27 janvier 2012 5 27 /01 /janvier /2012 15:59

Pour atteindre Angkor il faut faire quelques sacrifices. Financiers tout d’abord. Les droits d’entrée ont été rachetés par Sokimex (le même qui a acheté la montagne de Bokor ou une plage de Sihanoukville) et sont passés à 20$ la journée. Deux jours : 40$. Trois jours : 40$. Oui, à ce prix-là, mieux vaut y passer trois jours ! Parce qu’un jour est insuffisant et qu’une semaine de temples (60$) ça risque de ne passionner que les plus férus d’architecture Khmer.

 

3 jours de temples et non pas un. Il faut dire qu’avec 287 temples dans la région d’Angkor (sic !), il y a de quoi faire. Vous pouvez faire les trois plus connus en une journée (à condition de s’activer un peu) mais pour apprécier les charmes des lieux rien de tel que trois journées !

 

Comment faire Angkor ? Le premier jour, commencer par les plus petits temples. Souvent à l’extérieur des circuits. Plus calmes, moins touristiques, moins impressionnants aussi mais comme c’est les premiers on reste ébahi. Les faire en dernier risquerait de les faire passer pour ridicules. Enchaîner les deux jours suivants avec le petit et le grand circuit.

 

Avec quel moyen de locomotion ? Le vélo est une possibilité et une économie, mais c’est un réel sport. Le soleil cogne sévère et les visites sont tout sauf reposantes. Si on fait un temple ou deux par jour ça passe, plus et ça devient compliqué, surtout qu’il y a quelques kilomètres entre les temples…et dans chaque temple !

L’idéal c’est le tuk-tuk (prononcé touk-touk). Une moto qui trimballe une carriole. Ce sont les taxis du Cambodge et ils vous emmènent un peu partout. A Angkor il se négocie à la journée, entre 10 et 13$ pour nous, selon le circuit (peut-être est-il possible de descendre à 8$ mais ce n’est pas une certitude). Souvent le chauffeur est sympa, souriant et il nous attend à la sortie de chaque temple. Il est bien payé niveau kilomètres effectués mais qu’est-ce qu’il peut attendre ! (ennuyant à mon humble avis)

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Angkor c’est donc des dizaines et des dizaines de temples construits à l’apogée du royaume Khmer, entre le 9ème et le 14ème siècle. Angkor était la capitale d’un territoire qui débordait jusqu’en Thaïlande, au Vietnam ou dans le sud de la Chine. La famille royale, ses servants, des habitants, des moines… beaucoup de monde a habité Angkor, qui aurait été selon certains marchands la ville la plus peuplée d’Asie du Sud-Est à cette période. Les guerres de succession et/ou avec les voisins auront eu raison du grand royaume Khmer. Redécouvert et bichonné par les explorateurs et scientifiques français (Malraux y a d’ailleurs été arrêté en possession de sculptures volées), Angkor est maintenant le lieu touristique de la région. Plus d’un million de visiteurs par an et une croissance annuelle à deux chiffres. C’est cependant un incontournable.

 

Mon top 3 des temples

1 - Angkor Wat. Parce que c’est le plus connu, c’est la base, c’est les meilleures sculptures, c’est une vue splendide avec les bassins. Parce que Angkor Wat, tout simplement

P1170983.JPG2 – Ta Phrom. Un temple reconquis par la végétation. Les arbres surplombent les murs, la jungle a repris ses droits. Des scènes d’Indiana Jones ou de Tomb Raider. Le plus charmant sans doute.

P1180041.JPG3 – Angkor Thom. Le plus grand. Plusieurs kilomètres carrés. La terrasse des éléphants ou encore le Bayon, avec ses têtes mystérieuses qui vous observent. Possible d’y passer une journée !

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Le bilan c’est un must. Cela doit figurer sur une Bucket List. C’est aussi une épreuve physique. Après 3 jours en plein cagnard on en ressort rincé. Des milliers de marches, de labyrinthes, de tunnels, de pièces, de temples. Encore ? (ahah, bon je m'excuse pour ce mauvais jeu de mot mais il est tard !)

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25 janvier 2012 3 25 /01 /janvier /2012 12:37

Je n’attends pas grand chose de Phnom Penh, comme des grandes villes en général. J’ai le sentiment d’avoir vu le côté historique avec les champs de la mort et notre journée de visite semble light. Cependant le surnom de la cité était dans les années 1920 « la perle de l’Asie ». Allons voir ce qui s’y cache.

 

Phnom Penh (P.P.) est la capitale du Cambodge depuis la colonisation française. Elle profite de sa localisation au confluent du Tonlé Sap et du Mékong. P.P. est donc une ville sur l’eau et les berges sont animées en soirée.

