16 octobre 2019 3 16 /10 /octobre /2019 22:30

Pour traverser la frontière péruviano-chilienne nous devons prendre un bus vers Tacna, avant de rejoindre Arica. Et tout d´un coup nous sommes les seuls touristes du bus ! Nous quittons la foule un temps, alors que nous traversons de longues étendues désertiques. Arica était une ville péruvienne il y a 150 ans. Le Chili a envahi la zone (bien aidé par les Anglais toujours fourrés dans les mauvais coups) alors que du salpêtre venait d'être découvert en grande quantité dans la région... De manière générale c'est tout le nord du Chili qui ne lui appartenait pas, car la partie un peu plus au Sud appartenait à la Bolivie (et ça râle toujours à la Paz pour récupérer un accès à l´océan !)

Toujours est-il qu´aujourd'hui ce sont des drapeaux chiliens qui flottent sur les maisons (en grande quantité d´ailleurs !), et en haut de la colline surplombant la ville (et quel drapeau ! le plus grand que j´aie jamais vu je pense !) (à gauche)

Arica, la porte du Chili

Cette colline est d'ailleurs l´une des grandes victoires du Chili lors de sa guerre du Pacifique : les Péruviens avaient braqué tous les canons sur la côte et le nord.... les Chiliens sont passés par l´est de la colline ! (les Péruviens n'étaient apparemment pas des pros de la stratégie !) Arica offre assez peu aux touristes que nous sommes hormis un front de mer et un port encombré de camions boliviens. La ville est connue pour être celle de l´éternel printemps (il n´a pas plu entre 1903 et 1918 par exemple !) De nuit, c'est toujours sympa une ville éclairée... (oui, je sais, la planète aime moins !).

Arica, la porte du Chili

Si nous nous sommes arrêtés à Arica, c´est parce que nous avons un contact là-bas : le fils d´une copine décédée de la grand-mère du copain de ma soeur (vous suivez ?!). Il s'appelle Eduardo, et c´est un sacré pistolet ! (je hais la personne qui m´a mis cette expression en tête !). Il nous fera rêver : Pinochet ? Bah, "moi j´ai pas eu de problème avec !". Plutôt très ancré à droite, notre Eduardo a l´air dubitatif sur l´arrivée de Noirs en ville, et nous fout carrément la honte lorsqu'il met sa musique à fond dans la voiture, vitre ouverte, pour couvrir le son d´une violoniste de rue. Et pour le chat... non, je ne vous raconte pas.

Et pourtant le bougre est attachant quand il nous ouvre les portes de sa demeure et qu´il nous fait le plus gros barbecue que j´ai vu dans ma vie (500 grammes de boeuf dans l'assiette !). Il nous raconte sa vie ici, ses voyages (ah la Russie en 1995...), ses souvenirs du communisme, ses origines allemandes et indiennes... Il nous emmène à Anzota, à quelques kilomètres du centre-ville pour observer les grottes à flanc d´océan, entourées d´immenses falaises, tandis que des peintures préhistoriques sont difficilement visibles. Au loin les oiseaux migrateurs foncent plein sud (nous aussi !) tandis que des espèces de phoques ou lions de mer se prélassent au soleil. Eduardo s´occupe en ramassant du caca d´oiseaux pour son jardin.

Arica, la porte du Chili
Arica, la porte du Chili
Arica, la porte du Chili
Arica, la porte du Chili

Il est un peu triste que nous ne restions qu´une journée, et il nous le dit à sa manière : "si j´avais su, je n´aurais pas nettoyé la maison !". Un sacré pistolet.

4ème Christ rédempteur en 14 mois... faut arrêter les gars !

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15 octobre 2019 2 15 /10 /octobre /2019 22:04

Après cette légère déception, nous prenons un bus de jour direction Arequipa. Allez, petite carte finale. Ca commence à faire un petit tour sympa (le nord-est du Pérou c´est de l´Amazonie, et quand tu arrives de Guyane... c´est pas tout à fait la priorité !).

Arequipa et le bilan péruvien, entre transexuel et chien chauve

Ce bus était une excellente idée vu les paysages traversés : une sorte de steppe mongole ou bolivienne, avec vigognes et flamants roses se mélangeant aux lamas et alpagas... ça passe vite dans ces moments-là !

Arequipa et le bilan péruvien, entre transexuel et chien chauve

Arequipa est la dernière ville du Pérou, la seconde plus grande en nombre d´habitants. 5 semaines plus tard je vis ainsi mes dernières heures dans un pays qui m´a offert un grand nombre de places centrales de belle facture et une tonne de monuments religieux. Et là encore c'est ce que je retiens en premier de la cité : c'est magnifique à nouveau, surtout avec le volcan Misti et ses 6000 mètres d´altitude dans le fond. Un jour, entré en colère, il a détruit la ville ! (il a l´air pourtant bien calme aujourd'hui !) A quelques kilomètres de là, une chaîne de montagnes à 5800 mètres d´altitude. Le Pérou, c´est un peu la folie des grandeurs !

Arequipa et le bilan péruvien, entre transexuel et chien chauve
Arequipa et le bilan péruvien, entre transexuel et chien chauve

Arequipa est très connue pour son monastère qui héberge encore aujourd'hui des bonnes soeurs. Une ville dans la ville pour un lieu qu'il faut absolument aller voir, vu les couleurs, l´histoire et l´architecture (ça fait très andalou). C´est immense, on prend un jus de fruit et une gourmandise au milieu de la visite pour se poser. La vie de ces braves dames avait l´air un peu compliquée, et ne me fait pas rêver : une heure de discussion autorisée avec sa famille par mois, quand certaines faisaient carrément voeu de silence ! A noter que les bonnes soeurs avaient jusqu'à 4 servantes (car c'était des filles de bonne famille !), ou même.... des esclaves.... (pas très catholique tout ça !)

Arequipa et le bilan péruvien, entre transexuel et chien chauve
Arequipa et le bilan péruvien, entre transexuel et chien chauve
Arequipa et le bilan péruvien, entre transexuel et chien chauve

A quelques kilomètres de là, en dehors de la ville, Sachaca permet de reverdir un peu, au milieu des terrasses, des cactus, des ânes et chevaux. Rien de bien fou, mais ça fait du bien pour 2-3 heures.

