29 janvier 2017 7 29 /01 /janvier /2017 14:06

Premier article politique de l'année, sans doute pas le dernier, tant 2017 sera une année charnière. Trump est officiellement président, ça s'annonce sympa pendant quatre ans de ce côté-là (et j'ai dû rassurer mes troisièmes que ce n'était pas le début de la troisième guerre mondiale). Poutine est plus fort que jamais. Erdogan de même. Bachar a gardé le pouvoir. Netanyaou continue sa colonisation. Bref, la démocratie ne s'est jamais aussi bien portée, et c'est un monde de paix qui s'offre devant nous (surtout en Irak, au Pakistan, au Burundi, en Libye, en Centrafrique, au Mali, au Soudan du Sud...bon, je m'arrête).

 

Oui, je suis d'humeur cynique. Difficile d'en sourire, faut l'avouer. Pourtant, je garde espoir. Je crois toujours en la politique. Même en France. Je crois qu'elle peut.. non. Je crois qu'elle doit permettre d'améliorer les choses, pour l'ensemble de la population. C'est peut-être l'effet de mes cours sur moi-même (j'ignore si ça fonctionne sur les élèves de la même façon!). Revoir le siècle des Lumières, la Révolution française. Je remarque d'où nous sommes partis, et où nous en sommes aujourd'hui. Oh, oui, ce n'est pas encore le paradis. Mais le progrès triomphe, peu à peu, dans tous les domaines. Avec le recul historique, je vous promets que l'on s'en aperçoit.

 

Pourtant, en 1788, rien n'était facile. La faute à cette crise économique. Les prix augmentent. Et cette dette que la France doit supporter, et qui paraît irremboursable. A qui doit-on cet argent ? C'est assez flou. Toujours est-il qu'il oblige l'Etat à se serrer la ceinture. Enfin, plutôt à serrer la ceinture aux plus riches. Non, je déconne. Les nobles et l'église ne paient pas d'impôts, c'est ce qu'on appelle la société des privilèges. Ceux qui se serrent la ceinture, c'est le petit peuple. Jusqu'à crever de faim. Le prix des céréales augmente. Et les Etats généraux sont convoqués. Des cahiers de doléances sont écrits. Que veulent les Français ? Les mêmes droits et les mêmes devoirs pour tous. L'égalité. La liberté. Saupoudrées d'une dose de fraternité.

En l'espace d'une année, 1789, c'est tout un ordre politique qui va être bouleversé (pour le meilleur et pour le pire). Pourtant, rien ne semblait possible.

 

En 2017, rien n'est facile. La faute à cette crise économique. Les gens ont l'impression que les prix augmentent constamment. Et cette dette que la France doit supporter, et qui paraît irremboursable. A qui doit-on cet argent ? C'est assez flou. Toujours est-il qu'il oblige l'Etat à se serrer la ceinture. Enfin, plutôt à serrer la ceinture aux plus riches. Non, je déconne. Les grandes multinationales ne paient pas d'impôts, c'est ce qu'on appelle l'optimisation fiscale. Ceux qui se serrent la ceinture, ce sont les classes moyennes, les plus pauvres, mais aussi les PME et les artisans.

Rien ne paraît possible pour cette année 2017. Que le pire. Pourtant, moi, j'y crois encore.

 

Je vais aller voter à la primaire de la gauche. Et je vais voter Hamon. Non pas que je pense qu'il soit le messie et qu'il va révolutionner la France. Je suis un peu déniaisé de tout cela. Le changement, c'est maintenant. Ensemble, tout devient possible. Derrière les slogans se cachent souvent du vide et beaucoup de déjà-vus. Mais si je choisis Hamon, c'est justement parce que son programme se détache des autres. Il va dans une autre direction. Il ne nous explique pas par A+B que nous devons travailler plus (la fin des 35h), et plus longtemps (au rythme des réformes, on aura la retraite à 75 ans). Que c'est seulement en réduisant les remboursements et en privatisant une partie de notre Secu que l'on allégera la dette. Ca m'emmerde de lire et d'entendre, DEPUIS MA NAISSANCE, que tous ces efforts vont permettre de sauver notre système social. Car les efforts vont toujours dans la même direction. Et ce n'est pas ma vision du progrès.

Voter Hamon, c'est lancer des grands et nouveaux débats de société. Ce n'est plus réfléchir à si la solution A ou si la solution B est la meilleure pour rééquilibrer les comptes de la Sécu. C'est réfléchir à si les comptes de la Sécu doivent vraiment être à l'équilibre.

Voter Hamon, ce n'est pas se demander si l'on doit permettre aux entreprises de licencier plus facilement, ou si l'on doit défiscaliser les heures supplémentaires pour relancer la croissance. C'est se demander ce qu'est la croissance. C'est se poser la question de la place du travail dans nos vies. Voter Hamon, ça ne signifie pas que je crois au revenu universel. Je ne suis pas trop sûr. Mais j'aime ce débat, qui mérite d'être posé.

Voter Hamon, c'est enfin relancer les débats politiques et sociétaux, bien amorphes depuis la chute du mur. La capitalisme a gagné. Puis le libéralisme. Puis le néo-libéralisme. La crise de 2008 est arrivée. Et, pourtant, il n'y a pas eu de grandes remises en question, au niveau politique. Les mêmes nous gouvernent, DEPUIS MA NAISSANCE (coucou Fillon, coucou Hollande etc.), avec les mêmes recettes. Voter Hamon, c'est relancer des débats de fond. Ca fera du bien, et ça permettra peut-être d'élever le niveau (je suis encore niais en fait!)

 

Voter Hamon, c'est aussi un choix stratégique. Je ne crois pas que la gauche puisse atteindre le second tour s'il y a une candidature verte et des candidatures multiples de l'extrême-gauche. Je pense qu'Hamon est capable de rassembler l'ensemble des « progressistes », avec un programme commun. Je rêve tout haut.

 

Il paraît que je me gauchise. Pourtant, la caricature d'une vie, c'est d'être de gauche quand on est jeune, et de droite quand on est vieux. Je fais pour le moment le chemin inverse.

