2 novembre 2012 5 02 /11 /novembre /2012 16:50

The Tree of Life 17

The Artist 15

The Descendants / La couleur des sentiments 14

Hugo Cabret 13

Extrêmement fort et incroyablement près 12,5

Cheval de guerre 12

Minuit à Paris 11,5

Le stratège 11



Oui, je sais, The Artist était déjà présent hier ! Mais ce n'est pas moi qui ai fait les nominations. J'ai donc pris les 9 nominés. Pourquoi 9, alors qu'il y en avait 10 les années précédentes ? Peut-être parce que ce n'est pas une bonne année... En effet, et en comparaison avec les films français de 2012, la cuvée américaine n'est pas d'un haut niveau.

Prenez Le stratège par exemple. Un film 100% américain. Du base-ball, un entraîneur qui choisit un statisticien de Yale pour réaliser ses transferts. 6 fois nominés ?? Pourtant pas le film sportif de la décennie ! Et Brad Pitt ne sauve rien.

Prenez Minuit à Paris. Un mauvais Woody Allen. Casting moyen, scénario trop fantastique pour moi, vision romanesque que les New Yorkais ont de Paris. Pas moi !

Cheval de guerre, de Steven Spielberg. Pas de surprise, c'est bien l'histoire d'un cheval en temps de guerre ! Un peu léger cependant, peut-être que les fans de bidet trouveront y leur compte.
Cette cuvée 2012 a tendance à récompenser les grands réalisateurs, Woody Allen, Steven Spielberg et... Martin Scorsese. Dommage que ce ne soit pas leurs plus grands films ! Hugo Cabret par exemple, c'est une jolie histoire d'amitié, une histoire d'amour, une belle déclaration de Scorsese à Georges Méliès, l'un des premiers réalisateurs de l'histoire.

Quand à Extrêmement fort et incroyablement près, tout ceux qui ont lu le livre risquent d'être déçus par l'adaptation (comme souvent...). Un enfant qui a perdu son père dans l'attentat du 11 septembre. Mais il se raccroche à un possible secret que son père lui a laissé...
Bon, il n'y a pas que des films moyens ! La couleur des sentiments et The Descendants (tiens, pas de traduction cette fois!) sont plutôt bons. Le premier raconte l'histoire des femmes de ménage noires aux Etats-Unis dans les années 1950-60. On sourit souvent, on rigole bien une fois et c'est une belle retranscription d'une situation d'époque, alors que les USA ont maintenant leur premier président métis... que de chemin parcouru ! Quand au second, George Clooney le porte véritablement. Sa femme décède, et il apprend alors qu'elle avait un amant... Bon scénario et bon jeu d'acteur.

Reste mon choix, qui sera loin d'être partagé par l'ensemble des cinéphiles ! The Tree of Life, de Terrence Malick, avec Brad Pitt et Sean Penn. Personnellement j'ai pris une claque dans la gueule. D'autres vont haïr ce film, palme d'or à Cannes, car TROP bizarre. Sans scénario. Sans histoire. Avec 45 minutes de pure folie. Mais j'ai accroché. Et j'ai savouré.The-Tree-of-Life-Terrence-Malick-Sean-Penn-Brad-Pitt.jpg

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1 novembre 2012 4 01 /11 /novembre /2012 13:53

Polisse 17 

 La guerre est déclarée 16 

 The Artist / Intouchables 15 

L'exercice de l'Etat 14,5 

Le Havre / Pater 14

 

Pourquoi ces films ? Parce que ce sont ceux qui ont été nominés pour les Césars. J'ai donc regardé ces sept films et je les ai tous appréciés. C'est mon premier point, et c'est une satisfaction.

Ensuite, j'ignorais même l'existence de Le Havre, film du finlandais Aki Kaurismäki, ainsi que de Pater, d'Alain Cavalier. Des films qui n'ont pas forcément rencontré une audience folle. Le Havre est un film très sombre, il faut le reconnaître. André Wims, l'acteur principal, vous y entraîne. Mais le fond de l'histoire, l'aide aux clandestins, mérite le visionnage.

