12 février 2020 3 12 /02 /février /2020 12:15

C’est un mot que je ne connaissais pas il y a peu. Un terme qui m’a été collé au visage, sur ma façon de vivre. Un nom commun qui me plaît bien, et qui correspond certainement à ma période 25-35 ans.

Oui, car de 15 à 20 ans j’étais un adolescent. Un peu con, comme tous ! Puis, de 20 à 25 ans je préférais le terme « jeune ». Jeune et con, comme Saez. Aujourd’hui, surtout après 30 ans, je ne peux plus vraiment dire « jeune ». Je viens de citer Saez, et je vais évoquer Loft Story dans quelques lignes… clairement je suis loin des références actuelles ! C’est fini. Par contre, adulescent, c’est différent, c’est une phase assez longue qui mélange plusieurs aspects :

- j’ai travaillé. A savoir j’ai gagné ma vie, j’ai payé des loyers et j’ai fait les papiers pour les impôts. Là, c’est clair, je ne suis plus le jeune qui était à la fac.

- je continue de sortir, et d’aller faire la fête en boîte de nuit jusqu’à la fermeture. Deux fois dans le week-end est encore possible. Là, c’est clair, je ne suis pas encore un vrai adulte.

Car être adulte, dans ma définition, c’est être posé. C’est avoir un travail fixe, un prêt pour une maison (ou au moins avoir acheté un appartement), sa voiture (quoique notre génération, dans les grandes villes, peut s’en passer). Et penser mariage. Ou avoir un enfant. Là, clairement, à partir de là, vous n’êtes plus adolescents ou « jeunes », puisque vous avez vous-même des jeunes à surveiller !

De mon côté, je n’en suis pas encore là. Je pense même que je n’ai jamais été un adulte. La Guyane était une parenthèse enchantée, mais elle a une grande spécificité : c’est un lieu de fête où beaucoup d’adulescents se retrouvent. « Ils sont jeunes, ils ont entre 25 et 35 ans, c’est souvent leur première expérience professionnelle, ils découvrent le salaire chaque mois, et ils veulent en profiter (voyages, sorties) ». Oui, ça ressemble à l’introduction de Loft Story.

Sauf que, depuis je suis rentré, j’ai gardé ce côté adulescent. Pire, je retombe peu à peu vers l’adolescence, la vraie ! Pensez : je peux me réveiller à 12h30, jouer à un jeu sur mon PC et manger des biscuits tout l’après-midi, et ainsi vivre ma semaine en pensant au football que je vais jouer le mercredi et regarder les autres jours.

Bon, là vous vous dîtes surtout que je suis surtout une sacrée feignasse ! (jealousy !) Peut-être, mais c’est un état que j’assume aussi. Je sais, au fond de moi, que c’est bientôt la fin de cette parenthèse, que septembre signifie une autre vie, un retour au monde du travail, et peut-être le début de ma vie d’adulte.
Hum. Attendez. Je vais d'abord aller chercher quelques biscuits. Et on fait quoi vendredi et samedi soir ?

14 ans plus tard, toujours des Kakernesches !

14 ans plus tard, toujours des Kakernesches !

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26 novembre 2019 2 26 /11 /novembre /2019 13:45

« Oh non, pas ça, pas aujourd’hui, pas maintenant, pas après tout ce que tu as fait ».

Il m’a fallu du temps pour m’inscrire. Limite ça me dégoûtait. Quoi que, il y avait aussi une certaine curiosité, à l’époque où j’étais en couple… Je regardais certains de mes ami-e-s y trouver l’amour, ou parfois juste la personne d’un soir ou d’une semaine. Quand on est en couple, on a parfois tendance à idéaliser la vie des célibataires (ah les salauds ils peuvent sortir jusqu’au bout de la nuit, ah les salauds ils ont l’air de s’amuser, ah les salauds, ils font vraiment les salauds !). Et puis, une fois célibataire, après quelques mois, tu idéalises à nouveau le couple (ah les salauds ils ont l’air bien ensemble, ah les salauds ils ne connaissent pas la solitude, ah les salauds, ils s’aiment). Et nous sommes bien d’accords, nous nous trompons dans les deux cas : la vie de célibataire ou de couple n’est jamais parfaite !

Toujours est-il que des amies (essentiellement des filles) étaient inscrites sur ce site de rencontre. Si elles y sont, c’est que d’autres gens bien y sont aussi. Mais… merde quand même ! Moi je voulais raconter à mes enfants (oui je parle beaucoup d’enfants en ce moment, c’est pas ma faute, j’en croise toujours chez les autres !) une belle histoire, quelque chose de romantique… J’ai déjà rencontré une copine dans un train, une autre dans un aéroport, j’imaginais bien la suivante dans une fusée, minimum ! (« et elle te montrerait sa lune ! ah ah » NON MAIS OH ! TOI, tu sors !)

J’ai quitté la Guyane et Kourou depuis quelques mois, et force est de constater que je ne suis pas revenu en couple. Alors je me suis réinscrit il y a quelques jours sur un site de rencontre. L’occasion de voir de nouvelles têtes féminines quand mon réseau semble bloqué (c’est loin la fac, où tu rencontres des nouvelles personnes chaque jour !). Je suis dubitatif sur le fonctionnement, clairement. Pour ceux qui ne connaissent pas, je vous explique : ce site fait passer les hommes pour des produits, et les femmes pour des consommatrices. Elles ont le pouvoir de nous mettre dans leur « panier », ce qui permet ensuite aux hommes de pouvoir discuter avec elles. Si elles refusent les charmes que nous envoyons, c’est impossible pour un garçon de leur parler. En soi, je comprends la logique d’éviter le harcèlement des filles (qui semblent commun sur les sites). J’avoue que le côté marchant m’embête beaucoup plus… je ne suis pas un produit à consommer bon sang ! Alors payer 30 euros pour un mois, juste pour pouvoir envoyer des charmes… très peu pour moi !  J’ai donc fait mon radin (étonnant, je sais) : j’ai fait un profil, j’ai mis une adresse mail, et j’ai dit aux filles « contactez moi par mail, car refusant de payer pour discuter je ne peux pas lire vos messages sur le site ». Je ne sais pas trop si ça allait fonctionner… et surprise, ça marche ! J’ai eu 4 rendez-vous il y a 3 ans de cela, lors de ma première inscription, et un cette semaine. Allez, je vous les raconte, car c’est parfois très marrant !

 

La première, c’était à Saint-Omer. Cette fille, que l’on appellera Micheline, est très sympa. On boit un verre, on parle de voyage, de rap, de cinéma. Mais Micheline ne me plaît pas vraiment physiquement. C’est dur, mais c’est ainsi… je ne donne pas suite.

La seconde est une calaisienne. Plutôt jolie, mais moins sympa ! Pas très souriante, j’ai l’impression que je ne lui plais pas. Soit, ça arrive dans les deux sens ! Elle m’explique qu’elle vit encore avec son ex-copain. Euh, bon, ça ne va donc pas fonctionner !