 

La première impression c’est la chaleur. Une bonne trentaine de degrés à l’ombre (l’été, lors de la saison des pluies, cela peut monter à 47°C !), nous visitons donc la moitié de la ville, côté ombre !

P1070797Après avoir jeté un œil du côté du monument de l’indépendance et de l’amitié Cambodge-Vietnam, nous nous dirigeons vers le palais royal.

Deux informations : le palais n’ouvre qu’à partir de 14h30 et il faut arborer une tenue décente, en sachant que le débardeur ou le marcel sont considérés comme indécents (il faudra acheter un T-Shirt en coton blanc pour 2$, à la grande joie de ma partenaire !).

L’ensemble des bâtiments impressionne et les jardins permettent de respirer. Une bonne partie du palais royal est cependant inaccessible, il faut laisser dormir le roi !

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La Cambodge est donc une monarchie, constitutionnelle élective. Qu’est-ce qu’une monarchie élective ? Une monarchie où le roi est élu ! C’est le cas du Cambodge, des Samoa, de l’Arabie Saoudite, de la Malaisie et… du Vatican ! En effet, le pape est élu à vie par le Sacré Collège. Au Cambodge c’est le conseil du trône, composé des familles Norodom, Sisowat et Ang Duong.

 

L’actuel roi du Cambodge est Norodom Sihamoni, chose peu connue, qui a vécu une bonne partie de sa jeunesse en France. Son grand-père est Corse (partout ces Corses !). Il fait partie de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, il est également Grand Croix de la Légion d’honneur.

 

monnaie cambodge norodom sihanouk pr milevIl succède à son père Norodom Sihanouk, qui a régné à partir de... 1941 ! Renversé par un coup d'état en 1970, il revient avec les Khmers rouges où il est un chef de l'Etat symbolique. Il fuit à nouveau le pays en 1979 et revient en 1991. Il abdique en 2004. Il est maintenant le "roi-père". Il passe le plus clair de son temps à se faire soigner du côté de Pékin ou Pyongyang (les relations entre le Cambodge et la Corée du Nord sont prospères). Je passe ses 7 femmes. Il figure sur les billets cambodgiens (ici 10 000 riels, 4€).

 

Dans les faits, le pouvoir réel est entre les mains du premier ministre, Hun Sen, qui fut élu pour la première fois en... 1985. L'expression "dictature musclée" revient plusieurs fois dans mes lectures.

 

L'autre endroit indispensable lors de votre visite à P.P., c'est le Wat Pnomh. C'est une pagode bouddhiste qui surplombe la ville, renfermant de nombreuses statues de Bouddha. Le lieu est agréable pour une petite balade.

 

Pnomh Penh fut donc une ville agréable. 3 jours, 3 expériences différentes. Entre la communauté Couchsurfing, les champs de la mort ou la visite du palais royal, difficile de s'ennuyer. Il y a d'autres activités possibles, comme le tir au AK-47 (Kalachnikov) ou au Bazooka, mais quand on connaît l'histoire du pays on ne peut s'empêcher de trouver ceci dérangeant.

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24 janvier 2012 2 24 /01 /janvier /2012 05:59

Le Times est un magazine que j'apprécie à chaque fin d'année, le temps d'un numéro bilan sur les douze derniers mois. Au-delà de la personnalité de l'année (les manifestants pour 2011), il y a également les 12 photos de 2011. J'en ai sélectionné 4, laissant au passage la photo du mariage royal britannique.

 

Sa dernière photo, celle de l'assassin

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Reynaldo Dagsa est un homme politique des Philippines. C'est le réveillon 2010-2011, il compte sortir avec ses proches. Il prend une photo avant de monter dans son véhicule. Au meme moment, Michael Gonzales l'abat. Sa dernière photo sera donc sa famille, et, le meurtrier. Son visage figure très vite dans l'ensemble des journaux du pays, il est reconnu et arrêté.

Les assassinats politiques sont très nombreux aux Philippines : Amnesty International en comptait 244 rien que pour l'année 2006, 724 selon le groupe local Karapatan.

 

La mort de Ben Laden

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 Si je devais désigner la personnalité des années 2000, ce serait sans aucun doute Oussama Ben Laden. Il a révolutionné le monde un jour de septembre 2001. Depuis, la lutte contre le terrorisme fait figure de priorité dans l'ensemble des états. Sans lui l'Afghanistan serait peut-être encore gouverné par les Talibans sans que les gouvernements occidentaux ne s'en alarment. Saddam serait peut-être encore à Bagdad et Bush n'aurait fait qu'un mandat. Peut-être même que Jospin serait notre président. Et je pourrais toujours prendre l'avion avec une bouteille d'eau.

