5 décembre 2013 4 05 /12 /décembre /2013 18:47

1 – Je suis la cotation du café arabica à la bourse de New York alors que je n'aime pas le café.

2 – Lorsque l'union monétaire a été signée par la Communauté d'Afrique de l'Est, je me suis dit que c'était l'information de l'année, peut-être même de ta thèse.

3 – J'ai tremblé quand on a évoqué la séparation de l'organisation régionale → ça m'aurait obligé à revoir mon sujet !
4 – Le matin, je me réveille, et je file directement sur le New Times rwandais. Normal.

5 – Je ne suis même plus choqué lorsque je vois que mon dossier thèse contient 126 000 fichiers.
6 – L'East African est devenu ma bible.
7 – Je suis étonné lorsque quelqu'un ne sait pas que Mambo/Jambo veut dire bonjour en swahili.
8 – Ma première publication fut un moment important. La seconde, déjà, moins.
9 – Le dimanche soir, sans raison apparente, je me mets à lire des documents sur mon sujet. Et le lundi matin je regarde un film. Je suis le grand maître de mon emploi du temps.

10 – D'ailleurs, quand on me dit que 3 ans pour une thèse, c'est long, j'affirme le contraire. C'est que ça passe très vite lorsque l'on débute 10 nouvelles séries TV !
11 – Je peux placer Bujumbura et Mombasa sans difficulté sur une carte. Et je confirme que le Kilimandjaro est en Tanzanie, pas au Kenya !
12 – Le corridor Nord me semble la meilleure idée pour importer un bien depuis Kigali.

 

13 – Quand je lis que les barrières non-tarifaires seront enlevées cette année, je souris. J'ai déjà lu la même information huit fois, les huit années précédentes.
14 – Je connais parfois mieux le nom des ministres rwandais que le nom des ministres français.
15 – Lorsque j'ai terminé mes recherches sur un point précis, je serre les poings comme lors de mes plus belles victoires avec le FC Tilques.

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30 novembre 2013 6 30 /11 /novembre /2013 10:14

Les soirées d'intégration étudiante. Ou soirées beuveries. Je vous annonce tout de suite la couleur, cet article ne sera pas une ode aux soirées festives où l'on boit avec modération. C'est que j'ai une petite histoire qui m'est arrivée il y a quelques semaines, et je pense qu'elle vaut le coup d'être entendue (ou lue).

Je considère que ne pas boire d'alcool est un choix fait contre la société. Que c'est un choix plus difficile qui n'y paraît, que c'est un choix qu'il a fallu imposer. Qu'il m'aurait été plus facile de me laisser entraîner. Voyez-vous, je refuse de boire depuis de nombreuses années, depuis ce choix que j'ai fait lors d'une soirée du collège. Depuis je m'y suis tenu, malgré les demandes incessantes. Combien de personnes m'ont proposé un verre depuis ce temps là ? 100 ? 1 000 ? 5 000 ? On doit être dans cette fourchette. C'est que je suis sorti pas mal pendant ma jeunesse (qui continue). Et que très souvent, quelqu'un m'a proposé un verre. Ma réponse était toujours la même, non.

Dire non à un verre d'alcool, c'est subir des moqueries. « Tu ne sais pas t'amuser ». Commandez une grenadine à l'eau au café, vous verrez parfois la réaction du serveur. Un petit rire. Surtout quand je suis le seul. A Lille, dans un pub irlandais, on m'a déjà tenu le crachoir cinq minutes un soir de Saint-Patrick pour me faire changer d'avis. Pour me dire que c'est soirée Guiness, qu'il faut que j'en prenne une, qu'il y a beaucoup de monde dans le café, que certains n'ont pas pu entrer. Alors c'est mieux que je consomme une Guiness. Non. Vraiment. Non.


L'une de mes tandems est étudiante en sport. Elle m'évoquait les soirées d'intégration étudiante. Tous dans une hutte, au milieu d'une montagne. Chaque petit groupe reçoit un seau de bouteilles. Je suis un peu choqué. Selon moi, ça pousse à la consommation.


Le débat a commencé à apparaître avec Alba. Je lui expliquais que pour moi la société nous pousse à boire. Que malgré la petite mention du « boire avec modération », la publicité est omniprésente. Que l'alcool va toujours avec l'image de fête. Le débat s'est prolongé sur les soirées étudiantes, et notamment les soirées intégration. Un bierathlon. C'était l'épreuve à laquelle était invitée Alba. L'idée était simple : une course dans la ville de Fribourg, avec un nombre de bières à boire. Le premier groupe arrivé avec les bières vides a gagner. Elle considérait que cela ne pousse pas les gens à boire. J'étais en désaccord.

Ses arguments tenaient la route. Celui qui n'a pas envie de boire ne boit pas. On n'oblige personne. C'est exact. Mais ces soirées étudiantes sont faites pour rapprocher les étudiants. Alors celui qui souhaite s'intégrer doit venir. Cela pousse les personnes à venir, et donc à boire. Non, Alba me réplique que quelqu'un peut bien venir et ne pas boire. C'est vrai. Mais je lui explique qu'il y aura toujours quelqu'un, le plus souvent un garçon d'ailleurs, qui va venir vers cette personne qui ne boit pas pour lui demander pourquoi ? Et pour le pousser un peu. Imaginez faire ce bierathlon avec une boisson sans alcool. Alba m'arrête, me dit que ça ne serait pas pareil. Exact. Donc pour participer, il faut boire de l'alcool. Si tu ne bois pas, tu ne participes pas. Et tu ne t'intègres pas.

