29 mars 2015 7 29 /03 /mars /2015 22:11

J'ai découvert Bordeaux au détour d'un tour de France. Elle est devenue en quelques heures notre plus beau souvenir avec un Lav' enchanté, la plus belle expérience d'un fou voyage : Bordeaux nous avait accueillis comme personne. Nous étions le pouce levé sur une route nationale, une femme s'est arrêtée, elle nous a emmenés deux heures à travers l'Aquitaine pour nous héberger chez elle. Elle nous a nourris, elle nous a donné ses clefs. Elle nous a dit « allez vous amuser ». Et nous avons savouré. Je me revois devant la cathédrale, la mairie illuminée, le sourire jusqu'aux oreilles.

 

Bordeaux avait déjà gagné. Bordeaux avait eu d'autres publicités, une venue express il y a deux ans, une chafouine m'avait évoqué il y a quelques mois le dialecte local, les poches et les chocolatines, et c'est gavé de monde. Olivier m'avait parlé de football et de soirée au black D local.

 

7 mois plus tard, je refais mes bagages et j'abandonne la ville. Oh, non, ne pensez pas que ça ne me plaisait pas. Bordeaux est géniale. C'est l'une des plus jolies villes de France, et sans doute la plus agréable à vivre que je connaisse. C'est facile, lorsqu'on me demande dans quelle ville je souhaite habiter plus tard, elle revient toujours. Bordeaux c'est le vélo, c'est les vignes, c'est la dune du Pyla, c'est le Porge et ses dunes, c'est le LAM et son ambiance studieuse, c'est la rue Elisée Reclus et la barrière de Pessac. Bordeaux ce fut mes tandems franco-allemands, le Parc Lescure et les Girondins, le Sherlock et ses matchs de rugby. Bordeaux c'était la place de la Victoire et ses vendeurs de shit, la rue Sainte-Catherine et ses magasins à n'en plus finir, l'opéra et ses ballets, Quinconces et Je suis Charlie. En quelques mois j'ai eu le temps de construire mille souvenirs, d'arpenter milles rues, de rencontrer mille individus. J'ai fait découvrir la ville à une dizaine d'Audomarois, à ma famille, et à une Brésilienne, une Anglaise, une Libanaise, une Coréenne, une Bulgare... Bordeaux ce fut de drôles de soirées jungle fluo, Halloween pervers, création d'un thriller porno, Jack l'éventreur et puces de chat. Ce fut ma colocation et une maison en travaux constants, plusieurs crémaillères et « Mimine ». Il y a aussi le marché des Capucins et ses odeurs, le cours de la Marne et ses SDF, la gare et ses prostituées. L'Utopia cette drôle d'église cinématographique, des restaurants fameux, des places à chaque coin de rue. Il y a les portes de la ville, la grosse cloche, et des jeux barjo.

 

Et il y avait moi, au milieu de tout cela. Content, souriant. Mais pas suffisamment. Si je rentre, c'est pour retrouver mon Nord, mes potes, ma famille. Je rentre pour écrire ma thèse, retrouver une maison chauffée et un terrain de foot. Je rentre pour eux, je rentre pour moi. Mais Bordeaux restera mienne. Et je reviendrai. Pour ceux qui sont encore là-bas et que je n'oublie pas. I'll be back.

 

Je suis Bordeaux
Je suis Bordeaux
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18 février 2015 3 18 /02 /février /2015 17:24

Ça y est, je me suis donc bel et bien fait à l'idée, l'amour d'une vie n'existera pas. Pour moi en tout cas. Drôle de sensation tout de même, puisque c'était un rêve à l'époque de ma jeunesse. LA fille. Tout était dans le LA. Elle devait être unique, elle devait m'accompagner tout au long de mes années, vivre les rêves les plus fous en ma compagnie, vieillir avec moi, en se souvenant des belles choses etc etc etc.
Bon, c'est râpé ! J'ai déjà vécu des rêves de fous avec d'autres, et elles resteront des amours de ma vie (du moins, de ma jeunesse). Mais ce n'est pas grave, car j'ai fait le deuil de l'unique. C'est le désamour de cette idée.

