2 janvier 2017 1 02 /01 /janvier /2017 15:13

Les listes. Je fonctionne à coup de liste. Je pourrais faire des listes de listes, tellement je suis capable d’en faire. Une liste des choses à faire avant de mourir. Une liste des choses à faire cette année. Une liste des films à regarder. Une liste des livres à lire… Et ainsi de suite. C’est peut-être un peu triste, mais c’est ainsi que je fonctionne. Sans elles, je me laisserais sans doute doucement bercer par le cours de la vie. Est-ce un problème ? Peut-être pas. Mais j’ai l’impression que réaliser quelque chose sur une de mes foutues listes me procure des moments, des instants de joie. Du bonheur en pièces détachées. Et l’ensemble me rend heureux.

 

Tout d’abord, un petit bilan 2016 !

 

Il y a les succès :

Découvrir deux nouveaux pays à Zambie, Dubaï et Danemark !

Découvrir deux nouveaux sports à paddle et triathlon

Sauter en parachute à oooooohhhhhhh

Travailler au moins 3 mois à coucou prof

Etre docteur à danse de la joie

 

Il y a les presque :

Etre quelqu'un de bien à je pense avoir un peu progressé cette année dans ce domaine, mais je peux encore faire mieux, avec les gens qui m’entourent.

Regarder 100 films à 60 films. Petite déception. Le top 5 : Mustang, Birdman, L’insoupçonnable légèreté de l’être, Night Call et ma découverte de Costa Gavras

 

Il y a les même pas essayé !

 

Courir 10 km en moins de 40 minutes à le football fut ma priorité sport de l’année !

Lire 3 livres n'ayant aucun rapport avec ma thèse à ayant fini la thèse tardivement, et ayant commencé à travailler rapidement après, j’avoue avoir déserté les rayons librairie…

Voir la politique d'un peu plus près à c’est un peu une surprise pour moi, mais j’ai lâché.

 

Et il y a les tu n’y arriveras décidément pas !

Arriver à 70 kg (67kg au 1er janvier) à 64kg au 31 décembre. Alors que j’ai vu 70 kg sur la balance en février ! Damn it ! L’Afrique n’a pas aidé, mais quand même !

Sauter à l'élastique à je suis maudit ! La météo est contre moi, à chaque fois. C’est pas comme si je souhaitais sauter dans le Pas-de-Calais, je veux les gorges du Verdon ! #stopauventetàlapluie

 

Objectif 2017

 

Les classiques

Deux missions de la Bucket List

3 nouveaux pays

Découvrir deux nouveaux sports

Revenir à 67 kg

Regarder 100 films

Travailler au moins 3 mois

Etre quelqu’un de bien

 

Les différents

Voyager au moins 3 mois

Faire 50 pompes par jour

Réaliser une exposition photo de mes voyages

Ecrire au moins 50 articles de blog

Publier un article dans une revue scientifique

 

PS : être en couple ne sera pas refusé.

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23 décembre 2016 5 23 /12 /décembre /2016 10:49

« Nous avions deux ans devant nous et de l’argent pour quatre mois. Le programme était vague, mais dans de pareilles affaires, l’essentiel est de partir. »

 

Scénario n°3.

Décision : partir.

Durée : 6-7 mois.

Transport : en bateau, en train, en stop etc.

Mission de la Bucket List : Emprunter la route de la Soie. Lire le Coran.

Nouveaux pays : 6/9 Iran, Turkménistan, Ouzbékistan, Tadjikistan, Kirghizstan, Kazakhstan / Géorgie, Arménie, Azerbaïdjan.

2017, cinq scénarios. N°3 : La route de la Soie.

J’ai rencontré la route de la Soie au cours de mon plus beau voyage. C’était au milieu de la Chine, dans la ville de Xi’an, souvent considérée comme l’extrémité orientale de ce chemin mythique. Alors que j’y allais pour voir l’armée de terre cuite, je me suis retrouvé au milieu d’une ville multiculturelle, à en faire saliver Eric Zemmour. La nourriture me rappelait la Turquie, et la mosquée de la ville faisait plus chinoise que mosquée.

2017, cinq scénarios. N°3 : La route de la Soie.

Depuis, je garde une fascination pour cette route millénaire. Enfin, pour ces routes. Car il n’y a pas UNE route de la Soie. Il y en a plusieurs, des dizaines, des centaines, des milliers. Les échanges Europe-Asie se font alors en caravane, à dos de dromadaire, traversant les déserts et les steppes, les caravansérails et les oasis. Et c’est ainsi que je me vois, tel un Marco Polo du XXIème, refaire ce périple. La Chine a des ambitions dans cette région, avec sa nouvelle route de la Soie. Je veux découvrir cette partie du monde avant ces grands changements.

 

Tout d’abord, je commence par une hésitation : le Caucase. Car si la Géorgie (et l’Abkhazie/Ossétie), l’Arménie et l’Azerbaïdjan m’attirent (comme chaque pays !), j’ignore si le temps (double sens) me le permettra. Toujours est-il que traverser la Caspienne pour débarquer en Iran serait fantastique (je rêve éveillé, c’est l’avantage de préparer un voyage, on se dit que tout est possible). L’Iran est LE pays que je veux voir sur cette route. Et pas seulement Ispahan, sans aucun doute la plus belle ville perse. Non, je veux découvrir la culture perse, millénaire ; la nourriture, les paysages, les vieilles Peugeot, et la culture chiite. Ne nous mentons pas, ce voyage est aussi un périple au cœur du monde musulman, au moins dans l’autre cœur, oriental. La Turkménistan en est la preuve, considérant le rôle que les Turkmènes ont joué, notamment les Seldjoukides. Ouzbékistan, Tadjikistan, Kirghizstan, autant de pays inconnus pour beaucoup, moi compris. Que se cache-t-il là-bas ? Qui sont les habitants ? Que font-ils ? Quels sont les paysages ? C’est clairement un saut dans l’inconnu, et c’est ce qui me fait vibrer.

