14 décembre 2009 1 14 /12 /décembre /2009 12:42
"Son excellence monsieur l'ambassadeur du Rwanda à Bruxelles vous accueillera vendredi à 14h". Après avoir posé un lapin à monsieur l'ambassadeur en raison de la cérémonie anglaise, je me devais donc d'être présent, quitte à faire un aller-retour Rennes-Bruxelles...

Ambassadeur. Rien que ce mot et je suis fasciné. Alors en rencontrer un, pour de vrai ! J'ai plusieurs amis qui rêvent de travailler dans ce milieu. De mon côté, c'est une piste que je ne met pas de côté, même si contrairement à un certain Lucas D., je n'y pense pas en me rasant le matin.

Auparavant, avec Laura (puisque nous y sommes allés ensemble), nous avons préparer nos questions. Nos professeurs respectifs étaient d'accord sur un point : mettez vos questions dans des termes diplomatiques ! Termes diplomatiques, qu'est-ce ? Nous y allions donc de nos "monsieur l'ambassadeur" par-ci, "son excellence" par-là. De plus, je parle à un Rwandais, plusieurs sujets sont sensibles. Il y a donc une double précaution dans mes futures questions. Surtout ne pas demander l'ethnie de mon sujet ou ce qu'il faisait en 1994 !

 

Nous arrivons donc dans "la maison du Rwanda" à Bruxelles, costume-cravatte obligatoire. Après un première période d'attente en bas de l'édifice, nous grimpons à l'étage pour... une deuxième salle d'attente, composée de fauteuils, canapé et quelques photos du pays. Nous pensons même que l'entrevue se réalisera ici. Dans les faits, Monsieur l'Ambassadeur nous fait avancer dans son bureau, plutôt classe, avec un petit coin salon qui permet de nous asseoir. Paul Kagamé trône sur la pièce et me regarde fixement, accroché sur le mur.
Ma première impression, c'est un homme souriant. Ca semble peu, écrit comme cela, mais ça rassure très vite les deux étudiants. Je lui demande si je peux enregistrer cet entretien. Je ressens un malaise, et après plusieurs tergiversations, j'obtiens un petit oui, suffisant pour que je puisse mettre le magnéto (serge !) sur la table. Laura stresse un peu (beaucoup) et commence par remercier notre interlocuteur. Et puis je débute ma série de questions.
Oublier les "monsieur l'ambassadeur" et "votre excellence", je joue franc-jeu. J'ai plusieurs points que je souhaite aborder, j'improvise mes questions, les formules de politesse sautent dans l'affaire. Peu importe, c'est un homme simple qui me réponds, ancien professeur, très sympa, qui va même jusqu'à nous demander où nous nous sommes rencontrés.

 

Réponses officielles. Ca, il n'y a rien à dire, monsieur l'ambassadeur a de la culture, beaucoup de réparti et répond à mes questions tels des communiqués de presse du secrétaire de Paul Kagamé. J'apprends peu de choses, je ne m'attendais guère à plus. L'entrevue devait durer quelques minutes, 1h15 plus tard, nous ressortons du bureau en compagnie de notre hôte qui nous raccompagne jusque dans les escaliers. Une prochaine entrevue est possible, ce n'est pas un souci, vous êtes les bienvenues ! Merci monsieur l'Ambassadeur ! Mais pourquoi n'a-t-on pas eu le droit à nos Ferrero Rocher ? Erasmus-9491.JPG
Et puis bien sûr comme un bon Erasmus qui se respecte, j'en ai profité pour rencontrer un Canterburyen. Alban, le genre de mec que tout le monde aime en Erasmus, car le premier a organisé une soirée. Avec lui, les soirées Made in Belgique sont devenues une marque déposée et le revoir en plein milieu de la place de Bruxelles, les bras grand ouvert et le sourire sur les lèvres...ça fait quelque chose. Comme toujours, des discussions d'after-Erasmus sur la vie actuelle, sur les évolutions professionnelles, sentimentales avec toujours une place pour se remémorer le passé grandiose. Le vie est belle.
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17 novembre 2009 2 17 /11 /novembre /2009 12:22

J’ai un accès illimité au bonheur. Chaque jour, je me rends compte de la chance que j’ai. J’en profite intensément, me souciant peu des avis extérieures et des modes de pensées traditionnels.