Pater, de son côté, est la caricature d'une nomination à la palme d'or et au César : le film que la majorité de la population va se plaire à haïr. Et je comprends pourquoi. Si je l'avais regardé il y a cinq ans, j'aurais sans aucun doute détesté. Un film à regarder donc, mais après en avoir regardé beaucoup d'autres.

En plus de Pater, L'exercice de l’État est un film très politique. C'est un sujet qui me plaît beaucoup, cela peut expliquer pourquoi j'ai apprécié le film. Sans cet intérêt, cela pourrait paraître lassant. Michel Blanc reçoit son premier César mérité.

Venons-en aux deux films les plus connus : The Artist et Intouchables. Ce sont sans doute des films que vous avez plus ou moins tous vus. Dont on a tant parlé. Et ils sont bons, rien à redire. The Artist est après Pater le plus original, car il remet au goût du jour le film muet. Mais ayant personnellement vu pas mal de films muets auparavant, ça ne reste pas pour moi la trouvaille de cette année. Intouchables est la comédie française de l'année, avec un duo Cluzet/Sy qui fonctionne à merveille.

Et puis j'ai vu La guerre est déclarée. Wow. Une petite claque pour ce premier chef d’œuvre de Valérie Donzelli.Tiré d'une histoire vraie, la maladie d'un enfant et la vie de ses parents. Bouleversant. Réalisé et interprété par les vrais parents, ça peut expliquer pourquoi ils nous touchent autant.

Enfin, Polisse, de Maïween. Une grande claque. La définition même de comédie dramatique, où comment on peut nous donner le sourire avec des histoires horribles, tirées de la brigade de protection des mineurs.

Polisse-Maiween-Cesar-2012.jpg

Je rappelle que ce n'est qu'un avis qui n'engage que moi. Vous pouvez également me faire part de votre choix !

 

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29 octobre 2012 1 29 /10 /octobre /2012 01:14

Je pense que tu dois m'en vouloir, petite fille, de ne pas t'avoir donné la pièce que tu réclamais tant. Mais je pense que tu t'en veux moins que moi, vilain égoïste, resté fermé à ta demande. Je ne t'ai même pas regardée, je n'ai pas osé baisser les yeux sur toi, sans doute de peur de les baisser encore plus bas, de honte. Tu devais être haute comme trois pommes, un visage bruni par la saleté. Tu devais faire la même démarche depuis plusieurs heures dans les rues de Nairobi. Et quand je repense à toi, dans mon lit ce soir, je ne peux m'empêcher d'avoir une larme qui coule sur ma joue.

Tu sais, petite fille, j'ai longtemps donné à ceux que l'on appelle les mendiants. Et puis j'ai cédé à tous ceux qui m'ont expliqué que cela ne changeait rien. Qu'il valait mieux donner à une association qui aide les personnes sur le long terme, qui sort les mendiants de leur situation. Mais ça ne m'empêche pas d'avoir mauvaise conscience à chaque fois que je te croise dans la rue.

Lorsque je marche la tête haute, ne pense pas que je ne te vois pas. Lorsque je reste silencieux, ne pense pas que c'est parce que je ne t'entends pas. Au contraire, chacun de tes mots résonne si fort que je lutte désespérément pour essayer de continuer l'air de rien ma conversation qui me paraît d'un coup si futile. Et toi, la maman sur le trottoir, qui fait cliquailler à ma vue les deux piécettes qui se battent en duel dans ton bol, ne pense pas que je ne t'ai pas vue, même si mon regard ne se porte pas sur toi. Au contraire, tu vas rester hanter mon esprit pendant quelques mètres, en me demandant pourquoi tu es là. Et puis tu vas partir.

mendiante

Les miséreux. Les mendiants. Les nécessiteux. Les quémandeurs. Les crève-la-faim. Les clochards. Autant de synonymes alors que je peine à en trouver un au bonheur. A croire que vous êtes plus nombreux que celui-là. Que c'est plus facile de vous trouver, aux quatre coins du monde, des rues de Nairobi à celles de Bangkok, de la gare de Lille au métro de New York. Et il paraît que notre société est prospère. Et il paraît que l'on pourrait nourrir l'ensemble de la population. Et il paraît que l'on vend 1 milliard de téléphones par an. Et il paraît qu'1 milliard d'individus souffrent de la faim dans le monde. Et il paraît que ça me dégoûte. Mais je continue de marcher tête haute dans la rue en te voyant. Parce que je me dis que l'on ne peut rien y faire. Et parce que l'on s'est habitué à la misère, même moi.

