6 décembre 2011 2 06 /12 /décembre /2011 04:58

Les Francophones sont présents un peu partout dans le monde. Après les Français, les Québécois, voici des Belges, qui nous sont d’un grand secours. Renaud et Jennifer voyagent dans le sud-ouest de l’Asie depuis plusieurs semaines. Après un périple d’un mois au Viet-Nam, les voici en Chine où ils ont l’immense privilège de partager notre chambre et surtout les frais ! L’occasion de parler voyage ou politique (maintenant qu’ils ont un gouvernement !).

A l’auberge nous rencontrons David, avec qui Alba a voyagé entre Moscou et Pékin. Il se joint à nous pour la dernière étape chinoise : les terrasses de riz de Yuanyang.

 

Après les trains de jour, les trains de nuit, les bus de jour, voici le bus de nuit… les couchettes sont adaptées à la taille moyenne des Chinois, c’est-à-dire petites. Position fœtus pendant 10 heures, mes jambes en pleurent encore ! Surtout qu’entre Kunming et Yuanyang c’est montagneux. Et vas-y que ça balance à gauche, à droite, un peu des deux… et il faut réussir à s’endormir !

  

Que faire à Yuanyang, en plein brouillard… ? Aïe, la météo nous avait jusque-là épargnés, mais aujourd’hui il semble qu’on ne verra pas les terrasses de riz, tant il est difficile de voir deux mètres devant nous. Bon, allons à gauche, direction la « plaza ». Nous arrivons sur les lieux d’une grande fête. Il semble que l’ensemble du village s’est réuni. Cette région de la Chine est celle des Hani, minorité importante et attachante. Ils portent toujours des vêtements traditionnels et parlent un dialecte différent du Cantonnais.

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Ils se mettent à danser, puis s’attroupent autour de grande table dressée pour l’occasion. Nous nous approchons pour prendre quelques photos… et hop vas-y qu’on nous agrippe par le bras, qu’on nous montre où nous asseoir… Ça tombe bien, nous avons un petit creux…

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Nous avions dit petit ! Ceci est notre table. Mouton, poulet, bœuf, trois types de poisson, du riz d’un peu toutes les couleurs. Tout le monde nous regarde, prend des photos en notre compagnie. Nous sommes des sortes d’invités d’honneur. Toutes les cinq minutes, il faut se lever pour un toast en chanson. Nourriture, alcool, le tout à volonté et gratuit. Le rêve de beaucoup. Deux adolescentes assises à nos côtés nous offrent leurs pendentifs. Nous craignons une demande en mariage ! Vite, vite, ne restons pas trop longtemps, ils sont capables de nous adopter. Magnifiques moments.

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Oui, dans le même temps, le brouillard s’est légèrement dissipé. Nous y sommes…P1170559

Nous avons arpenté les terrasses pendant deux jours, à jouer à cache-cache avec le brouillard (nous l’avons trouvé très souvent !). Le premier jour en marchant avec David. Le second en voiture (louée pour 200 yuans) en compagnie de deux Lituaniens avec qui nous passons le reste du séjour. La zone des terrasses s’étend sur 113 km². Le grenier chinois. Le riz c’est la religion du pays. Pas de riz, pas de bonheur comme on dit dans le sud du pays (le nord est plus soupe de pâtes). La voiture nous permet de nous arrêter à chaque point de vue dégagé, un grand avantage dans notre situation.

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A vue d’œil, cela ressemble à une immense sculpture. La terre, travaillée, façonnée par l’homme dans son propre intérêt. Le travailleur peut être un artiste, la preuve. Sans doute l’un des plus beaux paysages que j’ai vus. Le reflet des nuages dans l’eau, les différentes couleurs selon la roche….P1050170.JPG

 

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4 décembre 2011 7 04 /12 /décembre /2011 05:15

 Pour rejoindre Chengdu depuis Jiuzhaigou, c’est 9 heures de bus (plus en cas d’accident devant nous). Deux Français, Julien et Pauline, d’Angers, sont également présents. L’occasion de comparer notre expérience chinoise. L’occasion de partager un taxi pour rejoindre l’auberge (Mix Hostel, l’une des meilleures que j’ai faites). L’occasion de parler français aussi ! Enfin, l’occasion également de partager un hot pot. A quatre, assis autour d’une sauce bouillante (un peu épicée, forcément, nous sommes au Sichuan), nous pouvons y mettre des brochettes de bœuf, de canard ou… de la cervelle de cochon !

