14 août 2011 7 14 /08 /août /2011 18:14

Pour la première fois de ma vie, je suis allé dans un cimetière militaire. Thiepval, dans la Somme, abrite un mémorial franco-britannique (le plus grand des mémoriaux britanniques au monde), pour rendre hommage aux 20 000 morts ici, lors de la bataille de la Somme.

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Je ne me rendais pas compte de l’atmosphère d’un tel lieu. D’ordinaire je vois beaucoup de cimetières militaires dans la région, à bord de ma voiture. Mais s’arrêter, se poser quelques minutes, observer chaque tombe, lire les noms de ces hommes… J’avoue avoir ressenti quelques frissons.

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J’ai surtout été choqué. Il doit y avoir 150 tombes avec écrit dessus « inconnu ». Et j’ai pensé à ces hommes, allant se battre pour leur pays. Ils pensaient sans doute ne jamais être oubliés. Leur patrie, cependant, n’a pas réussi à remettre un nom sur leur cadavre. Manque de temps, de moyens techniques ou financiers…

 

Le devoir de mémoire. Les Anglais sont imbattables de ce côté-là. C’est d’ailleurs eux que nous avons croisés dans les cimetières et mémoriaux cet après-midi. Souvent un poppy (petit coquelicot) accroché sur la veste, ils se recueillent en silence. Du côté des Français, le devoir de mémoire reste une exception. Il existe, dans ma branche d’études en tout cas. Il doit exister. Pour n’avoir qu’une envie : se battre, pour la paix.

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11 août 2011 4 11 /08 /août /2011 08:29

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Un coup d'oeil dans le miroir. Oh, miroir, miroir, dis-moi... Mon regard se bloque sur mon visage. J'analyse chaque partie. Le menton, où une espèce de barbe pousse régulièrement. Les lèvres, plutôt pulpeuses. Moustache plus ou moins bien rasée, joues imberbes (enfin presque), nez... Lentement je remonte vers les yeux. Se regarder droit dans les yeux, l'expression a donc bel et bien un sens. Puis les cheveux, en désordre complet.

 

Ne vous êtes-vous jamais posé la question : suis-je beau (belle) ? Difficile d'y répondre de manière objective. On est toujours plus ou moins beau selon la personne qui nous regarde. Le beau de quelqu'un est le laid de l'autre.

Mais suis-je beau par rapport aux critères de beauté établis ? (par la presse spécialisée, selon la mode du moment...) Et surtout, est-on beau par rapport à soi-même ? Est-ce que je me considère comme attrayant ?

 

Je dois l'avouer, pendant longtemps j'ai eu des complexes (pas tout à fait résorbés). On en a tous me direz-vous. Personnellement, cela a beaucoup joué sur ma vie "affective". N'ayant pas confiance en moi, je n'osais pas. C'est là où la beauté joue tout son rôle, où elle prend tout son sens. Notamment à l'adolescence. Je ne me trouve pas beau, je considère donc que les filles ne s'intéressent pas à moi. La beauté, c'est tout.

 

Un jour on m'a dit que j'avais de grandes oreilles. Alors hop, je me suis mis à complexer sur celles-ci. Puis on m'a dit que j'avais de grosses lèvres. Alors j'ai eu honte de mon sourire. Mes yeux ont l'air asiatique. Je complexe.

A l'adolescence, nous ne souhaitons qu'une seule chose, être dans la normalité absolue. Et pour cause, le différent est moqué dans la cour de récré. Non, je n'étais pas l'Elephant Man suscitant les moqueries en tous genres de mes camarades. Mais j'avais retenu chacune de ces remarques et l'avais pris pour argent comptant.

 

Depuis les choses ont peu à peu évolué. Lorsque j'ai appris que des filles s'intéressaient à moi au lycée, je n'y ai d'abord pas cru. Après ma première grande histoire, puis la seconde, j'ai compris que chacun de mes anciens complexes -lèvres, oreilles, yeux- faisaient partie intégrante de ma "beauté" relative, tout au moins dans les yeux de ces filles.

