thrones, que de voir les personnages principaux avec une chance incroyable (je déteste le pistolet sur la tempe du personnage principal, 5 minutes de bla-bla et puis rien ! ou alors un foutu miracle !).

Néanmoins un personnage me donne toujours envie de continuer : Arthur Shelby !

Série 2019 : Peaky Blinders vs. La Casa de Papel

Woh ! Paul Anderson est extraordinaire dans son interprétation, colérique, plein de sentiments, plein de vie en fait. J’avoue être toujours un peu dubitatif sur sa conversion religieuse.

Série 2019 : Peaky Blinders vs. La Casa de Papel

Pour la Casa de Papel ce fut un peu le harcèlement médiatique et Facebook qui m’ont convaincu (en plus du fait de vouloir me mettre à l’espagnol !). La série est diffusée originellement sur Antena 3, Netflix faisant ensuite le reste à l’international (comme pour Peaky Blinders d’ailleurs).

L’histoire nous permet de suivre un braquage dans la fabrique nationale de la monnaie. Le Professeur engage 8 malfaiteurs pour former une équipe complémentaire nécessaire à son rêve : récupérer plus de 2 milliards d’euros ! Deux saisons pour suivre Tokyo, Berlin, Denver, Stockholm etc.

L’idée de base est très intéressante et permet de la travailler deux saisons. J’aime beaucoup la tension qui s’installe crescendo dans la première, les erreurs malgré la planification, et rien que le fait des surnoms des personnages (en mode Reservoir Dogs !). Des acteurs sortent clairement du lot (coucou Berlin !), et l’approche de l’inspectrice est vraiment sympa !

Coucou je suis un pervers-narcissique !

Coucou je suis un pervers-narcissique !

En revanche, il y a des vrais problèmes de scénario !! [Attention spoiler saison 1 ! passez ce paragraphe si vous voulez regarder prochainement !] Comment, alors que des otages s’échappent après s’être rebellés et qu’il y a un trou béant dans un mur, comment, oui, comment trouvent-ils une plaque parfaitement adéquate et par balle pour colmater la brèche ?? C’est une imprimerie à la base, pas une usine d’armement ! Surtout, le pire, c’est vraiment le retour de Rio. Non les gars, vraiment, c’est pas possible ! De manière générale, chaque coïncidence ou miracle est en fait « un plan du Professeur » ! J’imagine bien les scénaristes se dire :

  • « Bon, comment on peut justifier ça ?
  • Bah, on dit que le professeur l’avait anticipé à la base !
  • Ah, oui, c’est bien ! »

L’idée de faire une saison 3 m’interpellait beaucoup (pour moi c’était déjà terminé ! et y’en a marre des séries qui ne savent pas s’arrêter !), je n’ai donc pas continué. Un jour, peut-être.

 

Le bilan, c’est quoi ? Du bien, clairement. C’est travaillé, les scénarios sont intéressants (mais les saisons 1 sont comme souvent les meilleures, à croire que le vrai charme de la série est de découvrir son univers et ses personnages). La musique est bonne (mais bon Dieu, pourquoi tout le monde a repris Bella Ciao ensuite… ?!!? Maître Gims, Jean Roch et tous ces chasseurs de pognons reprendre une musique révolutionnaire communiste !! merde !).

Surtout, et ça me gène de plus en plus… on se voit contraindre de soutenir les méchants. On a envie qu’ils gagnent ! Les bandits sont les héros de notre temps, plus les policiers. Alors, je ne suis pas un fan de la police hein (police partout justice nulle part), mais je me demande quel est l’impact de ces séries (notamment sur les plus jeunes).

 

La suite ? Le bureau des légendes ! Et je cherche une bonne série comédie, si vous avez en stock je prends !

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12 novembre 2019 2 12 /11 /novembre /2019 11:10

Sensation de vide intérieur. Pas d'envie. Disons une envie de nulle part. Patagonie. Iguazu. Rentrer en France. Ça m'en touche une sans faire bouger l'autre comme il disait. J'ai mis du temps à comprendre, alors que j'essayais, un peu avec désespoir, de forcer le destin en m'intéressant à ces destinations. Je me disais : ça fait seulement deux mois. Et c'est en attendant le coucher de soleil à côté d'un Moaï que ça m'est venu : en fait, ça fait 2 ans et 2 mois. Car l'Amérique du Sud, dont j'ignorais tout, est mon champ d'action et de découverte depuis septembre 2017, et pas 2019.

8 pays et 3 DOMs plus tard. J'en ai peut-être trop fait, trop vite. J'ai du mal à digérer. Israël-Palestine-Jordanie de l'été n'a pas aidé le processus. Aujourd'hui je réfléchissais à des glaciers, à des chutes d'eau, à des paysages enchantés. Et ça ne me faisait rien. C'est triste hein ! 

Alors j'ai cherché d'autres envies. J'ai pensé aux copains. J'irais bien les voir. Et un cinéma... ça fait... 4 ans peut-être ! (non Tim, John Wick 3 dans un casino guyanien ça ne compte pas !). Des films, des concerts, de la culture dans les narines. Une copine. Oui, forcément. Se poser. Déjà ? Enfin !

