19 janvier 2016 2 19 /01 /janvier /2016 23:09

Il est de ces soirées où tout nous semble possible, où le monde nous paraît si petit, où chaque barrière semble être franchissable. Certains ont cette sensation après quelques verres d’alcool, d’autres s’injecteront un peu d’héroïne. Moi, ça me vient comme ça, après un bon film.

Ce soir, j’ai envie d’être fou, de prendre la voiture et d’aller entendre le bruit des vagues, la fureur de l’océan. J’ai envie de goûter la neige fraîche en haut d’une montagne, et de mettre mes pieds dans un ruisseau. Je me vois sur une plage tropicale après avoir pris un ticket d’avion au hasard, et sans prévenir qui que ce soit me barrer de l’autre côté du monde. Ce soir, j’en ai un peu ma claque de regarder mes journées défiler sans arrêt à la station folie. Toutes ces minutes perdues, toutes ces semaines remplies de médiocrité. Ce n’est pas mon idée de la vie, ce n’est pas comme cela que je la conçois.

C’est un éloge de la folie. Un poème à la vie.

Je ne me sens jamais autant vivant que dans ces décisions. Que lorsque l’idée étriquée arrive dans mon cerveau. Je me vois déjà la réaliser, la vivre, et je souris à la vie, à cette folie. Bon Dieu, que tout le monde puisse connaître ce sentiment. Parce que décider d’un tour du monde, c’est presqu’aussi génial que de le vivre. Parce que nager dans un lac glacé c’est se réchauffer le cœur pour des années. Parce que lever le pouce sur une route de France, c’est lever le pouce au monde qui nous entoure. Le bonheur est ainsi fait chez moi. Et ce que je recherche chez l’autre, c’est bel et bien ça. Parce que la première question que je pose parfois s’intitule : « c’est quoi le moment le plus fou de ta vie ». Un soir, à Bordeaux, deux filles m’ont répondu que c’était d’être allé manger chez des gens qu’elles ne connaissaient pas.

Nous sommes dans une société qui ne nous encourage pas à vivre nos rêves les plus fous. Il faut être plus terre à terre, plus réaliste, moins utopiste. Je me souviendrai toujours de la première réaction de mon père lorsque j’ai dit que je voulais faire un tour du monde : « redescends sur Terre un peu ». Car les tours du monde ça n’existe pas. Pas chez nous en tout cas. Mais moi, je ne veux pas redescendre sur Terre, je veux justement voler, à plusieurs kilomètres de haut, et que l’on me balance d’un avion en plein vol, un parachute sur le dos. Je veux avaler les nuages, aspirer l’air glacé et faire l’oiseau. Je veux foncer à plusieurs centaines de kilomètres heure, que mes oreilles aient l’impression d’être dans un bocal, et que mes yeux pleurent de bonheur.

Bon sang, nous n’avons qu’une vie. Si demain on nous annonce une mort imminente, qui nous laisse une semaine à vivre, que ferons-nous ? Toutes les folies que nous nous interdisons pourtant. Nous laisserions l’honnêteté prendre le dessus, dirions merde aux gens qui nous font chier et je t’aime aux gens que nous aimons. Nous quitterions notre boulot, et partirions avec des amis le temps d’un week-end. Tout le monde trouverait du temps pour toi, car tout le monde saurait que tu n’es là qu’un petit bout de temps encore. Eh ! Mais c’est justement le principe de la vie ! Une semaine passe vite, et une vie, encore plus. On se faisait la réflexion récemment avec un bon copain, le temps accélère, toujours. On pense que ça va finir par ralentir un jour, mais c’est une lutte perdue d’avance. La première vitesse a été passée lors de notre première année de vie, la deuxième lors de la deuxième, et la cinquième lors de la cinquième. Depuis, on roule en sixième, à 230 km/h (en vérité, à 1670 km/h, puisque c’est la vitesse de la rotation de la terre !).

 

Bon, il est minuit, je vais me coucher. La folie attendra la fin de ma thèse.

 

Eloge de la folie
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2 janvier 2016 6 02 /01 /janvier /2016 11:25

Nouvel An, personnellement, me fait royalement chier. Bonne année, bonne santé, r.a.b., tel serait mon credo. Et chaque année, pourtant, il faut « organiser » cette soirée comme si c'était la soirée de l'année, voir même de la décennie. Cette fois, j'ai choisi la facilité, et j'ai attendu que l'on m'invite quelque part ! Car l'année dernière, le 1er janvier, nous avions organisé avec succès un nouvel an à Bruxelles... Et c'est là le seul avantage de ce changement d'année, l'occasion de se faire un rappel des 365 jours écoulés.

Le 31 décembre 2014, à Bruxelles, on pouvait encore faire la fête sans problème et Moleenbek n'était pas encore connu de chaque Français. Un feu d'artifice ne nous faisait pas peur, ni même un bar un peu geek où nous avons chanté avec succès (ou pas).
Dès le 2 janvier, nous enchaînions avec une soirée lilloise devenue légende.

