23 novembre 2011 3 23 /11 /novembre /2011 08:22

L’administration, qu’elle soit française ou chinoise, n’échappe pas à un principe que je crois universel : la réponse change toujours selon la personne assise en face de vous.

 

Comment obtenir un visa pour la Chine ? Plusieurs possibilités. Tout d’abord faire son visa en France. Ambassade de Chine à Paris. Officiellement il faut les tickets d’avion aller-retour, la liste des hôtels où vous allez séjourner, l’itinéraire de voyage… quand vous partez de Russie un mois plus tôt et pensez loger avec Couchsurfing, difficile d’obtenir de tels documents. Mais il est assez aisé de s’expliquer et passer par une agence du style action-visa vous fera gagner du temps, à défaut d’argent. Une bataille administrative assez simple.

 

De mon côté j’ai choisi l’option originale, l’ambassade de Chine en Mongolie, Oulan-Bator. Un triomphe ! Là-bas, pas besoin de papier, une photo et c’est réglé ! Plutôt conciliant le Chinois de Mongolie.

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Après ce succès, la fleur au fusil, je pense faire de même pour obtenir un nouveau visa de 30 jours au consulat chinois de Hong Kong. Le premier bureau officiel joue l’incompréhension, explique qu’ils ne comprennent pas l’anglais et par un petit coup de Trafalgar, en profite pour me diriger vers le bureau central.

Le lendemain, toujours serein, je me dirige vers le bureau central. La Bérézina. On m’explique que ce n’est plus possible ainsi, qu’il me faut un ticket d’avion, des réservations d’hôtels… je contre-attaque, dévoile mon premier visa, explique que je souhaite prendre le train pour le Laos, montre mes papiers d’assurance, mon certificat financier. Toutes les munitions dans la balance, pas de quartier ! Mes arguments se fracassent sur la grande muraille chinoise administrative. L’ennemi à Hong Kong, c’est le Français. L’Espagnol ou l’Allemand à mes côtés, avec les mêmes armes, obtiennent une victoire probante. Malheureusement pour moi, le Chinois a mis toutes ses défenses de mon côté. Les relations diplomatiques entre les deux pays sont toujours en berne depuis 2008.

 

Pas grave, la France a perdu une bataille, mais pas la guerre. Des agences de voyage proposent leurs services pour obtenir mon visa. Un allié de choix. Je leur fais confiance, leur cède une partie de mon territoire financier en échange (80 euros tout de même) et attend 7 jours en territoire ennemi (Hong Kong) pour obtenir ma probante victoire.

Déjà tout auréolé de gloire, j’imagine les prochaines campagnes victorieuses à travers le Sud de la Chine. Je prépare mes trajets, je contacte des soldats Couchsurfing à différents points stratégiques…

 

Waterloo. Mon Visa n’est valable que pour 5 jours. Mes alliés ne comprennent pas, demandent des détails du front. A 99 contre 1, la victoire était assurée. Pas de chance, je suis tombé sur un résistant acharné, l’ennemi du Français.

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Le moral des troupes est en berne. Elles se dirigent néanmoins vers la Chine continentale, 5 jours en sécurité avant, peut-être, un repli stratégique au Laos. L’unique possibilité reste l’extension de visa sur place, à Guilin. Là-bas, je rencontre des soldats ennemis, l’administration locale. Ils sont cependant très contents de me voir, parlent avec un grand sourire et essayent de m’aider après mes luttes « sans merci » (au sens propre). A la vue de mon visa, ils témoignent de leur incompréhension, parole de poilu : « pourquoi vous n’avez eu que 5 jours ? ». Ma petite dame, je voudrais bien le savoir !

De ce fait, elle me regarde maintenant d’un air méfiant : s’il n’a eu que 5 jours de visa, c’est qu’il doit y avoir une raison ! Ma défaite hong kongaise me pénalise à nouveau… Une heure d’attente sur le champ de bataille, blessé, meurtri, prêt à être achevé. L’ennemi se rapproche, et me dit que ce n’est pas encore pour tout de suite. J’ai le temps pour le dernier repas d’un condamné. A mon retour, le général consulaire l’affirme : revenez dans une semaine et vous aurez votre extension de visa ! Hourra ! Hourra !

 

Nous serons légèrement en retard pour récupérer les fruits de la victoire (à savoir mon extension de visa). Nous envoyons quelques câbles diplomatiques (par téléphone) pour prévenir nos adversaires. Le premier d’entre eux réagit très vite : toute absence risquerait de mettre en péril le traité de paix précédemment signé !

