5 mars 2017 7 05 /03 /mars /2017 06:12

Mamalapuram. Ou Muhabalipuram. Oui, les Indiens ont décidé de la faire simple avec les noms de leurs villes, qui existent en deux versions. Je pensais que ce n’était que le cas des grandes villes (Chennai = Madras, Mumbai = Bombay) mais je me rends compte que c’est la même pour les petites et moyennes bourgades. Ce qui facilite beaucoup mon périple… exemple : je dis que je veux aller a Mahabalipuram, et les gens ne me comprennent pas. Je pensais que c’était la prononciation iIndien 6ème langue, ça ne doit pas aider !). Et puis on m’a proposé d’aller à Mama. Je me suis dit : c’est le surnom affectif de la bonne restauratrice du village. Perdu, c’est le surnom affectif du village !

Direction Maha…ou Mama… donc, en bus, avec Youssef mon Couchsurfer, et 6 de ses potes. 5 nationalités : Tunisien, Soudanais, Chinois, Français et Taïwanais. Lorsque Youssef explique ça fièrement aux gens, je sens que le Chinois n’a pas l’air vraiment d’accord avec notre positionnement diplomatique sur le cas de Taiwan ! 
Le bus permet de tester pour la première fois les routes indiennes, fantastiques en comparaison avec les tanzaniennes. Nous nous arrêtons à la Madras Crocodile Bank, la plus grande ferme de crocodiles en Asie. 40 roupies l’entrée, l’équivalent de 65 centimes d’euro…ce serait dommage de se priver !
Des petits, des gros, des américains, des asiatiques. Certains sont menacés d’extinction, d’autres sont 40 dans un immense enclos. Mais ce n’est pas tant les crocodiles que…les serpents qui m’ont impressionné ! Vipères, mais surtout cobras !! Nous arrivons au moment où quelqu’un récupère le venin. Un Indien chope le cobra par la tête, l’incise, et, en réaction, le cobra ouvre sa bouche pour croquer. IMPRESSIONNANT ! J’avoue que ça m’a mis sur le cul. Le type a des énormes bottes, que les cobras attaquent de temps en temps. Et lui, serein, nous explique qu’en cas de piqûre il reste deux ou trois heures à vivre, selon l’espèce. En comparaison, les crocos ont l’air de petits chatons endormis (bon, je pousse un peu la comparaison !)

Mamalapuram, temples et venin
Mamalapuram, temples et venin

Arrivé à Mama, petite visite express pour le groupe qui n’est là que pour la journée. C’est dimanche, et il y a du monde partout. On voit quelques temples rapidement, puis direction la plage pour faire trempette. Le lieu est vraiment sympa, avec des rochers, les bateaux de pêcheurs et les maisons/hôtels colorés. Le Golfe de Bengale (car l’Océan Indien est techniquement au sud du pays) envoie quelques vagues, dont les surfers profitent (ce n’est pas Biarritz non plus !). Et puis c’est le moment de dire au revoir à Dragho (la même apparence) et bonjour à Antoine !

Mamalapuram, temples et venin

Mon deuxième couchsurfer est… lillois ! Rien que ça ! J’avais le choix entre quatre et il a répondu directement que la solidarité ch’ti l’obligeait à me recevoir. Il me récupère en moto et m’emmène rapidement faire un tour dans les campagnes environnantes, avec sa soeur Juliette (ancienne étudiante de Lille 2, en droit) et un de leurs potes. Antoine est ingénieur (école des mines), il est en V.I.E. ici, tandis que sa soeur cherche sa voie, à moindre coût ! Nous traversons les rizières et les palmeraies. Pas de doute, je suis bien arrivé en Asie. Beaucoup d’enfants nous font signe, les hommes et les femmes sont parfois à la récolte qui bat son plein depuis un mois.  Sur la moto, je ressens une intense liberté, j’ai envie d’écarter les bras et de crier “je suis le maître du monde !”. Bon, il faut tout de même se tenir ! 

Après un Call of Duty désastreux et une nuit à combattre les moustiques direction Mama pour enfin découvrir les attractions de la ville. Je mange à la cantine , pour 70 roupies (= 1 euro), riz, deux types de légumes, deux sauces. Ce pays est la paradis des petits budgets ! Un peu épicé par contre, pour changer..
La plupart des temples sont gratuits, et taillés directement dans la pierre. Magnifique. Les hommes sont sculptés, mais aussi les vaches, qui sont partout !

Mamalapuram, temples et venin
Mamalapuram, temples et venin
Mamalapuram, temples et venin
Mamalapuram, temples et venin

Les vaches sont donc partout, et.... ne serait-ce pas une chèvre qui prend la pose ?

Mamalapuram, temples et venin

Un phare trône là, au milieu des cailloux, sans trop que je comprenne pourquoi.

Mamalapuram, temples et venin

Direction ensuite le shore temple, le seul qui est payant (500 roupies tout de même !). La localisation est intéressante, puisqu’il est situé en bord de mer. Forcément, la vue n’est pas dégueu. Il y a beaucoup (beaucoup) moins de monde que la veille. Une partie est en travaux, un bâtiment de l’an 700 méritant bien une surveillance étroite. L’ensemble est classé Unesco.

Mamalapuram, temples et venin
Mamalapuram, temples et venin
Mamalapuram, temples et venin
Mamalapuram, temples et venin

Je termine ma visite sur le bord de mer, profitant du bruit des vagues. Un dernier petit tour à vélo pour aller chercher une carte SIM (j'y reviendrai), et je reprends la route, direction Pondicherry.