Son décès, annoncé le 1er mai, serait vécu en direct par le gouvernement américain. Obama l'air grave, Hillary Clinton l'air inquiet, l'ensemble du personnel attentif. Ce qui se joue ici est une victoire contre le terrorisme et sa figure représentative. Une bataille gagnée. Mais pas la guerre.

 

 La mort d'un tyran, symbole des révolutions arabes

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Difficile d'appeler ceci une photo. Le Times en a d'ailleurs choisi une autre. Mais je considère que cette capture d'image d'Al-Jazeera en dit un peu plus. La mort de Kadhafi c'est la victoire finale de la révolution libyenne sur celui qui aura été au pouvoir pendant 42 ans. C'est aussi un peu la victoire d'une coalition étrangère s'impliquant enfin dans les révolutions arabes, après avoir tenté plus ou moins de protéger le status quo (ah Alliot-Marie proposant le "savoir-faire français" à la police tunisienne...). Cette photo c'est aussi un hommage à Al-Jazeera qui a suivi souvent en direct les manifestations égyptiennes ou libyennes.

Malheureusement, le plus difficile ce n'est pas la révolution, mais l'après-révolution...

 

Faites l'amour, pas la guerre.

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Des émeutes ont lieu en plein Vancouver le 14 juin, après la défaite de l'équipe locale en finale de la Stanley Cup (hockey) contre Boston (4-0). Au milieu des manifestants Richard Lam, photographe, capture l'image d'un couple s'embrassant au milieu de la rue. Un remake de "faites l'amour, pas la guerre" ? Pas tout à fait. La fille au sol, Alex Thomas, Canadienne, a été heurtée par la police anti-émeute. Son copain, l'Australien Scott Jones, tente de la réconforter.

150 personnes sont hospitalisées pour ce qui fut les pires émeutes de la ville. Vive le sport comme ils disent.

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20 janvier 2012 5 20 /01 /janvier /2012 12:08

L’endroit paraît un peu banal. Si les panneaux n’existaient pas, on pourrait se croire sur un terrain vague, cabossé, accidenté. L’herbe a repoussé, l’eau stagne dans les creux. Oui, cet endroit pourrait être un endroit comme un autre.

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Au milieu se dresse un stupa du souvenir de 17 étages. A l’intérieur, une sombre partie de l’histoire cambodgienne…

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Ici se dresse le mémorial du génocide de Choeung Ek, plus connu sous le nom de Killing Fields. Pour être dans l’ambiance, nous avons le droit à un audioguide. La personne qui me parle est un Cambodgien. La personne qui me parle est donc un survivant. Un survivant des Khmers rouges et de Pol Pot.

 

Pol-Pot-pr-Milev.jpgPol Pot a fait ses études en France. C’est à Paris qu’il rejoint le parti communiste, avant de s’orienter vers le maoïsme à son retour au pays des Khmers. Après une guerre civile conséquence même du conflit vietnamien/américain, les Khmers rouges prennent Phnom Penh le 17 avril 1975.

Le jour même, la ville est évacuée (2 millions de personnes). Pol Pot a construit son pouvoir personnel sur la population rurale, accusant les urbains de tous les maux. On envoie l’ensemble de la population urbaine du pays dans des coopératives rurales. Pendant 3 ans, l’ensemble de la population sera réduite à l’esclavage, avec pour mission de doubler les récoltes d’une année sur l’autre.

Dans le même temps, les ennemis de l’Etat sont recherchés, emprisonnés, torturés, assassinés. D’abord les royalistes. Puis les personnes accusées de pervertir le peuple. Puis les professeurs. Ceux capables de parler une langue étrangère. Avoir des lunettes peut également devenir la raison de votre décès. Après quelques heures/jours/semaines de torture, après vous être vous-même accusé de tous les crimes, vous finissez par dénoncer votre voisin, votre cousin, le chat du village. Les moines sont pris pour cible. La religion est abolie. Plus Maoïste que Mao, Pol Pot amène à la mort près de deux millions de ses concitoyens, en l’espace de trois ans et demi. 20% de la population.

 

Le bilan est tellement mauvais que les communistes vietnamiens décident d’envahir le Cambodge pour mettre fin au massacre. Seul problème, le nouveau gouvernement ne sera pas reconnu (car supporté par les communistes vietnamiens). Le régime de Pol Pot continue de siéger à l’ONU et les pays occidentaux vont jusqu’à verser des aides financières aux génocidaires pour tenter de repousser les communistes (endiguement).