Ces deux rendez-vous à Saint-Omer m’ennuient un peu par leur format. Boire un verre avec une fille, dans une ville où tu croises à chaque fois quelqu’un que tu connais, c’est un peu bizarre (et ça risque vite de me faire une réputation « mais si, tu sais, le mec qui vient ici avec une meuf différente à chaque fois » !). Je décide de fuir pour les deux suivants !

Direction Tournai pour Noémie. C’est une lilloise. Petit hic, elle a 20 ans. Oui, une dizaine de moins que moi… et elle a un petit lapin qu’elle « considère comme [s]on fils ». Lol. L’après-midi est charmant, mais la différence d’âge est cruelle, impossible dans ces conditions d’imaginer quoi que ce soit.

Bien sûr, je vous ai gardé la meilleure histoire pour la fin : on l’appellera Rosetta. Après quelques mails nous convenons d’un rendez-vous pour les journées du Patrimoine à Douai, au musée archéologique. C’est pas forcément pratique pour discuter, mais ça donne un sujet de conversation au cas où ! (rien de pire que de ne rien avoir à se dire !). Nous nous posons à l’extérieur. Je suis un peu embêté par ses genoux, qui sont originaux (oui, je suis bizarre !). Mais, après quelques minutes de conversation, j’ai surtout un énorme problème de conscience. Voyez-vous, elle me parle, en me regardant dans les yeux. Logique. Je l’écoute, en faisant plutôt de même. Mais c’est son problème de débardeur qui me gêne : la bretelle s’affaisse. A plusieurs reprises. Et, à chaque fois, je vois un sein…

J’hésite. Sois je lui dis « Couvrez ce sein que je ne saurais voir », en mode tartufferie. Sois je ne dis rien, pour éviter de la mettre mal à l’aise. Problème : là, c’est moi qui suis mal à l’aise. Car, bien élevé que je suis, j’évite de bloquer sur son sein. Mais celui-ci me dit « coucou toi ! » toutes les cinq minutes. Je la regarde avec force dans les yeux, ayant des difficultés à suivre la conversation (car mon cerveau me répète « regarde ! » « non ne regarde pas ! » « regarde ça ne fait pas de mal » « tais-toi petit diable, écoute moi le petit ange ! »). Et, à la fin du rendez-vous, je prends la décision de ne pas la revoir. C’est que je me voyais mal raconter à mes futurs enfants : « oh, votre mère, je l’ai rencontré dans un musée, où elle m’a directement montré son nichon gauche ! ». Je voulais une histoire romantique j’ai dit !

 

Bon, cette histoire a bien fait rire mes ami-e-s, mais le bilan est terne : quatre rendez-vous, zéro coup de cœur. Combien en faudra-t-il ? Je décide peu après de partir en Guyane, etc. etc. (je ne vous raconte pas ma vie [sic !]) et me voici de retour à Lille. A peine rentré que dans le train je reçois un sms d’une fille qui m’avait écrit il y a deux ans, grâce à Adopte. Fou. Je me dis alors « allez, on persévère ! ». Et me voici réinscrit, avec un rendez-vous ce week-end. Pour une fois, je trouve la fille à la fois jolie et intéressante ! J’irai pas jusqu’au coup de cœur mais je la relance pour un second rendez-vous ! Victoire ! …. Euh, non en fait, car cette fois c’est elle qui n’a pas eu de coup de cœur ! Décidément, la vie est mal faite !

 

Je me dis souvent « ah quoi bon ? » (faut que j’arrête !). Alors à quoi bon rester sur ce site ? Les rencontres ne sont pas très naturelles, et c’est très loin de mon idéal… oui, mais les chiffres sont là : je suis allé à deux mariage cet été, et les deux ont été rendus possibles par Internet. C’est ainsi, nous sommes au XXIème siècle, et ça devient un moyen de plus en plus courant.

Néanmoins je préférerai raconter quelque chose de différent. Et c’est là où mon idée germe depuis quelques mois : et si c’était vous qui me présentiez ma future copine ? Oui, toi, qui me lis en ce moment ! Tu connais une fille célibataire très sympa. Elle a plus de 18 ans et moins de 65 ? (bon, dans l’idéal vaut mieux entre 25 et 35 hein !) Ce n’est pas ton amie chelou ? (on a tous un-e ami-e chelou, hein Pierre !) Et tu penses qu’on pourrait bien s’entendre. Super ! Car tu me connais ! Oui, tu me connais, même si on ne s’est pas vu depuis 10 ans ! Si tu lis mon blog une fois de temps en temps tu connais mon style de vie. Si tu me présentes ta copine qui n’aime pas sortir de chez elle et qui vote FN à chaque élection, tu conviendras que ça risque d’être difficile ! Mais si tu penses à quelqu’un, ta sœur, ta cousine (non, ne le prends pas personnellement Romain !), ta bonne copine, ta voisine, ta mère (t’es sûre ?!), et bien n’hésite pas à m’écrire. Car, dans dix ans, je pourrais porter un toast le jour de mon mariage (qui n’aura sans doute pas lieu, mais c’est pour l’histoire !), et je me tournerai vers toi en disant « merci, grâce à toi ma vie rayonne, tu m’as permis de connaître mon plus bel amour, celui qui a porté et élève avec moi les enfants, et qui rend chaque jour de mon existence merveilleux. C'est quand même fou que ce soit ta mère ! ».

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6 août 2019 2 06 /08 /août /2019 11:33

Balance ton quoi ? Balance ton porc. Oui, me too. Depuis plusieurs mois (on va finir par remercier Weinstein... euh, non, ptet pas en fait!), les scandales s'accumulent. Des femmes dénoncent. Souvent des femmes connues. Le milieu du cinéma, puis de la télévision, la musique, les journalistes... De quoi faire délier des langues, de quoi donner un coup de fouet à de vieilles revendications. Car être une femme, encore aujourd'hui, c'est galérer. Oui, plus que nous les mecs. Je ne m'en rendais pas suffisamment compte avant ce phénomène. Ca m'a petit à petit ouvert les yeux.

 

Ca passe déjà par des « petites choses ». Je mets les guillemets, car c'est une expression que j'aurais utilisée il y a plusieurs années, alors que ce ne sont pas des petites choses. C'est important. Oui, les mots ont un sens. Les expressions. La langue française, machiste. Le sexe fort, c'est qui ? Madame LE ministre. Le masculin l'emporte sur le féminin (oui, même à 216 contre 1). L'écriture inclusive, celle où on affiche le féminin, peut sembler être un hobby de bobo parisien, car « il y a plus important ». Oui, il y a toujours plus important, mais en réfléchissant comme ça on ne fait plus grand chose. C'est un début, un premier pas. Casser des barrières, des frontières mentales inculquées depuis notre enfance, et l'école. Oui, l'école, l'éducation, comme toujours. Car le machisme s'apprend. Ce n'est pas inné. C'est notre société qui a amené à cette situation problématique (pour ne pas dire honteuse).