Aujourd'hui, je crois à DES amours. Et tenez-vous bien, je trouve ça tout aussi formidable ! Se dire que l'on peut aimer à de multiples reprises au cours de sa vie, c'est déjà une foutue chance. Se dire que l'on peut aimer des personnes si différentes, c'est incroyable. Et penser à des amours naissant à 80 ans, ça donnerait presque envie de vieillir !
Oui, je crois qu'il existera pour moi différents amours, à différents moments de ma vie. Et c'est tant mieux. Si j'avais rencontré Alba il y a 10 ans, nous ne nous serions jamais aimés. Mais je l'ai rencontrée il y a 3 ans et demi, et ce fut un coup de foudre. Si je rencontrais l'une de mes ex demain, en ne l'ayant jamais connue, je doute fort que je retomberais amoureux ou qu'il se passerait seulement quelque chose.

C'est ça qui est assez fascinant. L'amour c'est aussi une question de timing. Fuck le destin ! L'amour c'est aussi une sacrée question de chance ! Sans cette rupture, sans cette folie, sans une conduite sur la bande d'arrêt d'urgence en Belgique, sans ce match de foot, sans cette envie d'aller voir en deuxième classe, pas d'Alba, et pas d'amour. C'est quand même un sacré concours de circonstances !
Attention, je ne maudis pas les amours d'une vie, bravo à ceux qui y arriveront. Mais bon, faut admettre que nous ne sommes pas la bonne génération pour ça. Pour nos grands-parents, ça semblait évident. Pour nous, ça semble totalement dingue. Attention, je peux aussi rencontrer quelqu'un demain, en plein milieu des archives africaines de Bruxelles, et tomber amoureux pour 100 ans. Oui, je sais, la probabilité est faible ! Mais que voulez-vous, j'aime tellement l'idée même de l'amour que je crois bien en être amoureux.

 

Aimez vous les uns les autres. Plusieurs fois. Amen (?)

Des()amours
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17 février 2015 2 17 /02 /février /2015 15:04

Pour ceux qui l'ignorent encore, je suis de retour dans le Nord après une expulsion forcée de Bordeaux. Oui, nous avons été virés de notre maison ! Aucun rapport avec le bruit ou les odeurs. Non, c'est une question de gros travaux : un trou équivalent à notre salon va être formé dans celui-ci pour consolider les fondations de notre maison bordelaise. Du coup, c'est tout le monde dehors ! (bon, on a négocié notre départ, et la prime est plutôt intéressante!)

 

Donc c'est à Tilques que je continue de rédiger ma thèse, entre-autres. Car au-delà de ma découverte du squash (cf. article précédent), j'ai connu quelques autres aventures, assez animalières. La première concerne mon chien, que je vais balader chaque midi. La fameuse marche digestive, pour moi, et aussi pour lui (attention, nous avons une marche assez différente, étant donné que j'ai arrêté, après multiples problèmes avec les forces de l'ordre, d'uriner sur les poteaux électriques et de déféquer sur les trottoirs de mon village). Ce n'est pas tant mon chien que l'autre chien le problème. Il est seul, il est dégueulasse, et il semble un peu perdu. Je continue ma balade, mais je repense à ce clebs, à sa famille éplorée lorsqu'elle s'apercevra de la disparition du toutou adoré, etc. Je décide alors de prendre l'initiative, et de contacter le propriétaire présumé du chien. Il n'est pas dans le coin, mais confirme que ça doit être lui, après description. On me demande de le ramener. Problème : le temps de ramener mon chien chez moi (afin d'éviter de courir deux chiens à la fois), impossible de retrouver la bête. Je décide de prendre la voiture, je fais le tour du village, rien à l'horizon, je n'y crois plus quand soudain, voilà l'animal arrivé à la mairie ! 1,2km en cinq minutes, il cavale ce con ! Bon, j'ignore le nom de la bête, je l'appelle comme je peux, j'essaie de l'attirer vers moi. Il n'a pas trop l'air de se méfier. J'hésite à le mettre dans ma voiture pour le ramener à son destinataire, mais il a un kilo de boue sous chaque patte. Je me décide à le ramener en marchant. Deuxième promenade du midi, avec un chien qui n'est pas le mien. Le con ne me suit pas toujours, je l'appelle trente fois, il prend tout son temps (j'ai kiné dans dix minutes!). J'essaie de le rassurer un peu (il suit un inconnu tout de même!), je lui parle de tout et de rien, de ma vie, de ma thèse. Oui, je vous entends bien, il s'en fout sûrement de tout ça ! Et j'en suis sûr aussi, mais faut faire la discussion. Arrivé devant sa prétendue maison, le chien se barre en courant !

