14 avril 2011 4 14 /04 /avril /2011 14:58

Une fille de Blendecques dans mon bus ! La probabilité était faible ! Né en 1991, elle est passée par Ribot et considère Monsieur Carlier comme son maître. Quelqu'un de bien donc, qui part effectuer son stage du côté d'Oviedo. Oui, je vous embête toujours avec mon bus mais j'y passe un peu de temps !

 

La ville est imposante. A part cela ? Hum, que dire ? C'était bien mais pas extraordinaire. Une cathédrale, le vieux centre-ville... mais pas la chose en plus. Après un picnic en mode tour d'Europe (pain tomate, pain bananes, fraises), je pars pour Avilès. Avi quoi ? Avilès, c'est là que se trouve Paloma, une amie Erasmus !

 

L'espagne est dans l'ensemble un pays catholique plutôt conservateur. La famille de Paloma en est un exemple parfait. Dès notre première conversation ils me présentent le programme de la semaine sainte d'Avilès. Le fils sera dans l'orchestre, la fille est à l'origine de la création d'une procession et le père effectue l'une d'entres-elles, la plus importante. Ils ont déjà fait le pélerinage à Saint-Jacques de Compostelle, visité plusieurs fois Lourdes... Je cache donc mes préservatifs ^^

P1120206.JPGJe visite la ville mardi matin. Contrairement à Oviedo, je considère Avilès charmante. Beaucoup de petites ruelles, des petits vieux assis sur les bancs, qui parlent du temps qui fait, ou qui passe. On entre dans la principale église et là, un miracle. L'Aria de Bach résonne sur l'orgue. Je m'élève au paradis cinq minutes.

Paloma m'expose également une belle tradition : une fois par an, les habitants de la ville mangent ensemble, dans les rues du centre. L'année dernière, ils étaient... 17 000 ! Une table qui continue sur des kilomètres ! Inimaginable !

 

Raquel nous rejoint ensuite. Erasmus, back in the future. On s'offre un restaurant pour l'occasion. Je teste notamment une fabada, spécialité locale. Je reste impressionné par les prix : entrée, plat, dessert, boisson, 8€. Mais surtout quelle vitesse ! 25 secondes d'attente entre l'entrée et le plat, 15 entre le plat et le dessert, chronomètre en main ! Mc Do = escargot.

P1120225.JPGChangement totale avec Gijón et Carolina, rencontrée sur Couchsurfing. On passe l'après-midi ensemble, comme cela se fait souvent grâce au site. Pas besoin d'héberger ou d'être hébergé, certains sont simplement là pour rencontrer du monde de temps à autre. Dès le début, je suis sous le charme. Jolie certes, mais surtout très drôle, active, loquace. Elle me fait découvrir les toilettes de King Kong (une statue.... oui bizarre !), la baie de Gijón, son parc...

On parle de tout et de rien, de ses ex, de mes voyages, de ses expériences Couchsurfing. Ce n'est qu'à la fin de ma visite qu'elle me dit qu'elle préfère les filles, et que c'est écrit sur son profil... ! J'ai pas tout lu ! De ce fait, je me repasse toutes ces histoires pour effacer la tête des garcons que j'avais imaginés et les remplacer par des filles ! Surprise ! Mais du coup je peux l'enlacer longuement lors de mon départ, sans crainte qu'elle ne s'agrippe à ma modeste personne !

Je me suis surpris à avoir plus d'interraction avec cette demoiselle qu'avec mes deux Erasmus du matin, c'est ca aussi le charme de la rencontre.

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Enfin, il faut que je vous montre une vidéo des barmans de la région quand ils servent du cidre ! Elle va venir et vaut le coup d'oeil, croyez-moi !

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6 avril 2011 3 06 /04 /avril /2011 18:00

En Espagne, le bus est ton ami. Réseau ultra-développé, prix mesuré, confort assuré. C'est également un bon moyen pour observer le pays à vitesse limité. La route entre Bilbao et Santander longe l'Océan Atlantique. Plages, baies, criques, tout y passe. De l'autre côté de la route, ce n'est que théâtre de verdure et collines vallonnées.

 

A Santander je dois dormir chez Ana, qui m'a dit oui sur Couchsurfing il y a une semaine. Petit problème, je n'ai pas de nouvelles depuis. A la station de bus, pas d'Ana. Le doute s'installe. Je vais au cybercafé (ouf, ca existe encore !) afin de trouver une solution. Ana ne s'est pas connectée de la semaine. Hum, quelle est cette odeur ? Un lapin ?! De ce fait, j'envoie une petite dizaine de SOS à la communauté couchsurfing de Santander, autant de bouteilles jetées à la mer, et j'espère qu'on pourra y lire SOS écrit avec mon air...