Notre armée se déplace à marche forcée vers le lieu de notre dernier combat. Problème, malgré la grande Armada de trains en Chine, aucun n’est capable d’arriver dans les délais impartis.  Je contacte à nouveau le capitaine consulaire, lui explique le problème… pas de souci ! Le traité de paix est signé, rien ne changera, venez récupérer les fruits de votre victoire quand vous le souhaitez !

 

Quand je vous dis que la réponse change toujours selon la personne assise en face de vous !

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Nous assistons cependant à une victoire à la Pyrrhus, à la vue des sommes engagées pour gagner cette bataille (160 euros de frais de visa au total pour la Chine, pour 60 jours, sans compter les nuits d’hôtel à Hong Kong et le prix de la vie locale). Surtout, ces salauds de l’administration occupent maintenant 5 pages de mon passeport ! Ne savent-ils pas que j’ai d’autres campagnes à mener ?

 

Vive la France, et vive le Général !

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19 novembre 2011 6 19 /11 /novembre /2011 05:00

Pour relier Guilin à Fenghuang, il faut prendre tout d’abord un train pour Liu Zhou (2 bonnes heures), puis prendre un second train pour Jishou (train de nuit, avec couchette). A Jishou, c’est deux heures de bus pour enfin arriver à Fenghuang. Reste à trouver l’hôtel ! Oui, l’auberge de jeunesse a remplacé Couchsurfing étant donné qu’il n’y a tout simplement personne sur le site dans cette petite bourgade du Hunan. Après 25 bonnes minutes de marche et des conseils demandés à de multiples passants, nous trouvons enfin une auberge, pas celle recherchée mais ça compte tout de même.

 

Fenghuang est touristique, mais seulement pour les Chinois. Devant les difficultés et longueurs pour arriver jusqu’ici (et l’absence de gare), beaucoup d’Occidentaux renoncent, ce qui peut expliquer pourquoi le nombre de « Blancs » sera compté sur les doigts d’une main. Tous ces Chinois autour de nous, même pas peur.

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Fenghuang est une ville sur l’eau, une petite Venise (encore !), traversée par la rivière Tuó. Charmante par de nombreux aspects, elle est aussi en travaux sur une grosse moitié de rivage. La raison ? Le tourisme bien sûr. Devant un afflux de plus en plus important, les habitants mettent les bouchées doubles pour en accueillir le plus grand nombre. Ainsi, lorsque nous nous baladons le long de la rivière, chaque maison est en fait un hôtel. Quand vous entrez par la porte principale, c’est en fait le salon familial, qui fait également office de réception. Vous avez besoin d’une chambre ? Pas de soucis. Pour une centaine de Yuan, ce qui devait être la chambre familiale quelques années plus tôt est tout à vous. Mieux (ou pire c’est selon), lorsque vous suivez l’indication « toilettes », vous entrez dans un salon. Papy est là, il regarde la télé. Il vous montre ses toilettes. 1 yuan plus tard, vous sortez de sa maison. Bizarre.

Bref, toujours est-il que le tourisme transforme rapidement cette petite ville, bien consciente de ses possibilités.

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Comme à Venise, vous pouvez faire un tour en gondole. Bon, la différence c’est qu’à Fenghuang vous vous en sortez pour 5€ les 30 minutes, prix pour deux personnes. Vous passez sous des ponts… en bois, sur lequel un travailleur et son… cheval, transportant quelques pierres, vous ramèneront au XVIIème siècle. Vous croiserez également quelques Chinois transportant des matières premières ou de la nourriture de façon traditionnelle. Ici, c’est la Chine telle que je la rêvais. Quelques femmes nettoient des vêtements dans la rivière. Un homme fabrique quelques friandises avec l’aide d’un gros clou accroché au mur. Beaucoup portent encore des habits traditionnels. Plus de la moitié des habitants de cette ville sont originaires des minorités Miao et Tujia. Leur dialecte est si différent que les habitants du Nord de la Chine ne pourraient les comprendre.

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La nuit c’est encore plus joli. Prendre un repas ou un verre du côté du pont Hong le majestueux et la vue sera splendide. Ouvrez grand les oreilles et appréciez la passion des Chinois pour le karaoké (bon, il faudra parfois être compréhensif, tout le monde n’est pas Susan Boyle). Une journée et puis c’est tout. Et pour cause, demain on se rend sur Pandora.

