28 août 2012 2 28 /08 /août /2012 16:00

A tous ceux qui sont sur Lille samedi matin, pour la braderie ou pour autre chose, vous pouvez venir me supporter, m’encourager, me lancer un chocolat, crier ou hurler mon nom, voire même réaliser une petite chorégraphie kangourou tout au long du parcours. Le semi-marathon débute du côté du boulevard de la liberté, à côté de la station République, à 9 heures. C’est une boucle de deux tours, je vous mets le parcours en photo. L’arrivée aura lieu rue de Paris, pas très loin du départ. Des stands et/ou d'épongement sont prévus tous les 2,5 km.

Premier tour 

Premier-tour-du-semi-marathon-lille-2012-parcours.jpgSecond tourSecond-tour-du-semi-marathon-lille-2012-parcours.jpg
Mes objectifs

N°1 : finir le semi-marathon. Ce serait un bon début.
N°2 : finir en moins de 2h15. Sinon ce serait une grosse déception.
N°3 : finir en moins de 2h. C’est l’objectif principal.

N°4 : le faire en moins d’1h45. Pas irréalisable.

N°5 : faire moins d’1h30. Manque d’entraînement mais c’est un objectif de long terme.

Côté entraînement, j’avoue être allé courir de temps à autre, entre mes vacances (15 jours à la maison sur les deux derniers mois). Je cours aujourd’hui et jeudi matin. Ensuite repos jusque samedi matin et le grand dénouement.

Pour les flemmards, on en parle au cours de la braderie, si on arrive à se croiser !

A noter, les minima pour participer au championnat de France sont d’1h15 pour les seniors ! Un jour, qui sait !

 

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20 août 2012 1 20 /08 /août /2012 09:05

J’ai une faculté que beaucoup jalousent, notamment dans le monde des voyageurs, celle de pouvoir dormir un peu n’importe où, surtout dans les transports en commun. L’avion, pas de soucis. La voiture non plus. Le vélo, ça devient plus compliqué ! Mais aujourd’hui, c’est le bus pour une traversée de toute l’Irlande et ainsi rejoindre Galway. Pour moi, ce voyage se résuma à monter dans le bus, observer Dublin, dormir, et me réveiller dans la station de bus de Galway ! Une impression que le trajet n’a duré que trente minutes, alors qu’il faut y ajouter deux heures. 10€ avec Citylink, pas mal pour traverser l’ensemble d’un pays !

Galway (5) Nous voici donc dans un endroit qui m’est totalement inconnu, et dont j’attends beaucoup. Christophe, lui, connaît un peu les lieux pour y être passé il y a plusieurs années. Notre auberge de jeunesse, le Snoozles Hostel, est idéalement située, à côté de la station de bus et à trois minutes du centre-ville. On peut même y jouer au Jenga avec des Italien(ne)s ! C’est parti pour la visite de la ville. Un peu d’art contemporain placé au centre de la place principale, toute d’herbe recouverte. Puis les rues commerçantes bondées, où le français résonna autant que l’anglais. Nous nous dirigeons vers des canaux, le soleil brille, la vie est belle, nous fainéantons sur les berges.

Galway (4)
Galway nous impressionna rapidement en soirée. Lundi soir, les pubs, pourtant bien plus immenses qu’en France, sont bondés. Une nouvelle fois, toutes les générations sont représentées. Quelque chose d’important, les pubs ont des règles établies : pas de personnes en-dessous de 18 ans (on a également vu 20 ans), demande de carte d’identité (même pour moi qui, rasé, doit apparemment faire en-dessous de 18 ans !), fermeture à 2 heures en semaine. Du coup nous sortons tôt, vers 22 heures. La live music du jour nous offre le sosie de Sinatra, même pour la voix. Lucas fut impressionné ! Nous enchaînons avec un second bar, où j’expérimente la pinte de sirop de cassis gratuite (oui, on me l’a déjà dit, je suis radin !). Nous rencontrons des Néerlandaises avec qui nous finissons la soirée dans une boîte.