Merde ! Je le rattrape, mais gros doute tout de même ! Et si ce n'est pas le bon chien ? Car « un petit chien blanc » selon ma description ressemble à beaucoup d'autres chiens blancs. Je décide d'appeler la gendarmerie, qui me refile la mairie. On me confirme que ça doit être le bon chien. J'essaie de l'appeler pour le ramener chez lui, il ne m'écoute pas, fait son petit chemin. Je me dois donc de le choper, mais j'hésite un peu (il est capable de me mordre le con!). Finalement, prenant mon courage à deux mains (enfin, une main pour être précis), je traîne la bête jusque chez lui. Quelques minutes plus tard, je reçois la confirmation, c'était le bon chien, qui, pour information, est sourd. Tout devient plus logique !


Je passe du coq à l'âne, enfin du chien aux harengs, avec le carnaval de Dunkerque ! Dimanche, c'était la bande de DK, avec le lancer de harengs, le rigodon final etc. Du classique avec le plus fidèle des fidèles carnavaleux en la présence du Russe (notre septième carnaval ensemble en 9 ans, tout de même!) et de sa première dame. La météo était géniale, l'ambiance aussi, et j'ai été surpris de toujours autant aimer. Physique et festif, à faire de toute urgence quand ce n'est pas encore le cas !

J'ai cette année choisi un déguisement raffiné, avec chaussettes du Stade Lavallois, dessous rouge et vert, kilt, robe léopard, boa rose, peignoir de bain, coupe-vent néerlandais, perruque blonde, chapeau des neiges et, détail qui fait la différence, petite barbiche écossaise. Succès garanti.
J'ai cette année choisi un déguisement raffiné, avec chaussettes du Stade Lavallois, dessous rouge et vert, kilt, robe léopard, boa rose, peignoir de bain, coupe-vent néerlandais, perruque blonde, chapeau des neiges et, détail qui fait la différence, petite barbiche écossaise. Succès garanti.

J'ai cette année choisi un déguisement raffiné, avec chaussettes du Stade Lavallois, dessous rouge et vert, kilt, robe léopard, boa rose, peignoir de bain, coupe-vent néerlandais, perruque blonde, chapeau des neiges et, détail qui fait la différence, petite barbiche écossaise. Succès garanti.

Côté boulot, direction Bruxelles pour les archives africaines. Du secret défense à gogo pour de la documentation des années 50-60. Les documents sont géniaux, des microfilms bien à l'ancienne, que je consulte dans une salle nocturne. L'impression d'être vraiment un historien dans ces moments-là. J'ai la chance d'avoir revu Pauline, en mode Erasmus, qui m'a gentiment accueilli dans son humble demeure (j'ai ensuite parlé avec l'accent belge pendant 3 jours, c'est EXcessivement énervant (pour les autres))