 

Femmes tuées sous les coups de leur conjoint. Viols. Agressions. Remarques. Combien chaque jour ? Combien parce que la victime est une femme ? Trop. Vraiment trop. En France, et dans le monde entier. Ce n'est pas comme une famine dans un pays lointain alors que le magasin du coin déborde de bouffe. Là, c'est à côté de chez nous. Et nous avons tous un rôle là-dedans.

Depuis le début du mouvement balance ton porc, je me suis plusieurs fois posé la question de mon comportement, de mes expériences passées. Qu'ai-je fait ? Ai-je bien agi ? Pourquoi j'ai dit ça ? Pourquoi je n'ai pas dit ça ? Et, finalement, est-ce que j'ai été un porc ? Oui, c'est bien ça aussi le sens de cette contestation féminine : nous amener les mecs à nous regarder dans le miroir. Ensuite ? Ca dépend de chacun de nous. A titre personnel, je vais vous raconter une histoire.

 

Il y a quatre ans de cela, j'ai rencontré une fille à Bordeaux. Un concours de circonstances, une interview en rapport avec ma thèse, un appartement fermé, une soirée... bref, toujours est-il que j'ai une petite histoire avec la demoiselle. Oh, non, pas une histoire d'amour, la distance étant, comme souvent pour moi, un frein (je suis rentré dans le Nord à ce moment là). Nous restons en contact régulier, j'apprécie cette fille, et nous nous revoyons deux-trois mois plus tard. Rien. Je suis un peu déçu, j'espérais quelque chose. Les contacts téléphoniques restent. Nous nous recroisons quelques mois plus tard. Elle me fait une mini-déclaration. Ce jour là, je sais que toute relation est impossible. Et, dans ma tête, je sais que je ne dois pas l'embrasser, au risque de la blesser quelques heures/quelques jours plus tard. Je l'embrasse. Quelques jours plus tard, je lui fais mal. Mentalement, sentimentalement. Elle m'en veut, me le fait bien comprendre par sms. Je fais l'innocent. Putain d'ego.

 

Est-ce que j'ai été un porc ce soir là ? Peut-être pas. Le mot est fort. J'ai néanmoins abusé de sa confiance. Il y a quelques mois, je lui ai envoyé des excuses. Un petit pas, qui ne répare par l'erreur du macho que j'étais ce jour là. Un petit pas quand même, qui a été bien reçu.

 

Nous faisons tous du mal à quelqu'un, un jour. Je ne connais pas de saint, et je ne pense pas que ça existe. L'idée, c'est de reconnaître nos erreurs, et d'éviter de les refaire.

 

Le mouvement me too/balance ton porc me fait surtout reconsidérer mon comportement aujourd'hui avec les filles (à mon âge je devrais dire les femmes, mais je n'y arrive pas !). Comment les draguer par exemple ? Quand tu es célibataire, c'est un peu l'une des grandes questions de ta vie ! C'est un vrai dilemme pour moi, notamment en soirée. Il m'arrive de danser. Souvent des rocks. Je trouve parfois des partenaires de danse. Certaines me plaisent. Parfois, j'ai l'impression que nos rocks endiablés (oui, je me débrouille!) pourraient mener à quelque chose de différent. Comment en être sûr ? Comment interpréter les signaux ? Et là, c'est le drame ! Car il n'y a pas de recette miracle. « y'a un signal là ? Elle m'a regardé plus de 5 secondes d'affilée dans les yeux, c'était le signal, non ? Elle a remonté les bras au niveau de mon cou, c'est un signal ? Elle a dansé huit fois d'affilée avec moi, c'est un signal ? » [ceci est une conversation avec moi-même, oui, nous ne sommes pas seuls dans ma tête!] En vérité, il n'y pas de signal. Et je me retrouve comme un con, et avec mon ancienne maladie (que certains ont appelée révillonite). Du coup, je n'ose plus. Je n'ose plus, car je ne veux pas être le mec lourd qui pense qu'une danse ça veut dire qu'on peut essayer d'embrasser sa partenaire. Je n'ose plus, car je ne veux plus embrasser une fille juste pour l'embrasser, au risque de la blesser plus tard. Je n'ose plus, car je ne veux pas être un porc, qui pense avec son sexe au lieu de son esprit.

[...]

Et le cœur, dans tout ça ?

[…]

Quel cœur ?

[...]

Alors oui, balance ton porc a eu une réelle influence sur moi. En bien je pense (tout en étant loin d'être parfait). Je soutiens les filles dans les conversations avec mon coloc sur les thématiques féministes. Je me pose des questions sur les blagues que nous faisons entre mecs, de celles où l'on rit grassement. Je m'interroge sur le rôle des films, des clips, de la musique dans les rapports hommes/femmes. Et j'essaie de faire prendre conscience aux mecs, à chacun d'entre nous, que nous avons un rôle à jouer.

 

C'est ça, l'homme du XXIème siècle devra être féministe.

Etre un homme au XXIème siècle
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29 avril 2019 1 29 /04 /avril /2019 23:30

Mardi soir, une très bonne amie du lycée, et sa fille. Jeudi soir, un très bon copain d'enfance, 3 enfants dans la maison, une femme enceinte. Dimanche après-midi, la bande de l'université, deux enfants, et deux nouveaux bébés. Si parfois j'essaie de me persuader que je ne vieillis pas vraiment, que c'est simplement dans la tête, ces rencontres me mettent un gros coup de vieux. Et aussi un peu le spleen. Oh, je n'avais pas besoin de ça pour l'avoir, je crois même que je l'ai toujours un peu eu. Là, ça se renforce quand je rentre. Tout d'abord parce que ces amis, avec qui j'ai passé du bon temps, ne seraient plus disponibles aujourd'hui pour faire les mêmes conneries/soirées/sorties qu'avant. Alors qu'à titre personnel, j'ai encore le temps pour ça. Surtout, ils avancent dans la vie, une vie qui tourne autour des enfants. On le sent très vite dans les « conversations ». Enfin, les bribes de conversation, car les coupures sont très fréquentes quand on a des bambins ! Ici que je crie pour avoir à manger, ici que j'interromps la conversation pour montrer mon bobo, là que je veux que tu joues avec moi. J'ai beau essayer de causer ou de faire causer les copains, on en revient forcément à eux. Et, bien sûr, je comprends. Oui, une vie avec un enfant est totalement transformée. C'est LE changement dans une vie. A partir de là, tout tourne autour de lui, de votre temps à votre amour.