Enfin, pas tout à fait. 

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28 octobre 2012 7 28 /10 /octobre /2012 13:47

Il paraît que la fête Halloween a lieu ce mercredi 31. Mercredi, pas forcément une bonne journée pour faire la fête en soirée. Du coup, les personnes rencontrées hier au repas Couchsurfing nous ont invité ce samedi à fêter ça chez l'un d'entre eux. « Put a costume and be original » qu'ils ont dit. Du coup, j'ai mis un costume, un vrai. Oui, je sais, ce jeu de mot est nul mais je ne suis pas parti à Nairobi avec ma panoplie de déguisements, on fit donc avec les moyens du bord. Et le costume ça reste la classe, peu importe où l'on se trouve !
Tout d'abord, j'ai apprécié les efforts faits par les autres Couchsurfers avec une belle brochette de déguisements, celui de Masaï ayant remporté les suffrages (c'est finalement assez facile à faire).déguisement Masai Surtout, l'un des hôtes nous avait préparé un repas de compétition (une préférence pour l'énorme bol situé à l'extrême-droite).repas HalloweenCompétition, c'est la raison de l'heure initiale de la soirée. 16h. Bon, on commence un peu à connaître les Kényans, 16h, ça veut dire que ça commence vraiment à 18h ! Mais ça ne doit pas finir tard car certains d'entre eux courent le marathon de Nairobi ce dimanche. Et le départ est à 6h30 du matin...
Vous connaissez le principe de l'embuscade, les hôtes disent que la soirée ne va pas durer très longtemps et finalement... Finalement il y avait du monde. Un vingtaine de personnes, puis les voisins, qui ont entendu du bruit (true story). Le Kényan est très hospitalier, c'est ainsi que les étrangers sont nombreux : 3 Français, 4 Allemandes, 1 Polonais. L'histoire de ce Polonais est assez saisissante : il a quitté son poste d'enseignant à Cambridge pour partir voyager en stop. Il a commencé en janvier 2011... Oui, ça fait paraître mes voyages très petits tout d'un coup ! On joue à des jeux de sociétés.Qui regardons-nousA 23h on bouge puisque Colas connaît une autre soirée organisée par les Françaises de l'ambassade. Une Allemande nous accompagne ! Là-bas l'ambiance est assez étrange au départ, avec les blancs d'un côté et les Kényans de l'autre. Ça fait un peu Apartheid. D'entrée, les Kényans veulent parler politique avec moi (l'élection est programmée début 2013), ils sont tombés sur le bon cheval ! 2H45 ? Bon, on sort. Et c'est parti pour un club !

La route ? Quelle route ? Il a tellement plu au cours de la soirée que nous roulons dans une mini-rivière tout au long du trajet. A un moment l'eau était au-dessus des roues, et j'avoue avoir un peu douté quand j'ai vu plusieurs voitures bloquées à ce même endroit, avec mon chauffeur qui disait « mais oui, ça passe ! ». C'est passé, et nous voici au Galiléo, club reconnu pour... ses prostituées. Non, je n'ai pas décidé du club, on en avait d'autres à l'esprit mais les routes barrées ont eu raison de notre motivation.Galileo

Le Galiléo, avec Colas (sur la gauche), qui travaille pour l'Institut, Olivier au milieu, qui effectue ses recherches sur les réformes universitaires en Afrique de l'Est, et Valérie, l'Allemande, toujours là, qui effectue un stage à la chambre de commerce et d'industrie germanique. Très bonne ambiance, bonne musique (archi-occidentalisé mais je ne suis plus surpris) et des prostitués et des vieux blancs aux crânes rasés qui leur tournent autour (ou l'inverse, mais j'ai aussi l'habitude depuis l'Asie). Olivier finit par nous lâcher, et je me retrouve avec les deux derniers larrons. Les deux sont célibataires, vous devinez la suite... !
Je commence à apprécier !

