17 décembre 2009 4 17 /12 /décembre /2009 12:49

Un film d'Henri-Georges Clouzot. Ce nom résonnait à mon esprit, l'année dernière Liz, l'Américaine, m'a fait la pub du réalisateur des Diaboliques. Alors une Américaine qui connait un réalisateur français, ça fait réfléchir ! Le salaire de la peur c'est Yves Montand jeune (oui, c'est arrivé !) et Charles Vanel que je ne connaissais pas. Ils font partis des quatre hommes qui, au péril de leur vie, acceptent de véhiculer un chargement de nitroglycérine sur cinq cents kilomètres de routes défoncées. L'énorme prime de ce quitte ou double périlleux est le seul moyen de quitter le village du Guatemala dans lequel ils ont échoué. En plus d'être un très bon film d'action, c'est une jolie dénonciation de la politique américaine dans le coin, si bien que les Américains ont coupé les 45 premières minutes du film avant d'en faire un remake (Le convoi de la peur).

Et oui, car Amélie n'est pas le seul film a avoir traversé les frontières hexagonales. Le salaire de la peur fut reconnu à plusieurs reprises à l'échelle internationale. Il reçut le BAFTA (César Anglais) du Meilleur film en 1955, l'Ours d'or au Festival de Berlin en 1953, le prix d'Interprétation masculine pour Charles Vanel et le Grand Prix (équivalent de la Palme d'or qui n'était pas encore créée à l'époque) du Festival de Cannes la même année.

Surtout les DIALOGUES et un jeu d'acteur d'anthologie. Du genre, "accroche-le par l'alpague et secoue-le à lui décrocher les intérieurs". D'accord, le début du film est un peu long mais 50 ans après, ça n'a pas pris une ride !
le-salaire-de-la-peur.jpg

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15 décembre 2009 2 15 /12 /décembre /2009 12:46
Bambi.jpgBambi a toujours eu des tendances suicidaires. Cela provient de son enfance, notamment de la mort de sa mère, qui a périt sous les balles d'un être humain. Bambi ne s'en ai réellement jamais remis. Depuis Bambi affiche une grande haine face à la présence humaine. Il faut dire que le coupable de l'acte atroce qui emporta sa mère n'a toujours pas été jugé, ni même inquiété par la police (sans doute une personnalité haute placée protégée par des politiques de Chasse Pêche Nature et Tradition).
De plus Bambi a perdu Pan Pan l'année dernière, emporté par la grippe du lapin qui a ravagé toute sa famille. Bambi est à nouveau tombé en dépression. Et depuis quelques semaines, des rumeurs disaient que l'animal souhaitait mettre fin à ses jours.

Bien sûr, Bambi est une star de cinéma et ne voulait pas disparaître dans l'anonymat. Bambi voulait que ça se sache. Un peu mégalo Bambi. Du coup Bambi a organisé son suicide, qui sera une revanche de la mort de sa mère, une sorte de djihad contre l'être humain.
P1070020.JPGEt comme je suis chanceux, Bambi s'est fait explosé sur ma voiture. Heureusement Bambi était déjà âgé et n'a pas réussi à arrêté mon bolide. Le phare avant gauche a souffert, ma portière ne s'ouvre plus mais mon animal de course coure encore. Les experts ont retrouvé les poils de l'animal encastré dans la carrosserie et se sont demandés comme souvent dans les suicides : "mais pourquoi Bambi a-t-il fait cela ?"

Après Michaël Jackson, un deuxième Bambi s'en ai aller. La tristesse a rempli le coeur qui des fans qui pleureront toujours sa perte. Adieu, Bambi.
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14 décembre 2009 1 14 /12 /décembre /2009 12:42
"Son excellence monsieur l'ambassadeur du Rwanda à Bruxelles vous accueillera vendredi à 14h". Après avoir posé un lapin à monsieur l'ambassadeur en raison de la cérémonie anglaise, je me devais donc d'être présent, quitte à faire un aller-retour Rennes-Bruxelles...

