1 août 2012 3 01 /08 /août /2012 10:19

De retour dans le Pas-de-Calais (n’hésitez pas à passer me voir !), il convient cependant de terminer le récit de mon périple allemand. Et cela par une dernière ville, Freibourg, qui sera sans doute la prochaine université d’Alba (la cote est à 1,70 contre 2,30 pour Ratisbonne, 6,50 pour Constance et 12 contre 1 pour Munich). La raison est simple, c’est la ville la plus charmante des quatre cités (signalons le jeu de mot).

Fribourg (en français), à 15 kilomètres de la frontière, ville de naissance de Corneille (le chanteur), française pendant 30 ans au XVIIème siècle est une ville verte. Le premier éco-quartier du monde fut aménagé ici, en 1996, sur l’ancienne base militaire française. Les vélos sont tellement nombreux que certaines rues leur sont interdites. Abritant l’une des principales usines européennes de panneaux photovoltaïques, la ville a également un maire qui est membre du parti grüne, le parti vert allemand.

Le côté nature fut d’ailleurs un des plus grands plaisirs que nous ayons eus, avec la montée à travers la forêt du Schlossberg, 470 mètres d’altitude en plein centre-ville. On l’a joué un peu aventuriers, en se trompant de chemin et en allongeant le parcours de 45 minutes (le parcours d’origine est de… 5 grosses minutes !). Lors de notre marche dans le Schlossberg, nous étions souvent dépassés par des joggeurs qui profitaient des pentes escarpées pour s’entraîner. A notre droite, des vignes descendaient vers le centre-ville, chose rare.Freibourg (9) Arrivés en haut, une vue magnifique pour un coucher de soleil qui l’était tout autant, tombant sur les Vosges et la Forêt Noire.Freibourg (10)

L’atmosphère qui règne en ville vous donne envie de vous asseoir au milieu de l’Augustinerplatz, rejoignant ainsi la centaine d’étudiants posés là, discutant de leurs études, de la ville ou du monde qui les entourent. En tendant l’oreille vous pouvez entendre au loin le clapotis de l’eau des canaux, longs de 15 kilomètres, qui servaient autrefois à acheminer l’eau potable et à lutter contre les incendies.

La Münterplatz est l’endroit le plus visité. La cathédrale majestueuse et la Kaufhaus toute de rouge vêtue attirent indubitablement le regard.Freibourg (3) Malheureusement, il y a un hic. La publicité, omniprésente, surtout sur les plus beaux bâtiments. Ainsi la porte de la ville héberge un… Mc Donalds, voisin de Nike. Un peu plus loin c’est Burger King qui montre ses couleurs (plus de photos ici).Freibourg (6)

Le surlendemain, en compagnie de notre couchsurfeur, nous avons découvert le Flückigersee, le grand lac à l’Ouest de la ville, où les nageurs se succédaient pour tenter d’échapper aux 30°C. Un pique-nique en compagnie de dix filles (j’étais gâté !) qui se révéla très sympa. Comme la ville dans son ensemble. Et j’ai comme l’impression que ce ne sera pas ma dernière visite.Freibourg (12)

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25 juillet 2012 3 25 /07 /juillet /2012 10:48

Bienvenue dans le Bade-Wurtemberg, le land allemand le plus méridional. Peuplé par 80 000 habitants, il tire son nom de l’Empereur romain Constance Chlore (rien à voir avec la piscine municipale).

Pourquoi aller à Constance ? Pour son université. Alba hésite toujours entre trois universités, et Constance fait partie des choix potentiels. Bon, à première vue, les bâtiments sont très soviétiques (bâtis dans les années 70) et l’architecture on ne peut plus originale.Constance (6) Cependant, à l’intérieur, l’ensemble est plutôt sympa, les laboratoires ont l’air perfectionné et les amphithéâtres ont vue sur… le lac.

Oui, c’est là le point fort de la ville, et aussi de l’université. Le lac, à 500 mètres à pied. L’un des plus grands lacs d’Europe. Ça joue sur les activités sportives. Beach-volley, accrobranche, kite-surf et même voilier ! J’avoue avoir été jaloux de tant d’activités pour les étudiants ! Ceux-ci se rassemblent d’ailleurs après les cours sur… la plage du campus ! On y croise notamment quelques nudistes (bizarres ces Allemands !).Constance (7)

Pour le reste, la ville vaut un coup d’œil léger. Assez bourgeoise (un lac + la présence de la Suisse sur l’autre berge) et quelques bâtiments à l’architecture classique. La vue du haut de l’église est sympa.Constance (5) Mais notre plus grand plaisir fut de flâner le long des berges, main dans la main.ConstancePour plus de photos, c'est ici !