Je lui ai pris l'exemple d'un jeu auquel j'ai participé il n'y a pas longtemps. Le gros poulet. Si vous êtes du nord de la France, vous devez connaître. C'est un jeu de dés, à boire. Ce n'est pas forcément mon jeu préféré, mais c'est celui qui a été lancé lors de l'une de mes dernières soirées lilloises. Le jeu est simple: faire boire les autres. De mon côté, je ne bois pas. Bon, étant le seul, je joue tout de même au jeu. Mes amis sont sympas, ils ne me laissent pas tout seul dans la cuisine. Mais ça reste problématique pour certains. Ce n'est pas du jeu pour d'autres. J'entends toujours des petites réflexions « c'est pas drôle avec toi ». Cet exemple, c'est pourtant avec des gens que je connais très bien, avec qui je fais des soirées régulièrement.

Le cap's. Combien de fois des personnes se sont assises en soirée pour jouer au cap's ? Des dizaines de fois sans hésiter. Et moi, forcément, je n'étais pas toujours convié. J'étais en dehors du groupe à ce moment là. Pas de bière pour moi, donc pas de jeu, donc pas de fun. Donc en dehors du groupe, pas intégré.


Je ne sais pas si vous comprenez bien le point important de cet article : pour s'intégrer dans un groupe, surtout quand on est jeune, il est conseillé de boire. J'ai réussi à ne pas le faire, grâce à un mental en acier, forgé au fil des années. Mais combien ont craqué ? Et combien craquent chaque jour ? Combien se disent un jour « non, aujourd’hui, je ne bois pas ». Pour, quelques heures plus tard, se retrouver à moitié saoul, après avoir répondu par les actes aux propos des potes qui leur disaient « allez, un petit verre, allez, ne fais pas ta fillette ! ».

Le problème de la soirée d'intégration, c'est qu'elle ne pousse pas à boire un verre pour le plaisir. C'est qu'elle pousse à boire plus que de raison. Donner un seau d'alcool à un groupe d'étudiants c'est dangereux. Surtout quand on explique que le dernier groupe qui aura fini son seau devra nettoyer les toilettes de la hutte où sont réunis les étudiants de sport.

Je vois peut-être le mal partout. Ou pas.

Lors du week-end d'intégration, le meilleur ami de ma tandem est mort.

Il avait 24 ans. La vie devant lui. Une belle soirée d'intégration s'annonçait. Il a bu, plus que de raison. Le seau. Il ne serait pas le dernier. Il ne laverait pas les toilettes. Il était saoul. Tout d'un coup, il lui a pris l'idée de courir dehors. Drôle d'idée. On a souvent des drôles d'idées quand on est saoul. Et il est parti courir dehors. Le problème, c'est que c'était la nuit. Le problème c'est qu'il y avait du brouillard. Le problème, c'est qu'il faisait froid.
Il a couru. Et il n'a pas été capable de retrouve la hutte où étaient réunis les autres étudiants. Il est mort de froid dans un champ, à un kilomètre de là.

Imaginez un peu les autres étudiants aujourd'hui. Comment ne pas se sentir coupable ? Certes, personne ne l'a obligé à boire. Mais ça n'empêchera pas le sentiment de culpabilité pour tous. Car on parle ici d'un jeune de 24 ans. Imaginez recevoir l'appel qu'on reçu ses parents ce jour là. Imaginez leur vie maintenant.

L'année prochaine, il n'y aura pas de soirée d'intégration à l'université.
 Alcoolisme.jpg

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1 novembre 2013 5 01 /11 /novembre /2013 07:06

On se retrouve tous, un jour ou un autre, confronté à ce mot terrible et angoissant. La mort. Prononcez le et vous verrez les visages s'assombrir autour de vous. « C'est qui qui est mort ? »
Personne. Enfin, beaucoup. Trop. Ou pas assez. Ça dépend pour qui.

J'ai toujours vu la mort comme une délivrance. Ça, c'est pour les personnes ayant fait leur temps. Ou ayant rencontré la maladie trop vite, une maladie trop forte. Une maladie contre laquelle on lutte, mais à laquelle on ne peut résister. Une maladie qui l'emporte, et qui à force de souffrance fait regretter au souffrant d'être encore ici bas. Mourir est la meilleure chose qui puisse arriver à certains. Triste à dire, à écrire, mais tellement logique parfois. Et l'une des pires maladies reste la vieillesse. Mon arrière grand-mère est morte à 96 ans. Elle avait clairement fait son temps. Et elle le savait. Elle n'avait pas envie de prolonger. Je la revois encore, chercher quelques pièces dans son porte-monnaie. C'était quelques jours après la nouvelle année. Nous venions présenter nos vœux en famille. Et comme chaque année, elle voulait nous donner une piécette à nous, ses petits-petits enfants qu'elle connaissait finalement si peu. Trop d'écart dans le temps. Trop de kilomètres. Se voir une fois par an complique le rapprochement inter-générationnel. Dans son porte-monnaie elle avait trouvé quelque chose. Je ne me souviens plus combien. Mais c'était trop. Trop pour ma mère qui l'arrêta. Elle lui convertit alors la somme en anciens francs. Nous venions de passer à l'euro. Mon arrière grand-mère s'est tout d'un coup mise à pleurer. Les larmes d'une grand-mère sont encore plus difficiles à supporter que les larmes d'un enfant. Ce sont les larmes de l'expérience. Elle ne pleure pas pour pleurer, elle pleure car elle n'y arrive plus. Trop de conversions, trop de changement. Mon arrière grand-mère est née dans une autre France, en 1907. Elle a connu les périodes les plus sombres. Elle a connu des temps plus glorieux. Et voici qu'arrive l'euro dans la botte du XXIème siècle. Ce n'est pas son siècle. Ce n'est plus de son temps. Ce n'est plus pour elle.

