6 juillet 2011 3 06 /07 /juillet /2011 12:13

30 juillet 2009. Je crois que c'est ce jour là que ma passion pour le football professionnel a largement décliné. Gabriel Heinze, un des joueurs dont j'étais fan depuis son passage à Paris, mon club de coeur, rejoignait Marseille. Quelques jours avant, il déclarait sa flamme pour le club de la capitale et disait que jamais il ne porterait les couleurs du club de la Canebière.

 

L'amour du maillot ? Existe-t-il encore dans le football professionnel ? Le joueur le plus ancien de Paris est Armand, arrivé en 2004. Bien sûr il y a Chantôme ou Sakho, formés au club. Mais pour le reste ? Payet a lancé un bras de fer avec son ancien club, Saint-Etienne, pour rejoindre son club de coeur, Paris, l'hiver dernier. Aujourd'hui, il est à Lille.

Je ne compte plus le nombre de "bras de fer" lancés par les joueurs pour rejoindre "leur club de coeur", qu'ils quitteront quelques années/mois plus tard pour un plus gros contrat. L'amour du maillot ou l'amour de l'argent ?

 

Paris a été racheté par des Qataris. Ils succèdent à un fond d'investissement américain. Des présidents amoureux du club ? Bazin, qui représentait les Américains, déclara que l'opération était aussi l'occasion d'un bon coup dans l'immobilier avec le Parc des Princes. Quant aux Qataris, le club est une "vitrine".

 

Les entraîneurs ? Kombouaré. Ancien joueur du club, ancien entraîneur de Valenciennes. Avant lui c'était Le Guen, ancien joueur du club, ayant entraîné Lyon. Et encore avant Lacombe, qui a entraîné 7 équipes françaises. Avant ? Fournier, ancien joueur du club, entraîneur d'Auxerre à l'heure actuelle. Un entraîneur effectue en moyenne deux années dans le même club.

 

L'amour du club ? Il reste les supporters. Ce sont les derniers fidèles. Il est loin le temps où Sikora, né à Courrières, effectuait la totalité de sa carrière à Lens. Il est loin le temps où Guy Roux effectuait 40 ans dans le même club. Il a même craqué en fin de carrière.

 

L'amour du maillot existe de moins en moins. Il y a bien sûr de nombreuses exceptions. Giggs et Xavi ont fait la totalité de leur carrière dans le même club. Il existe des exceptions dans le système des présidents. L'Espagne, où les Socios contrôlent le club. Le président est élu par les supporters. Un système qui mériterait de se développer. Mais quand on voit la dette des clubs de Liga on se demande si c'est là la bonne solution.

 

Le football me déprime de plus en plus. Depuis l'arrêt Bosman les joueurs changent de club comme ils changent de voiture (et de ce côté là, ne vous inquiétez pas pour eux). L'année dernière, l'équipe de France nous a foutu la honte dans le monde entier, en faisant grève. Et beaucoup se sont étonnés de la baisse de fréquentation dans les stades français cette année ! Payer 45€ pour voir des joueurs sur-payés jouer à la ba-balle et faire "un bon 0-0" (on l'a tous entendu le fameux bon 0-0).

 

Heureusement il reste le FC Tilques. L'amour du maillot, l'amour du blason (surtout vu notre blason !). Et l'amour du jeu (enfin, on essaie !).

FC Tilques

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4 juillet 2011 1 04 /07 /juillet /2011 19:14

P1140950Ca y est. Julie est officiellement maman. Pauline, une espèce de petite chose qui ne fait pas beaucoup de bruit le jour et un peu plus la nuit. Guillaume est l'heureux papa. Et leur vie a littéralement changé.

 

Enfant. C'est là le mot qui établit la plus grande frontière entre les individus. Oublier les religions, les nationalités ou la couleur de peau. Non, l'incompréhension est encore plus forte quand on parle d'enfant. Car ce sont les enfants qui déterminent de quel côté tu es de la frontière. Celui qui a des enfants ne vit plus comme avant. Et celui qui n'a pas d'enfant ne vit pas comme celui qui en a. Et les deux se comprennent rarement.

 

L'enfant te fait changer de vie. Qu'on le veuille ou non. Qu'on en prenne conscience ou non. Jusqu'ici, maman et papa, qui ne l'étaient pas, pensaient d'abord à eux, en tant que personnes, ou en tant que couple.

Maintenant, à chaque réveil, à chaque soirée, à chaque problème, ils penseront à elle, la petite Pauline. Peu importe ce qui va leur arriver ces prochaines années, ils choisiront toujours en fonction de leur fille.