C'est vrai qu'ils sont beaux. C'est vrai que je vous envie. Je ne vous le dis pas trop, car vous, de votre côté, vous me répétez souvent que j'ai de la chance, qu'il faut que je profite, etc. Moi, je pense que c'est vous qui avez de la chance. Le tic-tac fait son effet. Petit à petit, depuis quelques mois, j'ai l'impression d'avoir une envie d'enfants. Je ne sais pas si ce sont les voisins en Guyane qui me font ça (les gamins traînent régulièrement chez nous, ça crée des contacts), vous qui pondez, ou le temps qui fait son effet sur moi. Là, il y a juste un hic : l'homme ne peut pas procréer tout seul. La nature est intraitable là-dessus ! Mon objectif du moment est donc, non plus de trouver une copine, mais aussi une mère. Et je me rends compte que mes critères ont bougé en l'espace de quelques mois.

 

C'est que les enfants des autres me rappellent que je veux aussi des enfants. Si possible une petite tripotée. Je les voyais bien jouer avec vos enfants d'ailleurs. Là, ça risque d'être les petits de la bande, de ceux qui vous saoûlent un peu, et qui risquent de saoûler encore plus vos enfants, une fois grands : « ah, non, on ne veut pas jouer avec Benito, il est trop petit !: ». [le prénom risque d'être modifié] Je m'estime néanmoins chanceux, mes sœurs n'ont pas encore franchi le cap, et la pression est un peu moins intense. Quand ça viendra, par contre...

 

Cette pression (car je le ressens de plus en plus ainsi) me stresse. Je me dis que je dois trouver assez vite quelqu'un, et surtout ne pas me planter. Contradictoire. J'en suis arrivé à aller voir des sites de rencontre. Sans payer. Juste parce que ça a fonctionné pour d'autres, aujourd'hui parents. Est-ce que je rencontre beaucoup de monde dans ma vie en ce moment ? Bof. Est-ce que je rencontre des filles qui me plaisent. Niet. Merde, qu'est-ce qui cloche.

Pour être encore plus compliqué, je me mets dans la tête que je pars au Pérou en septembre, avec mon sac à dos, et que je reviendrai à Noël. Tu parles d'un bon parti. Vaudrait peut-être mieux que je me pose. Où d'ailleurs ? La Guyane ? J'ai l'impression d'avoir fait mon temps. Le Nord ? Mes parents vendent la maison et déménagent, Saint-Omer ne m'attire plus, Lille ne m'a jamais vraiment attiré. Le Sud alors ? Avec qui ? Je reprends la route ?

 

Vous voyez, vos enfants perturbent un peu mon esprit (bon, j'étais perturbé de base). Ils confirment néanmoins que le bonheur n'est réel que s'il est partagé (je n'en doutais plus). Aujourd'hui, ce soir, j'ai l'impression d'avoir de plus en plus de mal à ne vivre que pour moi. Pour deux, c'est certain. Pour plus, à fond. Alors mes ami-e-s me disent que ça viendra. Il n'y a pas de raison. Hum. Ca fait bientôt 5 ans sans amour. C'est long vous savez. Très long. Alors une petite étincelle, et je vendrais mon royaume, mes souvenirs, mes photos, mes films, ma patrie. Mais où est-ELLE ?

Les enfants des autres
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18 février 2019 1 18 /02 /février /2019 23:20

« La Société de Géographie organise régulièrement des déjeuners-débats dans le Salon Pourpre du Sénat auxquels participent entre 50 et 80 personnes. Accepteriez-vous d'être notre invité et de nous parler du Rwanda ? […] L'invité prononce une allocution de 25 à 30 minutes au milieu du repas et répond aux questions des participants à la fin de celui-ci ».

C'est le genre de mail qui me fait sourire, qui me fait plaisir (et pas seulement parce que c'est précédé d'un très officiel « monsieur le professeur »). Ca me questionne aussi. Il fait suite à une série de sollicitations qui concernent mes recherches de thèse : un article pour la société de géographie, un appel de France Culture pour les éclairer, une autre demande d'article pour une autre revue, pour un livre et maintenant ça. Et j'ai une grande chance : je ne fais aucune démarche et on vient me chercher. Et pourtant, comme à chaque demande, je vais répondre par la négative.

 

A quoi sert une thèse ? C'est une question que l'on m'a posée 1 000 fois. Pour avoir soutenu il y a deux ans, j'ai maintenant plusieurs réponses (qui ne sont sans doute pas les mêmes qu'à l'époque).

A titre personnel, j'ai fait la thèse pour moi. Pour mon plaisir. Ca peut paraître fou de faire un travail de 3 ans minimum en le prenant comme un hobby. C'est pourtant le cas, car ma thèse n'avait pas de vrai projet professionnel derrière. Pour beaucoup de mes copains-copines qui ont fait ce travail, il y avait une ambition : travailler dans le monde de la recherche. Pour moi, ce n'était pas le cas. Et clairement, après 4 ans de recherche, ça ne me faisait toujours pas rêver, bien au contraire. Je pourrais insister sur les choses qui ne fonctionnent pas à mon goût dans la recherche française (les moyens dédiés, l'administratif, le rapport au public, etc.) mais, en vérité, c'est surtout que ça ne m'intéresse pas de travailler autant ! Car, être un bon chercheur, c'est être toujours au fait de l'actualité scientifique de son domaine. Etre un bon chercheur, c'est partager ses connaissances via les articles, les livres, les conférences, les cours. Etre un bon chercheur, c'est savoir se vendre, et mettre sa carrière au-dessus de sa vie personnelle quand on veut un poste. Etre un bon chercheur, c'est travailler beaucoup. Trop à mon goût ! (je reste un peu feignant!).

 

Si la thèse ne m'a pas servi à cela, m'a-t-elle néanmoins servi à trouver du travail ? Oui et non. Non, car je n'ai pas besoin d'un doctorat pour enseigner. Ce qui est « officiellement » nécessaire c'est un concours de l'enseignement (CAPES ou Agrégation). Un doctorat ne me donne pas de passe-droit. Dans les faits, les contractuels sont recrutés sans concours, et le fait d'avoir un doctorat (en plus d'un peu d'expérience aujourd'hui) me fera, sans doute, passer avant d'autres possibles contractuels en histoire-géographie (la prime au diplôme en quelque sorte). Ce fut le cas pour ma venue en Guyane, où l'inspecteur m'a dit par téléphone qu'il m'avait appelé en premier/dans les premiers, m'a parlé très vite de ma thèse, et m'a proposé un poste en lycée « à la vue de votre diplôme ».

 

Ma thèse me sert aussi au jour le jour, dans le métier d'enseignant. Etre carré. Organisé. Structuré dans son travail. C'était des choses où je ne pensais pas être totalement mauvais avant la thèse, mais le doctorat fait de nous des toqués : ne pas mélanger les documents sinon on va les perdre, classer ses idées au fur et à mesure pour ne pas être submergé etc. Le doctorat et les conférences apprennent aussi à présenter à l'oral des idées pas toujours faciles à comprendre : c'est un bon exercice d'enseignant. Et puis c'en est fini de la timidité : quand on fait une présentation via le ministère de la défense devant une centaine de personnes dont quelques hauts-gradés, on n'a plus peur d'être devant 28 adolescents ! Le doctorat est une grosse charge de travail (4 ans bon Dieu!), et ça prépare bien aux sacrifices de la première année de l'enseignant (celle où il faut faire tous ses cours!). Enfin, par rapport au métier, le doctorat amène, ou plutôt renforce, un côté perfectionniste.