C'était la période des bonnes résolutions, des objectifs de l'année, des compétitions lancées. J'annonçais avec joie mon intention de revenir très vite dans ma région, après 3 mois supplémentaires à Bordeaux.

Le 7 janvier 2015, j'ai eu mal à ma liberté d'expression, avec les attentats contre Charlie Hebdo. Je m'en souviendrai longtemps, le retour dans mon appartement, les infos, la descente de deux étages pour en parler avec Jérôme, le regroupement spontané du lendemain, le suivi de l'assaut en plein cours d'histoire de l'Islam, et la manifestation nationale. J'étais Lulu.

A Bordeaux, j'ai accueilli des amis dans de bonnes conditions (Marie-Eve, Sophie), d'autres dans de moins bonnes (Europa Tour), d'autres carrément pas ! (les Audomarois). La faute à une maison qui fut le running-gag du début d'année, mais qui me permit d'obtenir un beau chèque au printemps. Des Couchsurfers m'ont également rendu visite (Do Yeon pour la Corée du Sud, Sophia pour la France) ou m'ont cotoyé (Kristyna pour la République Tchèque). J'ai passé du bon temps en Gironde, Olivier, Sina, Myriam, le LAM et mes tandems allemandes y sont pour beaucoup.

Le zapping de l'année 2015

Pendant mes aller-retour réguliers dans ch'nord, je suis devenu un spécialiste de squash, des soirées lilloises, des matchs d'improvisiation (et d'un samedi soir sous la pluie à Isbergues, « bonsuuoéir »), j'ai revu Bruxelles avec Pauline, Laval avec Mélanie, la bande de Dunkerque avec Perrine et Romain, et les Arrageois sont toujours restés pas très loin. J'ai également patienté 2h45 devant le plus grand accident de l'année sur l'A1 (et un brasier jamais vu).

Avril 2015, l'Ethiopie. Un rêve qui devient réalité. Une première expérience au service de l'Etat, un travail très intéressant (et trop prenant), et une expérience Couchsurfing magnifique grâce à ma colocation allemande (Valerie et Mitja). Une nourriture fantastique, un mariage loufoque, et uné église totalement déjantée.

Après quelques paquitos audomarois et du théâtre bruaysien, je m'envole à nouveau, vers le Canada. Un congrès international, et un voyage génial. Montréal, ville attractive, accueillie par une Couchsurfer qui l'était tout autant, Québec et son histoire, Toronto et les chutes du Niagara. La poutine, et cet accent que j'adore.

Le zapping de l'année 2015

A peine rentré que je repars pour Romorantin et ses otaries (true story!). Et enfin, à la fin du mois de juin, je me pose pour quelques semaines dans ch'nord. Des bordées dunkerquoises faites de jolies rencontres, un Couchsurfer à vélo, le Main Square festival (IAM, Muse, Shaka Ponk, Pharell Williams, Mumford and Sons, et tous les autres), des visites à Paris et ECAS2015, du paintball, du poker, le 600ème anniversaire d'Azincourt , le marais audomarois en barque ou en courant, et la baie de Somme en compagnie des Arrageois et d'une Burundaise.

Au mois d'août, c'est une nouvelle folie. Un voyage en stop à travers la France (lien), les châteaux de la Loire, le marais poitevin, Bordeaux et son stade, les rouleaux du pays basque, la féria de Dax (malgré tout!), le mur de Gavarnie, Lascaux, Sarlat, Padirac, Aurillac, et les volcans d'Auvergne (on oublie Tulle). Tout cela ponctué de rencontres dingues, d'un Portugais loufoque-pervers à une Américaine à l'histoire folle, d'un Français avec sa cabane dans les bois et son pont népalais aux autres Couchsurfers et ami(e)s (ou parents d'ami(e)s). Christophe, Pierre et Juliette ont partagé cela avec nous.

Le zapping de l'année 2015

A peine revenu que je repars une dernière fois, direction Marseille (et l'ascension de la Sainte-Victoire à défaut de la descente en élastique) puis la Corse, île de beauté.

 

Je finis mon année 2015 la tête dans la thèse. Je vois même mon salaud d'Olivier soutenir la sienne, avec un énorme succès. A Bordeaux, je revois plusieurs fois Helena, et c'est mon Erasmus qui défile. Lille reste ma ville de course (10 km de la braderie), de fête, de football (ou comment je vois ma défaite MPG en direct face au vieux Moundir et son équipe de mer**), et même d'une annonce de mariage ! L'embrasement du beffroi d'Arras, les anniversaires d'Astrid à Dunkerque ou de Corentin à Saint-Omer. Et puis Noël à Marseille..

 

Je ne suis sans doute pas complet, et j'ai dû oublier quelques évènements marquants. Mais je sais que je n'ai pas besoin de tous vous citer, et que beaucoup se reconnaîtront dans cette belle liste, qui me rappelle à quel point 2015 fut une année chargée où le terme d'ennui n'a pas beaucoup existé. J'ai repris le football, j'ai regardé des films géniaux (top 3 de l'année : Gone Girl, Whiplash, et les Xavier Dolan), j'ai découvert une histoire familiale de la première guerre mondiale...

