25 février 2014 2 25 /02 /février /2014 19:05

Pour arriver à Weimar je me suis retrouvé face à un dilemme. Voyez-vous, il fallait que je sois rentré pour le 20 février, date d'anniversaire de ma partenaire (entre-autres). Nous étions le 16, et j'attendais désespérément une nouvelle médaille d'or allemande. C'est qu'après avoir démarré la compétition sur les chapeaux de roues, la Manschaft s'est quelque peu calmée, au point de ne plus gagner de médaille d'or pendant mes 3 jours à Dresde ! Considérant que j'ai fait le tour de la ville de l'est, je me décide donc à investir dans un ticket de bus pour rejoindre Weimar, dans le centre du pays. 18€, avec en bonus un accident de bus, et une rencontre Erasmus ! Oui, mon chauffeur jouait un peu le Fangio, mais à force d'appuyer sur le champignon, il est rentré dans une voiture. Bon, pour le bus, pas trop de dégâts. La voiture un peu plus, assez logiquement. J'en ai profité pour rencontrer une Tchèque Erasmus en Allemagne, qui m'a rappelé les belles heures de cette époque dorée.


Toute personne ayant fait un peu d'histoire allemande vous répétera sans difficulté sa leçon : République de Weimar, 1919-1933 !
La période de l'entre-deux guerres allemande est très mouvementée, avec des tentatives de révolution à Berlin et dans une grande partie du pays, et des putschs manqués, le plus connu étant celui d'un certain Adolf H. L'assemblée nationale constituante a donc choisi de se réunir à Weimar plutôt qu'à Berlin, où la situation instable ne permettait pas de travailler sereinement. Et c'est ainsi que la constitution fut adoptée dans la ville de Goethe.
Weimar (5)
Oui, Weimar est avant tout la ville de Goethe. Il y passa près de 50 ans, et vous pouvez visiter sa maison, sa maison de campagne, son musée, son jardin préféré, son arbre préféré (un musée est consacré au Ginkgo biloba!). Bref, tout se que Goethe toucha est devenu culte. Mais Weimar n'est pas seulement la ville de Goethe puisque y ont séjourné : Friedrich Schiller, Lucas Cranach, Jean Sébastian Bach, Franz Liszt, Richard Wagner, Richard Strauss, Nietzsche, Kandinsky, Klee... c'est d'ailleurs la ville du Bauhaus !
Weimar (9)
Oui, Weimar sent bon la culture (elle fut désignée capitale européenne de la culture en 1999). Alors que je rejoignais ma couchsurfer dans son café, je me suis retrouvé face à un drôle d'énergumène : le patron de la galerie d'art de l'étage au-dessus. Après avoir su que j'étais français, il se mit à me poser quelques colles historiques. Quel fut l'anniversaire fêté l'année dernière à Leipzig ? Les 200 ans de la bataille de Leipzig, l'une des grandes batailles napoléoniennes. Ouf, heureusement il me colle sur l'histoire, domaine que je maîtrise plutôt pas trop mal ! Il continua pendant une petite heure, avec des questions littéraires (le nom des 4 mousquetaires, le syndrome de Stendhal) ou artistiques (j'avoue avoir eu plus de mal face à l'art contemporain!). Un vrai Trivial Pursuit à lui tout seul !

Weimar (2)Weimar (8)

 

Le centre de la ville est très joli. Il se fait aisément en une journée. Bon, on sent qu'on est dans une ville musée (près de 20 gros musées sont présents), très intellectuelle. Les cafés organisent des débats, les étudiants parlent politiques et architectures. J'ai vraiment apprécié l'atmosphère.
Weimar (10)
Je profite d'une médaille d'or pour économiser une centaine d'euro et repartir sur Fribourg (très bonne idée, puisque ce fut la dernière médaille d'or allemande de ces Jeux). Le bilan de ce voyage est franchement très bon : j'ai voyagé à moindre coût dans des zones très éloignées de Fribourg, j'ai découvert l'Allemagne du Nord et de l'Est, j'ai rencontré des Couchsurfers avec qui j'ai quasiment toujours parlé allemand. Et puis j'ai vu de très jolies villes, qui méritent toutes le coup d’œil. Mon objectif de l'année était de découvrir 10 nouveaux lieux allemands, j'en suis déjà à 7. Pas mal pour un mois de février ! Il me reste Heidelberg en haut de liste, l'Europa Park qui suit et sans doute un peu de nature. Mais peu à peu je comprends les personnes venues ici pour quelques mois et qui ont décidé de rester. L'Allemagne dans son ensemble me paraît être un pays très agréable à vivre. Et avec la maîtrise progressive de la langue, c'est quelque chose qui n'est pas totalement inconcevable pour moi. Qui vivra verra.Weimar (4)

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22 février 2014 6 22 /02 /février /2014 09:10