J’ai là l’un des plus grands fous rires de ma vie. La faute à un malentendu que l’on doit à la barrière de la langue. Lucas et une Néerlandaise, un vrai sketch, l’un qui part sur un sujet de conversation, l’autre qui répond sur un autre. Lucas m’a tuer (pas de faute) avec son « avez-vous déjà visité des petits villages ? ». Christophe et son bras…


Pour visiter les plaines et les campagnes irlandaises, nous optons pour la location de voiture. 177€ pour deux jours. On choisit donc les bus à 20€ la journée. Et ce fut un bon choix ! Direction les Cliffs of Moher, falaises de Moher en français. Pour que vous imaginiez, 214 mètres de haut pour 8 kilomètres de long. Un décor qui a notamment servi, entre autre, de décors à l’Harry Potter et le prince de Sang-mêlé. Des photos parlent mieux que de longs discours, plus de clichés ici.Cliff of Mohers (5)

Cliff of Mohers

Nous prenons soin d’une Lithuanienne qui voyage en solo, et qui se révèle être des plus silencieuses. Mais elle reste avec nous. Mais elle ne parle pas. Mais elle nous suit partout. Bizarre. Un dolmen plus tard, quelques châteaux et une vue des plaines irlandaises, retour dans la ville de Galway pour une nouvelle soirée, avec des Couchsurfers, notamment une Brésilienne installée en Irlande. Une pensée pour le Brésil 2014 ! Toujours le même principe : le live-music. Aujourd’hui un groupe de 4 personnes, de très bonne qualité. A croire que derrière chaque Irlandais se cache un chanteur de folk. L’utilisation d’une cornemuse emplit la salle de bonheur. Certains commencent à réaliser les danses traditionnelles irlandaises, tout un art. Nous observons, béants de joie. Elle est belle cette Irlande, de jour comme de nuit.Cliffs

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19 août 2012 7 19 /08 /août /2012 12:58

 

Il n’y a pas que l’aspect festif de Dublin qu’il faut retenir. Il y a aussi des… fesses.
Comme je le disais donc, nous dormions dans une auberge de jeunesse. Jusque là, tout va bien. En rentrant de soirée, une illusion. Serait-ce un songe d’une nuit d’été ? Non, c’est bel et bien la réalité : elle se tient là, devant moi. Nue. Au milieu de la pièce, tanguant à droite, puis à gauche. Visiblement son taux d’alcoolémie est au plus haut, son équilibre au plus bas. Elle se penche à plusieurs reprises, j’ai mal aux yeux. Elle doit avoir la vingtaine bien tassée, plutôt rondelette. J’ignore si elle se rend compte de ce qui se passe actuellement. Elle tombe sur les genoux. J’hésite à descendre pour la coucher, mais je ne veux pas qu’elle croit que je suis le nouveau DSK (il y a en a assez d’un dans le groupe !). Tout d’un coup elle s’allonge sur le ventre. Elle reste là, immobile. J’ignore ce que je dois faire. Les deux gaillards que je côtoie sont partis dans une autre pièce. Ils manquent un moment que je n’oublierai pas de sitôt !

Dublin (6)

Sinon Dublin est une ville à peu près normale. Nous avons visité les lieux indispensables grâce au free tour. Pour ceux qui ignorent ce que c’est : un tour gratuit, accompagné d’un guide. C’est en anglais, et notre accompagnateur se rattrape plutôt bien sur les pourboires. Ritchie, avec qui on me prêta une drôle de liaison, parce que fasciné j’étais par ces propos. Tout du moins attentif, ce qui ne fut pas le cas de mes partenaires, plus tentés par un shoot dans la bouteille d’eau de notre bon Ritchie que par les petites histoires sur la ville ou sur l’Irlande. (J’mets une photo qui doit vous plaire, je me permets donc de vous tacler un petit peu).

Dublinn (11)

Après une petite sieste réparatrice, ce qui sera la mode à partir de là, nous repartons pour une folle nuit à travers Temple Bar. Je retrouve tout d’abord le quartier que j’avais visité il y a de cela trois grosses années. Les souvenirs flottaient encore sur l’hôtel et le café, les souvenirs s’incrustèrent légèrement dans mes propos, dans mes sentiments. Quittons donc cet endroit et repartons où la fête bat son plein. Le deuxième live music de la soirée nous confirme notre impression de la veille : toutes les générations se bousculent dans les pubs de Dublin (plus de photos ici). Nous discutons un peu avec des Munichoises (c’est la mode du moment) et finissions dans un autre bar où je me fais un petit plaisir : c’est trois nains qui vont à la mine. C’est normal, c’est des nains. Le premier prend une pelle. Le deuxième prend une pioche. Que prend le troisième ?
Après avoir raconté 45 fois la blague à Christophe, il finit par craquer : insulte et quolibet ! Il répétait notamment : « mais non c’est pas normal que ce soit des nains, c’est discriminatoire ! ». J’ai arrêté à ce moment là, gardant la suite de la blague pour le lendemain.

