1 octobre 2019 2 01 /10 /octobre /2019 22:01

Huaraz est le centre logistique de la région. J´y croise chaque jour des nouvelles têtes occidentales, qui disparaissent le lendemain. Les touristes arrivent, organisent leur trek, et partent aussitôt. Dommage, car elle est entourée par de jolies montagnes au loin, mais sa mise en valeur s´est faite sur les aller-retours : c´est une ville de passage. Et de magasins pour grimper l´Everest ! (un peu loin je vous l´accorde) Au milieu de tout ça, des hôtels et des chauffeurs de taxi qui klaxonnent constamment, espérant attirer le chaland. Un beau brouhaha. Avant 1970 ça devait en être autrement, mais un très gros séisme a fait d´énormes dégâts (70 000 morts dans tout le pays)
Bon, je vous décris un peu plus que d´habitude cette ville, c´est que j´y passe près d´une semaine ! Pas de trek, je me réserve pour la suite (la laguna 69 m´a un peu vacciné de l'altitude en mode foufou), et je préfère opter pour les sorties d´une journée, et ainsi gagner en variété.

Chavin de Huantar et le lac de Paron

Première étape, direction Chavin de Huantar, classé patrimoine mondial de l´UNESCO (souvent un gage de sérieux). 110 kilomètres à travers les paysages sombres de la Cordillera Negra. Je suis accompagné toute la journée par une brésiliano-péruvienne un poil vulgaire : elle a un T-Shirt transparent (et c´est son droit), avec un sous-tif rouge-rouge mettant en valeur une poitrine à forte valeur ajoutée (soit, c´est également son droit), d´où on peut apercevoir à intervalles irréguliers des moitiés de tétons. Ca me perturbe un peu, surtout qu´elle me parle régulièrement. "Regarde sa tête, regarde sa tête, regarde sa tête" Je me répète cette injonction en boucle, sans trop de succès.
Sur la route nous croisons le lac de Querococha Woh. 

Chavin de Huantar et le lac de Paron
Chavin de Huantar et le lac de Paron

Chavin de Huantar est l´un des lieux archéologiques les plus connus du Pérou (on le retrouve sur les billets de 50 soles). La culture Chavin date de - 1200 à - 300 environ.... oui, encore des ancêtres des Incas ! (j´ai presque fini mon tour des plus connus !) On considère qu´elle a influencé une bonne partie du Pérou actuel à l´époque (on commence 2 000 ans avant les Incas !). Sur place on retrouve des formes pyramidales, recouvertes de végétation, un système d´irrigation très perfectionné, et des labyrinthes sous les temples principaux. Je continue ainsi mes préliminaires du Machu Pichu (si vous le faites dans l´autre sens vous risquez d´être déçu).

Chavin de Huantar et le lac de Paron
Chavin de Huantar et le lac de Paron

Le lendemain c´est la Laguna de Paron. Enfin, c´est ce qui est prévu. Je me tiens prêt à 8 heures, comme convenu. 8h10. 8h20. Des vendeurs de tour me demandent ce que je fais encore là. 8h30. 8h40. Branle-bas chez les vendeurs ! (très sympas au passage !) Ils appellent mon agence, qui ne répond pas, ils envoient quelqu'un courir là-bas. Je comprends bien que je suis dans la mierda ! Une dame finit par arriver à 8h50. Elle m'emmène. Où ? Mystère ! Elle n´est pas très causante, me fait sauter dans un bus collectif et passe son temps au téléphone. Je comprends avec mon espagnol balbutiant qu´elle négocie avec des tours pour qu´ils arrêtent leur bus pour moi. S´en suit une heure de tension pour elle, tandis qu´on avance au rythme des bouchons. Mierda ! On descend dans une petite ville, elle se met à courir.... je cours ! (allez voir le sketch de Raymond Devos sur ce sujet si vous ne connaissez pas !) Et voici que je rentre dans un "vrai" bus pour le lac Paron, sous les regards inquisiteurs des autres passagers qui n´attendaient que moi pour repartir depuis 30 minutes... je vous jure que j´étais là à l´heure !
3 heures supplémentaires sur des routes de montagne non-goudronnées (c´est bien de voyager jeune) et nous arrivons à 4 100 mètres d´altitude, surplombant le canyon que nous avons longé.

Chavin de Huantar et le lac de Paron

Le clou du spectacle étant ce lac Paron, le plus grand de la région...

Chavin de Huantar et le lac de Paron
Chavin de Huantar et le lac de Paron

Cette nuance de bleu que l´on retrouve dans l´eau des montagnes est incroyable. Et pour le ch´ti que je suis, c´est toujours fascinant d´etre entouré par des sommets.

Chavin de Huantar et le lac de Paron
Chavin de Huantar et le lac de Paron

Que dire de plus ? Oui, il faut aller voir cette région du Pérou. Elle est magnifique, elle se fait plutôt bien (attention néanmoins à l´altitude) et pensez bien que je n´ai pas fait grand chose (il y a au moins deux treks qui sont très connus et qui valent le coup) ! Bref, va falloir que je revienne !

Chavin de Huantar et le lac de Paron
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30 septembre 2019 1 30 /09 /septembre /2019 00:57

Après une nouvelle nuit dans un bus (pas évident de dire à quoi ressemble le Pérou entre les lieux où je m´arrête !), me voici à Huaraz ! Allez, une petite carte, histoire de ne pas vous perdre en route.

La cordillère blanche : La Laguna 69

La zone m´a été conseillée par tous ceux qui ont mis les pieds ici ! Et en effet, je ne vais pas regretter mon choix ! Ce que je regrette assez vite par contre, c´est mon oubli des chaussures de randonnée : j´en loue du coup mais j´ai des ampoules après un jour de marche... Embêtant, alors que je souhaite partir pour un trek d´une semaine !
Pour commencer je choisis la Laguna 69. Jamais entendu parlé, mais les images ont l´air impressionnantes. Le départ se fait à 4h30 du matin... dur ! 3 heures de route pour arriver à la Laguna de Llanganuco, à travers les montagnes. C´est ce que je viens chercher dans ce voyage : de la montagne, et de la vue ! Et bein j´suis pas déçu !

La cordillère blanche : La Laguna 69
La cordillère blanche : La Laguna 69

Woh. D´accord, ça c´est la mise en bouche du coup ? Car j´ai l´impression de manger le dessert !! Nous ne restons que 10 minutes, ça suffit pour me dire que je suis bien éveillé. Et ensuite c´est le début de la randonnée vers la Laguna 69. Deux Québécois m'accompagnent un temps pour 3 heures de marche exceptionnelle.

La cordillère blanche : La Laguna 69
La cordillère blanche : La Laguna 69

Ca monte, c´est beau, et je croise même quelque chose qui ressemble à une biche !

La cordillère blanche : La Laguna 69

J´ai assez vite lâché le bus pour faire route en tête, ce qui me permet ce genre de moment (ça a parfois du bon d´avoir des grandes jambes !), Un lac supplémentaire est posé au milieu du trajet.