Mes trois grands-pères sont morts. Deux officiellement. Le troisième est mort mentalement. Il est maintenant dans le monde d'Alzheimer. Je l'ai déjà écrit, c'est une maladie terrible pour les proches, plus que pour le malade. Cela fait bien longtemps que je ne suis pas allé le voir. Je me souviens cependant très bien des deux dernières fois. L'avant-dernière fois, c'était quelques jours avant mon départ pour le tour du monde. Très franchement, j'y allais en me disant que c'était sans doute la dernière fois que je le voyais. Alors sur la route du retour de chez ma grand-mère, j'ai fait un arrêt à la maison de retraite. Je le revois assis sur une chaise, dans la salle commune. Il s'est retourné vers moi, et m'a reconnu. Ça se lisait à son visage : un grand sourire aux lèvres. Le fait qu'il m'ait reconnu était déjà, à l'époque, un petit miracle en soi. Mais ce qui suit va rester gravé. Il se leva, et prit la parole, en direction des autres pensionnaires : « c'est mon petit-fils, et il part faire le tour du monde ».
Alors là, ce fut un miracle. Et un bonheur. Mon grand-père ne se souvenait pas des prénoms, des visages, n'avait aucune idée de l'endroit où il était, était souvent persuadé de voir des personnes mortes depuis 30 ans, ou revivait un moment vieux de 15 ans. Et là, un immense éclair de lucidité a traversé la pièce, le temps, l'espace. On lui avait dit que je partais bientôt faire un tour du monde, on lui avait accroché un article de la Voix du Nord sur le sujet, et ça l'a apparemment marqué. Si vous saviez comme j'étais fier ce jour là. J'avais réussi à graver quelque chose dans le cerveau malade d'Alzheimer de mon grand-père.

Lors de mon retour de voyage, j'y suis reparti. Mon grand-père est toujours vivant, même si la maladie a continué à empirer. Cette fois, le miracle n'a pas eu lieu. Je ne pense pas qu'il m'ait reconnu. Quant au tour du monde, je présume que ça a déjà dû disparaître depuis de nombreux mois de son cerveau. Le revoir ainsi m'a fait mal. Depuis je n'y suis plus reparti.

Je me pose souvent la question d'aller le revoir. Pourquoi. Pour qui. Pour mon grand-père ? Les chances qu'il me reconnaisse sont très limitées, ayant déjà de nombreuses difficultés avec mamy. Et il a sans aucun doute déjà oublié notre venue quelques secondes après notre départ. Pour ma grand-mère alors. Pour montrer qu'on est là avec elle, dans cette galère de vie ou de survie.
Mon grand-père a fait un AVC il y a plusieurs années. Depuis ce temps là, il n'est plus le même. Parfois, je me demande si les choses n'auraient pas été meilleures pour tout le monde s'il était mort ce jour là. Car depuis, personne ne peut tourner la page. Ma grand-mère continue ses visites sur place, malgré l'absence totale de dialogue ou d'échange. Et lorsque je vais chez elle, c'est souvent le sujet de discussion. Il ne faut pas longtemps avant que les larmes coulent. La dernière fois, c'était à cause du sourire de mon grand-père lorsque celui-ci avait entendu le surnom de mes sœurs.

 

J'ai l'impression que mon grand-père va mourir quelques années trop tard.
Et il y en a d'autres, qui sont morts quelques années trop tôt.

On échangerait bien les années en trop du précédent pour quelques années de plus pour d'autres. François Marquis était quelqu'un que je connaissais peu. Un garçon de Tilques, et comme on se connaît tous plus ou moins à Tilques, il était dans mes amis Facebook. J'avais fait une ou deux années d'école primaire avec lui.
Je me souviens bien, j'étais en Finlande, à Tampere, quand j'ai reçu la nouvelle. Ça m'a marqué, ça m'a fait la soirée. La mort l'a happé avant ses 25 ans. Une putain de sale mort, bien violente. Une putain de nouvelle. Chaque mère peut tenter d'imaginer ce que la sienne a pu ressentir lorsqu'elle a appris la nouvelle. Chaque mère peut tenter d'imaginer ce qu'elle peut ressentir chaque jour depuis, en pensant à lui. La mort d'un fils c'est une plaie ouverte et profonde, au niveau du cœur, qui ne se refermera jamais. Toute la vie, ce sera le poids de son absence. J'en ai mal au cœur rien qu'en écrivant ces quelques lignes.
Je le connaissais peu. Mais depuis je pense souvent à lui, plus que quand il était vivant pour être tout à fait honnête. Lorsque je suis parti autour du monde j'ai pensé à lui, lorsque je fais quelque chose de ma Bucket List, je pense à lui. A chaque fois que je dois me rappeler que la vie est courte je pense à lui. Il est un peu vivant avec moi.

Et puis il y a ma voisine. C'était un peu ma quatrième grand-mère, il y a plusieurs années de cela. Je franchissais le trou sous la haie, et j'allais la voir. Je la revois encore regarder Pascal Sevran à la télé, puis écouter RDL. Sensation étrange de replonger dans mon passé. Depuis cette période, de l'eau a coulé, et je l'ai vraiment perdue de vue pour des histoires de voisinage (qui, comme les histoires de famille, sont présentes un peu partout sur cette planète). Je l'ai revue il y a quelques mois de cela. Elle était à sa fenêtre, et l'a ouverte en me voyant. Je vais dire bonjour et nous entamons la discussion. Je lui explique mon parcours. Je lui demande des nouvelles de ses enfants et de ses petits-enfants. Et tout d'un coup elle me parle de la vie. Et de la vieillesse. « Tu sais, c'est dur de vieillir ». Surtout seule. Elle a perdu son mari il y a plus de dix ans. Et elle m'évoque sa fin. Elle est fatiguée d'être ici. Elle me raconte qu'elle a encore un peu de mort aux rats dans sa serre. Alors un jour, elle me dit qu'elle franchira le pas.
Difficile de répondre à une telle sortie. J'essaie bien de lui faire voir le bon côté des choses, sa santé encore bonne, voir ses petits-enfants se marier dans quelques années. Mais même en le disant, je n'y crois pas tellement. Moi aussi je me dis que ça doit être long ici, seule le soir dans une grande maison froide. Car rien n'est pire que la solitude.