 

A quoi sert une thèse ? Je pense aussi que ça sert à être regardé bizarrement. Quand les gens apprennent que vous êtes docteur, ils vous regardent un peu interloqués (surtout s'ils vous ont vu trois minutes plus tôt « interpréter » Pour que tu m'aimes encore en karaoké). Etre un docteur, en soirée, c'est être un animal de laboratoire. Les gens vous observent, et se disent : « c'est donc ça, un docteur. C'est bizarre, j'imaginais cela très différent de nous ». Car, être docteur, finalement, ça ne change pas grand chose. Je ne pense pas avoir pris plus la grosse tête qu'auparavant (« tu m'étonnes, vu d'où tu partais... » eh ! Je vous entends commenter cet article!). Et je ne pense pas le crier sur tous les toits dès qu'on me rencontre. Souvent, quand on me pose la question sur mes études, je préfère répondre qu'elles ont été longues, sans insister. A quoi bon ? Ca m'a déjà pris la tête pendant 4 ans !

 

Et si, aujourd'hui, on me proposait de refaire une thèse ? Hum. C'est une expérience de vie, certes. Mais je n'en ferai, je crois, pas deux ! Trop de sacrifices, trop de travail, trop de prise de tête, de charge mentale etc. Je le dis d'ailleurs à ceux que je croise et qui me parlent de leur envie de faire un doctorat : « es-tu bien sûr-e de te rendre compte ? ». Car, deux ans de recul plus tard, c'est là où je me rends compte qu'une thèse est un travail de maso, qu'il faut aimer se faire du mal, et rédiger des lignes et des lignes d'informations glanées au cours des heures, des jours, des semaines, des mois et des années de travail. A quoi sert une thèse ? A me rappeler qu'il ne faut surtout pas trop travailler si je veux être heureux dans la vie !

Le repas des sénateurs : de l'après-thèse
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13 février 2019 3 13 /02 /février /2019 20:38

Je crois que c'est au printemps 2018 que ça m'a pris. Quoique non, c'est peut-être plus ancien, lors des voyages notamment. Je n'avais pas envie d'écrire. Je n'avais plus l'envie. Et, pourtant, je me sentais obligé de le faire. Pourquoi ce sentiment ? C'est que je n'écris plus seulement pour moi, comme c'était le cas au début sur Skyblog. J'écris aussi pour quelqu'un, via ce blog. Et, en voyage, j'avais l'impression de devoir écrire pour mon blog. D'y être contraint. C'est revenu en Bolivie cet été, un peu en Colombie en automne. Et, à plusieurs reprises, je me suis dit : n'est-ce pas là le temps d'arrêter ?

 

Ca fait 15 ans que j'ai un blog. La moitié de ma vie. Oh, j'en ai écrit des choses depuis ! Du PSG à mes groupes de rap préférés, les photos des soirées de ma jeunesse, la fac et Erasmus, les voyages, l'amour... Et pourtant j'ai parfois l'impression de ne pas vraiment écrire. Je ne sais pas si c'est le format qui me gêne, ou l'image qu'on en a encore aujourd'hui. C'est un blog, juste un blog ! On est loin d'un livre. Et à de (très) nombreuses reprises je me suis demandé si je n'avais pas envie d'écrire autre chose, plus long, plus intense, en mettant tout ce que j'ai. On me l'a demandé aussi, parfois. Et, au fond de moi, j'en rêve sans doute un peu. Mais je n'ai pas encore trouvé le courage pour le faire. Ou la motivation. Ou même le sujet. C'est que je suis handicapé : je ne sais qu'écrire sur moi, sur ce que je ressens, sur ce que je vis. Un putain d'égocentrique ! Je ne vais tout de même pas commencer par mes mémoires !

 

C'est que le format du blog me correspond finalement assez bien : je peux partir dans tous les sens. Présenter un épisode un peu fou de ma vie en Guyane, discuter d'un groupe de musique, écrire sur l'amour et mes échecs sentimentaux répétés etc. Certes, je me censure du fait du partage, notamment sur Facebook. Sans cela, j'irais sans doute plus loin. Beaucoup plus loin. Oui, je vais parfois loin, comme sur Pondichéry.... Mais, en vérité, il y a beaucoup de choses que je n'ai pas encore formulées. Que je n'ai pas osé écrire. Prenez les dernières années de ma vie : après Alba, j'aurais pu écrire à 100 reprises que j'avais l'impression d'être le plus malheureux et misérable des hommes. Mais je ne le voulais pas, vis-à-vis d'elle, pour ne pas l'embarrasser, vis-à-vis de vous, pour ne pas avoir le sentiment de me plaindre tout le temps, vis-à-vis de moi, pour ma fierté et mon ego démesuré. Ou alors je l'écrivais avec tellement de codes que moi-même je n'arrivais plus à le comprendre. Le pire dans tout ça, c'est que je pourrais écrire bien plus sur moi encore (l'égocentrique, le retour!), faire un introspection continue et répétée de mes sentiments, de ma confiance en moi (ou pas), de mes envies et projets souvent inaboutis. D'ailleurs, est-ce que je vais publier cet article ? Il n'intéresse que moi, c'est encore l'un de mes questionnements. A quoi bon le partager ?

 

Et c'est justement la vraie question. A quoi bon partager tout ça, avec vous ? Parce qu'écrire me sert, au jour le jour. J'écris pour exprimer ce que je suis incapable de dire. Ca provient sans doute de ma vieille timidité, et l'écriture a toujours été pour moi un médicament efficace. Le partage, via le blog et facebook, c'est différent, ce n'est pas une obligation. Arrêter d'écrire, ça me semble encore inconcevable. Arrêter de bloguer ça paraît plus cohérent. Alors, pourquoi partager ? Hum. Pour vous. Et pour moi, à nouveau (l'égocentrique, tome 3). Sans ce blog, comment je pourrais vous donner de mes nouvelles ? Par le téléphone, oui. Encore faut-il que je vous appelle de temps en temps (et que vous décrochiez!). Ou alors je devrais commencer à répondre à mes SMS ! Horreur ! Sans cela, étant de l'autre côté de l'Atlantique, on se reverrait une fois par an. Ah, ça, on en aurait des choses à se dire ! Tellement qu'on en oublierait les trois-quarts ! Et, peu à peu, on s'éloignerait. En fait, ce blog sert à vous garder proches de moi. C'est con à dire, c'est con à écrire, mais sans ce blog, je pense que j'aurais perdu des potes. Peut-être pas les meilleur-e-s. Mais disons tout un groupe de personnes que je ne croise pas souvent, que je n'ai pas souvent au téléphone, mais avec qui je partage des choses via ce blog, et via vos commentaires. Parfois, certains vont m'écrire après un article, directement, pour me raconter quelque chose sur le sujet. On vient aux nouvelles en lisant ma rupture, on m'écrit pour me dire qu'on est dans la même situation, on m'explique qu'on va visiter un pays d'où je reviens en demandant des tuyaux supplémentaires. Sans ce blog, je pense que ma vie sociale avec le 62 et le 59 (allez je vous inclus aussi!) serait réduite au minimum. Voilà à quoi sert ce blog. Et ça me donne le sourire quand je lis un de vos messages, un de vos commentaires. Je réponds rarement, car je suis un flemmard de première, mais vraiment je kiffe ça. Allez, je vous aime, et c'est pour ça que je vais continuer. Et même le publier tiens !