La cordillère blanche : La Laguna 69

Et enfin, à 4 550 mètres d´altitude, entouré par des pics a plus de 6000 mètres, la Laguna 69

La cordillère blanche : La Laguna 69

Les images parlent pour elles. Impressionnant, merveilleux. Le parc national du Huascaran doit être un indispensable si vous voyagez au Pérou, vraiment (si vous n´êtes pas convaincus par les photos je ne peux rien faire pour vous !).
Là où le récit prend son sens, c´est pour vous évoquer ma descente. Rapide. Peut-être trop, je ne sais pas. Toujours est-il qu´en bas je souffre énormément à ma petite tête. Je pense tout de suite au mal d´altitude. Embêtant, surtout pour la suite. J´en peux tellement plus que je vais quémander quelques feuilles de coca à des Péruviens postés là. La boulette sur ma gencive m´aide, un peu. Le bus est un calvaire. Je veux manger en rentrant, mais impossible. Pas bien, vraiment. Problème : je pars le lendemain très tôt pour mes 8 jours de trek ! Avec des chaussures de merde et un mal d´altitude, j´en sue à grosses gouttes ! Je vais à l´agence, qui m´annonce une mauvaise nouvelle : le trek est.... annulé, faute de participants ! Mince... J´ai le sourire et ce fut un bon coup de chance a posteriori. Au-delà de l´altitude, je pense surtout avoir été victime de l'insolation (après deux ans de Guyane et dix jours dans le désert israélien j´ai pris deux coups de soleil... sur les mains ! Dingue !). C´est qu´à 4 000 mètres et au-dessus, avec la fatigue en prime, ça ne pardonne pas de se balader sans chapeau ! Leçon retenue ! J´ai aussi abandonné mes chaussures de location pour reprendre mes petites baskets, simples mais efficaces. Allez, je vous réserve deux-trois merveilles supplémentaires ces prochains jours !

La cordillère blanche : La Laguna 69
La cordillère blanche : La Laguna 69
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28 septembre 2019 6 28 /09 /septembre /2019 20:17

L´Amérique du Sud a beaucoup à nous apprendre, dans de nombreux domaines. Là où je considère qu´ils ont 30 ans d´avance, c´est sur les bus. De nombreuses lignes, c´est un fait, et on est loin des tarifs SNCF. Et surtout quelle qualité ! Les bus Cama, ce bus merveilleux, où tu peux allonger ton siège à 180 degrés !! Génial, fantastique ! (oui je suis amoureux !) Une hôtesse t´amène à manger, un petit thé, tu as une couverture, un oreiller, et même un écran individuel avec films et musiques.... la classe affaire de l´avion au prix du bus ! Ca tombe plutôt bien, car les distances du continent font assez peur : 8 heures de nuit pour le premier trajet, et je commence soft ! Direction Trujillo !

Truji quoi ? Oui, Trujillo, pas la ville la plus connue du Pérou alors que c´est la troisième plus grande ville du pays. C´est le prof d´histoire qui m´a motivé à venir, car on trouve ici deux sites exceptionnels de civilisations pré-Incas.

Chronologiquement ça débute par les Moches (prononcé Mochés !). Retour au II-VIIème siècle, dans le Nord du Pérou actuel ! Devant moi les deux Huacas du soleil et de la lune, deux temples en forme de pyramide, éloignés d´environ 500 mètres. Seule celle de la lune se visite. 

Les Moches et les Chimus : sur les traces des ancêtres des Incas

N´imaginez pas Kheops non plus quoique la construction ne soit pas dénuée de mystère : 5 pyramides sont en fait empilées ! (5 règnes? 5 ères ? ça reste un mystère). Ainsi la seconde pyramide a été construite sur la première, la troisième sur la seconde et ainsi de suite. Imaginez un peu la tête des archéologues quand ils ont trouvé la première (celle du cinquième niveau en fait), puis se sont aperçus qu´il y en avait une autre en dessous, puis une autre... les poupées russes ! Bon, seul problème, arrivés au troisième niveau les murs commençaient à bouger, du coup seuls 3 niveaux sont accessibles (et il reste donc beaucoup de mystère !).
A quoi servait ce temple ? C´était un lieu de culte où on faisait notamment... des sacrifices humains ! Rien que ça ! Les Moches organisaient de grands combats et les perdants étaient sacrifiés. Certains chercheurs pensent que c´était pour calmer les Dieux de la météo à une époque où El Niño faisait peut-être déjà des ravages ! Pas mal de conditionnel, car les Moches ne nous ont pas laissé une écriture (on n´en a pas trouvé en tout cas) et que toutes ces informations ont été déchiffrées via les dessins sur les poteries ! On en saura peut-être plus ces prochaines années car le temple du soleil et la zone entre les deux temples sont des trésors archéologiques en devenir, faut-il encore que le Pérou trouve l´argent (c´est à l´arrêt en ce moment). 

Les Moches et les Chimus : sur les traces des ancêtres des Incas
Les Moches et les Chimus : sur les traces des ancêtres des Incas

Le musée est indispensable, les poteries sont magnifiques (avec un air de ce qui se fait en Grèce et à Rome à la même époque). Je me suis vraiment régalé.

Les Moches et les Chimus : sur les traces des ancêtres des Incas
Les Moches et les Chimus : sur les traces des ancêtres des Incas

A quelques kilomètres de la, Chan Chan. On avance un peu dans le temps, avec les Chimus (prononcé... bah Chimou !). Ce sont eux qui dominent la région du XI au XVème siècle, avant leur gros conflit avec les Incas (Ca me permet de faire un point histoire : non les continents américains et africains n´étaient pas en paix avant l´arrivée des colonisateurs ! Ca ne justifie rien hein ! Mais ça évite le mythe du "gentil sauvage" qui existe encore parfois).
20km2, 9 citadelles, Chan Chan, capitale des Chimus, a de l´allure. Face au Pacifique, balayé par le sable, le lieu est fascinant. Et pourtant, pas très bien mis en valeur. C´est brut : des murs, des forteresses, des traces archéologiques, mais pas d´explications, ni de véritable point de vue pour se rendre compte de cette immensité. Le lieu ressemble à l'idée que je me fais de... Tombouctou ! C´est massif, des grands murs, du jaune... mais il manque quelque chose, que le musée n´apporte pas non plus. Dommage, car j´ai l'impression d´avoir rencontré les Moches et effleuré les Chimus (c´est plus impressionnant vu du ciel en fait !)

Les Moches et les Chimus : sur les traces des ancêtres des Incas
Les Moches et les Chimus : sur les traces des ancêtres des Incas
Les Moches et les Chimus : sur les traces des ancêtres des Incas

A Trujillo, je me suis laissé vivre. Le week-end était animé, et j´ai apprécié déambuler dans le centre-ville. La place principale est le lieu de rencontre, elle a une nouvelle fois beaucoup de style.

Les Moches et les Chimus : sur les traces des ancêtres des Incas
Les Moches et les Chimus : sur les traces des ancêtres des Incas
Les Moches et les Chimus : sur les traces des ancêtres des Incas

Deux moments que je qualifierais de... bizarres : le vendredi soir, un concert est organisé devant la cathédrale, beaucoup de gamins viennent avec leur école, ils défilent autour de la place. C´est chouette. Bon, à y regarder de plus près, c´était un rassemblement.... anti-avortement ! (je n'ai jamais autant aimé l´école laïque !)

Les Moches et les Chimus : sur les traces des ancêtres des Incas
Les Moches et les Chimus : sur les traces des ancêtres des Incas

Le dimanche, après un nouveau défilé avec de la musique, nouveau rassemblement... je suis méfiant cette fois ! Et c´est plus amusant : objectif du jour faire la plus grande salade d´artichauts du monde ! Oui, un mec s´est levé un jour et a dit "je vais entrer dans le Guiness avec des artichauts !" et les gens vont venir ! Il avait du flair car c´était blindé ! (la musique et la bouffe gratuite ça aide !).

Les Moches et les Chimus : sur les traces des ancêtres des Incas

Je termine avec un vrai spectacle de flamenco (enfin je crois mais je ne suis pas un spécialiste !) Allez, direction les montagnes !

Les Moches et les Chimus : sur les traces des ancêtres des Incas
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27 septembre 2019 5 27 /09 /septembre /2019 19:48

Qu´est-ce que je fous là ? Je suis rentré vendredi soir à Roissy, et m´y revoilà lundi matin. C´est mon empreinte carbone qui est contente, avec ce vol Paris-Francfort-Panama-Lima ! Je dors comme un sac, histoire de gagner un peu de temps sur le décalage horaire (7 heures), et je confirme : l´avion est un mode de transport comme un autre. Fini l´excitation ou le stress, ça me fait aujourd'hui la même sensation que le train : je tourne seulement la tête quand j´aperçois la ville de Panama (sacrés gratte-ciels !) et son canal si célèbre (on remercie les capitaux français pour sa construction).