Deux semaines à baraque, entre harengs et chien sourd

D'autres trucs un peu fous : j'ai déjeuné avec un lieutenant-colonel de l'armée française jeudi, je me suis retrouvé dans l'énorme accident de l'A1 vendredi soir (3 camions et un bus en feu, deux morts, des explosions, 2h45 sans bouger, à regarder des photos de voyage avec 3 covoitureurs). J'ai dormi chez Titi (oui, c'est fou aussi), chez Olivette sans Internet (et elle était de bonne humeur!), micro-soirée sur Lille, Saint-O etc etc.
Encore une semaine ici, du boulot, Bruxelles, des soirées, du foot et c'est reparti pour Bordeaux ! Logiquement, sans animaux.

Deux semaines à baraque, entre harengs et chien sourd
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25 janvier 2015 7 25 /01 /janvier /2015 00:08

Minuit et demi. L'heure d'un petit bilan sur ma journée. Sur ma semaine. Sur mes trois dernières semaines. Combien de moments dont je me souviendrai dans 6 mois ? Dans 5 ans ?

 

C'est le souci de la routine, le souci d'un travail à faire, le souci d'une vie sans saveur. De ces 3 semaines, il ne restera rien. Ou si peu. Une suite de moments tout aussi insignifiants les uns que les autres. Pas de grandes rencontres, pas de grands souvenirs. Du vent. Ou plutôt du sable, comme l'impression de laisser le temps me glisser entre les doigts, sans pouvoir jamais retourner ce sablier.

 

Je ne critique pas notre ordinaire. Nous en avons besoin, c'est d'ailleurs de cela que se nourrit notre extraordinaire. De la comparaison. Une suite de moments extraordinaires deviendrait très vite ordinaire. Cependant une suite de moments ordinaires ne devient jamais extraordinaire.

 

Quid de ces trois dernières semaines ? Charlie, sans aucun doute. Cette impression d'unité nationale, de recueillement collectif, d'une fête de la fédération, d'un amour crié à la République. Oui, ça c'était fort. Court, mais très fort.

Bon, ce fut aussi la foire aux contradictions. Parce que chanter la Marseillaise pour Charlie Hebdo c'est très bizarre. C'est aussi le président sénégalais dans le cortège, le même qui empêche la sortie de Charlie Hebdo dans son pays la semaine suivante. Ce sont des manifestants nigériens qui brûlent des églises pour se venger d'une caricature contre leur prophète (selon le Coran, Jésus est aussi un prophète, mais ils ont sans doute dû le lire entre les lignes). Et je ne parle pas des manifestants pakistanais qui brûlent l'effigie de Sarkozy et le drapeau italien, putain de symbole d'une ignorance. Pendant ce temps là, en France, on va sacrifier une partie de nos libertés pour de nouvelles lois faites à la hâte. Sans prendre le temps de faire le bilan des six lois antiterroristes que l'on a pondues depuis 2001. Faut dire qu'elles fonctionnent tellement bien ! Un type revient du Yémen, on le soupçonne de terrorisme, et il se balade tranquillement dans les rues de Paris. Dans le même temps, un supporter du PSG avait interdiction d'être à Saint-Malo avec une écharpe de son club le jour d'un match de Paris à Rennes ! Question de priorité, sans doute.

 

Hormis cela, deux Couchsurfers sont passées chez moi, avec des fortunes diverses. Une sud-Coréenne très sympa, qui m'a même accompagné à une soirée jungle fluo (oui, les thèmes des soirées déguisées deviennent de plus en plus loufoques!). Et une Bulgare bizarre, pas ouverte d'esprit pour un sou, qui n'aime pas les Asiatiques, qui hait les tziganes, qui n'aime pas les Africains (surprise quand je dis étudier l'histoire africaine!).