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18 novembre 2011 5 18 /11 /novembre /2011 03:33

Les itinéraires de voyage sont faits pour évoluer. Lors de mes préparatifs de voyage, j’avais imaginé découvrir la Chine de façon différente. Je pensais n’y rester que 30 jours tout au plus, et j’avais clairement opté pour le centre et le sud du pays, avec un boycott des mégalopoles côtières. Après Shanghai et Hong Kong, je pense que je conseillerai à n’importe quel voyageur de suivre ma voie initiale, surtout depuis que j’ai vu Guilin et ses alentours.

 

J’attends beaucoup de Guilin. Des Français, mon hôte de Hong Kong, le Lonely Planet, l’Unesco… ils sont tous d’accord : je dois voir Guilin et la rivière Li !

La cité est traversée par cette rivière du nord au sud, et les lieux à découvrir se concentrent sur son rivage. Tout d’abord le Seven Star Park, que nous nous plaisons à contourner depuis l’office des visas. Puis l’Elephant Trunk Hill, soi-disant parce que cela ressemble à un éléphant (je vous laisse décider pour la ressemblance). Pour l’observer, il faut contourner le parc officiel (et les frais d’admission) et se retrouver dans un petit quartier de pécheurs. Le charme de ce coin paisible, abandonné des touristes, ajouté au coucher de soleil, est ravageur. J’en profite pour effectuer quelques ricochets. Des Chinois sur l'autre rivage m’observent avec attention (ça met la pression !) puis font de même ! La compétition débute, objectif, envoyer son caillou de l’autre côté de la rivière ! Et c’est ainsi que je manque de heurter l’un d’entre eux après un lancer en tous points exceptionnel ! Belle revanche française après les déconvenues administratives !

 

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 Le tourisme en Chine se développe rapidement. Pékin est bien avancé sur ce point, mais le reste de la Chine a encore parfois du retard (que ce soit au niveau des facilités d’accès ou des capacités hôtelières). Pour Guilin, on sent que l’on est aux prémices d’un futur tourisme de masse. Les hôtels se construisent à vitesse grand V et les habitants du lit de la rivière Li (ça c’est fait) se reconvertissent très vite en tenanciers de maison d’hôte pour touristes à la recherche des coutumes et de la vie locale. De même, beaucoup des attractions sont désormais payantes mais, en regardant un peu sur les côtés, on trouve souvent un moyen d’échapper aux frais d’admission qui peuvent se révéler élevés, surtout sur le long terme.

 

Le meilleur moyen de découvrir la rivière Li semble être une croisière sur des BAMBOO BOATS (L’expression fut utilisée à plus de 50 reprises par l’organisateur de ce périple). Sous un soleil de plomb nous nous rendons au Zhujiang Pier pour rejoindre notre vaisseau en bois local. La route est déjà splendide et nous laisse imaginer ce que sera la suite.

Et la suite, ce fut juste magique. Les photos, cette fois, parleront mieux que quelques mots.

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Des collines à en perdre la raison, des cavernes, de la verdure (après un mois dans la Chine des villes, cela fait grand bien) et des paysages à couper le souffle. Pendant plus de deux heures nous naviguons à travers ce que la Chine offre de plus beau.

 

Arrivé à Xinping, nous prenons la route de Yanghuo. Cette petite ville est clairement touristique et nous nous échappons rapidement vers un des villages avoisinants. Le coucher de soleil sur la rivière Yulong vaut son pesant d’or. Nous en profitons pour nourrir quelques bœufs d’eau, assistons à la pêche au cormoran (trois fois plus rapide que les poissons ces bestioles-là !) et observons les rizières locales prêtes à la récolte.

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P1030067.JPGP1160673.JPGSi Pékin dans son ensemble est une excellente introduction à la Chine, Guilin et la rivière Li sont clairement un lieu à ne pas manquer si vous voyagez dans l’Empire du milieu. Surtout si vous choisissez le BAMBOO BOAT.

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15 novembre 2011 2 15 /11 /novembre /2011 06:22

Pendant plusieurs années ce fut ma plus grande peur, celle de vieillir. A chaque anniversaire je balisais un peu plus face au temps qui passe. A chaque anniversaire, j’en voulais un peu plus à ceux qui souhaitaient célébrer la mort de ma jeunesse. Depuis quelques semaines, il semblerait cependant que j’en aie fait le deuil.

Est-ce l’approche des 25 ans, cap fatidique, où l’on est plus proche de 30 que de 20 ? Je l’ignore.

