30 mai 2011 1 30 /05 /mai /2011 13:00

Mélancolie quand tu nous tiens. Léo Ferré m’emporte souvent dans ce monde, avec son « avec le temps » bien célèbre. A chaque phrase je me remémore un événement, un sentiment, un visage. Et peu à peu je sombre dans le négativisme. Avec le temps tout s’en va. A croire qu’il a raison.


Elle s’en est allée. Mais Elle a laissé une trace indélébile, dans ma vie, dans mes pensées, dans mes photos, dans mon passé. Regarder en arrière m’oblige forcément à la croiser.

Jusqu’au dernier hiver j’adorais regarder mes photos. Dans l’ensemble, j’appréciais énormément regarder mon passé, l’analyser, faire en sorte de voir le chemin parcouru jusqu’ici.

Aujourd’hui, mon écran de veille se met à dérouler mes photos. J’agite avec rapidité la souris de peur de la recroiser. Une chance sur trois. C’est beaucoup.


Dans le même temps Elle fut beaucoup. Il est donc normal qu’Elle laisse une trace. Le soucis, c’est que cela amène de nombreux sentiments contradictoires à se rencontrer dans mon esprit (ou dans mon cœur, c’est selon).

Alors j’évite de regarder le passé. J’évite même d’y penser, de peur que la mélancolie rôdant parvienne à m’atteindre.


J’ai étudié l’histoire. J’appréciais donc étudier Mon histoire. Et depuis ce plaisir s’est transformé en malaise, accompagné bien souvent, il faut le reconnaître, de tristesse. Aïe. Ca fait donc encore mal. Il paraîtrait même que ces cicatrices se gardent tout une vie.

La plaie n’est pas refermée car j’avais encore tellement de choses à lui dire, tellement de chose à vivre en sa compagnie. Merde, c’était la femme de ma vie dans ma tête. Alors la voir partir m’a fait mal. Je ne sais pas pourquoi j’utilise le passé. Et ce n’est pas qu’elle qui est parti, c’est l’idée même d’une « femme de ma vie », celle avec qui j’aurais tout partagé, et notamment mon passé.

 

Comment parlerais-je de mon Erasmus sans parler d’elle. Comment parlerais-je de mon Tour d’Europe sans la croiser quelque part en Finlande. Mon année à Rennes ? Une idée de fiançaille ?  New York ?

C’est ça qui me fait prodigieusement chier. La croiser partout dans mes bons moments de ces deux dernières années.


Oui, l’Espagne fut quelque chose de géniale car pour la première fois elle n’intervenait pas dans mon récit. Elle a disparu, et elle n’hantera pas les souvenirs de ce voyage. Le tour du monde ? Oui, je sais, cela peut paraître comme un échappatoire. C’est également une façon de me construire mes souvenirs sans sa présence. De pouvoir à nouveau regarder le passé sans cette souffrance qui ne se digère pas (mais j’espère que ça viendra).

Là, une réflexion traverse sans doute votre esprit. Mais pourquoi veut-il absolument regarder le passé ? N’y-a-t-il pas tellement de chose à faire dans le présent. Vivre. Et construire le passé de demain.P1090681

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23 mai 2011 1 23 /05 /mai /2011 21:41

Depuis hier, il y a beaucoup de bruit autour de moi et dans tout l'Audomarois. La cause, mon bof' s'est pris un coup de tête. Au football. Ca peut arriver, un contact sur un ballon aérien... Non, le problème, c'est qu'il n'était pas sur le terrain ! Un but où le fair-play de l'équipe adverse est remis en cause, ça chambre sur le côté et tout d'un coup, quelqu'un sort du banc de touche pour mettre un coup de tête à un spectateur. Je précise que cela se déroule dans un match d'excellence, à savoir la onzième division. Bilan : nez cassé, interruption de travail et peut-être future opération...

 

Parfois, je me demande comment la violence arrive dans les stades de Ligue 1. Supporter du PSG, je sais de quoi je parle. Deux morts en 5 ans, nous avons fait la Une des médias avec les bagarres contre les supporters adverses mais surtout entre nos supporters. Sur fond de racisme et d'antisémitisme, nous avons été reconnus plus mauvais public de France pendant quelques années avec en point d'orgue une banderole qui aura fait réagir l'ensemble du monde politique.