 

Mais je ne peux pas terminer mon zapping 2015 sans parler de mon 13 novembre. J'étais dans l'Irlandais (bar ambiance lillois), et j'apprenais qu'un attentat avait eu lieu à Paris. Il y a une vingtaine de morts. Malgré l'annonce et un contre-coup d'une vingtaine de minutes, j'ai continué ma soirée, dans une belle ambiance festive. Et puis je suis allé à la Boucherie (boîte lilloise), et j'ai vu sur la télévision le Bataclan, et ce bilan de 120 morts. Là, j'ai bien essayé de repartir sur la piste, mais l'ambiance festive me semblait tellement inappropriée, limite indescente. Le retour et la radio, puis Internet. Les larmes me sont montées plusieurs fois, parce que la génération Bataclan, c'était la génération Erasmus-Easyjet comme le dit si bien un article du Monde, et que l'on se retrouve toujours plus dans les morts français que népalais, centrafricains ou syriens (cruel mais vrai). Je pourrais vous parler des élections départementales ou régionales, et d'un engagement en politique, mais je garde tout ça pour un prochain article.

 

Je terminerai plutôt avec les filles, car je sais que c'est là un sujet qui vous intéresse beaucoup (c'est en tout cas celui dont j'ai le plus les échos!). 2015 fut une année de belles rencontres, mais pas d'amour. Sans doute n'étais-je pas prêt. Ou tout simplement je n'ai pas rencontré la bonne. Mais je les remercie quand même, comme je remercie chaque personne croisée cette année et qui aura contribué à faire de cette année une belle année. J'ai été heureux une bonne partie de mon temps. Que 2016 puisse être ainsi, pour moi, et pour vous.

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28 décembre 2015 1 28 /12 /décembre /2015 10:48

Je suis un homme de résolution. C'est facile : sans objectif, je ne fais rien. Je reste dans mon canapé à zoner sur le Net, tel le Geek que j'étais pendant mon adolescence. A la fin de la journée, je regardais celle-ci avec tristesse, ayant l'impression de n'avoir rien fait (hormis gagner un titre sur Football Manager, mais je me suis rendu compte que ça ne servait pas sur un CV...). Du coup, je m'oblige très réuglièrement à faire des listes, quasi-hebdomadairement, pour les choses que je dois faire. Les résolutions, c'est le même système que ces listes, sauf que c'est sur un temps plus long (une année) et qu'elles concernent les choses que je VEUX faire. Que je veux vraiment faire. Celles qui me rendront heureux, celles qui me rendront fier de moi (de l'importance de s'apprécier, tout de même un minimum). Après, ce ne sont que des objectifs, et je ne les réalise pas toujours (le terme de résolution est aussi utilisé par l'ONU...). Ainsi, en 2015, j'ai réussi à :

 

- Etre heureux

- Ecrire ma thèse

- Aller trois fois au théâtre dans l'année

- Refaire du sport

- Prendre trois kilos (61,3 kg au 1er janvier 2015)

- Visiter deux nouveaux pays

- Apprendre à faire un nœud de cravate

 

J'ai fait à moitié

 

- Aller voir un match de rugby et de football à Bordeaux

 

Et j'ai échoué à

 

- Visiter San Sebastian

- Faire du surf

- Réaliser deux missions de ma Bucket List

- Etre quelqu'un de bien

 

Bien sûr, cette liste est très personnelle, comme le regard que je porte sur elle. J'ai l'impression d'avoir été heureux cette année, j'ai écrit en partie ma thèse, j'ai repris le football, je suis allé au théâtre, je n'ai pas pris 3 kilos, mais 6 ! (les miracles existent donc !). J'ai découvert l'Ethiopie et le Canada, et je sais faire des nœuds de cravate. Je suis allé voir deux matchs de foot à Bordeaux (à Lescure et dans le nouveau stade, mais interdiction de prononcer son nom...). Par contre, pas de rugby (et c'est dommage), ni de San Sebastian, ou de surf. Ma Bucket List n'a pas bougé (et là c'est grave!), et je ne pense pas avoir été quelqu'un de bien cette année (et là, c'est encore plus grave!).

 

Reste que c'est un ratio de succès de plus de 50%. Plutôt pas mal, et encourageant pour 2016. L'objectif est de mieux faire, avec ces nouvelles résolutions :

 

Découvrir deux nouveaux pays

Courir 10 km en moins de 40 minutes

Découvrir deux nouveaux sports

Regarder 100 films

Lire 3 livres n'ayant aucun rapport avec ma thèse

Arriver à 70 kg

Sauter à l'élastique

Sauter en parachute

Voir la politique d'un peu plus près

Travailler au moins 3 mois.

Etre docteur

Etre quelqu'un de bien

 

Challenge accepted !

Les bonnes résolutions 2016
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25 décembre 2015 5 25 /12 /décembre /2015 23:21

Le poids des mots. Le choc des photos. Le charme des vidéos.