Carte-Allemagne-Land-Lander-Dresde-Dresden-Saxe.pngAprès mes petites péripéties dans le Nord, direction l'ancienne RDA, avec Dresde. Logiquement, ce trajet Hambourg-Dresden coûte 104€. Mais une médaille d'or allemande plus tard, et c'est gratuit pour moi ! Je traverse donc les paysages plats et forestiers de Poméranie, avant d'observer une halte au Brandebourg, dans cette bonne vieille Berlin et je me retrouve enfin en Saxe ! Depuis le train, je suis impressionné par le nombre d'éoliennes que j'ai pu rencontrer pendant mon trajet (elles sont surtout concentrées dans le nord, alors que le solaire est présent assez logiquement dans le sud).

D'entrée je me retrouve face à un jeune Russe passablement éméché. Il me baragouine quelque chose en allemand. Je veux bien que mon allemand progresse, mais je ne parle pas encore l'allemand bourré ! Du coup il traduit en anglais : « aide-moi avec mon téléphone ». Avec les gestes, ça devient compréhensible : il veut que j'insère la carte SIM dans son téléphone. Pas forcément difficile à jeun, plus quand on a un coup dans le citron. Sympa je l'aide. Mon Dieu qu'est-ce que je n'avais pas fait là ! A partir de là, j'étais son ami, son frère (il le répétait sans cesse, notamment en russe). Car, chance pour moi, il prend le même tram. Me voici donc dans un tram en direction du centre-ville avec mon ami russe.
La conversation se focalise sur deux points précis. Tout d'abord, pourquoi il est dans cet état. Sa nuit a été agitée (il est midi), il a mélangé l'alcool et... la cocaïne ! Je précise qu'il ne parle pas, mais crie assez fort. Je discute avec lui, mais tout le tram en profite. Je vois d'ailleurs les nombreux sourires vers moi à chacune de ses phrases. Deuxième point : il faut que je visite la ville avec LUI ! Ce sera mon guide. Bizarrement, je le sens moyen. Surtout que son programme me paraît léger : « on prendra de la coc' et on ira aux putes ! ». Proposition alléchante, il faut en convenir. Mais je n'étais pas vraiment venu dans cette optique. J'essaie de refuser poliment, lui parlant des musées. Forcément, ça ne lui semble pas très sexy ! Il me demande mon âge, me dit qu'il faut que j'en profite, que je suis jeune, peu importe ma copine ! Je lui demande le sien -17 ans-, et lui re-précise mes intentions pour la journée. La cocaïne, ça ne sera pas aujourd'hui !

Forcément, à ma sortie du tram, je suis un peu une star. Un couple vient vers moi, me demande la confirmation que je suis français. Cette fois pas de proposition quelque peu malhonnête, mais juste un accompagnement. Ils se proposent d'être mes guides à travers la ville. Super ! J'accepte sans grande hésitation. Et c'est ainsi que je marche dans ce musée grandeur nature qu'est Dresde.
Dresde 5Dresde 6Dresde 4Là je vous mets quelques photos du centre-ville, pour moi le plus joli centre-ville que j'ai vu en Allemagne. Et cela alors qu'en février 1945...
Dresden 1945 Dresde bombardement reconstruction
3 900 tonnes de bombes. Ça vous détruit une ville. 25 000 morts. Forcément, on peut applaudir le travail de reconstruction, surtout quand on sait que ce fut réalisé en période soviétique ! (qui n'est pas forcément la plus grande période que l'architecture ait connue) Ce bombardement est d'ailleurs le point de départ d'une manifestation de néo-nazis, qui tentent de se réunir chaque année à Dresde. C'était la veille de mon arrivée. Et comme souvent, les antifas(cistes) étaient très nombreux dans la gare. Et les néonazis ont cette année déserté, devant la mobilisation des citoyens de Dresde (la municipalité avait appelé tous les habitants à se réunir!).
Manifestation dresde antifas néo nazi
Dresde est « la Florence de l'Elbe » (oui, les gens ont l'art de toujours vouloir comparer). Son architecture baroque en est la raison. La Frauenkirche, notamment, est resplendissante. La reconstruction fut achevée en... 2005 ! Au-delà de l'extérieur, vraiment joli, c'est l'intérieur qui étonne : l'église a des balcons ! On se croirait dans un théâtre !Dresde 7
Frauenkirche Dresde Dresden intérieurAutre attraction, le Zwinger, lieu de détente des rois de Saxe. Un petit palais sympa pour se détendre, avec un nombre de statues assez impressionnant.Dresde 11Dresde 12Dresde 13