Mamalapuram, temples et venin
Repost 0
Published by Phileas Frog - dans Inde
commenter cet article
4 mars 2017 6 04 /03 /mars /2017 05:24

Mon arrivée a été facile. Le taxi m’a emmené direction mon Couchsurfer. Celui-ci habite à quelques dizaines de mètres de l’océan. Localisation idéale. Lui est tunisien, il travaille pour une ONG, Save a turtle. Dès mon arrivée, je discute avec lui du projet, et surtout, de comment il est arrivé ici. Des études, un travail en Libye, du stop en Tunisie, on mélange le tout, et on se retrouve à Chennai. Son prochain plan : rejoindre Hong Kong, à vélo ! Des sacrés énergumènes sur ce site !
Nous allons voir son patron, où je me retrouve à manger ce que je crois être mon dîner. Perdu, c’était une sorte d’apéro-dîner. J’aime le principe. Le repas principal sera au domicile de son collègue, entrecoupé de chicha pomme. « Un tunisien sans chicha est perdu » m’explique-t-il. La nourriture n’est pas épicée qu’ils me disent, ou seulement un petit peu. Et si 1 euro = environ 70 roupies, une conversion mérite également d’être faite concernant la nourriture :

pas épicé = un peu épicé

un peu épicé = beaucoup épicé

beaucoup épicé = arrache la gueule

arrache la gueule = danger de mort

Du coup, j’ai un peu souffert (quand mon corps considère que c’est trop épicé, j’attrape le hoquet, réaction physique incontrôlable). Il y avait notamment une sauce à base de lentilles (dal ou samber), du riz (forcément, c’est de l’idly), une omelette, du riz trop cuit qui devient une pâte (du pongol (aucun rapport avec Sinama)), et des paratas (sorte de crêpes avec de l’huile). Ici, pas de couvert, on mange avec les mains… avec la main droite ! Pour le gaucher que je suis, c’est pratique !

 

Sans surprise, je dors jusque midi, petit décalage horaire oblige (4h30 je crois, mais je paye surtout ma nuit dans l’avion à côté du seul môme de l’appareil !). Je décide de marcher le long de l’Océan Indien. Le soleil est tropical, et je ne suis pas mécontent d’avoir l’air un peu frais de l’océan à mes côtés (qui n’empêche pas le coup de soleil sur mon poignet gauche).

Océan, port dans le lointain, sable fin et bruit des vagues. Côté paradisiaque. De l’autre, des déchets, des chiens qui cherchent dedans, des poissons morts, un enfant qui mendie et…. mais  qu’est-ce-qu’il fait le monsieur ?? Une chose que je n’avais pas encore vue, il fait caca sur la plage. Devant moi. RAB de ma gueule. Au départ, je pensais que c’était des crottes de chien. Mais il s’avère que la population se soulage sur la plage. Sympa ! Et j’ai au moins vu 6-7 types le faire. Je dois donc faire attention où je marche, et surtout, où je m’assois. Du coup, pas grand monde ne se baigne, et c’est interdiction de boire la tasse ! Humm. Certains endroits sont tout de même plus propres, et plus fréquentés. Lien de cause à effet, mais j’ignore quoi devance quoi. 

Je m'assois à plusieurs reprises, observant les garçons jouer au cricket, et les filles dans leur sari, tenue magnifique. Une quinzaine de kilomètres à être attentif à tout ce qui se passe autour de moi.

Chennai, rando-vélo et bébés tortues
Chennai, rando-vélo et bébés tortues
Chennai, rando-vélo et bébés tortues

23 heures, l’heure pour mon Youssef de m’emmener sur la plage pour… chercher des oeufs de tortue. Allez ! Et c’est ainsi qu’une cinquantaine de personnes marchent chaque jour sur la plage durant la saison de pondaison. Coup de chance, des bébés tortues sont nés il y a deux heures. Il faut qu’ils aillent jusqu’à l’océan. Vision incroyable de 14 bébés tortues rejoignant le large, se déplaçant avec difficultés, pour enfin parvenir à la liberté. Enfin, c’est le plan, parce que seulement 1% des naissances arrivent à l’age adulte. 
Nous ne trouvons pas de nid cette nuit, malgré les… 7 heures de marche ! Par contre un cadavre de tortue de mer est retrouvé. L’année 2017 est catastrophique en Inde pour l’espèce, ce sont les pires chiffres depuis deux décennies. Une des volontaires me raconte son expérience depuis plus de vingt ans, sa déprime vis-à-vis de la situation actuelle. Pêcheurs, marée noire, déchets, plastique, chiens… les raisons de mourir ne manquent pas. La solution semble être politique, mais le lobby des marins est bien trop fort comparé à celui des écologistes.

Après une nuit un peu plus courte, Youssef me file un vélo pour découvrir Chennai. Bonjour la circulation ! La métropole rassemble 9 millions d’habitants, et les pistes cyclables… quelles pistes cyclables ?
Qu’importe, ça ne m’empêche pas d’apprécier “the hottest city”, la ville qui attire aujourd’hui le plus en Inde. Je commence par la Theosophical Society, un immense parc où les religions cohabitent (c’est le principe du mouvement, qui considère que chaque religion possède un aspect de LA vérité). J’avoue y être surtout pour la nature, et les bâtiments d’aspect colonial.

Chennai, rando-vélo et bébés tortues
Chennai, rando-vélo et bébés tortues
Chennai, rando-vélo et bébés tortues

Pour la religion, il y a the place to be, la basilique Saint Thomas. Je rappelle qu’il est l’un des douze apôtres de Jésus. Or, j’ai appris qu’il aurait été assassiné en Inde ! Et son corps serait conservé dans la basilique. Bon, le conditionnel est de rigueur, puisqu’il est dit qu’il serait mort en + 72, et les traces archéologiques sont faibles.

Chennai, rando-vélo et bébés tortues

J’arrive enfin sur le lieu de Chennai : Marina Beach. C’est une plage immense, qui semble faire le bonheur de toute la ville (un monde fou !). Je grimpe sur le phare et je peux admirer l’ensemble, avec le port au fond, un grand stade de cricket ou encore la petite circulation (sic). Marina Beach est le lieu des manifestations, et Chennai en a connu beaucoup récemment (merci le courrier international), sur fond de corruption et de détournement d’argent public (heureusement que ces choses là n’existent pas en France…).