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27 octobre 2012 6 27 /10 /octobre /2012 00:24

Nairobi est donc située à 150 kilomètres au sud de l’Équateur, le climat est donc... tropical ! Oui, moi qui pensais que le climat était équatorial, me voilà bien en peine pour vous expliquer le pourquoi ! Peut-être parce que la ville est à 1700 mètres d'altitude en moyenne. Bref, cela ne change pas mon idée du départ, à savoir que la végétation est forcément légèrement différente de nos contrées tempérées.

Pour en profiter, direction aujourd'hui la Karura Forest, un parc de 1000 hectares (3 fois Central Park!) en plein Nairobi, à deux pas du village ONU. Pour y aller, le chauffeur de notre Institut fait le déplacement, c'est sympa. Je suis aujourd'hui avec Colas (comme Nicolas, mais sans le ni), un garçon qui travaille pour l'Institut où j'effectue mes recherches. C'est lui qui a eu l'idée, conseillé par ses colocataires kényans.

Tout d'abord, une mauvaise surprise : l'accès à la forêt est payant. Payer pour voir une forêt ? Bon, on vient de faire 20 minutes de voiture, ce n'est pas pour repartir dans les bouchons de Nairobi illico ! 600 shillings, un peu moins de 6€. C'est le prix pour les étrangers. Oui, car au Kenya, le prix pour les étrangers est différent du prix pour les résidents, qui est lui-même différent du prix pour les Kényans. Comme je n'ai pas de carte de résidents, je paie un prix supérieur à la moyenne. C'est également le cas pour les parcs nationaux, où le prix pour les étrangers est... le double de celui pour les Kényans. C'est mon livret A qui n'est pas content !

Passons. Le parcours est plus ou moins fléché, Colas m'emmène avec ses récits au Brésil où il a fait un stage de 6 mois à Rio (je rappelle Brésil 2014!). En retour je l'emmène en Asie, échange de bons procédés. Je sors enfin mon appareil photo, pour la première séance depuis mon arrivée ici. Petit extrait.
nénupharlac kenyasavane kenyaC'est le Kenya qui j'imaginais. Une végétation luxuriante, très dense, avec des lacs...asséchés (mais la saison des pluies arrive). Niveau faune, des chimpanzés sautent d'arbre en arbre. 600 shillings les trois heures de marche, très sympa.

matatu kenya

Pour repartir, nous prenons un matatu (ce qui signifie littéralement 3 cents pour un voyage), une sorte de minibus privé qui s'arrête quand vous levez le bras, et qui vous dépose n'importe où sur le trajet (comme en Asie). Mais il est plein non ? « On peut rentrer ? Sûr ? » On était 16 à l'arrière, pour 14 sièges. Nous sommes montés les derniers, vous imaginez donc qui n'a pas eu de siège ! (mais ça fait les adducteurs !) En sortant, Colas accroche son pantalon dans une petite barre métallique, celui-ci se déchire de tout son long. C'est embêtant ! Et on a un repas Couchsurfing ensuite ! De ce fait séance shopping rapide, avec un achat sur un marché. Nairobi le vendredi après-midi, c'est plein de vie. Le marché bat son plein, ça négocie pour 10 shillings, le pantalon se prend à 4€.

Enfin, pour ma première soirée en dehors de l'appart (il était temps!), cette fameuse rencontre Couchsurfing, 3 Français pour 10 Kényans. Génial. Tellement que demain on fait Halloween tous ensemble ! La suite, au prochain épisode !

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21 octobre 2012 7 21 /10 /octobre /2012 18:50

francois-hollande-affiche-le-changement-c-est-maintenant.jpgA deux semaines des six premiers mois de François Hollande à l’Élysée, c'est peut-être l'heure de mon premier bilan. Il faut dire qu'avec un slogan tel que « le changement c'est maintenant », on attendait beaucoup du début, moi le premier. Et pour cause, j'ai fait partie des 51,64% de Français à avoir voté pour lui lors du second tour de la présidentielle.

 

Déception ? Oui, le mot n'est pas trop fort. Car je n'ai toujours pas vu de changements importants, profonds, qui sont de ceux qui marquent une présidence.

