10 octobre 2013 4 10 /10 /octobre /2013 11:26

Pendant plusieurs années j'étais un type sociable. Qui allait vers les autres, qui avait envie de les découvrir. J'avais foi dans l'humain, et je pensais que chaque nouvelle rencontre pouvait me permettre d'apprendre sur la vie ou sur moi, en plus de connaître l'autre. Erasmus fut une apogée dans ce domaine : ce n'est pas toutes les semaines que l'on rencontre des dizaines de personnes venues de pays différents, prêtes à échanger avec vous sans sourciller. Le voyage fut aussi l'occasion d'entrer dans la galaxie des backpackers.

Déjà, là, j'ai eu plus de mal. Après 30 histoires de voyages, se ressemblant souvent, j'ai perdu un peu de mes illusions sur cette communauté, parfois égoïste, parfois prétentieuse. Faire un voyage ne nous rendait pas plus intelligenst, pas plus supérieurs que le reste de la population. Mais les personnes que je rencontrais avaient parfois tendance à le penser. « Ceux qui ne voyagent pas ne peuvent pas comprendre le monde, sont dans leurs petites vies pépères, sont tristes ». Pour moi, c'est plus « ceux qui ne voyagent pas font d'autres choses », et s'ils sont heureux ainsi, c'est le plus important.

En Afrique, ce fut la communauté des expatriés. Là, j'ai eu franchement du mal. Beaucoup de mal en fait. J'étais fatigué d'entendre les ambitions de chacun, les critiques faciles faites à la mère patrie, et les discours teintés d'arrogance, au moins de supériorité. Je n'y arrivais plus, je n'en avais plus l'envie. Je devenais peu à peu insociable.

J'écoutais sans écouter. Je ne parlais pas, ou alors le minimum. Et je n'allais plus vers les autres. Je me réfugiais dans la solitude pour mieux la détester. J'allais dans la chambre, je fermais la porte. J'attendais que mes colocataires soient couchés pour aller cuisiner. J'évitais les discussions, j'évitais les rencontres.

Ce sentiment d'insociabilité ne me quitte pas vraiment. J'ai parfois l'impression que j'ai perdu la foi dans l'humain. Que les discours des uns et des autres me fatiguent. Pourquoi ?
Je lis trop le net. Trop les articles, et surtout, trop les commentaires. Rien de pire après un article politique sur les Roms/l'islam/l'insécurité/le mariage pour tous que de lire les commentaires. Vous aurez le droit à des raccourcis sans limites, des propos racistes, homophobes, parfois tenus de relents assassins. Je marche dans la rue. Un SDF est assis à ma droite, un chien à ses côtés. Un couple de vieux devant moi. « C'est quand même pas une vie pour cette pauvre bête ». C'est une façon de voir les choses.

L'humain me déçoit de plus en plus. Lire que le FN est en tête des sondages m'attriste de plus en plus et me révolte de moins en moins. Alors que ça devrait être l'inverse. Il faudrait avoir l'envie de se battre, de lutter contre vents et marées, contre les mensonges et les ignorances. Mais j'ai l'impression que je n'y crois plus. Que dans l'océan des opinions, la mienne compte peu.

A moins que l'enseignement. Je crois à l'école, je crois au savoir. Mais ceux qui ont choisi cette voie autour de moi partaient avec les mêmes bonnes intentions, avec les mêmes belles illusions, et sont revenus quelque peu frustrés (et c'est un euphémisme).

Je ne sais pas trop où je vais avec cet article, j'espère que vous ne m'en voulez pas trop. Ca fait plusieurs semaines que j'essaie d'écrire sur chacun de ces sujets, sans vraiment réussir, alors aujourd'hui c'est un melting-pot, il y en a pour tous les goûts ! Pas sûr que ce soit l'article de l'année, mais si ça me permet d'écrire ce qui me trotte depuis quelques semaines dans la tête, ça me fera du bien.

Où j'en étais ? Ah oui, l'enseignement. Ça me ramène à la question de mon avenir cette histoire. « Qu'est-ce que tu vas faire après ton doctorat ? ». Chut! Arrêtez avec cette question ! Je ne sais pas, et ça m'énerve de plus en plus. Surtout ça me démotive pour le doctorat. Quand on n'a pas d'objectif, pourquoi réaliser un projet ? Et c'est exactement ce qu'il ne faut pas faire, il faut que je me fixe des objectifs, il faut que je les trouve. Se forcer à travailler, ça va bien un temps. Mais lorsque l'on travaille pour soi, que l'on n'a personne sur son dos, pas de patron, un prof lointain... ça ne peut pas fonctionner sur le long terme.
Je suis un peu bloqué dans mes recherches parce que je suis bloqué dans ma tête, parce que je suis dans l'incertitude sur la suite des événements. J'ignore vers où aller, j'ignore même ce qui pourrait m'intéresser. J'ai le sac de voyage qui me titille encore, j'ai la carte du monde dans la tête. J'ai la route de la soie qui crie mon nom.