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Balavoine trotte dans ma tête le temps de la découverte de la ville. Immenses baies, plages, villas. Santander a un air de station balnéaire normande, plutôt richarde. Mon téléphone vibre, numéro espagnol. Louise, francaise, vient à ma rescousse. En plus de m'héberger, elle me guide dans la ville. On passe notamment par l'une des résidences estivales du roi, avec ses pinguins et ses phoques. Une question me vient à l'esprit : pourquoi ne suis-je pas roi ? Il a une vie facile. C'était quoi les études à faire ?

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18h30, on déjeune. Là je suis plus espagnol qu'un espagnol. Louise est vraiment sympa. En école d'ingénieure, elle effectue sa dernière année ici pour obtenir le double diplôme. Chose assez rare, elle a trois frères, tout 3 ingénieurs. Ce n'est donc pas une surprise si je vous dit que ses deux parents sont... ingénieurs. Bourdieu et son déterminisme social serait fier !

 

Soirée avec 3 espagnols, des mecs, plutôt caricaturaux du style espagnol. J'ai parfois l'impression que c'est le Rodrigue du Cid que j'ai en face de moi. Je suis notamment une conversation forte intéressante entre un défenseur de Facebook et un opposant. Avantages, inconvénients, bon et mauvais côté, pourquoi et pourquoi pas, tout y passe. Je participe un peu et comprend beaucoup. Je n'en souhaitais pas plus.

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Fan de Patrick Dewaere et de Docteur Strangelove de Kubrick, Louise est grandement entrée dans mon estime. Ma nuit et le petit-déjeuner y ont également contribué. Je la remercie à nouveau pour ce sauvetage !

 

Surprenant Santander ! Alors que je souhaite prendre mon bus pour aller vers l'Ouest, POLICE ! Encore ! J'ai l'impression qu'à chaque voyage je me fais contrôler. Ai-je une tête de délinquant ? Aujourd'hui, on me rassure en expliquant que c'est un contrôle de routine. On n'a pas la même notion de routine : prise de mon nom et de ma date de naissance. Qu'est-ce que je fais ? Où je vais ? "Là où la vie me mène, là où mes pieds me traînent..." 

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5 avril 2011 2 05 /04 /avril /2011 20:15

Janire. Quand j'ai débuté mon Erasmus, j'avais un objectif précis : apprendre l'anglais. Pour cela il fallait éviter les francais et viser des personnes ayant un niveau équivalent au mien, à savoir peu élevé. L'espagnole était donc une cible prioritaire ! Je me suis très vite attaché à un groupe de trois filles : Paloma, Raquel et Janire. Cette dernière sera ma seconde guide dans le pays basque.

Elle me rejoint devant le Guggenheim alors que j'avais à peine entamé ma sieste. Après 3 roulades dans l'herbe, on se décide à discuter de nos vies respectives, de mon expérience New Yorkaise à son prochain départ pour Chicago.

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Je vais reprendre mon sac, mes vêtements propres et dire au revoir à "mama" Alicia, qui a très bien (trop !) prit soin de moi pendant 3 jours. J'ai l'impression de revivre mon Erasmus aujourd'hui. La scène du départ, renouvellée sans cesse. Et les retrouvailles le soir même avec Ander et Carlotta. C'était des amis "du couple déchu" dira-t-on. Avec eux, on se tient informé des derniers ragots Erasmus et on avale, à un rythme impressionnant, les pinchos, que je n'ai pas le droit de payer.

C'est un peu une rengaine maintenant. Quand je suis chez un erasmus j'ai l'impression d'être impoli quand je veux payer quelque chose... Restons poli !

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Seul, avec Janire, et sa famille. Monsieur parle anglais, pas Madame. Sa soeur est plutôt timide, avec un look très espagnole : grande blonde aux yeux clairs ! Le jour et la nuit quand je les observe. Mes cours d'espagnol continuent donc tout au long de mon séjour.

 

Vendredi matin je me fais une randonnée de 4 heures en solo, dans les montagnes du pays basque, avec pour seule compagnon de route ma boussole. Je remonte aux origines d'une rivière, je me perds dans la forêt. Into the Wild. 3 heures sans voir une seule présence humaine ! Changement complet de décor avec Bilbao !

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L'après-midi, Nundaca, petite plage paisible à quelques kilomètres de la maison familiale. Montagne, mer, culture regionaliste, un air de corse je vous dit !