 

La justice a également été longue à se mettre en place (2004). Pol Pot est mort tranquillement en Thaïlande où il s’était réfugié. Seul Douch, directeur de la prison de Tuol Sleng (S-21), a été condamné á 30 ans d’emprisonnement.

 

P1070762.JPGCe terrain accidenté est en fait un immense champ de fosses communes. Les os et les habits continuent encore aujourd’hui de remonter à la surface. Les victimes n’étaient pas tuées par balle (car trop cher), mais à la machette, au marteau, au couteau, ou avec toute autre arme un peu tranchante. Pour les bébés on se servait de la nature, et notamment de l’arbre ci-contre, appelé l’arbre tueur.

 

Pour être clair, cette visite fut une claque dans ma face. Un rappel. Un devoir. Un sujet de thèse. Une voie.

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19 janvier 2012 4 19 /01 /janvier /2012 03:12

10 Couchsurfers vivant sur un même lieu. C’est une première. C’est aussi la première fois qu’il m’est amené de rencontrer des personnes si différentes. La vie en communauté, résumé des dernières 24 heures.

 

Steven, Américain de Los Angeles, né de parents chinois. Chose amusante, tout le monde pense qu’il peut parler cambodgien (ah, l’apparence…). C’est avec lui que nous avons passé la journée à visiter les champs de la mort (j’y reviens demain). Il est très drôle et très… américain ! Exemple : il est persuadé que Mc Do fait des bons hamburgers. Il a vécu 2 mois dans un village vietnamien à enseigner l’anglais. Expérience difficile, ses jambes ressemblent à une publicité pour les produits anti-moustiques

 

Nassim, Israélien, est l’un des plus jeunes de la bande (20 ans). C’est la première fois qu’il sort de son pays, une manière de se rebeller contre l’autorité familiale qui voulait le faire aller à l’université et se marier. Il a passé 6 mois en Inde et voit ce pays comme le paradis terrestre.

 

Viktor, ou Alexei, ou Andrei. Appelons-le l’Ukrainien, car personne ici ne connaît son nom, pas même l’hôte. Il ne parle pas anglais, ce qui ne facilite pas son intégration. Mais il est présent pour le repas et c’est lui qui cuisine le repas principal : un bortsch. Pas bavard, il passe sa journée sur le PC (essaie-t-il de faire libérer Ioulia Timochenko ?). Il est venu en stop depuis Bangkok. A chaque question, il répond « Da, da ». Serait-il sur la voie de l’adoption d’un poney ?

 

Les Turcs. Un couple. Bon aucun des deux n’est Turc mais ils parlent turc ensemble (tous deux sont originaires du pays de Mustapha Kemal). Ailin est Allemande, il est Australien, ils se sont rencontrés sur la route et depuis ils sont en couple. Enfin peut-être. L’Allemande n’est pas sûre. Elle en a parlé une heure, sans trop savoir quoi penser. Lui était concentré sur le repas. Hier il a passé sa matinée à l’hôpital pour une plaie au genou mal cicatrisée.

 

Les Jack Kerouac. Lui des Etats-Unis, elle du Canada. Lui est extraordinaire. Il a quitté ses parents très jeune, et a choisi la route. Des conditions de vie de SDF (ce qu’il était bien souvent). Voyager sans argent, manger dans les poubelles. Il s’agrippe aux trains de marchandises (et pense faire de même pour le transsibérien). Il choisit le stop. Ils se sont rencontrés dans une communauté en Californie, il était l’un des piliers. Il ne s’était pas douché depuis un mois. Elle l’a récupéré. Elle venait du nord, en stop, le sac sur le dos, seule. Ils se sont trouvés. Ils sont heureux. Ils sont restés plusieurs mois au Népal. Ils consomment joint sur joint et savent faire de l’alcool avec un peu de légumes. Peuvent écrire une encyclopédie sur les drogues dures.

 

Eric, le créateur, Américain. C’est lui qui accueille tout ce beau monde. Lui est un linguiste, pratique couramment l’espagnol, le russe et le khmer. Il bosse dans une ONG et prévoit un tour du monde. Il part dans un mois.

 

Et nous. Plutôt silencieux à écouter toutes ces histoires pas banales. Hier nous avons cuisiné ensemble et partagé le repas. Les dix apôtres couchsurfing (Jésus prend la photo).

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18 janvier 2012 3 18 /01 /janvier /2012 05:44

Après avoir apprécié l’atmosphère festive de Sihanoukville (tout en étant déçu des plages, privées et bondées), direction l’île de Koh Rong, 15$ l’aller-retour (pour 2h30 en mer).

 

Nombre d’habitants : 60 (à vue d’œil).

Nombre de plages : 3

Longueur cumulée des plages  : une quinzaine de kilomètres

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Vue de ma fenêtre...