Commençons par l'Europe. Le fameux traité européen. Hollande voulait le renégocier, et pour cause, il déclarait en mars que « ce traité est une illusion mais aussi un risque... ». Sa proposition n°11 était justement de le renégocier. Comme on a pu voir, la renégociation a été de courte durée, un petit passage où on déclare vouloir se soucier de la croissance des États et puis c'est tout. Du coup, il aura fallu appeler au sens du devoir l'ensemble des députés socialistes pour que celui-ci soit voté à l'Assemblée sans avoir besoin des voix de la droite. Ce qui ne fut pas tout à fait le cas...

 

Le changement c'est maintenant. Ça tombait plutôt bien, je commençais un peu à en avoir marre de la politique du tout sécuritaire du précédent gouvernement, les Roms...

Là non plus, les choses n'ont pas vraiment changé. Manuel Valls ferme des camps de Roms. Où vont les Roms ensuite ? Ça, on ne sait pas. 500 mètres plus loin en moyenne. La communication est une nouvelle fois mieux préparée que les solutions : on sait dire aux journalistes où venir pour voir la destruction du camp, mais on ne sait pas répondre aux Roms quand ils cherchent un moyen de se reloger.


Pire, pire. Là, c'est LA grande déception. La cumul des mandats. Mais si, vous savez, ce que le gouvernement Jospin a promis. C'était l'engagement n°48 du programme socialiste en 2012. Il y avait même une date butoir : le 1er octobre, les députés socialistes devaient avoir choisi l'un de leurs mandats (texte adopté solennellement par le PS en 2010). Résultat : il reste... 220 cumulards ! Une broutille. La loi, on en parle pour... 2014 ! D'ici là, on aura le temps de penser à autre chose.


Petit
 bonus :

Le programme disait : « Fixation d'un éventail maximal de 1 à 20 pour les rémunérations dans les entreprises publiques -- décret fin mai ». Le résultat, ce fut le principe d'un plafond de 450 000 euros annuels, qui concerne moins de 20 dirigeants...



Bon, ne présenter que les déceptions ne serait pas trop objectif (mais est-ce que la pleine objectivité existe?). La hausse du SMIC, le coup de pouce pour l'allocation de rentrée scolaire, la fin de la circulaire Guéant, la suppression de la TVA sociale, la fin de la défiscalisation des heures supplémentaires, le retour à la retraite à 60 ans pour ceux qui ont assez cotisé, une nouvelle loi contre le harcèlement sexuel, le retour de la TVA à 5,5% sur le prix du livre et les spectacles vivants, impôt à 75% au-dessus du million pour les très hauts revenus, le blocage des loyers, des prix du carburant... autant de mesures à mettre au crédit du nouveau gouvernement.


Cependant, j'ai l'impression que les gros chantiers ont été volontairement repoussés. La loi d'assainissement du secteur bancaire par exemple, avec la séparation des activités de dépôt et des activités spéculatives, promise pour le début du mandat, a été repoussée de quelques mois (quand ? Ça, on ne sait pas, puisque sur le calendrier c'est devenu tout de suite beaucoup plus vague une fois au pouvoir).

 

Surtout, c'est la méthode qui me gêne un peu. Non, pas la méthode du président, sa normalité, sa posture bla bla... ça me gêne moins que le précédent. Mais c'est la méthode du gouvernement, qui me semble être de courir après l'actualité. Dernier exemple en date : l'accouchement dramatique dans le Lot. Réponse du gouvernement, par la voix de Mme Touraine : le déploiement de nouvelles antennes d'urgence mobiles. Suivre l'actualité : le mouvement des pigeons, on recule. La légalisation du cannabis, on n'ouvre pas le débat. Drame à Echirolles, on proclame que justice sera faite en se rendant sur place.

Le problème n'est pas tant de suivre l'actualité que de permettre à celle-ci de fixer le calendrier. Au lieu de se concentrer sur les problèmes de fond... (chômage à 10%, comptes publics dans le rouge...)

 

Bon, il n'est pas là pour tout réaliser en six mois. Du coup, rendez-vous en mai pour les un an ! Ce sera l'occasion d'un nouveau bilan.