Financièrement, je vais commencer à être ric-rac. C'est le jeu d'avoir un appart, d'avoir fait un voyage, et de ne plus travailler depuis quelques années. Et je n'ai pas les bourses ! Pas d'argent qui rentre, et il faut vivre. Du coup, chaque mois présente un bilan déficitaire. Les maths font preuve d'une logique implacable. Alors voyager c'est bien, mais encore faut-il avoir les moyens. Et le temps. Et vraiment en avoir envie. Parce que tout quitter quand on est célibataire, c'est une chose. Mais tout quitter en étant en couple, c'en est une autre.

Bref, tu le vois bien, ma tête ne me laisse pas tranquille cinq minutes. Voilà ce à quoi mon cerveau peut penser en l'espace d'un quart d'heure, le temps d'écrire cet article. Pas sûr que ça fasse avancer le schmilblick cette histoire, mais, au moins, une partie des idées est déposée. Pas sûr que vous ayez une réponse à toutes ces questions qui me taraudent l'esprit depuis quelques semaines/mois mais si vous en avez ne serait-ce qu'une, je suis preneur.

On n'a qu'une vie. 

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10 octobre 2013 4 10 /10 /octobre /2013 10:43

quitter-facebook.jpgEn vérité je suis un accro. Un addict. Un putain de junkie. Me le mettre entre les mains et je ne peux m'en détacher. Ça fait trois semaines que je dois faire un boulot pour la fac, et je finis toujours par me retrouver sur ce mangeur de temps. Carnivore.

Saloperie de Facebook, tu m'en auras fait perdre des minutes, des heures, des journées entières. Je venais vers toi pour voir ce qui se passait, et admirer ainsi qu'il ne se passait rien. Ça me rassurait autant que ça me déprimait. Chez moi, c'est calme, et chez vous, ça n'a pas l'air mieux non plus. Triste vie.

Aujourd'hui, je te quitte à nouveau. J'ai déjà fait l'expérience un été, il y avait eu des hauts et des bas à ton absence. Mais objectivement, il y a aussi des hauts et des bas à ta présence. Tu voles mon temps, tu me le confisques, et je n'arrive pas à le récupérer, à me contrôler. Comme toujours, en cas de rupture, je suis radical. C'est un vrai au revoir. On coupe les ponts. Je ne veux plus te voir, plus entendre parler de toi. J'ai eu quelques bons moments mais depuis quelque temps tu ne me satisfaisais plus. Tu me frustrais.

J'espère que je tiendrai. Le problème dans les ruptures, c'est la sensation de manque, la solitude, le petit message qui ne vient plus. Alors il faut que je m'occupe. Ça tombe bien, j'ai une thèse à faire et une langue à apprendre. Une copine à m'occuper, des livres à lire, le journal à feuilleter, des films à regarder. Quelques articles à écrire. Depuis quelques semaines, je n'y arrivais plus, à cause de toi, à cause de moi. Nous ne sommes pas faits pour être ensemble. J'espère que tu me pardonneras. Je te hais. Casse-toi. Ne reviens pas.

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4 octobre 2013 5 04 /10 /octobre /2013 18:54

Il n'y a pas si longtemps de cela, j'avais un furieux besoin d'écrire. Une journée sans quelques lignes n'était pas une bonne journée. Mon humeur dépendait de cette action, et quelques jours sans un article me mettaient hors de moi.
Mais depuis quelques mois, il y a comme une cassure. Je ne trouve plus les mots. Je n'arrive plus à enchaîner les lignes. Des idées, j'en ai encore beaucoup, des cours d'allemand à l'insociable, en passant par la Françafrique et Renaud. Mais je suis incapable d'aller plus loin. Je n'y arrive plus. Alors plutôt que d'écrire quelque chose, je me décide à écrire sur mes difficultés d'écriture. On tourne en rond.

J'avais besoin d'écrire pour exprimer mes sentiments. Je sais que ce fut pendant de nombreuses années l'un de mes gros soucis : j'étais incapable de parler de moi. Je n'y arrivais pas, je gardais tout pour moi. Maladie familiale. Le risque, c'était d'exploser, de tout lâcher par une journée pluvieuse de novembre. Alors je me suis décidé à écrire ce que je pensais, ce que je vivais, ce que je ressentais. Ce fut là le meilleur des remèdes.
Depuis, j'ai beaucoup appris, sur moi, sur la vie, sur les autres. Par mes écrits aussi, par les réactions qu'ils ont parfois suscitées. Et ça m'a permis de passer au-dessus de ma feu timidité. Oui, elle est bien morte, et celui qui me connaît depuis moins de cinq ans serait bien surpris d'entendre le récit de mes exploits d'amoureux timide. Depuis, je peux parler de moi à d'autres personnes (trop?) sans éprouver de véritables complexes ou peur de jugement. Après avoir balancé sur la toile des choses comme ça, pourquoi reculer devant un ami ? Ce serait stupide.