Surtout, par rapport à l'adolescence, j'ai compris que la beauté n'était pas le plus important. Je me suis surpris la première fois que j'ai aimé une fille que je ne trouvais pas forcément jolie. La beauté, c'est finalement pas grand chose.

 

Une rupture peut vous amener à vous reposer cette question. Surtout quand on a reçu un top 3 dans la tête. Et c'est là que j'ai compris l'importance d'une chose : l'important n'est pas d'être beau, au sens de l'ensemble ou de la majorité de la société. Non, l'important c'est de se sentir beau, de se sentir bien dans son corps, d'assumer jusque dans les moindres détails. Si tel est le cas, tu n'hésites plus à aller vers les filles.

 

De temps en temps je me demandais comment ce mec à côté de moi pouvait avoir autant de filles. Est-il si beau ? Non, mais il a une telle confiance que les filles le ressentent. Et c'est un cercle vicieux. Plus on se croit attrayant et plus on va vers les filles, plus on a donc de chance d'en trouver une, et alors plus on se sentira attrayant...

 

Toujours est-il que devant ce miroir je bloque souvent. Et je tente de me rassurer. Droit dans les yeux.

 

Allez, je finis par une expression qui orne mon salon : sois belle si tu peux, sois sage si tu veux.

 

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28 juillet 2011 4 28 /07 /juillet /2011 12:02

L’odeur d’un vieux livre. Le bruit des vagues. Un épi de blé glissant lentement au creux de ma main. Un sourire d’enfant. Le goût de la vie. Entendre et voir le bonheur. Et savoir s’arrêter. Pour tout contempler.


Je reprends ma respiration. Le vent fait flotter les feuilles. Le bruit de l’eau m’apaise et m’encourage à sourire. Dans le reflet du miroir, j’observe un oiseau se poser sur une branche. Il agite les ailes, les fait battre, comme s’il s’apprêtait à s’envoler à chaque seconde. De quoi as-tu peur ? Pourquoi t’agites-tu ainsi ? Le temps de deux questions et le voilà posé, fier sur sa branche. Il fait sa toilette. Je ne peux voir que sa petite tête qui bouge dans tous les sens, le long de son corps. Ses ailes battent un peu, pour faciliter le mouvement. Il sursaute un peu lorsqu’un de ses congénères se pose à quelques centimètres de lui. La vie suit son cours. Mon jardin s’agite et je recherche toujours ces sensations.


Le goût d’un loukoum. Ou du brownie d’Ellyn, celui qu’elle nous avait cuisiné un soir, lors d’un « repas de famille » Erasmussien. La sauce était au chocolat-fruits rouges (était-ce des cerises ?). Ah, si vous pouviez l’avoir goûté. Je revois le visage et le sourire de ma seconde famille. Tous se rappellent de ce moment intense, que nous avons revécu plusieurs fois ensemble. La sensation lors de la première cuillère, l’explosion des saveurs dans la bouche qui ont donné à cet orgasme gustatif un goût de mythe, d’apogée, quelque chose d’inégalable, que l’on regrettera tout au long de notre vie. Si nous suivions la recette à la lettre, nous n’obtiendrions qu’un ersatz de ce moment, avec un arrière goût de contrefaçon Made in China.


Il est si difficile de capter l’instant, de capturer un moment, de l’emmagasiner quelque part au fond de nous, afin de pouvoir le ressortir quand nous le souhaitons. Alors nous photographions. Pour revoir. Alors nous prenons une vidéo.  Pour réentendre. Mais difficile de ressentir, de retoucher ou de déguster à nouveau. Ces trois sens fabriquent Le moment. Ils ne peuvent pas être partagés. Ou alors qu’en de rares occasions. Il faut l’avoir vécu, l’avoir senti, l’avoir goûté.