 

Cela est bien normal, mais cela reste un choc. Et il faut être prêt ! On ne fait pas un enfant comme on achète un chien ! Le chien, on peut le laisser quelques heures tout seul, quitte à ramasser un peu d'excrément en fin de journée. L'enfant...bon, certains diront que c'est possible, mais cela me poserait une sérieux problème de morale.

 

Depuis quelques années, autour de moi, les enfants poussent. Rose, Marion, Angélique... J'ai même reçu récemment ma première invitation pour le mariage de quelqu'un qui était dans ma classe. On ne peut plus le nier, on n'a plus vingt ans.

 

Quand Julie m'a dit qu'elle était enceinte ? Ah, je m'en rappelle bien ! Et pour cause, c'est le moment où ma meilleure amie m'a dit qu'elle changeait de vie. J'ai réagi bizarrement. Extérieurement je lui disais "mais tu te rends compte que tu vas être maman". Surprise et aussi de la satisfaction pour eux. A l'intérieur par contre...

 

A l'intérieur, ce fut le temps du bilan. Quand quelqu'un vous annonce un tel changement de vie, vous, de votre côté, vous faites le point. De mon côté j'ai regardé où en était Julie et où j'en étais. Julie, instit en poste, en ménage, dans sa maison, attend maintenant un enfant. Jérémy, revenu célibataire de New York, perdu dans sa vie sentimentale autant que professionnelle, en attente.

 

Oui, l'enfant met un coup de vieux. Mais pas seulement aux parents.

 

PS : cet article n'est pas complet, et pour cause, je n'ai pas encore d'enfant. Mais je promets de le compléter dans 9 mois ! ahahah 9 ans oui !

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30 juin 2011 4 30 /06 /juin /2011 11:35

Le stop, c'est beaucoup de talent et un peu de chance. Non. Recommençons.

Le stop, c'est un peu de talent et beaucoup de chance.

 

Lorsque je décide de prendre la route samedi matin, je pense déjà à une journée difficile. Il pleut. Et pas qu'un peu. Saint-Omer semble inondé. Le marché se met difficilement en place. La population court se mettre à l'abri. Et moi, je marche. Seul.

 

Samedi matin, je sais très vite que le stop va marcher. Je sors de chez moi et la première voiture s'arrête. Un monsieur de Tournehem, qui m'emmène sur la capitale audomaroise. Je dois ensuite marcher jusqu'à Blaise-Pascal pour être repris, et déposé à l'entrée de l'autoroute. Ma décision est prise, cap à l'Est.

 

Un couple et leur fille s'arrêtent très vite, direction Arras. C'est avec eux que je peux enfin développer un peu les conversations. On parle voyage, tour de France. Mon discours doit leur plaire, ils m'offrent un ticket restaurant en échange ! (je vous promets cependant que je ne fais pas du stop pour gagner de l'argent !)

 

Arras-Saint-Quentin, c'est un agriculteur. Puis Saint-Quentin-Reims. Et Reims-Strasbourg ! Le rythme accélère au fur et à mesure de la journée si bien que je n'ai même pas le temps de manger. J'annonce, l'un des bons copains de Cécile de France, bouddhiste, en combi VW, qui était prof de physique, maintenant en charge du chantier de la maison de l'actrice. Cinéma, musique, philosophie. On part parfois très loin. Et je me plais beaucoup à analyser chacun de mes conducteurs.

 

Strasbourg, 16h. Est-ce que je continue ? Je connais une Erasmus ici. Prendre un risque ?

16H15, j'ai franchi le Rhin. Une victoire en soi.

 

Très vite, une nouvelle voiture me dépose... sur une bretelle d'autoroute. Je n'aime pas. Dangereux. Et très difficile pour une voiture de s'arrêter. Tu parles. Aujourd'hui, tout me réussit. 5 minutes plus tard, nouveau combi VW ! Un Français, qui m'amène à Karlsruhe, puis jusque Stuttgart. Là, mon dernier combi VW de la journée, magnifique qui plus est (voir la vidéo), va à Augsburg. Je ne sais pas où c'est, mais allons-y !

 

 

 

Où je vais ? En fait, je pense aller rejoindre une fille. Allemande. Que j'ai rencontrée à Madrid. Elle habite Regensburg, ville inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO. Alors je ne m'arrête pas. Un couple d'Allemands me prend sur la voie d'accélération d'autoroute. Aichach me voici. Puis un autre Allemand. Ingolstadt. Je poursuis mon apprentissage de la géographie bavaroise. Deux Allemands. Puis un. J'avance de 10 kilomètres à la fois. 65 kilomètres de Regensburg (Ratisbonne en français). 21H15. Il me reste une heure de clarté. Je ne suis pas dans un endroit idéal.