La raison initiale du blog a donc disparu, mais je continuais cependant à écrire sur tout, et un peu n'importe quoi. Des voyages, des pensées, des découvertes, un peu de politique. Mais depuis quelques mois, ça vient beaucoup moins. Ça ne vient plus du tout depuis quelques semaines. J'essaie de me forcer, je me plante devant mon document « 850 dollars pour un Visa », qui trimbale 178 pages d'archives, sans pour autant trouver la solution.

J'essaie de comprendre quelle fut la coupure. Je pense de plus en plus à des discussions que j'ai eues avec des bons amis plusieurs fois, sur la protection de la vie privée. Ils en sont arrivés à me faire douter de l'intérêt d'un blog, et surtout des articles touchant à ma vie personnelle. « Pourquoi étaler ta vie sur Internet, à portée de main d'inconnus et de vieilles connaissances ? » C'est vrai, ça, pourquoi ? J'essayais de me justifier tant bien que mal, d'expliquer que mes expériences pouvaient servir à d'autres... Mais n'est-ce pas là du narcissisme ? Parler de soi, chaque jour ? Trouver un intérêt à sa vie par les commentaires et les mentions « j'aime » sur chaque article ? Merde, est-ce vraiment ça ?

Ces conversations m'ont un peu déboussolé, surtout venant d'amis proches, avec qui j'ai même partagé un blog de voyage, l'un d'eux ayant eu un blog intéressant (et souvent mis à jour) à l'époque. Alors j'ai essayé de changer un peu ce blog, de ne plus écrire sur moi. Ça s'est fait de manière un peu inconsciente au départ. Et puis peu à peu j'en suis arrivé à me lancer dans un article que je peux qualifier d'intime, touchant à ma vie, ou à des pensées qui me traversent, et à le supprimer après quelques dizaines de lignes, me trouvant ridicule d'exposer ainsi mes pensées. Je n'en voyais plus l'intérêt, je me plaignais pour pas grand chose, ou je voulais donner une petite leçon. Je regardais mon article avec condescendance, le trouvant inutile.

Le problème, c"est que c'étaient ces articles qui étaient à la base de ce blog. J'avais l'impression d'entretenir une vraie relation de confiance avec mes lecteurs, je pouvais me confier à eux sans avoir trop peur d'être jugé. Alors ne plus écrire sur moi, c'est perdre tout intérêt à ce blog.

Depuis quelques jours, je dois valider mon nom de domaine, qui arrive à expiration à la fin du mois. J'ai plusieurs fois pensé que ce serait l'occasion d'arrêter, de prendre ma petite retraite de l'écriture une fois ce moment venu, afin d'aller explorer d'autres horizons. Mais ça ne sera pas encore le cas cette fois. Le fait d'être en Allemagne, loin de tout, loin de vous, m'obligera très vite à reprendre la plume, et mes bonnes vieilles habitudes d'expatrié. Car sans ce blog, j'aurais vraiment l'impression de vivre ma vie seul, ou en tout cas sans vous. Le fait de l'avoir me permet de partager ma vie, malgré le petit millier de kilomètres qui nous sépare. Alors je vais m'y remettre, qu'importe la vie privée, la NSA, ou mon futur employeur. Ils ne décideront pas de ce que je peux ou veux écrire. Ce sera mon choix. Ce sera mon blog.

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29 août 2013 4 29 /08 /août /2013 08:44

Pour le deuxième été consécutif, je me suis fait une petite expérience internet. Après le mois sans Facebook, voici la semaine sans Internet. L'idée est de voir si mon addiction à la toile est si forte que je ne peux m'en passer.

Une-semaine-sans-Internet.jpg

Le bilan est rapide :

Points positifs :
 

- J'ai lu six bouquins en sept jours. En sachant que j'avais lu un bouquin en six mois. Une bouffée d'oxygène littéraire. 

- Je ne suis pas resté dans la maison. Chaque jour, j'étais en dehors. J'ai couru, j'ai vu les amies et la famille d'Alba, j'ai voyagé à travers la Bavière.

- Je n'ai pas eu d'informations pendant une semaine. Et ça fait parfois du bien de ne pas savoir ce qui se passe en Syrie ou la politique économique de l'Hexagone.


Points négatifs :


- Je n'ai pas eu d'informations pendant une semaine. Et parfois c'est important de savoir ce qui se passe en Syrie ou de comprendre la politique économique de notre Hexagone.

- Je me suis ennuyé. Cela faisait bien longtemps que je n'avais ressenti ce sentiment. Il pleuvait, j'avais déjà lu une partie de la journée, la demoiselle dormait. J'étais seul dans la maison. L'ennui, sentiment que l'on apprécie quand il ne dure que quelques heures et pas quelques semaines.