 

La France souffre de la violence dans ses stades, que ce soit en haut ou en bas de l'échelle. J'ai déjà vu un arbitre se faire taper. Plus d'une fois. J'ai déjà vu un homme à terre se faire tabasser du côté d'Outreau. Certains clubs ont déjà gagné un match avant de l'avoir joué, tant leur mauvaise réputation tend à dire "ne pas gagner ici sinon on ne repart pas". Récemment, dans l'Audomarois, on a eu l'histoire d'une équipe qui s'est enfermée dans les vestiaires et qui a attendu l'arrivée des gendarmes pour pouvoir repartir. Où va-t-on ?

 

Je suis déjà allé au stade du Heysel, renommé du roi Baudouin pour tenter de faire oublier ce qui s'y est passé. Finale de la Ligue des champions 1985, Juventus de Turin-Liverpool. La fête du football pour les supporters présents. Seul problème, au-delà des supporters il y a des imbéciles. Des cons. Des ivrognes. Des hooligans. Et bientôt des meurtriers. 39 morts, 600 blessés.

L'atmosphère aux alentours du stade reste lourde. Ca pue la mort pour être vulgaire. Quand on passe devant le monument on ne peut s'empêcher d'y penser. Qui étaient ces supporters ? Et surtout, qui était ce hooligan ? Peut-être en semaine un type comme toi, comme moi. Un père de famille d'ordinaire sympa et calme. Mais le week-end, devant un stupide match de football, il devenait quelqu'un d'autre.

 

Le football doit être une fête. Un plaisir. Une passion. Mais dès qu'il y a ne serait-ce qu'un minimum d'enjeu, certains ne se contrôlent plus. Une étude de l'Observatoire national de la violence, basée sur des chiffres de la Fédération française de football  a révélé que près de 1,8 % des rencontres de football amateur sont entachées de violences ou d'incivilités. Cela semble peu. Faux. Sur 684 000 matchs, cela en fait 12 000 entachés de violence ou d'incivilités !

 

Parfois, on se demande pourquoi je joue avec le FC Tilques, club qui n'est inscrit dans aucun championnat. Tout simplement parce que je n'aime pas l'enjeu. Je n'aimais déjà pas cela pendant mon enfance. On m'a demandé si je voulais aller jouer à Saint-Omer, j'ai dit non. Pourquoi ? Parce que le coach gueulait sur les joueurs. On me demande si je veux jouer aujourd'hui ? Non merci. Je préfère nos règles. Notre absence d'arbitre. Nos 25 buts par match. L'absence de prise de tête. Et le plaisir du jeu. Car c'est ça le football.

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23 mai 2011 1 23 /05 /mai /2011 08:37

La question m'a souvent été posé ces dernières semaines : "que fais-tu ?" Et je réponds après un temps de réflexion : "bonne question". Quand je dis bonne question, sachez que cela veut dire que je ne répondrai pas, ou alors de manière vague. J'enchaîne avec un "officiellement ou officieusement ?", ce qui enthousiasme un peu plus mon interlocuteur et le pousse à une curiosité malsaine. "Les deux !" Officiellement, j'explique mon inscription à Lille 3 et officieusement, j'explique l'intérêt d'une année de transition.

 

"Mais dans les faits, que fais-tu pendant une année de transition ?" Nouvelle bonne question ! Dans les faits, cette année a été caractérisé par deux gros voyages : New York et l'Espagne. Dans les faits, cela se traduit sur mon CV par une nouvelle ligne : Langue, Espagnole, niveau intermédiaire. A côté de cela, quelques petits périples en Angleterre, Ecosse, Allemagne, Pays-Bas, Alpes... Je fais ce que tout le monde rêve de faire lorsqu'il a du temps libre, voyager.

 

"Mais en dehors des voyages ?" Très bonne question ! Je pense souvent à vous, travailleurs, ou véritables étudiants débordés. J'étais dans votre situation il n'y a pas si longtemps de cela et je me disais : ah, que ça doit être bon d'avoir du temps libre... Je pourrais lire des livres, regarder des tonnes de films, faire du sport...

Maintenant que ce rêve est une réalité, c'est ce que j'ai fait ! J'ai aisément regardé 150 films en quelques mois, j'ai lu plus de livres en une année que sur les dix dernières (exception faîte des livres d'histoires) et je joue au foot chaque semaine. Et pourtant...