Pourquoi je m'en vais voter Hamon (pour la deuxième fois)
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16 janvier 2017 1 16 /01 /janvier /2017 07:15

Parmi les cinq principaux regrets des gens en fin de vie figure celui-ci : « d’avoir mené la vie que les autres voulaient que je mène ». Ces mots, cette idée, je ne les comprenais pas vraiment jusque récemment. Depuis que j'ai soutenu ma thèse, depuis que j’ai commencé l’enseignement dans un collège. Plusieurs fois, on m’a dit : « non, mais, quand même, tu ne vas pas être prof de collège ». L’air de dire : « attends, tu vaux mieux que ça ! ».

Car, oui, j’ai un doctorat. Et, apparemment, ça semble très bizarre à beaucoup de monde (famille, ami(e)s, et même collègues), que je puisse m’intéresser au collège. Surtout que les arguments ne manquent pas : « tu vas être mieux payé », « tu vas faire moins d’heures », « tu n’auras plus les chiants ». Mwé.

Ça ne m’a pas convaincu. Je veux être prof de collège. Je le veux vraiment. Je crois au métier, à la transmission des savoirs (et des compétences, car c’est le mot à la mode au collège aujourd’hui). Plus que je crois en la recherche. Surtout, je suis persuadé que tout se joue à cet âge-là. L’adolescence. En sixième, on sort du primaire, on est encore un bébé. En troisième, on fait des choix de vie. On arrive, sans s'en rendre compte, à la vie de jeune adulte. Entre les deux, la merveilleuse période de l’adolescence, de l’acné, et de la voix qui mue. Je sais, ça fait rêver. Pourtant, moi, ça me fait rêver, plus que l’université.

 

Car l’université, c’est un autre monde. Oui, il n’y a plus les chiants. Oui, tu es mieux payé. Mais tout est déjà joué. Ou presque. Ceux qui sont là, notamment à partir de la deuxième année, seront souvent là à la fin. Ils ont déjà trouvé leur voie, ils ont réussi de nombreux examens et contrôles surprises. Eux, ce sont les grosses têtes de mes classes de collège. Une certaine élite.

Il ne faut pas se mentir, l’université ne représente pas la France, pas les Français. Seulement une partie, la plus cultivée. Quoique. Disons, la plus scolaire. Celle qui apprend ses leçons. Celle qui est souvent bien suivie à la maison. C’est un fait.

Le collège, c’est la France, c’est les Français. Il y a des jeunes qui sont scolaires, et puis il y a les autres, tous ceux que je ne pourrais pas voir à l’université. Il y a les amusettes, qui avec un crayon et un bout de gomme sont capables de tenir une heure avec un sourire aux lèvres. Il y a les grandes gueules, qui répondent à chaque fois que tu les reprends. Il y a les bavardes, qui, croient-elles, arrivent à le faire discrètement. Il y a les déracinés, les enfants perdus, les malchanceux, que la vie n’a, déjà, pas épargnés. En foyer. Avec une famille très compliquée. Ou avec des parents dépassés. Ceux qui n’ont pas l’argent pour se payer une assurance. Celui qui s’est battu contre une leucémie. Celui qui a perdu son père dans un accident de circulation. Et ceux-là, on a envie de se battre pour eux.

J’ai envie. J’ai envie de leur dire qu’il ne faut pas lâcher, que la vie ce n’est pas que les cours. Que le bonheur ne se trouve pas forcément derrière un 20/20. Qu’il faut être curieux de tout, ouvert d’esprit. Qu’il ne faut pas rester derrière sa console ou sa télé (surtout Internet). Qu’il faut sortir. Que la vie est belle, qu’elle vaut le coup d’être vécue.

C’est un gros challenge que celui d’intéresser des gamins de douze ans à l’histoire française ou mondiale. A la géographie. A la mondialisation. Aux médias ou à l’Union Européenne. Sans doute un bien plus gros challenge qu’à l’université. C’est aussi cela qui m’attire. Je suis un homme de challenges, surtout lorsqu’ils paraissent impossibles. Alors, certes, je n’y arrive pas toujours, loin de là. C’est une première année, ce sont mes premiers mois. On ne peut pas être un bon prof tout de suite. C’est en forgeant que l’on devient forgeron, et c’est pareil pour l’enseignement. Et c’est pour cela que je me vois encore quelques années dans le secondaire.

 

De plus, enseigner au collège m’apporte une grande liberté. Une liberté géographique, car il y a 7 100 collèges et 4 200 lycées (contre 70 universités). Le fait d’être contractuel me permet de choisir où je veux être, dans quelle académie, en métropole ou dans les DOM-TOM (idée qui trotte dans mon esprit). Quand je veux travailler, et quand je veux voyager. Pourquoi irais-je passer le concours ? Pourquoi est-ce que je m’engagerais dans de longues et fastidieuses démarches pour parvenir à trouver un poste à la fac ? Ce n’est clairement pas pour moi. Pour l’instant.

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9 janvier 2017 1 09 /01 /janvier /2017 07:55

« Le silence, l’espace, peu d’objets et qui nous tenaient tous à cœur. La vertu d’un voyage, c’est de purger la vie avant de la garnir. »

 

Scénario n°5 : l’Inde

Décision : partir

Durée : 6 mois maximum

Transports : en avion, en train, en bateau

Mission de la Bucket List : Visiter l’Inde

Nouveaux pays : 3 Inde, Sri Lanka, Népal + ?

 

C’est étrange les choix. Ils sont souvent le fruit d’une mûre décision. Et, parfois, ils se prennent sur un coup de tête.

 

Celui de mon départ est le fruit d’une mûre décision.

Finir ma thèse, c’est retrouver ma liberté. Celle que j’avais parfois l’impression d’avoir abandonnée, du moins d’avoir mise entre parenthèses. Car c’est un projet de quatre années que j’ai mené, un engagement vis-à-vis de moi-même, de mes proches, de mon université. Je ne pouvais pas tout lâcher en cours de route, même si l’envie était de temps en temps là ! Nombre de fois je me suis posé la question du pourquoi : « pourquoi faire cette thèse ? A quoi ça sert ? De toute façon personne ne va la lire. Et puis, la recherche n’est sans doute pas mon truc. Etc. ». Mais commencer ma thèse, c’était un engagement à la finir. Je ne voulais pas d’un échec. Trop d’ego pour ça.