 

Ah, si, grande nouvelle ! Je redéménage. Situation très compliquée sur Bordeaux, des travaux dans notre maison nous obligent à l'évacuer pendant trois semaines. Après de longues négociations, on a réussi à obtenir ce que nous voulions (de l'argent!), mais cela signifie que je déserte mon « chez-moi » pendant trois semaines, au moins. Et la fin du bail est annoncée pour la mi-avril.


La mi-avril qui paraît très loin d'ailleurs. D'ici là je devrais avoir des nouvelles intéressantes concernant de futurs voyages sur d'autres continents. D'ici là je devrais avoir fini d'écrire le premier chapitre de ma thèse (si je continue au rythme que j'ai eu ces deux dernières semaines). Et d'ici là je devrais récupérer mon genou en carton et refaire du sport.

 

Bon, finalement, y'a eu deux-trois choses intéressantes quand même ces trois dernières semaines. J'en ai oublié d'autres : Marie-Eve est venue me voir, j'ai été au ciné avec une Tchèque aujourd'hui (Whiplash quel film!). Et ce sentiment que lorsque je fais, je suis. Que nous ne sommes finalement que la somme de nos actes. L'existentialisme est un humanisme. Je le sais depuis la terminale, mais j'ai encore du mal à l'appliquer. Ça va venir. Ce petit récit en est la preuve. Car il sera encore là dans plusieurs années. Et je me souviendrai donc de tout cela. C'était si facile.

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8 janvier 2015 4 08 /01 /janvier /2015 14:21

Pas de zapping de l'année 2014, oui, je sais, c'est tout un mythe qui s'effondre ! Mais que voulez-vous, 2015 est l'année du changement ! Le changement c'est maintenant comme dirait l'autre. Et ça commence par un petit programme de l'année, avec les bonnes résolutions... Que voulez-vous, je suis un type qui fonctionne avec des challenges et des listes !

 

  • ETRE HEUREUX

  • ECRIRE MA THESE

  • Visiter San Sebastian

  • Faire du surf

  • Aller voir un match de rugby et de football à Bordeaux

  • Aller trois fois au théâtre dans l'année

  • Prendre trois kilos (61,3 kg au premier janvier)

  • Réaliser deux missions de ma Bucket List

  • Refaire du sport (prier pour mes genoux en carton)

  • Visiter deux nouveaux pays

  • Apprendre à faire un noeud de cravate

  • Etre quelqu'un de bien

 

12 challenges. L'année dernière, j'en avais aussi proposé douze, et j'en avais réalisé la moitié (deux nouveaux pays, deux missions de ma Bucket List, la découverte de l'Allemagne, être proche de végétarien, 3 concerts, apprendre l'allemand). J'ai lamentablement échoué une troisième année d'affilée pour prendre cinq kilos (mais j'en ai pris deux, ce qui me change un peu), du coup je revois mon objectif à la baisse. J'ai arrêté d'écrire mes rêves après avoir pris peur ! (on fait des rêves de fous tout de même!). Je ne peux toujours pas faire 100 pompes (j'ai arrêté à 47, mais je ne désespère pas d'en faire 50 prochainement, ce qui serait déjà pas mal vu mes bras!). Quan aux étoiles et aux arbres, j'ai repoussé l'échéance, faute de temps (mais ça viendra!). Allez, au boulot, y'a tout de même deux résolutions beaucoup plus importantes que les autres !

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7 janvier 2015 3 07 /01 /janvier /2015 14:47

C'est vrai que trois ans en couple vous font un peu oublier de quoi se compose la vie d'un célibataire. Quand on est en couple, on se souvient parfois du célibat comme d'un temps de liberté et de fête. On pourrait même parfois regretter ce temps. Pour un célibataire c'est exactement l'inverse : on se souvient de sa période de couple comme du temps du bonheur, et on a parfois tendance à tout idéaliser de ce passé !