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12 juillet 2012 4 12 /07 /juillet /2012 05:21

Pour comprendre la politique en Allemagne, il faut se souvenir d’une chose : 1933-1945. A partir de là, tout est différent.

Comme la France, l’Allemagne présente deux grands partis « traditionnels », à savoir deux partis qui se sont partagé le pouvoir depuis 1945 : la CDU/CSU (conservateur, droite) et le SPD (social-démocrate, gauche). Entre les deux, vous avez les libéraux (FPD, centre) et les verts.

Les Verts justement, c’est là la première grande différence avec la France. Le parti, créé en 1980, entre au parlement dès 1983 ! (pour les Verts français, il faut attendre 1997). Il a déjà participé à deux gouvernements SPD (sous Schröder, entre 1998 et 2005). En 2009, année des dernières élections au niveau national, ils ont obtenu 10,7% des voix. Soit 68 sièges !

Oui, c’est là une grande différence, le système politique allemand n’est pas favorable aux gros partis. En tout cas, pas dans la même mesure qu’en France (un système mixte à finalité proportionnelle, je ne développe pas, sinon je peux faire l’article dessus). Du coup les Verts obtiennent 10,9% des sièges et sont une force sur laquelle il faut compter. Le parti rassemble les écologistes en général, ainsi que beaucoup de mécontents.

Vous avez justement ici la seconde grande différence avec la France : les mécontents se tournent vers les Verts ou l’extrême-gauche (Die Linke). Et non pas vers l’extrême-droite, comme c’est fréquemment le cas en France. La raison est bien sûr l’histoire du pays. Les partis d’extrême-droite sont marginalisés (le NPD, le plus important, est toujours considéré comme un repaire de néo-nazis, et la chose a TRES mauvaise pub dans le pays, résultat aux dernières élections législatives nationales : 1,5% des votes, 0 député).

Après l’importance des Verts et l’absence d’extrême-droite, je veux évoquer l’extrême-gauche, Die Linke (qui se traduit par « la gauche » (!)). Le parti provient notamment des restes du parti communiste de l’ex-RDA. Ce qui peut expliquer ses chiffres en ex-RDA : 26,4% ! Aux dernières élections de 2009 pour le parlement, sur l’ensemble du pays, 11,9%, quatrième force du pays, 76 députés. A cette époque, alors que le SPD était en déroute, on se demandait jusque où l’extrême-gauche allemande pouvait aller. Apparemment, jusque-là. Depuis le parti a subi plusieurs scandales, une valse des chefs et les résultats aux élections régionales furent catastrophiques (2012 : 16% en Sarre, -5 points, moins de 5% en Rhénanie-Westphalie, exclu de parlement local). La faute à…

Le parti pirate allemand. Le parti qui pompe les électeurs de l’extrême-gauche, et peut-être même des Verts, à un très haut débit. Créé en 2006, ils ont d’abord participé aux élections du Bundestag (parlement) en 2009, réunissant 2% des suffrages. Mais depuis, il monte, il monte… En septembre 2011, 8,9% des voix pour les élections législatives de Berlin, 15 sièges au parlement régional (dans le même temps, Die Linke perdait 4 sièges par rapport à la fois précédente). En mars 2012, en Sarre, 7,4%, entrée au parlement régional (4 sièges). En mai 2012, en Rhénanie-Westphalie, 7,6%, entrée au parlement régional (20 sièges). Les sondages les donnent à 13% pour les prochaines élections législatives, qui auront lieu l’an prochain. Dans le même temps, leur grand frère suédois, l’original, plafonne à 2%.

Comme vous le voyez, au-delà du Rhin, les choses en matière de partis politiques diffèrent. J’avoue apprécier l’absence de l’extrême-droite et les tendances aux coalitions qu’ont les partis allemands. Le système proportionnel le permet, ainsi la CDU et le SPD ont gouverné ensemble entre 2005 et 2009. Une grande entente entre la droite et la gauche que j’ai du mal à imaginer dans l’Hexagone (ci-dessous, l'actuel parlement allemand).

Bundestag-en-2009--parlement-allemand-2009-CDU-SPD-Die-Link.png

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11 juillet 2012 3 11 /07 /juillet /2012 05:52

L’expédition commence. Après avoir quitté la maison familiale au climat tendu, je suis maintenant assis à côté du grand-père d’Alba, au volant d’une… Kangoo. Oui, les Allemands ont acheté des Kangoos ! En tout cas, un ! Et nous dépassons plusieurs fois des Twingos !