Pour terminer, le Kazakhstan semble être l’option la plus adéquate, quoique le monde des Ouïghours en Chine occidentale serait plus historique.

 

Deux difficultés à ce voyage. Tout d’abord, la météo. L’Iran en été ou le Caucase en hiver semblent être des folies. Je ne suis pas un grand fan des températures extrêmes, et c’est clairement une chose avec laquelle il va falloir jongler. Le deuxième problème, c’est la langue. Si je ne le compte pas pour l’Amérique du Sud, c'est que je crois en mes capacités d’apprentissage de l’espagnol. Pour le farsi ou le turkmène, j’y crois moins… Et j’ignore à quel point l’anglais ou l’allemand sont pratiqués (mais c’est un problème que j’ai déjà rencontré en Mongolie et en Chine). La question de la stabilité politique est également posée, notamment chez les Ouïghours du Xinjiang (mais est-ce pire que le Burundi...).

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7 décembre 2016 3 07 /12 /décembre /2016 21:36

« Un voyage se passe de motifs. Il ne tarde pas à prouver qu’il se suffit à lui-même. On croit qu’on va faire un voyage, mais bientôt c’est le voyage qui vous fait, ou vous défait ».

Scénario n°2.

Décision : partir.

Durée : 6-7 mois.

Transport : en bateau, en train, en stop etc.

Quatre missions Bucket List : Rio de Janeiro / Traverser un océan en bateau / Marcher en Antarctique / Etre quadrilingue.

Nouveaux pays : 6 (Brésil, Paraguay, Bolivie, Pérou, Chili, Argentine). Uruguay ? Trinidad et Tobago ? Autre ?

 

L’Amérique du Sud fascine beaucoup autour de moi. Le Brésil et son carnaval, le Pérou et le Machu Pichu. Pourtant, j’avoue que je ne suis pas encore arrivé à ce stade. Je suis curieux, mais je n’ai pas l’impression d’en attendre beaucoup. Les paysages, oui, sans aucun doute. La culture, je reste un peu dubitatif. Autant l’Asie et l’Afrique me semblaient être des endroits totalement différents de l’Europe (et j’en ai eu la confirmation), autant j’ai l’image d’une culture sud-américaine assez proche des Italiens, des Espagnols ou des Portugais. C’est le souci d’être un historien, je pense l’Afrique et l’Asie en termes d’histoire millénaire, alors que je pense l’Amérique du Sud depuis la fin du XVème siècle. Bon, les populations amérindiennes me prouveront sans doute le contraire, mais ceci explique sans aucun doute pourquoi je n’ai pas encore mis les pieds sur ce continent.

Le projet peut paraître fou (mais les cinq scénarios le sont). Tout d’abord, traverser l’Atlantique sur un bateau. Je me suis renseigné auprès des cargos, c’est possible, en une dizaine de jours. Le coût financier est un peu élevé (aux alentours de 1 000€), mais ça reste une expérience incroyable. Je regarde aussi du côté des voiliers, même si je ne sais pas à quel point je suis prêt, mentalement, à traverser un océan avec des voiles… Rien que de l’imaginer et je flippe !

« Terres ! Terres ! ». C’est ce que je m’imagine dire de l’autre côté de l’Atlantique ! Où ? C’est une bonne question. J’ai un vieux copain à Trinidad et Tobago à qui je payerais bien une petite visite. Sinon, ce sera le Brésil. Rio sera forcément au programme, c’est un principe (et peut-être le jour de la folie du carnaval). L’idée est ensuite de descendre (jusqu’en Uruguay ?), puis observer les chutes d’Iguazu, à la frontière brésilo-argentine. Ensuite, le rêve est de remonter le continent par le Paraguay et la Bolivie, jusqu’au Pérou. C’est une route qui est plutôt connue (des voyageurs m’en ont plusieurs fois parlé). Je m’arrêterai forcément dans le désert de sel d’Uyuni, en Bolivie, au lac Titicaca (rien que pour le nom) et au Machu Pichu, au Pérou. Ensuite, empruntons la Panaméricaine, le long de la Cordillère des Andes, pour descendre au Chili. Le désert de l’Atacama me fascine, ce sera une étape clef. Enfin, terminer avec l’extrême-sud du continent, le Cap Horn, et essayer de choper une mini-croisière vers l’Antarctique, faire un bon football là-bas, avant de remonter la Patagonie.

Voilà, c’est le plan, qui changera 100 fois, qui dépendra de la météo, des distances, de mes moyens financiers sur la fin etc. Mais si le continent ne me fascinait pas au départ de cet article, il le fait à la fin…

2017, cinq scénarios. N°2 : Traverser l’Atlantique et l’Amérique du Sud.
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1 décembre 2016 4 01 /12 /décembre /2016 23:42

Je pense que mon histoire d’amour avec les voyages a vraiment débuté avec le stop. Ce pouce levé, ce sentiment de liberté, ces rencontres, les kilomètres avalés et l’impression de découvrir en profondeur un territoire, un pays.

Le Danemark en stop

Le Danemark n’étant pas immense, l’île de Sjaelland faisant 100 kilomètres sur 100, nous nous sommes dit « vamos » ! Et c’est le pouce levé que ma partenaire de voyage et moi-même quittons Copenhague. L’attente est très courte, et c’est un homme en pleine force de l’âge qui nous fait avancer vers le Sud de l’île.

Au cours des quatre jours que durera notre aventure à travers le pays, une vingtaine de conducteurs nous feront l’obligeance de s’arrêter. Quelques points généraux avant trois histoires amusantes.