Dresde est une ville d'art. Dans les rues, avec notamment le passage de l'art, et cette drôle de façade avec des gouttières.
Dresde 9Et avec des musées. La Voûte Verte accueille la plus belle collection de trésors en Europe. Et la Gemäldegalerie Alte Meister est le musée de peinture le plus connu. Et vous connaissez forcément la Madone Sixtine de Raphaël, avec ses anges (putti).
Raphael La madone sixtine cherubins dresdeRaphael cherubins La Madone Sixtine Dresde
Dresde fut aussi une soirée en mode URSS. Dans un bar de la ville nous étions. Dans l'ambiance nous dansions. Et de la musique russe nous écoutions. Oui, aussi fou que cela puisse paraître, il existe des soirées à base de musique russe ! Et pas seulement, il y avait aussi les airs entraînants des Balkans, et des petits morceaux parisiens bercés d'accordéons. Une photo de Lénine trônait au-dessus de la piste. Et le décor faisait franchement années -70 en période soviétique. Et j'ai dansé comme rarement. Ça faisait longuement que je ne m'étais plus autant amusé, et les visages enchantés autour de moi m'ont fait comprendre que la musique occidentale est loin d'être la seule qui vaille en soirée (même si c'est malheureusement trop souvent le cas, de New York à Hanoi, en passant par Lille et Nairobi).
Dresde 10
Bref, vous l'avez sans doute compris, Dresde fut vraiment génial. J'ai adoré la ville, j'ai adoré les personnes que j'ai rencontrées. L'atmosphère est étonnante, avec un mélange détonnant entre ce centre magnifique et les alentours plus soviétiques. Dresde est l'une des seules villes est-allemandes à ne pas perdre d'habitants (mieux, elle en gagne!). Et cela malgré l'absence d'une réelle immigration (et c'est là une vraie différence avec le Nord et l'Ouest, où vous trouvez un kébab turc à chaque coin de rue).

A noter que la ville était UNESCO. J'utilise le passé, car elle a perdu son label en 2009, après la construction d'un nouveau pont, proche du centre ! Décision ultra-rare (seulement la deuxième fois, après Oman) et très contestée ici. Mais ça n'empêche en rien les touristes de venir, notamment des pays frontaliers (énormément de Tchèques, Polonais et... Russes!). Je termine par une petite photo de l'Elbe la nuit. Demain, direction Weimar !Dresde 15

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21 février 2014 5 21 /02 /février /2014 13:47

Carte-generale-de-l-Allemagne.pngKiel ? Bah pourquoi pas ? Une médaille d'or supplémentaire dans l'escarcelle allemande, et une envie de grand nord. Kiel c'est une odeur de mer Baltique et de mer du Nord. Kiel c'est un canal qui relie depuis 1895 ces deux mers, afin d'éviter de contourner le Danemark. Kiel c'est aussi une équipe de handball, championne d'Europe en 2007, 2010 et 2012, où sont passés les meilleurs joueurs français (Martini, Omeyer, Fernandez, Narcisse ou Karabatic).
Kiel (1)Je me promène à travers le petit centre-ville, observant avec attention la tour de la mairie (inspirée du campanile de la basilique Saint-Marc de Venise). Dans l'église j'entends le grondement d'un bateau qui s'en va. Kiel, c'est le plus grand port de transport de passagers. Direction la Suède ou la Norvège. Dans les magasins, on signale d'ailleurs que l'on parle les langues nordiques. Tellement nordique que le port est installé dans un fjord !
Kiel (2)
Attention, Kiel n'en reste pas moins un territoire allemand. Pendant des siècles les rois danois ont bien essayé d'obtenir le Schleswig et le Holstein. Mais un Bismarck plus tard, et Kiel devenait allemande jusqu'à nos jours. Kiel fut d'ailleurs le point de départ de la Révolution allemande de 1918-19, qui aboutit à la chute de l'Empire (les marins sont toujours à l'avant-garde des révolutions).

En parlant de marine, Kiel abrite la base militaire navale allemande. Si vous cherchez les sous-marins allemands, c'est ici ! Et ils ne se cachent pas, bien en vue dans la rade !
Kiel (3)
Bon, hormis ça, Kiel c'est pas grand chose, il faut le reconnaître. On fait le tour en deux heures (trois si vous vous arrêtez dans les bordels du port). Le Nord de l'Allemagne me semble bien entamé, une nouvelle médaille d'or et direction l'Est !