Célibataire, c'est forcément retrouver tes potes. Tu as beau dire que tu ne les as jamais perdus, le célibat c'est les côtoyer chaque jour. Alors que bon, quand tu étais avec ta copine, le soir, sous la couette, devant un bon film, il pleut dehors...et tes potes qui appellent pour aller boire un verre... le choix était vite fait, tu ne répondais pas au sms, faisant le dormeur, ou alors tu répondais, faisant le loveur. Dans les deux cas, tes potes ne te voyaient pas.

Aujourd'hui, quand ils sont plusieurs à se rassembler à 23h30 et que tu n'as rien à faire, pas une hésitation d'une seconde, tu fonces ! Tant pis s'il ne se passe rien, tu es avec eux, et c'est ça qui compte !

Tes potes justement, certains sont célibataires. Là, c'est vraiment cool ! En ce moment, moi, c'est quasi toute la bande. Alors ce fut deux semaines de vacances de folie, des sorties quasi chaque soir, une bonne humeur assurée. Pas de relou qui dit à 1h du mat' « bon, on y va, non ? Il est tard ». Non, ce relou là, c'est le pote en couple.

Le pote en couple, lui, est carrément dans un autre monde. Déjà ses conversations ne sont pas les mêmes. Il va te parler de sa dernière soirée en amoureux, il va te raconter le petit voyage prévu à deux. Le pote en mode vieux couple va carrément évoquer ses projets d'achat de maison, de futur mariage ou d'enfants ! Tu as alors l'impression d'être passé dans une faille spatio-temporelle ! Les enfants... oui, oui, mais tu as le temps tu sais... Le mariage, oui, oui.... pas avant 30 ans hein ! Tu te souviens, on se disait ça quand on était célib ! Rappelle-toi le bro code ! (que l'on t'offre à nouveau car tu dois en avoir besoin)

Les potes en couple peuvent également te voir comme une cible parfaite pour.... leur bonne copine ! « Tu sais, celle qui est célib depuis plusieurs semaines »... Bon, très vite tu apprends qu'en fait, cette fille n'est pas célibataire depuis plusieurs semaines mais plusieurs mois ou années ! Forcément, tu te méfies ! On veut te la faire rencontrer, on organise tout un stratagème des plus tordus pour au final se retrouver dans un rendez-vous pas du tout naturel, où les deux sont gênés, et où le résultat est catastrophique. La fille est célib depuis plusieurs années car en fait elle n'est pas du tout compliquée, elle cherche juste un mec beau, grand, baraqué, blond mais pas trop, galant, gentleman, avec une bonne situation, de l'humour, un casier vierge etc... Bref, pas du tout compliqué ! (et s'il pouvait jouer de la guitare, danser la salsa et parler cinq langues, ça serait bien aussi !)
Les copains, ne cherchez pas pour moi, ça ne fonctionne pas comme ça !

Et puis je me débrouille tout seul. Ou presque. Oui, j'admets, j'ai un peu cherché, à mon insu. Car quand tu es en couple, les soirées en boîte ne sont pas les mêmes : tu danses, tu regardes, et c'est tout. Quand tu es célibataire, tu peux danser, tu peux regarder, et tu peux flirter (oui, en couple aussi, mais il faut connaître ses limites!). Alors même si tu répètes depuis plusieurs semaines que non, tu n'en as plus envie, tu es aux aguets, la radar allumé, on ne sait jamais.

Célibataire, c'est aussi se renseigner sur cette vieille copine qui était très jolie au lycée, et dont tu apprends qu'elle est également célibataire. Salut, tu vas bien ? « Quoi ?? Tu es célibataire ?? Non ?? Mais quelle coïncidence ! Moi aussi ! » Ne rêvez pas les filles, les coïncidences sont simplement des idées tordues de mec que vous ne comprenez pas.