Autant dire qu’il y a de la place ! Nous dormons dans une petite auberge (8$ la nuit, 4 chacun), en sachant bien que le choix n’est pas multiple. Information importante : l’électricité arrive à 18h, et ce pour 4 heures (parfois moins). Pas d’internet sur l’île, pas de ligne téléphonique non plus. Le portable passe. Pas de route. Pas de supermarché. Pas de médecin non plus. Au milieu de l’île, la jungle. Pas de douche. Un bac d’eau.

 

La vie de rêve, vous l’imaginez bien. J’ai troqué mon déguisement de Phileas Fogg pour celui de Robinson Crusoé. Nous avons choisi de marcher un peu pour découvrir les plus jolis coins de l’île… et nous avons trouvé !

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Devant nous la mer. Derrière nous la mer. Nous sommes allongés sur un petit banc de sable fin, seuls au monde. Pour rentrer dans l’eau c’est comme la Mer du Nord mais en chaud.

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C'est vert. ... C'est vert. Une grenouille peut-etre ?


Deux jours plus tard, petite expédition dans la jungle. Un espèce de sentier délimite l’espace réservé aux humains. Ne pas partir trop loin, il y a des cobras qui se baladent.

Bon le sentier est autant sentier que la D943 est autoroute. A plusieurs reprises nous devons utiliser des cordes pour descendre en rappel une dizaine de mètres de roche à angle 80°. Les paysages sont splendides. On respire, c’est la nature dans toute sa splendeur.

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Une seule personne aurait visité l’ensemble de l’île (un Français !) mais les choses risquent de très vite évoluer. Une entreprise a acheté l’île et prévoit d’y implanter un aéroport international (rien que ça !) et de multiplier les Resorts. Le paradis risque donc d’être autodétruit par des milliers de touristes (également appelé effet Thaïlande). Si vous passez du côté de Sihanoukville ces prochains mois, laissez celle-ci et courez vers Koh Rong !

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La vache, la vache, la vache elle est marteau...


PS : le dernier jour j’ai eu des légers soucis de santé (rien de grave rassurez-vous). Une fille dormant un peu plus loin présentait des symptômes malariens… la vie de rêve donc, mais en bonne santé !P1070705.JPG

Suivez mes pas

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17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 05:31

Da-Vinci-code-pr-milev.jpgDans la série « les livres que le monde a lus mais pas moi », le Da Vinci Code occupait la place de number one. Rappelez-vous l’engouement pour l’œuvre de Dan Brown, les polémiques… cela paraît loin. Ça l’est ! Le livre a été publié en 2003, neuf ans déjà.

 

L’histoire n’est pas banale : le professeur de Harvard Robert Langdon se trouve être le principal suspect du meurtre de Jacques Saunière, conservateur du Louvre. Sur place une série de codes entoure le cadavre, un message posthume que seule sa petite fille, Sophie Neveu, peut déchiffrer. S’en suit une enquête extraordinaire à la recherche du Graal, à décoder les œuvres de Da Vinci ou à chercher la tombe de Marie-Madeleine, qui serait la femme de Jésus et mère de leur progéniture (rien que ça !).

 

Nul doute que le Vatican n’a pas apprécié. L’œuvre tente de mettre en lumière une énorme théorie du complot : l’église cacherait l’existence de la descendance du Christ ! Ce secret serait néanmoins connu par les membres d’une secte : le prieuré de Sion, présidé un temps par Da Vinci (entre autre, la liste de ses membres compte Isaac Newton, Botticelli, Victor Hugo ou Jean Cocteau).

 

Lors de ma lecture je me suis souvent posé la question de la véracité des faits. Je lis un livre qui est un roman. Mais les nombreuses précisions historiques amènent l’esprit à douter. Et si tout cela était vrai ? Plus ma lecture avançait et plus je souhaitais effectuer des recherches sur les informations données. J’ai d’ailleurs regretté que Dan Brown ne l’ait pas fait dans des annexes. Quelques pages Wikipédia sur le prieuré de Sion ou l’ordre du temple (sujet de fantasme de beaucoup d’historiens), ou tout au moins les peintures de Da Vinci à côté des précisions, des ajouts qui auraient été de poids !

 

C’est clairement un livre à lire. Une livre qui attire la curiosité, ne serait-ce que par la façon d’écrire de l’auteur. Un livre qui possède une adaptation cinématographique qui mérite sans doute un second visionnage. Le roman le plus vendu des années 2000 ? (86 millions d'exemplaires jusque 2010 !)