C´est le Pérou ! Lima !

Arrivé à Lima, après une heure de douane pour obtenir un tampon, direction Ma Couchsurfing Marianna. Elle habite avec ses parents, sa soeur, 4 chiens, 1 chat, une autre couchsurfeuse et une locataire.... : la maison du bonheur ! 

C´est le Pérou ! Lima !

Je ne pouvais pas trouver mieux : je suis directement dans la bain de l´espagnol, et la mama me régale ! Je ne suis clairement pas encore bilingue, mais les Péruviens parlent moins vite que les Colombiens, ça m´aide !

D'ailleurs, voici le top 5 des missions du voyage :

1 - apprendre l´espagnol (pour être quadrilingue et me la raconter en soirée !)
2 - Voir le Macchu Pichu (c´est mythique quand même !)
3 - Comprendre l´Ile de Paques
4 - Jouer au foot en Antarctique
5 - Trouver une copine
Un 3 sur 5 serait déjà bien !

Je pars donc plusieurs mois (à priori jusqu'à Noël) avec un ticket aller simple. Liberté bonjour.
 

Lima, capitale du Pérou, compte plus de 10 millions d´habitants. La ville est très étendue (sur 100 kilomètres !) et ressemble à quelques villes en développement que j´ai vues (Katmandou ou La Paz notamment, en un peu moins vallonné tout de même). Les transports, bon, faut être habitué ! Une seule ligne de métro (et je ne vous raconte pas la queue à 17h30, à faire passer la ligne 13 parisienne pour un jeu d´enfants !). Le reste, ce sont surtout des voitures, des taxis et des bus qui se croisent et s´entrecroisent dans une atmosphère de CO2 au doux son des vrombissements de moteurs et des klaxons. Le rêve quoi. 
Les quartiers que je traverse pour aller vers le cente ont un air désolé, avec pas mal de vieilles bâtisses à l´abandon, quand les bidonvilles grimpent sur les collines.

C´est le Pérou ! Lima !

Pas très vendeur hein ! Bon, j´avoue que Lima n´était pas dans le top de mes attentes du Pérou, mais il y a aussi du bon. Prenez le centre ville historique, qvec quelques rues piétonnes (bon, sur les doigts de la main) et sa Plaza Mayor. Y'a pas à dire, les Espagnols savaient construire des places !

C´est le Pérou ! Lima !

Et des monuments religieux ! Beaucoup d´églises, basilique, cathédrale, et toutes ont du style !

C´est le Pérou ! Lima !
C´est le Pérou ! Lima !

Et oui, je ne vous apprends rien, l´Espagne a colonisé la moitié de l´Amérique du Sud. Pizarro, arrivé avec 12 hommes (!!!!!) et un sacré sens du timing (ou le cul bordé de nouilles, c´est selon), réussit à prendre le contrôle de l´Empire Inca. Bon, sa chance s´est un peu envolée quand sa tête a fait de même : il a fini décapité par son rival Almagro et sa tête est dans la cathédrale de Lima ! Yummy !

La relève de la garde, devant le palais du président, rassemble tout ce que Lima a comme touristes, au son de la fanfare (avec des airs pas très locaux, y'a eu Carmina Burana !). En parlant des présidents, le Pérou fait très fort : sur les cinq derniers présidents élus, 4 ont fini en prison ! Et le cinquième ? Juste avant son arrestation il a choisi de se suicider d´une balle dans la tête ! (corruption bonjour ! le scandale Odebrecht et Lava Jato font du ménage (oui, la même affaire qui a mis Lula en prison au Brésil)).

Après le centre historique, direction Miraflores et Barranco, les deux quartiers branchés de la capitale. Un pont des soupirs, des tags, des cafés végans et tripadvisor affiché sur la moitié des devantures, Barranco fait plus enclave occidentale que véritablement Lima. Les gens s'y déplacent en trottinettes électriques, c´est dire ! (cette planète s´uniformise à vitesse grand V !).  Miraflores est un peu plus Lima dans sa circulation et son front de mer envoie de la vue. Et pour cause, madame, monsieur, voici le Pacifique.

C´est le Pérou ! Lima !

Ma première fois (et comme à chacune de mes premières fois c´est réussi.... hum). Je mets les mains... dans l´eau, froide. Des surfeurs s´agitent à l´horizon. J´ai un peu d'émotion à être là, devant le plus grand océan de la Terre. En face, au loin, c´est quoi ? Je ne sais même-pas ! L´Asie, l´Indonésie ? Il en faudrait des jours de mer.

C´est le Pérou ! Lima !

Deux jours à Lima sont suffisants. Je prends la route, direction le Nord. L´aventure peut commencer.

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15 septembre 2019 7 15 /09 /septembre /2019 18:46

Après Matthieu, voici Marc, celui dont on dit qu´il a inspiré le premier cité et celui de Luc. Le plus vieux sans doute, le plus court également.  En voici un résumé, avec en vert les moments les plus connus, et en rouge les moments les plus surprenants.

 

Pas de naissance ! Pas de jeunesse ! Marc commence son évangile directement par le baptême de Jésus par Jean-Baptiste. Ce n´est pas pour me déplaire et ca évite pas mal de débats encore très contemporain sur le Christ ou sa famille. Jésus est ensuite tenté par le diable pendant 40 jours (mais pas question ici de ne pas manger). Et dès la première page il est rejoint par Simon, André, Jacques et Jean. 
Jésus guérit ensuite un homme tourmenté par un esprit mauvais, beaucoup de malades, un lépreux, un homme paralysé. Il invite ensuite à sa table un collecteur d´impôt (Lévi), ce qui créé une indignation autour de lui. Sa réponse est limpide : "Les personnes en bonne santé n´ont pas besoin de médecin, ce sont les malades qui en ont besoin. Je ne suis pas venu appeler ceux qui s´estiment justes, mais ceux qui se sentent pécheurs." Il décide de guérir un homme le jour du Sabbat, ce qui provoque la colère des Pharisiens (Juifs).
Jésus choisit ensuite ses 12 apôtres, tandis que sa famille (ses frères et ses soeurs !) souhaite le retrouver. 
Dans l´ensemble le discours est assez peu violent dans les paroles. La seule trace que je trouve au début est celle-ci "mais celui qui aura fait insulte au Saint-Esprit ne recevra jamais de pardon, car il est coupable d´un péché éternel". Ca va un peu à l´encontre de la remission des péchés pour moi, mais on est loin des propos que l´on trouve dans le texte de Matthieu.

 

Vient ensuite la parabole du semeur, de la lampe, de la semence qui pousse toute seule... je les ai plutôt comprise (encore une fois à la différence de Matthieu, elles sont cette fois moins nombreuses).
Jésus apaise ensuite une tempête, guérit un homme possédé par des esprits mauvais (il envoie les mauvais esprits dans des porcs !), une femme qui perd du sang depuis 12 ans et offre la résurrection à une petite fille.
Pour Jean-Baptiste, c´est la même histoire : il finit exécuter par Hérode.
Jésus nourrit ensuite 5000 hommes, marche sur le lac et guérit des malades. Je me pose parfois des questions sur les apôtres, car après tout ca ils restent surpris des capacités de Jésus : "ils n´avaient pas compris le miracle des pains : leur intelligence était incapable d´en saisir le sens." Personnellement, si je te vois transformer 5 pains en nourriture pour 5000 personnes je pense que je te regarderai comme un messie (ou un illusionniste extrêmement doué !).
Du coup Jésus enchaîne : il guérit un enfant à distance, un homme sourd et muet, il nourrit 4000 personnes avec 7 pains, un aveugle. Pierre réalise alors que Jésus est le Messie, tandis que celui-ci annonce sa mort et sa résurrection. Il reprend à nouveau sévèrement Pierre "Va-t´en loin de moi, Satan" quand il lui fait des reproches.
C´est ensuite l´épisode de la transfiguration de Jésus (il parle à Elie et Moïse), devant des apôtres effrayés. Il précise ensuite : "celui qui n´est pas contre nous est pour nous". Vient ensuite une mise en garde : "si c´est à cause de ta main que tu tombes dans le péché, coupe-la" Pareil pour le pied et l´oeil. Sur le divorce, il a une position, sans surprise, conservatrice "que l´homme ne sépare donc pas ce que Dieu a uni". Marc confirme ensuite ce que dit Matthieu "qu´il est difficile aux riches d´entrer dans le Royaume de Dieu". Ca m´embetterait beaucoup d´être riche et croyant !
Après une troisième annonce de sa mort et résurrection, il guérit un aveugle (Bartimée) puis entre dans Jérusalem. Il maudit à nouveau ce pauvre figuier qui n´avait rien demandé (si quelqu´un veut m´expliquer !) puis chasse les marchands du temple ("vous en avez fait une caverne de voleurs !")