Samedi c'est Guernica. Ce nom résonne à ton esprit comme au mien. Picasso, le bombardement par l'armée allemande, la présence italienne, le tout en pleine guerre civile espagnole. La ville est martyre. Son musée est d'un intérêt infini. L'historien apprend et apprécie énormément. La salle du bombardement, où je revis le bruit de celui-ci, impressionne. Janire a plus peur qu'autres choses. Je la rassure en disant que les Allemands sont partis.

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Nous nous rendons également près d'un vieil arbre, autour duquel se réunissent toujours les membres d'une assemblée du pays basque. Janire m'expose cela avec une certaine passion, elle qui parle aisément cette langue difficile aux origines incertaines. Son copain, Aitor, a plus de difficulté. On le rejoint l'après-midi sur les plages qui bordent Bilbao.

 

Janire est sans aucun doute quelqu'un que j'apprécie plus que le normale. La quitter dimanche matin m'attriste beaucoup. Mais à un charme succède un autre : je reprends la route. 

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2 avril 2011 6 02 /04 /avril /2011 22:28

Oui, ce titre fait un peu pub pour du fromage basque, plutôt renommé par ailleurs. Mais l'une de mes missions les plus difficile reste de trouver un titre informatif, suffisament accrocheur pour vous amener à lire l'article. J'avais bien pensé à "Les Basques, nos Corses à nous" mais j'ai toujours peur qu'un corse sache où j'habite. Il y avait également sur ma liste "Montagne, mer, sable fin et soleil, bienvenue chez les basques" mais ca risquait d'en énerver plus d'un, surtout chez les ch'tis.

 

4 heures. C'est le temps qu'il faut pour relier Zaragoza, capitale de l'Aragon, et Bilbao, capitale du "pays basque". Oui, j'utilise les guillemets car le terme "pays" est sujet à contreverse dans le coin. Dès mon entrée en ville, je peux clairement analyser la topographie. Deux montagnes, une vallée, une rivière (Niervón) et voici Bilbao. Je débarque à San Mamès, que les fans de football connaissent également sous le surnom de cathédrale.

Une station de bus, Alicia, moi. Que d'émotion ! Pour ceux qui l'ignorent, nous avons habiter un an ensemble, à Canterbury, made in Erasmus. Autant dire que j'arrive en terrain conquis !

 

Après les nouvelles du front, nous prenons le flan du montagne à mains nues. Vue sur Bilbao. Sympa. Le ciel est nuageux, la ville est parfois dans le style années 70 mais quelques endroits ressortent, dont le Guggenheim. La vue des grands espaces réveillent notre côté artistique, duo fantastique, Alicia à la guitare et moi à l'harmonica. Certes, je n'ai pas le rythme, les notes, le talent... enfin tout pour résumé, mais Alicia commence à bien toucher comme on dit dans le jargon (ou pas).

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Mardi, journée plage. Oui, pour un 30 mars c'est du bon programme. Bakio et San Juan de Gaztelugatxe (oui, c'est du basque). Arrivé là-bas, je comprends un peu la mentalité du coin. On pose une question simple : "où est l'église ?" Réponse : "vous êtes d'où ?" Euh, c'était pas la réponse escomptée. Alicia est de Logreño, juste au sud du pays basque. Apparement, c'est une bonne réponse puisqu'on obtient la direction de l'église. Une heure et demi de marche pour l'atteindre, sous un soleil de plomb. De là, vue sur Bakio et sur l'Océan Atlantique. 3 jours auparavant, c'était la Méditerranée... les choses vont vite ici ! Petit pic-nic et sieste sur le toît d'un batiment annexe à l'église (ce qui est par ailleurs dangereux, niveau solidité et niveau coup de soleil).

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Les cloches nous réveillent. Tiens il y a quelqu'un. Oui, détail important, si tu en as envie, tu peux aller sonner les cloches de l'église. 2 anglais et une espagnole, qui nous proposent leur voiture pour repartir. Bien sûr ! La conversation s'engage et on décide de faire un bout de chemin ensemble, jusqu'à une autre plage. L'autochtone est assez étonnante, l'une de ses premières questions étant : "est-ce que vous avez déjà prit de la drogue ?" Euh, pas aujourd'hui ! 

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Alicia vit dans le même genre d'appartement que dans le Kent. Avec parfois les mêmes détails : état de la cuisine, odeur dans le couloir... et 4 collocataires. Une vie d'Erasmus en quelque sorte.

Mercredi, grosse journée. Tout d'abord la visite de Bilbao, notamment son vieux centre ville, très agréable. Puis le quartier qui acceuille les immigrés. Tiens, bizarre, l'état des résidences est différent. Et que de police !