Bon, je ne vais pas généraliser, les Allemands achètent avant tout allemand, BMW, VW et Audi surtout, sont ultra-représentés. Nous passons d’ailleurs par Ingolstadt, où le siège social d’Audi se trouve. Cette traversée du pays en voiture me satisfait beaucoup, ce n’est pas tous les jours que l’on peut voir autant de paysages que l’on ne connaît pas. On les voit cependant à un rythme effréné, puisque nos pauses sont très limitées, et que la vitesse n’est pas toujours réglementée sur les autoroutes. Ainsi vous pouvez rouler à 200 km/h, si votre voiture vous le permet (en Kangoo, n'espérez pas !). Et leur taux de tués par conducteur ou milliard de km parcourus est inférieur aux nôtres (le fait d’avoir de meilleures voitures doit compter). Au cours de l’une de nos pauses, je peux apercevoir les charmes de la langue allemande.Bielefeld (1)

La dernière fois que j’ai traversé l’Allemagne, je l'ai fait d’Ouest en Est, pour rejoindre Berlin. Je me souviens d’une neige encombrante, de routes ultra-glissantes et d’une Ruhr interminable, où les usines étaient plus nombreuses que les arbres plantés le long des routes. Cette fois, c’est tout l’inverse, ou presque. Le temps est orageux, et les paysages sont d’un vert intense. Beaucoup de nature et peu de villes traversées. Depuis Munich jusqu’à Bielefeld, je ne vis que quelques usines que je peux compter sur mes deux mains. Et beaucoup de tracteurs. Pas forcément les paysages que j’avais imaginés.

Bielefeld (3)Bref, j’arrive à Bielefeld, où Laura nous accueille. Laura est… notre Couchsurfer ! Une Allemande d’une vingtaine d’année qui étudie pour devenir assistante-caméra. Son appartement, immense, nous sert d’hôtel et lieu de détente pendant 4 nuits. Très serviable, elle sera notre guide dans la ville. Concrètement, Bielefeld a assez peu de charme, et hormis l’Arminia, je ne connaissais rien (le club de foot). Un petit centre-historique aux rues piétonnes, quelques architectures intéressantes et basta.Bielefeld (2)Bielefeld (4) Le musée d’art contemporain Kunst témoigne une nouvelle fois de mon incompréhension vis-à-vis de l’art brut et de l’architecture abstraite, qui, je pense, tend à éloigner la population de ces musées. Nous avons notamment visité une maison « contemporaine ». Impossible de s’y tenir debout, elle est faite en bois, toutes les pièces sont interchangeables mais vous risquez de vous cogner à chaque fois que vous vous retournez : je n’achète pas !Bielefeld--6-.JPG

De même, un exemple entre l’ancien et le nouveau, entre le laid et le beau, l’ancienne mairie (droite) et la nouvelle (gauche). Je vous laisse juge-arbitre.Bielefeld (5)Notre deuxième Couchsurfer, Maike, étudie l’anglais. Elle vit dans le centre-ville avec 3 colocataires dans un appartement où il semble faire bon vivre. Ça tombe bien, puisque j’y reste l’ensemble de ma journée. Alba suit des cours à l’université, pour voir si ça lui plait. Le bilan semble être : ville préférée Münster, meilleure université Bielefeld. Et comme elle viendra pour étudier et non pas pour faire du tourisme…
Aujourd'hui, de retour à Munich !

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9 juillet 2012 1 09 /07 /juillet /2012 06:00

Non, je ne veux pas en faire un fromage. Mais il faut reconnaître que Münster vaut le détour. Pour nous y rendre, nous avons utilisé Mitfahrgelegenheit, le site de covoiturage allemand. 4€ au lieu des 20 du train, et Simon, jeune homme de 25 ans (ah, le bel âge !), dans sa Peugeot ! Nous quittons Bielefeld, où nous sommes établis, sous le soleil, et arrivons 80 km plus loin à Münster, sous la pluie. Dommage ! Une bombe datant de la seconde guerre mondiale doit être retirée du côté de la gare, la ville est en émoi, les policiers sont de sortie.