Alors quand je lis des articles glorifiant la poussée de l'espérance de vie, je reste circonspect. Combien de personnes ont vraiment envie de vivre jusque 100 ans ? En bonne santé, avec vos proches autour de vous, bien sûr. Mais dans d'autres circonstances, est-ce que ça vaut vraiment le coup. Et après 90 ans de vie, n'a-t-on pas déjà fait le tour des choses que l'on voulait faire sur cette planète ? Que peut-on bien faire de nouveau entre 90 et 100 ans ? Répondez-moi ! Oui, manger avec sa famille, voir ses petits-petits enfants apparaître. L'occasion de voir que la boucle est bouclée. Qu'après les enfants que l'on a éduqués et les petits enfants que l'on a chéris, la vie continue avec une nouvelle génération. Et ensuite ?


Parfois aussi, j'imagine la mort de mes proches. C'est une situation que j'envisage de plus en plus, sans savoir vraiment pourquoi. Et j'essaie d'imaginer ma possible réaction. Je vais au plus profond de moi-même, je plonge tellement loin que parfois les larmes m'en tombent des paupières. Souvent, je crois que ces morts me plongeront dans un grand état de déprime. Une déprime réelle, profonde. Une dépression. Je me dis souvent que j'aurai du mal à m'en relever. Et dans d'autres occasions, je vois la mort comme un appel à la liberté. Je m'imagine tout claquer et partir loin, vers d'autres horizons. Je m'imagine en voyage, je m'imagine dans un monastère. Je m'imagine changer de vie.

Et puis j'imagine ma mort, aussi. Enfin, surtout l'enterrement, auquel j'espère pouvoir assister (lol). J'imagine qui sera là, ce qu'on jouera, ce qui se dira. Comment réagiront les proches, ceux qui restent sur terre, ceux qui ont le droit de souffrir alors que moi j'aurai déjà la chance d'être parti. Car le plus dur est pour celui qui vit avec le poids de l'absence. Le défunt, lui, est libre.

La mort est un sujet que j'ai évoqué récemment avec une amie ayant eu un mois d'octobre noir. Elle me disait que les disparitions successives autour d'elle lui avaient fait parler du sujet, et qu'elle avait demandé que lors de son enterrement on ne passe que des musiques joyeuses. Et que surtout il ne fallait pas être triste. Belle demande. Malheureusement, je crains que ça ne soit pas le cas. On pleure toujours les morts, on pleure leur départ, on pleure les bons souvenirs, on pleure les moments que l'on ne vivra pas, les moments que l'on ne vivra plus. Et on pleure aussi sa propre mort. Car chaque décès n'est qu'un rappel du temps qui passe. La mort de mon arrière grand-mère appelait les morts prochaines de mes grands-parents. Et quand mes grands-parents seront tous partis, ce sera au tour de mes parents. Et ensuite, ce sera moi. Ce sera nous. On a beau chercher, on n'y échappera pas. Et c'est sans doute mieux comme ça.

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10 octobre 2013 4 10 /10 /octobre /2013 11:26

Pendant plusieurs années j'étais un type sociable. Qui allait vers les autres, qui avait envie de les découvrir. J'avais foi dans l'humain, et je pensais que chaque nouvelle rencontre pouvait me permettre d'apprendre sur la vie ou sur moi, en plus de connaître l'autre. Erasmus fut une apogée dans ce domaine : ce n'est pas toutes les semaines que l'on rencontre des dizaines de personnes venues de pays différents, prêtes à échanger avec vous sans sourciller. Le voyage fut aussi l'occasion d'entrer dans la galaxie des backpackers.

Déjà, là, j'ai eu plus de mal. Après 30 histoires de voyages, se ressemblant souvent, j'ai perdu un peu de mes illusions sur cette communauté, parfois égoïste, parfois prétentieuse. Faire un voyage ne nous rendait pas plus intelligenst, pas plus supérieurs que le reste de la population. Mais les personnes que je rencontrais avaient parfois tendance à le penser. « Ceux qui ne voyagent pas ne peuvent pas comprendre le monde, sont dans leurs petites vies pépères, sont tristes ». Pour moi, c'est plus « ceux qui ne voyagent pas font d'autres choses », et s'ils sont heureux ainsi, c'est le plus important.

En Afrique, ce fut la communauté des expatriés. Là, j'ai eu franchement du mal. Beaucoup de mal en fait. J'étais fatigué d'entendre les ambitions de chacun, les critiques faciles faites à la mère patrie, et les discours teintés d'arrogance, au moins de supériorité. Je n'y arrivais plus, je n'en avais plus l'envie. Je devenais peu à peu insociable.

J'écoutais sans écouter. Je ne parlais pas, ou alors le minimum. Et je n'allais plus vers les autres. Je me réfugiais dans la solitude pour mieux la détester. J'allais dans la chambre, je fermais la porte. J'attendais que mes colocataires soient couchés pour aller cuisiner. J'évitais les discussions, j'évitais les rencontres.

Ce sentiment d'insociabilité ne me quitte pas vraiment. J'ai parfois l'impression que j'ai perdu la foi dans l'humain. Que les discours des uns et des autres me fatiguent. Pourquoi ?
Je lis trop le net. Trop les articles, et surtout, trop les commentaires. Rien de pire après un article politique sur les Roms/l'islam/l'insécurité/le mariage pour tous que de lire les commentaires. Vous aurez le droit à des raccourcis sans limites, des propos racistes, homophobes, parfois tenus de relents assassins. Je marche dans la rue. Un SDF est assis à ma droite, un chien à ses côtés. Un couple de vieux devant moi. « C'est quand même pas une vie pour cette pauvre bête ». C'est une façon de voir les choses.