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19 octobre 2012 5 19 /10 /octobre /2012 13:11

 

J'ai l'impression que les grandes villes de pays en voie de développement ont toujours un air similaire. Avec une double face : la côté riche, qui montre que c'est la capitale, que l'économie bouge etc... et le côté pauvre, avec les habitants vivant dans des taudis, des infrastructures déficientes, des bouchons dantesques...

Sur ces photos, vous voyez d'abord le centre-ville, qui pourrait faire penser à beaucoup de centres-villes d'agglomérations européennes. Quelques grands immeubles, de la publicité, une route de qualité, de la verdure.
SAM 0123Et puis quelques mètres plus loin, voici les logements de la principale université de Nairobi. Une sorte de CROUS local. Oui, après cette image, on arrêtera de se plaindre des chambres du CROUS.
SAM 0121Ma vie ici se résume pour le moment à de la prison. Je ne sors pas de ma chambre et de l'Institut. Je fais bien la route entre les deux, sorte de promenade du prisonnier, où je peux acheter à manger. J'ai essayé la viande hier, pas sûr que je retenterai (une odeur infecte).

J'ai commencé mes entretiens, tout en restant sceptique sur l'intérêt de ceux-ci. Pour les visites et les paysages, il faudra donc repasser (ah, ma dernière semaine ici, comme je l'attends déjà avec impatience!). Point météo : il fait aux alentours de 25°C et beau. Mais quand il pleut, il pleut ! Je ne reste pas trop au soleil car j'ai choisi de prendre le traitement antipaludique aux effets secondaires importants, sans trop savoir si c'est vraiment nécessaire.

Ah, si, attendez ! J'ai quelque chose de sympa ! Des fenêtres de l'Institut j'ai eu le droit à un défilé de singes. Des gros, des pas beaux, et des bébés ! singes à Nairobi

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18 octobre 2012 4 18 /10 /octobre /2012 20:10

Là, c'est dur. Dur d'être loin de l'Europe. Je le savais un peu d'avance, ce voyage ne me correspondant pas vraiment. J'aime bouger, d'une ville à l'autre. J'aime découvrir, une population, une culture, des nouveaux paysages. Et là je suis bloqué. Bloqué dans ma prison qu'est mon institut de recherche. Bloqué dans mon autre prison qu'est ma chambre.

 

La faute à qui ? A moi, forcément. Je n'arrive pas à me motiver pour sortir seul. Bon, jusque là ce n'est pas anormal. J'ai des colocataires, mais ce sont des fantômes. Il y a mon directeur de thèse, mais il est plus près de la retraite que de ses années universitaires. Et puis il y a les autres jeunes de l'institut, qui sont loin d'être les fêtards d'Erasmus.

Je savais que je ne venais pas ici pour faire la fête ou du tourisme. Mais ça n'empêche que ça me paraît déjà long. A 20h, j'ai commencé à faire deux-trois trucs chiants pour ma recherche. Deux heures plus tard, il était 20h20.

Souvent, j'ai tendance à me plaindre du temps qui défile trop vite. Mais je gardais tout de même en mémoire mes cours d'allemand où les minutes comptaient 1600 secondes. Et j'ai l'impression de replonger dedans. Et encore, je voudrais bien reprendre mes cours d'allemand...

 

Elle me manque. Oui, c'est une certitude. Parce que deux mois de distance, c'est long. Hier, on m'a évoqué la possibilité d'un stage à Nairobi...de 6 mois. Mais on m'a dit que ce n'était pas sûr. J'ai pensé intérieurement que « si, si, c'est sûr, je ne le ferai pas ! ». Et peu importe que ce stage m'offre une jolie ligne sur mon CV, tant j'ignore comment je ferai pour survivre ici 6 mois.

Je reviens dans 23 jours. Oui, j'ai commencé le décompte. Et j'essaie déjà d'imaginer ce que je veux faire à mon retour. La famille, les ami(e)s, l'Allemagne. Et puis la thèse. Ça demande de l'organisation. Je réfléchis même déjà à Nouvel An et à ce qu'on peut faire.