Aujourd’hui, je suis libre. Et j’ai l’impression de connaître un peu mieux le prix de cette liberté, après ces quatre années de conditionnelle. Je n’ai donc pas hésité longtemps. J’en ai discuté avec des proches, avec des moins proches. Et beaucoup m’ont soutenu dans ma démarche, dans ma réflexion. J’ai même senti une pointe d’envie chez certains : « Pars ! C’est le moment ! »

Oui, c’est le moment. Vous allez dire qu’avec moi, c’est toujours le moment. Peut-être. Mais cette fois encore plus. Car en plus de ma liberté, j’ai un peu d’argent de côté. La faute à un métier que j’ai découvert il y a presque trois mois maintenant. Et à une vie chez mes parents qui me permet d’économiser. (et à une radinerie. C’est toi qui a dit ça ? Descends un peu le dire !). Je n'ai pas de CDI, je n'ai pas passé le concours. Je suis libre géographiquement.

Surtout, j’ai presque 30 ans. Je n’ai pas de prêt sur le dos, je n’ai pas d’enfant, je n’ai pas de copine. Je suis libre, au maximum. Il faut en profiter, car cette liberté ne va peut-être pas durer jusqu’à mes 40 ans ! J’aurai sans doute envie un jour de me stabiliser, d’acheter quelque chose, de rencontrer quelqu’un. Aujourd’hui, la situation est idéale pour le départ.

 

L’Inde est un petit coup de tête.

Mon choix de l’Inde est assez tardif. Ce pays est arrivé dans la course en décembre, alors que j’étais à Paris. Un copain en a parlé, devant un de ces planisphères qui vous fait toujours rêver exode. Et j’ai pensé « mais oui, l’Inde ». Car, voyez-vous, je n’y avais pas pensé jusque-là. Je voyais mon cinquième scénario comme un voyage à vélo. Parfois, on se surprend. Et, peu à peu, l’Inde est devenu une évidence.

Tout d’abord, c’est le seul pays de ma Bucket List. J’ai écrit des villes comme Amsterdam, Rio ou Rome. J’ai écrit des routes comme celle de la Soie, ou des océans, comme l’Arctique. Mais un seul pays : l’Inde. Etonnant. Sans doute car sa diversité me fascine. De plus, il faut avouer que j’ai eu des récits, parfois très contradictoires. L’Inde, c’est tu l’aimes ou tu la rejettes. Je l’ai d’ailleurs gardé pour plus tard, car je pense que ça ne doit pas être un premier voyage. L’Inde, c’est dur. Au niveau de la pauvreté, d’une certaine saleté, de la chaleur, de l’humidité parfois (j’y reviens), et aussi des gens. L’Inde est surpeuplé, ça grouille de monde. Pour les filles, ce n’est pas toujours facile. Mais, dans le même temps, l’Inde c’est des paysages que l’on connait tous, c’est une culture millénaire. Et puis, entre-nous, l’Inde ne coûte pas très cher (surtout quand on compare avec la Nouvelle-Zélande !)

 

Le sort en est jeté. Mercredi 22 février, je pars, direction Chennai, anciennement Madras. C’est un aller simple. 300€. Et j’ai déjà un peu réfléchi à mon voyage (qui risque encore de beaucoup varier !)

Chennai – Mahabalipuram (temples Unesco) – Pondichéry (pour le colon français qui est en moi) – Chola ? (temples Unesco) – le Sri Lanka (qui m’a été très bien vendu) – Munnar (un peu de fraîcheur avec le parc des Ghats occidentaux et les grandes plantations de thé) – Goa (qui m’inquiète un peu pour être le gros lieu touristique, mais il y a une vieille ville intéressante et de jolies plages) - Pattadakal (temples Unesco) – Bombay (sa gare, l’île d’Elephanta et ses grottes) – Udaipur – Jaipur (et son observatoire astronomique !) – New Delhi (ça a l’air trop grand pour moi, mais le fort rouge, le minaret, la tombe de Humauyn, le temple du Lotus, Akshardham…) – Agra (le fort, et un petit temple qu’on appelle Taj Mahal, plus Fatehpur-Sijri ancienne capitale moghol et le parc national de Keoladeo) – le Népal (le parc national de Chitawan, avec tigres du Bengale et rhinocéros) – Katmandou.

2017, scénario n°5 : pourquoi j’ai choisi l’INDE

La suite ? C’est un mystère. Combien de temps vais-je mettre pour tout cela ? Je l’ignore. Je me méfie aussi de la mousson que je risque d’avoir sur les fesses à la fin du printemps (souvent ça débute le 1er juin). Je pourrais pousser en train jusqu'au Tibet ou en avion jusqu’en Indonésie pour lui échapper. Ou en Iran, que j’ai toujours en tête. Ou je pourrais même revenir en Europe, par le Caucase ou les Balkans, avant d’aller voir Rome. Rien n’est tranché, tout est possible. Car je suis libre.

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7 janvier 2017 6 07 /01 /janvier /2017 16:37

« Faites seulement une fois ce que les autres disent que vous n’êtes pas capable de faire, et vous ne ferez plus attention à leurs limitations ».

 

Il paraît que je vais bientôt avoir 30 ans. Drôle d’idée. Je viens pourtant de fêter mes 25. Mais la carte d’identité est formelle. Un souvenir de mes 25 ans me traverse : 2012, au printemps, mon visa vacances travail pour l’Australie. Je l’avais réservé, j’étais presque prêt à y aller. Mais j’ai décidé de revenir en Europe. Je n’ai jamais regretté ce choix.

Toutefois, j’ai entendu quelques récits australiens et néo-zélandais. Dans des bouches arborant sourires, avec des yeux pétillants. J’ai toujours eu un petit faible pour les fougères et les All-Blacks. La culture maorie, les montagnes et les cours d’eau. L’Australie ne m’attire pas. Les Australiens non plus (sorry Tim). Alors, cet été, je m’étais décidé : je vais partir en Nouvelle-Zélande. C’était mon scénario privilégié, j’avais regardé les tickets d’avion, j’avais contacté les personnes qui avaient déjà vu cette contrée lointaine. Et je m’imaginais, avec mon visa vacances travail, traversant le pays du nord au sud (surtout le sud d’ailleurs !).

Mais. Car il y a un mais. Forcément, puisque ce n’est pas le scénario que j’ai finalement choisi. Mais je voulais aussi faire cette expérience pour le côté travail. Au printemps, puis cet été, je m’interrogeais beaucoup sur mon avenir professionnel. Que vais-je faire de mes dix doigts ? L’idée de la Nouvelle-Zélande, c’était aussi de me trouver professionnellement, de faire deux-trois boulots très différents.