Chennai, rando-vélo et bébés tortues
Chennai, rando-vélo et bébés tortues
Chennai, rando-vélo et bébés tortues
Chennai, rando-vélo et bébés tortues

Pour ma dernière nuit, Youssef a une nouvelle idée folle : participer à l’organisation d’une course à pied. Réveil 3 heures du mat’, content. Et me voici en train de donner des verres d’eau et de crier “energy drink” à l’ensemble des coureurs. Attaqué comme jamais par les moustiques, je dois mon salut aux bouts de citron que l’on distribue : je me les colle sur le corps et ça fonctionne ! 

Chennai, rando-vélo et bébés tortues

De mes premiers jours je garde un très bon souvenir. Je m’adapte assez rapidement et la pauvreté ne me choque pas (je suis dans une ville et une région riche). Mon estomac n’a pas de problème. Bref, jusqu’ici, tout va bien.

Repost 0
Published by Phileas Frog - dans Inde
commenter cet article
23 février 2017 4 23 /02 /février /2017 13:32

Stade

FC Barcelone vs. Borussia Mönchengladbach
FC Barcelone vs. Borussia Mönchengladbach

Barcelone. Camp Nou : 99 354 sièges. Une arène, datant de 1957. Les sièges avec des couleurs blaugrana. Impressionnant. Pas de toit, c’est l’avantage d’être en Espagne.

FC Barcelone vs. Borussia Mönchengladbach
FC Barcelone vs. Borussia Mönchengladbach

Mönchengladbach. Borussia Park 54 057 sièges. Il date de 2004, et pourtant… il est mal terminé. Des gros tubes sont apparents à l’extérieur, et le gris est ultra-présent. Dommage, car l'intérieur n'est pas trop mal.

Barcelone 1 – 0 Mönchengladbach

 

Ambiance

Barcelone. Un stade de 99 000 places et un kop de… 500 personnes, à tout casser ! Forcément, ça fait tache ! Certes, j’ai l’habitude des grosses ambiances (Lens, Paris), mais même un supporter monégasque se rendrait compte de la supercherie ! Nous sommes dans un  stade de spectateurs, pas de supporters.

Mönchengladbach. Le kop, qui remplit tout le bas de la latérale, est devant nous, les supporters du RB Leipzig à côté. Et l’avant match promet ! L’entrée des joueurs est spectaculaire, ça chante, ça saute. Et puis… plus rien pendant 19 minutes du côté des supporters de Mönchengladbach. Les fans de Leipzig s’en donnent à cœur joie ! On ne comprend pas trop….jusqu’à ce qu’un décompte arrive à la 18ème minute et 50 secondes. 10 – 9 – 8…0 ! Et tout le monde, debout, se met à chanter. Le club a été fondé en 1900, et les supporters, en protestation (contre Red Bull ?), ont décidé de se taire jusqu’à la 19ème ! Qu’importe, le reste du match est très sympa, des chants, des sauts, et une belle ambiance, dans les deux camps.

Barcelone 1 – 1 Mönchengladbach

 

Football

Barcelone. Messi. Neymar. Si tu es fan de foot, tu comprends déjà. Devant nous, ce sont parmi les plus grands joueurs du monde. Le Brésilien impressionne par sa vitesse d’exécution (notamment les dribbles). Messi et son plat du pied font forcément rêver. La victoire est facile, 3-0 contre Bilbao. Enfin, le score laisse penser que c’était facile. En vérité, Bilbao a au moins dix coups à jouer, et Barcelone peut repartir avec une valise. Quelques mauvaises passes, et un niveau défensif qui fait peur (c’était avant le match contre Paris !). Ça joue par à coups, et la fin du match est sans suspense.

Mönchengladbach. Ce serait mentir que de dire que nous connaissions les joueurs de Mönchengladbach ou de Leipzig ! Thorgan Hazard, à la rigueur. Le reste, c’est du made in Bundesliga, et il faut bien admettre que l’on ne regarde pas assez ce championnat. Moins médiatisé ? Sans doute. Et c’est dommage. Parce que je suis sur le cul quand je vois le niveau technique. Ça joue vite, c'est précis, ça va vers l’avant. 90 minutes de régalade. Je pense qu’il y a eu au moins trente transversales, et elles ont toutes fini dans les pieds. Impressionnant. On comprend pourquoi on se fait déchirer à chaque fois en Europa League. Le score final est 2-1 pour Leipzig, avec un bon suspense. 

Barcelone 1 - 2 Mönchengladbach 

Le football est un sport qui se joue à onze contre onze, et, à la fin, c'est l'Allemagne qui gagne.

FC Barcelone vs. Borussia Mönchengladbach
Repost 0
Published by Phileas Frog - dans Sport
commenter cet article
22 février 2017 3 22 /02 /février /2017 12:36

En route ! Voiture jusque la gare de Saint-Omer, train jusque Lille puis Roissy. Air India. Chennai. Taxi jusqu'à mon premier Couchsurfing.

Voilà ce qui est organisé. Le reste ? Hum, un plan. Une idée. Une envie. Ce trajet.

Road to India
Road to India
Road to India

Mais les plans sont faits pour évoluer. Il y a cinq ans, je croyais voir l'Australie à Noël, puis débarquer l'été suivant en Amérique du Sud. Le résultat fut très différent, mais tout aussi beau. 

C'est l'avantage de partir seul, et libre. Je peux changer quinze fois de parcours, ce n'est pas un problème : rien n'est réservé ! Ainsi, le Sri Lanka devait apparaître assez rapidement. Mais j'ai appris que je ne pouvais pas rejoindre l'île en bateau. De ce fait, mon premier parcours serait déjà différent de la première carte ! Je continuerai jusqu'à Madurai, et je ferai une bonne partie du Kerala, avant de prendre l'avion à Cochin. Affaire à suivre...