 

Et je ne bouge plus. 22H15. Il fait noir. Les voitures accélèrent toujours, pas un seul ralentissement. Ca commence à être dangereux. Merde, ma quête s'arrête là. Je vois un pont. Echafaudage. Je prépare mon "lit". J'envoie un message à mon Allemande. Qui décide alors d'un road-trip pour venir à ma rescousse.

Minuit, Regensburg. Danube.

 

Saint-Omer-Regensburg, tu peux le faire en 8h30, si tu passes par la Belgique et Cologne (890 km).

De mon côté, c'est 1063km, 11H53 de prévu. En stop. Impossible n'est pas français.

 

Julia, merci.

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24 juin 2011 5 24 /06 /juin /2011 21:55

P1010154.JPG

C'est à ce moment-là que tout a commencé. Plus besoin d'argent pour voyager.

Un tour de France. En stop. 20 jours. 15€ dépensés.

 

Nous étions des rêveurs. Je le suis toujours.

 

Tour de France

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23 juin 2011 4 23 /06 /juin /2011 16:23

Il y a longtemps de cela, j'imaginais une trilogie concernant la fameuse substance. Pris de cours par les évènements actuels, il me faut donc accélérer et publier le tome 2 dès aujourd'hui !

 

J'ai vu que j'en ai fâché quelques-uns après le premier article. Vous le savez sans doute, mais l'alcool n'est pas le point le plus important de mes amitiés. Je n'ai jamais demandé à quelqu'un d'arrêter de boire. Heureusement pour moi sans doute, car la liste de mes ami(e)s s'en trouverait réduite ! J'ai même lu que je tentais d'imposer mes idées, ma façon de vivre ou encore mon intransigeance sur le sujet. Comme vous l'avez lu, j'ai clairement critiqué un point important selon moi, l'absence de modération chez chacun de nos congénères.

 

Alcool-pour-Milev.jpgOui, l'alcool doit être consommé avec modération. Les risques sont bien connus, j'en répète deux ou trois : on retrouve l'alcool dans 15 à 20% des accidents du travail, 40% des crimes et délits, 80% des violences conjugales et 45 000 décès chaque année (avec un rôle direct ou associé) .

 

Mais attention, je n'ai pas critiqué le verre de temps en temps. Je sais que la majorité des consommateurs ne boit que de temps à autre, dans des circonstances exceptionnelles, ou pour une fête importante. De là à se mettre minable, il y a un pas que beaucoup ne franchisse pas. L'alcool permet pour certains d'entrer dans la fête, de commencer une conversation, ou tout simplement de se faire plaisir en buvant un Bordeaux Cheval Blanc 1947 (ne rêvez pas, c'est 224 000 euros la bouteille). Je ne nie pas l'aspect vie en société de l'alcool. Je suis seulement contre le fait d'en abuser.

 

J'ai écrit mon précèdent article à la suite de la fête de la musique lilloise. J'étais en colère, non pas simplement par le fait que l'individu décrit était chiant (il n'est pas le seul) mais qu'il se mettait en danger et nous a foutu la trouille. Le fait de l'avoir perdu de vue quelques minutes ou d'être obligé de lui foutre deux baffes pour être sûr de ne pas le voir sombrer dans un coma éthylique a du jouer sur l'humeur de mon papier.

 

L'alcool est une institution en France. Il faut dire qu'avec 15,8 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2007, la filière ne manque pas de défenseur, même au sein de l'Etat (2,8 milliards de recette fiscale, TVA non comprise, chiffre de 2003).  Pourquoi un tel poids pour quelque chose qui peut s'apparenter à une drogue ?

Jésus, je t'en veux parfois. Imaginez simplement que si ce brave monsieur n'avait pas dit "buvez ce vin, car ceci est mon sang" et l'avait remplacé par "fumez ce shit, car ce sont mes cheveux" (merci Jamel pour la vanne), nous aurions tous une cave à marijuana à la maison.

 

L'alcool c'est toute une histoire en France. Déjà les Bordelais s'entendaient bien avec les Anglais en pleine guerre de Cent ans car ceux-ci achetaient barils sur barils. L'alcool permet à des écrivains ou réalisateurs talentueux de réussir leur plus beau-chef d'oeuvre.

 

Je regrette simplement que d'autres ne savent plus s'en passer pour s'amuser. Que certains annoncent que ce soir, "ils s'en mettent une", et qu'ils finiront la soirée à 22 heures, seul, dans une voiture, avec comme seul ami leur vomi. Je suis déçu d'en voir craquer complètement après le verre de trop. Surtout je hais l'habitude prise par des personnes de voir dans l'alcool la seule solution de s'évader par rapport aux soucis quotidiens.