Depuis, les choses ont changé. Je pense avoir trouvé un métier qui me plaît, et je compte l’exercer quelques années. Alors j’ai décidé de me concentrer sur le côté voyage. Et si la Nouvelle-Zélande a quelques atouts majeurs, il n’en reste pas moins que c’est une île, très lointaine. Pas évident pour un road-trip ! (quoi qu’un boat-trip puisse être très sympa, encore faut-il avoir le bon filon ! (à ne pas confondre avec Fillon, qui n’a rien à voir là-dedans)).

Pas d’inquiétude, beau pays, je viendrai te voir, c’est une quasi-certitude. Mais pas maintenant. Car j’ai fait un autre choix.

2017, cinq scénarios. N°4 : La Nouvelle Zélande (annulé).
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5 janvier 2017 4 05 /01 /janvier /2017 00:14

Le Zapping de Canal + était peut-être le meilleur programme de la chaîne. Il a disparu, comme l’esprit des Guignols ou celui du Petit Journal. L’esprit Canal n’est plus, reste Yann Barthès, mais sur une autre chaîne. Rassurez-vous, mon Zapping est toujours vivant, toujours debout ! Et sur le même blog (quoique le nom risque de changer prochainement).

2016, mon Zapping

2016 a commencé à Fampoux. Drôle d’idée me direz-vous. Et il a commencé sur les chapeaux de roues. Une belle année s’annonce, où tout semble possible.

 

Pourtant, le début d’année est compliqué. Mon grand-père décède le 10 janvier. Sur son lit de mort, je ne le reconnais pas. Croisé dans la rue, j’aurais dit « bonjour monsieur ». Pourtant, c’est bien lui, maigre comme un clou (c’est-à-dire encore plus que moi), d’une blancheur extrême. A la même période, ma grand-mère est en mauvaise santé. Cancer. Phase terminale, même si on ne prononce pas cette expression. Je passe plusieurs nuits là-bas, dans cette maison de ma tendre enfance, où les cigarettes au fromage et le 7up ont façonné mes souvenirs. Ces dernières nuits en sa compagnie me marqueront. Ses larmes, alors que je la prends dans mes bras. Puis sa souffrance et ses gémissements, alors que j’appuie une nouvelle fois sur la dose de morphine, espérant l’aider enfin. Son regard se floute, la dernière nuit. Son corps n’est plus un clou, c’est une fragile brindille, qui ne va pas tarder à se casser, et à s’envoler. « C’est beau de vivre ses rêves » m’a-t-elle dit lors de l’une de ces dernières nuits.

Clairement, ce ne fut pas ma plus grande année familiale. Et c’est pour cela que ma présence « chez moi » était nécessaire. Je l’ai senti ainsi, je le pense encore aujourd’hui. 3 enterrements, plus une galère au cours de l’été. Je n’oublierai pas ces visages, je n’oublierai pas ces regards. Ils vous marquent, pour une vie. Je les reverrai dans 10 ans. Juste besoin de fermer les yeux.

 

Youyou bonne année ! Oui, je le sens, je viens de casser l’ambiance. Bon, c’est aussi ça le bilan d’une année, revenir sur les joies mais aussi les peines, les sourires et les larmes. Mais rassurez-vous j’ai une ma dose de joie.

 

Après un début d’année chantant à Laval, je reprends mon rythme : bibliothèque de Saint-Omer chaque jour (à savoir le mardi, mercredi, vendredi, car c’est fermé le lundi et le jeudi !). Mon rythme va augmenter au printemps, puisque j’irai également le samedi. L’objectif, c’est de finir ma thèse. Challenge accepted.

 

Le café polyglotte organise un karaoké fin janvier, où mon talent subjugue l’assemblée (non, ce n’est pas vrai !). France Culture demande mes lumières début février pour expliquer la situation burundaise. Une petite fierté d’être reconnu dans mon domaine. Puis c’est le carnaval de Dunkerque avec un accent étranger et un temps… dunkerquois (et quelques frayeurs !). La semaine suivante ce fut le carnaval de Saint-Omer (hum hum).

 

Début mars, direction Bordeaux pour l’organisation d’une journée d’étude sur les Grands Lacs. Enfin ! Et cela succède à un article dans la revue de la Ligue des Droits de l’Homme. Ma thèse avance moins vite mais ce n’est pas trop grave dans ces conditions ! Je fais également dans le religieux à Bordeaux.

A mon retour direction le musée de la mine puis une visite de Douai (si, si, j’vous jure que c’est sympa !). Mi-mars, je fais parler mon talent sur les pistes de ski, un snowboard aux pieds (ou au-dessus de la tête, selon la chute que j’effectue !).


Après un petit périple Etretat-Gand, direction les Ardennes belges pour un enterrement de vie de garçon sportif. Bilan : nous ne sommes pas prêts de faire le record de l’heure à notre âge ! (vivement 105 ans !)

2016, mon Zapping

R-M a 30 ans. Woh, j’étais là à ses 20 ans, et c’était hier ! Arras avec Adeline, puis Aix-la-Chapelle avec une bande de joyeux loustics, prêts à enflammer les pistes allemandes (et avec quel succès !). Un nouvel échec à l’élastique mais se balader à Marseille reste toujours agréable. Quelques jours plus tard, j’ai vu la reformation d’un boys band à l’anniversaire de Julie. J’ai maintenant les vidéos, elles sont gardées précieusement dans un coffre-fort.

 

En mai, je connais quelqu’un qui s’est marié. Le dingue. Et j’ai signé pour lui ! (et il m’a même fait chanter à l’église le salaud !) Perturbé, j’ai décidé une semaine plus tard de me jeter d’un avion en plein vol. Le saut en parachute, enfin ! Drôle de sensation, mélange d’excitation, de crainte et d’envie. Un mal d’oreilles m’empêche de réellement profiter de la chute libre, mais j’observe avec beaucoup d’attention les côtes et la jungle sous la voile. Le 22 mai, c’est la première victoire du FC Wardrecques ! A savoir, mon club de foot, celui où je joue, et où on perd parfois 13-0. Pour fêter ça, direction Bordeaux et Osserain, où nous nous essayons au paddle avec deux doctorantes et un docteur !

 

Le mois de juin et le début du mois de juillet se feront au rythme de l’euro de football ! C’est au Touquet que j’ai hurlé sur le but de Payet pour le premier match de la France. J’ai eu énormément de chance, j’ai vu 3 matchs au stade. Le premier, sympa, Allemagne-Ukraine à Lille. Le second, génial, France-Irlande en huitième de finale à Lyon. Et le dernier, le plus beau de tous, à Marseille, au Vélodrome, pour la demi-finale France-Allemagne. Peut-être mon plus grand souvenir de supporter dans un stade.