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Dans la série aliments bizarres, après le sang de bœuf, je vous offre une cervelle. D’aspect c’est dégoûtant (la photo ne donne pas envie). Au goût, c’est banal. Pas vraiment de goût en fait. Pas de dégoût en tout cas. A goûter !

 

Pour visiter Chengdu, nous choisissons la solution proposée par l’hôtel : un tour à vélo. Gratuit. Avec un guide. Qui parle anglais. Vraiment agréable. Deux Anglais et une Chinoise nous ont rejoints (cette dernière débute sur un vélo, moments cocasses à de nombreuses reprises). On y découvre l’architecture d’une église construite par un missionnaire français. Le mélange Chine-Occident donne un lieu très original, un peu à la manière de la mosquée de Xi’an. Chengdu est une grande ville (métro, deux Carrefours, Wall Mart, il y a même Decat’ !) qui a explosé ces 20 dernières années. Notre guide évoque son point de vue sur ce sujet, sur le pays en général, sur la révolution culturelle du côté de ses parents. 4 heures on ne peut plus plaisantes, avec en prime, une danse en lieu public, à essayer de suivre tant bien que mal la chorégraphie des Chinois devant nous !

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Mais nous ne sommes pas venus à Chengdu pour pédaler dans la semoule. Non, Chengdu c’est la base des pandas, l’animal symbole de la Chine. Peut-être mon animal favori (le fait que mon nounours préféré était un panda doit jouer sur ce sentiment). Arrivés à 10h30, nous voyons ce gros et, selon les rumeurs, feignant animal manger, puis s’endormir le ventre plein.

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  Il y a de nombreux nouveaux-nés qui charmeraient les plus durs d’entre vous (un panda à la naissance, c’est 100 grammes !).

P1040801.JPG Il y a même des pandas roux, qui font plus renard que panda.

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3 décembre 2011 6 03 /12 /décembre /2011 05:30

Dans la série les merveilles de la nature en Chine, après les karsts, les montagnes ou les rivières, voici les lacs au sein du parc naturel de Jiuzhaigou.

 

Pour s’y rendre, un simple trajet de bus (2 heures) depuis Songpan (30 yuans) et vous voici devant l’entrée. Toujours pas de Couchsurfing dans ce coin de la Chine, il nous faut trouver un hôtel afin d’éviter une visite avec les sacs sur le dos (celui de ma coéquipière pesait 23 kg, mais depuis que je le trimballe, galanterie oblige, on doit être à 18 kg, ce qui n’est pas insignifiant). On ne résiste pas aux avances d’un Tibétain (phrase sujette à controverse) qui, pour 80 yuans, s’engage à nous fournir une chambre double, et en plus à être notre chauffeur personnel pour se rendre dans sa demeure (120 yuans au début de la négociation). Le temps presse, une journée pour un parc qui en mérite deux. C’est la saison basse, pour les touristes et pour les prix (150 yuans pour l’entrée (70) et le bus (80)), en saison haute comptez 320 yuans. Seul point négatif, la plupart des chemins pédestres sont fermés en raison d’un risque d’incendie, ce qui nous relègue sur la route (peu fréquentée). Bizarre pour un lieu aussi humide, d’autant plus que le route est parfois à deux mètres des chemins et qu’il fait franchement très froid. Des travaux perturbent également le Swan Lake.

 

Après toutes ces précisions d’ordre technique, regardons le fond. L’expression n’est pas choisie au hasard. Comment expliquer ? Des photos peut-être ?

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P1170395.JPGExtraordinaire. Un air de Plitvice (link), peut-être encore plus joli. Plus transparent en tout cas. Plus de couleur. J’ignorais qu’il existait autant de variétés de bleu dans la nature ! Une vingtaine (trentaine ?) de lacs. Des rivières tout aussi splendides les relient. Des cascades. Patrimoine mondial de l’Unesco une fois de plus (et ce n’est pas le Havre).