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13 janvier 2019 7 13 /01 /janvier /2019 15:52

6h30. Le réveil sonne. Hum. Je n'ai jamais été un lève-tôt. Les cours débutent à 7h30, je suis enseignant, mes élèves m'attendent. Je ne peux pas dire ce matin « oh, allez, j'dors une heure de plus ». Ce n'est pas envisageable, j'ai trop de respect pour le métier (quoique j'aie connu un prof ici qui n'allait parfois pas travailler parce qu'il... pleuvait, j'en reparlerai un jour, ça me faisait m'étrangler).

 

Vacances. 8h30. Le gazouillis des oiseaux me fait ouvrir les yeux. Je scrute le paysage. C'est tellement bon, ce sentiment. Cette liberté. Que vais-je faire aujourd'hui ? On verra bien. Roulons. L'important, ce n'est pas la destination, c'est le chemin. Une petite plage à droite. Je m'arrête. Je me pose. Je reprends la route 30 minutes plus tard. Parfois je me laisse somnoler, parfois je me baigne, parfois je randonne, parfois je lis, parfois je contemple.

 

Travailler, c'est perdre sa liberté. Je l'ai toujours su, je l'ai toujours répété : c'est pour ça que je n'ai jamais été pressé de le faire ! Les copains, la famille, les autres autour de moi, avaient beau me répéter « c'est sympa un salaire », ça ne m'a jamais vraiment convaincu. Que voulez-vous, j'ai toujours été un apôtre du Carpe Diem. Or, vivre au jour le jour, c'est pouvoir décider de ce que l'on fait au jour le jour. Puis-je le faire alors que je travaille ?  Clairement, c'est non.

 

« Mais, tu ne vas quand même pas arrêter de travailler !? ». Non. Enfin, pas tout de suite. Je vous ai déjà écrit que je respectais trop mon travail pour exploser en cours d'année et quitter mon métier. Quoique c'est possible de le faire, une démission et puis voilà ! On a la liberté de le faire ! Mais je ne suis pas malheureux dans mon travail. Au contraire, quand j'en reviens, j'en suis toujours à me dire que c'est un chouette métier que d'enseigner.

 

Néanmoins, j'ai toujours la flamme. De celle qui me dit que la vie a un côté tellement sexy quand on est sur la route, quand on vadrouille, quand on découvre tous les jours. La routine ? Ce n'est pas encore fait pour moi. Cultiver mon jardin ? Non plus. J'ai toujours cette soif de découverte, de nouvelles rencontres, et c'est quelque chose que je ne peux pas avoir en travaillant, en étant dans un lieu fixe. En tout cas, pas assez. Ne pas savoir où je serai dans dix jours, dans trois jours, demain, ça c'est kiffant. Les deux derniers voyages, en Colombie et en Guadeloupe, m'ont donné envie d'en faire plus, d'en voir plus, d'en vivre plus. De reprendre ma liberté. D'arrêter de travailler au mois de juin. Et de repartir en septembre. Parce que l'Amérique du Sud me donne envie. Parce que je n'ai pas encore d'attaches. Parce que je n'ai pas de prêt sur la tête qui me mettrait une barrière mentale. Parce que je n'ai pas encore passé le concours qui me donnerait accès aux lettres CDI (encore une barrière mentale).

 

Tant pis, ça confirmera le fossé qui me sépare des gens de mon âge, de mes ami-e-s, de ceux dont on dit qu '« ils avancent dans la vie », le triptyque maison-mariage-enfant. Le fossé devient peu à peu un gouffre, parce que nos vies ne se ressemblent plus, et qu'elles se ressemblent encore moins si j'arrête de travailler quelque temps. Mais j'ai besoin d'un nouveau gros voyage. Un dernier. Allez, un tout petit. Avant mes 30 ans. Quoi, j'ai 31 ans ? J'avais dit de me poser à 30 ans ? Allons, c'était juste une idée ! Trouver une fille ? Avec plaisir ! Mais l'Amérique du Sud, avouez que ça donne envie ! Peut-être même que ça vous donne envie aussi, et que vous allez me rejoindre pour quelques jours, quelques semaines. Que vous prendrez la liberté de le faire.

 

Et, un jour, je me poserai. Enfin, je crois. C'est le modèle qu'on m'a donné en tout cas. Et quelqu'un finira bien par m'y convaincre. Et j'abandonnerai un peu de ma liberté... mais seulement pour une prison d'amour et sa belle geôlière !

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23 décembre 2018 7 23 /12 /décembre /2018 23:36

Ça passe toujours plus vite, il faut juste s'y faire.

 

Alors que je me prépare à rejoindre la Guadeloupe, le traditionnel zapping de mon année, commencée d'une drôle de façon : un voyage très compliqué à Trinité et Tobago avec le coloc Tim. Comment dire ? La guigne, tout simplement ! Deux avions manqués, des problèmes de visa, de carte bancaire, de météo, des bateaux qui ne démarrent pas, des routes qui s'écroulent... qu'importe me disais-je, le karma me reviendra cette année !

 

Pas au début. La mort d'un cousin, à qui j'ai essayé de penser chaque jour depuis, qui me rappelle la chance que j'ai d'être ici, en bonne santé, totalement libre, vivant. Profitez de la vie, tous les jours.

 

A mon retour, je replonge dans ma Guyane, dans les cours qui prennent beaucoup de mes heures, à essayer de bien m'occuper de mes élèves. Manque de chance, une d'entre elle finit sur le gravier, renversée par une voiture. Je suis l'un des premiers sur les lieux, j'essaie de m'occuper d'elle comme je peux, sans trop savoir quoi faire. Aujourd'hui, elle est à Pékin, et elle ne peut toujours pas marcher.

 

Bon, là, vous vous dites, c'est une sale année. En effet, ça n'a pas très bien commencé, mais la suite est plus légère. Une funky d'Apatou, et le carnaval en Guyane, avec l'énorme parade de Kourou. Je repars en métropole en février, et j'enchaîne avec le carnaval de Dunkerque, en famille une fois n'est pas coutume !