Ambassadeur. Rien que ce mot et je suis fasciné. Alors en rencontrer un, pour de vrai ! J'ai plusieurs amis qui rêvent de travailler dans ce milieu. De mon côté, c'est une piste que je ne met pas de côté, même si contrairement à un certain Lucas D., je n'y pense pas en me rasant le matin.

Auparavant, avec Laura (puisque nous y sommes allés ensemble), nous avons préparer nos questions. Nos professeurs respectifs étaient d'accord sur un point : mettez vos questions dans des termes diplomatiques ! Termes diplomatiques, qu'est-ce ? Nous y allions donc de nos "monsieur l'ambassadeur" par-ci, "son excellence" par-là. De plus, je parle à un Rwandais, plusieurs sujets sont sensibles. Il y a donc une double précaution dans mes futures questions. Surtout ne pas demander l'ethnie de mon sujet ou ce qu'il faisait en 1994 !

 

Nous arrivons donc dans "la maison du Rwanda" à Bruxelles, costume-cravatte obligatoire. Après un première période d'attente en bas de l'édifice, nous grimpons à l'étage pour... une deuxième salle d'attente, composée de fauteuils, canapé et quelques photos du pays. Nous pensons même que l'entrevue se réalisera ici. Dans les faits, Monsieur l'Ambassadeur nous fait avancer dans son bureau, plutôt classe, avec un petit coin salon qui permet de nous asseoir. Paul Kagamé trône sur la pièce et me regarde fixement, accroché sur le mur.
Ma première impression, c'est un homme souriant. Ca semble peu, écrit comme cela, mais ça rassure très vite les deux étudiants. Je lui demande si je peux enregistrer cet entretien. Je ressens un malaise, et après plusieurs tergiversations, j'obtiens un petit oui, suffisant pour que je puisse mettre le magnéto (serge !) sur la table. Laura stresse un peu (beaucoup) et commence par remercier notre interlocuteur. Et puis je débute ma série de questions.
Oublier les "monsieur l'ambassadeur" et "votre excellence", je joue franc-jeu. J'ai plusieurs points que je souhaite aborder, j'improvise mes questions, les formules de politesse sautent dans l'affaire. Peu importe, c'est un homme simple qui me réponds, ancien professeur, très sympa, qui va même jusqu'à nous demander où nous nous sommes rencontrés.

 

Réponses officielles. Ca, il n'y a rien à dire, monsieur l'ambassadeur a de la culture, beaucoup de réparti et répond à mes questions tels des communiqués de presse du secrétaire de Paul Kagamé. J'apprends peu de choses, je ne m'attendais guère à plus. L'entrevue devait durer quelques minutes, 1h15 plus tard, nous ressortons du bureau en compagnie de notre hôte qui nous raccompagne jusque dans les escaliers. Une prochaine entrevue est possible, ce n'est pas un souci, vous êtes les bienvenues ! Merci monsieur l'Ambassadeur ! Mais pourquoi n'a-t-on pas eu le droit à nos Ferrero Rocher ? Erasmus-9491.JPG
Et puis bien sûr comme un bon Erasmus qui se respecte, j'en ai profité pour rencontrer un Canterburyen. Alban, le genre de mec que tout le monde aime en Erasmus, car le premier a organisé une soirée. Avec lui, les soirées Made in Belgique sont devenues une marque déposée et le revoir en plein milieu de la place de Bruxelles, les bras grand ouvert et le sourire sur les lèvres...ça fait quelque chose. Comme toujours, des discussions d'after-Erasmus sur la vie actuelle, sur les évolutions professionnelles, sentimentales avec toujours une place pour se remémorer le passé grandiose. Le vie est belle.
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9 décembre 2009 3 09 /12 /décembre /2009 12:40
Un film mythique, je ne trouve pas d'autres mots : Le Pont de la rivière Kwaï et sa musique inoubliable.