 

Le bilan est très satisfaisant. Vivre sans internet, sans facebook, sans mail, sans information, ce fut souffler. Ce fut un repos pour le cerveau, un bonheur pour l'inspiration, un renouveau pour la culture. Et je me suis demandé si Internet était finalement si primordial à ma vie. Pour ma thèse, cela ne fait aucun doute. Mais ensuite, il faudra que je réfléchisse à l'utilisation que je souhaite vraiment faire de la toile. Une année sans Internet, un jour, peut-être, pour pouvoir lire énormément et écrire quelque chose de plus grand.

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5 août 2013 1 05 /08 /août /2013 08:38

Il y a plusieurs mois de cela, j'ai écrit un article au titre similaire. Celui-ci retraçait mes craintes vis-à-vis du temps qui passe et des regrets qui s'amassent. Et je me demandais ce que les personnes âgées, celles qui vivaient en face de chez moi à cette époque, pouvaient bien regretter.

Une infirmière australienne a répondu à ma question. Elle travaille en soins palliatifs et accompagne les gens vers leur dernière demeure. Elle a posé la question à de nombreux patients, et le résultat est le suivant

 

5 – J'aurais dû me laisser être plus heureux.

4 – J'aurais dû rester en contact avec mes ami(e)s.

3 – J'aurais dû avoir le courage d'exprimer mes sentiments.

2 – J'aurais dû moins travailler.

1 – J'aurais dû vivre la vie que je souhaitais vivre, et non pas celle que les autres voulaient que je vive.

 

Depuis plusieurs semaines je repense beaucoup à cet article que j'ai lu dans le Guardian. Et je repense à ces regrets. Le premier, le plus important de tous, est le fait de ne pas avoir vécu ses rêves. C'est clairement un point sur lequel je travaille, comme ma Bucket List en témoigne. J'essaie de faire le maximum pour ne pas avoir ce regret-ci, relisant régulièrement cette liste. A terminer.

Mais ce sont surtout les autres regrets qui m'ont intéressé. C'étaient des points auxquel je n'avais pas pensé. Pour le coup du moins travailler, je ne pense pas être un bourreau de travail. J'ai toujours pensé qu'il fallait travailler pour vivre et non pas l'inverse. A continuer.


Concernant le regret 3, exprimer mes sentiments, c'est quelque chose que je n'arrive pas forcément à faire. Dans ma vie sentimentale, plutôt. Avec mes ami(e)s, j'essaie de leur faire comprendre parfois, à l'aube de quelques articles sur ce blog, que j'ai besoin d'eux. Quant à ma famille, c'est peut-être plus difficile. A méditer.

 

Le point 4 est un point essentiel. Les ami(e)s. Ces vieilles personnes, quelques semaines avant leur mort, pensaient à leurs ami(e)s perdu(e)s. Et je sais que c'est une crainte que je partage. L'amitié est une plante extrêmement fragile. Surtout quand on s'en occupe à distance. Depuis plusieurs années, je fais régulièrement les efforts, par message et à chacun de mes retours dans le Nord. Mon objectif est clair : revoir l'ensemble de mes ami(e)s à chacune de mes venues. Cela semble fonctionner. Les filles du lycée, les Arrageois, deux groupes que j'aurais pu perdre de vue. Mais nous avons fait les efforts pour rester liés. Je sais aussi que j'en ai laissé d'autres sur la route. Et ça me chagrine déjà un peu. A rattraper.

Quant au dernier, le fait de ne pas se laisser à être heureux, je pense qu'il découle beaucoup des regrets précédents. Si je n'ai pas ces quatre premiers regrets à quelques heures de ma mort, je pense que je n'aurai pas celui-ci. J'essaie toujours de faire les choix en terme de bonheur, et jusque là ça m'a plutôt porté chance. A savourer.

Et vous, déjà des regrets ? Quelles sont vos peurs par rapport à ça ?
On n'a qu'une vie. Profitez.

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27 juillet 2013 6 27 /07 /juillet /2013 19:30

Le temps s'est arrêté. Il n'y a plus de passé, plus de futur. Je suis là, ici, présent. En plein dedans. En pleine interaction. Ce film m'a transcendé. Il a déjà 20 ans. Et il m'était méconnu. Jamais entendu parler. Jamais vu dans la programmation télé. 

Alors la claque n'en fut que plus brutale. Jean, tel un zombie, le traverse. On comprend lentement ces atermoiements. Et puis forcément. La relation qui s'en suit est violente, telle une maladie. Un amour interdit, qui n'interdit pas l'amour. Le choc des images et plus encore, le choc des paroles. Les actes aussi. Une souffrance. Pendant deux heures de film, pendant deux heures de vie. Le pourquoi moi. Les nuits fauves.