A côté de ça, ce fut une période de famille, avec aussi une cousinade. Juillet fut mon mois de finition pour la thèse, alors pas grand-chose, hormis une nouvelle annonce de mariage et une nouvelle victoire au poker (comme ça c’est gravé dans le marbre !). Ah, si, quand même, Londres à la fin du mois, où le Royal Albert Hall m’a fasciné.

2016, mon Zapping

Je refais faire mon passeport, et direction la Zambie, après une longue réflexion ! (en passant par Dubaï) Du stop pour aller dans la brousse, les chutes Victoria. Forcément j’ai passé du bon temps ! Une vraie coupure. Et un voyage qui me permet d’affirmer que je suis heureux sur les routes du monde, même en solitaire.

2016, mon Zapping

Début septembre, j’ai rendez-vous au rectorat, où je tombe sur…mon ancienne prof d’histoire de Ribot ! Un entretien plus tard, et me voilà embauché ! MOI, j’ai fait un triathlon ! Expérience de fou, surtout sans entraînement et sans matériel adéquat ! Mais je recommande à tout le monde. A la fin du mois ce sont les dernières corrections de thèse, la conclusion. Sentiment incroyable. 649 pages de bonheur, de souffrance, de mental, de recherche. Et la liberté qui s’annonce. Après un périple jusqu’à Pau, je repasse par Limoges et Oradour, pour ne pas oublier.

 

12 octobre. Une rentrée des classes. Ca y est, je suis professeur d’histoire-géographie-éducation morale et civique. Remplacement d’un congé maternité. Une expérience géniale (j’y reviendrai prochainement). Forcément s’installe une routine de travail, et ma vie tourne autour de mon boulot (cette phrase me flippe toujours autant). J’ai tout de même des vacances scolaires, qui me permettent de découvrir le Danemark en stop à la Toussaint et Paris et le Quai Branly en décembre.

Oh, j'allais oublier : j'ai soutenu ma thèse et je suis officiellement docteur. Bonjour fierté.

 

Ce fut une année musicale. La Traviata et Le lac des cygnes côté classique, Renaud côté…classique aussi en fait, car toutes ses chansons sont devenues des classiques ! Et quel concert ! Quelle ambiance ! L’affiche de Laurent Gerra s’en souvient encore, j’étais fou ! J’ai également vu Dany Boon en chair et en os.

 

Côté sport, en plus du triathlon et du paddle, ce fut une année kayak dans le marais de Tilques (où je me suis vraiment bien senti), footing au même endroit (mais pas sur l’eau) et surtout football. Il faut que je vous raconte mon but de l’année. 80ème minute. 0-0. Dégagement aux six mètres pour l’équipe adverse. Aux 50 mètres, un de mes coéquipiers gagne son duel aérien et envoie le ballon dans ma direction. Je suis excentré, à 35 mètres. Et je reprends de volée. La trajectoire est parfaite, et le ballon va se loger dans la lucarne opposé. 1-0, score final. Après ça, je peux prendre ma retraite, je ne ferai pas mieux !

 

Côté politique, quelques réunions EELV, Réfugiés-Schengen ou Nuit debout (mouvement très intéressant). J’ai également voté aux primaires UMP, et je me prépare pour celles du PS. Les attentats m’ont beaucoup moins marqué que l’année dernière. Le fait d’avoir déserté les médias à ce moment-là, surtout la télé, a sans aucun doute aidé.

 

Bon, il est pas mal ce bilan. 2016, année de ma thèse, année d’adieu à ma jeunesse, à ma carte d’éternel étudiant, à mes grands-parents. Je suis prêt à grandir. Je suis prêt à devenir un adulte. Et, surtout, je suis prêt à retrouver ma liberté. Mes ailes vont se redéployer. 2017 sera fantastique.

PS : je n'ai pas évoqué les filles ou l'amour. Normal, je me réservais pour 2017.

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2 janvier 2017 1 02 /01 /janvier /2017 15:13

Les listes. Je fonctionne à coup de liste. Je pourrais faire des listes de listes, tellement je suis capable d’en faire. Une liste des choses à faire avant de mourir. Une liste des choses à faire cette année. Une liste des films à regarder. Une liste des livres à lire… Et ainsi de suite. C’est peut-être un peu triste, mais c’est ainsi que je fonctionne. Sans elles, je me laisserais sans doute doucement bercer par le cours de la vie. Est-ce un problème ? Peut-être pas. Mais j’ai l’impression que réaliser quelque chose sur une de mes foutues listes me procure des moments, des instants de joie. Du bonheur en pièces détachées. Et l’ensemble me rend heureux.

 

Tout d’abord, un petit bilan 2016 !

 

Il y a les succès :

Découvrir deux nouveaux pays à Zambie, Dubaï et Danemark !

Découvrir deux nouveaux sports à paddle et triathlon

Sauter en parachute à oooooohhhhhhh

Travailler au moins 3 mois à coucou prof

Etre docteur à danse de la joie

 

Il y a les presque :

Etre quelqu'un de bien à je pense avoir un peu progressé cette année dans ce domaine, mais je peux encore faire mieux, avec les gens qui m’entourent.

Regarder 100 films à 60 films. Petite déception. Le top 5 : Mustang, Birdman, L’insoupçonnable légèreté de l’être, Night Call et ma découverte de Costa Gavras

 

Il y a les même pas essayé !

 

Courir 10 km en moins de 40 minutes à le football fut ma priorité sport de l’année !

Lire 3 livres n'ayant aucun rapport avec ma thèse à ayant fini la thèse tardivement, et ayant commencé à travailler rapidement après, j’avoue avoir déserté les rayons librairie…

Voir la politique d'un peu plus près à c’est un peu une surprise pour moi, mais j’ai lâché.

 

Et il y a les tu n’y arriveras décidément pas !

Arriver à 70 kg (67kg au 1er janvier) à 64kg au 31 décembre. Alors que j’ai vu 70 kg sur la balance en février ! Damn it ! L’Afrique n’a pas aidé, mais quand même !