 

Ce bonheur, je fais tout pour le garder. Cela nécessite beaucoup de concessions, de privation. Fini le temps de l’égoïsme et du « tout pour ma gueule ». Non, ce bonheur là, il faut le négocier, jour après jour, afin de le conserver. Je lis en ce moment L’art d’aimer d’Ovide. Il commence son ouvrage en divisant les trois principales difficultés de l’amour : trouver la bonne personne, la séduire et la conserver. C’est la troisième partie qui s’avère la plus longue et la plus ardue. Parfois un grain de poussière peut tout rompre, une phrase, un mot, une idée, une action. L’objectif c’est de balayer cette poussière afin que rien n’entrave ce bonheur.

Alors chaque jour je balaie ma maison du bonheur (parfois même au sens principal). Chaque jour, je lui répète que je suis heureux. Et chaque jour, je la regarde inlassablement en me rappelant que je suis chanceux.

 

De plus en plus je me rends compte que la vie est courte. Surtout quand elle accélère sans cesse. Novembre 2009, 22 ans et demi, Master 2, mal de dos récurrent, difficulté d’enchaînement des soirées, prise de médicament quotidienne. Je ne suis plus un jeune. Je dirai même que l’après Erasmus m’a foutu un sacré coup de vieux. Une overdose de soirées qui m’a rendu accro aux soirées dans le lit à regarder un bon film ou lire un bouquin avec elle.

 

Elle c’est ma vie, et c’est de cela dont je suis le plus sûr actuellement. Alors déménager dans un pays froid où la langue m’est totalement inconnu n’est pas un problème pour moi. Voir la famille et les potes trois fois l’an ne me gène guère. Elle est là, toujours à mes côtés. C’est avec elle que je veux réaliser mes rêves, c’est avec elle que je vais les réaliser.

 

Je ne sais pas quand je vais mourir, je pense que vous non plus. Mais je sais que lorsque l’heure arrivera je sourirai de bonheur. Quel chance.

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9 novembre 2009 1 09 /11 /novembre /2009 12:17

Petit à petit l'oiseau fait son nid ! Presqu'un mois et demi de vie rennaise, l'occasion pour moi de faire un premier bilan.
Tout d'abord, du côté des études, j'avoue être dans le brouillard. 3 heures de cour, maintenant 5, pas de quoi fouetter un chat. De ce fait, l'oiseau a du mal à quitter son nid douillé (oh David !) et à se mettre franchement au boulot et à son nouveau mémoire. Je pense partir sur un sujet concernant le Rwanda d’après génocide mais l’intitulé du Master me concentrera sans doute sur les relations internationales d’un pays au sortir du génocide. Quant aux cours, il faut reconnaître que je n’ai pas la quantité mais la qualité. Des professeurs très intéressants et des sujets qui le sont tout autant. L’intégration dans la classe ne se fait pas, mais je ne la cherche pas non plus et 2 cours par semaine, ça ne ressert pas les liens. Je pense être le seul arrivée au milieu du Master, ça n’arrange pas les choses. Mais je ne venais pas pour me faire des amis dans la profession.

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Justement, les amis, les sortis, là-aussi c’est assez calme. J’avoue me laissé bercer par le temps qui avance. Les potes de ma sœur sont déjà passés ici plusieurs fois, plutôt sympa. Et Laura a développé les échanges Erasmus si bien que 4 Finlandaises sont venues tester une raclette vendredi dernier. J’avoue privilégier cette option et découvrir un peu plus l’Europe en étant à Rennes (comme quoi, tout est possible). Un anglais est également bien sympa et ce midi c’est un espagnol avec qui j’ai bien discuté au foot. L’atmosphère Erasmus me plait donc toujours autant, la France m’ennuie.

 

Heureusement, chaque week-end, je pars à l’aventure, à la conquête de la Bretagne, de la Normandie ou des Pays de Loire. Dans l’ordre, Le Mont-Saint-Michel, Saint-Malo (ci-dessous), P1060637.jpg Dinan (dernière photo), Langeais et Azay-le-Rideau (ci-dessous) P1060896-copie-1.jpg

  P1060751.jpgm’ont vu débarqué, avec un certain attrait. La ville des corsaires Surcouf et Jacques Cartier fut un bon moment de détente, Dinan est une jolie ville romantique à l'abri des touristes. Quant à Azay-le-Rideau, c'est l'historien de l'art qui s'est éclaté ! Je reste toujours un bon touriste même si l’esprit du voyageur ne m’a pas fait renoncer à quelques idées farfelues (mais nous en reparlerons). Je suis même allé au cirque, c'est pour vous dire si mon emploi du temps est chargé !