Les-nuits-fauves.jpg
Parfois j'ai l'impression de choisir la mauvaise voie. Celle du malheur. Et de l'emprunter en toute connaissance de cause. De persévérer au fur et à mesure des kilomètres, au fur et à mesure des heures. D'y plonger avec un certain plaisir, une certaine envie. D'en tester les limites. Combien de fois ai-je voulu être plus malheureux que je ne l'étais réellement. Combien de fois j'ai imaginé une situation des plus horribles pour penser mon malheur dans cet état de fait. La chute est lente, mais profonde. J'observe les différents étages, croise la tristesse et les idées noires. Je descends plus bas, parfois. Je regarde autour de moi. Je regarde vers le haut, j'y vois la lumière. Et je m'assois, pour contempler tout ça. Qu'il est beau mon malheur.


Le frôlement d'une main contre la mienne. Lentement, doucement, qui continue vers le long de l'avant-bras. Des frissons s'emparent de mon corps. L'intérieur du coude. Le divin. J'ouvre un peu les yeux, contemplant la beauté d'un visage. Les lèvres à peine refermées. Nos yeux se croisent. Les sourires s'installent. Des mots s'échangent. Légers. Je caresse sa joue droite. Divine. Je sens ses frissons. Je ressens l'amour. Qu'il est beau, mon bonheur.


Il est à portée de main. Il est la somme de nos décisions, de nos actes. Il est un choix. Mais il faut goûter des deux pour s'en satisfaire pleinement. Et il faut y retourner parfois, tester le goût amer, et le recracher, avec le sourire. Rien n'a le goût du bonheur. Rien n'a le goût de l'amour. Putain de belle vie.

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23 juillet 2013 2 23 /07 /juillet /2013 13:45

C'est un article que je veux faire depuis plusieurs mois, sans trouver le ton juste. Et depuis, il s'en est passé des choses sur Internet, et encore plus par rapport aux libertés sur Internet.
J'ignore comment c'est pour vous, mais il est clair que pour mois il y a de plus en plus une méfiance vis-à-vis de la toile. Et notamment par rapport aux traces que je laisse sur celle-ci. L'exemple le plus frappant est FB. Il n'y a pas si longtemps, j'avais un millier de photos, je faisais partie de 50 groupes et je faisais quelques blagues salaces sur les murs. Mais ça, c'était avant. Aujourd'hui j'ai nettoyé mon mur, pour ne rien laisser apparaître entre 2007 et 2011. Je laisse un mois ou deux d'archives, hormis la période du tour d'Asie. Et je suis tagé sur 69 photos. J'ai supprimé une dizaine d'albums. J'ai arrêté les blagues salaces. Je like rien, ou si peu. Pas de film, pas de musique, pas de livre. Pas de boulot. Pas de lieu d'étude. Pas de date d'anniversaire. Pas le vrai nom.

Très clairement FB n'est plus aussi drôle qu'il l'a été. FB c'est devenu sérieux. Et pour cause, j'ai des collègues de boulot, ma famille, des universitaires en puissance et des anciens d'Erasmus dans mes amis. Bonjour le melting-pot. Il est fini le temps où nous n'étions qu'un petit groupe à naviguer sur le réseau. Est-ce FB qui a changé ? Ou est-ce moi ?

 


Un peu des deux mon capitaine. Certes FB est moins « in » qu'auparavant. Mais mes cousins publient autant de photos d'eux et de leurs ami(e)s que je le faisais. Et ils écrivent les mêmes conneries. Si FB est devenu sérieux, c'est parce que je le suis devenu également.

Il n'y a pas que FB d'ailleurs. Quand je regarde mon blog des premières années, j'ai parfois honte. Le langage SMS que je combats maintenant, les milliers de fautes (que je fais toujours), des articles sans queue ni tête. Je me demande souvent comment j'ai fait pour publier ça. Et puis je me dis que tout ça fait partie de ma jeunesse. J'ai auto-censuré de nombreux articles, j'ai fait des choix. Mais j'ai gardé le tout bien précieusement dans mon disque dur, avant de l'imprimer. Je laisse des traces, mais je choisis lesquelles.

J'ai l'impression que de plus en plus de personnes entretiennent une psychose vis-à-vis d'Internet. Personnellement, je ne m'inquiète pas trop. Certes, les États tentent d'en profiter, mais il y a une telle lutte à leur encontre que beaucoup arrivent à contourner. L'exemple typique c'est le téléchargement et le streaming. Combien d'entre vous regardent des séries en streaming ? On est bien d'accord. Un autre exemple c'est quand je fus en Chine. Chez notre couchsurfer, on pouvait consulter FB, grâce à un contournement. Là-bas, c'était se connecter à la liberté. Ce serait fou qu'en France, en démocratie, FB devienne un symbole contraire. Bien sûr il faut rester vigilant. Mais de là à s'en détourner, il y a un pas que je ne franchis pas.