 


6 oscars, meilleur film, meilleur acteur (Alec Guiness, que l'on retrouve non pas dans un verre mais dans Star Wars, Obi-Wan Kenobi), meilleur scénario adapté... et classé 13ème plus grand film de l'histoire par l'American Film Institute. J'ai même ressenti une certaine pression à plusieurs moments du film. L'histoire se déroule en Thaïlande dans un camp de prisonniers britanniques tenu par l'armée japonaise. Ceux-ci ont pour ordre de construire un pont afin qu'un important train puisse traverser la rivière Kwaï.
Ce n'est pas vraiment un film de guerre, plutôt un film dans le contexte de la guerre, surtout un film d'action, d'honneur, de sacrifice. Américain quoi.

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5 décembre 2009 6 05 /12 /décembre /2009 12:38

Oui, j'ai regardé Terminator 2 hier soir. Et ne souriez pas, ne prononcez pas de critique acerbe contre un film que vous n'avez jamais vu. J'avais la même réaction que vous auparavant. Pour moi, Terminator 2, c'était de la sous-culture, à mettre dans le même registre que tous les films de Schwarzenegger ou Van Damme. Quelque chose qui ne pouvait pas m'intéresser puisque je me sentais tellement supérieur à ces choses là.

Oui, un léger sentiment de supériorité a pu apparaître en moi ces dernières années. La faute a des résultats scolaires sans grand travail qui me faisait croire un peu plus intelligent que la moyenne. La faute a plusieurs victoires de Trivial Pursuit. La faute à des voyages qui m'ont fait penser que moi, J.R. je connais plus le monde que vous. Alors ce sentiment m'a poussé à rejeter une certaine culture musicale, cinématographique ou simplement certaines activités de la vie.

Et puis, il y a cette définition d'un érudit : quelqu'un qui sait ce que tout le monde ignore mais qui ignore ce que tout le monde sait. Alors il me faut changer. Alors j'arrête de penser que je suis tellement supérieur, ce qui me permet de savoir ce qui vaut d'être vu, ce qui vaut d'être vécu.

Après la trilogie du Seigneur des Anneaux, voici Terminator 2. Plusieurs fois on m'avait parlé du Seigneur des Anneaux, j'ai Terminator_2.jpg de nombreux amis qui en sont fans, cela m'a bien sûr poussé à faire un effort, surtout lorsque le premier épisode m'a semblé bien long. Au final j'ai fini cette trilogie sans grand enthousiasme mais avec un certain intérêt. Quant à Terminator 2, superproduction de James Cameron, film aux quatres oscars, il bénéficie d'une note de 3.7 sur 4 sur allociné (avec plus de 10 000 votes). Alors je me suis dit que sur un tel échantillon, il devait y avoir des personnes ayant les mêmes goûts cinématographiques que moi qui ont du aimer ce film. Et je ne peux pas dire que j'ai détesté, au contraire,  le temps est passé plutôt vite. Ce n'est pas Lost in Translation mais ça vaut le coup d'être vu. Pour comprendre un peu plus les nombreuses personnes qui en sont fan.

Prochaine étape, Star Wars.

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1 décembre 2009 2 01 /12 /décembre /2009 12:35

Si 57% des votants Suisses votent pour l’interdiction de nouvelle construction de minaret, c’est qu’il y a un problème. Je suis contre les discours qui critiquent la décision de la majorité. La démocratie reste pour moi le meilleur système jamais inventé, et qui marche ! Mais je pense que l’élite qui critique le modèle du référendum a mal joué son rôle. Les politiques et les principaux partis n’ont pas réussi à rassurer leurs électeurs, à expliquer que ce vote négatif serait compris comme une insulte et un pas à arrière. Plutôt que de ne pas aborder le problème, il aurait fallu développer le sujet et montrer que les musulmans suisses sont parmi les mieux intégrés du monde et les moins extrémistes.