 

Quant à Elle, c’est le bonheur, et je maudis souvent le temps qui passe.

Bref, un sentiment d’année Erasmus. Et les choses continueront, puisque dans dix jours, c’est la cérémonie dans la cathédrale de Canterbury pour la remise de mon diplôme Erasmus. Pas de doute, je l’ai bien mérité !

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6 octobre 2009 2 06 /10 /octobre /2009 11:06

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Finalement, c'est une jolie région !


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Tout d'abord le Mont-Saint-Michel, petit joyau français, où j'ai pu bénéficié de la bonne réforme du gouvernement (oui, il y en a !) : les musées gratuits ! J'avoue notamment avoir pensé à un ami avec qui j'avais visité cet endroit il y a plus d'une année de cela !
Quant à Rennes-Auxerre, match de football (même si les Rennais avaient semble-t-il oublié la notion de football...). J'avoue avoir eu un petit rictus en observant les supporters rennais, très proche des Lillois au niveau de l'organisation (ou de la non-organisation). Bref, l'un des matchs les plus honteux qui m'est était donné de voir (comment peuvent-ils être payé 100 000€ / mois pour ça ???) mais ce fut une expérience avec la Demoiselle. La prochaine fois, ce sera en décembre avec Rennes-Paris !
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5 octobre 2009 1 05 /10 /octobre /2009 11:03

Université de Rennes-2 Haute-Bretagne, Master Histoire contemporaine et relations internationales. Pour ne rien vous  cacher, c'est en grande partie sur ce nom alléchant que mon choix d'université s'est faitP1060537.jpg. En effet, j'ai souvent pensé que sur le C.V. les noms font plus que les contenus. Du coup, la rajout de "relations internationales" pourraient me permettre quelques portes ouvertes supplémentaires. Passons.

Cette université est également plutôt bien connu en France. Des grands noms y sont passés, je cite particulièrement Milan Kundera qui s'est retrouvé prof ici (je me demande diable comment !) ou Mario Soares, président 10 ans du Portugal ! Bref, l'université de Bretagne m'attire clairement.

Néanmoins lorsque je lis l'année de création de Villejan : 1969. Hum, en pleine apogée du mouvement architectural français (sic !). Me voici donc dans une université qui rappellerait grand nombre de souvenir aux fins connaisseurs de Lille-3. Le délabrement y ait présent, le béton y ait constant. Dans les faits, il devait surement exister une véritable volonté de la part des architectes d'inclure l'université au sein du quartier Kennedy d'où la véritable continuité dans le paysage.

Surtout, l'université de Rennes-II est à la pointe des mouvements sociaux. Le CPE, c'est eux ! Seul université bloquée pendant près de trois semaines ! Parfois, cela ressemble un peu à du radicalisme, voir un peu plus comme le démontre la célèbre phrase qui est encore un peu visible sur le bâtiment B : "Vive la dictariat du prolétature". Encore bien visible également :

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Bref Rennes-II c'est aussi loin d'Arras que ne l'est mon quartier. Le budget de 30 millions d'euro (cf. wiki) est loin d'être alloué à des travaux de pouponnage de la fac. Parfois, on se dit néanmoins que quelques milliers d'euros suffiraient à passer quelques coups de pinceaux.

Enfin, et là c'est autre chose, mon emploi du temps.

  P10605602.jpg
Je sens que certains s'énervent. Il n'est pas définitif. Surtout c'est un Master II recherche. Le travail c'est donc de rechercher. Pour le moment je recherche donc un sujet (avec un beau match Asie-Afrique) !

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3 octobre 2009 6 03 /10 /octobre /2009 10:53

Dans la publicité qu’on m’en avait fait, je devais donc arriver à Rennes dans un beau bloc au sein du quartier J.F. Kennedy. Moi, grand admirateur de nos amis américains, j’imaginais alors un Manhattan de toute beauté, oubliant à cette occasion que je résidais dans le pays autoproclamé des droits de l’homme.