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16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 05:23

Audrey Hepburn est une égérie. Une figure de mode. Le symbole d’un certain chic, d’une certaine classe. J’ai presque envie de l’opposer à Marylin Monroe. Intravertie, plutôt timide d’aspect, mais remplie d’un charme fou. Un sourire. Un regard. Vous avez sans doute déjà vu chez l’un(e) de vos ami(e)s son portrait, une cigarette à la main, des lunettes de soleil noires, et un titre Breakfast at Tiffany’s. Ce film est maintenant le plus connu de l’actrice, mais pas forcément le meilleur.

Je débute en rappelant qu’Audrey Hepburn est européenne : née en Belgique, Britannique, vivant sa jeunesse aux Pays-Bas, décédée en Suisse. Amie personnelle d’Hubert de Givenchy, elle fut également son égérie.

 

Les comédies musicales

 

Audrey Hepburn se destina d’abord à la danse avant d’être emportée par le cinéma. Il n’est donc pas étonnant de la retrouver chantant et dansant à deux reprises.

 

Funny Face (1957) : 12 (titre français : Drôle de frimousse)

 

Film de Stanley Donen, le maître des comédies musicales (Singin in the rain), l’ensemble déçoit un peu. Le scénario, surtout, est banal (nominé pourtant á l’Oscar du meilleur scénario, à n’y rien comprendre !), une histoire de mannequin trouvée par hasard. Le film est sauvé par les parties musicales et surtout dansantes, avec une grosse performance de Fred Astaire.

 

My-Fair-Lady-Audrey-Hepburn.jpgMy Fair Lady (1964) : 17

 

C’est selon moi son chef d’œuvre. Film de George Cukor, adaptation de la comédie musicale du même nom, elle-même inspirée par la pièce de George Bernard Shaw le Pygmalion. Audrey Hepburn interprète Eliza Doolittle, fleuriste londonienne, qui tente de parler correctement, et sans accent. Le film est souvent très drôle, bien emmené par le duo Hepburn-Rex Harrison. Les chansons sont entrainantes, les dialogues rythmés. 8 oscars (!) dont le meilleur film.

 

L’amoureuse

 

Audrey Hepburn a essentiellement construit sa réputation à travers des comédies romantiques, où son charme excellait sur des acteurs souvent plus âgés.

 

 

Roman Holiday (1953) : 14,5 (titre français : Vacances romaines) 

 

Vacances-romaines-Audrey-Hepburn.jpgC’est le film qui a fait découvrir au monde entier Audrey Hepburn. Son premier grand rôle, le seul qui lui vaudra l’Oscar de la meilleure actrice (ainsi que le BAFTA et le Golden Globe). Sans surprise l’histoire se déroule à Rome, où la princesse Ann (Hepburn) poursuit sa tournée européenne. Fatiguée du protocole, elle décide de s’enfuir après avoir ingurgité un sédatif prescrit pour son médecin. Endormie devant le Colisée, elle est remarquée par Joe Bradley (Gregory Peck), journaliste. Le lendemain, elle est reconnue par son hôte, qui décide de l’emmener visiter la ville (en Vespa !). L’histoire d’un amour impossible. William Wyler tient son chef d’œuvre, Audrey Hepburn sa carrière. Bonne comédie, notamment la scène de la bagarre sur la piste de danse.

 

Sabrina (1954) : 13

 

Réalisé par Billy Wilder, avec Humphrey Bogard. Sabrina (Hepburn), fille de domestique, est éperdument amoureuse de David Larrabee (William Holden) qui ne la remarque même pas. Pour s’en détacher, son père décide de l’envoyer à Paris dans une école de cuisine. A son retour, elle est transformée. Les fils Larrabee n’ont d’yeux que pour elle. Une romance un peu gentillette, manquant de profondeur en tout cas. Audrey Hepburn est nommée pour l’Oscar de la meilleure actrice.

 

Breakfast at Tiffany’s (1961) : 14

 

Le mythique film de Blake Edwards (adaptation de Truman Capote), celui qui fera d’Audrey Hepburn l’égérie qu’elle est encore. Une robe noire (vendue pour 800 000 $ aux enchères en 2006), des lunettes noires, un porte-cigarette à la main, un collier de perles autour du cou. Audrey Hepburn interprète le rôle d’Holly Golightly, à la recherche d’un riche mari. Elle rencontre Paul Varjak (George Peppard), écrivain en rupture, entretenu par sa riche maîtresse. Comédie ou drame selon les scènes, Hepburn y joue en tout cas une femme très excentrique, connaissant des périodes d’up and down. Elle sera nominée pour l’Oscar.