Tout d’abord, les Danois sont super-sympas. Ils s’arrêtent ultra-vite. A tel point qu’il nous est arrivé plusieurs fois d’être pris en moins de cinq minutes (et parfois une seule !). Deux voitures se sont même arrêtées en même temps, une première pour moi ! En plus d’être généreux, les Danois sont bilingues ! A un niveau IM-PRE-SSION-NANT !! Jeunes ou vieux, hommes et femmes, nous n’avons rencontré que des gens capables de parler anglais. Même un gosse de 10 ans, avec un niveau à faire pâlir 97% des Français.

 

Mais forcément, il y a toujours une exception qui confirme la règle. Cet homme doit avoir une soixantaine d’années. Et il ne parle pas anglais. Je ne parle pas danois, tout comme ma partenaire de voyage. Et, pourtant, la conversation débute. Nous posons une question : est-ce qu’il a un chien ? (car il y a des poils à l’arrière du véhicule) Il répond en se touchant le genou.

C’est ce qui est génial avec l’incompréhension, c’est qu’elle lance les rires. Et la bonne humeur. Nous essayerons de lancer à plusieurs reprises un thème, un sujet, quelque chose. Et il essaie aussi. Pourtant, nous n’y arriverons pas. Mais nous aurons bien ri.

 

La deuxième personne que je vous présente est un chaman. Oui, un chaman, rencontré en plein milieu du Danemark. Il se considère comme l’intermédiaire entre les hommes et la nature. Et il aura fait un monologue de 45 minutes sur sa vie. Un drôle de personnage comme on n'en rencontre qu’avec le stop. Il est clairement perché, et tente de nous vendre son mode de vie. J’acquiesce, je souris. Oui, je suis dans sa voiture, et il nous avance pas mal. Mais je me pose quand même quelques questions parfois. Avec qui discute-t-il d’ordinaire ? On sent qu’il a besoin de parler. Connait-il la solitude ? Est-il marié ? Autant de questions que je ne peux lui poser, car il débite à un rythme impressionnant. Il nous amène à destination, en s’excusant d’avoir tant parlé. Avec le sourire.

 

La dernière personne, c’est le directeur de Kaj Skov. Qu’est-ce que c’est ? Bonne question. Je pense que c’est une boîte qui travaille sur de l’inspection d’antenne, ou quelque chose en lien avec les télévisions. Qu’importe, j’ai sa carte de visite dans le porte-feuille, avec son numéro de téléphone. Car ce type, assez taiseux dans l’ensemble, nous sort l’air de rien : « vous voulez boire le café et rencontrer ma femme ? ». I only have one rule : toujours accepter une invitation d’automobiliste. Et c’est ainsi qu’il appelle sa femme. On ne comprend pas trop, mais ça a l’air de ne pas la déranger. Quelques minutes plus tard, nous nous retrouvons dans une immense propriété. Le café est prêt, les biscuits sont sur la table. La maison est très nordique, il semble y faire bon vivre. Nous sommes l’attraction de la journée. On discute de choses et d’autres. Rien de révolutionnaire. Qu’importe, ce moment est génial. Nous ne les connaissions pas. Nous ne devions pas nous rencontrer sur cette terre. Et, pourtant, nous l’avons fait. Quelques minutes, quelques sourires. Un petit instant de bonheur. L’homme décide de nous amener jusqu’à notre destination finale, à 30 minutes de là. Un cœur sur la main. Au revoir, et merci pour ce moment.

Le Danemark en stop

En plus du stop, il y a le logement. Normalement je suis un fan de Couchsurfing. Mais j’avoue que le fin fond du Danemark n’est pas encore trop connecté au site. Airbnb l’est un peu plus. Après une expérience plutôt moyenne à Copenhague (un appartement avec la mauvaise adresse… longue histoire !), nous nous retrouvons chez Pia, à Stege, en plein milieu de l’île de Mon. Déjà, pour arriver chez elle… vous imaginez le Larzac ? Plus paumé. La route n’est plus goudronnée, et nous devons notre salut au GPS de notre conductrice. Mais nous y sommes. Et nous ne serons pas déçus. Pia est illustratrice. Elle fait des bouquins pour les enfants. Avec un certain succès, puisque c’est son métier. Et elle habite au milieu de rien. Les voisins ne sont pas visibles. Le vent percute les murs de la maison. Le grondement se fait ressentir. La luminosité tombe peu à peu. Ambiance Shining. Pia est décalée. Son logement le prouve : des couleurs un peu folles, du mobilier original et les livres de la bibliothèque rangés selon la couleur de la couverture. « Le plus dur, c’est de se souvenir si Camus a une couverture bleue ou verte » me dit-elle.

Le Danemark en stop
Le Danemark en stop

Pia, c’est l’explication du bonheur des Danois. Car, si vous ne le saviez pas, les Danois sont considérés comme les gens les plus heureux du monde. Si, si, j’vous jure. Et, forcément, j’ai posé plusieurs fois la question : « mais quel est votre secret ? ». On m’a parlé de leur modèle social, l’éducation et la santé quasi-gratuits, avec un taux d’imposition très élevé (le plus haut d’Europe). Alors, c’est donc ça, le secret, payer énormément d’impôts ?? [Rire des Danois quand je leur dis cette phrase]. Non, ce n’est pas ça. Le secret, c’est le hygge.

 

Vous êtes bien avancé, hein ?! Bon, j’explique. Le hygge, c’est une atmosphère. C’est la cheminée, des bougies, un livre, un plaid. C’est se retrouver tous ensemble au coin du feu. Le hygge, c’est le terme qui est un peu indéfinissable, et qui veut pourtant dire beaucoup. Pia en était l’incarnation. Elle nous logeait. Et elle a partagé une multitude de conversations avec nous, au coin du feu. Je l’affirme, nous étions bien heureux, là, avec l’odeur du repas qui parfumait la pièce, un thé entre les mains, la chaleur nous réchauffant le bout des orteils.

Quelques minutes plus tard, nous étions dans notre logement, efficacité, simplicité, et cute. Les étoiles brillaient de mille feux. J’aime ce voyage.