 

Aujourd'hui ça fait plus de 10 jours que je suis rentré. Rentrer où ? Quand la maison familiale est vide de meubles, c'est une vraie question ! Alors j'ai pris la direction du Sud pour passer du temps en famille. Ça tombe bien, le camion de déménagement arrivait. J'ai pu découvrir 3 musées marseillais, je suis allé voir Joker (très bon film !), et je suis finalement remonté, direction Lille. Peut-être ma future ville. Depuis mon retour je n'ai pas eu de regrets. Mais j'ai toujours cette sensation de vide intérieur, d'absence d'envie. Les copains font du bien. J'ai l'impression d'être au bon endroit.

La suite ? (car c'est la question que l'on m'a posée 10 fois depuis mon retour). Je ne sais pas. J'avance au jour le jour.

Etre vide
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6 novembre 2019 3 06 /11 /novembre /2019 17:00

C'est un mythe tenace, quand d'autres n'y voient qu'un abus de langage : 1492, Christophe Colomb découvre l'Amérique. Ah, ça oui, à titre individuel : c'est bien la première fois qu'il se trouvait là ! Mais on va rappeler aujourd'hui que l'Histoire est bien différente du mythe.

Pourquoi Christophe Colomb n'a pas découvert l'Amérique

I] L'Amérique aux Américains

Pardonnez mon titre un peu Trumpien ! Mais c'est qu'en 1492 l'Amérique a déjà été découverte... par les gens qui y habitent ! Et ce n'est pas 3 pelés et un tondu qui y vivent, il y a les grandes civilisations Maya, Inca, Aztèque... et toutes les autres ! (Cherokee, Sioux, Apache, Caribe, Mapuche, Guarani... il y en a des milliers). Christophe Colomb n'est donc pas le premier homme à mettre le pied sur ce continent, il raconte d'ailleurs ses rencontres qu'il fait dans les Caraïbes actuelles.
L'occasion ici de faire un point sur ces Américains d'"origine" : d'où viennent-ils ? D'Asie !

Les migrations des Homo-Sapiens

Les migrations des Homo-Sapiens

L'homo-sapiens a toujours migré (même si ça gêne des politiques !). Originaire d'Afrique, il est allé peupler l'Europe, l'Asie etc. jusqu'en Amérique. Depuis près de 100 ans c'est la théorie admise, même si des découvertes récentes permettent de reconsidérer les dates (de - 15 000 on passerait à - 30-35 000). L'archéologie bouge beaucoup en ce moment, et il n'est pas impossible que d'autres découvertes fassent revoir notre vision actuelle. Il n'empêche, Christophe Colomb n'a pas découvert en premier le "continent" américain, au sens géographique du terme. Pire, il n'est même pas le premier Européen à poser le pied !

 

II] Les Vikings au Canada

Non, ce n'est pas qu'une série télévisée ! Les Vikings ont bien existé, ils ont d'ailleurs traumatisé une bonne partie de l'Europe avec leurs raids. Mais là où leur histoire m'intéresse aujourd'hui, c'est pour leurs voyages vers le Groenland. Nous sommes alors au Moyen-Age et ces champions de la navigation poussent à l'Ouest. L'Anse aux Meadows ne vous dit peut-être rien, c'est pourtant un site archéologique essentiel, classé patrimoine mondial par l'Unesco : découvert en 1960, il est composé de maisons et d'outils remontant aux alentours de l'an 1000, identiques à ceux des Vikings en Norvège. Or, c'est aujourd'hui situé au Canada !

Comme le disaient les sagas islandaises du XIIIème siècle, les Vikings ont peuplé un territoire à l'Ouest du Groenland ! Ainsi, ils ont "découvert" l'Amérique avant Christophe Colomb, qui ne peut plus être considéré comme le premier Européen à poser le pied en Amérique !

Les voyages des Vikings

Les voyages des Vikings

III] Christophe Colomb ne connaît pas sa découverte

Et si je ne vous ai pas encore convaincu, voici la dernière partie qui le fera ! Car oui, finalement, 500 ans plus tard, Christophe Colomb met le pied en Amérique et y rencontre ses peuples. Mais qui croit-il rencontrer ? Des Indiens ! Des Asiatiques en fait ! Ceux qu'on appelle aujourd'hui des Japonais ! Car quand il part, voilà sa vision du monde !

Globe de Martin Behaim, 1492

Globe de Martin Behaim, 1492

Ainsi l'île de Cipangu/o, telle que Marco Polo l'a racontée, est l'objectif premier de Colomb, ainsi que la Chine : ce sont les Indes orientales (d'où le nom d'Indiens). Vous connaissez la suite, il arrive sur le continent américain... persuadé qu'il est en Asie ! Et quand il meurt, en 1506, il est toujours sûr qu'il a trouvé une nouvelle route vers les Indes Orientales !
Christophe Colomb n'a donc pas découvert l'Amérique, puisqu'il ne savait pas lui-même à sa mort que ce continent existait !



Vous êtes convaincus ?! Bon, bien sûr, en conclusion, sa redécouverte fortuite d'un continent peuplé a transformé le monde, certains parlant du XVIème siècle comme celui de la première mondialisation. Et c'est le fait d'avoir clamé sur tous les toits la découverte d'une nouvelle route qui a permis l'établissement des Européens en Amérique, et, de fait, sa colonisation. Christophe Colomb, un sacré pistolet !