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C’était donc cela, l’intégration sociale des années 1970. Bâtiment soviétique. Pauvre Kennedy qui doit encore mijotait à propos de ces missiles de Cuba. Barre, puis barre, puis nouvel immeuble. Me voici dans le monde dit « de la banlieue ».

 

J’observe donc depuis une semaine avec attention ce qui se passe autour de moi, comment s’organise la banlieue. Je peux notamment constater la forte présence des français descendant de l’immigration. Je les imagine grandir ici, dans un endroit où le brin d’herbe semble en voie de disparition. Je suis allé me balader dans le « parc » du quartier, juste en dessous de… l’autoroute et grillagé de toute part. Après une semaine, je me demande déjà ce que je peux faire ici. Alors après vingt ans…

 

Bien sûr, il y a des avantages à la banlieue. Plusieurs milliers de personnes regroupées sur 500m2, cela fait quelques milliers d’euros à dépenser chaque jour. Alors au milieu de la cité, Carrefour, boulangerie, fleuriste, photographe, banques et autres restaurants permettent de vivre convenablement. Néanmoins cette présence accrue ne nous encourage pas à sortir un peu plus loin en ville, à s’intégrer avec le reste de la population. Non, à Kennedy, tu peux y faire ta vie. Le repli sur ton quartier est très facile. Alors finalement, est-ce là un véritable avantage… ?

 

Enfin, il y a de la vie. Toujours quelqu’un pour crier, chanter, jouer. Il y a aussi la Police Municipale, qui ferme à… 17 h ^^. C’est sûr, je suis loin des bourgeoises Saint-Omer et encore plus Arras. Rennes Kennedy, pavillon d’observation pour le curieux que je suis. En mode banlieue pour une année. Ouech.

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1 octobre 2009 4 01 /10 /octobre /2009 10:52

Et maintenant je vis avec elle… Comme quoi la vie va vite. Je pensais aller à Canterbury pour apprendre l’anglais, j’en suis revenu avec une fiancé…

 

Pourtant j'ai eu un peu peur lorsqu'elle m'a dit d'un ton très sérieux : "et si je venais vivre en France l'année prochaine ?" Moi, adepte de la liberté, j'avoue avoir été surpris devant tant de précipitation. Mais plus les choses avancaient et plus je me disais que c'était une évidence. Si ce n'est pas Elle, qui d'autre ? Elle a tout, elle est tout.

 

Et puis ce n'était pas notre coup d'essai. A Canterbury les choses étaient déjà très proches de ma vie actuelle. Il n'y a juste plus de solution de repli. Et c'est tant mieux comme cela.
Cela avait commencé chez moi, en compagnie de mes parents. Alors l'arrivée dans un appartement, cela ressemble un peu comme une évolution positive : plus de liberté, moins de problème de compréhension.

 

Cependant il faut revenir sur le fait que c'est un ménage à 3 : ma soeur est avec nous ! Alors oui, pour moi c'est une évolution en douceur, avec Elle, certes, mais également avec la famille. Pour Elle en revanche ce fut un saut dans l'inconnu. Elle vient en France pour... moi. En effet, elle n'a pas de cours. Elle ne connait personne d'autre. Elle ne connait pas la langue. Ouah. Pas mal. Elle doit m'aimer pour cela.

 

Enfin, cette photo provient d'Amsterdam. Une sorte de petit voyage en arrière, à la découverte d'une ville fascinante et très différente du reste du monde que j'ai déjà parcouru (oui, le quartier rouge en est La cause). Se balader dans les canaux, petit moment romantique. Revoir les Suzanne et Franka, petit moment Canterburio-Erasmussien. Enfin, être avec Elle, toujours et encore, petit moment d'Amour.

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15 septembre 2009 2 15 /09 /septembre /2009 23:19

Annoncer à sa copine que l’on va aller faire les magasins cet après-midi… quelle idée de fou ! Pourtant j’étais prévenu, beaucoup m’avait évoqué ce sujet sensible chez nous, gente masculine. C’est un peu une sorte de drame collectif, vécu par près de 50% de la population. Un après-midi de magasins et pas n’importe où : la cité de l’Europe ! Plus de 100 enseignes prêtes à découvrir le livret A de Monsieur pour le bonheur de Madame.