El Greco, Le Christ chassant les marchands du temple, 1600, National Gallery, Londres.

El Greco, Le Christ chassant les marchands du temple, 1600, National Gallery, Londres.

La parabole des méchants vignerons est destinée aux chefs des Juifs (il y a à nouveau beaucoup de tensions avec eux). VIent ensuite les deux commandements les plus importants pour Jésus  : "Tu dois aimer le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur [...] tu dois aimer ton prochain comme toi-même". Une veuve pauvre fait alors un don dans un tronc, ce qui suscite son admiration. Jésus annonce alors la destruction du Temple ("tout sera renversé")
Vient ensuite la Cène, où Jésus annonce une trahison "c´est l´un d´entre vous, les douze, quelqu´un qui trempe avec moi son pain dans le plat". Il explique ensuite à Pierre que celui-ci va le renier trois fois. Jésus est ensuite arrêté (Judas l´embrassant et le désignant ainsi). Il est alors jugé coupable (pour avoir assumé être le Messie) par le Conseil Supérieur (des prêtres), tandis que Pierre le renie. Il est amené à Pilate. Celui-ci a un rôle intéressant, puisqu´"il savait bien que les chefs des prêtres lui avaient livré Jésus par jalousie". Avant ma lecture je voyais Pilate comme le méchant juge, là il apparaît comme quelqu´un qui ne veut pas condamner Jésus. 
Jésus est ensuite moqué et battu par des soldats avant d´être cloué sur la croix. Jésus meurt alors en demandant à Dieu pourquoi il a été abandonné. Trois femmes sont là (Marie du village de Magdala, Marie la mère de Jacques et Salomé). Il est mis au tombeau.

Après la résurrection, c´est Marie de Magdala qui voit Jésus en premier, avant qu´il se montre à deux disciples puis aux onze restant. Il part ensuite s´assoir à la droite de Dieu.

Encore une fois la fin est rapide. Je ne vois rien sur le chemin de croix, et la résurrection est traîtée en une seule page. Ca me semble fou pour un épisode aussi essentiel. 
Dans l´ensemble l´évangile de Marc me plaît bien plus que celui de Matthieu. Jésus est moins agressif (pas de bande de serpents ici !) et ses paraboles sont plus clairs. Allez, je m´en vais voir Luc !

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13 septembre 2019 5 13 /09 /septembre /2019 22:19

Le territoire israélien est finalement assez petit : nous sommes partis de l´extrémité sud en début d´après-midi et nous voici arrivés dans le Nord en soirée. Haïfa. Clairement pas la ville qui nous laissa de grands souvenirs. C´est un lieu plutôt industriel qui demande du temps pour être apprécié. Les touristes que nous étions sont repartis un peu frustrés, le centre mondial Baha´i ayant refusé nos tentatives de visite ! (le bahaïsme est une "religion mondiale" influencée par le chiisme, je vous conseille de lire sur le sujet si vous êtes intéressés, ça reste flou pour moi, même après lecture !). Reste une vue sympa, faut pas se mentir !

Le Nord d´Israël, et du conflit israélo-palestinien en voyage
Le Nord d´Israël, et du conflit israélo-palestinien en voyage

Direction Akko (en hébreu), ou plutôt Akka (en arabe), ou plutôt Saint-Jean d´Acre pour nous autres Français ! Il suffit de traverser la baie pour rejoindre la ville des croisés, celle qui a vu Philippe-Auguste, Richard Coeur de Lion et Saladin se battre pour son contrôle ! Drôle d´idée tout de même que celle du pape Urbain II qui, dans la cathédrale de Clermont, demande à tous les chrétiens d´aller reprendre la Terre Sainte occupée par les Musulmans depuis 4 siècles. S´en suivront 8 croisades aux histoires mouvementées, permettant d´établir deux siècles de domination chrétienne sur cette zone (souvent française d´ailleurs). Acre est LA ville des croisés (non, pas les ligaments), celle restée le plus longtemps sous leur contrôle. Aujourd´hui cette histoire se retrouve directement dans les fortifications donnant à la vieille ville l´air d´une cage dorée. 

Le Nord d´Israël, et du conflit israélo-palestinien en voyage
Le Nord d´Israël, et du conflit israélo-palestinien en voyage

Acre nous a beaucoup plu grâce à son atmosphère et sa situation, une sorte de Saint-Malo posée sur la Côte d´Azur. La ville, à quelques kilomètres du Liban, regorge de communautés qui semblaient plus mélangées qu´ailleurs.

Nous terminons notre périple par Safed, petite ville religieuse posée dans les "montagnes" (plutôt des grandes collines) et le lac de Tibériade, également appelé Mer de Galilée, lieu saint par excellence : c´est la zone principale des actions du nouveau Testament, ainsi Jésus marchant sur l´eau ou la multiplication des pains. Et je pense que Jésus serait un peu triste de voir l´état des plages (la gestion des déchets est vraiment à revoir !). De l´autre côté du lac, la plateau du Golan, occupé par les Israéliens (ou annexé à la Syrie d´après eux !).

Le Nord d´Israël, et du conflit israélo-palestinien en voyage

La transition est parfaite (et je me félicite !) pour parler d´un aspect essentiel de ce voyage : la politique et l´histoire. Car partir en Israël/Palestine c´est se retrouver dans un endroit qui passe aux infos depuis ma naissance, et depuis la naissance de mes parents (et presque de mes grands-parents). Je rappelle rapidement l´histoire en quelques lignes (si vous êtes un spécialiste vous allez vous étrangler mais je dois simplifier pour ne pas écrire 400 pages !) : l´Etat d´Israël est créé sur les cendres de l´Empire Ottoman après une petite période de colonisation britannique sur un territoire appelé Palestine. Nous sommes après le génocide nazi, et le lieu est déjà peuplé de Juifs depuis de nombreuses décennies (avec une présence de plusieurs siècles pour certains). Les Palestiniens non-Juifs refusent cette création, tout comme les Etats voisins (Syrie, Jordanie, Egypte). S´en suivent plusieurs guerres (1948, 6 jours, Kippour etc.), avec un résultat : les Israéliens l´emportent sur le terrain militaire. Mais gagner la guerre est une chose, gagner la paix en est une autre. Après l´espoir de la période 1990 (Camp David, Rabbin etc.) vient le désespoir depuis 1996 (coucou Bibi Netanyahu !). Intifada I et Intifada II le retour, Gaza.... aujourd´hui ça donne quoi sur le terrain quand on voyage ?