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5 novembre 2019 2 05 /11 /novembre /2019 06:43

Forcément je les attendais ! Il n'y a d´ailleurs que ça que j'attendais ! Et franchement, elles ne m´ont pas déçu ! Il y a eu les premières, à quelques encablures du port. 4 (et demie), alignées, dos à l´océan. Et, juste à côté, une autre, avec des yeux et un chapeau ! Surprise !

L´île de Pâques : les statues
L´île de Pâques : les statues

C'est au cours de ma visite que je vais lire sur ces statues et leur histoire. Les habitants de l´île de Pâques sont arrivés en 400, ou vers 800, ou... 1200 ! Oui, il y a déjà une sacrée fourchette sur cette information (plusieurs études ont été effectuées, avec des résultats contradictoires !). Ce qui semble avéré toutefois, c'est leur origine, de Polynésie (peut-être les Marquises). Ils sont donc arrivés en bateau, en traversant une partie de l'Océan Pacifique. Ils ont emporté avec eux des traditions, des croyances... Ainsi, dans les îles Marquises on retrouve aujourd'hui des statues appelées Tiki. Le Moaï semblent en être une déformation : les sculptures représenteraient les ancêtres de chaque clan installé sur l'île. Imaginez un gâteau coupé en 10 parts à peu près égales, voilà comment a été divisée l'île par une dizaine de clans (l'objectif étant que tout le monde ait un accès à la mer). Les statues permettraient la transmission d'un esprit, ou d'un pouvoir (le Mana). Encore faut-il que les statues restent debout...

Un peu plus au centre, Ahu Akivi. Celles-là me font un gros effet : elles sont 7, alignées comme des militaires, et (et c'est unique sur l´île) elles sont situées dans les terres, observant l´océan ! 

L´île de Pâques : les statues
L´île de Pâques : les statues

C´est beau, ça arrive après 3 heures de randonnée, et je suis tout seul face à elles. Magique.

Je trace ma route vers Puna Pau, la carrière... des chapeaux ! Officiellement appelés Pukao, ils étaient un peu taillés dans cette carrière, puis on les faisait apparemment rouler jusqu'à la statue (le chapeau perdait alors un tiers de son volume !), pour le retailler ensuite avant de le mettre sur la statue... l'opération devait être très délicate vu le poids ! Pourquoi les chapeaux sont-ils là ? Etait-ce la fin de la croyance des Moaï à ce moment là ? Mystère.

L´île de Pâques : les statues

Mais il n´y a pas que les chapeaux qui sont abandonnés au sol. A de nombreuses reprises je vais rencontrer des têtes, voire des statues complètes couchées, sur le ventre ou sur le dos. L´effet du temps ? Pas seulement...

L´île de Pâques : les statues
L´île de Pâques : les statues

Car cette destruction des statues est volontaire ! Non, ne hurlez pas sur les touristes, ce n'est pas leur faute ! Deux possibilités :
- la première est celle des guerres qui ont éclaté, apparemment souvent, entre les clans. Faire tomber les Moaï du clan adverse, c'est faire perdre l'esprit et le pouvoir donnés par leurs ancêtres. Ce devait donc être un des objectifs de guerre.
- la seconde est l'abandon volontaire. Car pour que le Moaï ait toute sa puissance, il faut qu'il soit debout. A partir du moment où il est tombé, il ne vaut plus rien. Or, pendant le transport, les chutes devaient être nombreuses ! Pensez, certains Moaï font plus de 9 mètres de haut et pèsent jusqu'à.... 74 tonnes !!! Au final, seuls 1/3 des Moaï semblent arriver à destination.
L'un des mystères tient justement au transport de ces Moaï depuis la carrière où ils étaient sculptés. Ont-ils fait avancer ces immenses statues centimètre par centimètre, à la force des hommes ? Les ont-ils mis sur des radeaux-traîneaux et fait glisser jusqu'aux sites ? Aujourd'hui ce ne sont que des hypothèses.

 

Ainsi, dans la carrière de Rano Raraku, ce sont des dizaines de Moaï qui sont entreposés au sol. Certaines statues ont été abandonnées très vite, dès leur chute (comme sur ma deuxième photo plus haut), d´autres ont été laissées là volontairement. Peut-être la fin de la période de croyance des Moaï, et tout s'est arrêté... ou alors ce site devait lui-même être protégé différemment et on a laissé des Moaï sur place pour ça. Il y a presque 400 statues sur ce site ! Il y en a même dans le volcan derrière !

L´île de Pâques : les statues
L´île de Pâques : les statues
L´île de Pâques : les statues

Le site le plus connu, le plus majestueux, est situé à quelques kilomètres. 15 Moaï sont disposés sur l´Ahu Tongariki, avec l´océan et ses falaises en décor de fond. C´est le lieu où je croise les groupes, finalement pas si nombreux que ça (y´a un avion par jour qui atterrit ici, ça limite forcément !) Il est là le 88 tonnes ! En 1960, un immense tremblement de terre (9,5 sur l'échelle de Richter ! le plus gros jamais enregistré) a provoqué un tsunami (des vagues de 11 mètres), et des statues se sont retrouvées 100 mètres à l'intérieur des terres. Les Japonais ont aidé à tout reconstruire et voici aujourd'hui le plus large site. Avec de la hauteur c´est encore plus beau !