Arequipa et le bilan péruvien, entre transexuel et chien chauve
Arequipa et le bilan péruvien, entre transexuel et chien chauve

On termine sur un mirador afin d´observer au mieux l´ensemble.

Arequipa et le bilan péruvien, entre transexuel et chien chauve

Il fait chaud, l´air est sec, mes cheveux n´aiment pas. Je décide d´aller voir mon coiffeur... ou ma coiffeuse...ou mon coiffeur. Hum, le doute m´habite. Oui, pas commun de se faire couper les cheveux par un transexuel péruvien ! L'occasion d'évoquer sa vie dans Arequipa et à Cuzco (ça avait l´air d´aller plutôt bien pour lui, étonnant vu le poids de l'église catholique dans le pays et les manifestations que j´ai vues !).

Justement, c´est le moment du bilan. Le Pérou alors ? Oui. Mais.

Oui car c´est un pays complet au sens où l´on trouve une incroyable diversité de paysages : déserts rocailleux, montagnes enneigées, jungle, océan... il y en a clairement pour tous les goûts et un peu partout.
Oui car c´est clairement pas très cher. Prenez le repas : entrée (souvent de la soupe) + plat à 5 soles, soit 1,5 euro environ. Et des plats gargantuesques, le Péruvien ne lésinant pas sur les doses !
Niveau nourriture justement, la spécialité du Pérou est... le poulet frit. Ne croyez pas les menteurs qui vous vendent du ceviche et du lama, je vous promets que les Péruviens sont fans de poulet : il y en a partout !! Alors oui, le ceviche est très bon quand on aime le poisson (à commander pas trop piquant pour moi !), mais on n'en trouve pas partout non plus (en tout cas pas dans les villages de l´intérieur contrairement à nos poulets !)

Arequipa et le bilan péruvien, entre transexuel et chien chauve

Ensuite il y a quantité de maïs, et de pommes de terre, du quinoa... Je suis personnellement fan de l´avocat, et c´est un pays parfait pour ça ! Beaucoup de fruits (on s´est spécialisé sur la grenade), beaucoup de bons jus notamment dans les rues, et des gâteaux un peu partout en dessert. Dans l´ensemble la nourriture est bonne mais on me l'avait tellement vendue que j´espérais sans doute un nirvana gustatif inatteignable.

Arequipa et le bilan péruvien, entre transexuel et chien chauve

Ah, chose amusante, il y a une race de chien originaire du Pérou... qui n´a pas de poil ! Enfin, 2-3 sur la tête, mais pas plus. Un drôle d´animal, pas très beau à mon goût, mais qui attire mon regard d´Européen !

Arequipa et le bilan péruvien, entre transexuel et chien chauve

Oui, mais, car la pauvreté et le travail des enfants m´ont sauté aux yeux. Je croyais en avoir l´habitude, mais le contraste avec le tourisme de masse à côté rend la chose plus saisissante.
Oui mais, justement car le sud du pays notamment regorge de monde. Beaucoup de monde. Trop ? En tout cas si quelqu'un vient me voir demain, je pense que je lui conseillerai la Bolivie en priorité (il m'a manqué un sud lipez au Pérou !)

Allez, un petit top 3 Pérou (comme d´habitude c´est totalement subjectif) :
3 - Arequipa et son monastère / Paracas et Ballestas
2 - Laguna 69
1 - Le musée des Moches à côté de Trujillo
Je crois bien que c´est la première fois que je mets un musée en tête ! Et non, pas de Machu Picchu... (puisque je vous dis que c´était blindé !!)

Tiens, la frontière chilienne !

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14 octobre 2019 1 14 /10 /octobre /2019 22:49

Il y a des endroits qui déçoivent. Souvent ce sont des lieux dont on attend quelque chose, qui sont connus ou qui nous ont été recommandés... on en attend parfois trop. Je commence à en avoir une petite liste, de Goa à Nairobi en passant par Belém. Souvent des villes donc. La, petit changement dans la déception, car c´est un lac, et pas n´importe lequel, le Titicaca, celui-là même que j´ai adoré l´année dernière. Autre période, autre lieu, autre concept.

Nous quittons Cuzco direction Puno, lieu de passage obligé pour les îles Uros, également appelées îles flottantes. Le concept est fou : des gens ont construit directement sur le lac, à base de roseaux et de tourbe, des dizaines d´îles ! Et oui, je confirme, ça flotte et c´est solide comme le prouvent les maisons installées dessus !

Les îles flottantes, le malaise
Les îles flottantes, le malaise

Nous nous baladons en bateau à travers ces îles (plus d´une centaine aujourd'hui) et jusque là, tout va bien. Le tour devrait d´ailleurs se poursuivre ainsi, ça me semble mieux que ce qui va suivre. 

Les îles flottantes, le malaise
Les îles flottantes, le malaise
Les îles flottantes, le malaise

Car une fois à terre, les choses deviennent vite bizarres. Des habitants chantent des chansons de bienvenue. On nous fait nous asseoir en cercle pendant que l´un d´entre eux nous donne un petit cours sur les lieux. Il nous fait applaudir, nous demande une petite présentation, et j´ai presque l´impression d´être à une réunion des alcooliques anonymes : "je suis Jérémy, et je suis français". Bravo, on applaudit !  Puis notre guide nous répartit entre les habitants. Nous nous retrouvons dans la maison de Micheline et de Michel (oui j´ai un peu oublié les prénoms !). Bizarre, surtout que l´on nous fait asseoir sur le lit familial. Mais là où le malaise s´installe, c´est quand Micheline et Michel nous montrent leur catalogue : ça c´est du tissu que je fais, ça c´est des bijoux.... on comprend vite : on est dans la maison pour acheter la production de ces gens, pas insistants au demeurant.  Euhhh.... on se regarde.... c´est à dire qu´on n'achètera rien. Désolé.
Mélange de consumérisme et de zoos humains (mais n´est-ce pas là l´une des facettes du tourisme ?), la visite sur les  îles nous laisse songeurs. On nous propose de prendre une sorte de drakkar pour un billet supplémentaire, drakkar construit pour les touristes (la plupart des îles en ont désormais, ce n´est pourtant pas du tout un navire originaire de la région).
Les îles flottantes sont presque exclusivement tournées vers les touristes, chaque île recevant tous les 3 jours un ou plusieurs bateaux (et le flux tourne), A la base les habitants étaient surtout des pêcheurs, ce qui expliquait leur mode de vie. Aujourd'hui ce sont des artisans-vendeurs-poseurs sur photo. Clairement, si vous arrivez dans la région, louez vous une petite barque et baladez vous autour des îles. Et privilégiez l´île du Soleil et de la Lune du coté bolivien, les randonnées valent le déplacement.