 

Noël c’est l’occasion de faire des choses que vous ne faites pas le reste de l’année. Manger une dinde avec un grand oncle. Jouer à la poupée avec votre petite cousine. Regarder de vieilles vidéos en famille. Pour nous, cette année, c’est la dernière option qui a été choisie. Assis à 4 dans un canapé marseillais, replongeant dans 3 heures de souvenirs de 1992 et 1993.

Rire de soi et rire de ses sœurs. A 5 ans, on est bête, et on est mignon. A 5 ans, je danse comme une star à la fête de l’école primaire : lunettes de soleil, jean relevé, le pas du rockeur (tu m’étonnes que j’en charme plus d’une à Lille !). A 5 ans, j’effectue mes premiers mètres sur mon vélo, sans les petites roues. Je tangue, je vacille, et perds l’équilibre. Il fait rien qu’à m’énerver ce vélo qui ne fait que tomber… (chanson de Bénabar le vélo, indispensable à l’écoute). Et puis à 5 ans, je discute avec mon grand-père, j’offre ses cadeaux, et je croise mon arrière-grand-mère.

 

Les morts vivants. Les morts qui parlent. Les morts qui rient. Les malades qui sourient. Ces gens-là, en pleine force de l’âge, sont parfois aujourd’hui entre quatre planches en bois. Ou dans un lit d’hôpital, atteint d’un cancer. Ou dans une maison de retraite, atteint d’Alzheimer. Pour nous, ce n'est pas possible de les oublier. Ils sont là, dans l'écran. Les souvenirs remontent. L’odeur de la cigarette de mon grand-père dans sa 205, le paquet de Gitanes. L’accent flamand de l’autre, et du troisième. Le rire un peu fou de ma grand-mère. Aujourd’hui, ils sont disparus. Les anciens partent, nous laissant ces quelques images, ces quelques paroles. Et cette piqûre de rappel : nous finirons tous ainsi.

 

Oui, je sais, cet article sent bon l’esprit de Noël ! (plutôt le sapin, sic !) Mais que voulez-vous, j’ai toujours tendance à être un peu cassant à cette période de l’année. Trop de bons sentiments, trop de bouffes, trop de cadeaux. Et l’impression de passer à côté de quelque chose, le reste de mon année.

2015 s’achève. Enfin. Quelle année de m**** diront certains. Tu m’étonnes, entre les deux attentats et le résultat des élections, pas sûr que la France se porte mieux que l’année dernière. Personnellement, 2015 ne fut pas des plus terribles. J’ai eu 3 premiers mois compliqués, avec une phase de rupture. Et puis les voyages m’ont sauvé (comme toujours) : Ethiopie, Canada, France en stop, Corse. Difficile de se plaindre dans ces conditions. Je suis de retour chez moi, à MA maison. Et je suis plutôt heureux d’y être. J’avance dans l’écriture de ma thèse, chapitre 5 quasi bouclé (je compte en écrire 7). Et 2016 s’annonce sous le signe de la liberté. Car je serai enfin délivré (les fans de Disney me comprennent) de ma thèse, et de mes études. 11 ans plus tard, je vais quitter la fac, le sentiment du devoir accompli. Devant moi, le fameux grand vide de la fin des études. Et les grands vides, moi, j’adore ça. C’est la fin de la route, et plein de chemins devant moi, tous pleins de promesses. Les concours de l’enseignement, les ministères, le post-doctorat… Ou alors.

 

Ou alors, il y a un mot, six lettres, et une autre vie. Une vie que j’aime bon Dieu ! Ce mot, c’est voyage. Car la liberté de temps que je vais obtenir dans quelques mois, c'est ma plus grande richesse. Et c’est peut-être l’une des dernières. Ne nous cachons pas, le temps passe, défile, à une vitesse assez incroyable. 1993 est bien loin, 2016 arrive, 2017 aussi. Et je vais avoir 30 ans. Un cap (une péninsule). Après 30 ans, ça serait bien de travailler quelque peu. Ça serait bien aussi d’essayer de se trouver une fille sympa avec qui faire un bon bout de chemin, histoire de connaître cette sensation fantastique d’être père (oooouuuuuuuuuuu, oui, là, j’imagine la réaction de certain(e)s et les sourires apparus sur les visages). Car être en couple à 30 ans ne signifie pas tout à fait les mêmes choses qu’à 20 ans. Les choses sérieuses arrivent beaucoup plus vites, et il faudrait éviter de totalement se tromper.


N’allons pas trop vite ! 2016, la liberté retrouvée. Et peut-être une envie. Celle d’un dernier voyageur formateur. « Encore ? » penseront certains, mes parents compris. Peut-être. Mais j’essaie constamment de me souvenir que l’on a qu’une seule vie. L’important c’est d’en profiter, au maximum. On mourra tous. Peut-être bien plus vite que ce que l’on avait prévu. N’ayons pas de regret.