Breakfast_at_Tiffanys-Audrey-Hepburn.jpg

Two on the Road (1967) : 15,5 (titre francais : Voyage à deux)

 

Voyage-a-deux-Audrey-Hepburn-Two-on-the-road.jpgC’est l’un des derniers films d’Audrey Hepburn, emmené par Stanley Donen (et ce n’est pas une comédie musicale). Joanna Wallace (Hepburn) et son mari Mark (Albert Finney), sorte de vieux couple, reviennent sur leur histoire. Un film très intéressant, ne serait-ce que pour le montage. L’histoire en soi est une tentative d’explication sur les problèmes que rencontrent les couples sur le long terme. Certaines scènes sont amusantes (une préfèrence pour la petite fille pourrie-gâtée que tout le monde a envie de voir descendre de la voiture). Le film se déroule en France (comme une partie de Sabrina, Funny Face ou Charade).

 

La détective

 

Charade (1963) : 16

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Un nouveau film de Stanley Donen, mais cette fois-ci, c’est un thriller ! Regina Lampert, voulant divorcer, apprend que son mari a été assassiné. Un agent de la CIA la contacte et lui raconte l’histoire de son propre mari, et des 250 000 $ qu’il a volés avec 4 autres complices. Ceux-ci sont à sa poursuite, à la recherche du magot. Elle fait confiance à Peter Joshua (Cary Grant), qui s’avère être de mêche avec les voleurs. Très bonne comédie policière, avec un Cary Grant au meilleur de sa forme.

 

La Napoléonnienne

 

War and Peace (1956) : 14 (Titre français : Guerre et paix)

 

Guerre-et-paix-Audrey-Hepburn-War-and-Peace.jpgLe livre de Tolstoï, adapté par King Vidor. Hepburn joue le rôle de Natacha Rostov, jeune adolescente romantique bientôt confrontée aux réalités de la guerre avec Napoléon. Son histoire se mêle avec celle de Pierre Bezoukhov (Henry Fonda), bientôt volontaire sur le front. L’Histoire est déjà extraordinaire, avec l’armée russe reculant, pratiquant la terre brûlée, allant jusqu’à brûler Moscou. Le scénario est très romancé, peut-être un peu trop parfois, mais cela permet de garder l’esprit très russe du bouquin. Musique de Nino Rota.

 

  Pour conclure, je précise qu’Audrey Hepburn a été 8 fois nominée aux Golden Globes (une fois remporté) et 5 fois à l’Oscar de la meilleure actrice (une fois remporté). La filmographie est sélective et pour être complet il aurait fallu être en possession de Love in the Afternoon (Ariane) de Billy Wilder, The Nun’s story (Au risque de se perdre) de Fred Zinnemann ou Wait until dark (Seule dans la nuit) de Terence Young. C’est cependant un beau tour d’horizon des différentes facettes de l’actrice, décédée en 1993, après plusieurs années de sa vie consacrées à l’Unicef.

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15 janvier 2012 7 15 /01 /janvier /2012 13:15

Le sud du Cambodge est notre dernier accès à la mer avant la Thaïlande (ou la Birmanie). En prévision, nous prenons donc une cure de soleil, de sable fin et de vie facile. Nos journées sont fainéantes, nos réveils tardifs, nos repas conséquents. Nos soirées sont actives, à longer les bars du bord de mer, à danser et faire la fête.

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Nous avons rencontré deux Anglais, James and Jane, qui ont participé avec nous à la soirée pirate, thème du jour. Au-delà du plaisir de se maquiller (cela me rappelle que le carnaval doit débuter du côté de Dunkerque), ce fut aussi la joie de rencontrer de nouvelles personnes et de danser jusqu’au bout de la nuit. Un rappel de mes belles années Erasmus ou lilloises.

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Au-delà de l’esprit festif, ces 3 jours du côté de Sihanoukville m’ont donné un aperçu du développement touristique d’un pays. Le Cambodge est loin d’être la destination favorite des Occidentaux, devancé dans la région par la Thaïlande ou le Laos. Depuis la fin de la guerre, c’est cependant l’une des priorités du gouvernement. Les investissements locaux et étrangers ont fait de Sihanoukville LA station balnéaire du pays. Les hôtels et Resorts pullulent, la plage est bondée. Un air de Méditerranée en devenir. Les prix se rapprochent très souvent de l’Occident (à mon grand dam), et nous payons notre nourriture avec 3-4$. Oui, précision intéressante, au Cambodge, on paie en dollar ! Nous avons retiré de l’argent dans une banque : nous avons reçu des dollars. Le dollar est utilisé dans les restaurants, les hôtels, les magasins… Le riel, monnaie locale, n’est utilisé très souvent que pour les sommes inférieures à un dollar. Etonnant, non ?