Récemment, j’ai rencontré une fille qui ne pouvait pas sentir. Anosmie. Drôle de maladie. A choisir l’un des sens que je voudrais perdre, je lui ai dit que c’était peut-être celui-là. Sans trop me rendre compte des conséquences. Je reprends mon vieux livre. J’inspire à nouveau entre ses pages. Et je souris.

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26 juillet 2011 2 26 /07 /juillet /2011 15:37

Le téléphone sonne. Pour la troisième fois de la journée. Ce maudit fixe, que je souhaite tant débrancher. Il faut répondre. Oui, il le faut, on ne sait jamais, c'est peut-être quelque chose d'important. Un appel d'un proche en détresse. Quelqu'un de la famille pour donner des nouvelles ou en demander.

 

Perdu. Une nouvelle fois, c'est un vendeur. Chauffage, énergie verte, télécom, assurance, mutuelle, véranda, banque... toujours un bon prétexte pour te tenir au bout du fil pendant quelques minutes. Les vendeurs commencent souvent par une question simple, banale, passe partout, du style : "vous vous chauffez à quoi ?" Puis ils emboîtent le pas, "ne trouvez-vous pas que vous payez trop cher votre facture ?" Difficile de répondre non. De temps en temps je leur lance bien un "non, je trouve que ce n'est pas assez cher" mais ils sentent bien une pointe d'ironie. Enfin, ils amènent la conversation vers leur produit. C'est la technique du commercial. Ne jamais commencer par un "que diriez-vous de notre beau produit, le plus efficace et le moins cher ?" On vous voit trop venir. Alors on commence par des banalités avant de rentrer dans le vif du sujet. Histoire de faire perdre un peu plus de temps à tout le monde.

 

La vente par téléphone explose. Ce n'est pas qu'une impression. Chez moi c'est tous les jours. Dès la première seconde je le sais, je le sens. Je l'entends. Derrière, le centre d'appel fait beaucoup de bruit. Les autres vendeurs, placés à quelques -centi-mètres de mon vendeur, animent déjà la conversation alors qu'elle n'a pas encore débuté. De temps en temps on nous annonce qu’on a gagné une cuisine. Ou on nous demande notre avis sur tel ou tel sujet avant d’emboîter le pas sur un crédit génial et pas cher… Le pauvre vendeur débite tel un robot son récit qu’il répète pour la trentième fois aujourd’hui.

 

Je ne veux pas être méchant ou malpoli. Et pour cause, je connais des gens qui bossent dans ces centres d'appel. Et ça ne doit pas être facile tous les jours de se faire raccrocher au nez ou insulter par un inconnu qui en a marre d'être appelé 5 fois par jour pour ton produit. Pas de bol, la colère est tombée sur toi. Alors j'essaie d'être arrangeant au maximum. J'écoute le discours, puis je réponds simplement un "je ne suis pas intéressé". Ou alors je refile le fardeau à ma mère, ce qui permet peut-être à mon vendeur de gagner 15-20 centimes de plus sur son salaire, vu qu'il est parfois payé aux minutes qu'il passe avec ses clients.

 

Récemment en Italie, on a même vu des salariés d’un centre d’appel qui recevaient des coups de fouet sur les jambes si la productivité n'était pas à la hauteur, les pauses pipi étaient interdites… cinq responsables ont fini par être arrêtés.

 

De plus en plus, les centres d’appels sont délocalisés (externalisés qu’ils disent, parce que délocalisés, ça passe de plus en plus pour un gros mot) . Ainsi, d'un coin paumé du Maroc, on vous appelle un jour férié (20H45 en France) pour vendre un produit que le vendeur ne possède même pas. Il n'est pas le mieux placé pour en parler, il n'est même pas le mieux placé pour le vendre. Mais il reste le moins cher. Les pays du Maghreb ou d'Afrique sont bien pratiques pour ces entreprises, la population parle français. Alors, après avoir délocalisé la production en Asie, on délocalise la vente en Afrique (pardon, on externalise). Pas d’inquiétude, on garde le siège en France. Allons bon, on ne va pas obliger le patron à vivre dans ces coins là. D’ailleurs, ils s’en foutent de mon histoire, jamais dérangés qu’ils sont, et pour cause, ils sont sur liste rouge.