Les îles flottantes, le malaise

(Attention, je sais bien que l´équilibre tourisme-authenticité est assez compliqué à trouver, disons que le déséquilibre est ici énorme).

Puno est toutefois festive lors de la notre visite, avec un nombre incroyable de processions, à la limite du carnaval ! De la musique et une très belle ambiance !

Les îles flottantes, le malaise
Les îles flottantes, le malaise
Les îles flottantes, le malaise

Direction la dernière étape péruvienne : Arequipa !

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12 octobre 2019 6 12 /10 /octobre /2019 22:34

Allez, une fois n´est pas coutume, je vous mets la photo tout de suite !

Le Salkantay et le Machu Picchu

Oui, c´est magnifique. Mais ce qui compte ici, comme souvent en voyage (et aussi pour la vie), ce n´est pas la destination, c´est le chemin pour y arriver.
Plusieurs possibilités pour voir le lieu le plus connu du continent : une journée, à la va vite, si vous privilégiez d´autres parties du pays. Franchement, pourquoi pas, le Pérou regorgeant de lieux magnifiques et moins empruntés. Une journée Cuzco, une journée Machu Picchu, et vous foncez à Huaraz pour la Cordillère Blanche : les randonnées y sont plus belles. Si vous préférez le classique, la randonnée de l´Inca dure 4 jours (mais il faut réserver des mois à l´avance). De mon côté, avec 5 semaines au Pérou, j´ai du temps à revendre ! Et on m´a dit le plus grand bien de la randonnée du Salkantay : 5 jours, 4 nuits. Allez, je parle argent un peu (ça en fera sourire certain-e-s !) : combien ça coûte ? Pour le Machu Picchu seul, à la journée, il faut compter 100$. Pour nos 5 jours de trek, on a vu de tout dans notre groupe : 180$ pour nous (dont la moitié va directement pour l'entrée du Machu !), 310$ pour 2 Américaines, et 500$ pour un couple australo-norvégien. Oui, sacrée différence ! Surtout que notre tour est presque totalement le même, seul change un hôtel (le dernier) et le moyen de transport pour rentrer : ils partent en train quand on prend le bus. Mais à 400$ le train, je préfère marcher 10 bornes de plus et 6 heures de bus ! (je veux bien que le train soit sympa mais c´est du racket à ce prix là, si vous voulez prendre un train, choisissez la ligne Hazebrouck-Berguettes-Isbergues près de chez moi, c´est pas le Pérou mais c´est un de mes classiques !).

Bon, avant de partir, je suis un peu inquiet, à la fois par l´altitude et par les 4 jours de camping devant nous (c´est pas ma came !). Et là, on arrive au premier camping.... Tente dans une grande tente, matelas au sol, toilettes en dur, cuisine... moi qui imaginais le camping au milieu d´une prairie ! C´est facile tout d´un coup ! Le cuisto Leonardo est au top, les produits sont frais (amenés en voiture...) et il y a du wifi. Bref, n´imaginez pas le désert, y'a du monde (au moins 10 groupes font le même tour que nous). Une autoroute, vaut mieux être sociable ! Bon, je le suis un peu, et nous rencontrons donc deux Américaines, le couple norvégo-australien, et 4 Serbes ! Que des jeunes, avec qui nous nous entendrons très bien. Les Serbes seront d´ailleurs de précieux coéquipiers lors d´un football que l'on aura marqué de notre empreinte ! (je les aurais également pris dans mon équipe de paintball, mais c´est une autre histoire...)
Avec nous, en plus, Carlos (en fait il s´appelle Alex, mais il préfère Carlos, sans doute un fan de Big Bisou), notre guide, qui tomba sous le charme d´une Américaine (ce fut la blague de la rando). Et un autre homme, que l´on surnommera PAPYYY LA SOUPE !!! en charge des chevaux transportant les bagages et donc, d´amener la soupe (c´est notre guide qui hurlait ça à chaque fois !). 

Le Salkantay et le Machu Picchu

Bon, et ce trek du coup !? Le premier jour est génial. On démarre à 2900 mètres d'altitude pour grimper à 3900, en longeant des canaux d´irrigation construit du temps des Incas. Beau chemin, bon rythme. Arrivés au logement, on se pose un peu et on joue à la grenouille, avant d´aller 350 mètres plus haut au lac Humantay, devant la montagne du même nom. Les photos parlent pour elles...

Le Salkantay et le Machu Picchu
Le Salkantay et le Machu Picchu
Le Salkantay et le Machu Picchu

La nuit est bonne et... mais... c´est quoi ce truc qui mouille ?! Oups, autant pour moi, car 3 heures plus tard, à 4630 mètres. c´est devenu de la neige, que le vent envoie dans nos visages ! Il nous reste alors 7 heures de marche (!!!), et on souffre un peu ! Parait que la vue est sympa... bon, nous on y voit à 50 mètres quand ça se dégage !

Le Salkantay et le Machu Picchu

C´est une journée sportive, avec un gros dénivelé (on passe de 3900 à 4600 pour redescendre à 2900) et on est très heureux quand on voit à 100 mètres et que la neige s'arrête ! ici doit apparaître le Salkantay, la très belle montagne que l´on voyait nickel la veille... enfin, ça demande de l´imagination !

Le Salkantay et le Machu Picchu
Le Salkantay et le Machu Picchu

A noter que l´on croise un Asiatique qui fait sa randonnée de 5 jours... en crocs jaunes, avec des sacs plastique pour protéger ses chaussettes (y'a des fadas !).

Le troisième jour on prend... de la pluie ! C´est le jeu ma Pov´ Lucette ! 20 kilomètres de descente, et un changement de programme : la météo rend dangereuse la section du trajet où l'on pouvait observer le Machu Picchu au loin, du coup ça nous passe sous le nez. Soit... On passe notre tour pour les sources d´eau chaude (les témoignages de nos coéquipières mangées par les moustiques nous font penser que c´est un bon choix) et nous redémarrons le lendemain, jour 4, sous le soleil ! Ce n´est pas la plus belle route du trek, mais on l´apprécie plus que la veille ! Et tout en haut, on aperçoit notre destination du lendemain... c´est donc là.