Le Danemark en stop
Le Danemark en stop

En dehors de toutes ces rencontres, du petit couple de retraités suédo-danois, du jeune papa de 19 ans qui part en Asie avec son bébé, de la journaliste formidable cuisinière, du soldat de l'OTAN en plein exercice militaire (et tous ceux que j’oublie), il y a les paysages. Car le Danemark, en plus d’être un pays plat et venteux, propose quelques endroits bien sympas.

 

Tout d’abord, Møns Klint. 7 kilomètres de falaises de craie, entourées d’un grand parc. Les couleurs de l’automne, le soleil et la mer Baltique font le reste…

Le Danemark en stop
Le Danemark en stop
Le Danemark en stop
Le Danemark en stop
Le Danemark en stop
Le Danemark en stop

Après l’extrême-sud, direction le grand ouest : Røsnæs Fyr. Là, c’est l’impression d’arriver au bout du monde, avec un phare bien caché. Quelques pêcheurs, un dimanche ensoleillé. Un rythme lent. Le calme. Le coucher de soleil. La douceur des vaguelettes.

Le Danemark en stop
Le Danemark en stop
Le Danemark en stop
Le Danemark en stop
Le Danemark en stop

Enfin, c’est le grand nord. Sjællands Odde, un petit port de pêche. Le ciel est cette fois très bas, et sombre. A faire déprimer le hygge. Pourtant, le long de la plage, une randonnée s’improvise. Nous avalons les kilomètres, en nous disant que la vie d’un voyageur doit être sacrément sympa. La preuve.

Le Danemark en stop
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13 novembre 2016 7 13 /11 /novembre /2016 16:07

« C’est la contemplation silencieuse des atlas, à plat ventre sur le tapis, entre dix et treize ans, qui donne envie de tout planter là ».

Novembre est un mois intéressant. Gris, sombre, humide : à rendre dépressif toute une bande de guitaristes mexicains. Mais c’est également un mois pour faire des plans. Noël. Nouvel An. Ou pour l’année suivante. N’étant pas trop fan des fêtes de fin d’année, je vais me concentrer sur 2017.

 

Scénario n°1.

Décision : rester.

Durée : 3 mois (extensible à 4).

Transport : à pied.

Deux missions Bucket List : Voir Rome et Faire un pèlerinage.

Autres possibilités Bucket List : Lire la Bible, Ecrire un livre, Apprendre l’italien.

Nouveau pays : 2 (Liechtenstein, Saint-Marin)

 

Pourquoi ? Cette idée de pèlerinage est plutôt récente, comparée aux autres. Il y a de cela 3 ans et demi, nous avons accueilli dans ch’nord un drôle de personnage : un marcheur. Non, pas un marcheur blanc. Un marcheur, en chair et en os, anglais, venant de Londres, et qui se dirigeait vers… Istanbul. A pied. 9 mois plus tard, il était arrivé. Une folie. Qui m’a plu. Enormément. Il venait d’avoir 30 ans, était instituteur. Il voulait se remettre en question, réfléchir sur la vie et son sens. C’était pour lui le moment idéal. Et il a adoré.

Une introspection. Une rencontre avec la nature. Des paysages. Rendre le temps au temps. Une déconnexion. Respirer. Me retrouver. C’est tout cela que je recherche.

 

La route : Tilques, (Charleville), Verdun, (Metz), Nancy, Epinal, Mulhouse, Zurich, Vaduz, Brescia, Mantoue/ Parme-Modène, Ferrare, Ravenne, Rimini, Saint-Marin, Pérouse, Assise, Rome (extensible vers Naples et Pompei).

1737 kilomètres.

2017, cinq scénarios. N°1 : le pèlerinage (Rome).

Bien sûr, ce n’est que le premier plan. Mon tour d’Europe devait aller à Moscou. Nous nous sommes retrouvés à Istanbul et sur le cercle polaire. Les plans évoluent. Et ce n’est que le premier scénario.

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9 novembre 2016 3 09 /11 /novembre /2016 18:36

Ryanair et ses tickets magiques m’ont encore convaincu. 40€ l’aller-retour, et me voici à l’abordage de Copenhague ! Et ceci est mon premier logement.

Copenhague, ses canaux et la petite sirène

Airbnb a quelques avantages ! A quelques encablures de l’aéroport, alors que la nuit est déjà tombée, je pars donc à la recherche de mon voilier dans le port. Sensation assez géniale. Dans l’obscurité, il m’apparait. C’est un fameux trois mats, fin comme un oiseau ! J’entends l’équipage, et je monte sur le pont par bâbord ! J’ai l’impression d’être un pirate ! C’est tout juste si je ne m’aventure pas en haut des filets ! Bon, il fait nuit, et du vent ; ça serait une mauvaise idée. Je descends à l’intérieur du navire, et je retrouve une belle bande de marins, en train de partager la soupe. L’intérieur est comme je l’imagine, quoique plus grand. Il y a là bien 20 couchettes superposées. Et l’une d’entre elles est la mienne ce soir. Une Finlandaise me fait la visite du navire, et puis je partage le repas avec une petite dizaine de nationalités. Le voilier a été racheté… 1€ (!!!) il y a de ça deux années, alors qu’il était en piteux état. Aujourd’hui, il ferait rêver n’importe quel aventurier, comme moi (et peut-être comme toi, qui lis ces quelques lignes !). C’est une association qui le gère et le retape, ils espèrent prochainement prendre la mer (non, c’est la mer qui prend l’homme ta ta tin !). Accueillir des gens en Airbnb les aide financièrement dans leur projet. Bref, c’est du gagnant-gagnant !

 

Pas le temps de faire la grasse-mat’, une nouvelle ville, un nouveau pays s’offrent à moi ! Copenhague, ville fondée par les Vikings puis village de pêcheurs (oui, on reste dans l’univers des bateaux !), est aujourd’hui une grosse agglomération de plus d’un million d’habitants. Elle est située sur une île (je présume qu’il n’y a pas que moi qui ne connait pas vraiment la géographie du Danemark… du coup je vous mets une carte !).