Après ces trois cartes, ce serait un départ pour le Népal. Quand ? Je pense à fin mai. Mais ce sera peut-être un mois plus tard. Ou deux. Ou pas de Népal du tout. Pas d'obligation. Si ce n'est de voir le Taj Mahal, faut pas déconner non plus.

J'essaie de vous envoyer des nouvelles régulièrement. 
Carpe Diem

Repost 0
Published by Phileas Frog - dans Inde
commenter cet article
20 février 2017 1 20 /02 /février /2017 19:54

Il y a de ces questions si simplement posées qu’elles vous désarçonnent.

 

« Pourquoi tu pars ? » est celle qui m’a récemment déstabilisée. Je me suis retrouvé comme un con avec mes contradictions. Car je pars pour une multitude de raisons, notamment de celles que je n’ai pas envie d’exposer. Que je n’ai pas envie de ressasser. Lorsque l’on part, c’est qu’il y a, au fond de nous, un mal-être. Un sentiment d’insatisfaction. Personne ne quitte le bonheur parfait. Lorsque l’on s’y trouve, on ne bouge plus. On admire, on profite, on le vit à 200%, en sachant bien que ce n’est pas toujours éternel. Partir, c’est se dire que le bonheur parfait n’est pas actuellement au centre de ma vie. Et que je ne suis pas pleinement heureux.

 

Je pars donc je quitte. Je quitte une vie « bien rangée ». Un travail qui me plaît. Une maison et un village que je connais par cœur. Une famille et des ami(e)s. Je quitte une situation stabilisée, posée. Et c’est pour cela que je pars. Avant mes 30 ans, je veux vivre, une dernière fois peut-être, différemment. Différemment de ce(ux) qui m’entoure(nt). Je quitte une certaine routine, qui peut paraître comme un gros mot dans ma bouche. Je quitte un pays qui m’ennuie parfois. Souvent. C’est peut-être cela que je quitte le plus : l’absence de surprises dans ma vie. De rencontres. Un ennui.

 

Je pars donc je vais chercher. Une folie. Une vie de bohème. Quelque chose d’intense et de déstabilisant. Je pars pour me faire peur, pour me remuer, pour me mettre des bons coups de pieds au cul et pour en avoir plein les yeux, les narines, les oreilles et la bouche. J’ai faim de ce que le monde peut m’offrir, et j’ai l’impression d’avoir passé plusieurs années au régime. J’ai envie de tout voir, et de tout ressentir. Découvrir le monde. Rencontrer du monde. Je veux voir ce que la vie réserve aux fous qui, comme moi, décide de tout quitter pour mieux renaître. Car c’est peut-être cela que je cherche le plus : une renaissance.

 

 

Je pars donc je m’échappe. Ce n’est pas un départ physique, c’est une évasion, une fugue. Je veux quitter certains de mes souvenirs qui m’obsèdent, ou plutôt qui me hantent. Je fuis mon purgatoire.

 

Cela fait deux ans et demi maintenant. Je m’y suis plongé au cours d’un été, et je n’ai pas été capable d’en revenir. Je suis entre ciel et ténèbres, prisonnier de mes souvenirs, de mes décisions. Il y a de la souffrance. Mais aussi des moments de joie. Des questionnements. De temps en temps, des réponses. Mais ce n’est clairement pas le paradis. Et c’est ce que je veux retrouver. Y arriverais-je ? Je l’ignore. Mais j’ai pris cette décision dans cette optique. J’espère qu’elle sera la bonne.

Repost 0
Published by Phileas Frog - dans Voyage (autre)
commenter cet article
13 février 2017 1 13 /02 /février /2017 22:02

J’avoue, j’ai eu un petit pincement au cœur. Un sourire a dû apparaître à ce moment-là sur mon visage, et j’ai baissé la tête. Elles se tenaient devant moi, tandis qu’un grand bruissement parcourait la salle. Vendredi. 15h. Mon derniers cours. Ma dernière classe.

 

Je vécu quatre mois formidables. Foooormidables. Car oui, même eux trouvent que je ressemble à Stromaé, avec mes cheveux courts. Eux, ce sont mes élèves. 150. 150 gamins. 150 adolescents et adolescentes. Au départ, je ne pensais pas être capable un jour de les reconnaître. Ils se ressemblaient tous pour moi. Et retenir leur prénom…. Et pourtant… Après ces quatre mois passés au collège, je pouvais les reconnaître entre 100. Ils étaient uniques. Chacun avait ses caractéristiques. Forcément, on retient d’abord les phénomènes, les plus bruyants, les plus bavards, ceux dont on répète le prénom dès les premiers cours. Puis, peu à peu, semaine après semaine, ce sont ceux qui lèvent la main pour participer, puis, à la toute fin, les plus timides. En corrigeant les copies je savais souvent à quoi m’attendre après la deuxième note. Il y a celui qui travaille. Et celui qui travaille moins. Certains ont leurs raisons, tout à fait excusables. D’autres sont flemmards, et préfèrent la play ou l’entraînement de foot. On dirait moi. A leur âge.

 

Mes derniers cours ont été un peu particuliers. Il y a une drôle d’atmosphère lorsque l’on annonce à ces 25 élèves que l’on s’en va. Enfin, ses 25 élèves. Car c’était devenu les miens. C’était à eux que je pensais le soir, en finissant, parfois (souvent) très tard, mes cours. C’était à eux que je pensais dès ma première heure de réveil, alors que je finissais mon petit-dej en regardant encore ma présentation powerpoint. Et c’était même eux qui venaient parfois me hanter la nuit, au plus profond de mes rêves. Professeur est un métier ultra-prenant. Encore plus quand on y croit. Et j’y croyais vraiment. Je croyais en chacun d’entre eux, parfois plus qu’eux-mêmes croyaient en leur chance. « J’y arriverai pas ». Non, tu y arriveras.