 

Pourtant, je pense que cette situation ne peut perdurer. Chaque matin, je me lève tôt. Afin d'éviter de perdre une demi-journée de vie chaque jour. Et chaque matin, je me pose cette question : pourquoi je me lève ? Rien à faire, pas d'obligation, pas d'envie particulière. Personne pour qui se lever. Cette situation m'oblige à me motiver constamment pour ne pas perdre cette chose si rare qu'est le temps libre. Je bouge sur Lille pour avoir des personnes qui m'aident de ce côté là, qui m'obligent à me réveiller même si c'est pour aller boire un verre ou traîner dans une B.U.

 

Je pense aussi très souvent aux chômeurs de longue durée. Et je me dis que cette vie doit être très difficile. Certains les envient, d'autres les pointent du doigt en les stigmatisant. Et pourtant, comment vivre avec un RSA ? Rejeter du système, ces personnes ont également 24 heures de temps chaque jour. Que font-ils ? Comment s'occupent-ils ? Ils voyagent ? Allons. Lisent-ils, regardent-ils des films ? Ou laissent-ils le temps passé ? Se laissent-ils doucement mourir ? Comment se motiver quand on n'a plus d'objectifs dans la vie ?

 

Heureusement pour moi, je déborde d'objectifs. Je dois seulement être patient. Mais c'est difficile d'être patient et de voir lentement ce temps couler entre mes doigts. Sans possibilité de le retenir. Alors, comment souvent, je me retrouve sur Ryanair.

 

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17 mai 2011 2 17 /05 /mai /2011 20:13

Ok, j'ai une idée débile. Comme à peu près tous les jours depuis... euh bah depuis quelques semaines en fait. Mais celle-ci peut vous amuser. Peut-être même vous me rejoindrez.

 

Je suis sûr que vous avez déjà entendu parler de cette idée voyage. Un jour, un groupe d'amis décide de partir à l'aventure. Seul problème, ils n'ont pas d'argent. Pire, ils n'ont pas de temps en commun. Ah, si, un week-end. 48 heures. 2880 minutes. C'est beaucoup. Imaginez qu'il ne vous reste plus que 10 minutes à vivre ? Difficile de choisir ce que tu veux faire. Mais 2880 minutes, cela ressemble à une éternité.

 

Finalement ils ont une idée de génie. Pourquoi ne pas se lancer un défi. Ils se retrouvent un samedi matin et décident d'une chose : tous partiront sans argent et devront revenir avant le dimanche soir minuit au point de départ. Leur challenge est simple, celui qui a réussi à être le plus loin du point de départ gagne un repas payé par ses potes.

 

Et c'est parti. Vous en êtes ? Car oui, cette idée folle peut se réaliser et cette fois pas d'excuse ! Ok, personne ne veut m'accompagner pour un tour du monde parce que c'est trop long ou parce que ça demande trop d'argent. Mais là ! Come on ! Challenge accepted ?

 

Je vous propose le mois de juin. Juin c'est bien, il n'y a rien. Quelques communions mais on n'est plus en âge de réaliser la nôtre. Toutes les personnes susceptibles d'être intéressées par ce projet se rapprochent de ma personne, par l'intermédiaire de ce blog, de facebook, de mon téléphone, voir même débarquent chez moi ! Car yes, we can !

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PS : repas limité à 10€ par participants.

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13 mai 2011 5 13 /05 /mai /2011 16:16

Comme à chaque question que l’on se pose, direction wikipédia ! Pour la bible des explications, le bonheur est un état durable de plénitude et de satisfaction (...). Du point de vue de l'étymologie, le bonheur est l'aboutissement d'une construction, et qu'il ne saurait être confondu avec une joie passagère.

 

Comme souvent, Wikipédia a les bons mots pour quelque chose que j'ai moi-même du mal à définir. J’ai pourtant connu cette sensation par le passé. Je me rappelle de quelque chose de très fort. Un sentiment d’impuissance inégalable. Rangez l’alcool, les drogues douces ou dures, le bonheur vous emmène au 7ème ciel, et sans risque pour la santé. Surtout, le bonheur est bel est bien un sentiment durable. Ce n’est pas le plaisir de l’instant, la joie passagère.