 

Pour tout vous dire, je regardais la vie d’adulte avec un regard sombre, un œil suspicieux, un air désabusé. Sortir moins. Travailler plus. Moins de franche rigolade, plus d’ennui. Etre fatigué les lendemains et surlendemains de soirée. La perte de mes talents footballistiques (huh-huh). La décroissance de mon physique. La retraite de Zidane. La maison à payer. Les enfants à nourrir.

 

Je pense que c’est ce dernier point qui m’a fait évoluer. Quand je recherche une définition au bonheur, je la trouve dans l’enfance. Les enfants (et encore plus les petits-enfants, mais n’allons pas trop vite en besogne).

Est-ce le fait d’avoir vu quelques mouflets pousser chez des amis qui m’a fait réaliser ? Ou est-ce leur sourire béat devant chaque son de leur progéniture ?

 

Je suis d’autant plus prêt à être un adulte que j’ai l’impression d’avoir trouvé une voie. Je ne sais pas si elle sera couronnée de succès mais c’est la voie que je regretterais de ne pas avoir emprunté si je reculais.

Cela ne signifie cependant pas que je sois vieux ou que j’aie tout d’un coup changé. Rassurez-vous, mon immaturité progresse chaque jour au contact de personnes plus jeunes que moi. Une façon de prolonger ma jeunesse.

 

Dans ma tête ? Je suis toujours un étudiant. J’utilise d’ailleurs la carte à chaque reprise lors de mes visites historiques (50% de réduction grâce à une carte périmée, merci Lille 3). Mon avenir en France (ou ailleurs), je l’imagine encore dans une thèse. La tête dans les bouquins. Une soif d’apprendre toujours inassouvie.

 

Lorsque je n’étais qu’un enfant, j’imaginais ma vie à 24 ans de façon différente. Et pour cause, lorsque vous avez 7 ans, les grands de 24 sont un peu vieux pour vous. Je pensais que je serais déjà casé, un marmot à la main, une maison à rembourser et un boulot plutôt bien payé. Le tour du monde ? Un rêve de riche.

Avais-je déjà un manque d’ambition à l’époque ? Peut-être. Mais il semble que j’aie changé. Le garçon de 7 ans s’est transformé en adulte de 24. Même s’il pense un peu plus chaque jour avec les yeux d’un enfant.

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14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 06:18

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Comme je l’avais déjà signalé, Alba et moi continuons l’aventure ensemble, sans Evi. Petit rappel des épisodes précédents : Alba, Munichoise de 20 ans, souhaite voyager à travers l’Asie. Ne trouvant pas de personnes suffisamment motivées dans son entourage, elle s’inscrit sur le site Joinmytrip.com et laisse une annonce. David, Allemand, et Evi, Autrichienne, y répondent favorablement. Ils se rencontrent une fois et décident d’effectuer une partie de l’aventure ensemble.

Dès le transsibérien, l’ambiance est compliquée entre David et Evi. Le premier choisit de continuer l’aventure seul dès Pékin (dans tous les cas, Evi aurait été prête à l’abandonner attaché à un arbre si nécessaire).

1 de perdu pour 1 de retrouvé puisque je suis accueilli favorablement dans le groupe dès la Mongolie. Entre-temps, ma situation personnelle évolue avec Alba et…

 

…l’ambiance reste compliquée avec Evi. Un couple + 1, c’est toujours bizarre pour le 1. Evi n’a pas forcément  les mêmes attentes et les mêmes opinions sur le voyage. Nous lui conseillons de poursuivre l’aventure de son côté (tout en sachant qu’elle prévoyait de faire de même dès le mois de décembre). Et c’est ainsi que je voyage avec Alba pour un temps indéterminé.

 

Nous n’avons pas le même trajet au départ, les choses ont évolué depuis. Le sud de la Chine (si mon beau visa) et les pays d’Asie du Sud-Est (si la Thaïlande existe encore) sont au programme. Cette idée est à la fois géniale et… dangereuse.

 

Pourquoi dangereuse ? Car si les choses se passent mal, cela signifie que je devrai la laisser voyager seule (et un sentiment de culpabilité apparaîtra). Mais le plus grand danger est si les choses se passent bien. Elle compte voyager jusque mai inclus. Déjà plus d’un mois et demi ensemble. Pour ne rien vous cacher je m’attache un peu. 7 jours sur 7, 24/24, au niveau du temps cumulé ensemble, le compteur défile beaucoup plus vite que d’ordinaire. Difficile de se cacher derrière les études, les amis, le boulot ou la famille… rien de tout cela n’existe en voyage. Les rares moments en solo sont concentrés dans la douche (et encore… !). Toujours ensemble. C’est la loi du voyage.