La soirée. Imaginez que j'ai devant-moi 7 espagnols, dont 6 ne parlent pas anglais/francais. Au menu, salade, épinard, gratin de poireau. Mon coeur balance ! On sent déjà la bonne soirée ! Plus sérieusement, ce fut le plus dur exercice d'apprentissage de la langue depuis le départ, mais c'est formateur. Je me sentais dans la même situation que mon premier repas à Canterbury !

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Jeudi matin, je finis avec Alicia et le Guggenheim ! Si je connais quelque chose à Bilbao, c'est le Guggenheim ! Une matinée d'art contemporain, avec notamment l'exposition "chaos et classicisme" qui était auparavant au... Guggenheim de New York. Le monde est petit finalement...

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30 mars 2011 3 30 /03 /mars /2011 15:18

C'est en bus que se fait le début de ma traversée de l'Espagne, d'est en ouest. Je quitte donc la Méditerranée pour aller à Zaragoza, 17€ au lieu des 75€ du train, 3h30 de voyage au lieu d'une heure. Mais ca me laisse le temps de vous écrire ces quelques lignes, en jetant parfois un léger coup d'oeil au paysage. L'Espagne semble parfois désertique : des pierres, du sable, le soleil. Peu de culture. Concernant la culture cinématographique, c'est Twilight 2 sur les écrans du bus. Passons.

 

Maria, Maria, sans Carlos Santana, mais avec Ricardo, son "special friend" comme on dit en Erasmus, viennent me chercher à la station.

 

Couchsurfing a un charme particulier, c'est le moment de la rencontre. On se demande toujours si la personne va vraiment venir. Puis c'est la peur d'une personnalité difficile, en retrait, taciturne, voir même fermée. Certes, une inscription sur couchsurfing témoigne d'une certaine ouverture d'esprit et d'une envie d'aller vers l'autre. Mais le doute subsiste.

Après deux minutes, tu peux déjà savoir si la personne te correspond et, par la même occasion, si ton séjour sera agréable. Pour Maria, je savais déjà que Zaragoza serait une bonne étape.

 

Dès le départ nous avons visité le Nord de la ville pour se rendre à l'appartement familial. Ricardo me montre notamment les télésièges, inactifs toute l'année. Ils sont là pour donner envie à la population d'aller faire du ski dans les stations du nord du pays. Drôle de vision en plein centre-ville.

Puis c'est le parc de l'exposition nationale qu'à accueilli la ville il y a trois ans. En résumé, de nombreux bâtiments, tous plus jolis et plus travaillés les uns que les autres, très grands, bourrés de détails architecturaux et.... inoccupés. C'est malheureusement souvent le cas. Pour les J.O, pour la Coupe du Monde, on se demande que faire des installations. C'est la même pour les grandes expositions. Des touristes en grand nombre sur une courte période, ca semble bon pour l'économie. Puis un gouffre financier sur le long terme.

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Maria habite avec sa mère et Rocky, son chien. Je ne suis pas inquiet pour la bête mais un peu intimidé pour la maman, avec qui je dois bredouiller un ersatz d'espagnol. Nos discussions seront de ce fait limitées.

Après la douche, direction le centre-ville pour.. faire la fête ! Tout d'abord, bars à tapas avec des amis "du couple". Carlos retient mon attention. Pas le chanteur, mais un garcon dont j'ai l'impression que tout le monde sait qu'il est gay, sauf lui. Bière, bière, bière et jus d'ananas. Le serveur ne trouve pas sur sa machine. Pas de souci pour les bières pourtant...

Je mange local, et je mange bien : petits sandwichs, chorizo, jamón... et je rigole. Comme rarement. Ces personnes sont géniales. La soirée se termine à 7 heures. Je reviens détruit mais heureux. Zaragoza est une ville de fêtard comme jamais j'en avais vu jusqu'ici. Une sorte de rue de la soif sur plusieurs kilomètres carrés. Impressionnant. Et j'ai eu le droit à ma première conversation en espagnol en tête à tête avec une autochtone. Du basique bien sûr mais j'en étais pas peu fier !

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14 heures est une belle heure pour se réveiller. Après un repas frugal et un cours d'espagnol en famille, à l'attaque de la ville. Maria avait l'air un peu blasé par Zaragoza. A l'écouter, ce n'était pas trés joli. Du coup je m'attends à rien d'extraordinaire. On traverse l'Ebre et Bim ! La basilique ! A côté, Notre-Dame-de-Paris a été construit par des bouchers. Magnifique, un joyau baroque ! Enorme d'extérieure, somptueusement travaillée et décorée à l'intérieure. Un édifice qui se paye le luxe d´héberger deux tableaux et une peinture murale de Goya. Je me perds dans les nombreux détails des plafonds. Rien que pour elle, je serais venu dans la ville.