 

Article à consommer avec modération.

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23 juin 2011 4 23 /06 /juin /2011 14:07

Je te revois, petite fille blonde, jeune demoiselle déjà, juste assise à côté de moi. Depuis le début de l'année, je ne pensais que toi, je me réveillais pour toi, je vibrais pour toi. Ton sourire, ton regard, ton humour... oui, je pense bien que je t'aimais bien.

 

Je me souviens bien de ce jour-là, du couloir où tu m'accompagnais, juste avant de rentrer en cours. Nous discutions du futur, pas forcément du nôtre, mais du tien et du mien. Tu n'étais jamais très confiante et je n'avais pas toujours les mots adéquats. Tu ne m'en voulais pas. Je pense que tu m'aimais bien.

Mais ce midi-là les choses ont été plus loin. Ton manque de confiance t'a fait pleurer. Je vois les larmes doucement couler le long de tes joues rouges. Les pleurs sont saccadés.

 

Depuis, je regrette. Oui, ce jour-là, je ne savais pas quoi faire. J'ai hésité et je n'ai pas réussi à te prendre dans mes bras. Pardonne-moi de mon inexpérience qui à elle-seule peut expliquer mon attitude.

 

Quelques semaines plus tard, tu disparaissais de la fac. Dépression. Si tu savais comme je regrette de ne pas avoir su t'aider.

 

 

 

Je te revois, petit garçon brun à lunettes. Collège, sixième, cour du bas, devant les casiers. C'était l'automne, et la dure loi du collège faisait son oeuvre. Ils étaient trois devant toi. Et ils t'embêtaient. Plus comme à l'école primaire. Cette fois-ci les coups ont remplacé les mots.

 

Il se trouve que je te vois, juste derrière un mur. Je veux venir t'aider. Mais je n'y arrive pas. J'ai trop peur. Peur de recevoir des coups, peur de ne pas réussir à t'aider. Pardonne-moi mon manque de courage. Pourtant je connaissais deux des garçons. J'aurais pu t'aider, j'en ai maintenant la certitude. J'ai fui.

 

Le jour même, ton nez finira cassé. Et tu changeras de collège quelques semaines plus tard.

 

 

 

On a tous des regrets. Notre comportement nous déçoit souvent et il n'y a pas pire jugement que celui que l'on se fait à soi-même.

 

Depuis, j'ai pris des dizaines de filles dans mes bras. Dès qu'une larme coule je me jette, comme pour mieux rattraper ce qui s'est passé cet après-midi là. Depuis, j'ai voulu m'interposer dans plusieurs bagarres, sous toujours beaucoup de réussite. Mais j'aurai au moins essayé.

 

On apprend toujours de ses erreurs.

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22 juin 2011 3 22 /06 /juin /2011 15:35

Quoi ? Tu ne bois pas d'alcool ? Mais comment tu fais ?

Si vous êtes régulièrement en ma compagnie, vous avez du remarquer cette question qui m'est traditionnellement posée. Peut-être même que vous un jour vous vous l'êtes posée. Ou alors une autre, tout aussi fréquente : pourquoi ?

 

Répondons aujourd'hui à la première question avec l'exemple de la fête de la musique. Celle-ci est, avec la braderie, une journée de débauche dans Lille. Les cadavres de bouteilles jonchent les rues. Puis ce sont les êtres humains qui se mélangent aux détritus. Quand je dis être humain, je devrais peut-être parfois parler de l'espèce animale, tant certains retournent à l'état sauvage après la bière de trop.

 

Hier, j'étais en compagnie de trois amis. L'un d'eux a clairement un peu trop abusé de la bouteille, jusqu'à se transformer petit à petit. Trois stades importants : le fameux "ah j'suis trop déchiré", qui horripile tant ceux qui n'ont pas bu. "Tu veux une médaille ?" je lui réponds. Et surtout, "oui, tu es déchiré, mais est-ce que tu t'amuses ?" Toujours accoudé au bar, toujours un verre à la main, mais rarement sur la piste de danse. Difficile également de débuter une conversation avec le sexe féminin, tant l'état de notre ami laisse à désirer. Nous nous faisons d'ailleurs refouler du Smile de sa faute. Bons copains, nous restons avec lui même si parfois l'envie est grande de l'abandonner sur un trottoir.