 

Mais pas pour toujours. Nous sommes d’accord, cette relation n’a pas d’avenir lointain. C’est la loi de la raison. Distance, âge, vie. Beaucoup de choses sont compliquées et je ne me vois clairement pas replonger dans une relation où les sacrifices personnels doivent être si importants. Nous ne préférons même pas envisager cette hypothèse. Pour combien de temps ?

 

Oui, il y a un risque. Mais quel risque magnifique ! Pour la suite, seul le temps me (vous) renseignera.

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13 novembre 2011 7 13 /11 /novembre /2011 01:39

Ces histoires de visa me feraient presque oublier que je continue de voyager.  3 jours à Shenzehn, plus d’une semaine à Hong Kong, dans une région que l’on appelle les nouveaux territoires.

 

L’histoire d’Hong Kong est très différente du reste de la Chine. Britannique jusque 1997, la cité a, de ce fait, échappé au grand bond en avant, à la révolution culturelle ou autre changement d’humeur de Mao. Le niveau de vie s’en ressent, c’est le plus élevé de Chine. Hong Kong est un des centres mondiaux de la finance et des banquiers (traders ?) venus de tous pays occupent l’île principale. Oui, H.K. n’est pas vraiment une île mais plusieurs (234 en fait mais la majorité reste inhabitée). Et une partie de son territoire est situé sur le continent. La « frontière » avec Shenzhen est en fait une simple rivière.

 

Pour traverser la « frontière », nous avons simplement pris le métro et marché de l’autre côté de la rivière. Attention, on contrôle le passeport au milieu. D’où la présence d’une « frontière » au sein d’un même pays.

Oui Hong Kong bénéficie d’un régime d’exception, ce que les Chinois résument avec l’expression « un territoire, deux systèmes ». Ce régime d’exception, âprement négocié avec les Britanniques, est valable 50 ans. Profitez-en, jusque 2047 vous pouvez donc vous rendre en territoire chinois, à H.K. donc, sans visa (et c’est un réel avantage, croyez-moi !)

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D’autres différences vous sautent très vite aux yeux. Tout d’abord, on roule à gauche. La monnaie n’est plus le yuan chinois mais le… dollar hong kongais ! Le drapeau est différent. La liberté d’expression n’est pas qu’une expression mais un fait : les journaux d’opposition sont légion et Internet n’est pas filtré.

Mais ce qui vous étonne le plus, c’est la présence en force des Occidentaux, surtout dans le quartier de Soho, où Martin, notre hôte, réside. Les Britanniques sont toujours solidement implantés et vous pourriez parfois vous croire au beau milieu de Londres. Les pubs tournent au rythme des matchs de football de la mère patrie et l’ambiance en soirée du coté de Lan Kwai Fong est clairement anglaise (entre la musique ou… les « vêtements » féminins).

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En dehors de ce statut que je considère comme un peu bâtard, Hong Kong c’est… Manhattan. En plus petit mais avec les mêmes bases. Le Manhattan du Financial District, pas d’Harlem, entendons-nous bien. L’atmosphère est particulière, mon jugement s’en ressent, je ne suis pas un fan. Grands immeubles, costards-cravates se bousculant aux heures de pointe (mais toujours avec un certain flegme tout britannique), taux de célibataires élevé à la trentaine, mais moins élevé que les zéros sur le compte en banque. Carriéristes bonjour.

 

Sorti de l’île centrale, Hong Kong est… montagneux (oui, je suis heureux de vous l’apprendre). A la suite d’une petite randonnée du côté de Victoria Peak, nous avons pu apprécier la vue sur l’ensemble d’îlots qui composent ce territoire. Hong Kong c’est aussi la nature. Il faut me croire ! 70% de son territoire est en fait recouvert de collines verdoyantes et de forêt tropicale ! Dirigez-vous vers Lama Island et vous pouvez vous persuader d’arriver en forêt vietnamienne. Se baigner sur l’une des plages locales est fortement conseillé (surtout quand la température extérieure n’évolue qu’entre 23 et 30, nuit comprise). Attention cependant si vous êtes une fille, les Chinois n’ont pas encore l’habitude du bikini et souhaiteront peut-être prendre des photos en votre compagnie. Sur le long terme, cela devient usant.