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Mais il n'y a pas que ca. Tout le forum de la basilique est une succession de bâtiments qui valent le coup d'oeil. Plus on avance et plus je tombe sous le charme. Les églises sont nombreuses et variées, elles ont toutes quelque chose de plus d'une église ordinaire : mosaïque, architecture, sculpture... Zaragoza était une ville romaine : forum et théâtre. Nous finissons dans le parc. 3 heures de marche, 2 bars pour récupérer.

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A la gare, je vais acheter mon ticket pour Bilbao. En sortant, Maria ouvre une portière, mais elle s'est trompée de voiture. Une demoiselle la fixe, l'air inquiet. Fou rire. Cette ville était géniale. Mais si j'ai aimé à ce point Zaragoza, c'est grâce à elle et aux gens qui l'entourent. Cela me renforce dans l'idée qu'un voyage doit être partagé, qu'une ville doit être découverte avec quelqu'un à ses côtés. Qu'il soit Erasmus ou CouchSurfer.

 

Ce matin, je pars heureux et triste à la fois. Couchsurfing a un charme particulier, c'est le moment du départ. En quelques minutes, em quelques mots, on doit exprimer toute sa gratitude. Et quand les mots ne viennent pas, il suffit d'ouvrir les bras. "Gracias Maria".

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28 mars 2011 1 28 /03 /mars /2011 15:56

Entre appréhension et excitation. Barcelone est l'une des dernières villes européennes que j'attends avec impatience. La Sagrada Familia ou le Nou Camp résonnent dans mon esprit. D'un autre côté, je ne suis pas fan des grandes villes et j'ai un peu peur que la déception l'emporte.

 

Le train entre Girona et Barcelone coûte 7€. Cristina, qui m'accompagne jusqu'à la station, me conseille de ne pas payer puisqu'il n'y a pas de contrôleur. Et comme j'écoute toujours les conseils de l'autochtone, je me résolue donc de voyager au frais de la princesse, ou plutôt dans le cas présent, du roi.

 

P1110699Que faire à Barcelone en l'espace d'une journée et demi ? Le programme est chargé. Je m'attaque tout d'abord au centre ville, souvent piéton. J'apprécie vite l'architecture, aux normes humaines. Pas de grands immeubles un peu partout. Un centre sans voiture, des ruelles étroites, une cathédrale, et une ville qui semble calme. Puis direction la Sagrada Familia, l'oeuvre inachevée la plus connue au monde. Symbole de Barcelone, symbole de la démesure de Gaudi, elle impressionne. Le grand amateur d'édifices religieux que je suis savoure comme rarement. La visite intérieure est un peu chère et l'attente me rebute.

 

Où je dors ? Question très intéressante, mais je n'ai pas la réponse. Barcelone est la ville d'Espagne qui compte le plus d'inscrits sur Couchsurfing. Et pas un seul n'a répondu positivement. Très sollicités, les Barcelonais ont souvent tardé à répondre, quand ils ont répondu. Je fais ma visite en solo et décide d'arboder une pancarte :

"Host me, I'm French*   

*and good cooker"

Ce fut un total désartre pour mon projet initial mais un grand succès pour voir les gens me sourirent. En quelques minutes, j'ai l'impression que l'ensemble de la population est heureuse de me voir !

 

Bref, moi, ma pancarte, et ma boussole (appelée à devenir une très bonne copine), nous nous dirigeons vers les jardins de la citadelle, en plein centre-ville. Une sieste sous les orangers, petite carte postale assez idyllique. Verdure et Méditerrannée. Le port de Barcelone, les plages de Barcelonette, le soleil.... mais je suis en vacance !

 

Barcelone est une ville très touristique, trop peut-être. J'entends du francais, de l'anglais, du catalan... mais il faut se battre pour pratiquer l'espagnol. Sur la rambla, principale artère piétonne, je réfléchis. Et si je cherchais un hôtel. 21 heures. Serein.

Je trouve à 11€, petit-déjeuner compris. Bon, c'était le dernier lit dans la ville à ce prix là, ensuite on doublait le prix ! Un peu de chance qui compense l'absence d'une Erasmus qui me dit qu'elle n'a pas le temps ce week-end, pourquoi pas la semaine prochaine ? Mais parce que c'est un tour d'Espagne !