J’ai trop voyagé pour ça. J’ai trop vécu. Je sais la chance qu’ils ont d’être ici, dans une salle de classe, avec un professeur et des conditions de vie supportables, même si elles ne sont pas toujours idéales. J’ai vu l’Afrique Centrale, j’ai vu les gosses dans les rues d’Addis Abeba ou sur les plages cambodgiennes. Oui, certains ont des problèmes. Oui, certains ont une enfance compliquée. Et c’est justement pour ça qu’il faut se battre ici, à l’école. Qu’il faut y croire. Car c’est la seule vraie chance de changer tout ça. Encore faut-il s’en donner les moyens. Et, peut-être, rencontrer les bonnes personnes.

 

Je voulais être l’une d’entre elles. Je voulais qu’ils se souviennent de moi, comme moi je me souviens de mes très bons profs, de ceux qui m’ont un peu changé, de ceux qui m’ont un peu amené là. Alors j’ai tout donné. J’ai voulu faire des cours intéressants, et que les heures passent vite. Je redoutais l’ennui et l’indifférence plus que tout. Du rythme, du rythme, du rythme. J’arrivais dans ma classe avec une pêche d’enfer, et je repartais souvent avec une certaine satisfaction. Mais, pas toujours.

 

Avant-dernière journée de classe. Je renvoie une élève de ma classe. J’ai ressassé le moment plusieurs fois, cherché d’autres solutions. Il y a des moments où l’on est fier de soi, après un cours qui a bien fonctionné. Et il y a ces moments-là, où tu reviens chez toi avec de l’amertume et un goût d’inachevé. Je n’ai pas réussi à apprivoiser cette élève, je n’ai pas réussi à l’aider. Voulait-elle être aidée ? Je me pose la question. J’ai voulu essayer, peut-être pas de la bonne façon. Comment faire ? Je reste avec mes questions, sans réponses. Je trouverai peut-être, un jour, avec un peu plus d’expérience. Je l’espère en tout cas.

 

Néanmoins, je retiens surtout les sourires. Les rires. Les visages. Les yeux qui s’illuminent quand je mets la photo d’un zèbre. Et que je leur raconte une histoire de voyage. Mon dernier quart d’heure de cours, c’était ma vie. Un résumé. Je voulais leur expliquer qu’un petit gars né à Saint-Omer pouvait décider un jour de faire le tour du monde. Que rien n’interdit de rêver en grand, surtout ici, en France. Qu’il ne faut pas toujours écouter les pessimistes, les rabat-joie. Qu’ils n’ont qu’une vie, et que Carpe Diem.

 

Et ces filles, devant moi, avec un petit cadeau. Des chocolats. Des dessins. Des lettres. Quelques mots. Des élèves qui passent la tête à la porte. Une grande salve d’applaudissements. Une émotion. Mes premiers enfants.

Mes premiers enfants
Repost 0
Published by Phileas Frog - dans Enseignement
commenter cet article
29 janvier 2017 7 29 /01 /janvier /2017 14:06

Premier article politique de l'année, sans doute pas le dernier, tant 2017 sera une année charnière. Trump est officiellement président, ça s'annonce sympa pendant quatre ans de ce côté-là (et j'ai dû rassurer mes troisièmes que ce n'était pas le début de la troisième guerre mondiale). Poutine est plus fort que jamais. Erdogan de même. Bachar a gardé le pouvoir. Netanyaou continue sa colonisation. Bref, la démocratie ne s'est jamais aussi bien portée, et c'est un monde de paix qui s'offre devant nous (surtout en Irak, au Pakistan, au Burundi, en Libye, en Centrafrique, au Mali, au Soudan du Sud...bon, je m'arrête).

 

Oui, je suis d'humeur cynique. Difficile d'en sourire, faut l'avouer. Pourtant, je garde espoir. Je crois toujours en la politique. Même en France. Je crois qu'elle peut.. non. Je crois qu'elle doit permettre d'améliorer les choses, pour l'ensemble de la population. C'est peut-être l'effet de mes cours sur moi-même (j'ignore si ça fonctionne sur les élèves de la même façon!). Revoir le siècle des Lumières, la Révolution française. Je remarque d'où nous sommes partis, et où nous en sommes aujourd'hui. Oh, oui, ce n'est pas encore le paradis. Mais le progrès triomphe, peu à peu, dans tous les domaines. Avec le recul historique, je vous promets que l'on s'en aperçoit.

 

Pourtant, en 1788, rien n'était facile. La faute à cette crise économique. Les prix augmentent. Et cette dette que la France doit supporter, et qui paraît irremboursable. A qui doit-on cet argent ? C'est assez flou. Toujours est-il qu'il oblige l'Etat à se serrer la ceinture. Enfin, plutôt à serrer la ceinture aux plus riches. Non, je déconne. Les nobles et l'église ne paient pas d'impôts, c'est ce qu'on appelle la société des privilèges. Ceux qui se serrent la ceinture, c'est le petit peuple. Jusqu'à crever de faim. Le prix des céréales augmente. Et les Etats généraux sont convoqués. Des cahiers de doléances sont écrits. Que veulent les Français ? Les mêmes droits et les mêmes devoirs pour tous. L'égalité. La liberté. Saupoudrées d'une dose de fraternité.

En l'espace d'une année, 1789, c'est tout un ordre politique qui va être bouleversé (pour le meilleur et pour le pire). Pourtant, rien ne semblait possible.