L´île de Pâques : les statues
L´île de Pâques : les statues

Allez, je termine avec mes préférés, les seuls qui ont gardé leur chapeau, avec en plus les pieds dans le sable et entourés des cocotiers... Le plus beau site pour moi, sur la plage d'Anakena

L´île de Pâques : les statues
L´île de Pâques : les statues

Le bilan ? Incroyable. C´est une île magnifique, avec la mysticité qui va avec. Je pourrais aussi vous parler du coucher de soleil.... mais il faut parfois se taire, et simplement apprécier.

L´île de Pâques : les statues
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4 novembre 2019 1 04 /11 /novembre /2019 07:01

Dans la vie il faut se faire plaisir. Demandez aux anciens, demandez à ceux en fin de vie, ils vous répondront toujours la même chose : vivre ses rêves. Alors quand je regardais ma carte du monde, il y avait toujours ce petit point au milieu du Pacifique qui attirait mon regard. 4000 kilomètres du Chili et de Tahiti. Et m'y voici ! 450 euros déboursés pour un aller-retour depuis Santiago. Et j´avoue qu'hormis les statues je n´imagine pas grand chose d'autre. Et pourtant...

L´île de Pâques : la nature extraordinaire (1/2)
L´île de Pâques : la nature extraordinaire (1/2)
L´île de Pâques : la nature extraordinaire (1/2)

Partout où je regarde il y a cet océan Pacifique ! Une île sur un triangle de 20 km, ça limite les possibilités de terrain ! Alors les vagues et la brise marine sont le bruit et l'odeur de mes randonnées. Je parcours l´Ouest du sud au nord, puis le Nord d'ouest en Est et l´Est du nord au sud. Sous le soleil, je me crois dans les Caraïbes. Avec les nuages et le vent, j'ai une impression d'Irlande ! 

L´île de Pâques : la nature extraordinaire (1/2)
L´île de Pâques : la nature extraordinaire (1/2)
L´île de Pâques : la nature extraordinaire (1/2)

Partout de la roche volcanique. L'île de Pâques est née de l'éruption successive de 3 gros volcans. On peut escalader le Rano Rau où la vue est saisissante : pensez à un immense stade où la végétation joue le public et les marais les joueurs. En face de moi, une tribune s'est écroulée, laissant voir par la brèche le plus large océan du monde. Merveilleux.

L´île de Pâques : la nature extraordinaire (1/2)

En parlant de sport, j'ai assisté à un match de foot à Hanga Roa, la seule ville de l´île. Oh, pas tant pour le niveau, proche de celui que j´ai connu le dimanche matin en district, que pour le lieu. Les footballeurs ici, jouent devant un public, avec une statue les observant ! Et aussi, régulièrement, des chiens errants qui traversent le terrain, s´assoient, se font engueuler et déguerpissent ! (en vérité les vrais sports de l´île sont nautiques, avec beaucoup de kayaks, avirons/pirogues etc)

L´île de Pâques : la nature extraordinaire (1/2)
L´île de Pâques : la nature extraordinaire (1/2)

L'île de Pâques vaut également pour ses plages de sable fin ! Je l'ignorais, mais il y a des cocotiers et la température de l´eau est correcte (trop froide pour moi, mais on est aux alentours des 20 degrés !)

L´île de Pâques : la nature extraordinaire (1/2)
L´île de Pâques : la nature extraordinaire (1/2)

L´île de Pâques coûte cher, oui. La bouteille d´eau à 4 euros a fait bizarre dans le premier resto ! Du coup, c´est reparti sur Jérémy la débrouille. J´ai des lits à 20 euros la nuit et je cuisine quasiment tous les jours. Il y a très peu de backpackers, on comprend pourquoi (c´est pas le Pérou quoi !). Je n´ai pas loué quoi que ce soit, j´étais un marcheur et... un autostoppeur. L´occasion de converser avec les locaux, de parler colonialisme ou coût de la vie : c'est cher pour eux aussi ! (quasiment tout est importé par avion-cargo) Du coup j'ai aussi vu des manifestations ici ! Avec des chiens ! (ils sont partout aussi ceux-la !)

L´île de Pâques : la nature extraordinaire (1/2)

Et puis, forcément, il y a cette histoire de statues... (à suivre !)

L´île de Pâques : la nature extraordinaire (1/2)
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1 novembre 2019 5 01 /11 /novembre /2019 17:03

Titre un peu différent des Evangiles, alors que c´est tout simplement la suite de Luc ! Il est d'ailleurs l´un des personnages de son histoire car il utilise parfois le "nous". Luc serait donc un compagnon de Saint-Paul, le personnage le plus important des Actes des Apôtres.

 

Jésus monté au ciel, les 11 apôtres cherchent un successeur à Judas ! Ce sera Matthias, désigné par tirage au sort ! Les croyants se réunissent souvent ensemble (il y a là Marie et les frères de Jésus). Et le jour de la Pentecôte, le Saint-Esprit arrive sur eux. Celui-ci aura un rôle dans tout ce livre.
La vie de la Communauté s´organise, dans le partage. Pierre guérit un homme infirme et il enseigne avec Jean. Les deux sont jugés par le conseil des Anciens et ils sont relâchés. Un couple, Ananias et Saphina, fait semblant de partager tous ses biens avec les croyants, tout en gardant une partie de ses richesses. Pierre les sermonne et les 2 meurent sur le coup ! 
Les apôtres effectuent alors des miracles, ils sont jetés en prison mais un ange les libère. 7 hommes sont alors choisis pour les aider. Parmi eux, Etienne qui finit lapidé par des membres du Conseil après un très long discours. Cette exécution se déroule sous les yeux de Saul, futur Paul, qui approuve alors le jugement. Jacques est également tué par l'épée mais on n'a pas de détails.