 

Je ne sors pas. D'un, seul, c'est beaucoup moins drôle. De 2, le programme de demain est chargé. De 3, le programme des soirées est chargé le reste de la semaine. Une prochaine fois. Car oui, Barcelone, on se reverra.

Dès le premier jour j'ai eu une opinion positive de cette grande ville. On peut ressentir quelque chose de spéciale, quelque chose que je qualifie d'âme. Catalane et fière de l'être. Toujours prête à faire la fête. Quelque chose que je n'ai pas ressenti à New York, Paris ou Londres. Des villes internationales où le centre est élitiste, cher, sans réel habitant. Des villes que j'ai ressenti comme égoïste et carriériste. Ici c'est différent. Le centre ville est toujours habité par la population, riche ou pauvre. Les bars laissent entrer tout le monde, pas de prix démesuré. Les Barcelonais ont le temps, je les ai même vu sourire dans le métro ! C'est con à dire, mais ca vous change le regard sur cette ville.

 

Après une petite nuit désagréable (j'étais toujours persuadé que j'avais manqué mon réveil. Du coup, réveil en sursaut nombreux, comme si le lapin d'Alice s'était fait l'incruste dans mon rêve). Heureusement le petit-déjeuner n'est pas un petit-déjeuner d'auberge de jeunesse traditionnel mais quelque chose de compet'. Chocolat chaud, jus d'orange, céréale, croissant, pain, charcuterie, tout y est. Je prends des réserves pour le reste de la journée.

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Je laisse mon sac ici, à l'assaut du parc de Montjuïc. Coin paradisiaque. 8h, personne n'est là, même dans les rues bondées de la veille. Barcelone a bien 2 heures de décallage. Pas de touriste. Moi et la nature. Champ de cactus originaire de nombreux pays, je m'éclate sur les photos (à venir). Puis la vue sur l'ensemble de la ville. Wow, c'est beau une ville vue d'en haut ! A ne pas manquer.

P1110795Camp Nou, rêve de tout fan de football. Plus qu'un club, une histoire. Le rôle du club pendant la guerre civile, prise d'otage, assassinat du président... Et ce stade... j'entre dans le tunnel, j'emprunte les marches et entre sur la pelouse. 90000 spectateurs crient, chantent. Imaginez la sensation. 1h45 pour 15€50 et des souvenirs pleins la tête. Est-ce que ca valait la peine d'y laisser mon écharpe...?

Enfin, le parc Güell, de Gaudi, infesté de touristes. Si possible, y aller le matin ! Mais ca a de la gueule. Gaudi entre dans mon top 3 architecte.

 

Je pars conquis. Barcelone mériterait même une expérience de vie, juste pour voir si mes impressions seraient confirmées sur le long terme. Barca, Barca, Barca !

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25 mars 2011 5 25 /03 /mars /2011 23:07

Le tour d'Espagne aura donc débuté à Lille, pied de nez à l'histoire puisque la ville a longtemps été sous le joug des armées de Charles Quint.  C'est ici que l'avion s'envole, c'est ici que mon histoire décolle. Après une double sieste aéroport/avion qui compense la manque de sommeil de la nuit précédente, je me réveille au-dessus des Pyrénées que je franchis sans difficulté, et pourtant sans EPO (blague destinée aux amateurs de vélo). Je pose enfin le pied sur la terre d'Espagne, fais quelques pas, un sourire aux lèvres. C'était sans nul doute des petits pas d'homme, mais des grands pas dans mon esprit. Je m'attaque à un pays seul, sans armes linguistiques. Je n'ai avec moi que ce sourire. Sera-t-il suffisant ?

 

Cristina sera la première à m'héberger. Elle n'a jamais fait de Couchsurfing, c'est clairement un profil que je recherche. Souvent les débutants ont peu d'attente et beaucoup de motivation. Elle n'est pas seule, elles sont quatre.

Ceci n'est pas la seule explication à mon sourire. Je vais vivre une nouvelle expérience, dans un nouveau pays, avec une nouvelle langue... enfin, lorsque je pense cela, j'imagine l'espagnol. Je pensais que le catalan était comme le breton ou le corse, une langue que l'on utilise pour impressionner ses amis étrangers ou pour préparer un attentat. Grave erreur ! C'est la langue de tous les jours ! Mais j'ai deux avantages : le catalan est proche du francais et je n'ai pas de base d'espagnol.

 

Suis-je fou ? Combien sont-ils à partir ainsi, dans un pays inconnu, avec la barrière de la langue ? Combien se disent : "je rêve de tout claquer et de partir à l'autre bout du monde" ? Combien vont franchir le pas ? Et puis moi, du jour au lendemain, avec ce billet d'avion en forme de sésame, direction le paradis.