C'est qu'on a beau dire, on a beau faire, Internet a énormément d'avantages. Et j'ai développé une réelle dépendance. J'y achète mes livres, mes tickets d'avion et de train, je regarde mes films et mes séries, les photos des amis, j'échange avec ma famille, avec mon directeur de thèse, j'effectue celle-ci quasi-exclusivement en ligne, je lis les journaux, j'écris pour ce blog, je squatte facebook pour avoir des nouvelles de tout le monde...

Imaginez juste un peu : quitter Internet pendant une année. On en dégagerait du temps ! Mais pour quoi faire ? Pour être plus accroché au téléphone pour avoir des nouvelles des autres, pour galérer et se faire pigeonner dans les agences de voyages pour chaque ticket d'avion, pour faire la queue à la SNCF, pour commander mes livres et attendre 10 jours avant de les recevoir à la FNAC, en payant plus cher qui plus est. Pour squatter devant la télé et regarder une série traduite dans un français délirant, pour dépenser 10 euros à chaque fois que je veux voir un film au cinéma. Pour ne pas être au courant des naissances, des mariages, des soirées, des matchs de football... Pour n'avoir que la télévision et la radio comme source d'information...

Se méfier d'internet. Oui. D'accord. Mais sur Internet. 

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22 juillet 2013 1 22 /07 /juillet /2013 12:32

La capitale nordiste et moi avons une relation conflictuelle. Un mélange de haine et d'amour. Tout a commencé en 2005, alors que je devais faire mon choix d'université. Beaucoup partaient vers la métropole. Et puis j'ai visité Lille 3. Forcément, le tout-béton et les trous dans les murs faisaient rêver ! (sic!) Alors je me suis dit qu'Arras, avec sa verdure, ses beaux bâtiments... et ses moindres tentations, me permettrait d'éviter de foirer mes années universitaires. Je n'avais pas tort, j'étais (à l'époque ?) un garçon immature, et ce choix me fut salutaire. Car j'en ai vu beaucoup se perdre dans les folles soirées lilloises.

Et puis très honnêtement, je n'aimais pas Lille. Je trouvais la ville sale, engorgée, alcoolisée. Mes quelques soirées sur place se comptaient sur les doigts d'une main. Même la braderie me dégoûtait. Lille, c'est pas pour moi.

J'ai gardé cette impression jusque tard. Jusqu'à il n'y a pas si longtemps. Décembre 2010 et début d'année 2011. Lille m'a rattrapé par le col alors que je sombrais après mes aventures new yorkaises. Et dès lors, ce fut l'île de la tentation. Lille m'a montré qu'elle était reine de la nuit, qu'elle festoyait comme une belle Erasmus. Mon Lille vibrait au rythme de Solférino. Je vivais Magnun et Smile, croisant le Latina et la Boucherie, rigolant au Scotland et à l'Irlandais. Je vivais ma seconde jeunesse, celle que je n'avais pas voulu embrasser à la sortie du lycée. Je me plaisais dans mon immaturité, débarquant chaque jeudi plein d'envie et repartant chaque vendredi plein de cernes. On a même envisagé d'aller voler le drapeau du consulat d'Italie, qui a fermé devant notre menace.

Mes soirée lilloises m'ont apporté beaucoup sur le plan humain, et sur le plan relationnel. Je ne connaissais que la vie de couple. J'ai découvert autre chose, presque aussi important. Lille m'a permis de tester mon envie. Lille m'a apporté les comparaisons. Lille m'a fait comprendre que la polygamie ne doit pas être enviée. Lille m'a offert une confiance que je ne connaissais pas. Alors quitter l'île de la tentation fut une quasi-délivrance. J'y avais pris goût, cela aurait pu être dangereux.

A mon retour en Europe j'ai imaginé revivre Lille de la même façon, avec la même envie. Et puis...
Et puis Lille a un goût de déjà vu. Un goût de déjà fait. Un goût de déjà entendu. J'ai refait les mêmes soirées, dans les mêmes boîtes, avec les mêmes personnes. Et pourtant ce n'est plus pareil. La folie a disparu. Lille n'est plus la reine de la nuit, puisque j'ai trouvé une autre reine, peut-être celle de ma vie.
Les soirées lilloises ont clairement un goût différent quand vous êtes célibataire et quand vous êtes en couple. Non. Ce n'est pas ça. Les soirées en boîte ont clairement un goût différent quand vous êtes célibataire et quand vous êtes en couple.
Pourtant j'ai répété pendant des années que j'aime danser. Oui, c'est vrai. Mais plus autant qu'avant. Et puis danser la Macarena pour la 233ème fois, c'est moins drôle.

Ma dernière soirée lilloise était la fête du bac. Et autour de moi, j'avais tous les lycéens et lycéennes de Lille, certain(e)s pour leur première soirée en boîte. Ils fêtaient le bac, et goûtaient la liberté. Et moi, à côté d'eux. Je fêtais mon bac pour la huitième fois. Putain, huit ans. Alors très clairement je me suis senti vieux. J'ai pourtant tenté d'amuser ma soirée en aidant tant bien que mal des amis à flirter avec le sexe opposé, que ce soit Dormeur ou Bozo. Mais ça n'a pas suffi.