 

Malheureusement, les musulmans sont aussi fautifs, ils n’ont pas réussi à faire comprendre à la majorité des Suisses que la construction de minaret n’était pas une tentative d’invasion mais une évolution intol-rance.jpg architecturale. Ils ne sont pas allés assez sur le terrain pour améliorer un peu plus leurs images, pour échanger, discuter et dissiper les peurs. Mais si 57% des votants ont voté contre les minarets, c’est que les Suisses n’ont pas une très bonne image des mosquées, voir de l’Islam et des musulmans en général.

 

Oui, ce vote pu le racisme à plein nez. Pour s’en convaincre, il suffit de lire les commentaires sur les sites d’informations (je ne parle pas des sites d’extrême-droite mais bien du Monde ou Rue89). Stigmatisation des musulmans dans leurs ensembles, peu de distinction entre musulmans modérés et jihadistes , j’ai même vu plusieurs comparaisons entre les musulmans suisses et le fait que les chrétiens ont peu de droit en Arabie Saoudite. Quel est le lien me diriez-vous ? C’est comme si les chrétiens français étaient assimilés aux Mormons.

 

Ce vote, c’est un beau carton jaune lancé à beaucoup de gouvernements qui jouent sur les peurs et sur l’insécurité en désignant parfois une minorité. C’est un carton jaune adressé à des hommes qui mélangent parfois l’insécurité et l’immigration. Mais je crains que ce carton jaune ne suffise pas à calmer les joueurs. Quand je vois Xavier Bertrand s’exclamait qu’ « il n’est pas certain que l’on ait forcément besoin de minarets en France », j’ai peur. Et quand Marine Le Pen réclame l'organisation d'un "référendum sur le communautarisme" j’ai très peur.

 

Alors que nos amis politiques arrêtent un peu leurs droitisations des discours, et qu’ils se concentrent sur leur boulot. Qu’ils encouragent la diversité, les rencontres, l’intégration et surtout l’éducation. Car son aboutissement est la tolérance. Qu’ils développent les échanges scolaires, les valorisent car le voyage apprend la tolérance (Disraéli). Et oui, l’intolérance monte en moi, je commence à avoir beaucoup de mal à supporter les intolérants !

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30 novembre 2009 1 30 /11 /novembre /2009 11:56

Ovide est essentiellement connu de nos jours pour ses métamorphoses, qu'une majorité de littéraire a du lire au cours du cursus. Mais lorsque j'ai vu le titre de cette œuvre je ne pouvais qu'être tenté : l'Art d'aimer.

 

Ce livre est parue autour de l’an 1, c’est pour vous dire les vieilles recettes ! Mais dans les faits, les choses ont peu évolué malgré l’explosion des technologies et de la modernité. Dès le début de l'ouvrage je me suis accroché aux leçons d'Ovide qui s'autoproclame maître et qui explique que l'amour est un enfant rebelle et difficile à dompter. Au fur et à mesure de ma lecture j’ai retenu les conseils donnés, parfois des bons, parfois des mauvais. Et je me suis mis à réfléchir de plus en plus à ce qu’est l’amour.

 

De nos jours, qui ne parle pas d’amour, qui ne cherche pas l’amour ? C’est le but recherché de beaucoup d’entre-nous, c’est la principale passerelle d’accès au bonheur. Ovide découpe l’amour en trois étapes : la recherche de la bonne personne, la séduction de cette personne et l’amour dans la longue durée avec cette personne. La dernière épreuve est pour lui la plus difficile : Car s’il est glorieux de faire des conquêtes, il ne l’est pas moins de les conserver : l’un est souvent l’ouvrage du hasard, l’autre est le comble de l’art.

 

ovide.jpg

Ce livre n’est pas à la portée de tous. Histoire de Rome, mythologie, il faut parfois s’accrocher dans les récits épiques que nous faits l’auteur d’une bataille contre les Parthes ou des récits d’Hercule. Mais l’historien que je suis a sans doute apprécié un peu plus encore.