 

Je suis jaloux. De vous. D'elle. Depuis quelques jours elle sort chaque soir. Elle commence l'université ce lundi. Je ne sais pas si vous vous rappelez vos débuts d'université ? Pour moi, c'était il y a... 7 ans. Oui, putain, 7 ans. Et pourtant je me dis que je pourrais encore faire ces choses là mille fois. De nouvelles rencontres chaque soir, de nouvelles amitiés, vivre la nuit et dormir le jour. Reprendre une cure de jeunesse. Reprendre une cure de vie.

23, putain, 23.

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18 octobre 2012 4 18 /10 /octobre /2012 19:36

Pendant plusieurs semaines, j'ai décidé d'écrire chaque matin ce dont j'avais rêvé la nuit. Au début j'éprouvais les pires difficultés à me souvenir du rêve en soi, ainsi que des détails. Et au fur et à mesure, les choses sont devenues plus claires, limpides. A la fin, je me souvenais parfois de 4, 5 rêves différents que je faisais ces nuits là. Les détails revenaient instantanément, ils étaient nombreux, très nombreux.

 

Les rêves me fascinent. Peut-être parce que nous sommes toujours fascinés par les choses que nous connaissons peu, ces choses que l'on ne peut pas encore expliquer. Les rêves seraient les reflets de notre subconscient. Pour Freud et son interprétation, les rêves auraient un sens, ils seraient l'accomplissement de notre désir. Un désir inconscient.

 

Cette définition me fait peur. Et pour cause, j'ai écrit mes rêves, et je sais maintenant ce qu'ils sont. Souvent, nous rêvons de quelque chose, nous nous réveillons le matin avec un drôle de sentiment, en se disant « mais quel rêve bizarre ! » et puis on l'oublie. Moi, ils sont écrits. Je viens de les relire. Et beaucoup me choquent.

 

Ce qui m'étonne le plus dans mes rêves, c'est les réactions de ma personne face à des situations complexes. Je raisonne beaucoup dans chacune d'entre-elles, j'essaie d'analyser la situation, les solutions. Il m'a par exemple été donné de rêver d'une sorte de prise d'otage. Très vite, mon instinct de survie a pris le dessus. Je savais déjà où me cacher, et je réfléchissais à l'endroit où je devais ensuite m'échapper.

Dans mes rêves, j'ai également eu droit au sentiment de culpabilité. Lorsque je commets un acte répréhensible, ou à l'encontre de ma morale, j'éprouve alors un énorme sentiment de culpabilité. Ce qui me fait comprendre que si un jour j'effectuais un acte à l'encontre de ma morale, j'aurais les pires difficultés à vivre avec. C'est facile de tuer quelqu'un, cela prend quelques secondes. Mais vivre avec une mort sur la conscience, ça reste toute une vie.

 

De mes rêves, j'ai aussi appris que mon cerveau avait gardé en mémoire la plupart des personnes que j'ai rencontrées au cours de ma scolarité. Parfois je les rencontre donc dans mes rêves, et je leur demande des nouvelles. Pas sûr que cela soit fort conforme avec la réalité, mais ça n'en reste pas moins un joli clin d’œil du cerveau à des temps révolus.

 

Enfin, le fait de relire ces rêves m'a permis de les revivre. C'est à dire qu'un rêve qui a eu lieu il y a plus de deux mois m'est revenu à l'esprit facilement. J'ai même revu les images, avec des plans de table, l'organisation de la salle etc... La qualité du décor et des personnages autour me font vraiment fantasmer. Si je pouvais écrire comme je rêve, nul doute que je serais le nouveau Balzac.

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15 octobre 2012 1 15 /10 /octobre /2012 19:00

Ça y est, c'est lancé. Jusqu'à l'année dernière je fanfaronnais : « personne ne se marie autour de moi ». Oui, il fallait bien que je me rassure sur mon âge après l'épidémie de mioches qui a déferlé chez des proches. Mais c'est fini ! Et ça n'arrête pas depuis quelques semaines, quelques mois. Pas mes ami(e)s les plus proches, non, heureusement pour eux ! (pas avant 30 ans hein!) Mais des gens que je connais un peu, avec qui j'ai partagé un peu de temps au collège, au lycée, pendant mon Erasmus. Même à Tilques on s'y met !