Sauter à l'élastique à je suis maudit ! La météo est contre moi, à chaque fois. C’est pas comme si je souhaitais sauter dans le Pas-de-Calais, je veux les gorges du Verdon ! #stopauventetàlapluie

 

Objectif 2017

 

Les classiques

Deux missions de la Bucket List

3 nouveaux pays

Découvrir deux nouveaux sports

Revenir à 67 kg

Regarder 100 films

Travailler au moins 3 mois

Etre quelqu’un de bien

 

Les différents

Voyager au moins 3 mois

Faire 50 pompes par jour

Réaliser une exposition photo de mes voyages

Ecrire au moins 50 articles de blog

Publier un article dans une revue scientifique

 

PS : être en couple ne sera pas refusé.

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23 décembre 2016 5 23 /12 /décembre /2016 10:49

« Nous avions deux ans devant nous et de l’argent pour quatre mois. Le programme était vague, mais dans de pareilles affaires, l’essentiel est de partir. »

 

Scénario n°3.

Décision : partir.

Durée : 6-7 mois.

Transport : en bateau, en train, en stop etc.

Mission de la Bucket List : Emprunter la route de la Soie. Lire le Coran.

Nouveaux pays : 6/9 Iran, Turkménistan, Ouzbékistan, Tadjikistan, Kirghizstan, Kazakhstan / Géorgie, Arménie, Azerbaïdjan.

2017, cinq scénarios. N°3 : La route de la Soie.

J’ai rencontré la route de la Soie au cours de mon plus beau voyage. C’était au milieu de la Chine, dans la ville de Xi’an, souvent considérée comme l’extrémité orientale de ce chemin mythique. Alors que j’y allais pour voir l’armée de terre cuite, je me suis retrouvé au milieu d’une ville multiculturelle, à en faire saliver Eric Zemmour. La nourriture me rappelait la Turquie, et la mosquée de la ville faisait plus chinoise que mosquée.

2017, cinq scénarios. N°3 : La route de la Soie.

Depuis, je garde une fascination pour cette route millénaire. Enfin, pour ces routes. Car il n’y a pas UNE route de la Soie. Il y en a plusieurs, des dizaines, des centaines, des milliers. Les échanges Europe-Asie se font alors en caravane, à dos de dromadaire, traversant les déserts et les steppes, les caravansérails et les oasis. Et c’est ainsi que je me vois, tel un Marco Polo du XXIème, refaire ce périple. La Chine a des ambitions dans cette région, avec sa nouvelle route de la Soie. Je veux découvrir cette partie du monde avant ces grands changements.

 

Tout d’abord, je commence par une hésitation : le Caucase. Car si la Géorgie (et l’Abkhazie/Ossétie), l’Arménie et l’Azerbaïdjan m’attirent (comme chaque pays !), j’ignore si le temps (double sens) me le permettra. Toujours est-il que traverser la Caspienne pour débarquer en Iran serait fantastique (je rêve éveillé, c’est l’avantage de préparer un voyage, on se dit que tout est possible). L’Iran est LE pays que je veux voir sur cette route. Et pas seulement Ispahan, sans aucun doute la plus belle ville perse. Non, je veux découvrir la culture perse, millénaire ; la nourriture, les paysages, les vieilles Peugeot, et la culture chiite. Ne nous mentons pas, ce voyage est aussi un périple au cœur du monde musulman, au moins dans l’autre cœur, oriental. La Turkménistan en est la preuve, considérant le rôle que les Turkmènes ont joué, notamment les Seldjoukides. Ouzbékistan, Tadjikistan, Kirghizstan, autant de pays inconnus pour beaucoup, moi compris. Que se cache-t-il là-bas ? Qui sont les habitants ? Que font-ils ? Quels sont les paysages ? C’est clairement un saut dans l’inconnu, et c’est ce qui me fait vibrer.

Pour terminer, le Kazakhstan semble être l’option la plus adéquate, quoique le monde des Ouïghours en Chine occidentale serait plus historique.

 

Deux difficultés à ce voyage. Tout d’abord, la météo. L’Iran en été ou le Caucase en hiver semblent être des folies. Je ne suis pas un grand fan des températures extrêmes, et c’est clairement une chose avec laquelle il va falloir jongler. Le deuxième problème, c’est la langue. Si je ne le compte pas pour l’Amérique du Sud, c'est que je crois en mes capacités d’apprentissage de l’espagnol. Pour le farsi ou le turkmène, j’y crois moins… Et j’ignore à quel point l’anglais ou l’allemand sont pratiqués (mais c’est un problème que j’ai déjà rencontré en Mongolie et en Chine). La question de la stabilité politique est également posée, notamment chez les Ouïghours du Xinjiang (mais est-ce pire que le Burundi...).

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7 décembre 2016 3 07 /12 /décembre /2016 21:36

« Un voyage se passe de motifs. Il ne tarde pas à prouver qu’il se suffit à lui-même. On croit qu’on va faire un voyage, mais bientôt c’est le voyage qui vous fait, ou vous défait ».

Scénario n°2.

Décision : partir.

Durée : 6-7 mois.

Transport : en bateau, en train, en stop etc.

Quatre missions Bucket List : Rio de Janeiro / Traverser un océan en bateau / Marcher en Antarctique / Etre quadrilingue.

Nouveaux pays : 6 (Brésil, Paraguay, Bolivie, Pérou, Chili, Argentine). Uruguay ? Trinidad et Tobago ? Autre ?

 

L’Amérique du Sud fascine beaucoup autour de moi. Le Brésil et son carnaval, le Pérou et le Machu Pichu. Pourtant, j’avoue que je ne suis pas encore arrivé à ce stade. Je suis curieux, mais je n’ai pas l’impression d’en attendre beaucoup. Les paysages, oui, sans aucun doute. La culture, je reste un peu dubitatif. Autant l’Asie et l’Afrique me semblaient être des endroits totalement différents de l’Europe (et j’en ai eu la confirmation), autant j’ai l’image d’une culture sud-américaine assez proche des Italiens, des Espagnols ou des Portugais. C’est le souci d’être un historien, je pense l’Afrique et l’Asie en termes d’histoire millénaire, alors que je pense l’Amérique du Sud depuis la fin du XVème siècle. Bon, les populations amérindiennes me prouveront sans doute le contraire, mais ceci explique sans aucun doute pourquoi je n’ai pas encore mis les pieds sur ce continent.