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20 février 2014 4 20 /02 /février /2014 13:25

''Et ils boivent à la santé

Des putains d'Amsterdam
D'Hambourg ou d'ailleurs

Enfin, ils boivent aux dames''

Le grand Jacques m'avait pourtant prévenu. Mais je ne pensais pas que... pourtant je les ai rapidement vues, très nombreuses aux coins des rues. La pluie s'abat sur Sankt-Pauli et une armada de filles armées de parapluies multicolores tiennent leurs positions. Les bars tentent d’appâter le client avec un verre gratuit. La nuit est calme à Reeperbahn, le quartier rouge d'Hambourg. Hambourg (14)
Sur les devantures, les prix sont affichés : Sexe, 49€. Les hommes seuls déambulent rapidement, évitant de croiser les regards. Et puis tout d'un coup, l'un d'entre-eux s'arrête. La cible est là, des longs collants et un manteau de fourrure. Le maquillage est impeccable, le visage resplendit. La négociation commence. Elle est infructueuse. Pas grave, quelques mètres plus loin on recommence.
En Allemagne, la prostitution est légalisée. C'est quelque chose d'assez étonnant en tant que Français. A Fribourg, les choses se déroulent assez loin du centre-ville. Mais Hambourg est différent. Hambourg et Sankt-Pauli, le quartier de la fête, le quartier des vices, le quartier rouge. Nous faisons la tournée des bars avec ma Couchsurfer. Et puis tout d'un coup, nous nous retrouvons face à une route barrée. Elle me dit « vas-y, moi, je ne peux pas ». Je ne comprends pas très bien sur le coup. Mais je m'avance et entre dans la rue barrée.Herbertstrasse-Reeperbahn-Hamburg-Hambourg-prostitutes-prot.jpg
Les vitrines. Le retour d'Amsterdam. Le cognement aux fenêtres pour attirer l'attention. Très vite j'accélère pour rejoindre un groupe de mecs devant moi, afin de paraître un peu moins suspect (car un mec seul est forcément un client potentiel ici). Les filles ouvrent leurs fenêtres, font savoir qu'elles sont là. Comment ne pas s'en rendre compte ? Des deux côtés de la rue étroite elles posent côte à côte dans leurs vitrines. Leurs tenues sont sexy, mais sans être totalement vulgaires. Beaucoup ont l'air jeune, à peu près mon âge.
La rue n'est pas très longue, et j'arrive devant la barricade de fin. Le problème, c'est que je dois retrouver ma Couchsurfer de l'autre côté. Je fais donc demi-tour et repart vers mon point de départ. Là, de suspect je suis passé à client sûr. Je suis seul, et je reviens sur mes pas. Le bruit des filles cognant aux carreaux se fait de plus en plus pressant. J'hésite entre regarder mes chaussures tel un enfant puni ou regarder les filles. Je fais souvent un mélange des deux. Les filles me sourient, ouvrent leurs carreaux, m'appellent. J'accélère légèrement ma cadence, afin de sortir de la rue, interdite aux filles.
Je retrouve ma Couchsurfer, mais le bruit des carreaux reste bien présent dans mon esprit.

Sankt Pauli, c'est aussi un club de football. Et pas n'importe quel club, puisqu'il se revendique antifasciste et antiraciste. Le président a longtemps été un homosexuel revendiqué. Le club est devenu mythique depuis de nombreuses années, et les supporters à travers le monde s'arrachent littéralement les drapeaux, les écharpes et les T-Shirts avec la tête de mort, l'un des symboles du club.
Sankt-Pauli-flag-drapeau-couleur-tete-de-mort.jpg
En parlant de symbole, voici le grand Bismarck, l'homme de l'unité allemande. 35 mètres de haut, 600 tonnes, on le voit depuis le port de la ville, à plusieurs centaines de mètres de là !Hambourg (12)

Car oui, Hambourg est avant tout un port. Le plus grand port d'Allemagne, le 3ème d'Europe. Et là, j'en ai pris plein les yeux. Il était tard, il faisait noir, et nous nous avancions vers la mer. L'odeur du sel marin parvenait à mes narines, le grondement d'un bateau faisait frémir tout Sankt Pauli. Et devant moi, dans un mur de lumière, les grandes grues, à l'allure de gratte-ciel, s'activaient. Les conteneurs donnaient une impression d'immense Tetris. C'était beau, c'était grand. Je n'avais pas envie de partir, j'aurais pu rester ici des heures.Hambourg (2)

Au petit matin, je suis revenu. Et j'ai pu découvrir les canaux d'Hambourg. Savez-vous qu'Hambourg a plus de 2300 ponts ! Plus que Venise et Amsterdam réunis ! Les bâtiments rouges tapissent le paysage du quartier. Ce sont souvent des anciens entrepôts, réaménagés en bureaux ou en logements.Hambourg (7)Hambourg (8)Hambourg (9)

Hambourg c'est la nouvelle mode en Allemagne. Berlin est déjà dépassé, Berlin est déjà embourgeoisé (bon, c'est pas Paris tout de même!). La capitale de l'alternatif allemand, c'est ici. La ville respire bon la folie. Les punks sont présents autour de la gare, ou au Rote Flora, le plus vieux squat de la ville (depuis 1989!).