 

En 2017, rien n'est facile. La faute à cette crise économique. Les gens ont l'impression que les prix augmentent constamment. Et cette dette que la France doit supporter, et qui paraît irremboursable. A qui doit-on cet argent ? C'est assez flou. Toujours est-il qu'il oblige l'Etat à se serrer la ceinture. Enfin, plutôt à serrer la ceinture aux plus riches. Non, je déconne. Les grandes multinationales ne paient pas d'impôts, c'est ce qu'on appelle l'optimisation fiscale. Ceux qui se serrent la ceinture, ce sont les classes moyennes, les plus pauvres, mais aussi les PME et les artisans.

Rien ne paraît possible pour cette année 2017. Que le pire. Pourtant, moi, j'y crois encore.

 

Je vais aller voter à la primaire de la gauche. Et je vais voter Hamon. Non pas que je pense qu'il soit le messie et qu'il va révolutionner la France. Je suis un peu déniaisé de tout cela. Le changement, c'est maintenant. Ensemble, tout devient possible. Derrière les slogans se cachent souvent du vide et beaucoup de déjà-vus. Mais si je choisis Hamon, c'est justement parce que son programme se détache des autres. Il va dans une autre direction. Il ne nous explique pas par A+B que nous devons travailler plus (la fin des 35h), et plus longtemps (au rythme des réformes, on aura la retraite à 75 ans). Que c'est seulement en réduisant les remboursements et en privatisant une partie de notre Secu que l'on allégera la dette. Ca m'emmerde de lire et d'entendre, DEPUIS MA NAISSANCE, que tous ces efforts vont permettre de sauver notre système social. Car les efforts vont toujours dans la même direction. Et ce n'est pas ma vision du progrès.

Voter Hamon, c'est lancer des grands et nouveaux débats de société. Ce n'est plus réfléchir à si la solution A ou si la solution B est la meilleure pour rééquilibrer les comptes de la Sécu. C'est réfléchir à si les comptes de la Sécu doivent vraiment être à l'équilibre.

Voter Hamon, ce n'est pas se demander si l'on doit permettre aux entreprises de licencier plus facilement, ou si l'on doit défiscaliser les heures supplémentaires pour relancer la croissance. C'est se demander ce qu'est la croissance. C'est se poser la question de la place du travail dans nos vies. Voter Hamon, ça ne signifie pas que je crois au revenu universel. Je ne suis pas trop sûr. Mais j'aime ce débat, qui mérite d'être posé.

Voter Hamon, c'est enfin relancer les débats politiques et sociétaux, bien amorphes depuis la chute du mur. La capitalisme a gagné. Puis le libéralisme. Puis le néo-libéralisme. La crise de 2008 est arrivée. Et, pourtant, il n'y a pas eu de grandes remises en question, au niveau politique. Les mêmes nous gouvernent, DEPUIS MA NAISSANCE (coucou Fillon, coucou Hollande etc.), avec les mêmes recettes. Voter Hamon, c'est relancer des débats de fond. Ca fera du bien, et ça permettra peut-être d'élever le niveau (je suis encore niais en fait!)

 

Voter Hamon, c'est aussi un choix stratégique. Je ne crois pas que la gauche puisse atteindre le second tour s'il y a une candidature verte et des candidatures multiples de l'extrême-gauche. Je pense qu'Hamon est capable de rassembler l'ensemble des « progressistes », avec un programme commun. Je rêve tout haut.

 

Il paraît que je me gauchise. Pourtant, la caricature d'une vie, c'est d'être de gauche quand on est jeune, et de droite quand on est vieux. Je fais pour le moment le chemin inverse.

Pourquoi je m'en vais voter Hamon (pour la deuxième fois)
Repost 0
Published by Phileas Frog - dans Politiquement vôtre
commenter cet article
16 janvier 2017 1 16 /01 /janvier /2017 07:15

Parmi les cinq principaux regrets des gens en fin de vie figure celui-ci : « d’avoir mené la vie que les autres voulaient que je mène ». Ces mots, cette idée, je ne les comprenais pas vraiment jusque récemment. Depuis que j'ai soutenu ma thèse, depuis que j’ai commencé l’enseignement dans un collège. Plusieurs fois, on m’a dit : « non, mais, quand même, tu ne vas pas être prof de collège ». L’air de dire : « attends, tu vaux mieux que ça ! ».

Car, oui, j’ai un doctorat. Et, apparemment, ça semble très bizarre à beaucoup de monde (famille, ami(e)s, et même collègues), que je puisse m’intéresser au collège. Surtout que les arguments ne manquent pas : « tu vas être mieux payé », « tu vas faire moins d’heures », « tu n’auras plus les chiants ». Mwé.

Ça ne m’a pas convaincu. Je veux être prof de collège. Je le veux vraiment. Je crois au métier, à la transmission des savoirs (et des compétences, car c’est le mot à la mode au collège aujourd’hui). Plus que je crois en la recherche. Surtout, je suis persuadé que tout se joue à cet âge-là. L’adolescence. En sixième, on sort du primaire, on est encore un bébé. En troisième, on fait des choix de vie. On arrive, sans s'en rendre compte, à la vie de jeune adulte. Entre les deux, la merveilleuse période de l’adolescence, de l’acné, et de la voix qui mue. Je sais, ça fait rêver. Pourtant, moi, ça me fait rêver, plus que l’université.

 

Car l’université, c’est un autre monde. Oui, il n’y a plus les chiants. Oui, tu es mieux payé. Mais tout est déjà joué. Ou presque. Ceux qui sont là, notamment à partir de la deuxième année, seront souvent là à la fin. Ils ont déjà trouvé leur voie, ils ont réussi de nombreux examens et contrôles surprises. Eux, ce sont les grosses têtes de mes classes de collège. Une certaine élite.

Il ne faut pas se mentir, l’université ne représente pas la France, pas les Français. Seulement une partie, la plus cultivée. Quoique. Disons, la plus scolaire. Celle qui apprend ses leçons. Celle qui est souvent bien suivie à la maison. C’est un fait.