Copenhague, ses canaux et la petite sirène

J’essaie désespérément d’acheter un ticket de métro, mais la machine n’accepte pas les billets. Me voici déjà en fraude lors de mon premier trajet, en caricature du Français… Je m’arrête du côté de Christianshavn, le port de Christian (l’allemand me servira à plusieurs reprises au cours de ce voyage !). Et que vois-je ? Des canaux ! Je suis arrivé sans m’être renseigné, du coup, je suis surpris !

Copenhague, ses canaux et la petite sirène

Très vite, j’ai un coup de cœur. Cette ville me plaît énormément. En plus des canaux, il y a les vélos partout (40% de la population se déplace ainsi !!), et je croise quelques voitures, souvent… électriques ! Je considère souvent les pays nordiques en avance sur nous, en France. Copenhague confirme rapidement mon idée. C’est tout juste si je n’ai pas envie de me baigner. Quoique, à y regarder de plus près… Des méduses ! Et pas qu’une ! Je suis médusé en voyant ce drôle d’animal dans des eaux aussi froides !

Copenhague, ses canaux et la petite sirène

Après avoir déambulé quelque peu le long des canaux, je me repose à Christiania. C’est « la ville libre » (autoproclamée) de Copenhague. Certains y voient un rassemblement de hippies et de SDFs. C’est en tout cas une expérience qui dure depuis 1971 ! Un millier d’habitants vivent à Christiania, et ils ont leur propre monnaie, leur propre drapeau, et leurs propres règles. La vente de cannabis y est autorisée (alors que c’est interdit dans le reste du pays), et le trafic se fait à la vue de tous. L’endroit a, je pense, perdu un peu de son charme. Il fait très Disneyland, avec ses restaurants et ses magasins de souvenirs. Disneyland pour hippies, certes, mais Disneyland quand même.

Copenhague, ses canaux et la petite sirène

Direction le cœur de la ville. Le soleil m’accompagne, et la lumière est fantastique. Avec les canaux et la couleur des maisons, c’est difficile de manquer les photos ! Ici c’est Nyhavn, le nouveau port.

Copenhague, ses canaux et la petite sirène
Copenhague, ses canaux et la petite sirène
Copenhague, ses canaux et la petite sirène

Je remonte peu à peu vers les fortifications. Une caserne est là, plutôt en bon état. Et derrière elle se cache une dame plutôt connue…

Copenhague, ses canaux et la petite sirène
Copenhague, ses canaux et la petite sirène
Copenhague, ses canaux et la petite sirène

Coucou toi ! La petite sirène, sur son rocher, abandonnée de tous. Enfin, pas des cars de touristes asiatiques ! (ils sont partout !) Hans Christian Andersen est sans aucun doute le Danois le plus connu, notamment pour son œuvre La petite sirène (mais aussi Le vilain petit canard).

 

Plusieurs châteaux ou palais sont également présents en ville, dont celui de Rosenborg. J’apprécie beaucoup le lieu pour son jardin. L’automne favorisant les photos d’arbres… Je me régale ensuite dans les jardins des serres tropicales.

Copenhague, ses canaux et la petite sirène
Copenhague, ses canaux et la petite sirène
Copenhague, ses canaux et la petite sirène

Allez, prenons enfin un peu de hauteur pour admirer une dernière fois Copenhague. A l’horizon, les éoliennes s’agitent, et, plus loin encore, je peux deviner la Suède et la ville de Malmö. Mais ce n’est pas ma direction : vite, je pars dans les terres !

Copenhague, ses canaux et la petite sirène
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26 octobre 2016 3 26 /10 /octobre /2016 15:29

Ich wollte schon zwanzig Mal einen Artikel auf Deutsch schreiben. Aber ich bin ein bisschen schüchtern, und ich dachte, dass ich noch nicht das Niveau habe. Trotzdem habe ich seit drei Wochen viel Deutsch mit meinen Couchsurfern gesprochen. Und wenn es nicht heute ist, es wird nie sein !

Meine Liebesgeschichte mit der Deutschen Sprache hat nicht sehr gut angefangen. Als ich elf war, habe ich Deutsch das erste Mal im Gymnasium gehört. Es war seltsam (es ist noch seltsam, vielleicht sogar noch mehr!) und lustig. Ich erinnere mich noch an meinen ersten Text. Es war die Geschichte von einem Meerschweinchen (es ist ein sehr wichtiges Wort wenn du in Deutschland wohnst, also haben wir dieses Wort sehr früh gelernt !) : Strubel. Der erste Satz war : « Strubel, Strubel, wo bist du ? ». Ich erinnere mich auch an Jan : « pass auf, die Katze ! ». Heute, wenn ich „pass auf“ sage, denke ich immer an « die Katze! ». Das ist ein bisschen seltsam für die Deutschen mit denen ich rede !

Meine Deutschlehrerin war Madame Roblot. Wir haben eine Schwarzwälder Kirschtorte in der Klasse gemacht, das war auch sehr lustig. Aber eine große Schwäche von mir war, dass ich mein Vokabular nicht lernen wollte ! Meine Mutter hat (viel) versucht, aber ich bin ein bisschen stur. « Warum muss ich Deutsch lernen ? Es ist nicht nötig im Leben ! » (dasselbe dachte ich über Englisch). Also bevorzugte ich Computer spielen anstatt mein Vokabular zu lernen. Ich spielte mit Werder Bremen oder FC Bayern, aber es war nicht wirklich ein Deutschunterricht...