La piqûre de rappel
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11 septembre 2015 5 11 /09 /septembre /2015 08:20

Parfois je suis surpris de l'impact de l'un de mes articles. Non, pas que "les élucubrations d'un célibataire" ait changé le monde. Disons, surpris de la lecture que les lecteurs s'en font parfois. Certains (et surtout certaines) ont lu des critères indispensables pour la (les?) future(s) femme(s) de ma vie. Alors que non, les critères indispensables sont ceux là :

  • elle ne boit pas d'alcool, les soirées seront plus sympas ainsi

  • elle doit être végétarienne (sans être stricte), car ça sera plus facile pour cuisiner ensemble

  • elle doit connaître les répliques cultes de How I Met, et être à jour dans Game of Thrones. True story.

  • elle doit aimer les musées, la peinture, sauf l'art contemporain (faut pas déconner non plus!)

  • ses connaissances en matière de politique et d'histoire africaine doivent être importantes, afin que nous puissions partager mon quotidien

  • il faut qu'elle apprécie le football, pour aller au stade ensemble

  • elle doit parler français, pour que mon entière famille puisse la comprendre

  • elle ne doit pas habiter trop loin, car j'ai assez donné de la relation à distance

  • elle doit courir 10 kms en 45 minutes, pour que l'on puisse s'améliorer ensemble

  • il faut qu'elle ait réalisé son arbre généalogique, pour vérifier notre degré de consanguinité (on reste dans le Pas-de-Calais tout de même, mieux vaut se méfier!)

  • elle doit être trilingue, anglais et allemand sont obligatoires, pour que l'on puisse s'amuser à changer de langue quand on veut

  • il faut qu'elle ait été supportrice du PSG entre 1994 et 2012, afin de se remémorer le doublé d'Amara Diané et les percées de Samy Maradona Traoré

  • elle doit avoir voyagé dans les mêmes pays que moi, et dans les mêmes villes, pour que l'on puisse évoquer nos souvenirs

  • elle doit avoir une fibre politique, en ayant voté auparavant au centre, à gauche, à droite, pour les verts et l'extrême-gauche, on pourra ainsi retourner notre veste ensemble

  • elle doit aimer les bichons frisés blancs, sinon elle ne pourra pas rentrer dans la famille

 

Si, et seulement si, tu remplis ces 15 critères, surtout : ne m'appelle pas ! Non, tu vois, nous serions trop similaires et ça risquerait de ne pas fonctionner ! Par contre, si tu ne remplis pas les quinze critères, nous sommes peut être faits pour nous entendre ! Alors n'hésite pas à me contacter !


 

Elucubrations : Réflexion laborieuse. S'emploie surtout de manière ironique pour souligner un résultat prétentieux, peu convaincant, dérisoire ou franchement ridicule.

 

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27 août 2015 4 27 /08 /août /2015 21:58

Je termine ma triptyque élucubrations par quelque chose d'un peu différent. Si les voyages et l'amour regardaient vers le futur, le pénitent regarde vers son passé.

 

Être quelqu'un de bien. Telle était l'une de mes bonnes résolutions de l'année 2015. Si j'en avais fait une résolution, c'est que je considérais que je n'étais pas forcément quelqu'un de bien l'année dernière. Et figurez-vous que je crois bien ne pas avoir tenu ma résolution (comme toute bonne résolution du 1er janvier me direz-vous...).

 

Être quelqu'un de bien, c'est difficile. C'est très subjectif d'abord. Être quelqu'un de bien pour qui ? Pour les autres ? Non, pour un jugement encore plus critique, moi-même. Être quelqu'un de bien pour moi-même, ça signifie suivre et respecter des valeurs auxquelles je crois, des normes qui me semblent justes et bonnes. Malheureusement, si ces valeurs sont faciles à énumérer, à penser, elles sont parfois difficiles à suivre dans la vraie vie, au jour le jour.

 

Or, j'ai de plus en plus tendance à imaginer un moi, et à en être un autre. Oui, désolé, cet article sentira bon la réflexion. Disons que je vois un idéal, quelqu'un que j'aimerais être, que je veux être. Et puis je me vois, tel que je suis. Loin de cet idéal. De plus en plus. Le jugement est sévère, mais il est selon moi le plus objectif possible, car je me connais plus que les autres.

 

Nous sommes la somme de nos actes. Pas la somme de nos pensées ou de nos volontés. Et je suis de moins en moins fier de mes actes. Je considère que je prends régulièrement de mauvaises décisions. J'essaie de faire jouer ma morale, mais je la sens de plus en plus faible. Et je suis déçu, de mon comportement.

 

Le souci, au-delà de ma déception, est la tristesse que je peux entraîner chez l'autre. Oui, je sais, je ne suis pas le seul, et que celui qui n'a jamais rendu triste quelqu'un me jette la première pierre. Mais je pense avoir été meilleur dans le passé. Meilleur vis-à-vis de moi-même, et surtout meilleur avec les autres. J'ai l'impression que je suis de plus en plus égoïste et de moins en moins attentif ; de plus en plus impatient et de moins en moins loyal.