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Bref, Hong Kong est une grande ville dont le système politique est, selon moi, plus excitant que la cité en soi. Amateur de mégalopoles, vous devriez être satisfaits.

 

Pour finir, je vais revenir sur Shenzhen que j’ai, selon certain(e)s, injustement classé dans la même catégorie. La ville, zone économique spéciale, pur produit de la volonté de Deng Xiaoping, est un centre d’affaires qui fonctionne grâce à son partenariat (et à sa situation stratégique) avec Hong Kong.

J’ai apprécié le lac des contes de fées au sein du jardin botanique. Un petit tour en pédalo avec votre chère et tendre fera grimper votre cote romantique. 700 km². Oui, vous pouvez y rester quelques jours. Un lieu à ne pas manquer si vous êtes sur place. A noter que depuis Hong Kong, on peut obtenir assez facilement un visa pour cette ville (oui, les visas sont un sujet sans fond dans l’Empire du milieu à j’y reviendrai).

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5 novembre 2011 6 05 /11 /novembre /2011 01:39

Un guide de survie. Ou plutôt un guide de vie. Une bible personnelle ; où je suis mon propre prophète. Pour ne pas se perdre. Pour trouver la voie, pour trouver ma voie.

 

L’argent ne fait pas le bonheur.

 

L’important n’est pas de trouver les réponses, mais de se poser les bonnes questions.

 

Qu’est-ce qui me rend heureux ? A présent ? Dans un futur proche ? Le futur éloigné est trop incertain pour être planifié. Je peux mourir demain.

 

A chaque nouvelle rencontre, à chaque nouvelle découverte, j’arbore un sourire. Grandissant. Jour après jour. Je m’en rends compte. Ma voie est si proche. J’y suis, peut-être. Je l’emprunte chaque jour.

 

L’écriture peut être partie intégrante de cette voie, l’écriture doit faire partie intégrante de ma voie.

 

J’ai commencé. Ecrire. Pour de vrai. Pas quelques lignes pour un blog. Pas de sujets qui se suivent et ne se ressemblent pas.

J’ai l’histoire. Au fond de moi. Je la garde précieusement, jalousement. Pour le moment. Car il faut que cela sorte, d’une manière ou d’une autre.

 

Je fais attention. Je me protège. Je les protège. Je me demande « est-ce là la solution, la réponse ? »

 

J’hésite. Je cherche du soutien.

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1 novembre 2011 2 01 /11 /novembre /2011 08:19

Pour être très clair, Hong Kong c’est compliqué. Pour 3 raisons.

 

Tout d’abord Couchsurfing ressemble de près à Waterloo. 12 demandes, 0 aboutie. Je faisais mon malin avec mes 40 références et mes derniers succès prestigieux, je retombe un peu sur terre. Couchsurfing fonctionne, mais surtout quand je suis seul.

 

De ce fait, nous (les filles et moi) avons cherché une auberge de jeunesse. Les prix sont excessifs sur ce petit îlot. Pire le niveau qualité prix est limite obscène. Nous payons près de 15 euros chacun pour… 6m². Bon, 6m² avec deux lits et une micro salle de bain (qui doit être inférieure à 1m² à je peux pisser, me brosser les dents et prendre ma douche sans bouger d’un centimètre) c’est un peu comme être dans une boîte. Surtout que nous n’avons pas de fenêtre ! (bon j’imagine avec une fenêtre et des barreaux à ah mais oui, c’est bien une cellule de prison française surpeuplée !

 

Un cafard traverse l’appartement, je reviens.

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Le pire dans tout cela, c’est que je dois rester ici jusque lundi en raison d’un visa…

Petit rappel : pour arriver en Chine, j’ai demandé un visa à l’ambassade de Chine en Mongolie. J’avais une photo sur moi et en une journée l’affaire était pliée.

Cependant la rumeur était insistante : être Français et demander un visa chinois à Hong Kong relève de l’expédition. Serein, je vais à l’office près de l’hôtel : échec. Il me demande mes billets de départ de Chine. Voyageant en train, l’achat se révèle impossible par Internet. Il m’envoie donc vers le bureau central des Visas.

Cette deuxième expédition est désastreuse : pas de ticket, pas de réservation d’hôtel, pas de programme précis : « je ne peux rien faire pour vous ». Merci.