 

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23 juillet 2011 6 23 /07 /juillet /2011 22:12

Hier, dans ma voiture, j'étais un peu par hasard sur Skyrock. Ca fait quelque temps que j'ai déserté la station. Le jour où K'Maro est arrivé je crois bien. Ou Matt Pokora. Je ne sais plus trop. Enfin, le jour où j'ai compris que la définition de rap français avait changé sur la station. Mais hier, il était une heure du mat'. Et c'était rap à l'ancienne. Art de Rue. Et j'ai revécu ma jeunesse.

 

L'école du micro d'argent pr MilevOui, je l'assume, j'ai été formé sur Skyrock. Musicalement d'abord. La Fonky Family restera le groupe de mon adolescence. La fin des années 1990, l'âge d'or du rap français (?) IAM, le 113 ou NTM. Demain c'est loin ou Laisse pas traîner ton fils. Des chansons que je m'étonne encore de connaître par coeur. Des textes, oui, des textes. Le rap français ce n'était pas ooooo oooohhh ohhhhhh ou yééééééééé. Non, il y avait du fond. Il y avait beaucoup de talent.

 

L'un de mes premiers concerts c’était la Fonky Family à Lille. J'y étais allé seul. Et j'avais été un peu déçu j'avoue. J'attendais mieux. J'attendais tellement en fait. Autant que les nuits passées à écouter mes cassettes sur le baladeur. A reprendre les refrains à tue-tête. A écrire quelques lyrics sur des bouts de papier. Autant que mes deux T-Shirts.

 

 

Skyrock, c'est Radio Libre. Skyrock c'est Difool, Romano, la Marie, Cédric le Belge, Momo, Samy... y'avait même Flo à l'époque. Skyrock c'était à 21 heures. Parfois jusque minuit même si je tombais souvent avant. Skyrock c'est un peu de mon éducation. Non, je ne suis pas un bandit. au contraire, Skyrock c'était pas mal de tolérance. Je me rappelle du 21 avril 2002, quand j'ai vu une sale tête à la télé. Quelques minutes plus tard j'étais sur Sky. Et Difool arriva dans le studio. Puis des autres animateurs. Puis des musiciens. Et tout le monde avait l'air d'avoir pris une putain de sale coup sur la tête. Le même que j'avais reçu. Quelques heures plus tard Ministère A.M.E.R. s'était reformé le temps d'une chanson pour On devrait...

 

Skyrock c'est aussi ce qui me permet de comprendre un peu mieux les banlieusards. Non pas d'avoir vécu mais de les avoir écoutés. Leurs galères, celles de leurs darons. Argent, boulot, sexe, drogue. La vie des blocs. Formé sur Skyrock c'est limiter le risque du racisme. De façon un peu inconsciente, sans doute, mais aujourd'hui je peux le dire, Sky fait un peu de mes réflexions sur de nombreuses questions de société.

 

Difool c'est aussi un peu de mon éducation sexuelle aussi. Je suis sûr que je ne suis pas le seul à avoir écouté bidonné les problèmes du mois ou les réflexions de Romano. Je pleurais de rire. Je suis même passé un soir pour raconter mon "expérience" de vie, afin d'aider un auditeur en détresse.

 

 

Skyrock c'est aussi mon premier blog. 1er mai 2004. Et les skyblog, c'était un avant Facebook. Avec une audience de fou. D'ailleurs si tu n'avais pas un skyblog tu étais un peu un has-been !

 

Bref, Sky c'est ma jeunesse. C'est des soirées complètes, des nuits de rap français ou US (East or West Coast ?). C'était l'enfant seul, retour aux pyramides et mystère et suspense.