L'humain me déçoit de plus en plus. Lire que le FN est en tête des sondages m'attriste de plus en plus et me révolte de moins en moins. Alors que ça devrait être l'inverse. Il faudrait avoir l'envie de se battre, de lutter contre vents et marées, contre les mensonges et les ignorances. Mais j'ai l'impression que je n'y crois plus. Que dans l'océan des opinions, la mienne compte peu.

A moins que l'enseignement. Je crois à l'école, je crois au savoir. Mais ceux qui ont choisi cette voie autour de moi partaient avec les mêmes bonnes intentions, avec les mêmes belles illusions, et sont revenus quelque peu frustrés (et c'est un euphémisme).

Je ne sais pas trop où je vais avec cet article, j'espère que vous ne m'en voulez pas trop. Ca fait plusieurs semaines que j'essaie d'écrire sur chacun de ces sujets, sans vraiment réussir, alors aujourd'hui c'est un melting-pot, il y en a pour tous les goûts ! Pas sûr que ce soit l'article de l'année, mais si ça me permet d'écrire ce qui me trotte depuis quelques semaines dans la tête, ça me fera du bien.

Où j'en étais ? Ah oui, l'enseignement. Ça me ramène à la question de mon avenir cette histoire. « Qu'est-ce que tu vas faire après ton doctorat ? ». Chut! Arrêtez avec cette question ! Je ne sais pas, et ça m'énerve de plus en plus. Surtout ça me démotive pour le doctorat. Quand on n'a pas d'objectif, pourquoi réaliser un projet ? Et c'est exactement ce qu'il ne faut pas faire, il faut que je me fixe des objectifs, il faut que je les trouve. Se forcer à travailler, ça va bien un temps. Mais lorsque l'on travaille pour soi, que l'on n'a personne sur son dos, pas de patron, un prof lointain... ça ne peut pas fonctionner sur le long terme.
Je suis un peu bloqué dans mes recherches parce que je suis bloqué dans ma tête, parce que je suis dans l'incertitude sur la suite des événements. J'ignore vers où aller, j'ignore même ce qui pourrait m'intéresser. J'ai le sac de voyage qui me titille encore, j'ai la carte du monde dans la tête. J'ai la route de la soie qui crie mon nom.

Financièrement, je vais commencer à être ric-rac. C'est le jeu d'avoir un appart, d'avoir fait un voyage, et de ne plus travailler depuis quelques années. Et je n'ai pas les bourses ! Pas d'argent qui rentre, et il faut vivre. Du coup, chaque mois présente un bilan déficitaire. Les maths font preuve d'une logique implacable. Alors voyager c'est bien, mais encore faut-il avoir les moyens. Et le temps. Et vraiment en avoir envie. Parce que tout quitter quand on est célibataire, c'est une chose. Mais tout quitter en étant en couple, c'en est une autre.

Bref, tu le vois bien, ma tête ne me laisse pas tranquille cinq minutes. Voilà ce à quoi mon cerveau peut penser en l'espace d'un quart d'heure, le temps d'écrire cet article. Pas sûr que ça fasse avancer le schmilblick cette histoire, mais, au moins, une partie des idées est déposée. Pas sûr que vous ayez une réponse à toutes ces questions qui me taraudent l'esprit depuis quelques semaines/mois mais si vous en avez ne serait-ce qu'une, je suis preneur.

On n'a qu'une vie. 

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10 octobre 2013 4 10 /10 /octobre /2013 10:43

quitter-facebook.jpgEn vérité je suis un accro. Un addict. Un putain de junkie. Me le mettre entre les mains et je ne peux m'en détacher. Ça fait trois semaines que je dois faire un boulot pour la fac, et je finis toujours par me retrouver sur ce mangeur de temps. Carnivore.

Saloperie de Facebook, tu m'en auras fait perdre des minutes, des heures, des journées entières. Je venais vers toi pour voir ce qui se passait, et admirer ainsi qu'il ne se passait rien. Ça me rassurait autant que ça me déprimait. Chez moi, c'est calme, et chez vous, ça n'a pas l'air mieux non plus. Triste vie.

Aujourd'hui, je te quitte à nouveau. J'ai déjà fait l'expérience un été, il y avait eu des hauts et des bas à ton absence. Mais objectivement, il y a aussi des hauts et des bas à ta présence. Tu voles mon temps, tu me le confisques, et je n'arrive pas à le récupérer, à me contrôler. Comme toujours, en cas de rupture, je suis radical. C'est un vrai au revoir. On coupe les ponts. Je ne veux plus te voir, plus entendre parler de toi. J'ai eu quelques bons moments mais depuis quelque temps tu ne me satisfaisais plus. Tu me frustrais.

J'espère que je tiendrai. Le problème dans les ruptures, c'est la sensation de manque, la solitude, le petit message qui ne vient plus. Alors il faut que je m'occupe. Ça tombe bien, j'ai une thèse à faire et une langue à apprendre. Une copine à m'occuper, des livres à lire, le journal à feuilleter, des films à regarder. Quelques articles à écrire. Depuis quelques semaines, je n'y arrivais plus, à cause de toi, à cause de moi. Nous ne sommes pas faits pour être ensemble. J'espère que tu me pardonneras. Je te hais. Casse-toi. Ne reviens pas.