Tout commença avec l’annonce. Cela ressemblait à une demande en mariage. D’un côté, le Monsieur qui, en exprimant ses mots, continue de se demander s'il ne fait pas là l’erreur de sa vie. De l’autre, Madame, des yeux pétillants et un sourire ravageur. Elle sait que cela va être son moment. Elle organise déjà les préparatifs : comment nous nous y rendrons ?, combien de temps nous resterons dans ce lieu paradisiaque ? (ou démoniaque selon le côté duquel on se trouve) Quelles enseignes font des réductions ? De quel vêtements ai-je besoin ? La gente masculine ne me contredira pas lorsque je lui susurre à l’oreille « mais tu as déjà tout ce qu’il te faut…. » De l’autre côté, la gente féminine me rappela que six paires de chaussures sont très peu dans une vie et qu’une septième servira ce soir, pour ce fameux anniversaire où elle ne savait pas quoi porter.
Sur la route, peu importe la conversation, tout revient à cette robe, présente dans le magasine. Tu peux aborder tous les sujets que tu souhaites, tu peux même essayer de t ‘engueuler, elle ne perdra pas de vue les magasins. Et lorsque Candide entre dans son eldorado, on y décèle le bonheur sur son visage. Pour Monsieur, c’est un calvaire de plusieurs heures qui commencent.
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En effet, si les hommes aiment parfois les magasins, ils sont loin du niveau de Mesdames. Surtout ils n’ont pas la même technique d’achat. Pour lui, c’est facile : j’aime, j’essaie, ça me va, j’achète. Madame a un processus beaucoup plus compliqué et bien plus long. Une longueur que l’on peut ressentir à l’entrée des magasins où toute une foule de Monsieur attends, avec les enfants, parfois très nerveux et reportant leur colère sur leurs démons de gosses que l’on ne peut pas tenir. « Kévin, viens ici ! T’arrêtes maintenant ! Je vais t’en mettre une ! Ca va barder ! » (rappelons que notre histoire se déroule dans le Calaisis)
Pendant ce temps Madame recherche la perle rare, celle que personne ne portera le soir même, sinon c’est le drame d’une vie. Comme si elle serai l’unique porteuse de cette robe à fleur. Madame choisit quelques vêtements après de longues hésitations. Puis elle les essaie. « Ca me va ? » Comme tout garçon intelligent qui espère en finir au plus vite je répond logiquement « mais oui ma chérie, tout te va ». Malheureusement ce n’est pas la réponse qu’elle attendait, elle voulait un « oui, cette robe te met parfaitement en valeur, et tous les autres garçons se retourneront sur toi tellement tu es jolie et les autres filles seront jalouses et te demanderont « où as-tu trouver cette perle rare ? » ». Malheureusement tu n’as pas l’âme d’un littéraire et cela la conduit à retirer ce vêtement et à le remettre en rayon. Ce processus se répète plusieurs fois.
A plusieurs reprises tu penses à avoir fini quand elle a un sourire et dis : « j’aime bien, c’est plutôt jolie ». Puis, sans aucun explication rationnelle, elle remet la robe en rayon et t’achève en quelques mots : « finalement non, c’est pas pour moi ce genre de vêtements ». Dans ta tête tu te demandes logiquement : « mais pourquoi l’essayer ? » ou encore un légitime « qu’est-ce que j’ai fais pour mériter cela ? »

Soudain, ses yeux pétillent. Elle l’a vue. C’est cette robe qui fera son bonheur.
Lorsque tu regardes le prix, ton cœur frétille. As-tu bien vu ? C’est cette robe qui te cause tant de douleur.

Reste les chaussures. Là c’est un défilé de mode qui se déroule devant tes yeux. Elle aime cette paire là mais elle pense qu’elle peut trouver mieux. On continue. Un magasin, puis deux, trois, dix. Finalement on retourne au premier, quelques instants (dizaines de minutes) plus tard. Tu n’entres pas en expliquant que ton allergie te reprend (en vérité cette allergie est causée par une trop grand présence féminine dans un lieu ouvertement hostile à ton porte-monnaie). Dix minutes plus tard, elle n’est toujours pas réapparue. Que peut-elle donc faire ? Enfin, là voilà qui surgit, deux paires de chaussures de plus, 50€ de moins.