Le livre suit alors le voyage de Philippe annonçant l´Evangile avant de parler de la conversion de Saul/Paul qui persécutait les croyants (une lumière du ciel lui parle "pourquoi me persécutes-tu ?") Il part alors prêcher à Damas puis à Jérusalem tandis que Pierre guérit Enée et ressuscite Dorcas à Jaffa. Surtout il baptise Corneille, un non-Juif ! C'est un tournant ! Les non-juifs peuvent recevoir le Saint-Esprit !
Un grand débat a alors lieu avec les membres de l´Eglise qu´on appelle désormais chrétiens. L´église d´Antioche est alors une communauté essentielle. Pierre est à nouveau arrêté et libéré par un ange. Que font les autres apôtres pendant ce temps là ? Mystère ! Ils font plus le nombre qu'autre chose (ils ne sont jamais mentionnés !).

 

Paul de son coté part avec Barnabas en mission : il évangélise Chypre et l´Asie Mineure. Un nouveau débat a alors lieu sur la nécessité de faire circoncire son enfant (comme dans la religion juive). Finalement, à la suite de ce que l´histoire retient comme le 1er concile de Jérusalem (vers 49) il est décidé de "ne pas créer de difficultés à ceux, non-Juifs, qui se tournent vers Dieu". Ils ne doivent néanmoins pas manger de viande impure ou adorer les idoles, c´est tout ! On envoie une lettre aux croyants pour leur expliquer.

Paul part ensuite avec Silas et Timothee pour son 2ème voyage missionnaire, de l'actuelle Syrie à la Grèce, en passant par Thessalonique et Athènes. Il se retrouve en prison mais est délivré grâce à un tremblement de terre (ils sont en réussite dans les prisons les apôtres !). A Athènes il discute avec des stoïciens et des épicuriens qui arrêtent de l´écouter lorsqu'il évoque la résurrection. A Ephèse il déclenche une émeute ! (c´est que la cité voulait garder sa croyance en Artémis ! la statue de la ville était alors considérée comme l´une des 7 merveilles du monde). C´est alors le 3ème voyage de Paul, la star du livre ! Un voyage assez proche du second pour la région visitée. Il repart enfin à Jérusalem et est arrêté dans le Temple (toujours des problèmes avec les Juifs conservateurs !).

Saint Paul vu par Rembrandt

Saint Paul vu par Rembrandt

Vient alors son procès devant le conseil supérieur. Des Juifs veulent le tuer mais Paul, en raison de sa citoyenneté romaine, est protégé. Il est jugé par le gouverneur Félix puis fait appel auprès de l´Empereur ! (il en avait le droit par son statut) La vie de Paul ressemble à celle de Jésus sur la fin : il sait ou il va, à la mort, mais il semble savoir pourquoi il le fait. Son voyage vers Rome est chaotique (son bateau chavire, il se retrouve alors à Malte). Il arrive néanmoins dans la ville éternelle où il prêche auprès des croyants en attendant son procès en appel.

Les Actes des Apôtres, c´est finalement surtout les premières décisions de Pierre et la vie croyante de Paul. La zone géographique est plus large que les Evangiles (Damas, Athènes, Rome) et l´ensemble se lit bien (parfois comme un roman d´aventure !). Quelques miracles et visions (ca reste la Bible !) avant la suite : les lettres envoyées par les apôtres (surtout celles de Paul justement).

 

Quant à moi je m´arrête la. Je n´ai pas lu l´ensemble de la Bible (je ne suis pas loin des 3/4) mais je pense avoir une bonne vision d´ensemble DU livre. C´était plutôt intéressant au final (bon y´a des passages de l´Ancien Testament qui sont parfois redondants), et j´ai appris beaucoup de choses. Surprenant à de nombreuses reprises (pour le meilleur et pour le pire, plutôt le pire d´ailleurs), c´est une lecture qui m´a permis d´avoir un regard nouveau sur la religion. A suivre.

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31 octobre 2019 4 31 /10 /octobre /2019 17:01

Le début, c'est une image qui tourne en boucle sur les chaines d´information : des étudiants fraudent en masse dans le métro de Santiago pour protester contre la hausse du prix du ticket, la deuxième de l´année. Nous sommes jeudi, et nous ne comprenons pas encore que c'est l´étincelle qui va transformer notre voyage ! Car ces quelques étudiants s´en prennent aussi aux infrastructures du métro, ça casse les portiques. 

Vendredi. Le métro de Santiago est en feu, littéralement. Les manifestations commencent, au bruit des casseroles (un grand classique sud-américain) : les habitants prennent une casserole et tapent dessus pour faire du bruit. Tout seul, ça peut paraître ridicule. A 10 000, ça fait un boucan d´enfer ! Et si le métro est la cible privilégiée, des banques et autres symboles "capitalistes" sont aussi pris à partie. La colère explose à Santiago. Le lendemain, c'est dans tout le pays !