D’entrée, le centre-ville historique en impose. Plusieurs églises, une porte splendide en l’honneur de la paix de Westphalie et plusieurs petites rues marchandes très fréquentées. L’une des églises, celle de Saint-Lambert, a la particularité d’avoir 3 cages, où ont été suspendus en 1536 3 anabaptistes, qui y moururent de faim. Sympa !Münster (4)

La ville prend toute sa splendeur du côté du château, qui sert maintenant… d’université. En résumé, c’est Lille 3, mais le contraire. Beauté, architecture, sculpture, jardins… le genre d’université où il doit faire bon vivre (peut-être la future université d’Alba soit dit en passant).Münster (8) Derrière, nous nous baladons dans le jardin botanique, où je me rends compte de mon déficit en matière de connaissance dans les arbres, fleurs et plantes en tout genre. Puis direction l’Aasee. Le soleil est à son zénith, plusieurs personnes louent des voiliers pour une balade sur ce lac immense. Je prends un coca à 4,50€, bienvenue en Allemagne. (plus de photos ici)Münster (12)

Münster est officiellement l’une des villes où la qualité de vie est la meilleure du pays. Le centre-ville piéton et la domination des vélos sur les autos expliquent en partie ce phénomène. Cela vaut Amsterdam. Le parking à vélos devait accueillir plusieurs milliers de deux roues, j’avoue avoir été impressionné. Pas facile avec quelques grammes de retrouver son engin ! D’ailleurs, une loi fait figure d’anecdote, à Münster, quand vous êtes contrôlé trop alcoolisé sur un vélo, vous perdez le droit de prendre un vélo et… de monter à cheval ! La loi, parfois, peut faire sourire.Münster (13)

Ce qui fait sourire également, c’est la traduction de Tintin et Milou, qui sont Tim und Struppi de l’autre côté du Rhin ! Münster (14)

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3 juillet 2012 2 03 /07 /juillet /2012 05:54

Je vois que le titre t’intéresse, petit(e) vicieux/vicieuse ! C’est vrai que les nudistes de Munich, ça donne envie. Enfin, si je vous dis un gros Allemand de 50 ans nu, c’est peut-être moins vendeur. J’y reviens.

A chacune de mes visites en terres munichoises, le football est au centre des conversations, des passions. Après la finale de la coupe d’Allemagne, perdue par la Bayern Munich face à Dortmund, après la finale de la Ligue des Champions, perdue par la Bayern Munich dans son stade face à Chelsea, voici la demi-finale de l’Euro, Allemagne-Italie. Je ne vous invente pas un faux-suspense, vous connaissez le résultat, une nouvelle défaite… Oui, je suis un chat noir. Mais ça ne m’empêchera pas de vous raconter un peu plus en détail les joies des Biergarten. Munich (44)

Nous étions à l’Augustiner, l’un des plus grands (5000 personnes) et vieux jardins de Munich, où la bière coule à flot. Je rappelle le principe du Biergarten : vous vous asseyez avec vos ami(e)s dans une immense terrasse, où les arbres sont nombreux (100 marronniers). Vous commandez vos (litres de) boissons (bière, spezi…) au bar, et vous pouvez ramener votre pique-nique. L’ambiance est conviviale et familiale. Même dans la défaite ! Jusqu’au premier but italien, les choses se déroulaient convenablement. Bon, Balotelli a ensuite récidivé et c’en était fini pour les quelques chants que l’on pouvait entonner à côté de moi. Le penalty a suscité un léger espoir, mais il est arrivé trop tard pour faire vibrer l’ensemble du Biergarten. Pas grave, j’ai apprécié le moment, et j’espère vivre un jour un Biergarten dans la victoire.Munich (43)Après une soirée raclette avec les ami(e)s de ma partenaire, j’ai retrouvé une connaissance allemande de Madrid qui m’a accueilli l’année dernière à Regensbourg (longue histoire !). Bref, je la rejoins à la gare avant d’aller vers les jardins anglais. C’est samedi, il fait 34°C, autant vous dire que toute la ville a la même idée. Cela a beau être plus grand que Central Park, ça s’entasse un peu sur les bords de la rivière qui traverse le parc. Celle-ci descend directement des Alpes avoisinantes, et beaucoup vont se rafraichir quelques minutes, en se laissant emporter par le courant. A l’entrée, une petite vague amène ici des personnages surprenants : les surfers. Oui, ça surfe à Munich. Ils sont une quinzaine à prendre plaisir sur cette vague des plus régulières. Bluffant !Munich (45)

Mais je ne suis pas au bout de mes surprises. Après l’épisode les surfers de Munich, voici les nudistes, en plein Munich. J’étais tranquillement assis sur le côté droit de la rivière quand je vois devant moi un homme de 50 ans, totalement nu. Je le dis à la demoiselle avec moi, elle ne semble pas réagir. « Non, mais il est nu, nu ! ». Oui, je sais. Pas surprise du tout, elle m’explique que c’est régulier, et que le côté gauche du fleuve est réservé plus ou moins officieusement aux (semi)-nudistes. Et comme le fleuve fait deux mètres de largeur, tout le côté droit peut apprécier (cette fois, pas de photo !). Bizarres ces Allemands !