Nous avons marché jusqu’à épuisement (et jusqu’au dernier bus). Les Chinois, de leur côté, font : montée dans le bus-sortie du bus-photos du lieu-montée dans le bus-sortie du bus-photos… A la fin de la journée ils ont bien dû faire 30 marches d’escaliers (de bus) et 40 mètres en marchant (une pensée pour les Chinois qui visitent Paris en convois de bus de cette façon). Ce parc, tout comme le Nord du Sichuan, vaut bien le détour. Je finis en photos :)

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1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 05:39

Ne lisez pas, ça va vous énerver !

Est-il possible de faire un trek autour de Songpan ? Oui. Même à la fin du mois de novembre ? Si vous n’avez pas peur du froid !

Cette idée de découvrir l’Himalaya sur un cheval me faisait fantasmer. Avec le guide tibétain en prime, c’est plus que je n’aurais jamais osé imaginer. Le tout pour 660 yuans, 60 euros pour 3 jours, nourriture comprise, un prix élevé pour la Chine mais ce n’est rien comparé à l’Europe.

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La sensation ? Le bonheur, tout simplement. Des paysages à couper le souffle. Une route très escarpée. Sur mon cheval je vois parfois le vide sur ma droite, ou sur ma gauche. Je fais confiance à la monture, qui connait souvent le chemin par elle-même. Ça monte, ça descend, ça remonte, un peu, beaucoup. 4000 mètres d’altitude. L’oxygène diminue lentement. On perd notre guide de vue en pleine forêt. 15 minutes pour se retrouver, à l’aide de grands cris pour qu’il nous localise.

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Ce soir, on campe. Whatttt ??? Oui, on campe, dans une tente style la deux secondes de Decat’. Pas de feu. Température extérieure : - 15C. Tashi, notre guide, a fait le lit. 7 niveaux de couvertures, plusieurs tibétaines, et on dort avec l’ensemble de nos habits sur le dos. (J’ai quand même froid !)

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Tashi, c’est l’homme des forêts. Il va couper du bois, fait le feu, cuisine dessus. Deux branches, ce sont, quelques coups de couteau plus tard, deux baguettes pour manger. Il voit un yack, nous propose de le tuer pour le manger. Tashi est Tibétain, 30 ans (il en fait 20), marié, 3 enfants. Amusant, malgré un anglais limité. Ok, Ok. No problem, no problem. Voilà, sans résumé, le vocabulaire. Je tente quelques questions : beaucoup de touristes à Songpan ? « No problem, no problem ». Je maudis la barrière de la langue. J’aurais tant voulu parler politique.

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Nous traversons quelques villages isolés. La population est quasi-exclusivement tibétaine. Après l’occupation du Tibet par les troupes chinoises, la région a été redécoupée : l’est intégré au Yunnan et au Sichuan. Les maisons, les temples bouddhistes et les… caméras de surveillance dans les rues des villages, bienvenue au Tib… ah pardon, en Chine.

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L’Ice Mountain, ou Xuebao, 5588 mètres d’altitude. On grimpe, grimpe. Merde, mais c’est plus haut que le Mont Blanc ici ! Devant nous, la neige infinie. Les montagnes aussi. Nous savourons tout cela malgré un mal d’altitude pour ma partenaire.

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Nous redescendons vers Songpan, au galop. Je souffre physiquement. J’en doutais, mais je l’avoue : l’équitation est un sport. 8h - 17h sur le cheval. Au revoir fesses, dos, genoux.  A ma descente, je comprends ce que c’est que d’avoir 80 ans. Fatigant mais heureux. Ça restera gravé.

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30 novembre 2011 3 30 /11 /novembre /2011 05:10

Notre visa arrive à expiration dans deux semaines, et nous avons devant nous deux régions : le Sichuan et le Yunnan.

Pour rallier Guilin à Chengdu, c’est 24 heures de train, avec cette fois une couchette (ça n’a pas de prix ! 201 yuans).

 

Chengdu, attention, retour dans une grande ville. Le métro, les bouchons, les gratte-ciels… on prend un taxi pour rejoindre notre auberge de jeunesse, le chauffeur ne connaît pas, cherche dans plusieurs rues, finit par appeler l’auberge. Il nous surcharge le service. Parfois les voyages ont ce genre d’inconvénient.