Le projet peut paraître fou (mais les cinq scénarios le sont). Tout d’abord, traverser l’Atlantique sur un bateau. Je me suis renseigné auprès des cargos, c’est possible, en une dizaine de jours. Le coût financier est un peu élevé (aux alentours de 1 000€), mais ça reste une expérience incroyable. Je regarde aussi du côté des voiliers, même si je ne sais pas à quel point je suis prêt, mentalement, à traverser un océan avec des voiles… Rien que de l’imaginer et je flippe !

« Terres ! Terres ! ». C’est ce que je m’imagine dire de l’autre côté de l’Atlantique ! Où ? C’est une bonne question. J’ai un vieux copain à Trinidad et Tobago à qui je payerais bien une petite visite. Sinon, ce sera le Brésil. Rio sera forcément au programme, c’est un principe (et peut-être le jour de la folie du carnaval). L’idée est ensuite de descendre (jusqu’en Uruguay ?), puis observer les chutes d’Iguazu, à la frontière brésilo-argentine. Ensuite, le rêve est de remonter le continent par le Paraguay et la Bolivie, jusqu’au Pérou. C’est une route qui est plutôt connue (des voyageurs m’en ont plusieurs fois parlé). Je m’arrêterai forcément dans le désert de sel d’Uyuni, en Bolivie, au lac Titicaca (rien que pour le nom) et au Machu Pichu, au Pérou. Ensuite, empruntons la Panaméricaine, le long de la Cordillère des Andes, pour descendre au Chili. Le désert de l’Atacama me fascine, ce sera une étape clef. Enfin, terminer avec l’extrême-sud du continent, le Cap Horn, et essayer de choper une mini-croisière vers l’Antarctique, faire un bon football là-bas, avant de remonter la Patagonie.

Voilà, c’est le plan, qui changera 100 fois, qui dépendra de la météo, des distances, de mes moyens financiers sur la fin etc. Mais si le continent ne me fascinait pas au départ de cet article, il le fait à la fin…

2017, cinq scénarios. N°2 : Traverser l’Atlantique et l’Amérique du Sud.
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1 décembre 2016 4 01 /12 /décembre /2016 23:42

Je pense que mon histoire d’amour avec les voyages a vraiment débuté avec le stop. Ce pouce levé, ce sentiment de liberté, ces rencontres, les kilomètres avalés et l’impression de découvrir en profondeur un territoire, un pays.

Le Danemark en stop

Le Danemark n’étant pas immense, l’île de Sjaelland faisant 100 kilomètres sur 100, nous nous sommes dit « vamos » ! Et c’est le pouce levé que ma partenaire de voyage et moi-même quittons Copenhague. L’attente est très courte, et c’est un homme en pleine force de l’âge qui nous fait avancer vers le Sud de l’île.

Au cours des quatre jours que durera notre aventure à travers le pays, une vingtaine de conducteurs nous feront l’obligeance de s’arrêter. Quelques points généraux avant trois histoires amusantes.

Tout d’abord, les Danois sont super-sympas. Ils s’arrêtent ultra-vite. A tel point qu’il nous est arrivé plusieurs fois d’être pris en moins de cinq minutes (et parfois une seule !). Deux voitures se sont même arrêtées en même temps, une première pour moi ! En plus d’être généreux, les Danois sont bilingues ! A un niveau IM-PRE-SSION-NANT !! Jeunes ou vieux, hommes et femmes, nous n’avons rencontré que des gens capables de parler anglais. Même un gosse de 10 ans, avec un niveau à faire pâlir 97% des Français.

 

Mais forcément, il y a toujours une exception qui confirme la règle. Cet homme doit avoir une soixantaine d’années. Et il ne parle pas anglais. Je ne parle pas danois, tout comme ma partenaire de voyage. Et, pourtant, la conversation débute. Nous posons une question : est-ce qu’il a un chien ? (car il y a des poils à l’arrière du véhicule) Il répond en se touchant le genou.

C’est ce qui est génial avec l’incompréhension, c’est qu’elle lance les rires. Et la bonne humeur. Nous essayerons de lancer à plusieurs reprises un thème, un sujet, quelque chose. Et il essaie aussi. Pourtant, nous n’y arriverons pas. Mais nous aurons bien ri.

 

La deuxième personne que je vous présente est un chaman. Oui, un chaman, rencontré en plein milieu du Danemark. Il se considère comme l’intermédiaire entre les hommes et la nature. Et il aura fait un monologue de 45 minutes sur sa vie. Un drôle de personnage comme on n'en rencontre qu’avec le stop. Il est clairement perché, et tente de nous vendre son mode de vie. J’acquiesce, je souris. Oui, je suis dans sa voiture, et il nous avance pas mal. Mais je me pose quand même quelques questions parfois. Avec qui discute-t-il d’ordinaire ? On sent qu’il a besoin de parler. Connait-il la solitude ? Est-il marié ? Autant de questions que je ne peux lui poser, car il débite à un rythme impressionnant. Il nous amène à destination, en s’excusant d’avoir tant parlé. Avec le sourire.

 

La dernière personne, c’est le directeur de Kaj Skov. Qu’est-ce que c’est ? Bonne question. Je pense que c’est une boîte qui travaille sur de l’inspection d’antenne, ou quelque chose en lien avec les télévisions. Qu’importe, j’ai sa carte de visite dans le porte-feuille, avec son numéro de téléphone. Car ce type, assez taiseux dans l’ensemble, nous sort l’air de rien : « vous voulez boire le café et rencontrer ma femme ? ». I only have one rule : toujours accepter une invitation d’automobiliste. Et c’est ainsi qu’il appelle sa femme. On ne comprend pas trop, mais ça a l’air de ne pas la déranger. Quelques minutes plus tard, nous nous retrouvons dans une immense propriété. Le café est prêt, les biscuits sont sur la table. La maison est très nordique, il semble y faire bon vivre. Nous sommes l’attraction de la journée. On discute de choses et d’autres. Rien de révolutionnaire. Qu’importe, ce moment est génial. Nous ne les connaissions pas. Nous ne devions pas nous rencontrer sur cette terre. Et, pourtant, nous l’avons fait. Quelques minutes, quelques sourires. Un petit instant de bonheur. L’homme décide de nous amener jusqu’à notre destination finale, à 30 minutes de là. Un cœur sur la main. Au revoir, et merci pour ce moment.