Dublinn (2)

Avant notre départ pour l’Ouest de l’île, et Galway, nous sommes passés par l’achat traditionnel des souvenirs (et une nouvelle croix symbole sur mon collier, une !) avant… d’entrer dans un casino ! Pas le magasin, mais bien l’endroit où on joue son argent. Ce fut une première pour moi. Et j’ai vu comment mes acolytes pouvaient ressentir quelques frissons devant une roulette qui tourne, et qui tourne, et qui tourne, et qui fait un zéro !Dublinn (4)

 

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18 août 2012 6 18 /08 /août /2012 19:11

Aujourd’hui je n’ai rien fait. Je n’ai pas bougé. Je suis resté là, à attendre quelque chose qui ne venait pas. Une idée. Faire. Regarder. Agir. J’étais sclérosé. Je n’avais aucune envie, aucun but. J’ai réfléchi, au sens de tout ça, au sens de la vie, au sens de mon existence. Et je n’ai rien trouvé. Pas de réponse. Même les questions ne venaient pas. Je me suis réveillé dans le même état d’esprit qu’hier soir. Une tristesse. Une solitude. Je regarde au plus profond de moi-même et je ne vois rien.

 

J’ai toujours pensé que je finirais un jour par me suicider. Non pas que l’envie de me tuer m’attire particulièrement. Mais je refuse que ce soit quelqu’un d’autre que moi qui décide de la fin. Je veux battre le sort et la maladie, je veux combattre Dieu ou le destin. Je veux choisir l’heure et le jour, le lieu et les gens qui m’entourent. Je ne veux pas vivre mes dernières semaines malade à crever, ou en étant déconnecté. La maladie de mon grand-père me confirme la chose. Si Alzheimer s’empare un jour de moi et de mon cerveau, n’hésitez pas une seconde, flinguez moi. Je ne veux pas finir ainsi.

 

 Aujourd’hui j’ai ainsi perdu plusieurs heures de ma vie, à ne rien faire. Plus j’avance et plus je doute. Plus les jours passent et moins je comprends. J’ai pensé un jour détenir la réponse et puis non, ce n’est pas ça. Je rêve d’être un animal. Je rêve de déconnecter mon cerveau, de le laisser sur ma table de nuit, d’abandonner ainsi toutes ces questions qui se bousculent. La solitude ne me réussit pas, le célibat encore moins. Mais c’est surtout l’absence d’objectif qui me détruit. J’ai bien des choses à faire mais j’ai une totale démotivation. J’ai honte de moi, de ma position. J’ai honte de ne rien faire alors que je peux justement tout faire. Mais je ne veux rien. Rien de ce qui m’entoure. Rien de ce que je n’ai pas. Je n’ai rien à l’esprit, rien à l’envie. Je suis triste. Sans comprendre pourquoi.

 

J’essaie de trouver des réponses au fur et à mesure de ces lignes, espérant dénicher après une virgule la réponse que je cherche tant. Si je pouvais tout au moins trouver la réponse, juste avant ce point. Trop tard. Ca ne vient pas, rien ne vient, rien n’arrive. Mon cerveau est là pour me pourrir la vie. Je regrette parfois mes études, je regrette d’avoir continué à me nourrir d’informations pour finalement ne pas savoir quoi en faire. Je ne suis rien, et je n’ai rien envie d’être. Je n’ai pas envie d’être différent, je n’ai pas envie d’être moi. J’ai l’impression de craquer. J’ai presque pleuré, pour la première fois depuis de nombreux mois. 5, 6 fois aujourd’hui. Je criais dans ma voiture. Je hurlais parfois son nom. Elle n’est pas là, et elle me manque.

 

Le pire, c’est l’absence de futur commun. 3 ans de relation à distance. Non, mais, vous imaginez ? Sérieusement ? La folie. Est-ce que j’en ai envie ? Est-ce que j’y crois ? J’ai l’impression que la négative l’emporte pour la seconde question. L’expérience peut-être. La différence d’âge. Son début d’université. Mon manque de confiance en moi.