 

Pour repartir dormir, il faut marcher jusqu'à la Madeleine. Pour ceux qui connaissent Lille, c'est déjà un petit bout depuis Masséna-Solferino. 40 minutes d'ordinaire. Mais aujourd'hui, le trajet sera un peu plus compliqué, en raison de l'attitude du soiffard. Certains adoptent une attitude bizarre quand ils ont bu, et se mettent à faire des choses qu'ils ne font pas d'ordinaire. On en a vu chanter. On en a vu danser. On en a vu crier. Le monsieur, lui, court. Tel Forrest Gump, il court sans s'arrêter, sans se retourner. Petit problème, il se perd. En plus d'inquiéter ses potes, il se met littéralement en danger. Certains finissent dans la Deûle, d'autres font des comas éthyliques. J'ai déjà vu des potes se retrouver dans le fossé après avoir pris la voiture un soir de cuite. Pas encore de mort. Je pense que c'est beaucoup de chance pour certains. Et j'ai très peur qu'un jour la chose arrive. Toujours est-il que ce garçon a été retrouvé deux rues plus loin (pas dans la bonne direction), assis devant une banque, seul, faisant clairement pitié.

 

Alcoolimse-pour-Milev.jpgEnfin, la troisième étape, le lendemain. Le trou noir. Qu'est-ce que j'ai fait de ma soirée ? Plus de notion des lieux, plus de notion du temps. Notre camarade s'est retrouvé avec 65€ en moins. Dépensé dans la substance. Un jour, j'ai une amie Erasmus qui s'est réveillé dans un hôpital. Sans savoir ce qu'elle faisait là. On lui a raconté. Sans lui préciser l'épisode où elle s'est laissée embrasser par un garçon, alors qu'elle était amoureuse d'un autre, à plusieurs milliers de kilomètres de là. Certain(e)s se réveillent dans un lit, avec quelqu'un à leurs côtés. Et là, c'est le drame... D'autres ont des douleurs, des bleus, une lèvre en sang, sans savoir pourquoi.

 

Comment je fais pour ne pas boire d'alcool ? La réponse était hier. Demain. Aujourd'hui pour quelques-uns. A toutes les soirées quasiment. Je m'amuse sans alcool. Je n'ai pas besoin de boire 3 verres pour parler aux filles. Hier, j'étais prêt à aller décrocher le drapeau de l'Italie sur l'ambassade. Il y a quelques mois j'étais déguisé en Ecossais et je parlais avec un mauvais accent. 0 gramme. Et une soirée de rigolade.

Je ne bois pas pour ne pas embarrasser mes potes. Pour ne pas gâcher leur soirée. Je suis parfois égoïste, mais pas à ce point. Alors certes parfois je rigole de certains comportements, mais mon sourire se confond aussi avec de la pitié. J'ai peur pour vous, qui, dans quelques années, allez vouloir retrouver la sensation de la jeunesse. Quoi de plus simple qu'un petit verre ?

Je refuse d'être entraîné par une drogue en soirée. Oui, une drogue. Un ami au courant de cette question m'a récemment rappelé que si l'alcool était découvert ajourd'hui, ce serait considéré comme une drogue dure. En France, vers 2006, l'usage problématique d'alcool touche environ 5 millions de personnes (dont 2 millions seraient dépendantes). Et toi ?

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21 juin 2011 2 21 /06 /juin /2011 14:19

Avant chaque vacance c'est le même rituel. Que mettre dans son sac ? Cela dépend souvent du moyen de transport envisagé. En voiture, c'est la taille du coffre qui prime. On emporte souvent de tout et de rien, un peu trop de tout d'ailleurs, ce qui ne sert souvent à rien.

Pire, il y a Erasmus. Là, on vous demande de partir avec un sac qui doit vous permettre de tenir une année ! Oui, car la durée du voyage reste primordiale au moment de faire ton sac ! Une semaine au soleil, c'est plutôt facile à organiser. Une semaine au ski, c'est un peu plus lourd mais cela reste convenable. 2 mois à travers l'Europe mérite un peu plus de réflexion.

 

Et puis, il y a les voyageurs. Les vrais. Avec le sac sur le dos. Parfois le pouce en l'air. Ou voyageant de train en train. Le sac a là une importance stratégique majeure. Et nous ne sommes pas tous égaux devant notre plus fidèle compagnon.

 

L'égalité homme-femme n'est pas encore parfaite sur ce point. Car oui Mesdames, vous avez tendance à en prendre un peu plus que prévu. Souvent même, ça ne rentre pas. Et vous demandez à Monsieur de prendre quelques-unes de vos affaires. Votre trousse de toilette-maquillage fait souvent le double de la notre, et niveau vêtement vous prévoyez large. N'y voyez aucun machisme là-dedans, juste une constatation faîte au cours des années.