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4 octobre 2013 5 04 /10 /octobre /2013 18:54

Il n'y a pas si longtemps de cela, j'avais un furieux besoin d'écrire. Une journée sans quelques lignes n'était pas une bonne journée. Mon humeur dépendait de cette action, et quelques jours sans un article me mettaient hors de moi.
Mais depuis quelques mois, il y a comme une cassure. Je ne trouve plus les mots. Je n'arrive plus à enchaîner les lignes. Des idées, j'en ai encore beaucoup, des cours d'allemand à l'insociable, en passant par la Françafrique et Renaud. Mais je suis incapable d'aller plus loin. Je n'y arrive plus. Alors plutôt que d'écrire quelque chose, je me décide à écrire sur mes difficultés d'écriture. On tourne en rond.

J'avais besoin d'écrire pour exprimer mes sentiments. Je sais que ce fut pendant de nombreuses années l'un de mes gros soucis : j'étais incapable de parler de moi. Je n'y arrivais pas, je gardais tout pour moi. Maladie familiale. Le risque, c'était d'exploser, de tout lâcher par une journée pluvieuse de novembre. Alors je me suis décidé à écrire ce que je pensais, ce que je vivais, ce que je ressentais. Ce fut là le meilleur des remèdes.
Depuis, j'ai beaucoup appris, sur moi, sur la vie, sur les autres. Par mes écrits aussi, par les réactions qu'ils ont parfois suscitées. Et ça m'a permis de passer au-dessus de ma feu timidité. Oui, elle est bien morte, et celui qui me connaît depuis moins de cinq ans serait bien surpris d'entendre le récit de mes exploits d'amoureux timide. Depuis, je peux parler de moi à d'autres personnes (trop?) sans éprouver de véritables complexes ou peur de jugement. Après avoir balancé sur la toile des choses comme ça, pourquoi reculer devant un ami ? Ce serait stupide.

La raison initiale du blog a donc disparu, mais je continuais cependant à écrire sur tout, et un peu n'importe quoi. Des voyages, des pensées, des découvertes, un peu de politique. Mais depuis quelques mois, ça vient beaucoup moins. Ça ne vient plus du tout depuis quelques semaines. J'essaie de me forcer, je me plante devant mon document « 850 dollars pour un Visa », qui trimbale 178 pages d'archives, sans pour autant trouver la solution.

J'essaie de comprendre quelle fut la coupure. Je pense de plus en plus à des discussions que j'ai eues avec des bons amis plusieurs fois, sur la protection de la vie privée. Ils en sont arrivés à me faire douter de l'intérêt d'un blog, et surtout des articles touchant à ma vie personnelle. « Pourquoi étaler ta vie sur Internet, à portée de main d'inconnus et de vieilles connaissances ? » C'est vrai, ça, pourquoi ? J'essayais de me justifier tant bien que mal, d'expliquer que mes expériences pouvaient servir à d'autres... Mais n'est-ce pas là du narcissisme ? Parler de soi, chaque jour ? Trouver un intérêt à sa vie par les commentaires et les mentions « j'aime » sur chaque article ? Merde, est-ce vraiment ça ?

Ces conversations m'ont un peu déboussolé, surtout venant d'amis proches, avec qui j'ai même partagé un blog de voyage, l'un d'eux ayant eu un blog intéressant (et souvent mis à jour) à l'époque. Alors j'ai essayé de changer un peu ce blog, de ne plus écrire sur moi. Ça s'est fait de manière un peu inconsciente au départ. Et puis peu à peu j'en suis arrivé à me lancer dans un article que je peux qualifier d'intime, touchant à ma vie, ou à des pensées qui me traversent, et à le supprimer après quelques dizaines de lignes, me trouvant ridicule d'exposer ainsi mes pensées. Je n'en voyais plus l'intérêt, je me plaignais pour pas grand chose, ou je voulais donner une petite leçon. Je regardais mon article avec condescendance, le trouvant inutile.

Le problème, c"est que c'étaient ces articles qui étaient à la base de ce blog. J'avais l'impression d'entretenir une vraie relation de confiance avec mes lecteurs, je pouvais me confier à eux sans avoir trop peur d'être jugé. Alors ne plus écrire sur moi, c'est perdre tout intérêt à ce blog.

Depuis quelques jours, je dois valider mon nom de domaine, qui arrive à expiration à la fin du mois. J'ai plusieurs fois pensé que ce serait l'occasion d'arrêter, de prendre ma petite retraite de l'écriture une fois ce moment venu, afin d'aller explorer d'autres horizons. Mais ça ne sera pas encore le cas cette fois. Le fait d'être en Allemagne, loin de tout, loin de vous, m'obligera très vite à reprendre la plume, et mes bonnes vieilles habitudes d'expatrié. Car sans ce blog, j'aurais vraiment l'impression de vivre ma vie seul, ou en tout cas sans vous. Le fait de l'avoir me permet de partager ma vie, malgré le petit millier de kilomètres qui nous sépare. Alors je vais m'y remettre, qu'importe la vie privée, la NSA, ou mon futur employeur. Ils ne décideront pas de ce que je peux ou veux écrire. Ce sera mon choix. Ce sera mon blog.

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29 août 2013 4 29 /08 /août /2013 08:44

Pour le deuxième été consécutif, je me suis fait une petite expérience internet. Après le mois sans Facebook, voici la semaine sans Internet. L'idée est de voir si mon addiction à la toile est si forte que je ne peux m'en passer.

Une-semaine-sans-Internet.jpg

Le bilan est rapide :

Points positifs :
 

- J'ai lu six bouquins en sept jours. En sachant que j'avais lu un bouquin en six mois. Une bouffée d'oxygène littéraire. 

- Je ne suis pas resté dans la maison. Chaque jour, j'étais en dehors. J'ai couru, j'ai vu les amies et la famille d'Alba, j'ai voyagé à travers la Bavière.