Attention, jusqu’ici je peux me dire que c’est de ma faute, qu’ils ne font qu’appliquer les règles…

 

Sarkozy je t’en veux parfois. Depuis 2008, les ressortissants français sont soumis à un régime différent pour obtenir un visa chinois depuis Hong Kong. Dans les faits, cela se traduit ainsi : des Espagnols et des Allemands avaient les mêmes documents que moi, ils ont pu obtenir leur visa. Pas moi. Ni la Française à mes côtés. Pourquoi 2008 ? Rappelez-vous le passage mouvementé de la flamme olympique à Paris, les hésitations et les remarques françaises sur la présence ou non lors de la cérémonie d’ouverture des J.O. liée à l’évolution de la situation au Tibet…. Le Chinois a la rancœur tenace !

Dernier espoir pour moi : une agence de voyages. Celle-ci veut bien s’en charger mais ils sourient jaune quand ils voient que je suis Français. « Pour vous ce sera un peu plus difficile… » Cher aussi. 850 dollars… hong kongais ! (??), 80€ tout de même, et pas avant lundi.... (il n’y a pas de service express pour les Français…)

 

Reste à savoir ce que je vais faire de mes cinq jours supplémentaires ici. J’ai une Allemande à mes côtés, Facebook fonctionne, 10 000 photos à trier, 29 degrés dehors (tiens y’a la plage à Hong Kong), Skype répond présent (connectez-vous, elparisien62 pour m’ajouter à vos contacts !)… je ne vais pas m’ennuyer non plus (faut pas déconner !). Et n’oubliez pas que j’apprécie quand vous me laissez des mots doux (ajouter un commentaire) !

 

Au plaisir !

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30 octobre 2011 7 30 /10 /octobre /2011 10:24

P1160200.JPGPékin, Xi’an, Shanghai, Shenzhen. Ce premier périple dans l’Empire du milieu fut un voyage chez le Chinois des villes. Demain, je tente de prolonger mon séjour pour une durée de 30 jours supplémentaires, histoire de découvrir le Chinois des champs.

 

Très rapidement, je vais revenir sur ces 3 semaines avec les 5 choses qui m’ont le plus impressionné :

-          La pollution. Pékin, Xi’an, Shanghai (un tout petit peu moins) et Shenzhen. Ces 4 villes devaient nous permettre de voir le soleil. Celui-ci était souvent caché par un nuage de pollution.

P1020268.JPG-          L’Occidentalisation. Le Chinois des villes parle anglais, travaille 12 heures par jour et gagne beaucoup d’argent. Il veut une belle TV et une belle voiture. La Chine est un capitalisme d’ètat. Le parti communiste a beau régner sur le pays, il y a bien longtemps que Marx a été rangé dans les tiroirs (à la mort de Mao sans doute). La société de consommation fait la loi, les publicités pour des montres ou des vêtements de luxe sont omniprésentes, Mc Do, KFC ou Starbucks sont présents à tous les coins de rue, et les immenses gratte-ciel poussent plus vite que la liberté d’expression.

-          Le filtrage d’Internet. Facebook par serveur Proxy, tout comme le Monde ou Gmail. Je n’ai pas essayé les sites pornographiques mais les rumeurs disent que c’est la même chose. J'ai aussi été choqué par les appels à la délation dans le métro (textuellement "si votre patron accepte des pots de vin, dénoncez-le !")

-          Les prix. 2 euros pour un repas. Toujours pas vu de chien dans l’assiette (un mythe pour la plupart de mes couchsurfers).

-          P1160440.JPGLe comportement. Le Chinois des villes crache partout, klaxonne tout le temps, rote ou pète selon son envie. Il crie, limite aboie, n’est pas galant et pousse fréquemment. Niveau politesse et savoir-vivre on est loin de ce qu’on m’a appris.

 

Les 3 histoires de fou

-          Les banques refilent des faux-billets ! Celui de 100 Yuan (12 euros), et 2 fois en plus ! Ma couchsurfer m’a dit que c’était fréquent, j’en suis resté sur le c.l ! J’imagine un peu Hu Jintao arrivant à un guichet et se retrouvant avec un faux billet dans les mains. Bon, ne vous inquiétez pas pour mes finances, j’ai réussi à les refiler.

-          Assis dans un restaurant. Une dame s’assoit et nous propose de travailler pour elle, comme professeur d’anglais. Lol (oui, moi, professeur d’anglais. Ça ferait rire les profs du lycée). Pas d’entretien ou quoi que ce soit, non. Juste une tête d’Occidental fera l’affaire. Après cela je ne suis pas étonné lorsque je rencontre une fille chinoise qui m’explique que son nom occidental est « Cappuccino » (histoire vraie).