 

Le plaisir n’est pas durable. Et trop de gens l'oublie. J’achète un nouveau T-Shirt. Je me fais donc « plaisir ». Quelques semaines plus tard, ce T-Shirt ne me procure plus ce « plaisir ». Le plaisir est fugitif. Il se plait à nous rencontrer et à disparaître. Un film est un plaisir. Un repas est un plaisir. Un baiser est un plaisir. Le bonheur est-il une succession de plaisir ? Je réponds non. Le bonheur est tellement plus fort qu'une succession de plaisir. C’est un sentiment qui vous fait répondre OUI, sans hésitation, à la grande question de la vie : « es-tu heureux ? ». Des multitudes de plaisir ne vous amène pas forcément au bonheur. Il s’est fait plaisir ≠ Il est heureux. Malheureusement, j'ai l'impression que notre société nous pousse toujours un peu plus au plaisir, à la consommation de biens matériels qui nous procure un plaisir de l'instant, tout en oubliant de se poser les bonnes questions pour trouver le bonheur.

 

Retrouver le bonheur. Je suis dans cette optique depuis qu'il m'a quitté. Et pour cause, je suis accro. Et depuis quelques mois, j'ai un sentiment de manque que j'essaie de combler. De la bonne façon ? Pas forcément, puisque j'ai l'impression que mes derniers mois auront été une succession de plaisir facile, sans entrer véritablement dans ma définition du bonheur.

Ainsi le voyage en Espagne aura été un mois de plaisir. J’ai apprécié chaque instant. Mais à mon retour en France ce plaisir espagnol a logiquement disparu très vite. Le Tour du Monde sera, et je l’espère, un an, ou plus, de plaisir. Mais est-ce que ce sera du bonheur ? Est-ce qu’à mon retour je serai heureux ? Je n’en suis pas sûr. Et pour cause, le bonheur est partagé.

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9 mai 2011 1 09 /05 /mai /2011 09:50

Clap Clap

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La vie est une question de choix. Sur cette photo, vous avez une question que je me pose depuis quelques temps déjà. A gauche, mon mémoire de recherche, que je souhaite un jour convertir en thèse. A droite, mon livre de voyage, celui dans lequel je me plais à résumer mes quelques aventures à l’étranger. Ces deux là symbolisent le choix que je m’apprête à faire. A gauche, les dossiers et l’inscription pour une thèse. A droite, partir pour un tour du monde. A gauche, la raison. A droite, la passion.

 

Ceux qui me connaissent le savent depuis quelques mois déjà, le tour du monde est à mon esprit. C’est même LA priorité. Le choix est fait. Mais il reste encore des choix à faire. Le parcours. Quels continents ? Quels pays ? Partir seul ? Ou avec quelqu’un ? Je n’ai pas encore trouvé la bonne personne on dira. Et depuis quelques semaines je me suis fait à l’idée de partir seul. Je m’y suis même préparé un peu en Espagne.

 

L’Espagne justement, une vrai préparation pour le tour du monde, ne serait-ce que pour la langue, enfin découverte. L’Espagne encore, qui m’a démontré que le fait de partir seul t’oblige à aller vers les autres. L’Espagne enfin, qui m’a conforté dans l’idée que ce tour du monde doit se faire vite, très vite, pendant que je suis sans attache, sans travail. Maintenant.

 

Le Tour du monde c’est une question de choix. Ne serait-ce que pour la question des sponsors. Est-ce que je veux des sponsors ? D’un côté, l’argument financier, implacable. De l’autre, la fin de ma complète liberté. Les sponsors ne vont-ils pas dénaturer le projet ? Il m’oblige à avoir un thème, auquel je me suis fait. Les sponsors m’inquiètent avec leur demande, leur obligation. J’ai peur de devenir une marque ambulante, une publicité grandeur nature. Cependant la raison me dit « Money, money, money… ».

 

Alors il me reste encore la possibilité d’un autofinancement. Arriver en Océanie. Travailler sur place. Rester si affinité. Ou repartir à l’assaut de l’Amérique du Sud. Le problème des sponsors est qu’il m’oblige à ne pas m’arrêter quelque part. Oui, c’est vrai, depuis quelques semaines je m’interroge sur mon avenir, et même sur mon avenir en France. Ce tour du monde, c’est l’occasion de voir si l’herbe est un peu plus verte ailleurs. Et si elle l’est, alors pourquoi revenir ?