Avec ma Couchsurfer, on se fait aussi le Binnenalster et le Außenalster. L'Alster est en fait une petite rivière d'à peine 50 kilomètres qui se jette dans l'Elbe. Mais elle a le mérite de former deux lacs dans la ville, le plus grand étant entouré de verdure. Nous pouvons donc marcher et même emprunter les vélos locaux en libre accès.
Hambourg (1)Hambourg (4)

Fribourg-Hambourg, c'est normalement 142€ avec le TGV local, le ICE. Et pour moi, ce fut gratuit. Merci les J.O. ! Merci Couchsurfing. Je pourrais continuer de vous parler de la ville pendant des heures, mais juste un conseil : allez-y ! Foncez ! Car les choses bougent vite là-bas. Sauf l'église Saint-Nicolas, ruine devenue mémorial, où un homme assis semble réfléchir à comment les choses ont pu en arriver là. Hambourg (10)
Il y a aussi les Schaufensterkonzert, les concerts dans les vitrines de magasins. Avec un peu de chance, vous arriverez assez tôt pour être à l'intérieur. Avec un peu plus de chance encore, vous serez à l'extérieur, devant la vitrine, devant les fesses du chanteur, et la musique vous parviendra par une porte entrouverte, en compagnie de nombreux autres badauds arrivés là grâce à une invitation internet ou simplement au bruit qui court sur la place.Hambourg (15)
Hambourg, c'est aussi des miroirs d'eau ou des églises à balcons. Ce fut pour moi une grande découverte. Ville de fous.Hambourg (11)

 

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17 février 2014 1 17 /02 /février /2014 22:42

Grâce à cette fabuleuse invention qu'est la GoldCard de la DeutscheBahn, je peux, dès mon arrivée à Hambourg, rejoindre Lübeck. 36 minutes, 18,50€ avec le TGV local, et gratuit pour moi !
Lübeck 2Lübeck sent bon pour moi le Moyen-Age et le début de l'époque moderne, en mode Europa Universalis. Lübeck, c'est la reine de la Hanse, cette association des villes marchandes de la mer du Nord et de la mer Baltique qui fonctionna pendant plus de trois siècles. Et Lübeck, c'est aussi une ville inscrite au Patrimoine mondial de l'Unesco, une valeur en soi (exceptée le Havre). Vue du ciel, on comprend pourquoi la ville s'est vite intéressée à la marine marchande...
Lübeck vu du cielD'entrée je me retrouve face à l'emblème de la ville, la Holstentor, datant du XIIIème siècle (à l'arrière-plan sur la photo). Sur la facade, un beau et déroutant SPQL, sur le modèle romain du SPQR, pour le Senatus Populusque Lubecensis, le Sénat et le peuple de Lübeck.LübeckEt puis je commence ma petite marche à travers le centre-ville. Tout de suite, j'ai l'impression d'être de retour à la maison, dans le Nord de la France. Ou alors d'être en Belgique. La faute aux briques rouges...Lübeck 5L'architecture des maisons ferait penser à Arras. Si la ville est dépositaire du label Unesco, c'est justement grâce à son centre-ville construit en briques rouges. L'ensemble est assez uniforme et plaisant pour les yeux. Chose amusante, Lübeck a été française ! En 1810, époque napoléonienne oblige, elle est même la sous-préfecture des Bouches-de-l'Elbe ! Il faut dire que l'Empire francais de l'époque a tendance à légèrement déborder sur ses voisins ! (Paris, Bruxelles, Amsterdam, Genève, Barcelone, Rome et Hambourg dans un même Etat).
Empire-francais-1810.pngOn sent au fur et à mesure une ville bourgeoise, riche de son passé, et toujours riche à présent. Le froid me prend au corps. Ici, les Pays-Bas, c'est le Sud. Mais ca permet à la glace de doper les effets miroirs de l'eau.
Lübeck 3Lübeck, patrie de Thomas Mann, prix Nobel de littérature, auteur du formidable "La mort à Venise" (et quel film de Visconti !). Lübeck, patrie de Willy Brandt, prix Nobel de la paix pour sa Ostpolitik. Lübeck, patrie de Günter Grass, prix Nobel de littérature, auteur du non moins formidable "Le tambour", adapté au cinéma et palmé à Cannes en même temps que Coppola pour Apocalypse Now (rien que ca !). Oui, Lübeck a frabriqué des grands hommes allemands. Et je ne suis pas étonné, l'atmosphère dans la ville donnant envie de se poser quelques minutes au bord d'une table et d'écrire quelques lignes.
On découvre toujours une petite rue semblant abandonnée, des maisons de toutes les couleurs, un vélo qui traîne non loin de là. Les gens vaquent tranquillement à leurs activités, sans grand stress. Le rythme semble suivre le cours des canaux,  voguant vers la mer du Nord. Les bateaux sont bien rangés dans le port, arborant une couverture hivernale. Je jette un oeil aux cartes postales tandis que les mouettes m'appellent à prendre le large. Sans y prendre garde, on se ferait volontiers une entorse entre deux pavés. Le chocolat chaud fume sur la terrasse, je patiente en regardant la population. Les enfants crient sur la patinoire, installée au coeur de la ville. Les adolescents flirtent, les cheveux blancs sourient. Chacun semble jouer son rôle à merveille. Je range mon plan et regarde ma montre. Hambourg, attends-moi.Lübeck 6



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10 février 2014 1 10 /02 /février /2014 09:26

Rodeln
Felix Loch holt die Goldmedaille im Rodeln für Deutschland!