Oui, c’est ça aussi le problème. Je ne crois plus en moi, en tant que part intégrante du couple. Je m’en rends compte, ça m’a fait mal. Le fait d’être abandonné une fois, moi, l’homme idéal, m’a détruit. L’amour-propre a disparu, emporté par un vent nordique. Depuis je crains l’abandon de façon maladive. Je ne veux pas m’engager, je ne veux pas tout déclarer, de peur de tout perdre, une nouvelle fois. O putain, je crois que je touche au but. Je crois que je viens de trouver la question, la réponse, le sujet qui m’emmerde si terriblement depuis 2 jours, qui m’empêche de bouger ou de réaliser quoi que ce soit. C’était donc ça. C’est vrai, je m’en suis rappelé en Irlande. Je l’ai senti. Et ça s’est renforcé hier et aujourd’hui. J’ai perdu espoir. Je doute de l’amour. Je doute de la vie.

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16 août 2012 4 16 /08 /août /2012 15:44

Pour être tout à fait honnête avec vous, je partais à Dublin sur la pointe des pieds, poussé par mes deux partenaires. Mes souvenirs dublinois dataient d’il y a quelques années et étaient mitigés. J’avais retenu la cherté de la vie. Et hormis cela ? Pas grand-chose, si ce n’est un sentiment de déception.

Quand on n’aime pas une première fois, il faut toujours regoûter une seconde fois, dans un autre contexte.

Dublin (2)

Après notre atterrissage à Knock, petite bourgade Ryanair de l’Ouest de l’Irlande, direction Dublin, via Charleston. Nous n’y avons point dansé, mais sommes entrés dans un pub nous rafraîchir. Ce réflexe pourrait être le résumé du voyage : la vie dans les pubs irlandais. En plein après-midi celui-ci affichait forte affluence et les regards se sont vite tournés vers nous, à l’écoute de notre dialecte si différent du leur. L’anglais et le gaélic semblent se mélanger. Guinness.jpgMes partenaires savourent leur première Guinness, LA bière noire irlandaise qui, d’après les échos qu’on m’en fait, vaudrait un repas, tant elle pèse sur l’estomac.

 

A Dublin notre auberge de jeunesse est située sur la rivière Liffey, à un pont du quartier de Temple Bar, le centre festif de la ville. Un premier fish and chips, un ! C'est le conseil général qui régale ! Oui, information très importante : pour ce séjour nous avons  reçu 200€ par tête de la part du conseil général. Un dispositif s’intitulant pack aventure, n’hésitez pas à vous renseigner chers habitants du Pas-de-Calais ! Jusqu’à 25 ans, voyageant en groupe, constituez un dossier et partez avec l’aide du département. Oui, c’est un nouvel épisode de Jérémy les bons tuyaux !
Bref, nous sommes du côté de Temple Bar et Christophe, connaissant parfaitement la ville après plusieurs mois passés ici, nous guide à travers les pubs de la capitale. Il nous emmène voir son pote Bryan, qui chante à tue-tête. Et là, c’est la révélation. Oui, les pubs irlandais sont bel et bien extraordinaires. Toutes les générations s’y retrouvent, elles se mélangent et chantent en chœur. Bryan est un mythe, un de ces Irlandais qu’on imagine plus sur un terrain du rugby que sur une scène. Crâne rasé, plutôt balaise, il vous ferait reculer sur plusieurs mètres en vous pointant du doigt dans la rue.Dublinn (10) Dans le pub, pourtant, il vous entraîne vers lui et son univers, rempli de reprises de chansons anglo-saxonnes, et surtout, de bonnes balades irlandaises comme je les imaginais. Ces chants que Christophe reprend parfois en fin de soirée lilloise, repensant à Temple Bar et à la Guinness qui coule à flot.

I met my love by the gas works wall

Dreamed a dream by the old canal

I kissed my girl by the factory wall

Dirty old town

Dirty old town

 

J’ai vu Bryan hurler, hurler des paroles qui lui coulent dans les veines. Et j’ai vu l’ensemble du pub reprendre avec lui ces chants qui sont plus que de simples rengaines. Ils pourraient à eux seuls représenter l’Irlande.

 

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11 août 2012 6 11 /08 /août /2012 04:55

carte-irlande-map-ireland.jpgNon, je ne pars pas tout le temps en vacances. Mais quand j’ai du temps libre, je n’hésite pas. Et comme j’ai encore pas mal de temps libre en ce mois d’août…

Cette fois, direction l’Irlande, terre de Guiness et de famine, de crise économique et de paysages splendides. Deux villes sont au programme : Dublin et Galway. Je me souviens bien de la première, la capitale onéreuse, à l’ambiance animée en soirée du côté de Temple Bar. Quelques live music font nous faire entrer pleinement dans la culture et l’atmosphère du pays. Sont avec moi Christophe, dit Guiness, et Lucas, dit vodka. L’un est un habitué du pays, l’autre va le découvrir. Pour ma part la découverte se situera de l’autre côté de l’île, dans Galway et ses faubourgs. Mais ce que j’attends avec la plus grande impatience c’est le Connemara. Ses lacs, ses collines verdoyantes, ses villages paumés et son atmosphère d’Irlande éternelle.