 

La vie est une question de choix.

 

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7 mai 2011 6 07 /05 /mai /2011 11:04

A peine débarqué de l'avion, je n'ai qu'une pensée en tête : rejoindre Londres au plus vite. Sa National Gallery, ses parcs ensoleillés, son Big Ben et ses Erasmus ! Federico, Tay, autant de personnes que je n'ai pas vu depuis deux ans.

 

Seul souci, le MARIAGE !!! Kate, William, la folie. Des dizaines de milliers de touristes se baladent devant Westminster, certains campent là depuis deux jours. Australiens, Américains, Canadiens... Les marchands vendent le mariage comme l'évènement "du siècle", alors que le siècle n'en est qu'à sa onzième année. Une assiette avec les amoureux ? Une tasse, un mug, une photo, un T-Shirt, un masque, des boucles d'oreilles... Imagine manger pendant dix ans ton petit-déjeuner avec le portrait de William et Kate devant toi. Intéressant non ?

Suis-je trop Français pour comprendre ? Suis-je trop républicain pour accepter la chose ? Car non, non et non ce mariage n'est pas une bonne chose. Non, ce mariage devrait être "has been".

 

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Roi, reine. Coût annuel pour les citoyens britanniques : 9,5 millions d'euros, pour couvrir les dépenses liées à sa fonction. Coût du mariage : selon le Daily Telegraph, 12 millions d'euros. Pour l'Expansion, la sécurité de la famille royale et des invités a coûté près de 80 millions d'euros. Et pendant ce temps là, le gouvernement britannique coupe dans les budgets de la santé, de l'éducation et des dépenses sociales. Les jeunes ont manifesté contre un risque de triplement des frais d'université. Où est l'équité ? Où est la justice sociale ?

 

Ah mais oui, elle est là, Kate est une roturière. C'est la victoire du peuple ! Kate, la roturière, qui a effectué son parcours scolaire au Marlborough College, où l'année coûte 34 000€... Une roturière donc.

 

Pire, Elizabeth règne sur 15 autres pays ! Antigua-et-Barbuda, Bahamas, Barbades, Belize, Grenade, Jamaïque, Nouvelle-Zélande, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Saint-Christophe-et-Niévès, Sainte-Lucie, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, Salomon, Tuvalu... et l'Australie... et le Canada ! Rien que ça !

Ainsi, pour devenir citoyen du Canada, vous devez prêter serment à la reine Elizabeth II : "Je jure que je serai fidèle et porterai sincère allégeance à Sa Majesté le reine Elizabeth II, reine du Canada, à ses héritiers et successeurs..."

Cela signifie que vous devez prêter allégance à la reine certes, mais également à n'importe quel de ses descendants, peu importe ses nombreux défauts. Bilan vous pouvez vous retrouver avec Edouard VIII, un peu nazi sur les bords, Charles Ier le traître, Richard III l'assassin, Henri VIII l'exécuteur de femmes ou George III le malade mental.

Après Elizabeth, pas de souci, ce sera sans doute Charles III, ce conservateur qui voulait se substituer au Tampax de Camilla Parker Bowles...

 

Bref, je ne suis pas fan de la monarchie. Et encore moins de ce mariage ! Les invités ont reçu un guide de 22 pages pour se comporter dans les règles de la bienséance. Petit florilège :

- Les femmes ne doivent pas "en faire trop"

- Les invités marqueront l'entrée et la sortie de la reine dans l'abbaye de Westminster par une révérence

- A table, le verre de champagne doit être tenu par le pied. On soulèvera sa tasse de thé délicatement, sans la soucoupe, en tenant l'anse entre l'index et le pouce.

Mais le pire reste les recommandations faites au personnel des entreprises qui assurent la restauration : "ne pas regarder Kate, la reine, ou n'importe quel autre membre de la famille royale."

 

A quel siècle vivons-nous ? Le 21ème, ôtez moi d'un doute. Et c'est l'une des premières démocraties, le pays qui a inventé la Magna Carta, qui considère que certains de ses citoyens n'ont pas le droit d'en regarder d'autres, peut-être au risque de polluer leur regard. Non, ce mariage est obsolète, dépassé, démodé ou tout autre synonyme. Alors vive la République !