Dans la famille, c'est différent. On évoque assez peu la situation, car à 27 ans, se retrouver célibataire, c'est bizarre... Surtout si tu l'es depuis tes 17 ans. Là, clairement, on commence à regarder avec plus d'attention le bon copain que tu as et chez qui ta vas dormir de temps en temps... Serait-ce possible ? L'inquiétude grandit, certes ce n'est pas la même génération, certes, les enfants des amis de mes parents sont également célibataires, mais ça n'empêche, à ton âge je t'avais déjà eu ! Et puis il est encore étudiant ! 27 ans bon Dieu ! Tanguy va !
Non, en vérité, dans ma famille, on n'ose pas trop évoquer le sujet. La rupture est encore fraîche, et on se voit mal faire une petite blague sur le sujet. Alors je la fai moi-même, quand on évoque un mariage dans la famille en 2015 "rassurez-vous ce n'est pas prévu !". 


Bref, célibataire c'est pas l'enfer non plus. Le paradis ? Faudrait pas abuser ! Mais quand les potes autour de toi le sont également c'est beaucoup plus facile. L'important restant d'être entouré. Car la solitude putain...
Merci pour ces vacances, c'était génial

La vie de célib'
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25 décembre 2014 4 25 /12 /décembre /2014 23:06

D'ordinaire, je suis un peu le rabat-joie de service à Noël. C'est une fête que je n'aimais pas, pire, que je ne supportais pas. C'est un surplus de bouffe et de consommation légendaire, pour une raison pseudo-religieuse. Mais bon, comme j'ai commencé mon article en disant que j'étais rabat-joie dans le passé, je vais éviter de l'être en ce moment.

 

Car oui, Noël a du bon. Mon exemple personnel n'est pas trop mal : Noël me permet de revenir chez moi. Chez moi, dans le Nord. Ça me permet de passer deux semaines avec ma famille, de revoir mes amis (plusieurs fois). Noël c'est la fête du rassemblement par excellence. Il n'y a pas d'autres moments dans l'année où tu es sûr de la présence de certains, si ce n'est ces jours-là. Je reviens l'été, mais d'autres sont à ce moment là partis en vacances, en voyage, ou travaillent. Noël c'est l'assurance de la présence du plus grand nombre.

Noël c'est aussi de la bouffe. Oui, difficile de parler de repas, tant j'ai l'impression que nous sommes des cochons que l'on souhaite engraisser. J'imagine d'ailleurs très bien la balance française, à savoir tous les habitants du pays, qui prend soixante-cinq millions de kilos au bas mot entre le 23 et le 26 décembre. Noël c'est aussi l'assurance du régime d'après-fête (pour beaucoup hein, n'imaginez pas que je me lance dans un régime!).
Noël c'est une certaine ambiance. Les gens peuvent être cons toute l'année, certains font tout de même des efforts à cette période. Ils lancent des « bonnes fêtes de fin d'année » dans les magasins, alors que d'ordinaire ils parlent à peine à la caissière. Les gens sont un peu plus souriants, un peu plus détendus (quoique, le stress des cadeaux...).

Et puis Noël c'est aussi... les SDF dans les rues. Quoi, rabat-joie ? Oui, un peu. Je rappelle qu'un peu plus de 400 personnes sont mortes cette année dans les rues de France. Un chiffre élevé pour un pays « riche ». On se rassure un peu, en se disant que les 10% les plus riches ont encore vu leur fortune augmenter cette année, et que la production française a augmenté de 0,3% au dernier semestre. Bizarrement, pour moi, la définition d'un pays riche n'est pas le nombre de riches dans le pays, mais le nombre de pauvres qui restent. Et force est de constater que la France n'est pas un pays riche, tout au moins pas un pays développé. Disons un pays injuste. Où des millions de Français s'engraissent le 24 et le 25 décembre, à en exploser, à en vomir, et surtout à en jeter la moitié. Et pendant ce temps là, dans les rues de France et de Navarre, il y a des milliers de SDF à qui on n'a pas voulu donner une petite pièce cette année, en pensant qu'ils ne la méritent pas. « C'est vrai, tout ça pour quoi ? Pour qu'il aille acheter une bouteille d'alcool avec ! Non merci ! ».
L'esprit de Noël, c'est aussi la dizaine de centaines de réfugiés qui errent dans les rues de Calais, vivant dans le dénuement, expulsés plusieurs fois des squats. Pendant ce temps, nous offrons des cadeaux stupides, des biens matériels inutiles, quand d'autres rêveraient d'une couverture et d'un bon lit.