Le Salkantay et le Machu Picchu
Le Salkantay et le Machu Picchu
Le Salkantay et le Machu Picchu

Une nuit en hôtel en bas du site, dans un Disneyland local (Agua Caliente, pas trop le choix c'est de là que l'on part pour le Machu !) Et le lendemain, à 4h20 du matin, drôle d'image que cette armée de zombies équipés de lampes torches se dirigeant vers l'entrée du site. La montée (1700 marches) est sévère (400 mètres de dénivelé positif sans répit). Et à 2430 mètres d´altitude, nous voici au Machu Picchu. Et on est content comme ça d´être arrivés !

Le Salkantay et le Machu Picchu

Très vite la brume s´empare du lieu, donnant un air "mystérieux" au site selon le guide. Hum, on est surtout content de s´être levés tôt pour pouvoir voir le site dans son ensemble car la brume colle aux nuages comme un chewing-gum sur votre chaussure ! 

Le Salkantay et le Machu Picchu

C´était quoi le Machu Picchu ? Une ancienne cité Inca, sans aucun doute un lieu religieux important, ainsi qu'une sorte d´université. C´était peuplé par des gens de bonnes familles, la classe dirigeante Inca, ainsi que par des travailleurs (histoire de nourrir la cité !). Le site est abandonné peu après l´arrivée des Espagnols à Cuzco (plusieurs sources montrent néanmoins que ceux-ci connaissaient cette cité). Le mythe de la cité perdue est construit par un prof américain qui popularise le site au début du XXème siècle (mais des Péruviens y habitaient...). Le lieu vaut pour la nature qui nous entoure, les montagnes, ainsi que pour les terrasses très jolies.

Le Salkantay et le Machu Picchu

Et du monde, du monde, beaucoup de monde... Trop ? 8 000 personnes en moyenne par jour. L´UNESCO et le gouvernement péruvien essaient de trouver des solutions pour protéger le site (on pensait limiter les entrées à 2 500 par jour a une époque). Clairement ça joue sur l´atmosphère du lieu, surtout quand on sort de 4 jours de trek en montagne... Bien sûr il faut savoir partager ces lieux mythiques, et c´était tout sauf une surprise. Mais c´est là où j´insiste : le chemin vaut plus que la destination. Faire le Machu Picchu un jour, c´est prendre le risque d´être déçu (et je pense que c´est possible si vous êtes anti-tourisme de masse). D'ailleurs, en parlant de déception, direction le lac Titicaca...

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10 octobre 2019 4 10 /10 /octobre /2019 11:15

Apres les Moches, les Chimus, les Chavins et les Nazcas, voici finalement les plus connus de tous : les Incas ! Quoique cette appellation soit sujette a caution car l´Inca était en fait le nom de l'"Empereur", qui régnait sur une multitude de peuples, le plus important d'entre-eux étant les Quéchuas (oui, comme la marque de mes chaussures). Arrivé à Cuzco après 14 heures de bus depuis Nazca, je retrouve le lendemain ma soeur Sophie et son copain Maxime qui sont en mode voyage pendant un mois avec moi (comment ça Sophie me poursuit ?!). On se balade le premier jour à travers la ville la plus touristique de la région, que dis-je, du pays, que dis-je du continent sud-américain ! Car si le Pérou est un pays touristique, Cuzco en est son coeur, et sans doute un peu son âme. Des 500 000 habitants, combien vivent du tourisme ? Le centre-ville est édifiant, entre musées, monuments, hôtels et restaurants. Tu vois tous les 100 mètres une agence te proposant le Machu Pícchu (on y reviendra) ou la montagne aux 7 couleurs. "Massage ? 20 soles!" Oui, il y a aussi un gang de masseuses à chaque coin stratégique de la ville.
Celle-ci était la capitale des Incas. Des murs de l´époque sont encore visibles un peu partout, dans les soubassements des constructions espagnoles.... Car ceux-ci avaient l'âme des bâtisseurs (après avoir été destructeurs !), surtout en matière religieuse : c´est facile, il y a des églises et des couvents partout ! Et l´intérieur est souvent du baroque surchargé !

 

Cuzco et la montagne aux sept couleurs
Cuzco et la montagne aux sept couleurs
Cuzco et la montagne aux sept couleurs

Qui dit colline dit point de vue, et plusieurs possibilités s´offrent à nous. Jésus l´emporte, à nouveau : c´est mon troisième Christ rédempteur en un an ! Beaucoup moins grand qu'à Cochabamba ou Rio, mais la vue vaut l´ascension : Cuzco et ses toits rouges, avec la place centrale.

Cuzco et la montagne aux sept couleurs
Cuzco et la montagne aux sept couleurs
Cuzco et la montagne aux sept couleurs

C´est clairement une ville où il fait bon vivre étant touriste. Beaucoup d´excursions dans les environs. La montagne aux sept couleurs est notre première. Pas très cher (moins de 20 euros la journée, repas compris) et parfait pour entrer dans l'altitude péruvienne pour mes deux nouveaux compagnons : on va passer 5 000 mètres !
On m´avait prévenu "tu verras, c´est une autoroute". Non, ils ne parlaient pas de la route pour s'y rendre, plutôt cabossée et bien poussiéreuse (asthmatique s´abstenir). Les décors sont néanmoins spectaculaires à mesure que la végétation disparaît, car ça monte, ça monte !

Cuzco et la montagne aux sept couleurs

Après 4 heures de bus nous voici au début de la randonnée. Le chemin ? Tout droit ! Y'a qu'à suivre la foule ! Et pour la première fois au Pérou je vois un monde fou. Plusieurs milliers ? On n´en est pas loin. L´ensemble ressemble à une fourmilière qui avance à petits pas, alors que l´altitude et le dénivelé font souffrir un grand nombre. Et là, je vous montre à quel point le cadrage d´une photo est important !

Cuzco et la montagne aux sept couleurs
Cuzco et la montagne aux sept couleurs

On fait clairement dire aux photos ce qu´on veut ! Oui, cette montagne est magnifique, à travers la foule ! En vérité la montée reste sympa si on se concentre sur sa gauche (une vallée avec de l´eau) ou sur sa droite (une montagne qui alterne les couleurs, le rouge étant majoritaire).