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4 mai 2011 3 04 /05 /mai /2011 14:09

Parler à une fille dans un aéroport. Je ne sais pas d’où m’est venu cette drôle d’habitude. Peut-être du fait que je fréquente beaucoup ces lieux, qu’ils me semblent même parfois familier (une pensée pour London Stansted). Mais pourquoi se lancer ici plutôt qu’ailleurs ? Parce qu’il n’y a rien d’autres à faire ? Non, parce qu’il n’y a rien à perdre.

 

A Valence j’ai vu le sosie de Scarlett Johanson. Je n’ai pas hésité longtemps. Quelques secondes et un sourire plus tard me voici en pleine discussion avec Elizabeth, originaire de Lettonie. Elle est pianiste et ne fait pas ses 33 ans. Et à mon grand étonnement, elle est célibataire.

 

Très vite on s’aperçoit que nous sommes dans le même avion et passons donc l’ensemble du vol à parler de la vie, du sens de celle-ci ou de l’amour. Au moment de se dire au revoir j’ai l’impression que nous sommes dans le même état d’esprit. La tristesse s’empare de nous. On a du mal à se quitter. On s’enlace à deux reprises et cherchons le meilleur moyen pour rester en contact. Tout en sachant au plus profond de nous que c’est les dernières secondes que nous passons ensemble.

 

 

Les voyages ont ce charme mais également ce désavantage du provisoire. Et je prends de plus en plus conscience que chaque personne que je croise dans la rue est une étoile filante. Si je ne l’aborde pas, elle s’en ira et disparaîtra à jamais. 6 milliards d’être humain, une chance sur 6 milliards donc, de se revoir. Contrairement à ma ville d’origine où chaque visage me paraît familier, les voyages permettent un renouvellement complet des individus qui m’entourent.

 

Alors pourquoi hésiter ? Je vois une fille splendide. Allons lui parler. Elle ne veut pas ? Au revoir. Ou plutôt adieu. Une autre. Je discute cinq, dix minutes. La connexion ne se fait pas. Merci et au revoir. Et puis il y a une personne comme Elizabeth, avec qui je vais passer 3 heures.

 

 

Bien sûr, je n’arrive pas encore à appliquer complètement cette façon de penser. Une part de gêne peut-être, ou de timidité. Ou alors est-ce l’habitude ? L’habitude d’être froid envers les personnes que je croise dans la rue. L’habitude de l’ensemble d’une société occidentale que l’on dit civilisé. L’habitude de ne plus regarder, de ne plus aborder l’autre. L’habitude de se taire dans le métro alors que chacun d’entre-nous n’a rien d’autre à faire que de regarder à gauche et à droite.

 

Oui, les transports en commun ont l’avantage d’être « en commun ». Et parfois je me dis que ce serait tellement plus sympa si cette petite communauté prenait le temps d’échanger un peu. Je pense naïvement que la population serait alors plus ouverte d’esprit, qu’elle apprendrait énormément sur l’autre.  Qu’elle sortirait un peu de cette méfiance toujours plus grande envers l’autre, envers l’étranger, envers l’inconnu. Discuter, échanger, parler. Des verbes si simple, du premier groupe, ceux que l’on devraient savoir conjuguer.

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3 mai 2011 2 03 /05 /mai /2011 14:19

Résumer l'Espagne en un article est un travail difficile mais je souhaite m'y atteler depuis quelques jours déjà. Et pour cause, j'ai l'impression qu'un mois dans ce pays m'a permis de comprendre un peu mieux ses habitants, sa culture et ses spécificités.

 

Ce qui restera marqué, c'est cette habitude : la SIESTA ! Et une question que je me pose : comment faire tourner un pays qui s'arrête de 14 à 17h ?

Cela rejoint un sujet économique d'importance pour le pays. Près de 21% de chômage. Un désastre. Et ce n'est pas seulement le cas de l'Espagne puisque les Portugais et les Grecs que j'ai rencontrés témoignaient des mêmes symptômes. Tous étaient clairs : il existe une génération perdue. Celle qui a choisi la voie des études et qui se retrouve sans emploi à la fin de celles-ci. Une seule solution : l'émigration. Et ces pays retrouvent cette mauvaise habitude qui les a déjà handicapés dans les années 60-70.