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22 juillet 2011 5 22 /07 /juillet /2011 09:30

Je me souviens d'un temps pas si lointain où parler ch'ti faisait penser que nous étions beaufs, ou sous-éduqués. Où mon professeur de primaire, par ailleurs grand défenseur de notre terroir, reprenait chaque mot patoisant pour le corriger. Il faut parler "en bon français", c'était une règle. C'est mieux pour votre futur job, c'est mieux pour votre future vie.

 

Je n'ai pas reçu de coup de règle sur les doigts mais mes grands-parents ont eu le droit à cette expérience, que ce soit par rapport au flamand ou au ch'ti. Celui-ci n'était clairement pas à la mode, et on se moquait même très souvent des gens qui ne parlaient que ce dialecte.

 

2008, Bienvenue chez les ch'tis. 20 millions d'entrées plus tard, voilà que notre patois fait une entrée fracassante dans les langages à la mode. Fini le verlan, le ch'ti est pratiqué de Marseille à Strasbourg, et même dans la capitale si moqueuse d'ordinaire. Du coup c'est nous, les Nordistes, qui nous moquons des "hein" entendus par milliers, comme si toute la population du Nord l'utilisait. Ce film caricaturait certains de nos travers, pour faire rire.

 

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Seul problème, ces caricatures ont la vie dure. Je ne compte plus les émissions de télévision où la scène se passe dans le Nord-Pas-de-Calais. Spécial tuning. Spécial je suis un sosie. Spécial je fais de la muscu. Spécial on nous fout la honte dans toute la France.

 

 

Je ne me suis jamais senti ch'ti. J'ai un bon copain, exilé sur Paris, qui, déjà à l'adolescence, était fier de ses racines. De mon côté je voyais plutôt les points négatifs : pluie, chômage, alcoolisme. Ducasse, foire, beaufitude.

 

Je me sentais un peu plus ch'ti quand j'étais à l'étranger, ou autre part en France. Pourtant on ne remarque pas mon origine géographique. Je n'ai pas l'accent. Je le perds une fois franchi le panneau Nord-Pas-de-Calais. Je le reprends revenu ici, notamment quand je parle avec ma petite soeur. Mais je n'ai pas encore tout. Encore récemment, au tournoi de sixte de l'Essor, quelqu'un m'a repris parce que je prononçais vingt "vin", et non pas "vinte".

 

Etre ch'ti, ce n'est pour moi que beaucoup de désavantages. Le taux de chômage le plus élevé de France. 12,8% au dernier trimestre 2010. Dans ce chiffre, 1/4 étaient des moins de 25 ans.

 

 

Et puis des Russes sont venus me rendre visite à Tilques. Ils succèdent à une Américaine ou une Finlandaise. Et j'ai pris grand plaisir à leur faire découvrir ma région, du Phare au lac d’Ardres. Une région que je ne connais finalement que trop bien. Des carnavals de Dunkerque à la grand place d’Arras. De la gare d’Hazebrouck au carrefour de l’accident de Douai. Du site des Deux-Caps à la métropole lilloise et ses bars-boîtes. Je connais parfois chaque petit village, chaque lieu insolite. Saint-Omer n'a plus de secret pour moi et j'en connais la moitié de la population, et forcément un Polonais ou deux. Blockaus d'Eperlecques et la Coupole. Les boves d'Arras ou la maison natale du Général. J'ai beau faire l'anti-ch'ti, je connais la plupart de ces mots, quand la voiture est carquée et tisaut kess sa di ? Fin benache ! Et même si je ne suis pas supporter de Lens j'ai des frissons en entendant « Les corons ». Je reprends à tue-tête « Quand la mer monte » et je connais les répliques de Dany Boon par coeur. Un peu de welsh, un bout de maroilles, une bêtise et voici un repas équilibré (enfin presque).