 

Parfois les voyages ont des avantages inespérés. Des rencontres. J’en suis un bon exemple. Mais pas seulement pour Alba. A l’auberge, Claudine me saute dessus. Qui est Claudine ? Une Québecoise qui était dans mon compartiment sur le Oulan-Bator- Pékin. Je l’ai également recroisée par hasard dans un temple pékinois. Le monde est petit.

Cela m’amène à parler d’Arnaud et de Sébastien, les deux étudiants de Lille, croisés par hasard à 4 reprises au cours du périple ! Et quand nous voulions nous rencontrer ce fut constamment un échec !

 

Bref, toujours est-il qu’avec Claudine on va se faire un hot pot, tradition chinoise. Du poisson, épicé. Que dis-je, des épices, poissonnées. Nous perdons notre langue après deux bouchées. On descend 2 litres de pepsi à 2. A un moment, mes lèvres tremblaient toutes seules, même sensation chez mes partenaires. La nourriture du Sichuan est connue pour être la plus épicée de Chine, nous confirmons.

 

Chengdu, une nuit, puis reprendre le bus pour Songpan.

Cette traversée du Sichuan est splendide. Les premières pentes de l’Himalaya nous entourent, les paysages s’élèvent constamment. Les infrastructures ont été clairement endommagées par le tremblement de terre de 2008. Ici un pont coupé en deux, là-bas une voiture écrasée sous une énorme roche… les stigmates sont encore là.

P1170057.JPGLe Sichuan accueille une forte communauté tibétaine (la région est frontalière). Les maisons changent d’aspect, les visages également.

P1170061.JPGMais on reste en Chine. La preuve, sur chaque maison tibétaine flotte le drapeau chinois. Bizarre, je n’ai pas vu un seul magasin vendre des drapeaux aussi grands dans ce coin-ci du pays. Qui leur a fourni ces drapeaux ?...

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29 novembre 2011 2 29 /11 /novembre /2011 05:43

La rivière Li nous a impressionnés lors de notre premier passage à Guilin. Puisque je dois récupérer mon visa, autant en profiter pour découvrir un peu plus ces paysages fantastiques.

Yangshuo à vélo. Recommandé par l’excellent Lonely Planet (édition China), c’est l’un des hits du pays. A 10 yuans la location du vélo ( 1€ quelque chose), ce serait dommage de se priver.

Et c’est parti pour 3 heures de flâneries à travers la campagne avoisinante. S’en mettre plein la vue et voir de nos propres yeux les villages chinois. Avec parfois beaucoup d’insistance de la part des villageois pour nous vendre quelques babioles.

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Yangshuo--6-.JPGNous étions hébergés à Guilin, notre camp de base, par Angela. Avec celle-ci, j’ai pu un peu mieux découvrir la ville et surtout l’histoire et la culture chinoise. L’évolution du pays lors de la dernière décennie, ressentie par tous. En résumé : « plus riche et plus égoïste ». Les Chinois changent, s’occidentalisent. Une question de génération avant que la majorité des Chinois des villes ne parle anglais. La politique d’un enfant par foyer. Angela a un frère, ses parents ont dû payer des taxes (sorte d’amende) pour avoir dépassé le « quota ». Elle me conseille quelques livres pour essayer de mieux cerner l’évolution au cours du dernier siècle. C’est là le grand avantage de Couchsurfing, un pied dans la culture locale. Elle nous prépare un repas typiquement chinois. Puis elle nous aide grandement dans le restaurant voisin où nous avons commandé par mégarde des intestins et du sang de bœuf. Les restaurateurs sont fous de joie de nous voir ici, ils nous offrent à boire, insistent pour que je boive ma bière (mais non alors !), offrent plus de nourriture. A la fin, ils nous offrent carrément le repas ! Sympa ces Chinois.

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25 novembre 2011 5 25 /11 /novembre /2011 06:04

Les films de science-fiction/fantastiques sont loin d’être ma tasse de thé (depuis que j’apprécie le thé, je peux me permettre d’utiliser l’expression !). Mais j’ai aimé l’expérience Avatar, mon premier film en 3D (je ne dois pas être le seul dans ce cas), impressionné notamment par la vue des paysages de la planète Pandora. Dommage qu’on ne puisse pas la visiter !