Am Anfang, war ich nicht schlecht. Ich hatte Glück dass ich ein bisschen intelligent war. Aber nach zwei oder drei Jahren, konntest du nicht mehr abschreiben : mein Niveau war nicht mehr gut genug. Seit drei Jahren, haben die anderen ihr Vokabular gelernt, und ich hatte vier Deutsche Meisterschaften gewonnen. Auf jeden Fall bin ich cooler !

Als ich auf das Lycée kam, hatte ich viele Problem dem Unterricht zu folgen. « Was ist hier los ». Entweder war es sehr früh, oder direkt nach dem Essen, in jedem Fall war ich sehr müde (ja, gestern Abend habe ich die Champions League gewonnen, wie cool ist das!). Also schlafe ich ein bisschen im Unterricht oder ich verstecke mich, so dass die Lehrer vergessen dass ich hier bin. Es funktionierte fast immer. Ja, das Schulsystem für Sprachen ist schlecht in Frankreich.

Und dann kommt das Abitur : ich konnte mich nicht verstecken ! Ich hatte ein 5 von 20. Sehr schlechte Note.


Meine Geschichte mit Deutsch ist fertig. So dachte ich. Aber ein Zug und eine Prinzessin später... und ich bin total interessiert an Deutsch ! Ja, die Motivation... Jetzt dachte ich : « wie dumm warst du ! Du hast zwanzig Mal die Deutsche Meiterschaft gewonnen, aber du kannst kein Deutsch sprechen ! »
Aber Überraschung, ich erinnere mich an ein paar Dinge : die Nummern, die Beleidigungen, die Tage. Ich muss nur ein Mal über die Grammatik hören und dann mache ich dasselbe. « Hum, also kannst du sehr viel lernen wenn du schläfst ! ». Sehr viel, nein.

Es wird ein täglicher Kampf sein. Ich werde viel Vokabular schreiben, und, so verrückt wie es klingt, lernen. Alleine. Fast. Ich habe ein paar Tandems, die mir helfen werden. Und Tag für Tag werde ich Fortschritte machen.

Heute bin ich nicht total gut. Nein, ich brauche ein paar Monate mehr für das (ich denke manchmal dass ich nächste Jahr in Deutschland wohnen werde, oder mein Post-Doktorat da mache). Aber ich verstehe das Wichtigste. Ich kann sprechen, viele Dinge erklären, ein paar Geschichten berichten. Wie diese. Und ich bin sehr glücklich. Und stolz. Ich erinnere mich von wo ich komme (sehr weit!). Und heute kann ich über mein Liebesgeschichte mit der Deutschen Sprache schreiben. Wie Toll !



Danke Mitja und Sina

Meine Liebesgeschichte mit der Deutschen Sprache
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25 octobre 2016 2 25 /10 /octobre /2016 10:43

Je décide de rejoindre une Polonaise, une Italienne et un Italien, mes colocataires de chambrée, pour la visite des chutes Victoria. Un bus de l’auberge nous y emmène gratos. Après quelques esquives avec les marchands, nous entrons dans le site, classé patrimoine mondial de l’UNESCO (20 dollars). Mais il y a beaucoup plus gênant que les marchands, ce sont les babouins. Des teignes, prêts à se battre avec toi pour récupérer de la bouffe. Un sac à moitié ouvert, et ils t’attaquent sans crier « garde !!! ». Manque de bol pour l’italienne, c’est son repas qu’il a piqué !

Les chutes Victoria : nager dans le Zambèze

Je suis d’abord fasciné par le pont qui relie la Zambie au Zimbabwe. Concocté par un ingénieur français, il est l’une des pièces maîtresses du projet de Cecil Rhodes de relier le Caire au Cap. Inauguré au début du XXème siècle, il présente la spécificité d’avoir une ligne de chemin de fer au milieu, un couloir routier et un couloir piéton. Vu d’en haut, c’est magnifique. Vu d’en bas, c’est encore plus impressionnant !

Les chutes Victoria : nager dans le Zambèze
Les chutes Victoria : nager dans le Zambèze

Pour arriver jusque-là, nous avons dû traverser une jungle, esquiver les babouins, et enfin nous sommes devant les rapides du Zambèze. Les mots pour décrire cet endroit n’ayant pas encore été inventés, je mets des photos.

Les chutes Victoria : nager dans le Zambèze
Les chutes Victoria : nager dans le Zambèze
Les chutes Victoria : nager dans le Zambèze
Les chutes Victoria : nager dans le Zambèze

Les chutes Victoria. 1,7 kilomètre de long (!!!!). Plus de 100 mètres de hauteur. Je m’attends à quelque chose de grandiose. Et je me retrouve face à quelque chose de… sympa. Il y a un an de cela, j’ai vu les chutes du Niagara. Malgré moi, je suis tenté par les comparaisons. Or, la saison sèche et la faiblesse de la saison des pluies font que les chutes sont…un peu vides. Il n’y a pas beaucoup d’eau. La déception est un peu là. C’est ainsi, ce sont les chutes Victoria en saison sèche. Attention, c’est loin d’être dégueulasse !

Les chutes Victoria : nager dans le Zambèze
Les chutes Victoria : nager dans le Zambèze

Pas grave, je reviendrai en saison humide (et côté zimbabwéen, puisqu’ils ont 70% de la vue !). La déception passée, nous nous retrouvons…à marcher sur le Zambèze ! Et à y nager ! L’histoire est un peu folle, nous croisons un pote de l’Italien qu’il a connu en Zambie il y a 10 ans. Il nous explique que nous pouvons traverser le Zambèze. Quelques euros de plus, et c’est parti. Il faut faire gaffe, car l’endroit est infesté… de crocodiles. Le courant est assez faible, saison sèche oblige, et c’est cette fois à notre avantage. Nous croisons une carcasse d’hippopotame (!) J’ai les pieds dans le Zambèze, c’est dingue quand même.