Très clairement, je me rapproche de l'épilogue de mes soirée lilloises. Oh, il y en aura d'autres, des soirées au restaurant et avec un verre dans un bar. Mais il faut reconnaître que notre temps en boîte est compté. L'horloge tourne, il est 4 heures, la soirée est sur la fin. Des gens sont déjà partis. La plupart de ma génération d'ailleurs. Restent les plus jeunes qui prennent le relais, et les anciens savourant leur dernière danse. Je fais partie de ceux-là. Pour combien de temps encore ?

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30 juin 2013 7 30 /06 /juin /2013 09:47

A quelques heures de mon retour en Europe, il est un point qu'il faut que je mette en valeur : la chance que j'ai.

Oui chanceux je le suis, de pouvoir vivre ainsi. J'ai déjà eu mon lot de voyages, suffisant pour toute une vie. J'ai vécu une tonne d'aventures aux quatre coins du monde, rencontré des centaines de visages si peu familiers à l'Europe. J'ai vu des paysages oh combien merveilleux. Et je continue encore, et encore.

 

Parfois j'ai des moments de tristesse lors de ces voyages. Je pense les avoir fait ressentir, notamment lors de mon premier périple à Nairobi. Je me dis que je serais aussi bien en Europe, qu'il faut que je me pose quelque part, que je veux arrêter de voyager. Je suis blasé de ce que je vois, et je ne me souviens plus à quel point je suis un privilégié. Mais le plus souvent, rassurez-vous, je reste lucide sur ma situation. Je suis un étudiant chanceux, qui effectue une recherche sur un sujet que j'ai choisi et qui me plaît. Je reçois de l'argent pour effectuer mes recherches dans des pays exotiques, au-dessous de l’Équateur. Et quand je vois la situation des locaux, je réalise à quel point mes petits problèmes de motivation ou d'envie sont des soucis de riche. 

 

Parfois je me demande ce que j'ai fait pour mériter ça. Et puis je pense au karma. Oui, c'est un principe auquel je crois peu face aux gens qui y croient beaucoup. Mais il n'empêche que c'est quelque chose à quoi je réfléchis beaucoup. Le principe est simple : lorsque vous réalisez des actions de bien, le bien revient vers vous. Il en va de même avec le mal. 

Je n'ai pas attendu de connaître le karma pour essayer de faire le bien. Et surtout, je ne fais pas le bien pour recevoir le bien. Ce serait d'un fantastique égoïsme. Non j'essaie de faire le bien pour faire le bien. Attention, je ne suis pas Mère Térésa ou Gandhi. Mais j'essaie de faire les choses à mon niveau, avec mes ami(e)s, ma famille, ou les gens que je rencontre. Avec ce blog même, un peu. J'essaie de faire évoluer les gens dans la direction que je crois bonne, celle du respect des autres, de leur culture. J'essaie de faire changer les mentalités vis-à-vis des pays que je traverse, de supprimer les idées reçues pour montrer ce qui se passe vraiment ici, en Afrique. J'ignore si j'y arrive, mais je me plais à croire que votre vision du Rwanda a, ne serait-ce qu'un peu, évolué. 

 

Je me dis aussi que cette chance m'a été donnée comme une récompense. J'ai longtemps eu l'impression, pendant mon enfance, d'être un gamin très malchanceux. Et aussi malheureux. Les choses n'étaient pas parfaites dans ma vie d'alors, et j'ai longtemps hésité vers quel chemin me diriger. On dit que dans chaque berceau se cachent l'ange et le diable. Pendant mon adolescence, j'ai hésité entre ces deux directions, entre ces deux symboles. J'ai tangué vers le mal, parfois. Mais le bien m'a rattrapé par le col, et m'a dit que ce chemin était le bon. J'ai l'impression que la chance qui m'est donnée depuis plusieurs années est la récompense de ce choix. Je sais, ça peut paraître un peu con comme ça, cette drôle de croyance limite païenne. Mais j'y crois, parfois.

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30 mai 2013 4 30 /05 /mai /2013 07:09

D'autres voyageurs vous le diront : c'est à l'étranger que l'on se sent le plus Français. Je dirais même que c'est à l'étranger que l'on est le plus fier d'être Français. J'ignore pourquoi, n'étant pas vraiment un grand patriote et passant beaucoup de temps à critiquer mon pays, ses institutions, ses représentants ou sa population quand je suis dans l'Hexagone. Mais voilà, c'est à l'étranger que je me rends compte de la chance que j'ai de vivre en France.