Demain, départ pour le Nord du pays : Bielefeld !

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1 juillet 2012 7 01 /07 /juillet /2012 14:22

On le croyait mort, disparu à tout jamais dans les cendres de la seconde guerre mondiale. Et pourtant il renaît, doucement mais sûrement. Le patriotisme, à ne pas confondre avec nationalisme, est loin d’être un mouvement politique. Les Allemands, vis-à-vis de leurs partis politiques, sont attentifs à toutes poussées patriotiques ou nationalistes. L’interdiction du parti d’extrême-droite NPD revient souvent sur la table, 75% des Allemands soutenant cette idée. Les groupuscules néo-nazis, qui font couler beaucoup d’encre, sont au centre de la répression policière. Fermer les frontières, stigmatiser une religion ou une population d’origine… ça n’arrive pas, et ça n’arrivera pas de sitôt dans un pays qui a appris de son histoire.

 Cependant, il existe un patriotisme assumé : le football. Depuis qu’on a arrêté de faire la guerre, le sport est devenu le bras armé (sic !) du patriotisme. Si bien que chaque victoire est célébrée par l’opinion. Une victoire en coupe du monde correspond à peu près à un Austerlitz pour les Français, ou un Sadowa pour les Allemands. Et chaque défaite entraine la baisse du moral de la population, Waterloo étant devenu une expression courante pour symboliser une déroute sportive.

 Les Allemands m’ont étonné. Pour l'hymne d'abord, debout, dans le Biergarten, tous ensemble et en choeur. Pour avoir suivi les matchs de la France dans les cafés audomarois, je peux vous assurer que la fierté de l'hymne n'est pas chez nous (et encore moins chez nos joueurs !). Les drapeaux ensuite, présents     au-devant des maisons, flottant sur les voitures, accrochés aux rétroviseurs. Quand on sait la place que les drapeaux tenaient lors de la période nazie, on ne peut s’empêcher d’être surpris. Surtout que d’ordinaire, exception faite des bâtiments officiels, il est très difficile de voir un drapeau allemand flotter quelque part, surtout dans la capitale de la Bavière !Drapeau-Allemagne-voiture.JPG

Le drapeau bavarois lui, est une habitude. On le voit un peu partout, sur des maisons, des stickers ou même la serviette que l’on me donne gentiment au restaurant. A défaut de nationalisme, les Allemands avaient plutôt tendance à un régionalisme affiché, surtout dans le Sud. Les partis politiques sont propres à la Bavière, et on n’oublie pas d’affirmer ici les avantages qu’offre la région. En matière d’économie, avec un chômage à 3,6%, et des entreprises comme BMW, Adidas ou Allianz, la Bavière fait figure d’exemple dans toute l’Europe. Alors les habitants s’en glorifient un peu. C’est bon enfant, on rigole un peu des gens de l’Est, plus par taquinerie qu’autre chose.

Concernant la nation, la fierté d’être Allemand et le sentiment patriote, cela avait quasiment disparu. Mais depuis quelques années il y a une résurgence. Les drapeaux lors du football sont récents, ils datent de 2006. Avant c’était plutôt mal vu. Les médias ont aussi tendance à vanter régulièrement les résultats économiques du pays, surtout en comparaison d’une Europe à la croissance en berne. Quelques remarques sur les Grecs ont beaucoup ému à Athènes, lorsque les médias germanophones suggéraient à ceux-ci de vendre leurs îles pour régler le problème de leur dette. Et la position de Merkel, défendant en priorité la situation économique de son pays, veut peut-être dire quelque chose.

 Des générations d’Allemands se sont succédées, traînant avec eux un sentiment de culpabilité. Une culpabilité d’Etat qui, j’ai l’impression, a tendance à disparaître. C’est plutôt bien, il ne faut pas que les Allemands paient pendant des siècles pour quelque chose à laquelle eux n’ont pas participé. Et lorsque les Grecs rappellent que ceux-ci n’ont pas payé les dettes de guerre, il y a bientôt 70 ans, ça me laisse un peu incrédule. Mais il ne faudrait pas non plus que les Allemands reprennent un coup de sentiment de supériorité grâce à leur économie. Surtout quand le foot et l’économie se côtoient, comme lors du récent Allemagne-Grèce, on a vu fleurir quelques titres du genre : Bild Grèce

-          Le BZ affichant la tête de Merkel à la place des 11 joueurs de l’équipe

-          Le Bild : Bye, Bye les Grecs ! Aujourd’hui on ne pourra pas vous sauver !