Les chutes Victoria : nager dans le Zambèze
Les chutes Victoria : nager dans le Zambèze
Les chutes Victoria : nager dans le Zambèze

Nous nous approchons un peu plus près des chutes. L’arc en ciel est visible. Quel endroit tout de même ! Et puis on nous propose de nous baigner… se baigner dans le Zambèze ! Juste au-dessus des chutes ! Allez, c’est parti pour le saut ! Non, pas en bas des chutes, question de survie. Mais dans la piscine des anges, qui précède celle du diable.

Les chutes Victoria : nager dans le Zambèze
Les chutes Victoria : nager dans le Zambèze
Les chutes Victoria : nager dans le Zambèze
Les chutes Victoria : nager dans le Zambèze
Les chutes Victoria : nager dans le Zambèze
Les chutes Victoria : nager dans le Zambèze

Au retour, nous croisons des…éléphants, qui bloquaient la route ! Génial !

Ces trois semaines de voyage m’ont fait du bien. J’ai vu du pays, j’ai rencontré du monde, j’ai entendu des histoires folles. Elles m’ont également préparé à ce que sera la liberté d’après-thèse. Il faudra en faire quelque chose, surtout ne pas tourner en rond. Garder ce projet d’enseignement et celui de VVT. Ça me donnera foi dans l’avenir, et donc dans la vie. Il y a tellement de choses que je n’ai pas encore découvertes. Dont la fille. Partons à sa recherche.

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Published by Phileas Frog - dans Zambie
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24 octobre 2016 1 24 /10 /octobre /2016 09:42

Fawlty Towers. Je sors d’une semaine sans eau, sans électricité, et me voici devant une piscine. Le choc est brutal ! J’ai fait la danse de la joie dans la douche (une douche !), en compagnie de l’eau chaude. On dit qu’il faut avoir perdu sa liberté pour savoir l’apprécier. Il en va de même avec la santé. Eh bien, c’est un peu la même chose pour l’eau courante, les WC et l’électricité !

Livingstone, la coloniale

Il y a un problème, plutôt logique, cette ville est trop touristique. La nourriture de l’hôtel coûte 80 kwachas, soit au moins le quadruple du prix de base (je viens de manger pour 10 dans un petit resto miteux du centre-ville !) Certes le thé est gratuit, il y a des pancakes chaque jour à 15h, gratuits également. Et je m’en vais faire quelques longueurs. Pour 7 dollars la nuit, ça serait dommage de se priver. Mais les prix restent démesurés pour les locaux. Pensez : une demi-journée de rafting coûte 160 dollars ! 2h30 de safari sur la rivière 95$, un petit-déjeuner sur l’île de Livingstone 98 dollars ! Tourisme de luxe bonjour. Forcément, mon budget étudiant et ma philosophie plus générale du voyage sont embêtés ! Mais il y a pire. Un resto d’expats et de touristes. C’est le genre d’endroit que je déteste : je suis au milieu de l’Afrique et il y a 50 blancs pour 2 noirs. Beaucoup de paraître, un gros service (là, c’est des noirs), et du Schnitzel. Je suis avec deux Italiens et une Polonaise, qui sont dans la même chambre que moi à l’auberge, et ils sortent d’un mois dans le nord du pays. Un mois de brousse. Ils sont, de ce fait, contents d’être dans un tel endroit. Nous n’avons forcément pas les mêmes attentes. Certes, c’est marrant de manger du crocodile, mais hormis ça… je préfère mes restos zambiens avec du nshima !

Je découvre pendant une petite semaine ce qu’est la vie en auberge. L’endroit est vraiment sympa, les gens plutôt ouverts d’esprit : j’ai vraiment l’impression de pouvoir discuter avec tout le monde. Hier, ce fut d’abord Nina, la Néerlandaise/Tanzanienne ultra-jolie qui m’a tenu compagnie autour de la piscine ; elle m’a emmené au Mozambique, à Bornéo, en Papou, et sur la question existentielle de l’appartenance à un pays, elle qui est née en Tanzanie mais qui est blanche… Puis Etienne nous rejoint, le Sud-africain qui gère l’hôtel, beau gosse d’une vingtaine d’années au profil de surfer. Le genre de type très énervant lorsque tu es un mec, surtout torse-nu ! Puis ce furent deux Japonaises et un Américain qui étaient en train de faire un jeu à boire : une course de chevaux, mais avec la couleur des cartes, et il faut miser sur le vainqueur. Les deux Japonaises viennent de faire 16 pays en six mois (!!!). L’Américain a tout quitté et tout vendu pour voyager. Je croise également à plusieurs reprises un groupe d’étudiantes d’Oxford venues faire du volontariat. Toutes ces personnes sont ouvertes aux discussions, curieuses, et souvent avec des histoires un peu folles.

Livingstone est ma première ville coloniale. Elle a gardé le nom de son voyageur le plus célèbre, c’est le seul cas en Zambie. Il faut dire que ce type, un Ecossais, est un sacré personnage, entreprenant à trois reprises une traversée de l’Afrique. Il combat l’esclavage, observe les chutes Victoria, puis se met désespérément à la recherche des sources du Nil ! (grand fantasme des géographes). On le perd pendant des mois, des années, on le croit mort, et puis Stanley, autre explorateur, finit par le retrouver au sud du Burundi. Le musée Livingstone est fascinant, tout comme les récits du personnage (que j’ai découvert grâce à ma thèse… comme quoi, ça sert à quelque chose !).

Livingstone, la coloniale

C’est aussi ma première ville coloniale au niveau de l’architecture. Les villes africaines, de façon plutôt générale, ne sont pas franchement bandantes de ce côté-là. Livingstone a gardé ce petit quelque chose de colonial, ces quelques vieux bâtiments rassemblés le long d’une seule route, qui permettent de voir un peu d’histoire dans les murs. Il y a les dates, les inscriptions, les couleurs, les colonnes, toutes ces petites choses que je n’avais pas vues jusque-là sur le continent (à Zanzibar un peu, avec Stone Town). Cela donne du charme à ma visite.