 

3 jours sont suffisants. Nous commencions à être lassés par le comportement de certains Occidentaux et leurs pratiques dégoûtantes (j’y reviens prochainement). Direction l’ile Koh Rong, et sa centaine d’habitants. Phileas Fogg va se transformer en Robinson Crusoé !alpha-1155.JPG

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12 janvier 2012 4 12 /01 /janvier /2012 05:26

Le Cambodge est l’un des 3 cas de génocide officiellement reconnus par l’ONU (avec l’Allemagne nazie et le Rwanda). Cela se passait dans les années 70, et l’Occident ferma les yeux pendant trop longtemps sur les pratiques des Khmers rouges et de leur chef : Pol Pot.

 

Bokor est la principale attraction touristique autour de Kampot. C’était la station balnéaire française du temps de la colonisation. L’idée était simple : comme les Français ne pouvaient pas revenir dans la métropole pour des vacances à la neige (déjà ce n’était pas la mode, puis le coût et la longueur du trajet, sans avion, rebutaient les plus motivés), le gouverneur eut l’idée de construire une station touristique tout en haut de la chaîne de montagnes des éléphants, au milieu du froid et du brouillard. Les jeunes Français n’ayant jamais connu la métropole pouvaient ainsi s’imaginer en Europe (d’autant plus que l’endroit était interdit aux Cambodgiens). Un casino, un hôtel ou une église occupent toujours les lieux. Ils étaient abandonnés jusque la fin des années 1990, ce qui donnait un charme particulier à la station. L’hôtel sort tout droit de Shinning et l’église respire des fantômes selon notre vieux Lonely Planet.

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Ce fut une grosse déception. La montagne a été récemment achetée par Sokimex pour 100 millions de dollars et un bail de 99 ans. Qu’est-ce que Sokimex ? Le mastodonte cambodgien. Sokimex c’est le pétrole, des hôtels ou une compagnie aérienne. Sokimex a aussi acheté une plage ou les droits d’entrée d’Angkor Wat pour 10 millions de dollars l’année (on dit que l’augmentation des droits d’admission, 20$ par jour actuellement, rapporte 50 millions à l’entreprise à la fin de l’année). Sokimex achète une montagne. L’idée est de construite un immense casino, un hôtel de 400 chambres, entre 3 et 5 étoiles. Okhna Sok Kong, fondateur et directeur de la compagnie est une sorte d’émir du Cambodge. Niveau corruption, vous ne serez plus étonné de trouver le Cambodge dans les profondeurs du classement.

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Heureusement la visite a été sauvée par notre guide, « Tri ». Officiellement à la retraite, il est venu pallier une absence. « Tri » c’est un peu d’histoire cambodgienne.

A 12 ans, en 1970, il a dû se réfugier dans la forêt pour tenter d’échapper aux bombardements de Nixon, obnubilé par le Vietnam. Il se retrouve très vite une arme à la main. Puis les Khmers rouges sont arrivés au pouvoir (17 avril 1975) et il est entré en résistance. 49 de ses proches ont été assassinés – entre un et deux millions dans l’ensemble du pays. De son côté, il est parti au Vietnam pour rejoindre les différents opposants, entrainés par les Viêt-Congs. Il revient en libérateur (en 1978-9), épaulé par l’armée vietnamienne. Souci, ces derniers s’installent sur le long terme. Il faut attendre 1991 pour voir l’armée de Saïgon quitter le pays (accords de Paris). L’ONU prend le relais en 1992, et « Tri » travaille pour eux, apprend l’anglais.

Jusqu’à la mort de Pol Pot en 1998, la situation est difficile. Des Khmers rouges sont toujours cachés dans les montagnes ou les forêts. Ils terrorisent la population et fonctionnent à coup de pose de mine antipersonnel (dont le pays n’est pas encore débarrassé)

« Tri » s’est finalement reconverti dans le tourisme, celui-ci se développant d’année en année dans le sud-est du pays. Sacré Tri et sacrée vie !

 

Bon, après ces histoires de bombes, de morts ou de génocide, observons ce magnifique coucher de soleil.

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Kampot est traversé par la rivière Kampong Kandal. En nous baladant dans les rues, nous avons l’impression que les touristes représentent un gros quart de la population. Beaucoup d’hôtels affichent complet et il faut être attentif aux places qui se libèrent pour entrer dans notre restaurant favori. La ville est petite, mignonne, rythmée par la vie des Occidentaux. Man Utd vs Man City rassemble les amateurs de ballon rond au pub du coin de la rue. A chaque but les cris résonnent dans le centre-ville. Les Cambodgiens se sont remis à vivre. Très souvent le sourire aux lèvres.

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