-          Se faire prendre en photo 10 fois dans la Cité Interdite parce que nous sommes blancs.

 

Le top 3

-          Pékin dans l’ensemble. Avec un cinq étoiles pour la Grande Muraille et le Summer Palace

-          Xi’an et le mausolée de l’empereur Qin

-          Shenzhen ou Shanghai ??? Aucun des deux ! Fuyez même !

 

Enfin, je vais finir avec un petit point histoire/politique. Mao est un mythe ici. Mais si la plupart des Chinois s’accordent à dire que la révolution culturelle fut un échec, le reste de ses actions reste positivement apprécié. Son portrait trône toujours sur Tien an Men, un symbole en soi. Je peux acheter sa statue ou son portrait un peu partout. Il est même présent dans mon auberge de jeunesse…

P1160465.JPGPour le reste, j'avoue que je rugis de plaisir !

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29 octobre 2011 6 29 /10 /octobre /2011 01:00

Visiter le quartier français, plus exactement les "Concessions françaises", voici une chose que je ne pensais pas faire, étant donné mon ignorance de leur existence à Shanghai.

Ce fut clairement une déception. Quartier de magasins, de restaurants ou de bars, le peu d'architecture coloniale restant étant utilisé à des fins touristiques.

 

Shanghai, je n'attendais pas grand chose de toi. Ca tombe bien, tu ne m'as pas donné grand chose non plus. La ville est le pôle économique du pays, et, avec ses 23 millions d'habitants c'est la plus grande ville de Chine (deux fois la population belge tout de même !). Mais le côté historique reste assez "pauvre" en comparaison avec la capitale pékinoise.

La cité a des atouts, notamment la vue depuis le Bund.

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Oui, Shanghai est une sorte de Manhattan. Et, tout comme de Manhattan, j'en suis ressorti avec un goût de déception : c'est peut-étre "beau" pour certaines personnes, mais les gratte-ciel ont, pour moi, un manque de charme évident.

Une tour retient cependant mon attention, la Pearl Tower et son architecture on ne peut plus futuriste. A noter que la tour SWCF fut pendant une année la plus haute tour du monde (101 étages pour 492 mètres).

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Attention je ne dis pas que tout m'a déçu à Shanghai. J'ai par exemple énormément apprécié le musée de la ville. Très complet, expliquant beaucoup d'aspects de la culture chinoise (calligraphie, jade, monnaie, minorités ethniques, sculpture, peinture...), il nécessite 3 bonnes heures de votre temps. Précision, il est gratuit.

Une chose que j'ai appris : l'art de la peinture est européen. J'ai pu constaster le manque de représentativité et d'évolution de la peinture chinoise, trop concentrée sur des paysages approximatifs. Cependant j'ai appris que la calligraphie est un art en soi dans l'empire du milieu.

 

Une fois à l'extérieur de Shanghai, vous apprendrez que les villes sont sur l'eau. Je suis allé à Qibao, la plupart des touristes choisissant Zhouzhuang aux frais d'admission assez élevés. Ce sont "les petites Venise de Chine" (partout ces petites Venise !). Qibao est assez petit et vous pourriez être déçu. Quelques photos et vous pouvez reprendre le métro.

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A l'extérieur de la ville, à 50 minutes en train, il y a les jardins de Suzhou. Patrimoine mondial de l'Unesco, bonjour !

Cette fois je valide ! Et pas qu'un peu. Nous avons visité 3 jardins, il doit y en avoir une dizaine. Un petit tour en bateau, une pagode, et surtout le jardin des lions, l'un des plus grands, l'un des plus touristiques aussi. Entre-temps, le musée de la soie, qui est surtout une bonne raison pour vendre des accessoires soyeux et dispendieux (sic !) (3 piéces pour le musée, 5 pour le magasin)

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Les deux dernières nuits furent en auberge de jeunesse. Couchsurfing s'essoufle un peu, ou c'est plutôt notre manque de préparation à Shanghai qui nous punit. Dans l'ensemble, depuis que je voyage avec les filles, je partage beaucoup moins avec les Couchsurfers. Les torts sont partagés, mes hôtes, comme nombre de Chinois, travaillent 12 heures par jour. La politique Couchsurfing est à revoir pour la suite, tout comme l'ensemble du périple, puisque les rumeurs veulent qu'un couple se détache du troisième membre du groupe...

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