 

Les Chinois sont forts. Surtout en matière de contrefaçon. Des sacs Longchamp aux magasins Apple en passant par Baidu (le google chinois), ils reproduisent tout (et parfois n’importe quoi) en très grande quantité, et pour moins cher bien sûr. Mais quand j’ai lu que Pandora se trouvait en Chine je me suis dit que ce n’était pas possible ! Contrefaire une planète 3 ans après la sortie d’un film, quel exploit ! Combien d’ouvriers ont dû bosser jour et nuit pour un tel résultat ?

 

Bon j’ai ensuite un peu approfondi le sujet, et la planète Pandora chinoise, localisée à Wulingyan, est en fait un travail de la nature (quelle bosseuse aussi celle-là !) depuis plusieurs millions d’années. Le parc est inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco depuis une vingtaine d’années.

 

Sur place, il faut d’abord s’acquitter des frais d’admission : 248 yuans tout de même, près de 30 euros, pour un pass deux jours. Ma carte étudiant fonctionne toujours mais il faut être en dessous de 24 ans… mon âge me trahit pour la première fois ! Autant vous dire tout de suite qu’à ce prix-là nous sommes restés 3 jours ! Chose étrange, en entrant dans le parc, on vous prend le pouce pour une empreinte digitale….Pourquoi ? Pas de réponse. Ils sont bizarres les Chinois tout de même.

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C’est quoi Wulingyan ? 3000 karsts. Un peu un air de Météores grecs, sur une distance qui semble infinie. Un travail d’orfèvre, merci l’érosion. Vu d’en bas chaque karst est une merveille. Le cou fait des allers-retours à n’en plus finir, haut, bas, gauche, droite. La biosphère est exceptionnellement préservée, plus de 3000 plantes et même des singes sauvages. Tellement sauvages qu’ils bondissent à quelques mètres de moi sur une touriste chinoise, s’accrochent à son sac et déchirent un paquet de kiwis qui se balançait à l’extérieur. Le tout en dix secondes, juste le temps pour la touriste de pousser deux, trois cris effrayés. Bonnie and Clyde repartent avec leur précieux butin.

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Pour aller en haut, deux solutions : les câbles ou la marche. On choisit la seconde possibilité, tout en ignorant que pour aller de zéro à 500 mètres d’altitude, c’est près d’une heure d’escaliers ! La tendinite du genou gauche apprécie moyennement, surtout avec le sac sur le dos.

Une auberge de jeunesse peut vous accueillir au sein même du parc, pour un prix très abordable. Ils cuisinent même des repas pour 10 yuans (1 euro quelque chose). Bon plan. Car pour le reste, les touristes étant présents en nombre (pas d’Occidentaux, que des Chinois), les prix n'ont pas fléchi, et manger devient un investissement sur le long terme. L’idéal reste l’achat de nourriture à l’extérieur du parc pour ensuite pique-niquer. Avec ces paysages devant vous c’est un réel plaisir.

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Vu d’en haut, c’est la brume qui donne toute sa splendeur au paysage. Certains pesteront sur une partie de la vue bouchée. Je persiste à dire que c’est là tout le charme de l’endroit. L’imagination donne parfois une immensité supérieure aux paysages devant moi.

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Nous avons fait deux jours quasiment isolés du reste du monde. L’idée, facile à mettre en pratique, pour éviter les groupes de touristes : demander à l’auberge quels sont les chemins à emprunter. Ensuite, faire tout l’inverse de ce qui est recommandé. Ça marche aussi avec la distance. Tout ce qui est à plus de vingt minutes d’un arrêt de bus est déserté. Une carte et une boussole sont toutefois nécessaires, ainsi qu’un coup d’œil sur la montre. Oui, à 18 heures, les bus s’arrêtent et vous pouvez parfois vous retrouver à 4 heures de marche de l’auberge.

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Le top du parc ? Wulong Village. One dangerous Step (un précipice de 400 mètres que vous pouvez enjamber en un pas). Emperor’s Throne (photo à la Caspar Friedrich recommandée !). Et puis tout le quartier d’Avatar (renommé ainsi depuis le film), bien pollué par un tourisme de masse, mais qui vaut clairement le déplacement, que ce soit pour le Greatest Natural Bridge, soit disant le premier pont du monde, ou pour les milliers de cadenas autour du karst.