- Je n'ai pas eu d'informations pendant une semaine. Et ça fait parfois du bien de ne pas savoir ce qui se passe en Syrie ou la politique économique de l'Hexagone.


Points négatifs :


- Je n'ai pas eu d'informations pendant une semaine. Et parfois c'est important de savoir ce qui se passe en Syrie ou de comprendre la politique économique de notre Hexagone.

- Je me suis ennuyé. Cela faisait bien longtemps que je n'avais ressenti ce sentiment. Il pleuvait, j'avais déjà lu une partie de la journée, la demoiselle dormait. J'étais seul dans la maison. L'ennui, sentiment que l'on apprécie quand il ne dure que quelques heures et pas quelques semaines.

 

Le bilan est très satisfaisant. Vivre sans internet, sans facebook, sans mail, sans information, ce fut souffler. Ce fut un repos pour le cerveau, un bonheur pour l'inspiration, un renouveau pour la culture. Et je me suis demandé si Internet était finalement si primordial à ma vie. Pour ma thèse, cela ne fait aucun doute. Mais ensuite, il faudra que je réfléchisse à l'utilisation que je souhaite vraiment faire de la toile. Une année sans Internet, un jour, peut-être, pour pouvoir lire énormément et écrire quelque chose de plus grand.

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5 août 2013 1 05 /08 /août /2013 08:38

Il y a plusieurs mois de cela, j'ai écrit un article au titre similaire. Celui-ci retraçait mes craintes vis-à-vis du temps qui passe et des regrets qui s'amassent. Et je me demandais ce que les personnes âgées, celles qui vivaient en face de chez moi à cette époque, pouvaient bien regretter.

Une infirmière australienne a répondu à ma question. Elle travaille en soins palliatifs et accompagne les gens vers leur dernière demeure. Elle a posé la question à de nombreux patients, et le résultat est le suivant

 

5 – J'aurais dû me laisser être plus heureux.

4 – J'aurais dû rester en contact avec mes ami(e)s.

3 – J'aurais dû avoir le courage d'exprimer mes sentiments.

2 – J'aurais dû moins travailler.

1 – J'aurais dû vivre la vie que je souhaitais vivre, et non pas celle que les autres voulaient que je vive.

 

Depuis plusieurs semaines je repense beaucoup à cet article que j'ai lu dans le Guardian. Et je repense à ces regrets. Le premier, le plus important de tous, est le fait de ne pas avoir vécu ses rêves. C'est clairement un point sur lequel je travaille, comme ma Bucket List en témoigne. J'essaie de faire le maximum pour ne pas avoir ce regret-ci, relisant régulièrement cette liste. A terminer.

Mais ce sont surtout les autres regrets qui m'ont intéressé. C'étaient des points auxquel je n'avais pas pensé. Pour le coup du moins travailler, je ne pense pas être un bourreau de travail. J'ai toujours pensé qu'il fallait travailler pour vivre et non pas l'inverse. A continuer.


Concernant le regret 3, exprimer mes sentiments, c'est quelque chose que je n'arrive pas forcément à faire. Dans ma vie sentimentale, plutôt. Avec mes ami(e)s, j'essaie de leur faire comprendre parfois, à l'aube de quelques articles sur ce blog, que j'ai besoin d'eux. Quant à ma famille, c'est peut-être plus difficile. A méditer.

 

Le point 4 est un point essentiel. Les ami(e)s. Ces vieilles personnes, quelques semaines avant leur mort, pensaient à leurs ami(e)s perdu(e)s. Et je sais que c'est une crainte que je partage. L'amitié est une plante extrêmement fragile. Surtout quand on s'en occupe à distance. Depuis plusieurs années, je fais régulièrement les efforts, par message et à chacun de mes retours dans le Nord. Mon objectif est clair : revoir l'ensemble de mes ami(e)s à chacune de mes venues. Cela semble fonctionner. Les filles du lycée, les Arrageois, deux groupes que j'aurais pu perdre de vue. Mais nous avons fait les efforts pour rester liés. Je sais aussi que j'en ai laissé d'autres sur la route. Et ça me chagrine déjà un peu. A rattraper.

Quant au dernier, le fait de ne pas se laisser à être heureux, je pense qu'il découle beaucoup des regrets précédents. Si je n'ai pas ces quatre premiers regrets à quelques heures de ma mort, je pense que je n'aurai pas celui-ci. J'essaie toujours de faire les choix en terme de bonheur, et jusque là ça m'a plutôt porté chance. A savourer.

Et vous, déjà des regrets ? Quelles sont vos peurs par rapport à ça ?
On n'a qu'une vie. Profitez.

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27 juillet 2013 6 27 /07 /juillet /2013 19:30

Le temps s'est arrêté. Il n'y a plus de passé, plus de futur. Je suis là, ici, présent. En plein dedans. En pleine interaction. Ce film m'a transcendé. Il a déjà 20 ans. Et il m'était méconnu. Jamais entendu parler. Jamais vu dans la programmation télé. 

Alors la claque n'en fut que plus brutale. Jean, tel un zombie, le traverse. On comprend lentement ces atermoiements. Et puis forcément. La relation qui s'en suit est violente, telle une maladie. Un amour interdit, qui n'interdit pas l'amour. Le choc des images et plus encore, le choc des paroles. Les actes aussi. Une souffrance. Pendant deux heures de film, pendant deux heures de vie. Le pourquoi moi. Les nuits fauves.