Comment je le sais ? Facebook, bien sûr, qui m'offre une jolie alerte avec un cœur en haut à droite : ils se sont mariés. Souvent je ne suis pas trop surpris : c'est rarement des couples qui se connaissent depuis 15 jours qui passent à l'acte. D'ailleurs je connais toujours les deux amoureux, et j'ai l'impression de les avoir toujours vus ensemble. Quand je plonge un peu plus dans ma mémoire, je me souviens tout de même du collège ou d'Erasmus, où j'ai bien cru apercevoir la personne avec une autre que son époux/se ! Mais il y a prescription.


Que dire, si ce n'est bravo ! Oui, un couple sur deux qui divorce et pourtant les gens continuent de franchir le pas. Non, je ne veux pas faire le rabat-joie, mais juste vous déclarer mon admiration. Croire à l'amour d'une vie, jusqu'à ce que la mort vous sépare comme dit le curé, ça force le respect. Et tant que ça n'est pas des proches, ça me va encore.


Et puis copine est passée par là. Copine, c'est une histoire drôle, qui est apparue avec Monsieur Dalbert. Le lycée Ribot... oui, c'est une longue histoire. Une fille que je croise finalement peu, mais qui ne change guère à chaque fois que je la revois. Une fille que je considère comme mon amie. Et qui va passer à l'acte, alors qu'elle ne voulait pas passer devant ce foutu curé/maire ! Grozé d'avance.


C'est marrant, ces gens qui disent ne pas vouloir se marier, ne pas vouloir un enfant maintenant et qui quelques mois plus tard nous annoncent la nouvelle ! Bon, les conséquences sont très différentes, et si un enfant vous change la vie, j'ignore si c'est le cas pour un mariage. (si des mariés passent dans le coin, n'hésitez pas à m'envoyer votre témoignage, ça m'intéresse beaucoup!)

Le mariage est pour moi une simple signature, un PACS amélioré. Un truc auquel je ne crois pas trop. Le curé est bien gentil avec la mort qui les sépare, le bon Dieu aussi, le maire..., bon, ça dépend du maire, mais les mariés c'est tout de même leur décision. C'est leur mariage. Et si un jour ils décident de se séparer, pas certain qu'ils écouteront le maire leur rappelant leur signature, le curé leur union devant Dieu. Et Dieu, bon, pas sûr qu'on l'écoute beaucoup dans ce pays.

Bon, c'est quand même un PACS amélioré. Le mariage c'est l'occasion d'une fête. C'est un bon point. C'est l'occasion de réunir l'ensemble de la famille, l'ensemble des amis. Ça coûte un bras, mais ça en vaut le peine. C'est le fait d'officialiser une relation, de changer de nom (pour les filles, si elles le souhaitent). Et c'est aussi une fin en soi.

 

La mariage, tout autant qu'un enfant, signifie pour moi la fin de la jeunesse. Lorsque j'étais enfant, je ne considérais plus les mariés comme « des jeunes ». Ils était passés de l'autre côté, celui des vieux. Oui, quand on est enfant, le monde se divise en deux catégories. Et pas de flingue dans l'histoire (hommage à Clint). C'est peut-être pour cela que je ne suis pas encore intéressé par l'idée de me marier. Déjà que je poursuis jusqu'au bout mes études pour garder cet esprit « étudiant ». Après le mariage ? Oui, j'ai entendu enfant dans le public. C'est vrai que ça semble être la suite logique.

 

C'est p'tet ça. Le mariage me fait peur. Car je ne veux pas encore avoir de responsabilités.

 

Quoi ? Je ne suis pas le mieux placé pour en parler ? Oui, c'est vrai. A une époque, j'ai cru au mariage, à l'amour d'une vie. Et puis le temps a passé, et je me suis rendu compte qu'un amour pouvait également succéder à un autre amour. Et finalement, c'est mieux comme ça. Car si nous n'avions qu'un amour, la vie serait triste ensuite.

 

J'aime, donc je suis.mariage-Mickey-Minnie-robe-de-mariee-jolie.gif

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