Livingstone, la coloniale
Livingstone, la coloniale
Livingstone, la coloniale
Livingstone, la coloniale

Livingstone, c’est également ma première et seule soirée zambienne. Je retrouve mes Italiens et ma Polonaise de retour d’un parc national au Botswana ! Leur pote zambien et sa sœur sont là, avec deux autres types. Après une pizza plus que moyenne, direction East Point, la boîte de nuit de la ville. Pas de blanc, hormis nous. Ca change du resto. Difficile d’expliquer les boîtes en Afrique pour celui qui ne les a pas faites (j’en connais qui ont adoré le Black D), mais je vous promets que c’est du collé-serré de façon parfois très très impressionnante. East Point a un truc en plus : les miroirs. Ils sont partout, sur les murs et au sol. Et des Zambiens dansent…face à eux-mêmes. Je ne sais pas si c’est la génération selfie, mais c’est bizarre. Une bonne soirée...
Et demain, je vous emmène voir les chutes Victoria !

Livingstone, la coloniale
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24 octobre 2016 1 24 /10 /octobre /2016 09:35

Après mon expérience de brousse, je me retrouve à Mbala, où je visite le Moto Moto (je promets que c’est le vrai nom !), le grand musée local (très intéressant d’ailleurs, notamment le rôle des Zambiens pendant les deux guerres mondiales). J’ai payé 2€ pour le taxi à l’aller, mais ça me semble trop cher. Je reviens donc…en stop ! La première voiture s’arrête, avec une petite famille à l’intérieur. Mais c’est que ça doit être possible de traverser l’Afrique en stop ! (ma mère s’arrache les cheveux en lisant cette phrase !).

Une nouvelle route se construit vers les plantations de café, par des Chinois. Le président est reconnu pour ses grands projets routiers. Je vois plutôt d’un bon œil ces investissements chinois. Les mauvaises langues disent qu’ils pillent les richesses. Certes. Mais les richesses africaines ont toujours été pillées, sans contrepartie la plupart du temps, l’argent retombant dans les poches d’une minorité. Cette fois, la population voit en partie la couleur de cet argent, avec ces routes. Ça change une région, ça désenclave les petites villes et villages, favorisant le business. Pas un mauvais calcul pour le développement, à mon avis (le sujet est un gros débat actuel chez les africanistes). Je mange dans un petit restaurant, avec la télévision. Les informations sont diffusées dans 7 langues différentes ! La France ne me manque pas. J’ai jeté un coup d’œil aux informations aujourd’hui, j’ai vu burkini, et j’ai fermé la page. Drôle de pays tout de même.

Hormis le musée, Mbala ressemble à une ville où il ne se passe pas grand-chose. L’attraction c’est les bus en provenance de la capitale Lusaka. En position assise sur le trottoir, j’attends le mien. J’observe la vie locale. Les Zambiens ne vivent pas chez eux, ils sont toujours dans la rue. Une véritable communauté où l’on se salue chaque jour. Les vendeuses d’oignons et de pommes de terre sont devant moi, immobiles depuis deux heures, attendant d’hypothétiques clients en grignotant de la canne à sucre ou des arachides. D’autres sont assis de chaque côté de la rue, à attendre. Quoi ? Qui ? Aucune idée. Certains vont et viennent, serrent autant de paluches que lors d’une campagne électorale. Les vendeurs de recharges téléphone sont les plus occupés. J’ai vu plusieurs mecs avec un bonnet. Il fait 25°C (sic !).

Mon bus arrive. Tout d’un coup, c’est le remue-ménage ! Tout ce beau monde assis est maintenant debout, entourant le bus, vendant des sucettes ou des tomates, des cacahuètes et des sodas. J’arrive à monter et je me prépare à…25 heures de bus ! L’objectif, aller jusqu’à Lusaka, puis descendre tout de suite vers ma dernière étape : Livingstone. Pendant plusieurs heures, j’ai le droit à du gospel zambien (écoutez, ça vaut vraiment le coup, et regardez le clip, j’ai choisi l’un des moins kitchs). 5 minutes c’est sympa, je vous promets qu’après plusieurs heures…

Nous nous arrêtons. Et enfin la musique s’est tue ! Le bus est enfin silencieux…jusqu’à l’arrivée d’un… pasteur ! Là, c’est du gospel en direct ! Debout, dans l’allée du bus, vêtu de sa chemise blanche et de son pantalon noir, il commence un sermon, la main posée sur la Bible. Et il se met à parler, puis à crier, puis à hurler, de plus en plus fort. Ce moment eut été amusant s’il avait duré 2 minutes. 25, c’est trop. Sympa, il en profite pour faire la quête. Et il descend du bus à la sortie de la ville. Sacré business ! J’ai quand même vu un jeune homme lui filer un billet alors qu’il avait finalement dit non à de la nourriture après avoir entendu le prix et longuement hésité… A peine le pasteur descendu que le gospel reprend. C’est bien ma veine.

Tout se goupille plutôt bien. Pas besoin de nuit d’hôtel ou de taxi à Lusaka, je pionce dans la station de bus avec plein de Zambiens autour de moi (cet endroit ne dort jamais). J’ai enchaîné les deux bus sans grandes difficultés, hormis la fatigue, le mal de dos, la faim, la soif, l’envie de pisser, l’impression d’être sale…sinon ça va je vous dis !!

Le périple me permet d’observer le pays de son extrême nord à sa frontière sud. Beaucoup de différences sautent aux yeux : le nord est beaucoup plus vert, plus boisé, moins habité. Le sud semble plus riche, les toits en tôle sont désormais la norme. Le secteur agricole a l’air florissant avec de très grands élevages et beaucoup de publicités pour les produits phytos… Oui, ici aussi. La route du sud est énormément empruntée par les camions (c’est le corridor qui permet au pays d’importer et d’exporter).

Et voici Livingstone. J'ai hâte.

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