 

 

Terre brûlée au vent, des landes de pierres
autour des lacs, c'est pour les vivants un peu d'enfer
le Connemara
Des nuages noirs
qui viennent du nord colorent la terre
les lacs, les rivières
c'est le décor du Connemara

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8 août 2012 3 08 /08 /août /2012 09:11

Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages,
Dans la nuit éternelle emportés sans retour,
Ne pourrons-nous jamais sur l’océan des âges
Jeter l’ancre un seul jour ?

Ô lac ! l’année à peine a fini sa carrière,
Et près des flots chéris qu’elle devait revoir,
Regarde ! je viens seul m’asseoir sur cette pierre
Où tu la vis s’asseoir !

Tu mugissais ainsi sous ces roches profondes,
Ainsi tu te brisais sur leurs flancs déchirés,
Ainsi le vent jetait l’écume de tes ondes
Sur ses pieds adorés.

Un soir, t’en souvient-il ? nous voguions en silence ;
On n’entendait au loin, sur l’onde et sous les cieux,
Que le bruit des rameurs qui frappaient en cadence
Tes flots harmonieux.

Tout à coup des accents inconnus à la terre
Du rivage charmé frappèrent les échos ;
Le flot fut attentif, et la voix qui m’est chère
Laissa tomber ces mots :

« Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices !
Suspendez votre cours :
Laissez-nous savourer les rapides délices
Des plus beaux de nos jours !

« Assez de malheureux ici-bas vous implorent,
Coulez, coulez pour eux ;
Prenez avec leurs jours les soins qui les dévorent ;
Oubliez les heureux.

« Mais je demande en vain quelques moments encore,
Le temps m’échappe et fuit ;
Je dis à cette nuit : Sois plus lente ; et l’aurore
Va dissiper la nuit.

« Aimons donc, aimons donc ! de l’heure fugitive,
Hâtons-nous, jouissons !
L’homme n’a point de port, le temps n’a point de rive ;
Il coule, et nous passons ! »

Temps jaloux, se peut-il que ces moments d’ivresse,
Où l’amour à longs flots nous verse le bonheur, 
S’envolent loin de nous de la même vitesse
Que les jours de malheur ?

Eh quoi ! n’en pourrons-nous fixer au moins la trace ?
Quoi ! passés pour jamais ! quoi ! tout entiers perdus !
Ce temps qui les donna, ce temps qui les efface,
Ne nous les rendra plus !

Éternité, néant, passé, sombres abîmes,
Que faites-vous des jours que vous engloutissez ?
Parlez : nous rendrez-vous ces extases sublimes
Que vous nous ravissez ?

Ô lac ! rochers muets ! grottes ! forêt obscure !
Vous, que le temps épargne ou qu’il peut rajeunir,
Gardez de cette nuit, gardez, belle nature,
Au moins le souvenir !

Qu’il soit dans ton repos, qu’il soit dans tes orages,
Beau lac, et dans l’aspect de tes riants coteaux,
Et dans ces noirs sapins, et dans ces rocs sauvages
Qui pendent sur tes eaux.

Qu’il soit dans le zéphyr qui frémit et qui passe,
Dans les bruits de tes bords par tes bords répétés,
Dans l’astre au front d’argent qui blanchit ta surface
De ses molles clartés.

Que le vent qui gémit, le roseau qui soupire,
Que les parfums légers de ton air embaumé,
Que tout ce qu’on entend, l’on voit ou l’on respire,
Tout dise : Ils ont aimé !