Déjà l´aéroport nous a mis dedans ! 25 minutes d´interrogatoire individuel avec une agent du Mossad ! Rien que ça et c´était à Roissy ! "Pourquoi vous voyagez en Israël" [ne pas répondre "car je suis un fan de tonton Adolf"] Combien de jours ? C´est quoi votre métier ? C´est pas la rentrée ? Pourquoi vous arrêtez de travailler ? Qu´est-ce que vous êtes allé faire à Dubaï il y a 4 ans ? Euhhhhhh Combien de jours vous restez ? Euh, je te l´ai déjà dit, non ?! L´exercice est piégeux : elle pose plusieurs fois les mêmes questions, puis elle compare avec mon alcoolique, acolyte pardon, de voyage. Ca donne envie de faire des blagues, mais il vaut mieux éviter [pas sûr qu´ils apprécient le cri Allah Akbar au milieu de l´aéroport de toute façon]. Le même interrogatoire aura lieu à notre retour de Jordanie (alors que nous étions partis le matin même) et de Palestine. La sensation de l´aéroport était bizarre, surtout quand on a entendu nos noms appelés et qu´on les a vu s sur une liste de l´agent ! Forcément, j´ai pensé aux Palestiniens qui font l´aller-retour tous les jours...

D´ailleurs, et je l´ai appris là-bas : la Palestine n´existe pas. Celle des cartes en tout cas. Dans les faits, quelques villes (Jericho, Ramallah, Bethléem...) sont contrôlés par l´autorité palestinienne, mais elles ne sont pas reliées entre elles : l´Etat israélien contrôle 80% au bas mot de la Cisjordanie, et ces enclaves palestiniennes sont de plus, murées ! L´homme construit trop de murs et pas assez de ponts disait Newton. L´Etat israélien doit faire fantasmer Donald Trump car 4 milliards de dollars ont été utilisés pour murer la Cisjordanie, sans vraiment suivre les frontières officielles. Ainsi, nous avons traversé une frontière et un mur pour passer de Jérusalem Est à Bethléem, quand l´ONU dit que c´est la Palestine. Le mur est aussi impressionnant qu´à Belfast avec deux côtés très différents : blanc côté israélien, tagué de messages côté palestinien (on y réclame souvent la paix, la justice etc.)

quel mur ?

quel mur ?

C´est d´ailleurs ce mur, plus que notre absence de GPS, qui a ralenti notre sortie de la ville : on prenait des routes sur notre carte, et on nous disait au bout "ah, non, on ne passe plus là aujourd´hui, il y a le mur..." Ces Palestiniens sont-ils en cage ? La question se pose, mais pour Gaza pas de doute. Etrange sensation de voir cette ville au loin, alors qu´un blocus la coupe du reste du monde depuis 12 ans !!! Etrange aussi lorsque nous sommes sur la plage de Tel-Aviv et qu´un hélicoptère de l´armée israélienne passe au loin direction la cage, pas dorée celle-là.

Nous avons plutôt rencontré des filles israéliennes très à gauche. Clairement pas celles qui votent Netanyahu et sa politique colonialiste. Il n´empêche qu´elles expliquent aussi très bien les peurs du pays, comme les sirènes de Tel Aviv qui se mettent en branle, signifiant aux habitants : vous avez 90 secondes pour trouver un abri avant que la roquette arrive ! Nous n´avons pas connu ça (merci !), mais des roquettes sont tombées du Liban dans le Nord du pays lors de notre passage au Sud. Dans le même temps l´armée israélienne bombardait un lieu en Syrie et un autre en Irak.

L´Etat de guerre permanent. Aujourd´hui toutes les maisons ou appartements doivent avoir un abri ou une pièce forte. Toutes ! L´Israélien semble toujours se préparer au pire. 3 ans d´armée pour les mecs, deux ans pour les filles, obligatoire ! 

Petite scène dans le désert : nous roulons tranquillement quand un bruit sourd touche la voiture. Je m´arrête, et je pense que notre antenne qui bougeait s´est décollée, ou que l´on a heurté quelque chose. Je regarde : rien. Une deuxième énorme déflagration ! Boum ! Je ne comprends pas tout de suite. Je regarde à gauche, et je vois écrit : champ de tir pour tanks ! Et en effet, les tanks tiraient à côté de nous ! Impressionnant !!

Le Nord d´Israël, et du conflit israélo-palestinien en voyage

Et pourtant, aussi bizarre que ça puisse paraître, c´est un immense sentiment de sécurité qui a prédominé pour nous durant ce voyage. Ca a du bon, les Etats militaires et la surveillance de masse [sic !]

Est-ce que les choses vont s´arranger un jour ? Forcément j´en doute, et je suis pourtant un très grand optimiste. J´ai vu des communautés qui ne se mélangent pas, alors qu´elles ont tant en commun.... de la bouffe au bon Dieu lui-même ! 

Houmous israélien/palestinien

Houmous israélien/palestinien

Le gouvernement israélien est aujourd´hui tellement à droite qu´on se demande comment il fait pour continuer à pencher de ce côté-là à l´approche des élections ! Parvenir à la paix avec Bibi ? Non, je ne crois pas. Dans le même temps Gaza semble condamné à des décennies d´extrémisme et de misère, alors que le Hamas semble plus doué pour construire des roquettes qu´un programme économique et social...
En France, on a tendance à avoir une opinion assez pro-palestinienne, plutôt un soutien au petit David contre le gros Goliath (Israël n´est pas David cette fois !). L´Etat français n´a pourtant pas encore reconnu l´Etat palestinien (au contraire de 138 autres pays ! Allo Macron ?!)

"les pays développés" qu´on appelle ça, à savoir ceux qui ne reconnaissent pas l´Etat palestinien

"les pays développés" qu´on appelle ça, à savoir ceux qui ne reconnaissent pas l´Etat palestinien

L´espoir fait vivre. Clairement l´Etat israélien, vainqueur militaire, a les clés de la voiture qui emmène à la paix (il a aussi le moteur, la carosserie, les freins.... en gros les Palestiniens ont les feux de signalétique arrière !) Bibi n´est pas éternel, et ce sont de fait les électeurs israéliens qui décideront de gagner un jour la paix. Avec qui et comment, c´est une autre histoire.
 

Allez-y, c´est fascinant.

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12 septembre 2019 4 12 /09 /septembre /2019 20:27

Le choix d´Israël/Palestine s´est fait au sein d´une short list : l´Islande, la Géorgie, le Mexique et même le Japon en faisaient partie ! Avec seulement 12 jours et une envie de diversité, c´est très vite apparu comme le choix idéal : de l´histoire, des paysages extraordinaires (dans le sens premier du terme), de la plage, du soleil, et un peu de politique ! (beaucoup en vérité) Et le symbole c´est forcément Jérusalem. LA ville. Difficile d´expliquer comment je l´imaginais, magique est peut-être le mot le plus adéquat, avec un foisonnement religieux incomparable.
A notre arrivée c´est pourtant vers la ville nouvelle que nous nous dirigeons, à la recherche de victuailles et de vie nocturne ; le lieu est adéquat, à des années lumières du coeur historique.

A Dunkerque, quand vient le carnaval

A Dunkerque, quand vient le carnaval

Le lendemain, nous franchissons les remparts, tels des croisés défiant Saladin, partant à la rencontre de David, Jésus et Mahomet. Bref, d´Abraham.

Jérusalem, voyage en terre sainte (et Bethléem !)

Le Mur des Lamentations, la Mecque des Juifs (comment ça j´ai pas le droit ?!). C´est le dernier vestige du second Temple construit par Hérode le Grand au premier siècle de notre ère (quoique les historiens ne soient plus tout à fait d´accord, je ne rentre pas dans le débat). 20 siècles nous surplombent. 

Jérusalem, voyage en terre sainte (et Bethléem !)

Le lieu sépare les hommes et les femmes pour la prière devant un mur de 500 mètres de long et 32 mètres de haut, craquelé, rempli de petits papiers laissés là par des pratiquants venus déposer ici leur prière. Les Juifs l´appelent simplement le Mur (Kotel), le terme de lamentations venant des chrétiens un peu moqueurs ! Une zone à l´ombre rassemble des Juifs orthodoxes effectuant une prière collective. Je regarde et j´écoute en silence. Frissons, même pour l´agnostique que je suis.