S'en rendre compte, c'est un début. La pénitence est faite pour ça. Être quelqu'un de meilleur, pour les autres, et pour moi-même. Amen.

 

Élucubrations d'un pénitent
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25 août 2015 2 25 /08 /août /2015 20:47

Sarlat, 17 août.

 

Après des réponses à mes questions sur le sens de la vie par les voyages, il fallait bien que le sujet amour débarque.

Mes idées noires de l'automne-hiver sont parties. Ça devait être la saison. Ou le temps. Le temps de l'oublier, un peu, d'une certaine façon. Le temps de cicatriser. Je pense pouvoir l'écrire, je suis guéri de ce sale virus que l'on appelle amour.

Pourtant je suis prêt à replonger. Et ce voyage me rappelle ce que je cherche chez l'autre : un grain de folie. Une soif de voyager. Que ce soit une nécessité pour elle. Non, bien sûr, pas la Côte d'Azur au mois d'août. Vous me connaissez un peu maintenant, il me faut quelqu'un prête à tendre le pouce à mes côtés, prête à partir en Islande, Bolivie ou Iran sur un coup de tête.

Déjà, ça en élimine quelques-unes.

 

Parmi les autres critères un peu originaux (parce que oui, gentille, avec de l'humour et du charme ça aide bien!), il faut aussi qu'elle ait une conscience politique. Parce que débattre des grands sujets du moment semble être important à mes yeux, et qu'il n'est pas exclu que ça me prenne de plus en plus de temps dans les années à venir.

Ça en élimine un peu plus encore.

 

Enfin, je ne suis pas un citadin. Je m'en rends de plus en plus compte, je hais les grandes villes, je hais le métro, je hais le temps perdu dans les bouchons. Je hais les gens qui me bousculent, et je hais le fait de ne pas connaître mon voisin. Alors oui, une fille qui a besoin d'un jardin, d'un marais ou d'un océan pas trop loin, d'une nature abondante, est un critère.

Enfin, je veux des enfants, et ce n'est pas négociable.

 

Alors, si tu te reconnais dans ces lignes, ou ta meilleure pote, voire ta nièce (qui a plus de 18 ans tout de même!), n'hésite pas à me faire signe. Je suis sûr que l'on aura une chouette vie.

Élucubrations d'un célibataire
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24 juin 2015 3 24 /06 /juin /2015 18:44

Clap Clap (oui, je me félicite pour mon titre que j'apprécie beaucoup, mais c'est une private joke comité 4).

 

J'avoue, je n'ai pas donné de nouvelles pendant une semaine. Et pour cause, le wifi à Romorantin, c'est comme les bars à Romorantin, une chose assez rare. Comment me suis-je perdu à Romorantin ? Bonne question ! Je me pose la même lundi matin, alors que je suis entouré d'une cinquantaine de jeunes de 20 à 30 ans venus suivre une formation de l'Institut des Hautes Études de la Défense Nationale. Les costards sont de sortie, et on m'a gentiment demandé d'aller me changer, parce que le pull à capuche ça ne va pas le faire. Je ne fais pas mon rebelle, le colonel n'étant pas très loin, et je sors la chemise. J'observe tout ce beau monde avec curiosité. Et je me dis que dans quelques jours, ils seront pour la plupart devenus des proches...

 

Dimanche soir. Une petite chambre de Bordeaux. Un seul lit. Pas besoin de retrouver la carte cachée au fond de ma poche pour entrer. Pas besoin de redescendre d'un étage pour récupérer ma pochette IHEDN oubliée une nouvelle fois entre le baby-foot et l'ersatz de billard. Pas de coloc absent car au café des Turcs. Le silence. La solitude. Pour la première fois depuis lundi. Et ces cons me manquent un peu.

Romorantin et ses otaries

Ces cons là, c'est mon comité 4. Je pourrais vous les présenter un par un, écrire quelques compliments sur chacun d'eux, mais comme on est devenu « ami facebook » je vais garder tout ça pour moi, pudeur oblige. Et puis il y a la règle de Chatham House, à savoir que tout ce qui s'est passé à Romorantin doit rester à Romorantin. Alors je ne vous dirai pas qui dans ce groupe ronfle abondamment la nuit, qui est passé sous un baby-foot à la suite d'une défaite humiliante, qui vote Dupont-Aignan ou qui a montré ses genoux. Je pourrais écrire sur la JAPD, enfin, je veux dire la JDC, mais ça risquerait de vous ennuyer autant que cette journée. Je pourrais aussi écrire sur l'épisode 10 de Game of Thrones que l'on a regardé là-bas, ensemble, mais je risquerais de spoiler.