 

Cela pourrait jouer sur le moral des Espagnols. Mais non. C'était, c'est et ça restera un pays de fête. Les tapas sont une habitude, les bottelons, interdits maintenant dans beaucoup de villes, restent une généralité. Et une Espagnole a témoigné : "L'Europe souhaite nous changer. Nous faire travailler et agir comme les pays du Nord. Ne plus fumer dans les bars, ne plus boire dans la rue. Eliminer la sieste. Mais ça n'est pas nous." L'Union Européenne doit-elle uniformiser les peuples ? Doit-elle supprimer ces spécificités, ces différences ? Et faire perdre ainsi une part de la culture des pays concernés ? J'avoue que ce voyage m'a fait grandement évoluer sur ce sujet.

 

L'Espagne est un pays de football. Bon, le fait qu'il y avait 3 Barcelone-Real Madrid peut avoir joué sur le contexte de ma visite. Mais j'ai également pu observer que 95% des enfants frappent dans un ballon rond, aux 4 coins du pays.

 

Pardonnez Mesdames, mais il nous faut parler des Espagnoles avec mes compatriotes masculins. Brunes, oui. S'habillant de plus en plus comme les Anglaises. Malheureusement. Mode du piercing importante. Je ne suis pas fan. Cependant les filles m'ont paru plutôt jolies dans l'ensemble, mais cela reste en-dessous des... Françaises, ma référence en la matière (de rien Mesdames).

 

 

Résumer l'Espagne en 4 évènements historiques. Oui, et même facilement, tant ça me parait évident.

Tout d'abord, Isabelle la Catholique et Ferdinand d'Aragon, qui achèvent la Reconquista et l'unification du pays.

Ensuite, Christophe Colomb, qui découvre l'Amérique. Cela reste l'apogéee espagnole, quelque chose dont ils sont fiers.

Puis la "guerre d'indépendance", c'est à dire la guerre contre les... Français et contre Napélon. L'un des exemples les plus frappants de l'unité du pays, face à l'envahisseur étranger.

Enfin, la guerre civile et la période franquiste. C'est clairement une blessure dans l'histoire espagnole, quelque chose qui n'est pas encore cicatrisé car trop récent.

 

Cela m'amène à parler de la tradition catholique des Espagnols. Je savais que l'Espagne était un pays plutôt conservateur, mais je n'imaginais pas à quel point la ferveur pouvait s'emparer de ses habitants au cours de la Semana Santa. Les gens pleuraient devant les processions, l'ensemble du pays s'arrêtait et marchait derrière Jésus, derrière Marie.

 

L'immigration en Espagne. On m'avait dit qu'elle était importante, qu'elle avait été encouragée par la politique de Zapatero de régularisation des sans-papiers. Connerie. L'immigration est plutôt faible comparée à la France ou à la Grande-Bretagne, deux pays que je connais bien. Et si elle était forte il y a quelques mois ou quelques années, elle a clairement disparu depuis que les emplois ont fait de même. Je pense d'ailleurs que l'immigration a pris le pas sur l'émigration.

 

Le régionalisme. Catalogne. C'est la région qui m'a le plus marqué, tant ses habitants pratiquent une langue différente. Le football est un terrain de jeu de ce régionalisme, mais il n'est pas le seul. Bien sûr, il y a le pays basque. Mais je pense que c'est surtout une mentalité différente et Bilbao reste une ville où l'on parle le castillan. Cependant, dans chacune des régions que j'ai visitées, on voulait me faire goûter des plats régionaux, et me montrer les originalités de la région. Et je sentais une certaine fierté pour Paloma de venir des Asturies, ou à Granada pour les Andalous.

 

Le paysage. Etonné. J'attendais un sud quasi-désertique, avec peu de végétation. Un pays plutôt plat. Erreur. Pays super-valonné, beaucoup de montagnes, et beaucoup de verdure, notamment dans le Sud. Le seul endroit "quasi-désertique" fut entre... Barcelone et Zaragoza !

 

Deuxième pays touristique du monde (derrière la France, Cocorico !), l'Espagne est un peu plus dépendante encore du tourisme depuis la crise économique (au moins 4% de son PIB, contre 2% à la France). De nombreux projets pharaoniques de constructions d'hôtels de luxe sont à l'arrêt pour le moment, et j'ai même vu un projet de métro et de tramway arrêté à Granada, en attente d'argent frais.