Jérusalem, voyage en terre sainte (et Bethléem !)
Jérusalem, voyage en terre sainte (et Bethléem !)

Au-dessus même du mur, de l´autre côté, le dôme du Rocher et la Mosquée Al Aqsa, 3ème lieu saint de l´Islam (comme Moscou est la troisième Rome ! oui, j´arrête avec les comparaisons religieuses !). Le lieu est seulement ouvert 3 heures le matin et 1 heure l´après-midi pour les non-musulmans (bon les Juifs n'ont pas l´air invités ! hormis à vouloir refaire une Intifada !). Le dôme est clairement le monument le plus impressionnant de la ville. Il a été construit en 691 par les Musulmans, pris par les croisés puis repris par Saladin.

Jérusalem, voyage en terre sainte (et Bethléem !)
Jérusalem, voyage en terre sainte (et Bethléem !)

Ce serait le lieu où Mahomet est monté au paradis. C´est également le lieu où Abraham est monté avec son fils Isaac pour l´offrir en sacrifice à Dieu. C´est également l´endroit où Salomon a bâti le premier temple. Oui, il y en a pour tous ici ! Presque dommage que le lieu ne soit pas ouvert à tous, ça rappellerait les points communs aux trois religions (un jour Inch´Allah !).

Jérusalem, voyage en terre sainte (et Bethléem !)

On se plaît à observer les petits footballeurs pas soucieux pour un sou des cris et du ballon qui vole dans ce lieu si sérieux. 

Jérusalem, voyage en terre sainte (et Bethléem !)

Côté chrétien, Jérusalem c´est aussi le chemin de croix et l´Eglise du Saint-Sépulcre ! Cette église rassemblerait le lieu de la crucifixion, la grotte où le corps de Jésus est déposé et c´est donc le lieu de la résurrection !

Jérusalem, voyage en terre sainte (et Bethléem !)

Nous nous asseyons pour lire cette histoire quand les cloches de l´église se mettent à sonner. Quelques minutes plus tard, c´est l´appel à la prière par le muezzin. Exceptionnel. Des pèlerins du monde entier nous entourent. Le quartier arménien paraît presque tranquille en comparaison (alors qu´une cathédrale, un monastère et la tour de David s´y succèdent !)

Enfin, sur le mont des Oliviers, en haut d´un immense cimetière juif, le soleil se couche sur l´Esplanade des mosquées.

Jérusalem, voyage en terre sainte (et Bethléem !)
Jérusalem, voyage en terre sainte (et Bethléem !)

Il y a tellement à dire sur cette ville et ses lieux saints. Je pourrais vous parler du souk, des loukoums et du thé, des bonnes soeurs et des juifs en papillote (ceci n´est pas une recette !). En sortant de la vieille ville, après une journée sacrément chargée, on se rend bien compte de la chance qu´on a eu de pouvoir l´arpenter dans son ensemble, faisant fi des frontières religieuses et des murs parfois trop présents. Jerusalem, c´est les religions du livre, c´est un symbole des liens qui unissent les trois cultes. Dommage qu´ils soient si désunis ici.

Le lendemain, c´est à Bethléem que nous continuons notre pèlerinage. Beaucoup de différences, et pour cause : nous passons côté palestinien. C´est pourtant à seulement 10 kilomètres au Sud de Jérusalem, et la majorité des Israéliens n´y a jamais mis les pieds (j´évoquerai la politique et nos perceptions dans le prochain article).

Bethléem est considéré comme le lieu de naissance de Jésus (et de David !). La basilique de la nativité est le lieu de pèlerinage le plus important, deux millions de visiteurs y viennent chaque année. L´église est administrée par l´église orthodoxe, l´église arménienne et le patriarcat latin. C´est parfois tendu entre les 3, quand ce n´est pas l´armée israélienne qui en fait le siège (en 2002). Bref, le lieu était sur la liste du patrimoine mondial en péril jusqu´à cet été ! (et c´est vrai que ça mérite quelques rénovations)

Jérusalem, voyage en terre sainte (et Bethléem !)
Jérusalem, voyage en terre sainte (et Bethléem !)

La ville vaut aussi le coup pour ses petites ruelles et ses falafels, son gros bazar et la vue des alentours. Pas exceptionnel en soi, mais c´est notre première (et véritablement seule) incursion en Palestine. Ca le vaut.

Le départ, après une couchsurfeuse très sympa, vaut le récit. Il faut vous dire comment on voyageait avec Lucas : une voiture louée, et pas de GPS. Là où ça peut se compliquer ce sont les panneaux en hébreu, c´est à dire un autre alphabet, mais c´est traduit dans l´ensemble. N´empêche que pour sortir d´une grande ville c´est jamais facile. Prenez Paris, vous êtes dans le centre : pas facile de trouver un panneau écrit Toulouse. Nous on cherchait à rejoindre la Mer Rouge, avec nos deux armes : une carte routière et.... une boussole ! Oui, l´instrument du Moyen-Age ! Direction, plein Est ! Clairement c´est l´aventure. La preuve, une heure après notre départ de Jérusalem nous étions.... revenus au même endroit ! Tu parles d´un succès ! Tout n´est pas de notre faute (j´expliquerai demain) mais ça a le mérite de rappeler à quoi sert le GPS !

Jérusalem, voyage en terre sainte (et Bethléem !)
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11 septembre 2019 3 11 /09 /septembre /2019 20:29

Quand je pensais voyager en Israel/Palestine, je n'imaginais pas trop mettre Pétra dans la boucle. Et puis, en observant la carte, nous nous sommes rendus compte qu'il n'y avait que deux heures entre la frontiere israélienne d'Eilat et la capitale des Nabatéens, l'un des lieux les plus exceptionnels de la région ! Ca a l'air facile de passer la frontière, allez, en route !

Et à l'aller, c'est en effet assez facile. On doit simplement payer une taxe de sortie du territoire de 100 shekels coté israélien (environ 25 euros). Pour Pétra, on n'hésite pas ! Pas de visa coté jordanien, et nous voici dans le royaume du roi Abdhallah II, fils du roi Hussein, lui-même fils du premier Abdhallah. La généalogie est plutôt intéressante, car le dernier cité s'est fait assassiner par un nationaliste palestinien sur l'esplanade des mosquées à Jérusalem après avoir annexé la Cisjordanie (le plus gros morceau de la Palestine de l'époque). Quant à l'actuel roi, il a joué dans la série Star Trek 3 ans avant son accession au pouvoir ! (un rôle muet, mais quand même !).

Un taxi nous emmène directement à Petra depuis la frontière (90 dinars). Nous traversons alors un paysage digne de Mars, à l'ouest du Wadi Rum. Tellement martien que des scènes du film Seul sur Mars ont été tournées ici ! (ainsi que dans les deux derniers Star Wars). Côté historique, la zone est également celle arpentée par T.E. Lawrence, plus connu sous son surnom de Lawrence d'Arabie, qui joue un rôle dans la révolte des arabes contre l'Empire ottoman pendant la première guerre mondiale.

Pétra, reine du désert

Allez, assez d'histoire ! Nous arrivons dans Petra, la capitale des Nabatéens ! Euh... bon, qui étaient les Nabatéens ? Attendez, je mets une photo pour vous motiver à suivre ce cours d'histoire du Proche-Orient!

Pétra, reine du désert

Oui, quand même ! L'image est mythique, le lieu l'est tout autant ! Pour arriver devant la Khazneh, et sa façade extraordinaire, nous devons entrer dans un canyon qui l'est tout autant !