Cuzco et la montagne aux sept couleurs
Cuzco et la montagne aux sept couleurs

Et les alentours de la montagne aux sept couleurs ne sont pas mal non plus...

Cuzco et la montagne aux sept couleurs
Cuzco et la montagne aux sept couleurs

Mais que de monde ! Pourtant, en 2005, il n´y avait personne ! C´est en 2006 qu´un groupe d´alpinistes a vu au loin cette montagne colorée, toute neuve. Elle est apparue grâce à la fonte de la neige (qui a dit que le réchauffement climatique était mauvais ?! (sic !)) Le tourisme s´est très vite développé (Cuzco étant déjà blindé de monde) et... ça a évité à la zone d´être emportée par les industriels ! Car le gouvernement péruvien avait donné les parcelles du coin à des entreprises exploitant les minerais... Le secteur touristique de Cuzco a protesté, et c´est apparemment un très gros lobby ! Résultat : des touristes, et pas d´extraction !

25 minutes de marche supplémentaires et... le monde disparaît. Nous sommes une trentaine, et voici le spectacle.

Cuzco et la montagne aux sept couleurs
Cuzco et la montagne aux sept couleurs

L´atmosphère paisible rend cette vue peut-être encore plus belle que la montagne aux sept couleurs. Ce rouge, ces montagnes, n´hésitez pas à faire l´effort supplémentaire !
Tiens, c´est quoi ce truc dont tout le monde parle, le Macchu Picchu ?

Cuzco et la montagne aux sept couleurs
Cuzco et la montagne aux sept couleurs
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8 octobre 2019 2 08 /10 /octobre /2019 17:24

Je continue ma descente vers le Sud avec la dernière grande civilisation pré-Inca, la plus connue... Nazca. Entre - 200 et + 600, dans une petite région semi-désertique, des spécialistes de l´irrigation arrivent à survivre dans une zone clairement pas facile, et pour cause : il ne pleut presque jamais ! Céramique, textile, chasse au phoque et, bien sûr les géoglyphes... également appelées lignes ! (et on va utiliser le terme de ligne !)
Deux possibilités pour les voir : une plate-forme sur la route panaméricaine ou l´avion. 80 dollars. Bon, allez, on sera là une fois seulement !

Les lignes de Nazca

Premier conseil : ne surtout pas manger avant ! Du coup, vaut mieux avoir les avions du matin ! Ca secoue sacrément et j´étais parfois en difficulté au niveau de l´estomac ! Je suis seul à l´arrière, ce qui est plutôt cool car je peux à la fois observer sur ma gauche et ma droite. Le pilote-guide nous montre d´abord la figure du cachalot..... Hum.... je ne la vois pas ! Impossible, y'a un cachalot là ? Où ? Après deux minutes, je suis bredouille et je me demande si je ne vais pas galérer pendant les 30 prochaines minutes ! C´est vraiment visible leur truc là ? (français grognon !)
Oui, c´est visible, la preuve ! (sur la petite colline !)

Les lignes de Nazca

A partir de l´astronaute je parviens à très bien les distinguer : un chien, un singe, un colibri, un héron, une araignée, un condor...

Les lignes de Nazca
Les lignes de Nazca
Les lignes de Nazca
Les lignes de Nazca
Les lignes de Nazca

Mais qu´est-ce que c´est que ces lignes ?? Pourquoi ?? Quasiment 2 000 ans que certaines sont là, seulement visibles du ciel, à une époque où il n´y avait pas d´avion.... Fou ! 

Deux théories principales concernant leurs constructions : des pierres et des cordes posées sur le sol pour ensuite tracer des lignes parfaites ; ou le carroyage (comme en archéologie), avec des petites cartes quadrillées puis reproduites à l´identique.

Mais à quoi bon ? La religion est-elle encore la réponse ? Ces lignes étaient-elles des appels aux Dieux de la météo ? Ou ce serait un calendrier astronomique, les dessins pointant des étoiles ? C´est en tout cas les théories les plus reprises, quoique certains y voient la preuve de l´existence des extra-terrestres ! Je suis plus dubitatif sur la dernière idée !

Pensez que des chercheurs japonais continuent de travailler sur ces lieux, et qu´ils retrouvent régulièrement des nouvelles figures sous la poussière : 3 humains en 2011 et 2013, plus de 40 animaux (lamas) en 2014 et 2015, et un animal légendaire de 30 mètres de long en 2016 ! 50 ont été découvertes en 2018 grâce à des drones. Bref, ça n´a pas fini de nous surprendre !
(Sinon la ville de Nazca n´offre pas grand chose, hormis des tours en avion ! Une journée est bien suffisante !) Allez, il paraît que Cuzco est sympa...

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6 octobre 2019 7 06 /10 /octobre /2019 17:56

Quand je dis Cuzco, les gens voient à peu près de quoi je parle. Moi-même, sans y avoir encore mis les pieds, j´ai l´image en tête. Par contre, Paracas, jamais entendu parlé. J´ai deux jours à tuer (excellent film), et je regarde une carte du Pérou, j´observe cette zone entre Lima et Nazca et je me décide. Pas mon plus mauvais choix !
En soi, Paracas n'offre rien de plus qu´une station balnéaire. Pas de centre ville, juste un front de mer rempli de restaurants, avec des serveurs au taquet pour que tu viennes chez eux. Je me fais arnaquer pour la première fois par un Péruvien qui me facture un petit-déj à 8 euros (un sacré chiffre ici !), j´étais chafouin. 

Paracas et les iles Ballestas : manchots et lions de mer

Les îles Ballestas se visitent en bateau. Deux heures en mer (eh mais je navigue sur le Pacifique !) vers un archipel très connu au XIXeme siecle pour l´exploitation du guano (du caca d´oiseaux en fait) qui servait d´engrais en Europe : ils en creusaient jusqu´à 30 mètres !! Tellement qu´il y en avait presque plus, et aujourd'hui l´exploitation est autorisée.... tous les sept ans !
Qui dit caca d´oiseaux dit oiseaux (logique implacable !). Et pas qu´un peu : les îles sont recouvertes de cormorans, sternes, fous et pélicans. A tel point qu´on ne peut parfois plus distinguer la terre ferme tellement il y a d´oiseaux (je n´en ai jamais vu autant au même endroit). 