A l'étranger je parle de ma région comme d'un lieu d'amitié infini, même entre inconnus. D'une mentalité bien différente à celle de la capitale. De celle qui vous fait dire bonjour à tout le monde dans la rue même si on ne se connait pas.

 

Alors finalement, du fond de mon coeur, je dois me l'avouer, je suis un ch'ti. Comme tout le monde ici. Sans trop s'en rendre compte. Si ce n'est que loin des yeux, loin du coeur, je pense souvent à ma région natale, avec une petite pointe de tendresse. Ah, si vous veniez dans le Nord, je vous montrerais cette chaleur humaine... A ne pas perdre.

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18 juillet 2011 1 18 /07 /juillet /2011 08:26

Facebook est un paradis, celui des connaissances. Je regrette d'ailleurs que le mot "ami" soit présent sur le site, tant celui-ci rassemble les connaissances. Bien sûr, certains limitent leurs présences, et considèrent que seuls leurs véritables "ami(e)s" doivent voir et savoir ce qui se passe dans leur vie. Mais dans ces cas là, combien sont-ils ? Combien sont vos amis ?

 

Déjà il faut définir ce que l'on appelle un "ami". Ceux avec qui l'on partage tout, chaque moment de notre vie, chaque week-end ? Ceux sur qui on sait que l'on peut compter ? Ceux avec qui on a déjà partagé de bons moments et avec qui on en partagera encore à l'avenir ? Entre ces trois définitions, le nombre peut déjà varier du simple au triple.

 

Et qu'en dit Aristote ? -il a toujours un avis sur tout-

Pour lui, il y a trois types d'amitiés, l'amitié du plaisir, l'amitié d'intérêt, et l'amitié de vertu. La dernière serait la seule véritable amitié, qui amènerait les individus à trouver ensemble un accès au bonheur.

 

Personnellement, je souhaite centrer ce sujet sur l'amitié d'intérêt ou l'amitié du plaisir. L'intérêt d'une connaissance. Quelqu'un que l'on garde dans ses amis parce qu'"on ne sait jamais", cette personne peut être utile à l'avenir, ou on peut la recroiser en soirée et on serait bien malin alors d'expliquer pourquoi on l'a supprimé de ses amis. Cela m'est déjà arrivé de rencontrer quelqu'un qui m'a supprimé de ses amis. Même si je comprends pourquoi -puisque nous n'étions pas vraiment amis-, je ne peux m'empêcher d'en vouloir secrètement à cette personne ! A l'intérieur de moi, une petite voix s'exclame : "n'étais-je pas assez bien pour toi ? Que t'ai-je fait pour mériter ça !"

 

Depuis quelques années, surtout depuis la création des réseaux sociaux, nos n'avons jamais autant parlé de "connaissance". Qu'est-ce que les connaissances ? Prenons un exemple.

Je rencontre un de mes "amis" Facebook. La conversation s'engage. Ce ne sont que des questions de base. "Tu fais quoi de beau ? Jusque quand ? L'année prochaine ?" L'ami est ici une connaissance. Quelqu'un que l'on a déjà rencontré à plusieurs reprises au gré des études, au gré des soirées, mais dont on ignore tout (ou presque). Avec lui il sera difficile d'engager une conversation plus profonde, tant vous ignorez si vous avez des points ou des sujets communs. De ce fait, la conversation repart de zéro, comme avec n'importe quel inconnu.

Un autre exemple ? Tu rencontres un "ami" dans la rue. La conversation ne s'engage même pas. Une poignée de main, ou une bise, accompagnée par un "Ca va ?", repris par un "ça va et toi?" auquel résonne un "ça va". Les deux amis, qui sont des connaissances, poursuivent leur route.

 

A quoi servent les connaissances ? Pourquoi garder autant de personnes sur Facebook ? Parce que la frontière ami-connaissance est poreuse. Une connaissance peut très bien devenir un ami. A force de discussions. A force de se trouver des points ou des intérêts communs. A force de fréquenter les mêmes personnes, les mêmes amis.