Les-nuits-fauves.jpg
Parfois j'ai l'impression de choisir la mauvaise voie. Celle du malheur. Et de l'emprunter en toute connaissance de cause. De persévérer au fur et à mesure des kilomètres, au fur et à mesure des heures. D'y plonger avec un certain plaisir, une certaine envie. D'en tester les limites. Combien de fois ai-je voulu être plus malheureux que je ne l'étais réellement. Combien de fois j'ai imaginé une situation des plus horribles pour penser mon malheur dans cet état de fait. La chute est lente, mais profonde. J'observe les différents étages, croise la tristesse et les idées noires. Je descends plus bas, parfois. Je regarde autour de moi. Je regarde vers le haut, j'y vois la lumière. Et je m'assois, pour contempler tout ça. Qu'il est beau mon malheur.


Le frôlement d'une main contre la mienne. Lentement, doucement, qui continue vers le long de l'avant-bras. Des frissons s'emparent de mon corps. L'intérieur du coude. Le divin. J'ouvre un peu les yeux, contemplant la beauté d'un visage. Les lèvres à peine refermées. Nos yeux se croisent. Les sourires s'installent. Des mots s'échangent. Légers. Je caresse sa joue droite. Divine. Je sens ses frissons. Je ressens l'amour. Qu'il est beau, mon bonheur.


Il est à portée de main. Il est la somme de nos décisions, de nos actes. Il est un choix. Mais il faut goûter des deux pour s'en satisfaire pleinement. Et il faut y retourner parfois, tester le goût amer, et le recracher, avec le sourire. Rien n'a le goût du bonheur. Rien n'a le goût de l'amour. Putain de belle vie.

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23 juillet 2013 2 23 /07 /juillet /2013 13:45

C'est un article que je veux faire depuis plusieurs mois, sans trouver le ton juste. Et depuis, il s'en est passé des choses sur Internet, et encore plus par rapport aux libertés sur Internet.
J'ignore comment c'est pour vous, mais il est clair que pour mois il y a de plus en plus une méfiance vis-à-vis de la toile. Et notamment par rapport aux traces que je laisse sur celle-ci. L'exemple le plus frappant est FB. Il n'y a pas si longtemps, j'avais un millier de photos, je faisais partie de 50 groupes et je faisais quelques blagues salaces sur les murs. Mais ça, c'était avant. Aujourd'hui j'ai nettoyé mon mur, pour ne rien laisser apparaître entre 2007 et 2011. Je laisse un mois ou deux d'archives, hormis la période du tour d'Asie. Et je suis tagé sur 69 photos. J'ai supprimé une dizaine d'albums. J'ai arrêté les blagues salaces. Je like rien, ou si peu. Pas de film, pas de musique, pas de livre. Pas de boulot. Pas de lieu d'étude. Pas de date d'anniversaire. Pas le vrai nom.

Très clairement FB n'est plus aussi drôle qu'il l'a été. FB c'est devenu sérieux. Et pour cause, j'ai des collègues de boulot, ma famille, des universitaires en puissance et des anciens d'Erasmus dans mes amis. Bonjour le melting-pot. Il est fini le temps où nous n'étions qu'un petit groupe à naviguer sur le réseau. Est-ce FB qui a changé ? Ou est-ce moi ?

 


Un peu des deux mon capitaine. Certes FB est moins « in » qu'auparavant. Mais mes cousins publient autant de photos d'eux et de leurs ami(e)s que je le faisais. Et ils écrivent les mêmes conneries. Si FB est devenu sérieux, c'est parce que je le suis devenu également.

Il n'y a pas que FB d'ailleurs. Quand je regarde mon blog des premières années, j'ai parfois honte. Le langage SMS que je combats maintenant, les milliers de fautes (que je fais toujours), des articles sans queue ni tête. Je me demande souvent comment j'ai fait pour publier ça. Et puis je me dis que tout ça fait partie de ma jeunesse. J'ai auto-censuré de nombreux articles, j'ai fait des choix. Mais j'ai gardé le tout bien précieusement dans mon disque dur, avant de l'imprimer. Je laisse des traces, mais je choisis lesquelles.

J'ai l'impression que de plus en plus de personnes entretiennent une psychose vis-à-vis d'Internet. Personnellement, je ne m'inquiète pas trop. Certes, les États tentent d'en profiter, mais il y a une telle lutte à leur encontre que beaucoup arrivent à contourner. L'exemple typique c'est le téléchargement et le streaming. Combien d'entre vous regardent des séries en streaming ? On est bien d'accord. Un autre exemple c'est quand je fus en Chine. Chez notre couchsurfer, on pouvait consulter FB, grâce à un contournement. Là-bas, c'était se connecter à la liberté. Ce serait fou qu'en France, en démocratie, FB devienne un symbole contraire. Bien sûr il faut rester vigilant. Mais de là à s'en détourner, il y a un pas que je ne franchis pas.

C'est qu'on a beau dire, on a beau faire, Internet a énormément d'avantages. Et j'ai développé une réelle dépendance. J'y achète mes livres, mes tickets d'avion et de train, je regarde mes films et mes séries, les photos des amis, j'échange avec ma famille, avec mon directeur de thèse, j'effectue celle-ci quasi-exclusivement en ligne, je lis les journaux, j'écris pour ce blog, je squatte facebook pour avoir des nouvelles de tout le monde...

Imaginez juste un peu : quitter Internet pendant une année. On en dégagerait du temps ! Mais pour quoi faire ? Pour être plus accroché au téléphone pour avoir des nouvelles des autres, pour galérer et se faire pigeonner dans les agences de voyages pour chaque ticket d'avion, pour faire la queue à la SNCF, pour commander mes livres et attendre 10 jours avant de les recevoir à la FNAC, en payant plus cher qui plus est. Pour squatter devant la télé et regarder une série traduite dans un français délirant, pour dépenser 10 euros à chaque fois que je veux voir un film au cinéma. Pour ne pas être au courant des naissances, des mariages, des soirées, des matchs de football... Pour n'avoir que la télévision et la radio comme source d'information...

Se méfier d'internet. Oui. D'accord. Mais sur Internet. 

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