Le collège, c’est la France, c’est les Français. Il y a des jeunes qui sont scolaires, et puis il y a les autres, tous ceux que je ne pourrais pas voir à l’université. Il y a les amusettes, qui avec un crayon et un bout de gomme sont capables de tenir une heure avec un sourire aux lèvres. Il y a les grandes gueules, qui répondent à chaque fois que tu les reprends. Il y a les bavardes, qui, croient-elles, arrivent à le faire discrètement. Il y a les déracinés, les enfants perdus, les malchanceux, que la vie n’a, déjà, pas épargnés. En foyer. Avec une famille très compliquée. Ou avec des parents dépassés. Ceux qui n’ont pas l’argent pour se payer une assurance. Celui qui s’est battu contre une leucémie. Celui qui a perdu son père dans un accident de circulation. Et ceux-là, on a envie de se battre pour eux.

J’ai envie. J’ai envie de leur dire qu’il ne faut pas lâcher, que la vie ce n’est pas que les cours. Que le bonheur ne se trouve pas forcément derrière un 20/20. Qu’il faut être curieux de tout, ouvert d’esprit. Qu’il ne faut pas rester derrière sa console ou sa télé (surtout Internet). Qu’il faut sortir. Que la vie est belle, qu’elle vaut le coup d’être vécue.

C’est un gros challenge que celui d’intéresser des gamins de douze ans à l’histoire française ou mondiale. A la géographie. A la mondialisation. Aux médias ou à l’Union Européenne. Sans doute un bien plus gros challenge qu’à l’université. C’est aussi cela qui m’attire. Je suis un homme de challenges, surtout lorsqu’ils paraissent impossibles. Alors, certes, je n’y arrive pas toujours, loin de là. C’est une première année, ce sont mes premiers mois. On ne peut pas être un bon prof tout de suite. C’est en forgeant que l’on devient forgeron, et c’est pareil pour l’enseignement. Et c’est pour cela que je me vois encore quelques années dans le secondaire.

 

De plus, enseigner au collège m’apporte une grande liberté. Une liberté géographique, car il y a 7 100 collèges et 4 200 lycées (contre 70 universités). Le fait d’être contractuel me permet de choisir où je veux être, dans quelle académie, en métropole ou dans les DOM-TOM (idée qui trotte dans mon esprit). Quand je veux travailler, et quand je veux voyager. Pourquoi irais-je passer le concours ? Pourquoi est-ce que je m’engagerais dans de longues et fastidieuses démarches pour parvenir à trouver un poste à la fac ? Ce n’est clairement pas pour moi. Pour l’instant.

Repost 0
Published by Phileas Frog - dans Enseignement
commenter cet article
9 janvier 2017 1 09 /01 /janvier /2017 07:55

« Le silence, l’espace, peu d’objets et qui nous tenaient tous à cœur. La vertu d’un voyage, c’est de purger la vie avant de la garnir. »

 

Scénario n°5 : l’Inde

Décision : partir

Durée : 6 mois maximum

Transports : en avion, en train, en bateau

Mission de la Bucket List : Visiter l’Inde

Nouveaux pays : 3 Inde, Sri Lanka, Népal + ?

 

C’est étrange les choix. Ils sont souvent le fruit d’une mûre décision. Et, parfois, ils se prennent sur un coup de tête.

 

Celui de mon départ est le fruit d’une mûre décision.

Finir ma thèse, c’est retrouver ma liberté. Celle que j’avais parfois l’impression d’avoir abandonnée, du moins d’avoir mise entre parenthèses. Car c’est un projet de quatre années que j’ai mené, un engagement vis-à-vis de moi-même, de mes proches, de mon université. Je ne pouvais pas tout lâcher en cours de route, même si l’envie était de temps en temps là ! Nombre de fois je me suis posé la question du pourquoi : « pourquoi faire cette thèse ? A quoi ça sert ? De toute façon personne ne va la lire. Et puis, la recherche n’est sans doute pas mon truc. Etc. ». Mais commencer ma thèse, c’était un engagement à la finir. Je ne voulais pas d’un échec. Trop d’ego pour ça.

Aujourd’hui, je suis libre. Et j’ai l’impression de connaître un peu mieux le prix de cette liberté, après ces quatre années de conditionnelle. Je n’ai donc pas hésité longtemps. J’en ai discuté avec des proches, avec des moins proches. Et beaucoup m’ont soutenu dans ma démarche, dans ma réflexion. J’ai même senti une pointe d’envie chez certains : « Pars ! C’est le moment ! »

Oui, c’est le moment. Vous allez dire qu’avec moi, c’est toujours le moment. Peut-être. Mais cette fois encore plus. Car en plus de ma liberté, j’ai un peu d’argent de côté. La faute à un métier que j’ai découvert il y a presque trois mois maintenant. Et à une vie chez mes parents qui me permet d’économiser. (et à une radinerie. C’est toi qui a dit ça ? Descends un peu le dire !). Je n'ai pas de CDI, je n'ai pas passé le concours. Je suis libre géographiquement.

Surtout, j’ai presque 30 ans. Je n’ai pas de prêt sur le dos, je n’ai pas d’enfant, je n’ai pas de copine. Je suis libre, au maximum. Il faut en profiter, car cette liberté ne va peut-être pas durer jusqu’à mes 40 ans ! J’aurai sans doute envie un jour de me stabiliser, d’acheter quelque chose, de rencontrer quelqu’un. Aujourd’hui, la situation est idéale pour le départ.

 

L’Inde est un petit coup de tête.

Mon choix de l’Inde est assez tardif. Ce pays est arrivé dans la course en décembre, alors que j’étais à Paris. Un copain en a parlé, devant un de ces planisphères qui vous fait toujours rêver exode. Et j’ai pensé « mais oui, l’Inde ». Car, voyez-vous, je n’y avais pas pensé jusque-là. Je voyais mon cinquième scénario comme un voyage à vélo. Parfois, on se surprend. Et, peu à peu, l’Inde est devenu une évidence.