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Des chaises à porteurs. Oui, ça fait terriblement esclaves, surtout quand ils montent plusieurs centaines de marches avec quelqu’un sur le dos. La personne, grand sourire aux lèvres, un verre à la main, nous lance un « Hallo ! ». Pendant ce temps, les porteurs triment de toutes leurs forces. Je n’aime pas.

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Pour finir, je reviens sur la drôle d’habitude des Chinois de vouloir prendre des photos en notre compagnie. Cela m’amusait un peu, au départ. Dans le parc, dans le quartier d’Avatar, cela nous amusait beaucoup moins. Tous les 3 mètres. Si vous êtes blonde (non ceci ne sera pas une annonce d’Elie Semoun !), se teindre les cheveux ou porter un voile peut être une bonne idée pour passer inaperçue. J’ai pensé à ce moment-là à la vie des célébrités, jusqu’à les plaindre ! Non, je ne veux pas être célèbre !

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24 novembre 2011 4 24 /11 /novembre /2011 05:59

La lecture en temps de voyage est une nécessité autant qu’un plaisir. A coup de 24 heures consécutives de train, c’est l’un de mes moyens favoris pour faire travailler mon imagination (et mon anglais), et ainsi améliorer un peu ma culture générale. Aussi, il est vrai, une solution pour faire passer le temps un peu plus vite.

Mes opinions de lectures, pas forcément constructives, peuvent cependant vous encourager à lire certains des ouvrages présentés ci-dessous. Si c’était le cas pour au moins l’un d’entre-vous, vous m’en verriez ravi ! On pourrait ainsi en discuter ensemble. Rien ne vaut un échange après un livre ou un film.

 

Je ne lis pas que des chefs d’œuvres. Certains ouvrages me laissent parfois de marbre comme les crimes de l’amour de Sade. D’autres sont tout simplement refusés par mon cerveau après 50 pages de souffrance (Orgueil et Préjugés, Raison et Sentiments de Jane Austen). Des passages du Roman de l’Orient-Express de Vladimir Fedorovski ont retenu mon attention, plus des anecdotes sur ce train mythique que l’histoire en soi (mauvaise). Matéo Falcone de Proper Mérimée est un clin d’œil sympathique aux coutumes corses. Mais Tamango, La partie de Tric Trac ou Le Vase étrusque, du même auteur, manquent de profondeur.

 

Finalement mon choix se porte sur deux ouvrages on ne peut plus classiques, dont je vous recommande la lecture à l’occasion. Ce sera 2, 3 heures de votre temps, pour une lecture assez aisée.

 

Bonjour tristesse, Francoise Sagan

 

Une petite claque.

J’ai toujours eu envie de découvrir ce livre, ne serait-ce qu’en raison du titre. Au fur et à mesure des pages, je me suis laissé prendre aux sentiments de Cécile, de cette possessivité pour son père. L’amour et la haine qu’elle ressent tout au long de son plan contre Anne. Et cette fin, tragique. Parfois certaines scènes me rappelaient la piscine de ? Bonjour, tristesse.

 

La ferme des animaux, George Orwell

 

Encore Orwell pour un livre très politique. Une fable, une ferme, des animaux. Napoléon et Snowball prennent le pouvoir. Et nous, les hommes. Magnifique dénonciation du totalitarisme sous ces traits animaux, beaucoup de clins d’œil au communisme avec lequel Orwell a pris ses distances après la guerre civile espagnole à laquelle il a participé. Le rôle de l’Histoire, et de celui qui l’écrit, même si, à mon goût, 1984 est plus profond et réserve plus de surprise (sans doute parce que plus long également). Et la dernière phrase de l’ouvrage, splendide : « The creatures outside looked from pig to man, and man to pig, and from pig to man again ; but already it was impossible to say which was which”.

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23 novembre 2011 3 23 /11 /novembre /2011 08:22

L’administration, qu’elle soit française ou chinoise, n’échappe pas à un principe que je crois universel : la réponse change toujours selon la personne assise en face de vous.