2018, le Zapping

En mars, c'est les tortues d'Awala, une rencontre à point nommé, et un peu de bonheur livré par câlins. Je vois Francis en karaoké (et j'écouterai toujours Céline Dion différemment), je prends du plaisir à kayaker sur le lac Pali et à découvrir Roura avant d'aller au tribunal avec mes élèves pour des histoires un peu folles. Quoique moins folle que ma collègue actrice porno, pour un épisode dont le lycée parlera encore dans vingt ans.

 

La première quinzaine d'avril se déroule en Martinique, en road-trip, en solo. La Montagne Pelée, un nord de l'île très sauvage et beaucoup de surprises, malgré les sargasses.

 

En mai fais ce qu'il te plaît. Connerie de dicton ! La crique Margot en kayak, Awala et ses tortues Luth (quel animal!), puis un week-end entre colocs direction Maripasoula. Là, c'est la découverte d'un pays amérindien, loin, très loin de beaucoup des préoccupations que j'avais en métropole. Je décide très vite en 2018 de rester un peu plus longtemps que prévu, au moins une année de plus, en Guyane. Car je m'y sens bien, à ma place, et heureux.

2018, le Zapping

En juin, ça pue tellement les vacances ! C'est le début d'une Coupe du Monde qui sera magnifique, tandis qu'on se balade dans l'Est Guyanais puis sur le lac de Petit Saut.

 

Et c'est parti pour les grandes vacances, celles que j'aurai apparemment toute ma vie ! La traversée de l'Amazone en bateau-hamac, puis Belem pour un petit goût de Brésil, avant d'être rejoint par Sophie en Bolivie. Woh.

Stop.

 

La Bolivie. Woh. Woh. Woh. Woh.

 

Ok, je reprends. La Bolivie était juste l'un de mes plus beaux voyages, avec des paysages incroyables, des lacs rouges, des montagnes, des lamas.... heureux d'avoir partagé ce voyage, car il était fou. Putain, on est champion du monde au fait !

 

De retour dans ch'Nord début août, avec un été de fou, 3 jours de plage consécutifs (c'est bon, je l'ai écrit, on s'en souviendra!), et des Catane avec ce qui ressemble à une belle famille.

Lucas m'embarque (ou l'inverse) en Bosnie et au Monténégro, avec une grosse préférence pour le premier pays cité. Une histoire tellement prenante, tellement présente.

A Saint-Omer je recroise les ami-e-s, de Lille ou toujours là. Je confirme, mes racines sont bien ancrées là-bas et j'aimerais tellement tout pouvoir faire avec eux pas trop loin. Deux mariages plus tard, un tour à Bollaert, Paname, Calais, Arras etc. et de retour à Cayenne.

 

An 2. Là, ce n'est plus tout à faire la même. Déjà je travaille beaucoup moins, et pas seulement parce que j'ai un week-end de quatre jours. Les cours sont là, l'assurance aussi. Je suis un prof, j'en suis sûr désormais. La colocation a bien tourné, Lisounette et Margot sont parties, un autre est passé (et nous a laissé quelques anecdotes), Zoé et Guillaume arrivent. Nouveau rythme, et toujours content de vivre à 5 dans une maison qui s'améliore, notamment avec une piscine ! Là, c'est aussi les voisins qui sont contents, et qui nous permettent de les découvrir un peu mieux.

2018, le Zapping

En Octobre, me voilà reparti, en passant par Miami, direction la Colombie. Grand pays, que j'ai l'impression d'effleurer, même si mon souvenir est loin d'être mitigé. Olivia m'accompagne, son sourire devant des choses qui me semblent routinières me rappelle la chance que j'ai. Je recroise une fantôme, qui n'a pas fini de me surprendre avec ses annonces.

 

Outch, c'est cassé. Bon, ainsi va la vie. Paramaribo en mode fiesta, une nouvelle crémaillère, et pas grand chose à signaler depuis. Pas de gilets jaunes pour nous, la Guyane est belle et bien une bulle (SLM encore plus, métro à SLM encore plus!). La vie suit son cours, sans haut, mais sans bas. Quoique, non, ça reste toujours haut en fait. Je suis heureux. Et c'est déjà pas mal.

 

Mon top 4 Film cette année :

Le déclin de l'Empire américain

Le corbeau

Divine

Lion

 

Le livre de l'année

La fortune des Rougon (oui, Zola, je sais, c'est pas nouveau, mais ce n'était pas tout à fait une année de lecture!)

 

Top 3 Articles les plus lus cette année

Ma collègue actrice porno (de très loin, bande de pervers!)

Umgawa

La maigrophobie

 

Quant aux résolutions, un point sur celles de 2018

 

Good

Découvrir 3 nouveaux pays (Surinam, Brésil, Bolivie, Bosnie, Monténégro, Colombie)

Découvrir 2 nouveaux sports (Escalade, Planche à voile, Cirque)

Voyager avec des copains / la famille (Lucas, Olivier, Sophie)

Revenir au moins 2 mois en métropole (9 semaines!)

Etre en couple au moins deux mois (7 mois)

Etre heureux

 

Almost

Finir mon tour de Guyane (reste les marais de Kaw et Saül, mais c'est bien parti!)

 

Failed

Réaliser deux missions de la Bucket List (ça sent bon pour 2019)

Faire 50 pompes par jour / Arriver à 65 kilos (bon, je me suis mis aux tractions, et je n'ai pas de balance!)

M'engager dans la vie publique (hum, je ne suis même plus sûr que ça me donne envie)

 

Bon, et que diable vais-je faire en 2019 ?

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10 décembre 2018 1 10 /12 /décembre /2018 23:16

Je ne sais pas pourquoi ça m'a pris,

c'est sans doute à force de les regarder

ces couples tant épris,

ces couples si parfaits.

 

Je les jalousais et je les enviais

Parfois même je les détestais

A cracher au monde leur bonheur

A se marier et enfanter tant de laideurs.

 

Je me suis dit : moi aussi !

J'aurai ma part !

Avant l’Épiphanie

Je tremperai mon dard !

 

Et c'est là que tu es apparue,

Une nuit remplie de tortues,

Des étoiles dans les yeux,

Le vent dans tes cheveux

 

Et j'ai voulu t'aimer.

 

Oh, tu sais, ce n'était pas tant d'efforts,

Je me suis simplement laissé emmener

Dans ton monde du réconfort,

Des câlins, des baisers

Et aussi les plaisirs du corps.

Jusqu'à en étouffer.

 

Pourtant, j'ai voulu t'aimer.

 

J'essaie de comprendre pourquoi,

De savoir ce qui cloche avec moi.

Ai-je déjà eu ma dose d'amour ?

En ai-je donc fini jusqu'à la fin des jours ?

 

Où sont parties les étincelles ?

Quoi ? Planquées sous mes aisselles ?