A tous les traumatisés des magasins
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4 septembre 2009 5 04 /09 /septembre /2009 23:18

Depuis deux semaines et deux jours sur cette même chaise, au bout de la même table, dans cette même maison, dans ce même village avec ce même sujet de mémoire. Seize longues journées qui paraissent une éternité, qui défilent au ralenti, dont je peux vivre pleinement chaque minute, chaque seconde. Souvent je râle de ce temps qui n'avance pas, ou plutôt de ce mémoire qui en va de même. En vérité, le sujet m'intéresse et son écriture n'est pas un calvaire.

Ce qui m'embète, ce sont les choses que je ne peux pas voir, que je ne veux pas faire. C'est lire le journal, regarder un film, voir les copaines, aller au musée, à la braderie, à une crémaillère, en boîte. C'est s'allonger dans un lit en pensant à rien. C'est regarder le paysage en n'imaginant pas le Rwanda. C'est danser, chanter, rire et faire la fête.

Seize jours de génocide Rwanda, c'est surtout un harcèlement moral. Seize jours de génocidés, de morts, d'assassinat,s de massacres, de tueries, de meurtres. Seize jours de viols, de détresse, de souffrance et de pleurs. Le Rwanda, je ne l'écris pas seulement, je le vis constamment. Je le réfléchis, je l'imagine, j'en rêve la nuit, j'en parle au midi. Et pourquoi ? Et comment ? Mais si... ? Je tente de refaire l'histoire, d'imaginer une fin plus heureuse. Je ne sais pas si toutes les victimes peuvent me voir, mais je me demande ce qu'elles pensent de moi, pauvre étudiant français de vingt-deux printemps, qui au lieu de profiter de ma vie raconte leur mort. Mais sans doute qu'à ma place, elles feraient pareil.

C'est une histoire qui mérite qu'on s'y attarde. Je le fait longuement. J'en serai peut-être récompensé. Au bout de ce mémoire, de ces quatre-vingt pages de route vers le génocide, il y a un après. Rennes II Haute Bretagne, Master histoire contemporaine et relations internationales. Il y a une collocation avec ma soeur et Elle. Il y a une année de découverte, de rire et de bonheur. Ca se mérite.

Alors, plutôt que de passer ton temps à écrire cet article, repart à ton mémoire ! (...) D'accord !

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29 août 2009 6 29 /08 /août /2009 23:17

Je suis vivant. Tout part de ce point. Je suis vivant donc je peux vivre des moments, des sentiments. Je suis vivant donc je peux profiter de chaque instant, être heureux.

Maintenant partons d'un autre point. Je vais mourir. J'ai donc peu de temps devant moi pour vivre ces moments, ces sentiments. Il faut donc se dépécher, les vivre à fond. Ne pas attendre, ne pas dire dans un mois, dans un an, dans dix ans. Le souci de la mort c'est de venir alors qu'on ne s'y attend pas.

Je suis mort. C'est dommage, j'avais encore beaucoup d'idée et de moment à vivre dans mon emploi du temps. Dans deux ans, dans dix ans, à ma retraite, je n'ai pas eu de vivre ces moments. Alors pourquoi attendre ?


J'ai démarré une bucket list alors que j'étais au lycée. Pour tout ceux qui ignore comme moi il y a encore quelques semaines ce qu'est une bucket list, cela provient du film éponyme, une liste des choses que l'on veut faire avant de mourir. A l'époque il n'y avait que quelques idées, avec assez peu d'espoir de les concrétiser. Et puis j'ai appris qu'il n'y a pas de limites, que l'on peut vivre ses rêves. Il suffit juste de se donner les moyens.

Ainsi j'ai commencé avec mon club de foot préféré et une visite au Parc des princes. Depuis la Tour Eiffel, les pyramides, Amsterdam, Londres, le mur de Berlin, un tour de France, d'Europe... Mais je ne regarde pas encore ce que j'ai fait, ce sera pour mes vieux jours, s'ils existent. Je préfère regarder ce qu'il y a devant moi, ce que je veux réaliser.
Du style monter sur cette bonne vieille statut de la liberté, faire du ski, grimper sur la grande muraille, faire un marathon, sauter à l'élastique, en parachute, faire une visite à Jérusalem et à la Mecque en ayant lu la Bible et le Coran...

Non, il y a des choses plus importantes. Avoir des enfants. Me marier. Etre heureux. C'est également dans ma Bucket List. Et pour le dernier cité je le réalise au jour le jour.

Enfin, il y a un tour du monde. Ca arrivera vite, je peux vous le prédire.

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