Avril est la période idéale pour visiter l'Espagne, puisque l'ensemble des activités est déjà possible, la météo est bonne, et pas trop chaude, et le nombre de touristes est bien inférieur à juillet-août.

 

L'Espagne est le pays du bus. Moins cher que le train, et souvent plus rapide ! C'est le moyen privilégié par de nombreux Espagnols pour aller d'une ville à une autre, et j'ai également vu beaucoup de touristes.

 

La nourriture espagnole. J'avoue qu'après l'Angleterre, la Finlande ou les Etats-Unis je ne pouvais qu'être satisfait. Mais cela a été plus haut que mes espérances. Le jambon espagnol. L'omelette. Ou encore la glace, extraordinaire (ferrero/chocolat blanc, oh mon Dieu !). Ou les fraises, dans du jus d'oranges pressées (oh mon Dieu !). Un délice culinaire tout au long de mon parcours, et des prix bien plus limités qu'en France !

 

Enfin, la France en Espagne. Attention, prêt à faire un gros cocorico ?

- Peugeot, Renault, Citroen, clairement en tête des ventes espagnoles (attention à Seat quand même !)

- Carrefour, Auchan -Alcampo-, Decathlon, Leroy-Merlin, Kiabi... Les entreprises françaises contrôlent très clairement la distribution dans le pays.

- Dior, Chanel, Louis Vitton, Hermès... Le luxe français est présent partout dans le monde, et donc en Espagne.

- JC Decaux. Lui aussi est partout dans le monde !

- Elf !!! Alors là, ce fut la surprise. Alors que l'entreprise a changé de nom en France pour devenir Total (non non, aucun rapport avec les affaires Elf ou Elf-Aquitaine...), c'est resté Elf en Espagne.

 

En résumé une Espagne où la France est solidement implanté, bien plus que ses voisins allemands ou britanniques.

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Je suis tombé amoureux de l'Espagne. On m'avait déjà fait beaucoup de pub pour ce pays et j'avais peur d'être déçu. Au contraire, l'Espagne est entré dans mon top 3 des pays, et si la situation économique y était un peu meilleur, je pourrais même m'y installer !

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2 mai 2011 1 02 /05 /mai /2011 15:12

Le dernier jour, le dernier trajet en bus avec Alsa, la dernière ville, la dernière rencontre Couchsurfing. Tout a une saveur légérement différente aux semaines qui ont précédé. Eva, une Espagnole, m'accueille dans l'appartement familial. C'est sa première fois.

D'entrée elle me prend par les sentiments en me proposant une paëlla. J'accepte pour ne pas décevoir mon hôte, oubliant par la même occasion que j'ai déjeuné dans le bus, et je me régale !

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Je ne sais pas pourquoi mais je n'attendais pas grand chose de Valence. Blasé ? Peut-être, mais ça m'a permis d'être agréablement surpris par une ville plutôt verte. J'ai notamment adoré la cathédrale à l'architecture...euh... différente. Comme souvent, j'ai voulu surplomber la ville, en empruntant les 400 marche du Micalet. Un effort qui vaut la peine d'être fait !

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Valence, c'est également la ville qui a accueilli en 2002 et 2007 les finales de la coupe d'America. Un coup de pouce économique très important pour la ville et notamment le quartier du port. S'en suit une promenade le long de la mer, pour revoir une dernière fois la Méditerranée avant... bah avant pas mal de temps !

 

Très clairement je n'ai pas envie de sortir. Mais il y a Real Madrid-Barcelone et c'est un troisième épisode que j'apprécis ! (un peu plus que le second) Après un repas au saveur panaméenne (je rencontre ici mes premiers panaméens !), soirée en ville.

 

La discrimination anti-mec. Pour entrer en boîte, tarif mec : 5€. Tarif fille : gratuit. J'enrage. Et je motive les autres à me suivre dans un bar équitable ! Pourquoi les mecs devraient-ils payer plus ?

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A noter que mon départ n'est pas dénué de sens épique. Avion à 11h30. J'oublie de me réveiller. A croire que je ne voulais pas partir d'Espagne ! 9h30, Eva frappe à ma porte. Elle n'a pas osé avant mais elle pense que ça va commencer à être juste pour l'avion. La douche on oublie, le petit-dej' en mode rafale et c'est parti pour une course contre la montre. Heureusement, la chance me sourit et je peux revoir mon Angleterre.

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