 

Ovide est loin d’être modeste, il conclut son premier ouvrage de cette façon : Et qu’à chacune de vos douces victoires, vous inscriviez sur vos trophées : OVIDE FUT MON MAITRE. Oui, un peu mégalomane ce Monsieur.

 

Après avoir donné des conseils aux hommes, il en donne aux filles pendant un chapitre. Puis son dernier ouvrage est « L’art de ne plus aimer ». Je ne l’ai pas lu et j’espère ne jamais avoir à le lire. Néanmoins si des amis sont intéressés, lisez les conseils de notre vieil Ovide sur le sujet !

 

Les rumeurs expliquent qu’à la suite de cette ouvrage, Ovide fut exilé en raison des propos trop libertin que contient le livre. Bref, un livre sans conteste des plus intéressants que j’ai lu récemment, et qui reste toujours d’une très grande actualité.

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28 novembre 2009 6 28 /11 /novembre /2009 12:33

J’ai vu français avec De l’autre côté du lit, La doublure et le péril jeune. Il y a eu Autant en emporte le vent, Ma meilleure ennemie ou bien la trilogie du seigneur des anneaux. L’impasse, l’échange, Grand Torino, Juno, Kramer contre Kramer. J’ai vu récemment Inglorious Basterd, les évadés et Full Metal Jacket. Et puis un chef d’œuvre arriva.

fightclub.jpg

J'en suis encore sur le cul. J'y réfléchi depuis une bonne heure. Pourtant les films que j'ai précédemment cité n'étaient pas dénoués de qualité. Mais là, il faut avouer que c'est quelques mètres au-dessus de la mêlée. Et après l'avoir fait avec Se7en, David Fincher risque de monter très haut au classement de mon réalisateur favori. Juste un grand bonheur que ce film vient de m'offrir. Et un grand bonheur qui s'accompagne d'une réflexion profonde sur la vie, sur son intérêt, sur mes buts. Un film qui m'a fait regarder les gens différemment lorsque je suis descendu en ville,  qui m'a même fait regarder différemment ma tête dans le miroir. Profiter de la vie, toujours et encore, inlassable refrain que je me répète sans cesse, sans pourtant à l'appliquer au jour le jour. Envie d'évasion et d'Elle [qui est en Finlande jusque dimanche].

 

Citations (dont le titre fait partie) : "Sur une durée suffisamment longue, l'espérance de vie tombe pour tout le monde à zéro."

"On est des consommateurs, on est des sous-produits d'un mode de vie devenue une obsession, meurtre, banditisme, pauvreté, ces choses me concerne pas. S'qui me concerne moi, ce sont les revues qui parlent des stars ! La télévision avec cinq cent chaines différentes ! Les slips avec un grand nom marqué dessus ! Le viagra, les repas minceur.(...) Les choses qu'on possède finissent par nous posséder. "

"Oh mon dieu, on m'avait plus baisée comme ça depuis l'école primaire."

Et enfin : " C'est seulement quand on a tout perdu qu'on est libre de faire tout ce qu'on veut"

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27 novembre 2009 5 27 /11 /novembre /2009 12:26

Plusieurs fois j'ai rêvé de ce moment, de cette ville, de cette Erasmus. J'entendais déjà l'accent du Kent résonnait dans mes oreilles, le musicien de High Street qui gratte sa guitare au rythme d'un vieil hymne local et le bruit des vagues de Douvres lorsque je débarquerai. Je sentais déjà l'odeur du pub venir au coin de mes narines, l'odeur de l'Angleterre pluvieuse et de sa nourriture qui ferait pleurait des francophones. Je me voyais déjà en haut de Parkwood, à observer cette ville aux milles P1060973.jpg plaisirs. J'imaginais la cathédrale et son silence abyssal ou les Erasmus et leurs cris enchanteurs.