Ça a commencé en Erasmus, en Angleterre. Là je faisais de la publicité pour notre éducation nationale, et son système de bourses avantageux. Évoquer cela avec un Anglais qui paye 3000€ son année, je peux vous dire que ça a fait son effet (depuis ils peuvent payer jusque 9000€). Pire encore quand nous comparions nos bourses avec les autres Erasmus : j'étais celui qui touchait le plus (je remercie également la région Nord-Pas-de-Calais dans cette histoire).
Au-delà de l'éducation, c'est tout un système social que je vantais régulièrement. Nos hôpitaux ? Ils sont excellents. Et on est remboursé. Pas vous ? Les Anglais répondirent par la négative. Et leurs hôpitaux publics sont parfois dans un état déplorable.

Et puis j'ai continué mes voyages. A travers les pays nordiques j'ai vanté notre météo. Penser, un pays où il fait – 30°C l'hiver et où les moustiques vous harcèlent l'été. Ce n'était pas difficile de faire mieux ! Preuve en est que même notre Pas-de-Calais est capable d'avoir un climat plus accueillant !

 

A travers l'Asie je glorifiais notre nourriture. Dans des contrées où tu manges du riz au petit-dej, à midi et le soir, parlez d'un petit-pain au chocolat et on vous prendra pour un fou. L'aspect nourriture vaut également en Angleterre, dans les pays nordiques, en Allemagne et dans 95% des pays du monde.

A travers l'Afrique, j'ai compris que notre crise économique n'était finalement que légère. « Nous, quand on a une crise, c'est la guerre civile et les gens meurent de faim. Quelle crise vous avez en Europe ? » C'est vrai que vu comme ça... L'électricité, l'eau courante, l'eau chaude, des routes, pas de maladie refilée par les moustiques, des salaires, une assurance-chômage, une retraite... Oui, vivre en France reste une chance. Je l'ai déjà dit, on a tous gagné au loto le jour de notre naissance.

Au cours de mes voyages, je me suis également rendu compte que la France est un pays magnifique. Et que l'on a de la chance d'avoir une telle diversité de paysages. On a Paris, les Alpes, l'île de Beauté, la Camargue, les plages du grand Ouest, le Mont-Saint-Michel, les volcans d'Auvergne... tous les citer me prendrait une éternité.

Et notre histoire ! Quelle histoire ! Ici en Tanzanie, je parlais avec une Québécoise, elle me disait qu'elle était toujours impressionnée quand elle venait en Europe. Et que sa première fois à Paris, elle touchait les pierres des ponts et disait « c'est plus vieux que n'importe quelle autre construction du Québec ».

Notre histoire fascine nos voisins. Je me souviens bien d'un professeur de Canterbury me demandant « mais pourquoi avez-vous tué Marie-Antoinette ». Après lui avoir répondu que ce n'était pas vraiment ma faute, je lui déclarais que pas grand monde ne regrettait ce geste. Et que les Français avaient une opinion très positive concernant la Révolution, ou Napoléon.
Notre esprit de révolte est parfois caricaturé : un peuple qui passe la moitié de son année à faire grève. Oui, mais ça sert parfois. Quand on m'évoqua les suppressions de postes draconiennes dans l'éducation nationale finlandaise (3 postes d'enseignants de français sur 4 sautaient dans l'université visitée) je leur ai demandé : « mais pourquoi vous ne faites pas grève ». On m'a alors regardé avec des yeux, l'air de dire « faire grève, c'est quoi ça ? ». J'évoquais alors les blocages d'université lors de la période CPE, telle une grande bataille napoléonienne contre l'envahisseur. Et je voyais une certaine admiration à l'écoute de ce récit (soit dit en passant, je n'ai jamais été un partisan du blocage des universités !).

Et puis vint le temps de la culture française. Ah comme je suis fier quand on m'évoque Voltaire ou Rousseau (alors que franchement les Confessions n'était pas mon livre favori du lycée!). Encore en Erasmus, ma colocataire américaine me parlait de la Nouvelle Vague, de Godard. J'étais bien en peine, je n'avais jamais vu un Godard de ma vie. Ni de Truffaut. Mais elle m'en parlé comme si c'était moi qui en étais à l'origine.

Et puis notre langue. Ah, le français. « Bonjour, comment ça va ». On m'interpelle de nombreuses fois de cette façon en Tanzanie. Je tente de poursuivre un peu mais souvent leurs connaissances s'arrêtent là. Mais il faut voir leur fierté de dire cette petite phrase pour comprendre. Et quand il me demandent mon prénom, je le dis à l'anglaise, avant de leur préciser la prononciation française. Ils répètent, et rient. Comme quoi, il n'en faut pas beaucoup pour faire sourire un homme.
D'ailleurs cet accent très français que j'ai, j'en suis très fier. Je le répète souvent, le garder fut un choix merveilleux. Et pour cause, avec le succès que ça a auprès des filles, ça aurait été con de le perdre !

 

Alors oui, je peux le dire d'ici, Arusha, Tanzanie  : vive la France ! (et vive le Général)

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