Mon soutien à l'équipe allemande n'a pas été vain ! Hier soir Félix Loch a gagné la première médaille d'or allemande, en luge (oui, drôle de discipline olympique !). C'est donc ce midi que je prends la direction d'Hambourg, là-haut, tout au nord de l'Allemagne. Le tarif normal est de 142€. Et pour moi, ça sera gratuit...

Félix Loch, ce héros.Felix-Loch-Sotchi.jpg

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7 février 2014 5 07 /02 /février /2014 00:17

Alors que les Jeux Olympiques de Sotchi vont s'ouvrir dans quelques heures, j'ai une annonce importante à faire : je vais supporter l'équipe allemande.

 

Certains crient déjà à la trahison ! Je serai le nouveau Judas, un véritable Ganelon ! Pardonnez ma traîtrise, mais elle est pleinement assumée. Et comme souvent dans les histoires de trahison, c'est en raison d'un intérêt très personnel.

Voyez-vous, la Deutsche Bahn, la compagnie des trains allemande, a décidé d'encourager à sa manière ses athlètes. Et elle a mis en place la GoldCard, littéralement carte or.
L'idée est simple : j'ai acheté une Goldcard pour 25€. Lorsqu'un athlète allemand remportera une médaille d'or à Sotchi, le lendemain, l'ensemble des trains sera gratuit pour les porteurs de cette carte, à savoir moi. Même les ICE, les TGV locaux. Vous avez bien lu : je vais pouvoir voyager gratuitement à chaque fois qu'un Allemand remportera une médaille d'or !
Deutsche-Bahn-Goldcard.jpg
A moi Hambourg, Lubeck ou Dresde !

Bon, encore faut-il que les Allemands remportent des médailles d'or. Lors des derniers J.O., ils en ont comptabilisé 10. Si le chiffre est similaire, ça m'irait fort bien.
N'hésitez pas à souffler l'idée à la SNCF. Et pensez à moi lorsqu'un Allemand monte sur la plus haute marche du podium : c'est un voyage assuré !
Et rassurez-vous, je supporterai les athlètes français dès qu'un Allemand aura attrapé l'or sur une épreuve !

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20 janvier 2014 1 20 /01 /janvier /2014 17:03

Découvert à Canterbury, le principe du tandem est simple : une personne à Fribourg veut apprendre l'allemand, à savoir moi. D'autres personnes à Fribourg souhaitent apprendre le français, à savoir Katrin et Carmen. Je passe une annonce sur Couchsurfing, elles répondent. On décide de se rencontrer. Les discussions varient, souvent entre une et deux heures. Une fois par semaine. D'abord en allemand, puis en français. Plutôt que de se payer un professeur particulier... gratuit, fun, et qui permet de connaître de nouvelles têtes en ville. Un vrai win-win.

Ce qui m'étonne le plus, c'est peut-être mon apprentissage du français. C'est surtout le cas avec Carmen. Elle étudie le français à l'université. Et on fait parfois ses devoirs ensemble. Et je me suis rendu compte à quel point la grammaire française peut être compliquée.
L'exemple du jour c'est le verbe se confier.


Se confier à quelqu'un. Ca semble facile. Ou confier quelque chose.
Pourquoi ne peut-on pas dire « Je confie à toi mes secrets » ? Car on doit dire « je te confie mes secrets ». Mais pourquoi dit-on « Je me suis confié à toi », en utilisant le verbe être, et « Je t'ai confié mes secrets », avec le verbe avoir ? Car se confier/confier. Le premier est un verbe pronominal. Pas le second.

Attention, on fait rarement beaucoup de grammaire. On parle souvent de tout et de rien, de la pluie et du beau temps, de notre semaine, de nos vacances, des choses différentes à la France et à l'Allemagne. Ici, on aime manger du poisson à Noël et le 26 décembre est férié. Avec ma dinde et mon canard, je fais aussi forte impression.
Tandem-partners.JPG

Ma première tandem fut Katrin, à gauche sur la photo. Elle est plus âgée que moi, et voulait surtout reprendre le français pour préparer ses vacances d'été dans l'Hexagone (car le Français a la mauvaise réputation de ne parler que français). On a commencé à se voir dès le début du printemps 2013, et on continue aujourd'hui. Chose amusante, elle en a parlait à son boulot et une fille, Anne, a beaucoup aimé l'idée. Du coup, elle est maintenant présente à nos rencontres. 