Tout d’abord, c’est le seul pays de ma Bucket List. J’ai écrit des villes comme Amsterdam, Rio ou Rome. J’ai écrit des routes comme celle de la Soie, ou des océans, comme l’Arctique. Mais un seul pays : l’Inde. Etonnant. Sans doute car sa diversité me fascine. De plus, il faut avouer que j’ai eu des récits, parfois très contradictoires. L’Inde, c’est tu l’aimes ou tu la rejettes. Je l’ai d’ailleurs gardé pour plus tard, car je pense que ça ne doit pas être un premier voyage. L’Inde, c’est dur. Au niveau de la pauvreté, d’une certaine saleté, de la chaleur, de l’humidité parfois (j’y reviens), et aussi des gens. L’Inde est surpeuplé, ça grouille de monde. Pour les filles, ce n’est pas toujours facile. Mais, dans le même temps, l’Inde c’est des paysages que l’on connait tous, c’est une culture millénaire. Et puis, entre-nous, l’Inde ne coûte pas très cher (surtout quand on compare avec la Nouvelle-Zélande !)

 

Le sort en est jeté. Mercredi 22 février, je pars, direction Chennai, anciennement Madras. C’est un aller simple. 300€. Et j’ai déjà un peu réfléchi à mon voyage (qui risque encore de beaucoup varier !)

Chennai – Mahabalipuram (temples Unesco) – Pondichéry (pour le colon français qui est en moi) – Chola ? (temples Unesco) – le Sri Lanka (qui m’a été très bien vendu) – Munnar (un peu de fraîcheur avec le parc des Ghats occidentaux et les grandes plantations de thé) – Goa (qui m’inquiète un peu pour être le gros lieu touristique, mais il y a une vieille ville intéressante et de jolies plages) - Pattadakal (temples Unesco) – Bombay (sa gare, l’île d’Elephanta et ses grottes) – Udaipur – Jaipur (et son observatoire astronomique !) – New Delhi (ça a l’air trop grand pour moi, mais le fort rouge, le minaret, la tombe de Humauyn, le temple du Lotus, Akshardham…) – Agra (le fort, et un petit temple qu’on appelle Taj Mahal, plus Fatehpur-Sijri ancienne capitale moghol et le parc national de Keoladeo) – le Népal (le parc national de Chitawan, avec tigres du Bengale et rhinocéros) – Katmandou.

2017, scénario n°5 : pourquoi j’ai choisi l’INDE

La suite ? C’est un mystère. Combien de temps vais-je mettre pour tout cela ? Je l’ignore. Je me méfie aussi de la mousson que je risque d’avoir sur les fesses à la fin du printemps (souvent ça débute le 1er juin). Je pourrais pousser en train jusqu'au Tibet ou en avion jusqu’en Indonésie pour lui échapper. Ou en Iran, que j’ai toujours en tête. Ou je pourrais même revenir en Europe, par le Caucase ou les Balkans, avant d’aller voir Rome. Rien n’est tranché, tout est possible. Car je suis libre.

Repost 0
Published by Phileas Frog - dans Voyage (autre)
commenter cet article
7 janvier 2017 6 07 /01 /janvier /2017 16:37

« Faites seulement une fois ce que les autres disent que vous n’êtes pas capable de faire, et vous ne ferez plus attention à leurs limitations ».

 

Il paraît que je vais bientôt avoir 30 ans. Drôle d’idée. Je viens pourtant de fêter mes 25. Mais la carte d’identité est formelle. Un souvenir de mes 25 ans me traverse : 2012, au printemps, mon visa vacances travail pour l’Australie. Je l’avais réservé, j’étais presque prêt à y aller. Mais j’ai décidé de revenir en Europe. Je n’ai jamais regretté ce choix.

Toutefois, j’ai entendu quelques récits australiens et néo-zélandais. Dans des bouches arborant sourires, avec des yeux pétillants. J’ai toujours eu un petit faible pour les fougères et les All-Blacks. La culture maorie, les montagnes et les cours d’eau. L’Australie ne m’attire pas. Les Australiens non plus (sorry Tim). Alors, cet été, je m’étais décidé : je vais partir en Nouvelle-Zélande. C’était mon scénario privilégié, j’avais regardé les tickets d’avion, j’avais contacté les personnes qui avaient déjà vu cette contrée lointaine. Et je m’imaginais, avec mon visa vacances travail, traversant le pays du nord au sud (surtout le sud d’ailleurs !).

Mais. Car il y a un mais. Forcément, puisque ce n’est pas le scénario que j’ai finalement choisi. Mais je voulais aussi faire cette expérience pour le côté travail. Au printemps, puis cet été, je m’interrogeais beaucoup sur mon avenir professionnel. Que vais-je faire de mes dix doigts ? L’idée de la Nouvelle-Zélande, c’était aussi de me trouver professionnellement, de faire deux-trois boulots très différents.

Depuis, les choses ont changé. Je pense avoir trouvé un métier qui me plaît, et je compte l’exercer quelques années. Alors j’ai décidé de me concentrer sur le côté voyage. Et si la Nouvelle-Zélande a quelques atouts majeurs, il n’en reste pas moins que c’est une île, très lointaine. Pas évident pour un road-trip ! (quoi qu’un boat-trip puisse être très sympa, encore faut-il avoir le bon filon ! (à ne pas confondre avec Fillon, qui n’a rien à voir là-dedans)).

Pas d’inquiétude, beau pays, je viendrai te voir, c’est une quasi-certitude. Mais pas maintenant. Car j’ai fait un autre choix.

2017, cinq scénarios. N°4 : La Nouvelle Zélande (annulé).
Repost 0
Published by Phileas Frog - dans Voyage (autre)
commenter cet article

Plus De Blogs