-          Le Tagespiel : L’Allemagne sort la Grèce de l’Euro

-          Le Frankfurter Rundschau : c’est une victoire de l’ère moderne sur l’ère antique

Des titres parfois ambigus, qui démontrent un élan de patriotisme comme on n’en avait plus vu depuis longtemps au pays de Goethe. A surveiller.

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18 juin 2012 1 18 /06 /juin /2012 22:32

Je sais que mes récits de voyage commençaient à vous manquer ! C’est pas ma faute à moi (mauvaise imitation d’Alizée), c’est la faute à la thèse (mauvaise imitation des Guignols). Mais j’ai finalement réussi à trouver un directeur de thèse (j’y reviendrai un jour), ce qui va me permettre de recommencer mes voyages, et donc, mes récits. Alors repartons à Munich pour la seconde semaine que j’ai passée là-bas.Munich (31)

Tout d’abord, ce fut la semaine test « niveau d’allemand ». Nous avons déménagé chez les grands-parents d’Alba, qui ne parlent ni anglais, ni français. Et quand Alba part travailler et que je reste en tête à tête le temps d’un repas avec Adenauer et Merkel, ça met la pression. Agréable surprise, j’ai survécu. Non, je n’ai pas tout compris. Mais beaucoup, ce qui reste une victoire (et une victoire sur l’allemand est toujours bonne à prendre). J’ai même pu prononcer quelques mots, et la réaction des grands-parents fut la même que lorsqu’un bébé bredouille ses premiers sons. J’avoue avoir  écouté beaucoup. Sa grand-mère, très sympa, parle tout le temps, peu importe si je comprends ou pas. Son grand-père, plus posé, m’a raconté l’histoire d’un de ses amis, ou quelqu’un de sa famille, ou quelqu’un qu’il connait (enfin, j’ai pas compris !) qui a participé à la bataille de Stalingrad. Rien que ça ! J’ai beau avoir entendu beaucoup d’histoires extraordinaires ces derniers mois, celle-là restera ! Il a ensuite évoqué les années dans les camps de prisonniers en Russie et finalement le choix de cette personne de s’installer là-bas quelques années plus tard ! Pas rancunier l’Allemand ! (sauf quand il s’agit de l’Alsace-Lorraine ! ^^) Nous avons même évoqué la Chine de Tchang Kai-Chek ! (à vos souhaits)

Munich (39)Bon j’arrête avec mes blagues pseudo-historiques et reviens aux faits, et notamment au drame qui s’est tenu là-bas un samedi soir : la défaite à domicile du Bayern Munich en finale de la Ligue des Champions. Pourtant, toute la ville était prête à faire la fête, pour, justement, fêter ses héros. Malheureusement la nuit fut très calme après une soirée dans un Biergarten (qui fut également le premier mot que mon guide a voulu m’apprendre, c’est dire l’importance de la bière dans ce pays, et surtout cette ville). Seuls quelques Anglais criaient ça et là.

Heureusement, nous étions sortis la veille pour « la plus longue nuit de l’année ». Le principe est simple : tu payes 12€ et tu peux entrer dans l’ensemble des boîtes qui participent à l’évènement. Une navette te permet de te déplacer gratuitement de l’une à l’autre. J’ai pu observer la chaleur des nuits bavaroises, finalement assez proches des nuits lilloises (un peu plus bourgeoises il est vrai, grandes aussi). 

Munich (33)Munich (36)La principale attraction de la ville selon mes contemporaines est le jardin anglais. Plus grand que Central Park ou Hyde Park, le jardin accueillerait des nudistes l’été (rumeur Wikipédia que ne me confirmera pas ma partenaire !). J’observe notamment la tour chinoise qui nous rappelle des souvenirs émus ! (pour plus de photos, cliquez ici !) Nous nous retrouvons ensuite dans la rue de l’université, rue très allemande, droite, carrée, circulez, y’a rien à voir ! Si, des joueurs de pétanque !

Cette semaine, plutôt limitée côté visites, m’a surtout permis de rencontrer les ami(e)s et la famille d’Alba. Toujours très bien reçu, j’ai également été impressionné, une nouvelle fois, par le niveau d’anglais des Allemands. Y’a du boulot pour Vincent Peillon de ce côté-là.