Pétra, reine du désert

La faille a été creusée par l'eau (des wadi comme on dit ici) sur plus d'un kilomètre de long pour quelques mètres de large (seulement deux parfois !). Nous sommes littéralement entourés par des murs de pierre de dizaines de mètres de haut (jusqu'à 200 !) et passons ainsi dans ce canyon étroit pour rejoindre le lieu le plus connu du site. La Khazneh est... un tombeau ! Directement taillée dans le grès rosé, elle fascine par sa précision et sa vieillesse : elle date de plus de 2 000 ans ! Le lieu est longtemps surnommé le trésor du pharaon en raison de l'immense urne en haut de la façade (les Bédouins étaient persuadés qu'il y avait à l'intérieur un trésor, au point qu'aujourd'hui il reste des traces de balles sur l'urne !). L'intérieur est par contre inaccessible.

Nonchalance

Nonchalance

Voila, pour moi, c'était ça Pétra ! Sauf qu'au-delà de cette image il y a tout un site sur plusieurs kilomètres ! Et les Nabatéens n'ont pas chômé : tombes à n'en plus finir, colonnades, et même un théâtre romain ! Un régal tout au long du parcours !

Pétra, reine du désert
Pétra, reine du désert

Bon, qui étaient les Nabatéens du coup ?! Bonne question, merci ! C'était un peuple arabe de l'Antiquité, des commerçants (surtout spécialisés sur l'encens, la myrrhe et les épices). Ils commencent à devenir importants au IVeme siecle avant J-C et restent indépendants jusqu'en l'an 106 et l'arrivée des Romains (Trajan les annexe). Ils réussissent notamment à tenir tête aux armées d'Alexandre le Grand, et ont fait de Pétra leur capitale (protection facile, système aquatique ultra-perfectionné....). On estime que 20 000 personnes y habitent à l'apogée de la ville.

Pétra, reine du désert

Enfin, tout au bout du site (et après 800 marches à grimper sous un soleil de plomb !), il y a le Deir, moins connu que la Khazneh et c'est bien dommage : 42 mètres de haut et 45 mètres de large pour une façade qui n'a pas grand chose à envier à la première (c'est peut-être moins fin au niveau de la technique de sculpture). Au sommet, une urne funéraire de.... 9 mètres de haut !

Béééé oui !

Béééé oui !

Que dire de plus. C'est un lieu magique, un air de la vallée des rois et reines en Egypte avec le temple d'Abu Simbel en prime. Peut-être le plus beau site antique méditerranéen que j'ai vu tant il y en a (en nombre mais aussi en variété). La bonne surprise ce fut le peu de touristes sur place (souvent tout seul dans le canyon, une trentaine de personnes devant la Khazneh, etc.). La chaleur est importante, c'est clairement à prendre en compte, mais vous ne le regretterez pas.... même quand vous devrez repasser la frontière de l'autre côté. Car, à partir de là, ce fut un sketch comme seule l'administration peut en faire. Ceux qui ont lu les 12 travaux d'Astérix comprendront : nous arrivons côté jordanien, personne n'est là, on avance, on avance, au point d'être à la sortie. Dernier garde, qui nous dit.... allez au bureau 7. Nous y allons, on donne les passeports et les tickets de Pétra, qui normalement nous aident à payer moins cher pour sortir. On nous demande 40 dinars, or on avait déjà payé, selon nous, 40 dinars de plus à Pétra. Pas selon eux. On paye (on n'a pas le choix) et direction.... le bureau 4. Au bureau 4 on nous dit, non, c'est au bureau 12. Direction le 12, où on nous dit qu'on doit payer 10 dinars de plus. Pourquoi ? On ne comprend pas trop, sauf qu'on a pas le choix ! Corruption organisée ? On se pose la question ! Je n'ai plus de dinars, direction le bureau de change, puis retour au bureau 12 qui, une fois payé, nous envoie au bureau 4 qui, lui-même, nous renvoie au bureau 7.... oh, les gars, on ne pourrait pas tout faire avec la même personne !! On finit par sortir, les poches plutôt vides ! Et là, côté israélien, c'est le contrôle de sécurité et le passeport.... je garde ça pour un autre article, tant l'aéroport fut intéressant ! Toujours est-il que nous sommes revenus en Israël, prêts pour nos derniers jours de découverte !

Pétra, reine du désert
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10 septembre 2019 2 10 /09 /septembre /2019 21:50

Après avoir finalement réussi à trouver notre chemin pour quitter Jérusalem (je sais, vous n´avez pas encore eu l´article, mais je fais dans le désordre en raison de problèmes techniques !), nous traversons la Cisjordanie (oui, c´est la Palestine officiellement, mais dans les faits c´est plus compliqué, j´y reviendrai). Direction la Mer Morte, à la frontière jordanienne. C´est ici que se cache l´un des grands mystères de cette planète : une mer où l´on flotte ! 

Israël, de la Mer Morte à la Mer Rouge

J´ai vu des trucs chelous dans ma vie (un lac rouge m´a fasciné l´année dernière !) mais là c´est fort ! Car oui, je vous le confirme, pas besoin de nager car pas moyen de couler ! 

Israël, de la Mer Morte à la Mer Rouge

La Mer Morte est chargée en sel (30%!), à tel point qu´on peut ramasser du gros sel dans le fond (ca peut servir si vous nagez avec des frites !). Elle est morte car elle ne contient pas de vie hormis quelques bactéries (bref, n´espérez pas pêcher pour réaliser le fish and chips !). Clairement une drôle de sensation, c´est à faire, mais pas plus d´une journée. Car la température extérieure est un peu chaude (43 degrés !), la température de l´eau ne raffraîchit pas (plus de 30 !) et la Mer Morte frustre : impossible de nager ! Chaque mauvais réflexe se paie cash (tiens j´ai un truc qui gratte dans l´oeil..... ahhhhhh le sel ! ahhhh ça pique ! ahhhhhh où est la douche ?!!). [Conseil féminin du jour : ne pas vous épiler la veille de la nage car chaque lésion vous fera souffrir !] 

Une banquise de sel

Une banquise de sel

Au-dessus de la Mer Morte, c´est Masada, lieu mythique pour les Juifs. Petit cours d´histoire : après avoir été un palace pour le roi Hérode, la forteresse de Masada devient le lieu de résistance des Juifs face aux Romains. Car en 72 après Jacques Chirac toute la Judée est occupée. Toute ? Non, car une petite forteresse résiste encore et toujours aux envahisseurs. Pas besoin de potion magique, juste d´un lieu stratégique : une montagne totalement isolée dans le désert et entourée de falaises (jusqu´à 450 mètres de haut !) Les Romains font le siège pendant 7 mois, et font construire une rampe d´accès de 100 mètres de haut par des prisonniers juifs ! Sacrés travaux ! L´objectif est d´arriver aux murs de la forteresse. Les Juifs présents décident lorsque leur cause est perdue de tous se suicider. Les Romains franchissent la muraille et prennent la forteresse devenue cimetière. Ce sacrifice est encore commémoré aujourd´hui en Israël (des soldats viennent y prêter serment "Massada ne tombera pas une nouvelle fois !"). 

Le lieu vaut le coup rien que pour l´histoire et si ça ne vous a pas convaincu, il y a une belle vue sur la mer Morte et des restes du palais d´Hérode (il avait plutôt une vue sympa sur sa terrasse !). 

Israël, de la Mer Morte à la Mer Rouge
Israël, de la Mer Morte à la Mer Rouge
Israël, de la Mer Morte à la Mer Rouge

Le désert du Neguev. Oubliez les dunes, ici c´est rocailleux, c´est montagneux : une superbe désolation. Nous le traversons la première fois du Nord au Sud, puis en sens inverse. Quasiment en son milieu un cratère de 40 kilomètres de long, jusqu´à 10 kilomètres de large et 500 mètres de profondeur : le cratère Ramon. Ce n´est pas un impact d´une grosse météorite, "juste" l´effet de l´érosion (dame nature est une belle artiste !).

Devant nous se dresse un mur que nous escaladons comme de vulgaires sauvageons. 