Bien sûr j'ai des craintes. Le bonheur n'existe vraiment que s'il est partagé. Dans mon cas je vais partager ces moments de joie avec la communauté Couchsurfing ou Erasmus, deux sectes tellement géniales qu'on fait tout pour y entrer.

 

Avec les nouveaux membres de la secte que je compte bien convertir, nous prenons donc la route de l'appartement, plutôt grand, où les filles me préparent une omelette espagnole, avec des pommes de terre. Je leur évoque ma recette de l'omelette au sang. Leur regard est inquiet. En tant que grand gourou j'entraîne la conversation vers mes histoires de stop, d'Erasmus ou de tour d'Europe, elles semblent rassurées. Bientôt converties. Elles m'offrent déjà leur lit. Un lit de fille, avec les 36 peluches qui l'accompagnent...

Les filles sont des grands enfants. Elles tentent de croire à un monde enchanté où le destin leur fera rencontrer un beau prince charmant, sur son cheval blanc. L'effet Disney. De ce fait, je ne me montre même plus surpris lorsque je vois un lit d'une fille de 22 ans dominées par une incroyable collection de peluche Disney. C'est une échappatoire, une facon pour elle de garder l'espoir d'une vie enchantée, où les crapaux parlent et où les hommes sont des princes.

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Tel un prince, je savoure mon repas de 14h30. Oui, officiellement il n'y a pas de décallage horaire, mais officieusement c'est + 2 heures, surtout quand on parle nourriture. Je fais l'impasse sur la siesta pour découvrir Girona.

La ville est magnifique. Deux endroits à retenir : les maisons et les ponts sur le fleuve Onyar. Et les remparts de la ville, que l'on peut emprunter sur plusieurs centaines de mètres. Ils surplombent la cité et notamment sa prestigieuse cathédrale. En toile de fond les Pyrénées imposent leur prestance. P1110638.JPGAux abords de la maison du seigneur, le calme d'un coin de verdure ensoleillé m'emporte vers Morphée, pour une siesta méritée.

Dur a été mon réveil. Etait-ce la faute au soleil, disparu de la circulation sans crier garde, et au froid consécutif ? Etait-ce le bruit d'un groupe de collégiens en forme olympique ? Ou le fait de se réveiller seul alors que mes rêves cultivent l'esprit de communauté, ou tout au moins de couple ? Un peu des trois, sans nul doute.

 

Heureusement, la vieille ville et ses rues étroites me ramènent à ma priorité du séjour : apprendre l'espagnol. Première technique, lire tout ce que je peux voir dans la rue. Exercice de compréhension et de prononciation. Je suis parfois surpris des similitudes de Molière et de Cervantès.

 

A mon retour je suis seul avec Irène. Sans être fou d'elle, je ne suis pas insensible à son charme. Plus tard, j'apprends qu'elle préfère les filles. Nous sommes donc concurrents ! Nous regardons Once ensemble avec de manger vers 22 heures. Ensuite soirée ! Un brésilien m'est d'un grand secours. Non pas qu'il parle francais ou que je parle portugais. Au contraire, c'est grâce à son catalan, qu'il articule délicatement. Je me surprends même à comprendre quelques phrases consécutives et à rire à des blagues que j'avais bel et bien compris ! Cependant, ma concentration ne supporte pas vingt secondes d'incompréhension. Je décroche vite.

 

Ce matin, petit-déjeuner avec biscottes beurrées au sucre. Drôle d'idée. Mais elles me seront bien utiles pour voguer dans... Barcelone.

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23 mars 2011 3 23 /03 /mars /2011 12:56

Le Tour d'Europe c'est fait. Et pourtant, quand je regarde mon continent, l’attention se porte sur la péninsule ibérique. Mystérieuse car inconnue. 

 

Tour d'Espagne

 

Un tour d'Espagne. Au contour Erasmussien. Objectif : apprendre la langue de Cervantès. Seul. Qui aime la liberté ne craint pas la solitude. Des Erasmus m'accueillent tout au long de ce parcours. Couchsurfing également. Un retour vers le passé, un pas vers l'avenir. L'Espagne est une transition, une préparation, un brouillon aux allures de chef d'œuvre. Celui-ci se prépare ainsi. L’espagnol doit devenir mien, en l’espace d’un mois. Oui, j’ai de l’ambition.