La preuve que j’ai aimé ? J’y retourne le 27 juin !

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28 mai 2012 1 28 /05 /mai /2012 05:16

Depuis quelques mois, quelques années, l’Allemagne est citée chez nous et chez nos politiques en modèle, à tout bout de champ. L’éducation, leurs entreprises, leurs exportations ou leur politique environnementale. C’est sur cette dernière que je souhaite revenir aujourd’hui.

A bord de mon avion je survole la Bavière. Les Alpes en toile de fond, les lacs reflétant les nuages et les panneaux solaires pullulant sur les toits des maisons, des fermes, des entrepôts. On ne décèle que très rarement les tuiles puisque c’est tout le toit qui est recouvert. Certes la Bavière est la région la plus méridionale de l’Allemagne mais tout de même !Panneaux-solaires-Allemagne.jpg

Le pays a lancé très vite son expansion dans le domaine de l’énergie solaire. En 2004, il était déjà devenu le premier marché mondial du solaire et produisait les ¾ de l’énergie solaire européenne. On favorisait particulièrement le développement de l'énergie solaire en garantissant un prix d'achat élevé aux producteurs, qui se chiffrait à 0,58 € le kWh (contre 0,15 € en France !). En plus de cela, les subventions et les prêts à taux réduits étaient légions. L’expansion s’est poursuivie : en 2006, sur les 1245,7MWc de puissance photovoltaïque supplémentaires installés en Europe, la contribution de l'Allemagne s'élevait à 1153MWc (92,5% !). Un véritable boom qui coûtait cher aux finances régionales et gouvernementales, le risque d’une bulle environnementale n’étant pas à exclure.

Résultat : fin février 2012, le gouvernement allemand a décidé de baisser les tarifs de rachat garantis pour l'électricité d'origine photovoltaïque. Après une série de coupes successives en 2010 et 2011, le prix payé aux propriétaires d'installations photovoltaïques pour l'électricité produite sera abaissé jusqu'à 30 %, selon le type d'installations. Pas sympa pour tout ceux qui ont investi dans ce domaine en pensant faire fortune (en France à la même période, le gouvernement a établi des prix d'achat environ 20 % inférieurs au tarif en vigueur).

Au-delà des particuliers, ce sont les entreprises photovoltaïques qui ont souffert de cette baisse de l’aide gouvernementale. En décembre Solon a fermé, puis Sunways a été racheté par les Chinois LDK. Q-Cells, le numéro 1 national, coté en bourse, a déposé le bilan en avril. La surproduction mondiale est aussi une autre cause : la capacité de production de modules photovoltaïques atteint 50 GW par an, or les ventes annuelles s'élevaient fin 2011 à seulement 21 GW.

Reste que cette politique a provoqué un grand changement de physionomie des maisons bavaroises. De 1105 MegaWatts (MW) en 2004, la capacité de production installée pour le photovoltaïque est passée à plus de 24 700 MW aujourd'hui, et l'Allemagne produit aujourd'hui environ 4% de son électricité grâce au photovoltaïque (à titre d’indication, la capacité française est de 2 500 MW, soit 10% du total allemand…) A elle seule, l'Allemagne représente plus de 30% de la capacité mondiale de production d'électricité d'origine photovoltaïque, un secteur qui emploie selon les estimations entre 45 000 et 100 000 personnes dans le pays (20 000 à 35 000 emplois en France).


Autre chose : regardez cette machine ! Veuillez y insérer une petite bouteille en plastique et vous obtiendrez 25 centimes d’euro.Recyclage-plastique-Allemagne.JPG

Si j’étais ministre de l’environnement ce serait l’une de mes premières mesures. Ces machines existent dans la plupart des pays nordiques. Le fonctionnement est assez simple : lorsque vous achetez votre bouteille d’eau (11 centimes), vous payez également une taxe plastique de 25 centimes, pour son recyclage. Si vous vous présentez à la machine, vous récupérez cette taxe. Double avantage : 1- vous ne jetez plus vos bouteilles d’eau n’importe où et les conservez précieusement car quand on frappe le porte-monnaie on fait plus attention 2- si quelqu’un ne fait pas attention et jette la bouteille en plastique, et donc les 25 centimes, il y a très souvent un sans abri ou une personne un peu pauvre pour la ramasser. Ce n’est sans doute pas la recette miracle pour faire reculer la pauvreté, mais j’ai vu en Allemagne, après l’avoir vu en Finlande, des SDF qui ramassaient des bouteilles en plastique pour se payer à manger. Ca change du coin des rues à faire la manche (ou dans les gares, 3 à mon arrivée à Lille Europe en revenant de Munich). Résultat : le recyclage en Allemagne est le plus développé d’Europe : 45% des déchets municipaux sont recyclés (contre 18% en France, source Eurostat). Comme quoi, c’est un réflexe à prendre. Et c’en est fini des bouteilles en plastique qui traînent dans les rivières ou les jardins publics…