Israël, de la Mer Morte à la Mer Rouge
Israël, de la Mer Morte à la Mer Rouge

En haut, le paysage nous paraît lunaire. Enfin, c´est comme ça que j´imagine la lune, quoique c´est plutôt Mars à y réfléchir ! (avec des teintes rouges et noires au milieu du jaune) Dans cette immensité même une voiture lancée à 140 km/h a l´air de se traîner comme un escargot !

Israël, de la Mer Morte à la Mer Rouge
Israël, de la Mer Morte à la Mer Rouge

Enfin, au sud du désert, ce sont Eilat et la Mer Rouge qui ouvrent leurs bras. Grosse station balnéaire, avec un air d´Ibiza, Eilat est sympa pour faire la fête (on a testé pour vous la plus grande boîte d´Israël, en effet il y avait de la place, des troupeaux de filles de 18 ans qui en paraissaient 15 et une scène digne du Tomorrow Land, j´ai vomi dans la boîte (oui ça vient comme ça, je soupçonne des glaçons !).

Israël, de la Mer Morte à la Mer Rouge

Bref, pour le côté tendre et râgoutant, il y a la Mer Rouge, connue pour être l´un des plus beaux endroits de plongée et snorkelling au monde. En effet, à peine entré dans l´eau que les coraux enchantés et les poissons déjantés sont autour de nous (ils viennent mordre nos pieds ces cons là !), dans un arc-en-ciel de couleur. Fascinant, comme à chaque fois.

Alors pourquoi, oui pourquoi (pourquoi, pourquoi, pourquoi ce silence ? oh là, je m´emballe !) les Israéliens lancent-ils leurs déchets dans la Mer Rouge ? Littéralement. Restaurant en bord de mer. Une dame assise derrière nous. Un gobelet en plastique dans la main, vide. Elle le jette dans l´eau. What ???? Allongé sur la plage, un sac plastique s´envole. Personne ne réagit. Plouf, dans l´eau. Miam miam pour les poissons !
Enervant au possible, nous nous sommes bien sûr motivés plusieurs fois pour sauver dame nature, mais je suis inquiet pour la région si les comportements n´évoluent pas.

Israël, de la Mer Morte à la Mer Rouge

Pour terminer, tout en haut d´Eilat, après une randonnée fantastique d´une bonne heure, le Mont des Ardoises offre un spectaculaire panorama : 4 pays autour de nous ! A gauche Israël, en face la Jordanie, un peu plus loin dans le Golfe d´Aqaba l´Arabie Saoudite et à droite l´Egypte ! Paye tes démocraties ! D´ailleurs, on part dans l´une d´entre elles (sic !), il paraît que Pétra vaut le coup d´oeil !

Israël, de la Mer Morte à la Mer Rouge
Israël, de la Mer Morte à la Mer Rouge
Israël, de la Mer Morte à la Mer Rouge
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8 septembre 2019 7 08 /09 /septembre /2019 20:02

Demain je dois quitter ma maison. Lui dire adieu. Je ne réalise pas. C'est chez moi, depuis ma naissance ou presque. Mes parents déménagent au cours de l'automne, et je pars sur un autre continent. J'ai trié mes affaires, fait des cartons. Qu'est-ce que je garde de 30 ans de vie ? Qu'est-ce que j'envoie à Emmaüs ? On accumule forcément quand on a une maison, c'est un luxe que le possédant d'appartement connait moins. Moi, quand je devais ranger ma chambre, je déplaçais mes affaires en haut, dans la salle de jeu. Une salle de jeu exceptionnelle, immense, où trône aujourd'hui un baby-foot qu'on a usé avec mon père, Alexandre et Romain. Le parquet a remplacé la vieille moquette bleue il y a plusieurs années, emportant ainsi le souvenir visuel des milliers de piétinements ressentis par les invités dans la salle à manger en bas pendant que nous gambadions en jouant aux gendarmes et aux voleurs et à cache-cache. Le tipi a été déserté depuis longtemps, et les jeux bien rangés dans leur boite (à une époque, après les gros repas de famille, on passait le lendemain à tout ranger, sacré souk !). En haut, il y a aussi un banc de musculation que j'ai voulu utiliser épisodiquement avec une motivation alternative, et une table de ping-pong made in papa, avec des grosses planches, nous faisait rire gamins. D'en haut j'aime la vue sur mon jardin, je peux voir celui de Gisèle à droite et celui des Helleboid à gauche. Devant, c'est chez Clément, puis le garage et ses vieilles voitures toutes cassées tandis que les Wavrant sont déjà un peu plus loin, et je les jalouse d'avoir un aussi grand trampoline.

Allez, je descends l'escalier, dans un salon qui a bien changé. Les vieux divans où on pouvait faire des cabanes et des batailles de pieds ne sont plus là, la télé a bougé deux fois, et c'était pas la même. L'horloge. Le tic tac. Le temps qui passe. Une maison, ça se construit, ça vit, ça bouge, ça se transforme. Et à la fin ça meurt. Revente qu'on appelle ça. Je m'imagine déjà passer devant dans quelques mois, alors qu'un autre gamin sera dans ma chambre. Salaud ! Rends la moi ! Puisque je te dis que c'est chez moi !

 

Chez moi. Ma maison familiale est peut-être encore plus importante pour moi que pour vous, qui lisez ces lignes. Car je n'ai pas d'autres chez moi. Je n'ai pas construit ma maison, je n'ai pas acheté un appartement, je ne suis même pas locataire ! Un SDF un peu particulier, je voyage, à gauche, à droite, mais je savais qu'à mon retour je retrouverais mon chez moi, ma maison, mon village, mes ami-e-s. Mes parents diront "le sud ça sera chez toi aussi, tu peux y mettre tes cartons". Oui, un peu. Mais pas tout à fait. Car chez moi j'éteins la lumière et je traverse le couloir pour rejoindre ma chambre dans l'obscurité la plus totale, je dis quelle heure il est en ouvrant les yeux en regardant par la fenêtre, et je trouve directement la vaisselle et la nourriture dans les placards. Chez moi je regarde l'herbe et je vois la balançoire qui font les poteaux du but, les fleurs qui seront bientôt détruites par le ballon, et Pépette et Lucky qui se baladent. Ma mère a les arrosoirs en main, mon père est dans le jardin ou coupe du bois. Je vais chercher le courrier en faisant signe aux voitures qui passent. Je vais dans le garage pour récupérer mon vélo et faire le tour du marais. Papy et mamy Didi arrivent à 12 heures pour le repas dans la 205 blanche, papy et mamy Jennifer à 13h30. Anthony est là, on va pouvoir jouer jusqu'à ce que la nuit tombe. 


Je sais, ce chez moi là n'existe plus, beaucoup sont déjà partis, trop tôt ou trop tard. Mais ce chez moi est incrusté en moi, je le revois quand je veux, au détour d'un coin de porte ou d'un coup dans le plafond de la cuisine. Ce chez moi, ce sont les bons et les mauvais moments, de ceux qui ont fait qui je suis aujourd'hui. Chez moi, c'est mes racines. Et on imagine mal couper un arbre pour le faire repousser ailleurs.

Alors demain, je serai déraciné, pour de bon. Je l'étais déjà en partie, comme tous ceux qui ont vécu un peu loin de chez eux. On a les ami-e-s d'enfance et les ami-e-s ailleurs, les souvenirs ici et là-bas, et plusieurs vies difficiles à relier. Frustrant c'est sûr, car la famille et les amis te manquent là-bas et là-bas te manque quand t'es ici. L'expatrié est un éternel insatisfait et je partais déjà avec une longueur d'avance sur cette thématique.

Reste une question : quand je rentre, où vais-je aller ? Le Nord, le Sud, ailleurs ? J'y ai déjà pas mal réfléchi et le Nord tient la corde. Où exactement ? Je l'ignore encore. Mais ça ne sera plus le 2 rue de Zutpré, Tilques. Allez, je dois dire au revoir à toutes les pièces de ma maison, comme quand on partait en vacances deux semaines. Cette fois, ce sera adieu. Les larmes aux yeux.

Déraciné
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