Paracas et les iles Ballestas : manchots et lions de mer
Paracas et les iles Ballestas : manchots et lions de mer

Bon j´aime bien les oiseaux, mais j´avoue que les manchots m´ont fait une toute autre impression ! Pour moi c´était un pingouin (mon premier depuis Pingu! ) mais en fait on dit manchot dans l´hémisphère sud, et un manchot ne vole pas, contrairement au petit pingouin ! (voilà pour votre culture et la mienne en passant !) Le manchot de Humboldt donc, espèce menacée (il en reste 8 000), très court sur pattes (65 cm environ), s´est rapidement montré, de loin. Ca a l´air mignon comme tout.

Paracas et les iles Ballestas : manchots et lions de mer
Paracas et les iles Ballestas : manchots et lions de mer
Paracas et les iles Ballestas : manchots et lions de mer

Ceux qu´on a vus de plus près encore, ce sont les lions de mer ! Ils sont également appelés otaries à crinière. Et contrairement aux phoques ils se servent de leur postérieur pour se déplacer sur la terre ferme ! (on va devenir des spécialistes si ça continue !) Ils sont sacrément nombreux ! Le matin, il a tendance a se prélasser au soleil après une nuit de chasse (enfin, de pêche du coup). A noter que le mâle a un harem, et qu´il le défend avec hargne, au point que pendant la période de chaleur des femelles il se retient de manger pendant 2 mois pour les surveiller ! Sacré animal !

Paracas et les iles Ballestas : manchots et lions de mer
Paracas et les iles Ballestas : manchots et lions de mer
Paracas et les iles Ballestas : manchots et lions de mer
Paracas et les iles Ballestas : manchots et lions de mer

Bref, c´est un lieu magnifique, à ne pas manquer !

Paracas et les iles Ballestas : manchots et lions de mer
Paracas et les iles Ballestas : manchots et lions de mer
Paracas et les iles Ballestas : manchots et lions de mer

Paracas offre aussi une réserve nationale. J´ai fait le choix du vélo, je pense que c´est le bon, même si je vous affirme que c´est tout sauf plat et goudronné ! (et c´est terriblement frustrant de pédaler en montée, et de voir sa roue arrière déraper sans avancer !) Le civilisation Paracas est une nouvelle civilisation pré-Inca connue pour ses tissages mais surtout ses crânes déformés : on bandait le crâne des nourrissons jusqu'à l'enfance pour améliorer l´esthétique du crâne ! Le résultat est assez fou, avec des crânes allongés sur l´arrière, l´objectif étant aussi de reconnaître la tribu dont vous étiez originaire (la pratique a existé sur d´autres continents, dont l´Europe au Vème siècle). Le musée explique bien tout ça.

Paracas et les iles Ballestas : manchots et lions de mer

Le réserve vaut surtout le coup pour ses paysages. Je traverse le désert, et je comprends le nom de cette ville qui signifie "pluie de sable". Le vent est régulier, et jamais de pluie (moins de 2 mm par an !!)

Paracas et les iles Ballestas : manchots et lions de mer

J´enchaîne de nombreuses plages, évitant les gros bus remplis de touristes et croisant quelquefois d´autres cyclistes (quasiment que des Français !)

Paracas et les iles Ballestas : manchots et lions de mer
Paracas et les iles Ballestas : manchots et lions de mer
Paracas et les iles Ballestas : manchots et lions de mer

Le clou du spectacle étant la "cathédrale", l´arche d´Etretat locale.... enfin, après un tremblement de terre ! Car il y avait bien une arche ici jusqu'en 2007, et 7,9 sur l´échelle de Richter ont fait tomber le monument. Le lieu reste très sympa.

Paracas et les iles Ballestas : manchots et lions de mer

Le retour est une longue descente goudronnée... bonheur !
Enfin je termine avec la spécialité nationale : le ceviche ! Le Pérou est le deuxième pays qui pêche le plus au monde (derrière la Chine), notamment des anchois. Etant sur le littoral, je me devais de goûter ! Je confirme, c´est bon, et ça peut être très épicé ! (bon, j'ai oublié de le prendre en photo ! ça viendra !)

Allez, Nazca m´attends !

Paracas et les iles Ballestas : manchots et lions de mer
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2 octobre 2019 3 02 /10 /octobre /2019 23:07

Israel, Eilat, station balnéaire de la Mer Rouge. 43 degrés, le sable est brûlant. Sur celui-ci un papier est emporté par le vent, direction la mer. Quelques minutes plus tard, un deuxième. Puis un verre en plastique. Et un sac plastique... Ca m´énerve. La Mer Rouge est peut-être le lieu le plus reconnu au monde pour la vie aquatique, ses poissons, la couleur de ses coraux... Les touristes israéliens sont d´ailleurs là pour ça, avec leur masque et leur tuba. Alors, ne les voient-ils pas ces papiers et plastiques qui s´envolent de leur serviette ? Ou s´en contrefichent-ils ? Pour cette dame au restaurant, au bord de la mer, je n´ai pas de doute, elle lance volontairement sa paille puis son verre en plastique dans l´eau. J´hallucine.
Je pense que vous aussi. Nous sommes aujourd'hui presque tous scandalisés quand un type ouvre la fenêtre de sa voiture devant nous et lance son paquet de clopes vide ou son Mc Drive dans la nature. Problème d´éducation, mauvaise foi assumée, ou simplement un enfoiré qui emmerde la nature (en plus d´emmerder le monde !)

Alors, sur cette plage d´Eilat, je me suis levé. Une fois. Deux fois. Trois fois. Et j´ai ramassé les déchets, comme je l´avais fait un jour sur une plage de la Côte d´Opale lors d´une opération de nettoyage, ou il y a bien longtemps, à l´école primaire, avec toute ma classe dans les rues de Tilques pour prendre conscience de ce qu´on laisse à la nature, à nos enfants (si, si, je suis concerné !)