Tandem-Carmen.JPG

Ma seconde tandem est Carmen. C'est ma voisine. Pratique. Elle étudie le français à la fac et souhaiterait passer ses exams (si possible avec une bonne note). Avec elle, on se cadre un peu plus. Elle me donne des devoirs pour la semaine suivante (un texte à lire, comprendre, et du vocabulaire à apprendre). Comme au lycée, je fais mes devoirs l'heure précédent notre rencontre, lundi 11h. Mais mes notes sont un peu meilleures qu'à l'époque (je dois être plus motivé, voyant aujourd'hui l'intérêt d'apprendre une langue). 

Voilà donc pour le bon plan apprentissage de langue. C'est également possible en France, il n'y a qu'à se lancer à la recherche des étudiants Erasmus dans votre ville. Pratique, efficace, gratuit : vive le tandem !

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17 janvier 2014 5 17 /01 /janvier /2014 17:24

Ne croyez pas que je sois parti dans un tour d'Allemagne. Mais sur la route du Pas-de-Calais vers Fribourg, je me suis décidé à quelques haltes. Luxembourg et Trèves étaient prévues. Francfort, moins.
La raison est plutôt simple : l'absence de bus le jour escompté pour repartir à Fribourg. J'ai cependant vu que des bus partaient vers Francfort, et ça tombe plutôt bien : j'ai un copain d'Erasmus qui y habite !

Direction donc la capitale économique de l'Allemagne (et de l'Europe continentale de manière générale, puisque la ville abrite la BCE) pour rejoindre Emmanuel. La dernière fois que je l'ai vu, c'était lors de la cérémonie Erasmus, en novembre 2009. Plus de quatre ans ! Forcément, on a des choses à se dire !

Tout de suite, on m'avertit : « tu verras, Francfort ce n'est pas joli ». Et je confirme...
Je m'avance tout d'abord vers « Mainhattan », jolie expression qui rassemble la rivière locale et les gratte-ciel locaux. Bon, pour moi, depuis New York, entre un gratte-ciel et un gratte-ciel...
Francfort (1)
Je traverse la rivière, et me retrouve sur la place centrale. Une partie derrière l'église est en travaux mais sinon c'est une grande place typique qui est toujours un plaisir à voir. J'apprécie beaucoup notamment la statue de la justice. Celle-ci est placée devant la mairie, de manière à observer le comportement des magistrats locaux. D'ailleurs la déesse n'a pas les yeux bandés. Tout un symbole.
Francfort (3)Francfort (2)
Et puis, la cathédrale... enfin, ce que je peux voir de la cathédrale. Normalement, ici, j'ai un beau point de vue, c'est mon guide qui me le dit. Cette image est un résumé : Francfort est en travaux. Sur la photo du Mainhattan, il y a cinq grues, sur celle de la place il y en a trois. Ne croyez pas que je l'ai fait exprès, au contraire, j'essaie toujours d'en limiter la visibilité. Mais pour la cathédrale, ça devient compliqué. Francfort a été largement détruit en 1944, et depuis la ville est en travaux. On a fortement reconstruit dans un esprit moderne, et l'atmosphère s'en ressent. Francfort est une ville de businessmen, que vous pouvez rencontrer dans la rue, en costard-cravate, accrochés à leurs smartphones. Francfort n'est pas une ville touristique.
Francfort (4)
La cathédrale était le lieu de couronnement des empereurs du Saint-Empire. Je peux aussi apercevoir non loin de là l'église Saint-Paul, qui a accueilli les séances de la première assemblée librement élue d'Allemagne.
Francfort (5)
Enfin, il y a Goethe, sa maison natale, une statue. L'homme est né ici, et ce n'est pas un hasard : Francfort accueille depuis 500 ans la plus grande foire aux livres du monde. Pas facile tout de même de trouver de l'inspiration dans une ville aussi laide !Francfort (6)

Bref, une heure de visite et vous avez fait le tour ! A ne pas inclure en priorité sur votre liste de voyages !