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7 août 2012 2 07 /08 /août /2012 11:05

L’idée est partie d’une question : mange-t-on avec nos yeux ? Réponse : oui, parfois. Ca dépend des aliments.
Notre équipe du tour d’Europe s’est réunie en compagnie d’une spécialiste en matière de nutrition pour tester notre sens du goût ! Devant nous se dressaient dix compétitions : cinq types d’eau, des patates, des fromages du Nord, du pain, des pommes, des jambons, des colas, des bières, des chocolats et des glaces. Un bon repas en perspective ! Armés d’un bandeau, nous avons commencé la dégustation. Les résultats ont varié d’une personne à l’autre mais d’une manière générale :

Difficile de différencier une eau plate d’une eau plate

Difficile de différencier une patate d’une patate

Après ce fut selon les personnes. Un peu de réussite aussi, selon les épreuves. J’étais fier de reconnaître un coca cola d’un cola d’hypermarché, mais ce ne fut pas le cas de tout le monde. De même, j’arrive à faire la différence entre un chocolat noir, au lait et blanc. L’honneur est sauf. Un sans faute pour les fromages de la région, d’autres l’ont fait pour les bières ou le chocolat.Blind test gustatif

Sur la photo, nous avons l’air de prier ou de faire la manche, en attendant notre carré de chocolat !
Prochaine épreuve, le blind test musical ! Qui est partant ?

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6 août 2012 1 06 /08 /août /2012 05:05

Emir Kusturica filmographieIl est temps. Pour ma seizième filmographie, je veux vous présenter mon réalisateur favori, celui qui a réussi à ensoleiller certaines de mes longues soirées d’hiver. Celui qui parvient à me faire sourire ou rire en traitant de la guerre ou de la misère. Celui qui avec un accordéon fait résonner l’âme des Balkans, le cœur de l’Europe. Monsieur Emir Kusturica, deux fois vainqueur de la palme d’or à Cannes.

 

Papa est en voyage d’affaire (1985) : 15/20. Avec Miki Manojlovic et Moreno D’E’ Bartoli.Papa est en voyage d'affaire emir kusturica

Le dernier film que j’ai vu, le premier qui fut récompensé à Cannes par la palme d’or. C’est celui qui fit découvrir Kusturica au monde. J’avoue avoir été plongé dans cette histoire de famille berçant dans la Yougoslavie de Tito, au moment où celui-ci rompt avec Staline. Fort d’un contexte historique particulier, Kusturica réussit à aborder les sujets sensibles de la liberté d’expression et des camps de travail dans une Yougoslavie communiste où vos propos peuvent vous entraîner en prison. La vision des relations et des amitiés dans la famille vaut aussi le coup d’œil.

 

Le temps des gitans (1988) : 18/20. Avec Davor Dujmovic.

Le temps des gitans emir kusturica

Ceci est une claque. L’histoire des Roms. Et vous verrez qu’en 25 ans, peu de choses ont changé. Perhan souhaite épouser la fille de sa voisine, dans les bidonvilles de Skopje. La mère de celle-ci refuse. Il décide alors d’aller gagner de l’argent en Europe. Magouille, mendicité, prostitution, trafic d’enfants… la vision de la vie des Roms peut choquer. Un peu plus tard Perhan rentre chez lui. Avec un air de parrain. Le parrain des Roms, oui, c’est cela. Avec tout ce que cela peut entrainer. Grand film, entièrement tourné en langue tzigane. Kusturica fut récompensé par le prix de la mise en scène à Cannes. Il en a même adapté un opéra-punk !

 

Arizona Dream (1993) : 17/20. Avec Johnny Depp et Jerry Lewis.

Arizona dream emir kusturica johnny depp

Peut-être le film le plus hollywoodien de Kusturica. Il réussit à faire participer Johnny Depp à son aventure. Celui-ci se révèle ultra-convaincant, dans une histoire magnifique. Installé à New York après la mort de ses parents, Axel Blackmar (Johnny Depp) mène une vie heureuse, recensant les poissons pour le compte du département de la pêche et de la chasse. Mais son oncle Leo, vendeur de voitures en Arizona sur le point de se remarier, le rappelle pour lui servir de témoin et, espère-t-il, de repreneur. Sur place, Axel va se retrouver balloté entre ses propres rêves, ceux de deux femmes, ceux de son oncle... Ours d’argent à Berlin

 

Underground (1995) : 16,5/20. Avec Miki Manojlovic et Lazar Ristovski.

Underground Emir Kusturica

Kusturica réussit à vous faire le résumé de l’histoire de l’ex-Yougoslavie avec la même famille. La performance mérite d’être saluée ! L’histoire de deux amis, Marko et Blacky. Le second se cache des nazis dans la cave du premier. A la fin de la guerre, Marko continue de leur faire croire que les combats se poursuivent, afin que ceux-ci produisent des armes qu’il vend à prix d’or. L’histoire se poursuit jusqu’à la guerre de Bosnie. Film polémique, qui vaudra au réalisateur de se voir taxé de fasciste à la solde de Milosevic, il lui permet également d’obtenir sa deuxième palme d’or à Cannes.