Nous sommes alors à la Serena, station balnéaire à 500km au nord de la capitale. En rentrant d´une visite aux pingouins, le bus doit faire un détour. Nous comprenons le mot "barricade" ! La route est bloquée par les manifestants. Sympa les Chiliens, on a vraiment l´impression d´être à la maison ! A l´hôtel nous sommes surpris de traverser une ville morte, avec tous les magasins du centre-ville fermés, alors que nous sommes samedi ! Et pour cause... la manif arrive !
Notre hôtel nous demande alors de fermer toutes les fenêtres car.... les gaz lacrymogènes viennent d´être tirés à deux pâtés de maison ! On entend les bruits de casseroles en fond, on hume les lacrymos à travers les fenêtres... et on ne sort pas ! C´est pas le moment de faire les cons dans un pays que tu ne connais pas et où les militaires sont chargés du maintien de l´ordre pour la 1ère fois depuis Pinochet !

Et dimanche, je veux retirer de l´argent.... oups !

Chili : être touriste dans un pays qui s´embrase
Chili : être touriste dans un pays qui s´embrase

Ladron ça veut dire voleur pour ceux qui ne parlent pas espagnol ! Et Pinera c´est le nom du président conservateur actuellement en place ! On retrouve alors pour lui beaucoup de déclarations d´amour (sic !) Les dégâts sont limités en ville à des symboles (banque donc, centre commercial, statues taguées). Le centre est encore plus mort que la veille et je marche un bon moment avant de trouver un restaurant ouvert (truc con, j'ai faim !). 

La météo est alors parfaite, et nous allons observer les étoiles ce soir dans un endroit mondialement connu pour ça (la vallée d´Elqui). Oups ! Ca ne va pas être possible, nous dit l´agence ! Car un couvre-feu est instauré à partir de 20h jusque 6h du matin ! Personne dehors ! Sortie annulée ! On est un peu déçu (c´est la 2ème fois que ça nous passe sous le nez !) mais on s´en remet vite.

19h. Mission : trouver à manger (truc con, on a re-faim !). A l´hôtel on nous prévient de ne pas traîner en indiquant une direction. Sur le chemin, nous croisons un type avec un carton de matériel hifi. Au croisement suivant, je vois le magasin dont sont originaires les produits, en train de se faire piller.
Les révolutionnaires sont parfois matérialistes.
Nous trouvons finalement à manger quand les policiers débarquent et qu´un hélicoptère nous survole. Nous ne traînons pas tandis que les tags décorent un mur repeint la veille.

Le couvre-feu concerne alors 7 grandes villes du pays tandis que le bilan est de 8 morts. Le lendemain, on est passé a 11 (aujourd'hui les chiffres divergent entre une vingtaine et une cinquantaine.... ça commence à faire une sacrée fourchette !). Des incendies de centres commerciaux ont fait prisonniers des visiteurs du soir, tandis que l´armée semble jouer les cow-boys (notamment à Santiago et Valparaiso). Plus de banques ouvertes, les transports ont disparu... reste la station de bus, prise d´assaut par les Chiliens ! Nous arrivons par miracle à trouver un bus pour... Valparaiso, la prochaine étape prévue ! 
Sauf que dans le bus le chauffeur nous dit : "Valparaiso, pas possible !" Ah.... en raison du couvre-feu on s´arrête à Vina del Mar, à 10 km de la. Enfin, si on y arrive.... car dans cette ville de 300 000 habitants, déserte à 21 heures, c´est aussi le couvre-feu ! Etrange vision, on a l´impression que les gens sont calfeutrés chez eux en attendant l'attaque des zombies. Et comme dans les films, ce sont les militaires qui tiennent la route...  

Chili : être touriste dans un pays qui s´embrase

Je suis à l´étage du bus, je n´entends pas la conversation, mais ça a dû être ceci : "faites demi-tour, personne ne va là-bas !
- D'accord, mais j´ai un bus !
- Rien à foutre, tu prends ton bus et tes passagers et tu roules en marche arrière ou à l'envers, mais tu dégages d´ici !"
On nous rassure un peu en expliquant qu'avec une autre route on peut passer jusqu'au centre-ville. Et ensuite ? Chacun pour sa peau !
A côté de cette scène, des gilets jaunes !!! On pense d´abord à des manifestants, puis on apprend que c´est plutôt une milice locale, destinée à faire régner l´´ordre et à surveiller le quartier ! Des hommes pour la plupart, avec des bâtons et des barres de fer...
On descend du bus sous l´oeil attentif des militaires, et nous partons en direction de l'hôtel. Pas de zombie à l´horizon mais une atmosphère étrange ! Par 2 fois des habitants nous disent : "il ne faut pas rester là c´est dangereux !" On croise une carcasse de poubelle encastrée dans une pharmacie pour finalement arriver à l´hôtel, pas mécontents ! On a faim (encore !) mais on mangera demain !

A Valparaiso le couvre-feu commence à 18 heures !! C´est tôt ! Première étape pour nous, trouver une banque... et voilà à quoi ressemblent les banques ouvertes !