Clap Clap

J'ai pris un sale réflexe, j'applaudis pour rien. J'ai essayé hier au café, mais personne n'a suivi. Les gens ne sont pas très drôles. Trop sérieux. Nous l'étions sans doute aussi. Nous avons fait des journées de malade pour quelqu'un comme moi, qui aime se reposer après 17h (ou 15h). 8h-Minuit. Des conférences (vraiment intéressantes, la palme pour l'opération Sangaris), des visites (Nexter et une base aérienne), des travaux de comité jusqu'au bout de la nuit. Et pendant que certains comités visitaient vendredi soir la boîte de nuit de Romorantin (si, si, il y en a une), nous étions encore plongés dans une ultime répétition. Mais samedi matin, nous étions fiers du dénouement. Ce comité ne faisait plus qu'un, au point que j'avais moi-même cette petite boule au ventre avant notre présentation, et cela alors que je restais tranquillement assis dans le public. Je les ai vus faire le show, je les ai vus à l'aise. Et je me suis rappelé le moment où j'ai appris que notre sujet était cette réforme de la JDC. « Sujet de merde » ai-je alors directement pensé. Mais entre les histoires de Mc Donalds et de boue, de bivouac et de JDC-JSC (Je suis Charlie), nous nous sommes passionnés. Et je pense qu'on a tous kiffé. Putain de bonne semaine. A Romorantin. Oui, c'est possible. Avec eux.

Romorantin et ses otaries

Clap Clap

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25 avril 2015 6 25 /04 /avril /2015 10:08

10 mois putain ! Bon, on ne va pas se raconter d'histoire, je ne suis pas encore passé à autre chose. Ce n'est pas faute d'essayer de me persuader, mais je n'y arrive pas (encore). Il faut dire que j'ai un gros problème : je la mets sur un piédestal.

Oui, Alba reste ma princesse, et le temps n'efface pas ce sentiment là. C'est le gros souci de la rupture tranquille (comme quoi n'importe quel type de rupture entraîne son lot de soucis!), il n'y a pas eu de grosses engueulades ou de coups de poings (heureusement!), de reproches ou de trahison. Non, ce fut une rupture à l'image de notre relation : quelque chose de facile, quelque chose d'évident. Nous ne résistons pas à la distance, arrêtons dès maintenant et ne nous faisons pas souffrir. Une espèce de rupture amoureuse.

 

J'avais un gros avantage dans ma rupture précédente : il y avait eu beaucoup de dégâts sur la fin. Les engueulades par centaines, les non-dits, les trop-dits... alors si elle me manquait parfois, je me reprenais toujours : « non, mais de toute façon ce n'était qu'une garce ! » (Laura tu me pardonnes si tu lis ça!). On a beau dire, ça fait du bien ! Rien de tel que de détester son ex ! Ça m'a permis de couper tout contact sans regret, d'arracher les photos sans pleurer (ou du moins de les décrocher!) et de me dire qu'il existait cent fois mieux ailleurs !

 

Le problème cette fois, c'est que je ne me dis pas qu'il existe cent fois mieux ailleurs. J'espère simplement qu'il existe aussi bien. Le problème cette fois, c'est que je suis incapable de décrocher les photos. Je me ballade avec une photo de la princesse dans mon porte-feuilles depuis 10 mois. Il y a même une mèche de ses cheveux...

Je suis un ringard romantique. L'expression n'est pas de moi, mais elle m'a été attribuée il y a quelques années par une amie. Je ne sais pas si ça m'avait fait rire à l'époque, mais aujourd'hui j'en souris, et je me dis que ça me correspond bien. Je suis le genre de type à s'endormir en pensant à son ex pendant une heure, à des retrouvailles chaleureuses, à un deuxième coup de foudre. Je suis clairement un ovni dans ce monde. Je n'ai rien à faire là. Mais c'est ainsi, et j'admire avec tant d'attention et des yeux pleins d'envie le cadavre de notre relation. Je me rends chaque jour dans le cimetière de nos souvenirs, incapable que je suis de les enterrer. J'arrose les plantes, et je contacte les morts. Pour par grand chose je descendrais jusqu'en enfer pour la retrouver. Des espoirs si vivants (ou désespoir?)...

Bon, j'utilise mon cerveau de temps en temps, et j'essaie d'être un minimum objectif. Je ne sais pas si c'est elle qui me manque ou si c'est simplement l'amour. Je me dis que si la rupture a existé, c'est qu'il y avait des raisons plus profondes. J'idéalise sans doute beaucoup trop notre histoire (faut dire aussi que c'est assez facile) et j'oublie les moments les plus sombres. Malheureusement, ce côté réaliste a du mal à résister au ringard romantique. Celui qui sur une phrase serait capable d'aller choper un train jusqu'en Allemagne pour la retrouver.

 

De temps en temps je me dis que je devrais lui dire de m'insulter. Ou de me dire qu'elle ne m'aime plus, voir même qu'elle ne m'a jamais aimé, qu'elle est en relation avec 3 mecs, mariée avec deux, 4 enfants sous les bras. Je ne dis pas que ça serait suffisant (je m'inquiéterais sans doute!), mais ça aiderait sûrement.

Bon, vous allez me dire « il nous embête lui avec ses histoires de cœur ! ». Oh, mais je ne vous pousse pas à lire jusqu'au bout ! Je sais ce que vous dtes : il s'en remettra. Car oui, on s'en remet tous. Enfin, presque. Et l'important, c'est de ne pas être le presque. Ringard romantique.