 

Ce week-end, je pars en stop. Un sac sur le dos. A l'intérieur ? Une liste simple, basique, les choses à ne pas oublier avant de partir en voyage :

sac-a-dos-du-voyageur-pr-milev.jpg- papier d'identité

- carte bleu/argent

- appareil photo + chargeur

- boussole

- crayon + panneau pour le stop

- une trousse de toilette et médicale

- 1 short/1 pantalon (selon ce que je met le matin)

- 1 T-Shirt

- 1 Pull

- 1 K-Way

- Des sous-vêtements assez

- 1 bouteille d'eau

- 1 couteau-suisse

 

Le reste, du vent. Ou plutôt du poids. L'important est donc de limiter au maximum. Un sac trop lourd = un voyage de merde.

Pour un plus grand voyage, style un tour du monde, ajoutez 1 short supplémentaire, 1-Thirt, 1 Pull et c'est parti. Pour l'Espagne, ce fut un sac de 8 kilos. Et encore, j'avais ma veste de Barney Stinson avec moi (cela semble supperflu mais croyez-moi, ça fait de l'effet !).

 

Alors à vos sacs ! Et ce week-end, prenez le temps de voyager !

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20 juin 2011 1 20 /06 /juin /2011 22:18

Il y a un peu plus de six mois, j'étais encore uni à la Finlande, un peu à la manière d'un mariage princier, engagé dans une relation que je pensais durer indéfiniment.

 

6 mois c'est long l'air de rien. Alors, oui, pour ceux qui en doutait encore, je m'en suis remis. Non pas que j'ai retrouvé une fille ou que je ne pense plus jamais à Elle, mais le mal est passé. Plutôt vite d'ailleurs.

 

Pourtant je me souviendrais sans aucun doute toute ma vie de cette rupture. Après la décision prise de partir, ce fut les deux journées les plus longues de ma courte existence. Rester avec celle qui serait bientôt le passé. Et pourtant, ce fut deux journées que j'ai réussi à apprécier. Deux potes se baladant dans New York, évoquant ce passé glorieux, leurs moments de joies et de peines, leurs derniers secrets.

 

L'image que je retiens surtout, c'est l'aéroport. Je franchis la barrière, sans craquer. Sans me retourner. Quelques mètres plus loin je décide tout de même de regarder le passé. Je la vois juste au moment où elle vient de se retourner. Elle marche, lentement, vers la porte d'exit. J'ai l'impression que cela dure une éternité. J'ai la sensation d'être dans un film. J'ai parfois envie de crier, je prie pour qu'elle se retourne, pour un dernier regard. Non, notre chance est passée. Ce sera surement la dernière image que je garderais d'Elle.

 

Après un intermède à l'aéroport en compagnie d'un ancien des services secrets américain (toute une histoire en soi), me voici dans ce pénible avion. Là, ce fut le craquage complet. J'ai tout lâché. Délestage en plein vol. Peu importe mes voisins, peu importe les hôtesses. Eux non plus je ne les reverrai surement pas. Et si ce n'est pas le cas, ils auront vite fait d'oublier ce garçon aux yeux rouges et aux joues humides du New-York-Bruxelles.

 

La semaine suivante fut une semaine d'espoir. Non, je ne pouvais pas m'y résoudre. La chose allait continuer. Je revoyais ma famille. Et les amis. Je ne t'ai jamais remercier en nom propre, Lucas D., mais j'avoue que ta présence fut bénéfique dès le premier jour, où mon appel t'a paru bien suspect alors que j'étais officiellement en train de traverser les Etats-Unis. Direct tu es arrivé de ton village très étendu (il paraitrait même que c'est le village le plus étendu de France ^^). Et j'ai pu me soulagé, comme je l'ai fait une dizaine de fois dans la semaine.

 

Le jeudi soir suivant, j'avoue que j'ai eu l'une des pires expériences de ma vie. Rompre sur Skype. Pour de bon. Et je peux vous garantir que ce n'était pas une rupture tranquille. Bim, boom, bam dans ma tête. Ceux qui ont eu le récit du top 3 me comprennent.

Je pense que si ce soir là j'avais été seul, j'aurai pu faire des conneries. Mais non, j'avais cette bonne vieille ville de Lille derrière moi, me supportant, et notamment le même jeune homme qui m'a poussé au Magnum café. Je crois bien qu'il y avait le LOSC à la télé. Je me souviens parfaitement de la place. Je me souviens parfaitement de mon état d'esprit. J'imagine bien le tien aussi. "Qu'est-ce que je peux dire ? Mais de quoi parler ?" Pas facile de discuter 30 minutes après une rupture, tout en essayant de se contrôler. J'avais parfois l'envie simple de foutre le camp d'ici, de dormir, de manger, voir même de boire. Une rupture, ça vous change un homme. Ptet même plus qu'un engagement.