De même, les amis peuvent également rejoindre très vite le stade des connaissances, sans même s'en rendre compte. Une amitié délaissée au profit d'autres, une absence de prise de nouvelles sur un temps assez long, la distance... Alors Facebook permet de ne pas se perdre totalement. De garder un petit quelque chose. Une dénomination. Nous sommes "amis", même si nous l'étions.

 

A mes amitiés perdues.

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12 juillet 2011 2 12 /07 /juillet /2011 21:03

7 mois. Et j’ai encore mal. Quand cessera ce foutu mal de cœur ? Merde !

Les douleurs physiques cicatrisent bien vite au regard des douleurs morales. Aujourd’hui j’ai croisé son profil. Je n’y étais pas retourné depuis quelques semaines/mois. J’ai juste vu une photo, deux statuts. Et instantanément une saloperie de boule au ventre s’est formée. De celle qui vous monte jusqu’aux yeux, emmenant dans ce mouvement un flot de petites larmes, contenues au niveau des pupilles.

 

Comment bien rompre ? J’en ai discuté avec beaucoup d’entre-vous. Récemment encore dans le train, j’ai croisé une fille qui sort encore d’une longue relation (maladie contagieuse).

Elle est dans une situation plus compliquée que moi, puisqu’elle n’a pas la distance. On a beau dire, mais il y a un avantage dans les relations à distance, c’est la rupture à distance. Pour moi (nous), pas de risque de se recroiser au coin de la rue.

 

Nous avons développé le sujet, évoqué les possibilités d’une « rupture tranquille », sans savoir si cette option existait véritablement.

 

Comment bien rompre ? Je sais, cela ressemble à un oxymore. Dire la vérité, parler avec son cœur ? Sortir des banalités, des mots passe-partout ? Couper tout contact ? Etre plein de gentillesse pour mieux faire passer la pilule ? A chacune de ces options il y a des avantages et des inconvénients. J’ai déjà essayé le fameux « couper tout contact ». Résultat mitigé. En ce moment je suis dans le « on reste amis » (mais alors vite fait, de très loin, sans s’envoyer de messages… en gros, sans rester potes, puisque pote avec son ex c’est comme le Père Noël, il faut vraiment se persuader pour y croire. Il y a bien des exemples de temps en temps, qui nous expliquent qu’ils ont réussi à « normaliser totalement leur relation avec leur ex » au prix d’être maintenant des bons potes (même si la nouvelle copine est totalement jalouse car elle voit bien qu’il y a quelque chose de différent dans cette relation)… Et puis moi, j’ai vu le Père Noël (trois fois qui plus est !), alors le « on reste amis », je n’y crois pas).

 

Comment être pote avec un(e) ex ? Attention, je parle de l’ex véritable, celle avec qui on a partagé tous les moments de la vie, tous les stades de l’amour. Pas de la fille embrassée par hasard une fois (et encore elle était saoule) qui depuis est une bonne copine (mais dont on est secrètement amoureux, même que l’on jalouse trop ces tocards qui sont sortis avec, et qu’elle ne me remarque pas, c’est trop injuste ! Et si je me rasais la barbe ?)

 

Etre pote signifie pouvoir tout se dire. Alors comment aller expliquer à son ex son récent problème sexuel, jamais rencontré jusque là (et encore moins avec toi, faut dire que nous deux de ce côté là ça y allait hein !). Pire, aller expliquer à votre copine que ce soir, vous vous faites un ciné avec votre pote, qui est votre ex, juste à deux (mais t’inquiète pas chérie, tu sais bien que c’est fini entre nous. Mais non il n’y a plus rien, on est juste des bons potes. Elle ne va pas bien en ce moment, elle s’est fait lâcher par son mec cet après-midi. Comment ça ? Lâche moi la gorge s’il te plait, et pose ce couteau !).