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15 janvier 2014 3 15 /01 /janvier /2014 15:50

Tout d'abord, commençons par un petit point géographique. Trêves est une ville de 100 000 habitants située sur la Moselle, à un carrefour de l'Europe. Vous pouvez voir la frontière ouest de l'Allemagne, le Luxembourg en face de la ville, Metz à quelques encâblures et la Belgique non loin de là.
Carte-de-l-Allemagne.png
Qu'est-ce que je vais faire à Trêves ? Bonne question. J'ai une copine qui y habite. Anaïs a effectué une partie de ses études à Arras, puis est partie faire Erasmus en Irlande. Un Erasmus qui l'a quelque peu transformée. Depuis, elle pense voyages, elle vit Europe (on l'accuse d'ailleurs parfois de me vouer un culte). Après un stage de quelques mois dans la ville de Trêves, elle travaille maintenant au Luxembourg. J'ai profité d'une visite de ses potes dans l'Audomarois pour repartir avec elle, et ainsi visiter la région.
Trèves (8)
Trêves est une ville historique. C'est peut-être même la ville romaine du Nord de l'Europe. En l'an 300, c'était la plus grande ville au Nord des Alpes, c'est d'ici qu'étaient gérés les territoires romains du Nord de l'Europe et surtout c'était la ville de Constantin, avant que celui-ci ne construise Constantinople (j'y reviens). Ne soyez donc pas surpris si ma visite a une atmosphère d'Astérix et Obélix en Germanie.

Tout d'abord, au nord, c'était, non pas les Corons, mais la Porta Nigra (Porte Noire). C'est le symbole de la ville, répertoriée au patrimoine mondial de l'UNESCO. Elle a été construite vers 175 après J-C, c'est l'une des plus anciennes portes allemandes encore debout, et l'une des plus impressionnantes. Son nom vient de sa couleur : la porte a été noircie par les intempéries et les dépôts de suie. Elle est devenue une église au Moyen-Age, puis Napoléon décide de restaurer l'aspect romain (oui, Napoléon était architecte entre deux batailles).
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Ensuite, la Haptmarkt, la place du marché. Là, c'est un grand classique européen, la place centrale de la ville. Des belles devantures, souvent sculptées, une ou deux églises au fond, et des couleurs.
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Direction le Dom St Peter (la Cathédrale Saint-Pierre). C'est tout simplement la plus ancienne cathédrale d'Allemagne. Construit entre 1235 et 1270, le bâtiment est très roman. Il est construit sur une ancienne basilique datant du IVème siècle, elle-même construite sur la maison d'Hélène, la mère de Constantin (devenue Sainte-Hélène).

 

Surtout, à l'intérieur, vous avez la Sainte-Tunique. C'est un habit que Jésus aurait porté, Hélène l'aurait rapporté à Trêves. Depuis, Trêves est un lieu de pèlerinage (le dernier en 2012). Le vêtement est conservé dans une chapelle, ouverte une fois l'an (pas de chance pour moi, ce n'était pas le bon jour). A l'intérieur de la cathédrale, vous avez des petites portes que vous pouvez emprunter, et ainsi entrer dans de petites chapelles. En-dessous, il y a une crypte (pour moi, les cryptes sont les endroits les plus impressionnants des cathédrales, celle de Canterbury m'ayant marqué).
Trèves (2)
Bref, j'arrête de vous bassiner avec cette cathédrale, et je vous emmène... dans une basilique ! Oui, mais attention, pas n'importe quelle basilique, c'est celle de Constantin, empereur romain, le premier à se convertir au christianisme ! C'était autrefois la salle de l'empereur, aujourd'hui, c'est un temple protestant. Elle est collée au Kurfürstliches Palais, un palais princier.
Petit point historique, Trêves était un archidiocèse pendant des siècles, et l'archevêque était l'un des princes-électeurs du Saint-Empire Romain Germanique.
Basilique-de-Constantin--et-palais-princier.JPGTrèves (6)
Par Toutatis ! Des thermes ! Allons nous baigner ! Manque de chance, ils ne fonctionnent pas. Pire, il semble même qu'ils n'aient jamais fonctionné ! Oui, ils sont fous ces Romains ! La faute à Constantin, qui préfère Constantinople. Alors Valentinien, un autre empereur, décide d'en faire une caserne. Ça peut toujours servir.
Quant à l'amphithéâtre, pas très loin, il a, lui, fonctionné ! Il pouvait même accueillir jusqu'à 20 000 spectateurs. C'est plus des vestiges qu'autre chose, même si la municipalité organise parfois des simulations de batailles de gladiateurs.
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Enfin, je termine par un pont, originalement appelé « pont romain ». C'est le plus ancien pont d'Allemagne (il date du IIème siècle), remplaçant un pont en bois attesté en -17. Il enjambe la Moselle. L'été, le long du fleuve, vous pouvez voir la jeunesse allemande s'asseoir, flirter, manger, faire des barbecues ou la fête. L'hiver, c'est plus calme, mais ça vous laisse le luxe de profiter dans le calme d'un coucher de soleil.
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Voilà pour ma visite de Trêves, ville UNESCO, ville de naissance d'un certain Karl Marx, ville agréable à vivre, qui m'a parfois fait penser à Fribourg. Une ville verte, entourée de collines, avec beaucoup de jeunes. Dont une Française, qui adore. 

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