Bon attention ! Les Allemands ne sont pas vert vert non plus ! Plusieurs défauts : ils produisent annuellement en moyenne 50 kilos de déchets de plus qu’un Français (583 kg contre 532), et 270 de plus qu’un Polonais. Surtout, l’Allemagne restait en 2009 le plus gros émetteur de CO2 sur l’Europe des 15 (919,70 millions de tonnes sur les 3727,71 totaux, près de 25%, source Eurostat). Comme quoi, même au pays de Goethe il reste des efforts à faire.

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22 mai 2012 2 22 /05 /mai /2012 05:07

Willkommen Munich ! Après quelques mois en Asie, voici un voyage un peu plus européen, avec beaucoup moins de différences avec la France. Bien que…

Tout d’abord je signale que les Allemands sont les pros des machines, ils ont en une pour chaque action du quotidien. Bon ce n’est pas une nouveauté, tant leur industrie fonctionne grâce à leurs exportations, notamment celle de machines-outils. Mais j’avoue qu’ils m’ont surpris avec leur avance technologique. Bon, il y a quelques machines que je connaissais, mais que je n’ai pas chez moi : machine pour faire les œufs à la cuisson souhaitée, machine qui coupe le pain. Et puis il y a une machine dont j’ignorais l’existence : la machine qui fait de l’eau gazeuse ! Pas con tout de même quand on peut boire l’eau du robinet ! Et j’ai même vu une machine qui nettoie les verres à la façon des machines où vous insérez vos bagages à l’aéroport. Tu mets les verres d’un côté, ils sortent 10 secondes plus tard de l’autre, propres comme au premier jour. Fort ces Allemands !

Bon Munich ne fut pas qu’une série de machines. Au contraire, ce fut tout une âme, celles des Bavarois. Ici on respire la Bavière, on la vit, on en fait partie. C’est la capitale, le centre, le lieu où tout commença… Ce que j’ai ressenti c’est la fierté dans ce régionalisme qui a remplacé dans toute l’Allemagne le nationalisme tombé en désuétude, la faute à une histoire encore trop présente. Bavarois tu es né, Bavarois tu resteras. Et pas seulement parce que le Bayern Munich est ce soir en finale de la Ligue des Champions. Non c’est tout un art de vivre, de traditions qui diffèrent du reste de l’Allemagne. La Bavière fut le dernier état intégré au Reich de Bismarck. La Bavière est catholique (Benoit XVI fut l’archevêque de Munich). La Bavière est dirigée par la CSU (conservateur) depuis la création du Land.Munich (23) Les chopes de bière d’un litre rappelleront aux fans que la fête de la bière a lieu chaque année ici fin septembre-début octobre et qu’il y a 6 millions de visiteurs. Certains videront jusqu’à 10 litres dans la journée, près de 80€ d’argent « liquidé », sans compter la charcuterie, notamment les Wurtz (saucisses), le tout dans des Biergarten qui portent bien leurs noms. Niveau mode, quelques Bavarois portent la Lederhose (culotte bavaroise), les dames la Dimdl, et pas seulement lors de la fête de la Bavière. Et puis il y le dialecte, contre lequel je peste un peu puisqu’il me gêne dans mon apprentissage de la langue de Goethe.

Restent les paysages, et rien de tel qu’une série de photos pour vous montrer un peu tout ça (plus de photos dans l’album, cliquez ici).

Munich (17)Munich (3)Munich (8)La place centrale me fait un peu penser à Bruxelles. L’architecture est assez traditionnelle, sans grande surprise. Ce qui m’impressionne est la vue sur les Alpes, tout de blanc vêtues. Et puis les lacs, en nombre très important tout autour de la ville. Les Bavarois s’y rendent en famille le dimanche, un enfant dans chaque bras, le chien au bout de la laisse. Pour s’y baigner il faudra attendre l’été pour les moins courageux (dont je fis partie). Avec la vue sur les Alpes, cela doit être paradisiaque.Munich (28)

Munich (27)Bis bald !

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