 

Il ne faut pas se mentir, Europe Ecologie Les Verts (EELV) est un parti politique. Et beaucoup ne croient plus aux politiques (je comprends pourquoi !) Néanmoins, je reste persuadé que c´est l´un des moyens d´action. On peut aider la planète à notre échelle, avec les choix que l´on fait. Je partage sur Facebook le scandale brésilien des feux en Amazonie, ou du plastique dans l´océan. Je mange moins de viande, je n´en cuisine plus depuis quelques années, je fais du covoiturage ou j´utilise le vélo (ou la trottinette !), je n'achète plus de vêtements neufs et de manière générale je consomme moins, ou mieux. Mais je suis toujours comme un con quand mes élus choisissent de mettre en place un incinérateur de déchets à côté de chez moi ou échouent à installer une piste cyclable à chaque rénovation de route...  Je peste dans mon coin. Et ? Ca dérange qui, à part moi ? La politique doit permettre d´agir à une plus grande échelle que ma petite personne, d'avoir un impact plus important.

 

C´est clairement le challenge de ma génération. D'autres avant nous devaient lutter pour l´idée de démocratie, de République, pour la fin de l´esclavage ou le droit de vote des femmes. J'ai longtemps pensé que nous n´avions pas un tel combat à mener, et que c'était dommage. J´ai aujourd'hui ouvert les yeux, notre combat c´est de sauver la planète, rien que ça ! Alors ça passe par l´engagement, individuel et collectif. Et on va y arriver, nous n´avons pas d´autres choix.
Quand je dis nous, c´est aussi que je vois une dynamique. En France, dans le monde. Un souffle, que dis-je, une tempête, celle de la jeunesse qui fait la grève, qui marche, qui se mobilise. Prêchez seul peut-être décourageant, sentir la foule autour facilite l'engagement.

Mais ce n´est pas seulement l'engagement de l´écologie, de l'environnement, ou de la planète. C´est aussi s´obliger à affronter d´autres sujets, d´autres problèmes. Prenez l'extrême pauvreté, les SDF dans les rues de France et de Navarre. Enfant, la première fois, c'est une vision choquante. Etudiant, c'est révoltant, alors on donne une pièce ou quelques mots. Adulte, alors qu'on n'a jamais été aussi riche, on détourne le regard. Oh, on voit hein, on voit très bien même, et ça fait toujours énormément de peine. Pourtant on ne donne plus "à quoi ça sert finalement ?" S´engager en politique c´est aussi éviter la résignation sur ces sujets.
Je ne dis pas que nous allons tout régler, et que je vais mettre fin à la misère dans le monde (je ne suis plus naïf... ou serait-ce utopiste ?). Mais essayer, à mon échelle, au sein d'un groupe, me permettra de dire à mes futurs enfants : "je ne suis pas resté immobile. J'en avais pris conscience."
 

Mon histoire avec EELV ne date pas d´il y a quelques jours, j'avais déjà participé, en tant que simple militant, à une campagne des régionales de 2015 ou à des opérations anti-pub et éteignez les lumières à Bordeaux en 2014. L´ambiance m'a toujours plu, c´est un peu le "bordel" dans les réunions, ça part dans tous les sens, c´´est clairement pas "professionnel" et c´est d´ailleurs ça qui en fait le charme. J'y ai rencontré des gens qui me ressemblent, simples, motivés pour faire changer les choses. Et un peu déprimés par la politique et l´orientation générale des gouvernements (de gauche ou de droite d'ailleurs). Alors c'est avec cette fine équipe (au sens premier du terme, mais ça grossit !) que je me suis inscrit dans l'Audomarois. Allez, on lance des opérations, on va voir les gens, on discute, on communique, on crée une page Facebook, et c´est parti. Où ? On ne sait pas encore. C´est juste une autre aventure.

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Pourquoi je rejoins Europe Ecologie ?
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1 octobre 2019 2 01 /10 /octobre /2019 22:01

Huaraz est le centre logistique de la région. J´y croise chaque jour des nouvelles têtes occidentales, qui disparaissent le lendemain. Les touristes arrivent, organisent leur trek, et partent aussitôt. Dommage, car elle est entourée par de jolies montagnes au loin, mais sa mise en valeur s´est faite sur les aller-retours : c´est une ville de passage. Et de magasins pour grimper l´Everest ! (un peu loin je vous l´accorde) Au milieu de tout ça, des hôtels et des chauffeurs de taxi qui klaxonnent constamment, espérant attirer le chaland. Un beau brouhaha. Avant 1970 ça devait en être autrement, mais un très gros séisme a fait d´énormes dégâts (70 000 morts dans tout le pays)
Bon, je vous décris un peu plus que d´habitude cette ville, c´est que j´y passe près d´une semaine ! Pas de trek, je me réserve pour la suite (la laguna 69 m´a un peu vacciné de l'altitude en mode foufou), et je préfère opter pour les sorties d´une journée, et ainsi gagner en variété.

Chavin de Huantar et le lac de Paron

Première étape, direction Chavin de Huantar, classé patrimoine mondial de l´UNESCO (souvent un gage de sérieux). 110 kilomètres à travers les paysages sombres de la Cordillera Negra. Je suis accompagné toute la journée par une brésiliano-péruvienne un poil vulgaire : elle a un T-Shirt transparent (et c´est son droit), avec un sous-tif rouge-rouge mettant en valeur une poitrine à forte valeur ajoutée (soit, c´est également son droit), d´où on peut apercevoir à intervalles irréguliers des moitiés de tétons. Ca me perturbe un peu, surtout qu´elle me parle régulièrement. "Regarde sa tête, regarde sa tête, regarde sa tête" Je me répète cette injonction en boucle, sans trop de succès.
Sur la route nous croisons le lac de Querococha Woh. 

Chavin de Huantar et le lac de Paron
Chavin de Huantar et le lac de Paron

Chavin de Huantar est l´un des lieux archéologiques les plus connus du Pérou (on le retrouve sur les billets de 50 soles). La culture Chavin date de - 1200 à - 300 environ.... oui, encore des ancêtres des Incas ! (j´ai presque fini mon tour des plus connus !) On considère qu´elle a influencé une bonne partie du Pérou actuel à l´époque (on commence 2 000 ans avant les Incas !). Sur place on retrouve des formes pyramidales, recouvertes de végétation, un système d´irrigation très perfectionné, et des labyrinthes sous les temples principaux. Je continue ainsi mes préliminaires du Machu Pichu (si vous le faites dans l´autre sens vous risquez d´être déçu).