 

Et finalement nous avons atterri au Smile, que je ne connaissais pas. La musique résonnait, il y avait là une soirée kiné. Paul était dans les organisateurs. On attendait Tof' et Benameur qui allait arriver. Et puis... La suite, vous la connaissez.

 

6 mois plus tard je pense que je devrais la remercier. Elle m'a sauvé d'une étape cruciale après la rupture, le fameux "de toute façon je ne retrouverai personne". Je la revois en plein milieu de la piste. Telle une étoile qui brillait. Je n'ai même pas prêté un regard au reste de la scène. J'ai quitté en un seul instant mes amis si fidèle, qui ont vite compris ce qui se passait. Et puis j'ai dansé comme jamais, emporté par la fougue de la colère et de la tristesse, de l'émotion et de la passion. La vie est belle, elle ne faisait que débuter.

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19 juin 2011 7 19 /06 /juin /2011 20:23

Repas de famille. Tous nous y sommes passés. Tous nous y repasserons.

Aujourd'hui, chez moi, c'était repas de famille. Oncle et tante, marraine et cousins. Une famille ordinaire en soi. Des repas réguliers, des invitations souvent lancées et ma présence de plus en plus assurée.

 

Au départ, les repas de famille sont une fête. L'enfance est une fête permanente, mais un peu plus encore quand tu partages tes journées avec tes cousins et tes cousines. Ca crie, ça joue, ça chante, ça vit. Ca sourit, ça rit. Je me rappelle encore ces parties de cache-cache autour de la maison des grands-parents, des matchs de foot durant une éternité, des repas de Noël et ses jouets par milliers.

 

Entre 15 et 20 ans, les repas de famille était plus une obligation qu'autre chose. Limite une corvée. L'adolescence et la jeunesse font qu'on aimerait se détacher un peu de sa famille, surtout le week-end. Lorsqu'on rentre de boîte à 6 heures, le repas de famille du lendemain apparaît dès lors comme une souffrance certaine, où chacun de tes oncles et tantes te rappelleront l'importance d'arriver frais le dimanche, sous peine d'une journée éprouvante.

 

J'avoue que depuis quelques années maintenant, la famille a repris de son importance. Et pas seulement chez moi. Les visites chez mes grands-parents se font de plus en plus nombreuses, de même chez les oncles et tantes. Plus besoin que mes parents me traînent, j'y vais de mon plein gré.

De mes quelques mois à l'étranger, j'ai compris que la famille est un phare, un rocher, sur lequel on peut toujours échouer. La lumière reste allumé, la porte est ouverte, et ce pour l'éternité.

 

Certes, les pires histoires sont souvent celle de famille. Je sais que certains d'entre-vous n'ont pas cette chance. Les familles déchirées sont nombreuses autour de moi, et même un peu chez moi. Mais pourtant on fait avec. On ne choisit pas sa famille, alors on s'adapte. Certains réussissent, d'autres pas. Mais je pense qu'il existe un manque chez ces gens-là.

 

Surtout, le temps qui passe me fait peur. J'ai perdu 2 grand-pères sur 3. Quand au dernier...

Le dernier est atteint par une terrible maladie qu'on appelle Alzheimer. Non pas qu'elle fut terrible pour lui. Il ne souffrait en rien physiquement. Mentalement, il nageait souvent dans le bonheur. Mais la maladie était atroce pour ses proches.

 

C'est sans aucun doute la seule maladie qui faisait mal aux proches mais pas au malade. Ma grand-mère est passé plusieurs fois proche de la folie. Envie de tuer mon papy qui répétait inlassablement qu'il voulait rentrer chez lui alors qu'il n'avait plus bougé depuis plusieurs mois. Elle a écrit plusieurs lettres à son médecin qui ne croyait pas vraiment à cet état d'Alzheimer. Et pour cause, à chaque fois qu'il venait faire une visite aux domiciles de mes grands-parents, il tombait sur l'un des ”bons jours” de papy. Ma grand-mère finit par croire qu'il le faisait exprès.

 

Alzheimer est une maladie sournoise puisqu'elle fonctionne selon le principe du up and down. Des hauts et bas. Papy était dans les hauts quand il y avait du monde. Et il touchait le fond lorsqu'il était seul avec sa chère et tendre. Mamy expliquait son état de fatigue permanente, sa dépression qui s'aggravait au fur et à mesure des semaines. Elle ne dormait pas, ou si peu. Toujours réveillé par mon grand-père qui se levait pour pisser. Parfois à trente reprises au cours de la même nuit. De temps à autre elle dût supporter les menaces, proférées à son insu. Mais elle souffrait un peu plus lorsque c'était des insultes à l'encontre des membres de sa famille .”Ta mère n'était qu'une putain”.