 

Chat noir, chat blanc (1998) : 18/20. Avec Bajram Severdzan et Srđan Todorović.Chat noir chat blanc emir kusturica

Je pense qu’Emir Kusturica a pris la place de mon meilleur réalisateur lors de ce film. Un film génial, une nouvelle fois, le rythme, la musique, les images, le scénario. Beaucoup de choses sont parfaites, portées par des acteurs qui gagnent à être plus connus.

La genèse est amusante. Emir Kusturica se voit proposer par une chaine de télévision allemande la réalisation d’un documentaire sur la musique tzigane. Alors qu’il se rend sur le lieu de tournage pour préparer le synopsis, il entend une anecdote à propos de la mort d’un grand père juste avant un mariage, dont le corps a été mis dans la glace pour que la cérémonie ait lieu. Il décide d’en faire un film. Amusant, entrainant, plein de fraicheur. Le film est agrémenté de la musique d'Emir Kusturica et de son groupe, le No Smoking Orchestra. Lion d’argent à la Mostra de Venise. A ne pas manquer !

 

La vie est un miracle (2004) : 18/20. Avec Slavko Štimac et Vesna Trivalić

La vie est un miracle emir kusturicaLa Bosnie, en 1992. Un contexte de guerre civile pour une histoire qui vous mettra du baume au cœur. Magnifique B.O. Natasa Solak, qui joue Sabaha est splendide.

Luka (Slavko Stimac, Underground), ingénieur serbe venu de Belgrade avec sa femme Jadranka, chanteuse d'opéra, et leur fils Milos, s'est installé dans un village au milieu de nulle part afin d'y construire la ligne de chemin de fer qui transformera la région en haut lieu touristique. Concentré sur son projet et aveuglé par son optimisme naturel, il ne prête pas attention aux rumeurs de guerre de plus en plus persistantes

Golden Globe du meilleur film européen. Peut-être mon préféré.

 

Promets-moi (2008) : 17/20. Avec Uros Milovanovic et Marija Petronijevic

Promets moi emir kusturicaPlein de fraicheur que ce film ! Tsane est un paysan serbe qui vit avec son grand-père. Ce dernier, qui souhaite assurer l'avenir de son petit fils l'envoie vendre sa vache en ville. Avec l'argent, il doit acheter une icône, ramener un souvenir, et surtout, trouver une épouse. Il rencontre Jasna, une jeune fille d'une très grande beauté qu'un parrain local compte enlever afin de la faire travailler dans une maison close. Pour réussir, il sera aidé par deux frères, les petits enfants d'un bottier qu'a bien connu le grand-père de Tsane.

Les acteurs sont bons, la B.O également. Du bon Kusturica.

 

Voilà pour les sept films que j’ai vus de Mister Emir Kusturica. Il me reste le documentaire sur Maradona (pour beaucoup ce n’est pas un vrai Kusturica) ainsi que Te souviens-tu de Dolly Bell, que j’ai chez moi, mais en serbe, et sans sous-titre… (ça complique un peu la chose !).

Que dire ? Découvrez au moins l’un des films. Et je pense que vous serez conquis. L’essayer, c’est l’adopter. Les B.O. sont souvent un des gros points forts de ses réalisations. Récompensé plusieurs fois par la critique, il reste fortement inconnu du grand public, malgré le fait qu’il ait présidé le festival de Cannes ou la Mostra de Venise. J’attends avec impatience son prochain long métrage.

 

Mon classement des réalisateurs-acteurs (totalement subjectif)  

1. Emir Kusturica : 17,08/20 (7 films)

2. Jacques Audiard : 16/20 (5 films)

3. Billy Wilder : 15,55 (11 films)

4. Charlie Chaplin : 15,29 (7 films)

5. Clint Eastwood : 15,25 (10 films)

6. Frank Capra : 15,07 (7 films)

    Quentin Tarantino : 15,07 (7 films)

8. Les frères Coen : 14,88 (13 films)

9. Stanley Kubrick : 14,82 (11 films)

10. Sofia Coppola : 14,5 (4 films)

    Audrey Hepburn : 14,5 (8 films)

12. Alfred Hitchcock : 14,32 (11 films)

13. Woody Allen : 14 (13 films)

14. Howard Hawks : 14,29 (7 films)

15. George Cukor : 13,95 (10 films)

16. Tim Burton : 13,25 (12 films)

 