 

Comment obtenir un visa pour la Chine ? Plusieurs possibilités. Tout d’abord faire son visa en France. Ambassade de Chine à Paris. Officiellement il faut les tickets d’avion aller-retour, la liste des hôtels où vous allez séjourner, l’itinéraire de voyage… quand vous partez de Russie un mois plus tôt et pensez loger avec Couchsurfing, difficile d’obtenir de tels documents. Mais il est assez aisé de s’expliquer et passer par une agence du style action-visa vous fera gagner du temps, à défaut d’argent. Une bataille administrative assez simple.

 

De mon côté j’ai choisi l’option originale, l’ambassade de Chine en Mongolie, Oulan-Bator. Un triomphe ! Là-bas, pas besoin de papier, une photo et c’est réglé ! Plutôt conciliant le Chinois de Mongolie.

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Après ce succès, la fleur au fusil, je pense faire de même pour obtenir un nouveau visa de 30 jours au consulat chinois de Hong Kong. Le premier bureau officiel joue l’incompréhension, explique qu’ils ne comprennent pas l’anglais et par un petit coup de Trafalgar, en profite pour me diriger vers le bureau central.

Le lendemain, toujours serein, je me dirige vers le bureau central. La Bérézina. On m’explique que ce n’est plus possible ainsi, qu’il me faut un ticket d’avion, des réservations d’hôtels… je contre-attaque, dévoile mon premier visa, explique que je souhaite prendre le train pour le Laos, montre mes papiers d’assurance, mon certificat financier. Toutes les munitions dans la balance, pas de quartier ! Mes arguments se fracassent sur la grande muraille chinoise administrative. L’ennemi à Hong Kong, c’est le Français. L’Espagnol ou l’Allemand à mes côtés, avec les mêmes armes, obtiennent une victoire probante. Malheureusement pour moi, le Chinois a mis toutes ses défenses de mon côté. Les relations diplomatiques entre les deux pays sont toujours en berne depuis 2008.

 

Pas grave, la France a perdu une bataille, mais pas la guerre. Des agences de voyage proposent leurs services pour obtenir mon visa. Un allié de choix. Je leur fais confiance, leur cède une partie de mon territoire financier en échange (80 euros tout de même) et attend 7 jours en territoire ennemi (Hong Kong) pour obtenir ma probante victoire.

Déjà tout auréolé de gloire, j’imagine les prochaines campagnes victorieuses à travers le Sud de la Chine. Je prépare mes trajets, je contacte des soldats Couchsurfing à différents points stratégiques…

 

Waterloo. Mon Visa n’est valable que pour 5 jours. Mes alliés ne comprennent pas, demandent des détails du front. A 99 contre 1, la victoire était assurée. Pas de chance, je suis tombé sur un résistant acharné, l’ennemi du Français.

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Le moral des troupes est en berne. Elles se dirigent néanmoins vers la Chine continentale, 5 jours en sécurité avant, peut-être, un repli stratégique au Laos. L’unique possibilité reste l’extension de visa sur place, à Guilin. Là-bas, je rencontre des soldats ennemis, l’administration locale. Ils sont cependant très contents de me voir, parlent avec un grand sourire et essayent de m’aider après mes luttes « sans merci » (au sens propre). A la vue de mon visa, ils témoignent de leur incompréhension, parole de poilu : « pourquoi vous n’avez eu que 5 jours ? ». Ma petite dame, je voudrais bien le savoir !

De ce fait, elle me regarde maintenant d’un air méfiant : s’il n’a eu que 5 jours de visa, c’est qu’il doit y avoir une raison ! Ma défaite hong kongaise me pénalise à nouveau… Une heure d’attente sur le champ de bataille, blessé, meurtri, prêt à être achevé. L’ennemi se rapproche, et me dit que ce n’est pas encore pour tout de suite. J’ai le temps pour le dernier repas d’un condamné. A mon retour, le général consulaire l’affirme : revenez dans une semaine et vous aurez votre extension de visa ! Hourra ! Hourra !

 

Nous serons légèrement en retard pour récupérer les fruits de la victoire (à savoir mon extension de visa). Nous envoyons quelques câbles diplomatiques (par téléphone) pour prévenir nos adversaires. Le premier d’entre eux réagit très vite : toute absence risquerait de mettre en péril le traité de paix précédemment signé !