Jeudi, Aller Lille-Girona : 18€. Ticket et date de retour inconnus. Moyen de transport entre chaque ville : inconnu. Le stop m’appelle, la barrière de la langue me ralentit. Un peu d’improvisation ne fait pas de mal. J’essaierai de vous tenir informé de mon évolution. Un sourire aux lèvres.


Hasta Luego.

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21 mars 2011 1 21 /03 /mars /2011 20:10

 

Et nous y sommes. 3 mois maintenant. La barre des 100 jours sans elle.

Pourtant aujourd’hui j’ai ressenti ce petit mal de ventre que j’ai à chaque reprise lorsque je reçois un de ses messages. Un tas d’insultes me vient à l’esprit contre moi-même et ce mal intérieur. Je pense le combattre de la bonne façon, si bonne façon il y a. Mais je m’étonne souvent de la durée d’un tel mal.

 

Heureusement ils sont là. Famille. Ami(e)s. Ils m’ont sorti, au sens propre et au sens figuré, de mon trou. Pour me replonger dans d’autres. Muahah. Oui, je n’ai pas perdu mon humour, celui qui me permet de sourire quand une situation ne le permet pas. Certains appellent cela de la nonchalance, d’autres du mauvais goût. Mais l’ironie et l’humour noir me permettent de rire de tout, même de ça.

 

Bref, ce n’est pas le sujet. J’étais parti dans l’optique d’une ode à l’amitié, d’un remerciement collectif. Finalement je me dis que vous le savez bien combien je vous suis reconnaissant. Pour m’avoir soutenu dans ces moments qui auraient pu/du être difficile. Pour m’avoir fait penser à un tas d’autres choses mais pas à elle. Et même pour m’écouter et me donner votre opinion sur elle ou sur d’autres.

 

Comme je l’ai dis récemment, en ce moment je parle beaucoup. A tout le monde. Pour ceux qui me connaissent depuis longtemps ce n’était pas mon habitude. Lunatique, taciturne. Pesant chaque mot sortant de ma bouche. Je n’aimais pas parler de moi. Je n’aimais pas exposer mes pensées, à l’oral tout du moins.

 

Or je me suis rendu compte ce week-end que je parlais de tout, à tout le monde. Proches ami(e)s, ils ont l’habitude maintenant. Plus lointain ils s’en étonnent. Certains me font d’ailleurs part de leur exaspération à ce propos. C’est de bonne guère.

 

J’ai de plus en plus l’impression d’être égoïste, notamment par rapport à l’avenir. Jeudi je pars. Sans penser à ceux qui m’ont soutenu et qui auraient pu avoir besoin de moi au cours de ce prochain mois. Au cours de l’été je vais m’envoler. Sans forcément me retourner. Penser à ma gueule. Il paraît que ça fait du bien parfois.

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7 mars 2011 1 07 /03 /mars /2011 17:04

Le bruit des glaçons m'a emmené dans un endroit que j'explore de temps à autre, souvent en solitaire. Un espace vide, avec une étroite sortie qu'on ne voit pas toujours. Pour moi, bien souvent, cette porte de sortie est l'écriture. J'aime l'emprunter. Toutefois, je me laisse de temps à autre patienter ici, avec pour intention d'observer un peu mieux ce qu'est le noir.

 

Broyer du noir. Voir tout en noir. Etre dans le noir. C'est fou ce nombre d'expressions colorées pour désigner un état d'esprit dans lequel je me trouve en ce moment même. La faute à quoi ? Ou plutôt la faute à qui ? Elle, bien sûr. Non pas elle précisément, mais elle, en tant que telle. Un être, à côté de moi. Je ressens tellement cette présence d'une absence, cette absence d'une présence.

 

Cette présence donne envie de se battre, d'aimer la vie, de vouloir construire la sienne (ou plutôt la notre). Cette absence me laisse parfois seul avec une envie de déconstruction. Même le voyage a un goût amer aujourd'hui, du fait de l'imaginer seul. Happiness only real when shared. Je n'ai pas de but, et je marche seul.

 

Je me console souvent avec une présence féminine. De court terme. Je ne veux pas m'exposer. Pas tout de suite en tout cas. Fragile ? Sans aucun doute. Je ne me suis pas écrouler, je ne suis pas tomber mais je continue de vaciller, en m'accrochant à tout ce que je trouve autour de moi, à tous ceux que je trouve à mes côtés. J'agrippe, j'accroche. Je serais même capable de rester sur le dos de quelqu'un, si celui-ci pouvait m'emmener de l'autre côté du monde.

 

Donner un sens à sa vie. Même joueur cherche encore.

 

Le-bruit-des-glacons.jpg

 

LA réplique du film : "Le mal revient toujours, avec ou sans moustache."

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