Allons ! Restons sérieux !

Nous parlons d'amour nom de Dieu !

 

Et que vient-il faire là lui aussi ?

Ce poème part à l'agonie !

Je ne suis pourtant pas une grenouille de bénitier,

Et cette rupture ne m'obligera pas à me confesser.

 

Pourtant, je le confesse, j'ai voulu t'aimer.

Et ensuite, j'ai voulu te protéger.

 

Car l'amour non partagé

Est un amour déjà consumé.

Et sur ces cendres d'un nouvel échec,

Je me retrouve à faire le point, avec

devant nous, des vacances en commun,

15 jours où il faudra être malin.

 

Je flippe un peu c'est vrai,

Je ne suis pas sûr que nous soyons prêts

A voguer pendant des heures,

A traverser la Guadeloupe et ses îles à tes côtés,

A se relancer des rancœurs,

Même si ce n'est pas notre volonté.

 

Je flippe aussi, surtout,

d'une vie sans amour,

4 ans déjà passés,

Sans le rencontrer

Et si je le prends ici avec humour,

Je ferai tout, pour la rencontrer.

 

Alors, j'ai voulu t'aimer. Sans succès.

J'ai voulu t'aimer
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19 novembre 2018 1 19 /11 /novembre /2018 22:19

Un tas de bois. Une haie. Voilà ce que tu vois. Moi, c'est différent. Car cet espace d'un mètre de large sur cinq mètres de long, c'était ma liberté.

 

Je pense que nous avons tous voulu un jour construire une cabane. Le lieu idéal : en haut d'un arbre. Pour se sentir plus grand, et avoir l'impression de dominer le monde ! Oui, gamin, déjà mégalo ! Pas de chance, je n'ai pas vraiment un arbre digne de ce nom chez moi. Par contre j'ai des bouts d'arbres, découpés en morceaux, quelques stères de bois qui finissent dans ma belle cheminée un soir d'hiver pluvieux comme on en a parfois dans ch'nord. C'est là, derrière ce gros tas de bois d'à peu près deux mètres de haut, qu'on se cachera. Qu'on s'installera. Nous, et nos trésors.

 

Les trésors d'un gamin, c'est une bouteille de coca, d'une marque moins chère, coincée au milieu de notre pièce, entre les bouts de bois. Un après-midi, seul, j'irai en boire 3 gorgées, sans que mes parents me voient, et sans que mes sœurs puissent en prendre. Oh, liberté suprême ! Quelques rangées plus loin, un bout de bois pas comme les autres : mon pistolet ! Plutôt fin, il se termine avec un creux arrondi, assez lisse, ce qui lui permet aussi d'être une canne. Ouah, une arme deux en un ! Je marche en m'appuyant dessus, tout en délivrant des consignes à mes troupes, imitant ainsi le vieux général américain du Jour le plus long. De temps en temps, il y avait aussi un paquet de biscuits qui traînait là, mais pas longtemps. Car Clément et moi, on ne sait pas s'arrêter une fois le paquet de biscuits entamé (j'ai gardé le défaut!).

 

Car cette cabane, c'est aussi le lieu d'une amitié. L'un de mes grands copains de primaire s'appelle Clément. Je n'ai pas cherché loin, juste derrière les pieds de framboises (où on se sert parfois au cours de l'été). Là, après la barrière, c'est l'un de mes autres mondes. Je n'y suis pas allé depuis 15 ans, mais je pourrais refaire toute la maison et le [grand] jardin. Au fait, là aussi, on avait une cabane ! Même deux ! Une autre entre deux haies, où on était abrité par des bâches (quoique ces bâches gouttaient tout le temps!). A l'intérieur, une autre bouteille de coca ! Enfin, toujours pas le vrai coca, mais ça se valait !

Et puis il y avait celle sous des tôles rondes, à même le sol. Là, c'était grand luxe ! Déjà, on était abrité pour de vrai quand il pleuvait. Et puis les grands frères de Clément y avaient aussi planqué leurs trésors ! Encore plus de coca ! Et des biscuits ! Mais pas seulement. Car Benoît, le frère de Clément, avait un paquet de cigarettes ! Woh, ça c'est fou. D'ailleurs, il est un peu fou Benoît, c'est pour ça que sa mère crie toujours son nom très fort. Mais moi je l'aime bien, et mes sœurs aussi : c'est qu'il est marrant Benoît.

 

De temps en temps, on escalade notre cabane (les tôles donc !), et on essaie de voir ce qui se passe derrière: des vieilles voitures, comme un cimetière ! On aimerait bien y jouer, mais on n'a pas vraiment le droit, surtout depuis que les garçons y ont lancé des cailloux et cassé des vitres. C'est bête, on pourrait en faire des sacrés cache-cache là-dedans !

J'invite mes sœurs de temps en temps, mais aussi Alexandre, mon voisin de l'autre côté, celui de la haie à épines. Il est souvent chez sa grand-mère, où on se rend en passant par un trou bien pratique. Il y a une immense balançoire verte, et Gisèle nous donne souvent des bonbons. J'aime bien les bonbons. Elle habite dans une très grande maison, avec un drôle d'atelier plein d'outils. Mais elle ne veut pas trop qu'on joue par là. C'est dommage, j'avais plein d'idées pour ranger les outils dans ma cabane.

 

J'ai aussi une autre cabane chez Romain, mon autre voisin, mais plus loin : il y a une maison d'écart ! Lui a une ferme, avec plein de vaches. Ca pue sacrément là-bas, et y'a une pièce avec plein de merdes, faut faire gaffe où on marche ! N'empêche qu'il a plein de place, alors on fait une cabane en haut des ballots de paille ! C'est un peu dangereux il paraît, mais nous n'avons pas peur ! Ce qui est embêtant par contre, c'est que les ballots de notre cabane disparaissent très vite, sans que je comprenne pourquoi. Alors on ira se mettre à l'étage de l'étable, où ça sent pas très bon, mais ici on est tranquille, et on peut jouer à la belote de comptoir ! Romain m'explique les règles un peu vite, et il gagne tout le temps. Il aime bien gagner Romain. M'en fous, je l'aime bien, et je reste plus fort au foot.

 

Car le foot, c'est aussi la grande partie de mon enfance. La balançoire fait office de but, et on joue avec les voisins. Maman crie parce qu'on casse ses fleurs. M'enfin, c'est pas de notre faute si elles débordent du terrain ! Ce que j'aimerais vraiment, c'est le but d'Antoine, mon copain de primaire, avec une vrai barre et plein de place ! Mais c'est déjà pas mal ici. Car avec Alexandre, pas mon voisin, mais celui qui habite sur la nationale, Clément, Romain, Sophie, Mélanie, Benoît, Antoine, Lucie, Alexandre mon voisin et tout ceux qui passent par ici, on va jouer pendant de longues heures. Et puis même faire un cache-cache ! Vite, direction la cabane ! Tiens, il reste du coca.

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