Chili : être touriste dans un pays qui s´embrase

Euh... c´est les soldes, c´est ça ? Car les queues s´allongent devant les magasins (la police se chargeant parfois de l´entrée !). On en arrive à échanger des euros contre des pesos avant d´acheter des pâtes dans une petite supérette ! Pas de ramadan pour nous aujourd'hui, c´est toujours ça de pris ! A midi, sur les collines de Valparaiso nous entendons déjà les bruits de casseroles et l´atmosphère se tend... on ne reste pas et nous reprenons le métro, tandis qu´une manifestation débute à 200 mètres.

 

Le Chili, le "pays le plus sur d´Amérique du Sud" d´après notre Routard, se révolte ! Pourquoi ? Le métro ? L´étincelle, la goutte d´eau. De par nos observations et nos conversations, c´est surtout le coût de la vie et les inégalités qui sont les principaux vecteurs de la colère (surprise hein !). La moitié de la population vit avec moins de 500 euros par mois, alors que nous, Français, on trouve le pays assez cher ! Comment font les gens pour vivre ? Ils s´endettent, ils cumulent, ils se débrouillent. Et ils galèrent. Le pays est ultra-libéral : éducation, retraite, santé... même l´eau a été privatisée (coucou Coca-Cola !). Or, à côté de ça, le Chili est officiellement un pays riche de son sous-sol, de ses mines de cuivre et de lithium. Qui en voit la couleur de ces richesses ? Pas grand monde, comme d´habitude ! Ajoutez à cela une Constitution qui date de Pinochet, et un milliardaire à la tête du pays. Aujourd'hui il est à 14% d´opinion favorable. Il a dit "nous sommes en guerre", puis s´est excusé, mis en place un couvre-feu et des militaires dans les rues, puis les a retirés, changé des ministres et réfléchi à des mesures sociales. Les manifestations continuent (plus d´un million de personnes le week-end dernier, la première fois que ce chiffre est atteint depuis l´éviction de Pinochet justement) et le pays semble s´être arrêté, ou éveillé, c´est selon.

 

A titre personnel, c´est intéressant à suivre et un peu compliqué. Après la dissolution du Congres au Pérou, un Chili en révolte, vivement le coup d´Etat en Argentine ! 
Plus sérieusement nous suivons les infos, on regarde ce qui se trame à l´aéroport (c´est qu´on avait des vols à prendre !), et on verra bien ce qui se passe demain. Et dans ces cas là, demain, c´est loin.

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30 octobre 2019 3 30 /10 /octobre /2019 17:03

Bon, j´écris pacifique dans le titre mais c´est un petit jeu de mots par rapport aux manifestations qui parcourent le pays à partir de ce moment là (j´y reviendrai !).

Chanaral, où ché q´c'est ? Petite carte du Chili pour ne pas vous perdre.

De Chanaral à Valparaiso, le Chili pacifique

La ville ne casse pas 3 pattes à un canard, mais après quelques jours d´air sec dans le désert nous ne sommes pas mécontents de recevoir un peu de brise marine ! Cette ville nous sert de base pour le parc Pan de Azucar. Pas vraiment de ressemblance avec le pain de sucre brésilien, c´est un parc connu notamment pour ses manchots ! Sauf que lieu est... désert ! Facile, on est une dizaine en tout et pour tout dans un lieu de 430km2 ! Pas la saison, pas très connu à l´international, ça nous fait tout drôle après l'Atacama. Et si ça vous semble sympa, ça nous handicape : la sortie en bateau tombe à l´eau devant le prix prohibitif demandé (on est seulement 5 à être motivés). On ne perd pas trop au change car 2 retraités suisses semblent se prendre d´affection pour nous et décident de nous trimbaler sur les hauteurs du parc. On économise 3 heures de marche grâce à leur voiture et on pousse même plus loin encore en leur compagnie. Les décors sont splendides.

De Chanaral à Valparaiso, le Chili pacifique
De Chanaral à Valparaiso, le Chili pacifique
De Chanaral à Valparaiso, le Chili pacifique
De Chanaral à Valparaiso, le Chili pacifique
De Chanaral à Valparaiso, le Chili pacifique

Le monsieur, à l´accent caricatural, m'évoque les difficultés de la retraite, notamment la solitude, quand sa femme parle des petits-enfants et des voyages réguliers qu´ils font. Là ils partent louer un van à Santiago et vont descendre jusqu'en Patagonie avec. Ma soeur les jalouse.... et s'énerve ensuite sur notre chauffeur de taxi ! Pourquoi donc ? C'est que l´on est allait en taxi au parc et nous avions convenu de repartir avec lui le soir. Sauf que les Suisses nous ont ramenés bien en avance, du coup on le prévient. Mais le bougre veut nous faire payer l'aller-retour ! Autant vous dire qu´une question d'argent avec une Révillon... il a perdu la négociation ! (après 20 minutes de débat tout de même !)

Pour les manchots c´est partie remise dans la Réserve Nationale d´Humbolt. Et avec eux, des lions de mer et des loutres, entre tous les oiseaux aux yeux rouges ou bleus ! On a même croisé un renard ! C´est Maxime le fan d´animaux qui se régale (moi c´est ma deuxième fois dans le mois, je suis déjà blasé ^^).