 

Ma grand-mère était ce genre de personne qui n'a pas une haute opinion d'elle même, prête à se sacrifier pour ses proches. Alors supporter ces insultes contre des membres de sa famille, c'était pire. Ca la tué. Quand ce n'était pas la maternelle, c'était ses soeurs. Insulté les morts, toujours vivace apparemment dans l'esprit de mon grand-père.

Alzheimer est un dérivé de folie. Papy avait des visions. Ses filles étaient dans la maison. ”Pas aujourd'hui” répondait mamy, qui tentait tant bien que mal de continuer les échanges, aussi fou était-il. ””Tu entends ?” Non, il n'y avait rien à entendre. ”Maman qui chante”. Sa mère était morte il y a plus de trente années maintenant. Mamy réagissait. Humour de situation.

 

Le médecin exposait les meilleures façons de réagir : il faut rentrer dans le jeu de mon grand-père. Car lorsqu'il dit voir ses filles ou sa mère, il les voit vraiment. Ainsi, ma grand-mère devait rentrer dans sa folie, au risque de s'y noyer à son tour et de ne pouvoir rejoindre le rivage de la réalité. Ma grand-mère avait de plus en plus de mal à nager. Elle s'enfonçait parfois dans les délires de mon grand-père au point de me les raconter une fois, puis deux, puis trois. Je pris peur, je n'étais pas le seul.

 

L'élément le plus effrayant de cette maladie chez mon grand-père était la méchanceté. Il n'avait jamais été d'un naturel très brave. Mais il devint jaloux. Comme un pou. Ainsi, ma grand-mère, 76 ans, 70 kg sur la balance, allait dans le jardin pour montrer ses fesses aux voisins. Elle allait chercher le courrier pour se montrer dans la rue. Mon grand-père la suivait partout, tout le temps. Jusqu'au toilette.

Enfin, un de derniers symptômes était la fugue. S'échapper pour repartir chez lui. Forcément il n'y était pas. Un cercle vicieux. Ma grand-mère devait-elle rentrer dans son jeu pour cette question. Peu importe, il était déjà parti, courant plus vite qu'à son jeune âge. Direction le café. Direction sa fille. Et là-bas des déclarations sans aucun sens, avec une apogée : ”y'a une folle qui m'a poursuivit”. La folle, ma grand-mère, mourrait de honte.

 

Le jour du mariage, ”on annonce pour le meilleur et pour le pire”. Je pense qu'on ne réfléchit pas assez aux conséquences de cette phrase, aux différentes possibilités. Le pire ? Aimer si ton mari souhaite ton mal, te frappe, souhaite te tuer.

Les petits-enfants, nous pensions : mais pourquoi pas la maison de retraite ? Pour ça ! Le pire, c'est maintenant, il faut l'affronter, jour et nuit, au risque de se perdre soi-même. Ma grand-mère avait encore de belles années devant elle. Mais elle souhaitait affronter son mari, et cette maladie. Surtout, elle ne pouvait pas par rapport aux autres. Oui, les autres, toujours ceux-là, dont l'avis comptent tant, dont le regard gêne parfois. On allait dire qu'elle l'a abandonné. Et ça, ma grand-mère s'y refusait.

 

 

Pendant de nombreuses années, nos grands-parents apparaissent comme des Dieux à nos yeux d'enfants découvrant le monde. Le poids de l'âge, les traits tirés, l'expérience d'un temps passé, tout cela impressionne la jeunesse. Je comprenais déjà à l'époque pourquoi les Athéniens avaient laissé le pouvoir aux anciens. Cependant, au fur et à mesure des années, je comprenais la fin de l'empire athénien et de la civilisation antique. Les personnes âgées ne se renouvèlent pas. Au contraire elle replonge dans l'enfance. Le comportement, le physique. Sur la fin, les larmes sont plus nombreuses sur leurs joues que sur celle d'un bébé. Pas des larmes de souffrances physiques, symptomatiques de la faim ou de la soif. Non, des larmes de souffrances psychologiques, la souffrance de la vie finie, des êtres perdues, du temps qui passe. Des larmes qui traduisaient la fin de l'espérance. Le plus beau était derrière, et il n'y avait rien à attendre des prochaines années. Triste sort que celui de la vieillesse.

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Published by milevjeryleron - dans Autre
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