Le Danemark en stop

En plus du stop, il y a le logement. Normalement je suis un fan de Couchsurfing. Mais j’avoue que le fin fond du Danemark n’est pas encore trop connecté au site. Airbnb l’est un peu plus. Après une expérience plutôt moyenne à Copenhague (un appartement avec la mauvaise adresse… longue histoire !), nous nous retrouvons chez Pia, à Stege, en plein milieu de l’île de Mon. Déjà, pour arriver chez elle… vous imaginez le Larzac ? Plus paumé. La route n’est plus goudronnée, et nous devons notre salut au GPS de notre conductrice. Mais nous y sommes. Et nous ne serons pas déçus. Pia est illustratrice. Elle fait des bouquins pour les enfants. Avec un certain succès, puisque c’est son métier. Et elle habite au milieu de rien. Les voisins ne sont pas visibles. Le vent percute les murs de la maison. Le grondement se fait ressentir. La luminosité tombe peu à peu. Ambiance Shining. Pia est décalée. Son logement le prouve : des couleurs un peu folles, du mobilier original et les livres de la bibliothèque rangés selon la couleur de la couverture. « Le plus dur, c’est de se souvenir si Camus a une couverture bleue ou verte » me dit-elle.

Le Danemark en stop
Le Danemark en stop

Pia, c’est l’explication du bonheur des Danois. Car, si vous ne le saviez pas, les Danois sont considérés comme les gens les plus heureux du monde. Si, si, j’vous jure. Et, forcément, j’ai posé plusieurs fois la question : « mais quel est votre secret ? ». On m’a parlé de leur modèle social, l’éducation et la santé quasi-gratuits, avec un taux d’imposition très élevé (le plus haut d’Europe). Alors, c’est donc ça, le secret, payer énormément d’impôts ?? [Rire des Danois quand je leur dis cette phrase]. Non, ce n’est pas ça. Le secret, c’est le hygge.

 

Vous êtes bien avancé, hein ?! Bon, j’explique. Le hygge, c’est une atmosphère. C’est la cheminée, des bougies, un livre, un plaid. C’est se retrouver tous ensemble au coin du feu. Le hygge, c’est le terme qui est un peu indéfinissable, et qui veut pourtant dire beaucoup. Pia en était l’incarnation. Elle nous logeait. Et elle a partagé une multitude de conversations avec nous, au coin du feu. Je l’affirme, nous étions bien heureux, là, avec l’odeur du repas qui parfumait la pièce, un thé entre les mains, la chaleur nous réchauffant le bout des orteils.

Quelques minutes plus tard, nous étions dans notre logement, efficacité, simplicité, et cute. Les étoiles brillaient de mille feux. J’aime ce voyage.

Le Danemark en stop
Le Danemark en stop

En dehors de toutes ces rencontres, du petit couple de retraités suédo-danois, du jeune papa de 19 ans qui part en Asie avec son bébé, de la journaliste formidable cuisinière, du soldat de l'OTAN en plein exercice militaire (et tous ceux que j’oublie), il y a les paysages. Car le Danemark, en plus d’être un pays plat et venteux, propose quelques endroits bien sympas.

 

Tout d’abord, Møns Klint. 7 kilomètres de falaises de craie, entourées d’un grand parc. Les couleurs de l’automne, le soleil et la mer Baltique font le reste…

Le Danemark en stop
Le Danemark en stop
Le Danemark en stop
Le Danemark en stop
Le Danemark en stop
Le Danemark en stop

Après l’extrême-sud, direction le grand ouest : Røsnæs Fyr. Là, c’est l’impression d’arriver au bout du monde, avec un phare bien caché. Quelques pêcheurs, un dimanche ensoleillé. Un rythme lent. Le calme. Le coucher de soleil. La douceur des vaguelettes.

Le Danemark en stop
Le Danemark en stop
Le Danemark en stop
Le Danemark en stop
Le Danemark en stop

Enfin, c’est le grand nord. Sjællands Odde, un petit port de pêche. Le ciel est cette fois très bas, et sombre. A faire déprimer le hygge. Pourtant, le long de la plage, une randonnée s’improvise. Nous avalons les kilomètres, en nous disant que la vie d’un voyageur doit être sacrément sympa. La preuve.

Le Danemark en stop
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13 novembre 2016 7 13 /11 /novembre /2016 16:07

« C’est la contemplation silencieuse des atlas, à plat ventre sur le tapis, entre dix et treize ans, qui donne envie de tout planter là ».

Novembre est un mois intéressant. Gris, sombre, humide : à rendre dépressif toute une bande de guitaristes mexicains. Mais c’est également un mois pour faire des plans. Noël. Nouvel An. Ou pour l’année suivante. N’étant pas trop fan des fêtes de fin d’année, je vais me concentrer sur 2017.

 

Scénario n°1.

Décision : rester.

Durée : 3 mois (extensible à 4).

Transport : à pied.

Deux missions Bucket List : Voir Rome et Faire un pèlerinage.

Autres possibilités Bucket List : Lire la Bible, Ecrire un livre, Apprendre l’italien.

Nouveau pays : 2 (Liechtenstein, Saint-Marin)

 

Pourquoi ? Cette idée de pèlerinage est plutôt récente, comparée aux autres. Il y a de cela 3 ans et demi, nous avons accueilli dans ch’nord un drôle de personnage : un marcheur. Non, pas un marcheur blanc. Un marcheur, en chair et en os, anglais, venant de Londres, et qui se dirigeait vers… Istanbul. A pied. 9 mois plus tard, il était arrivé. Une folie. Qui m’a plu. Enormément. Il venait d’avoir 30 ans, était instituteur. Il voulait se remettre en question, réfléchir sur la vie et son sens. C’était pour lui le moment idéal. Et il a adoré.

Une introspection. Une rencontre avec la nature. Des paysages. Rendre le temps au temps. Une déconnexion. Respirer. Me retrouver. C’est tout cela que je recherche.

 

La route : Tilques, (Charleville), Verdun, (Metz), Nancy, Epinal, Mulhouse, Zurich, Vaduz, Brescia, Mantoue/ Parme-Modène, Ferrare, Ravenne, Rimini, Saint-Marin, Pérouse, Assise, Rome (extensible vers Naples et Pompei).

1737 kilomètres.

2017, cinq scénarios. N°1 : le pèlerinage (Rome).

Bien sûr, ce n’est que le premier plan. Mon tour d’Europe devait aller à Moscou. Nous nous sommes retrouvés à Istanbul et sur le cercle polaire. Les plans évoluent. Et ce n’est que le premier scénario.

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