Ici, c'est chez moi. J'y ai nombre de mes plus grands souvenirs. C'est ma ville, elle m'appartient. Du moins, elle m'a appartenu. Alors la retrouver ce fut comme repartir sur le terrain de Tilques ou entrer dans Ribot. Chaque endroit, chaque
m2 rappelle un souvenir particulier : un acte, une parole, un fou rire, une pensée. High Street c'est la rue centrale, celle que j'ai parcouru le premier et le dernier jour. Ces deux fois-là, j'ai pensé à Xavier dans l'Auberge Espagnole qui explique que la rue qu'il découvre aujourd'hui, il la parcourera des dizaines, des centaines, des milliers de foi sans plus y faire attention, il se l'aura approprier. Et puis le dernier jour, tu repars dans cette rue et tu l'observes à nouveau, parfois même des détails t'avaient échappé. Tu te rappelles de ce premier jour où tu t'étais dit que ça allait bien se passer ici, que la ville était jolie. Tu te forçais un peu à le dire car en vérité tu avais un grande peur au fond de toi de ce qui allait se passer ici, comment ça allait se dérouler...

Revenir 14 mois plus tard fut un aboutissement, une sorte d'obligation voir même de soulagement. Car il est difficile dans la vie de tous les jours de parler de cette période. Personne ne peut comprendre ce qui s'est passé là-bas pour toi. Certains ont vécu des vies similaires mais ils n'ont pas les mêmes souvenirs, les mêmes rencontres. Alors depuis je me retiens d’évoquer ces moments, sauf avec Elle. Mais il y a un manque de ces personnes qui ont marqué la meilleure année de ta vie (pour le moment). Repartir à Canterbury c’est également évoquer avec ceux et celles que tu as côtoyé le retour à la réalité. Le retour à la vie normale. Le retour à des heures décentes. Le retour à des soirées contrôlées. Le retour à un monde sans drogues, histoire de fesses et avec du boulot en prime. Alors avec eux nous nous sommes remémorés les meilleurs moments, les plus grands souvenirs que j’avais parfois classés dans un tiroir et jamais feuilletés depuis. Beaucoup n’était pas là, 80 y étaient. C’était bien suffisant puisque les principaux étaient là. Elle bien sûr, Mister Sean qui m’a offert sa maison et son odeur si habituelle, Alicia et sa tatch’ légendaire, Alfonso le coureur de jupon, Paolo monsieur l’organisateur, Orsane la folle, Lucile la chaude, Elena la comique, Ben l’alcoolique. Les français, les anglais, les espagnols, les italiens… l’Europe s’ouvrait véritablement à moi une nouvelle fois. Les échanges continuaient pour cette poignée de privilégiés qui pouvait reprendre une bonne dose de drogue pure qui leurs avait tant manquée.


Lendemain matin, c’est le grand jour. Nous sommes allées chercher notre robe et direction la cérémonie pour notre remise de diplôme de l’université du Kent dans la cathédrale de Canterbury. Sur la route les gens nous observent, les petits collégiens français nous regardent les yeux grands ouverts, nous, tellement British. Nous arrivons dans une petite pièce à côté de la cathédrale, P1060977.jpg nous sommes classés de 1 à 300. Tous prêt pour un moment qui sera unique. Nous partons à la file indienne et entrons dans la cathédrale, remplie pour l’occasion. La musique résonne, la foule observe, mon cœur bat la chamade dans un lieu si grand pour un être si petit. Nous avançons jusqu’au niveau du transept puis tournons sur la gauche pour prendre le déambulatoire et s’asseoir déjà heureux d’un moment qui restera gravé. La cérémonie est très cérémonielle, ainsi plusieurs petit groupes de personnes entrent sous la musique. Des docteurs de l’université, des professeurs, des personnes de Canterbury. Une femme entre avec un sceptre, un homme arrive avec une perruque de Lord. Louis XVI n’a pas eu la tête coupée ici, cela s’en ressent.