Notre armée se déplace à marche forcée vers le lieu de notre dernier combat. Problème, malgré la grande Armada de trains en Chine, aucun n’est capable d’arriver dans les délais impartis.  Je contacte à nouveau le capitaine consulaire, lui explique le problème… pas de souci ! Le traité de paix est signé, rien ne changera, venez récupérer les fruits de votre victoire quand vous le souhaitez !

 

Quand je vous dis que la réponse change toujours selon la personne assise en face de vous !

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Nous assistons cependant à une victoire à la Pyrrhus, à la vue des sommes engagées pour gagner cette bataille (160 euros de frais de visa au total pour la Chine, pour 60 jours, sans compter les nuits d’hôtel à Hong Kong et le prix de la vie locale). Surtout, ces salauds de l’administration occupent maintenant 5 pages de mon passeport ! Ne savent-ils pas que j’ai d’autres campagnes à mener ?

 

Vive la France, et vive le Général !

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19 novembre 2011 6 19 /11 /novembre /2011 05:00

Pour relier Guilin à Fenghuang, il faut prendre tout d’abord un train pour Liu Zhou (2 bonnes heures), puis prendre un second train pour Jishou (train de nuit, avec couchette). A Jishou, c’est deux heures de bus pour enfin arriver à Fenghuang. Reste à trouver l’hôtel ! Oui, l’auberge de jeunesse a remplacé Couchsurfing étant donné qu’il n’y a tout simplement personne sur le site dans cette petite bourgade du Hunan. Après 25 bonnes minutes de marche et des conseils demandés à de multiples passants, nous trouvons enfin une auberge, pas celle recherchée mais ça compte tout de même.

 

Fenghuang est touristique, mais seulement pour les Chinois. Devant les difficultés et longueurs pour arriver jusqu’ici (et l’absence de gare), beaucoup d’Occidentaux renoncent, ce qui peut expliquer pourquoi le nombre de « Blancs » sera compté sur les doigts d’une main. Tous ces Chinois autour de nous, même pas peur.

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Fenghuang est une ville sur l’eau, une petite Venise (encore !), traversée par la rivière Tuó. Charmante par de nombreux aspects, elle est aussi en travaux sur une grosse moitié de rivage. La raison ? Le tourisme bien sûr. Devant un afflux de plus en plus important, les habitants mettent les bouchées doubles pour en accueillir le plus grand nombre. Ainsi, lorsque nous nous baladons le long de la rivière, chaque maison est en fait un hôtel. Quand vous entrez par la porte principale, c’est en fait le salon familial, qui fait également office de réception. Vous avez besoin d’une chambre ? Pas de soucis. Pour une centaine de Yuan, ce qui devait être la chambre familiale quelques années plus tôt est tout à vous. Mieux (ou pire c’est selon), lorsque vous suivez l’indication « toilettes », vous entrez dans un salon. Papy est là, il regarde la télé. Il vous montre ses toilettes. 1 yuan plus tard, vous sortez de sa maison. Bizarre.

Bref, toujours est-il que le tourisme transforme rapidement cette petite ville, bien consciente de ses possibilités.

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Comme à Venise, vous pouvez faire un tour en gondole. Bon, la différence c’est qu’à Fenghuang vous vous en sortez pour 5€ les 30 minutes, prix pour deux personnes. Vous passez sous des ponts… en bois, sur lequel un travailleur et son… cheval, transportant quelques pierres, vous ramèneront au XVIIème siècle. Vous croiserez également quelques Chinois transportant des matières premières ou de la nourriture de façon traditionnelle. Ici, c’est la Chine telle que je la rêvais. Quelques femmes nettoient des vêtements dans la rivière. Un homme fabrique quelques friandises avec l’aide d’un gros clou accroché au mur. Beaucoup portent encore des habits traditionnels. Plus de la moitié des habitants de cette ville sont originaires des minorités Miao et Tujia. Leur dialecte est si différent que les habitants du Nord de la Chine ne pourraient les comprendre.

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La nuit c’est encore plus joli. Prendre un repas ou un verre du côté du pont Hong le majestueux et la vue sera splendide. Ouvrez grand les oreilles et appréciez la passion des Chinois pour le karaoké (bon, il faudra parfois être compréhensif, tout le monde n’est pas Susan Boyle). Une journée et puis c’est tout. Et pour cause, demain on se rend sur Pandora.

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