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4 août 2012 6 04 /08 /août /2012 05:23

 

Sur les genoux des invités. J’ignore qui, j’ignore quand, mais ce souvenir m’a marqué. Nous sommes chez moi, dans un passé révolu. Je recherche tant bien que mal cette personne qui me file entre les doigts. Pourtant je les connais par cœur, les cachettes. Mais cette fois, elle a fait fort ! C’est finalement les rires de l’assemblée et quelques sourires crispés des collabos qui me firent comprendre la chose. J’avais pourtant jeté un coup d’œil comme je le fais toujours, les genoux au sol, regardant si elle n’était pas sous la table. Elle était en fait à l’intérieur, allongé sur les genoux des invités. Ce fut là, la meilleure cachette de cache-cache dont je me souvienne.

 

Cache-cache. Oui, je suis sûr que nous y avons tous joué, un jour ou un autre. Le jeu détesté des entreprises. Et pour cause, c’est totalement gratuit, rien besoin d’acheter. Peu importe sa classe sociale on peut tous y jouer. Il suffit d’un peu d’imagination.

Moi, les parties de cache-cache me ramènent chez mes grands parents, côté paternel. Il faut dire que le terrain y était propice : très grand, avec beaucoup de bâtiments de l’ancienne ferme. Et surtout, il y avait un champ derrière.

Le champ de blé restera gravé. Son odeur me parcourt encore les narines aujourd’hui, à chaque fois que je longe à vélo l’un de ses congénères. On savait souvent que quelqu’un y était, mais qui ? Car cache-cache, ce n’est pas seulement trouver quelqu’un, c’est citer son nom. Alors on courait à travers le champ, voyant en même temps devant nous bouger les épis. Ce n’était pas le vent, mais ma proie. Que la chasse commence. Tout d’un coup, plus rien ne bouge. Je m’arrête et tend l’oreille, je peux l’entendre marcher lentement, sur les genoux, à travers les épis. Je me rapproche et crie à haute voix le nom du prochain compteur.

 

Cache-cache c’est des règles assez basiques. Une personne compte dans son coin, en se cachant les yeux, jusque 50, 75 ou 100, cela dépend de la maison. Et puis il se met en route. Son objectif, trouver les compères avec qui il jouen.

Au-delà des souvenirs de ma grand-mère j’ai ceux du collège. Non, on ne jouait pas à cache-cache au collège. Pas assez tendance et à la mode pour les adolescents que nous étions. Mais une fois, en plein voyage de classe en Allemagne, quelqu’un eut l’idée. Nous visitions alors un monument avec notre classe, j’ignore un peu quoi. Mais je n’ai pas oublié ce cache-cache et les personnes avec moi. Benjamin D., Rémi D. Alexandre B. Camille B., Romain D… Pourquoi avons-nous commencé ? Je l’ignore. Mais je me souviens que nous ne voulions plus nous arrêter. Et peu importe le regard des filles interloquées, celles que nous tentions pourtant si souvent d’impressionner dans la cour de récré. Nous retombions en enfance, à courir de toutes nos forces pour échapper à celui qui voulait notre peau, celui qui tentait désespérément de croiser notre visage.

 

Mon dernier cache-cache, ce fut à l’université. Oui, nous étions alors de très grands enfants. Dans les bâtiments du CROUS, à 4h du matin, d’étage en étage, de porte en porte. Nous entendions une porte claquée. Etait-ce pour de vrai ou seulement de l’intox ? Le cache-cache avait prit un côté plus tactique, et nos sens affutés écoutèrent avec la plus grande attention chacun des bruit de pas dans les escaliers. Il monte ou il descend ?

Cache-cache c’est avant tout trouver une cachette. Et ce n’est pas facile dans un petit endroit. Chez moi, le grenier était un trésor à cache-cache. Tout servait ! Un bout de mur, un carton dont on s’enfilait, une commode où j’arrivais encore à me faufiler. Et puis dehors, bien sûr, pour le cache-cache de base, qui peut-être éternel. La personne qui cherche fait le tour de la maison. Celles qui se sont cachées l’observent tous ensemble. Et quand le compteur avance de pignon en pignon, les autres font de même, tout en regardant bien derrière eux que l’autre ne force pas l’allure.

J’avoue que peu de jeux d’enfance me donnent autant de sourires et de souvenirs que les cache-cachs. Et si demain on me propose d’y rejouer, je pense que j’accepterai sans hésiter ! cache-cache-jeu.gif

 

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