Chavin de Huantar et le lac de Paron
Chavin de Huantar et le lac de Paron

Le lendemain c´est la Laguna de Paron. Enfin, c´est ce qui est prévu. Je me tiens prêt à 8 heures, comme convenu. 8h10. 8h20. Des vendeurs de tour me demandent ce que je fais encore là. 8h30. 8h40. Branle-bas chez les vendeurs ! (très sympas au passage !) Ils appellent mon agence, qui ne répond pas, ils envoient quelqu'un courir là-bas. Je comprends bien que je suis dans la mierda ! Une dame finit par arriver à 8h50. Elle m'emmène. Où ? Mystère ! Elle n´est pas très causante, me fait sauter dans un bus collectif et passe son temps au téléphone. Je comprends avec mon espagnol balbutiant qu´elle négocie avec des tours pour qu´ils arrêtent leur bus pour moi. S´en suit une heure de tension pour elle, tandis qu´on avance au rythme des bouchons. Mierda ! On descend dans une petite ville, elle se met à courir.... je cours ! (allez voir le sketch de Raymond Devos sur ce sujet si vous ne connaissez pas !) Et voici que je rentre dans un "vrai" bus pour le lac Paron, sous les regards inquisiteurs des autres passagers qui n´attendaient que moi pour repartir depuis 30 minutes... je vous jure que j´étais là à l´heure !
3 heures supplémentaires sur des routes de montagne non-goudronnées (c´est bien de voyager jeune) et nous arrivons à 4 100 mètres d´altitude, surplombant le canyon que nous avons longé.

Chavin de Huantar et le lac de Paron

Le clou du spectacle étant ce lac Paron, le plus grand de la région...

Chavin de Huantar et le lac de Paron
Chavin de Huantar et le lac de Paron

Cette nuance de bleu que l´on retrouve dans l´eau des montagnes est incroyable. Et pour le ch´ti que je suis, c´est toujours fascinant d´etre entouré par des sommets.

Chavin de Huantar et le lac de Paron
Chavin de Huantar et le lac de Paron

Que dire de plus ? Oui, il faut aller voir cette région du Pérou. Elle est magnifique, elle se fait plutôt bien (attention néanmoins à l´altitude) et pensez bien que je n´ai pas fait grand chose (il y a au moins deux treks qui sont très connus et qui valent le coup) ! Bref, va falloir que je revienne !

Chavin de Huantar et le lac de Paron
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30 septembre 2019 1 30 /09 /septembre /2019 00:57

Après une nouvelle nuit dans un bus (pas évident de dire à quoi ressemble le Pérou entre les lieux où je m´arrête !), me voici à Huaraz ! Allez, une petite carte, histoire de ne pas vous perdre en route.

La cordillère blanche : La Laguna 69

La zone m´a été conseillée par tous ceux qui ont mis les pieds ici ! Et en effet, je ne vais pas regretter mon choix ! Ce que je regrette assez vite par contre, c´est mon oubli des chaussures de randonnée : j´en loue du coup mais j´ai des ampoules après un jour de marche... Embêtant, alors que je souhaite partir pour un trek d´une semaine !
Pour commencer je choisis la Laguna 69. Jamais entendu parlé, mais les images ont l´air impressionnantes. Le départ se fait à 4h30 du matin... dur ! 3 heures de route pour arriver à la Laguna de Llanganuco, à travers les montagnes. C´est ce que je viens chercher dans ce voyage : de la montagne, et de la vue ! Et bein j´suis pas déçu !

La cordillère blanche : La Laguna 69
La cordillère blanche : La Laguna 69

Woh. D´accord, ça c´est la mise en bouche du coup ? Car j´ai l´impression de manger le dessert !! Nous ne restons que 10 minutes, ça suffit pour me dire que je suis bien éveillé. Et ensuite c´est le début de la randonnée vers la Laguna 69. Deux Québécois m'accompagnent un temps pour 3 heures de marche exceptionnelle.

La cordillère blanche : La Laguna 69
La cordillère blanche : La Laguna 69

Ca monte, c´est beau, et je croise même quelque chose qui ressemble à une biche !

La cordillère blanche : La Laguna 69

J´ai assez vite lâché le bus pour faire route en tête, ce qui me permet ce genre de moment (ça a parfois du bon d´avoir des grandes jambes !), Un lac supplémentaire est posé au milieu du trajet.

La cordillère blanche : La Laguna 69

Et enfin, à 4 550 mètres d´altitude, entouré par des pics a plus de 6000 mètres, la Laguna 69

La cordillère blanche : La Laguna 69

Les images parlent pour elles. Impressionnant, merveilleux. Le parc national du Huascaran doit être un indispensable si vous voyagez au Pérou, vraiment (si vous n´êtes pas convaincus par les photos je ne peux rien faire pour vous !).
Là où le récit prend son sens, c´est pour vous évoquer ma descente. Rapide. Peut-être trop, je ne sais pas. Toujours est-il qu´en bas je souffre énormément à ma petite tête. Je pense tout de suite au mal d´altitude. Embêtant, surtout pour la suite. J´en peux tellement plus que je vais quémander quelques feuilles de coca à des Péruviens postés là. La boulette sur ma gencive m´aide, un peu. Le bus est un calvaire. Je veux manger en rentrant, mais impossible. Pas bien, vraiment. Problème : je pars le lendemain très tôt pour mes 8 jours de trek ! Avec des chaussures de merde et un mal d´altitude, j´en sue à grosses gouttes ! Je vais à l´agence, qui m´annonce une mauvaise nouvelle : le trek est.... annulé, faute de participants ! Mince... J´ai le sourire et ce fut un bon coup de chance a posteriori. Au-delà de l´altitude, je pense surtout avoir été victime de l'insolation (après deux ans de Guyane et dix jours dans le désert israélien j´ai pris deux coups de soleil... sur les mains ! Dingue !). C´est qu´à 4 000 mètres et au-dessus, avec la fatigue en prime, ça ne pardonne pas de se balader sans chapeau ! Leçon retenue ! J´ai aussi abandonné mes chaussures de location pour reprendre mes petites baskets, simples mais efficaces. Allez, je vous réserve deux-trois merveilles supplémentaires ces prochains jours !

La cordillère blanche : La Laguna 69
La cordillère blanche : La Laguna 69
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