De Chanaral à Valparaiso, le Chili pacifique
De Chanaral à Valparaiso, le Chili pacifique
De Chanaral à Valparaiso, le Chili pacifique
De Chanaral à Valparaiso, le Chili pacifique
De Chanaral à Valparaiso, le Chili pacifique
De Chanaral à Valparaiso, le Chili pacifique

La ville de la Serena, à une centaine de kilomètres au sud, est notre nouveau quartier central. On s'y sent bien entre la plage et un joli centre-ville... certes les manifestations et le couvre-feu nous ont empêchés d´aller voir les étoiles, mais ça reste une ville que l'on recommande.

De Chanaral à Valparaiso, le Chili pacifique
De Chanaral à Valparaiso, le Chili pacifique
De Chanaral à Valparaiso, le Chili pacifique

Pour Valparaiso, je suis un peu plus dubitatif. C´est la ville hippie du Chili, et j'avoue que je reste circonspect. Capitale du street art, elle serait très "instagramable", photogénique pour les anciens. Oui, ça l´est. 

De Chanaral à Valparaiso, le Chili pacifique
De Chanaral à Valparaiso, le Chili pacifique
De Chanaral à Valparaiso, le Chili pacifique
De Chanaral à Valparaiso, le Chili pacifique

J´avoue que le port m'a le plus fasciné, visible depuis les grosses collines surpeuplées de la ville. Les grues, les cargos, les conteneurs... je crois que je développe une passion pour ces lieux (je vais m´engager dans la marine marchande un jour !).

De Chanaral à Valparaiso, le Chili pacifique
De Chanaral à Valparaiso, le Chili pacifique
De Chanaral à Valparaiso, le Chili pacifique

Hormis ça, pas grand chose de plus, si ce n´est une manif qui nous accompagne pour repartir vers Vina del Mar, la station balnéaire du pays. Du sable, un front de mer piéton.... c´est suffisant pour nous !

De Chanaral à Valparaiso, le Chili pacifique

L´air de rien, après 2 semaines, nous avons parcouru plus de 2000 kilomètres et traversé 5 des 12 régions du Chili. La suite ? En solo car certains doivent travailler pour la France (et on les remercie !). Et pour moi, ohhhhh. Ce sera encore plus Pacifique !

De Chanaral à Valparaiso, le Chili pacifique
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29 octobre 2019 2 29 /10 /octobre /2019 15:25

A la frontière de la Bolivie et de l´Argentine, il existe un triangle blanc, celui des salars. Uyuni, côté bolivien, est le plus grand, et le plus connu. Je ne connais pas celui de Salta en Argentine, mais je peux vous témoigner de la beauté du côté chilien. Enfin, les photos témoigneront pour moi, tant elles sont parlantes.

Une merveille : le désert de l´Atacama

San Pedro de l´Atacama est situé en plein désert. Le désert le plus aride du monde ! Nous sommes entre deux cordillères, tandis que l´anticyclone du Pacifique sud est constant, empêchant les nuages de passer et la pluie d´arriver. Le tropique du Capricorne a également un rôle dans cette aridité, en raison de l´inclinaison de la Terre. Toujours est-il qu´il ne pleut pas (parfois pendant 50 ans !!), et que l´air est très sec (5 à 10% d´humidité, ça change de la Guyane !). Les cactus pointent à l´horizon, la poussière vole. Cette ville pourrait servir de décor à un western. C´est pourtant aujourd'hui le coeur touristique du nord-Chili. Mais ses jours semblent comptés.... le lithium, merveille pour nos batteries, aiguise ici les appétits. Un salar touristique a déjaàété vendu, et les professionnels de la ville sont pessimistes : "dans 10 ans c´est fini !" Vraiment ? Fini les flamants roses se nourrissant dans les lagunes ?

Une merveille : le désert de l´Atacama
Une merveille : le désert de l´Atacama

Fini ces salars spectaculaires ?

Une merveille : le désert de l´Atacama
Une merveille : le désert de l´Atacama

Fini ces lacs enchanteurs entourés de volcans ?

Une merveille : le désert de l´Atacama
Une merveille : le désert de l´Atacama
Une merveille : le désert de l´Atacama

Ce serait bien triste tant cette région est merveilleuse. Nous y sommes restés 4 jours, dont 3 à faire des tours (agence Flamengo, je recommande rarement mais là ils sont bien moins chers que les autres et surtout ils font un tour que les autres ne font pas et c´est pour moi le meilleur !). Nous nous sommes régalés des volcans (la région en compte des centaines), certains ayant leur sommet à plus de 6000 mètres !

Une merveille : le désert de l´Atacama
Une merveille : le désert de l´Atacama

Et j´ai même vu des geysers, de ceux qui envoient de l´eau en l´air de manière spectaculaire (je retire d´ailleurs le titre de geysers à ceux que j´ai vus en Bolivie et au Kenya !).

Une merveille : le désert de l´Atacama
Une merveille : le désert de l´Atacama

Oui, il y a un peu de monde ici et pour le coucher du soleil sur la vallée de la lune...

Une merveille : le désert de l´Atacama
Une merveille : le désert de l´Atacama

Mais il faut en profiter vite, car les jours de ce lieu merveilleux semblent comptés.

Une merveille : le désert de l´Atacama
Une merveille : le désert de l´Atacama
Une merveille : le désert de l´Atacama
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