 

Ca ne résout pas mon problème de cœur cette histoire. Mais je rigole. Et puis, dans 150 ans, on s’en souviendra pas ! Et même que Patrick Dewaere est un génie. Alors souris.

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11 juillet 2011 1 11 /07 /juillet /2011 18:04

Bro-Code-Barney-Stinson-pr-Milev.jpgPendant mes premiers mois de "liberté" - le mot est peut-être mal choisi car nous parlons ici d'une liberté contrainte, ce qui ressemble fort à un oxymore - j'ai goûté à des plaisirs jusque là inconnus. La relation courte, intense. Peu d'échange, si ce n'est physique. Le coup d'un soir.

 

J'ai joué à contre-nature. Ce n'était pas moi, ça ne l'est toujours pas.

 

J'ai rêvé quelquefois de cette vie débridée. Quand je voyais des amis vivre ces moments, je me suis demandé si là n'était pas la solution. Pas trop de risque de s'attacher. Pas de risque de souffrance. Un échange passionnel, le plaisir du corps, le bonheur du sexe.

 

Un sexe n'a pas de coeur. Un sexe n'a pas de cerveau. - Il parait cependant que le sexe est le deuxième cerveau de l'homme et qu'il supplante parfois le premier - J'ai appris à mes dépends que cette vie ne satisfaisait que mes organes génitaux.

 

Le plaisir n'est pas le bonheur. Le bonheur n'est pas une succession de plaisirs. Rien ne vaut une relation suivie. Rien ne vaut une relation amoureuse.

 

On doit apprendre de ses erreurs.

 

La Révillonite is back.

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11 juillet 2011 1 11 /07 /juillet /2011 08:59

Comment expliquer l'absence ? Celle d'un être, celle d'une personne. Qui engendre alors l'absence de tout, des activités, des conversations. Et qui amène à se sentir seul. Seul, avec soi-même. La solitude...

 

C'est la pire conséquence d'une rupture. Plusieurs fois déjà je me suis rendu compte qu'il existe des activités de couple et des activités de célibataire. Le cinéma. J'y suis allé seul une fois. Pas très drôle. Une sensation bizarre, d'être différent du reste du public. J'en ai évité quelques autres. Se balader sur la côte. Aller à vélo à travers champs. Faire un road-trip. Aller à un concert. Manger au restaurant. La solitude...

 

Même les activités quotidiennes perdent de leur saveur. Entrer dans le lit froid et ne pas avoir quelqu'un dans mes bras. Prendre le petit-déjeuner seul, sans pouvoir discuter de la journée qui vient ou des rêves qui ont perturbé ma nuit. Et surtout combien elles me manquent ces grandes discussions sur le sens de la vie, sur la dernière sortie politique, sur le prochain voyage à organiser. La solitude...

 

Non pas que le fait d'être en couple efface totalement ces moments de solitude. Mais il les réduit. Il fait d'eux des moments agréables, des bouffées d'oxygène. Combien de fois j'ai apprécié de me retrouver seul après quelques semaines/mois ensemble. Et combien de fois maintenant je peux regretter cette période. La solitude...

 

La plupart de mes bons potes sont en couple. Je les respecte autant que je les envie. Une autre partie travaille également toute la semaine. Je les respecte. Les deux choses sont cumulables. Ce qui fait que la semaine peut-être parfois un peu triste. Un peu seul. La solitude...

 

La solitude est un sujet sans fin. D'autres en ont parlé beaucoup mieux que moi. S'en doute l'ont-ils vécue un peu plus longtemps ou de manière un peu plus forte. Seul je ne suis que quand je le décide. Ils sont là, à côté de moi. Je n'ai qu'à aller vers eux pour mettre fin à cette sensation. La famille.

 

Lors de mon adolescence je me sentais souvent bien en solitaire. Je ne dis pas que je vis mal chacun de ces moments. Au contraire. La solitude illumine souvent mes pensées. Me pousse à réfléchir. Me fait retrouver le sens de la vie. La solitude...

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