Puis, un à un les élèves entendent leur nom résonner et vont chercher leur diplôme : l’école de danse contemporaine de Londres débute, d’autres universités suivent puis l’université de Kent termine. Entre les deux un discours d’une éternité qui aura valu le coup lorsqu’une femme s’avança et avoua que l’un de ces ancêtres fut l’un des assassins de Thomas Becket, mort à quelques mètres de ses propos. Un bruit de rumeur parcoure la foule et un bas « oooooooohhhhhhh » retentit. Le reste, c’est un somnifère par voie orale.

Soudain, l’événement tant attendu se rapproche. On nous demande de se lever et de marcher dans le déambulatoire en direction de l’autel. Un à un les quelques dizaines d’Erasmus vont aller chercher leur diplôme. Elena est un peu avant moi et lorsque son nom retentit c’est plusieurs cris et des « wououou » qui surgissent. Le public est notamment composé d’Alicia, Paolo, Alfonso… Puis je vois peu à peu mon tour se dessiner.

  P1060975.jpg« Jérémy R. ». « WOUOUOUOU ». « Et merde ». J’avance serrer la main d’un inconnu qui sert des mains depuis une heure. Je me retourne, vois le public, vois mon diplôme. Je prends le diplôme (ô combien mérité) puis traverse dans le sens inverse la cathédrale de par son centre, avec les centaines de regard plongeant sur moi, prêt à rigoler lors d’une éventuelle chute. Je croise les yeux d’Alfonso, d’Alicia, de Paolo, d’Adeline, d’Erminia. Je fais quelques sourires malgré l’énorme boule qui fait la balance entre mon ventre et ma gorge. Je repars m’asseoir. Là, c’est moi qui fait un « ouah ».

Les derniers moments s’enchaînent très vite, nous quittons la cathédrale dans la même procession que lors de notre entrée. Je profite une dernière fois de ce majestueux édifice et le quitte sans regret. A la sortie c’est les photos de groupes et le lancer des chapeaux.

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17 novembre 2009 2 17 /11 /novembre /2009 12:22

J’ai un accès illimité au bonheur. Chaque jour, je me rends compte de la chance que j’ai. J’en profite intensément, me souciant peu des avis extérieures et des modes de pensées traditionnels.

 

Ce bonheur, je fais tout pour le garder. Cela nécessite beaucoup de concessions, de privation. Fini le temps de l’égoïsme et du « tout pour ma gueule ». Non, ce bonheur là, il faut le négocier, jour après jour, afin de le conserver. Je lis en ce moment L’art d’aimer d’Ovide. Il commence son ouvrage en divisant les trois principales difficultés de l’amour : trouver la bonne personne, la séduire et la conserver. C’est la troisième partie qui s’avère la plus longue et la plus ardue. Parfois un grain de poussière peut tout rompre, une phrase, un mot, une idée, une action. L’objectif c’est de balayer cette poussière afin que rien n’entrave ce bonheur.

Alors chaque jour je balaie ma maison du bonheur (parfois même au sens principal). Chaque jour, je lui répète que je suis heureux. Et chaque jour, je la regarde inlassablement en me rappelant que je suis chanceux.

 

De plus en plus je me rends compte que la vie est courte. Surtout quand elle accélère sans cesse. Novembre 2009, 22 ans et demi, Master 2, mal de dos récurrent, difficulté d’enchaînement des soirées, prise de médicament quotidienne. Je ne suis plus un jeune. Je dirai même que l’après Erasmus m’a foutu un sacré coup de vieux. Une overdose de soirées qui m’a rendu accro aux soirées dans le lit à regarder un bon film ou lire un bouquin avec elle.

 

Elle c’est ma vie, et c’est de cela dont je suis le plus sûr actuellement. Alors déménager dans un pays froid où la langue m’est totalement inconnu n’est pas un problème pour moi. Voir la famille et les potes trois fois l’an ne me gène guère. Elle est là, toujours à mes côtés. C’est avec elle que je veux réaliser mes rêves, c’est avec elle que je vais les réaliser.

 

Je ne sais pas quand je vais mourir, je pense que vous non plus. Mais je sais que lorsque l’heure arrivera je sourirai de bonheur. Quel chance.

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