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11 avril 2015 6 11 /04 /avril /2015 15:22

Je ne sais pas comment sont éduqués les enfants d'aujourd'hui, les jeux auxquels ils jouent ou les programmes qu'ils regardent. Je sais que personnellement, dans la petite collection de cassettes vidéos que nous possédions à la maison, il y avait les fameux Walt Disney. Blanche-Neige, Cendrillon, Le roi lion furent nos classiques. Je peux dire sans trop me tromper qu'ils sont les classiques de l'ensemble de ma génération. Une sorte de patrimoine mondial (ou tout du moins occidental).

 

C'est mignon. C'est vrai, qui ne trouve pas mignon Simplet et son savon, ou Timon et Pumba ? J'ai beaucoup ri devant les Disney, j'ai beaucoup stressé, et j'ai même peut-être pleuré quand la mère de Bambi meurt (ou le père de Simba?). Surtout, j'ai fabriqué un mythe, celui de la grande histoire d'amour, du prince charmant et de la princesse qui se retrouvent malgré toutes les embûches semées en chemin par les jaloux et les méchants.

 

Saloperie de Walt Disney. Oui, ces histoires d'amours éternelles (ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants...) m'ont fait rêver. Et elles correspondaient, lors de mon enfance, à ce que je voyais autour de moi. Mes grands-parents se sont mariés jeunes et sont restés ensemble toute leur vie. C'était pareil pour mes arrières-grands-parents. Pour mes parents c'était aussi le cas. J'ai donc fabriqué ce modèle. Pour moi, le couple devait durer toute une vie.

 

Walt Disney je t'accuse. Car peu à peu, autour de moi, j'ai vu que les histoires d'amour, les histoires d'amour, les histoires d'A... finissent mal, en général. Déjà chez mes oncles côté paternel il y a eu un taux de séparation de 3 sur 3. Sacré ratio ! Et puis j'ai vu la rupture chez des voisins, chez les parents d'ami(e)s.

Surtout, j'ai grandi. Et j'ai vu ma génération à l’œuvre. Ce n'était pas beau à voir ! Un beau carnage ! Les histoires d'amour fleurissaient au printemps, et fanaient l'automne suivant. Aux amourettes succédaient d'autres amourettes. A la croyance d'un grand amour succédait la puissance du grand chagrin. J'ai moi-même expérimenté la chose à trois reprises.

 

Nous n'étions sans doute pas prêts à cela. Pas formés. Nous avons été éduqués avec un autre modèle. Le couple était l'un des repères que nous avions. Or, celui-ci n'existe pas. Plus. Pas toujours en tout cas. J'ai de la chance, j'ai un groupe d'amis audomarois-lillois où nous sommes une quinzaine, et seul un est en couple. C'est peut-être la chance que nous avons : le célibat devient normal. Je n'irai pas jusqu'à dire « la norme », mais c'est quelque chose que nous comprenons entre nous. Notre génération s'est habituée à être surprise par des ruptures inattendues. « Quoi, ils se sont séparés ? Mais ils avaient l'air si heureux... ». Et c'est là que le bat blesse. Oui, certains ont l'air heureux, vus de l'extérieur. Mais à l'intérieur du couple, les choses sont différentes. Si mes grands-parents faisaient partie de ma génération, auraient-ils duré ? Seraient-ils restés ensemble 50 années ? J'en doute. Ils faisaient partie d'une autre génération, celle où on restait ensemble, envers et contre tout. Car ça ne se faisait pas de divorcer. Encore moins dans les villages. Étaient-ils plus heureux que nous ? Je laisse cette question sans réponse.

Ça ne les empêchera pas aujourd'hui de vous interroger : « alors quand nous ramènes-tu une jolie blonde/brune ? ». Car si c'est devenu normal d'être célibataire à 27 ans pour ceux de ma génération, ça l'est beaucoup moins pour celle de mes grands-parents, voire de mes parents. Et si vous n'avez jamais eu l'opportunité de ramener quelqu'un dans votre famille, on risque de se poser des questions... « il ne serait pas d'la jaquette tout de même ?? ».

 

Ce syndrome Disney m'a pris un peu par surprise. Je croyais que je serai différent. Que mon histoire, elle, tiendrait le coup. Las. Disney je te hais. Alors récemment, quand j'ai vu Blanche-Neige et ses 7 nains, et ce con de prince charmant, je n'ai pu m'empêcher de regarder avec un air désabusé. Oui, il l'embrasse, elle se réveille et ils s'aiment. Mais la suite du film est la suivante : Blanche-Neige et le prince ne peuvent plus s'encadrer après trois ans de vie commune, elle s’ennuie profondément et préfère son collègue de boulot qui « lui, au moins, la fait rire ». Le prince de son côté à des vues sur cette jolie blonde rencontrée à un bal, il a même gardé sa chaussure en souvenir...

 

[mais on y arrivera, un jour].

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