Oui, je sais, j'avais dit de ne pas être rabat-joie cette année. Mais que voulez-vous, je n'y arrive pas. J'ai beau essayer, je reste effaré par tant de misère et d'injustice dans notre pays. Pire, j'ai l'impression que ça empire. Que chaque année c'est la même, que chaque année nous nous gavons quand d'autres galèrent. Que chaque année notre pays se rapproche de l'abîme, du Front National devenu premier parti de France. C'est sûr que c'est Noël, qu'on a envie de parler d'autre chose, que c'est des jours de fête où l'on essaie d'oublier les galères du quotidien, les petites misères et autres embrouilles. Que l'on se doit de profiter, au moins pour eux, pour ceux qui n'ont pas la chance de pouvoir vivre ça, de l'excès de nourriture et l'excès de bien-être. Mais ça ne nous empêchera pas d'y penser, d'imaginer la galère d'un Somalien ou d'un sud-Soudanais, d'un Syrien coincé entre deux régimes tyranniques, d'une femme tabassée parce que c'est Noël et que c'est aussi sa fête, d'un enfant pleurant ses parents partis trop tôt. On pensera aux absents, à ceux qui n'ont pas eu le temps d'en profiter. On pensera aux présents, mais qui ne peuvent pas en profiter.
Je ne veux pas faire le curé ou le pape, pardonnez ce sermon un peu maladroit, mais je suis comme ça. Noël, je n'y arrive pas. Je fais les efforts, j'essaie comme je peux, je ris à la mauvaise blague d'un oncle et je mets une cuillère dans ma bûche. Mais tout ça me dégoûte un peu, tout ça a un goût de faux et d'injustice. Mais ça ne m'empêchera pas de vous le souhaiter. Avec une drôle de grimace. Joyeux Noël à vous.

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4 décembre 2014 4 04 /12 /décembre /2014 16:09

Avançons un peu dans le temps. 31 mars 2015. Les écrits de l'agrégation d'histoire-géographie sont passés, je ne suis pas admissible. Plus de cours, reste simplement (sic!) ma rédaction de thèse. A Bordeaux. Ou...

C'est quelque chose qui me traverse l'esprit depuis plusieurs semaines maintenant, et peu à peu je commence à me faire à l'idée. Pour tout vous dire, c'est même une possibilité qui me plaît de plus en plus. Rentrer. Chez moi. A Tilques. Oué, ça semble cool, non ?
Je sais, ça fait déjà quelque temps que je n'habite plus là-bas. Mais ma famille est encore là. Mes amis dans les alentours. Alors pourquoi ne pas rentrer ?

Pour la thèse, il fallait que je valide 180 crédits ECTS. Depuis septembre, j'ai plutôt bien avancé de ce côté-là, et je pense pouvoir terminer cette contrainte administrative avant la fin du mois de mars. De ce fait, d'un point de vue strictement professionnel, enfin, universitaire, il n'y a pas beaucoup de raisons de rester. Mon laboratoire de recherche est cool, les gens sont sympas, mais quand on rédige une thèse ça n'a pas vraiment d'importance. Je me connais, j'ai besoin de concentration, de silence, et le labo n'est pas un environnement adéquat pour ma phase d'écriture. Bien sûr, il y a les livres de la bibliothèque. C'est peut-être le seul hic. Mais je ne les utilise pas non plus chaque jour, et je pourrai toujours bénéficier des prêts entre bibliothèque pour obtenir les ouvrages à Lille.

Surtout, ce n'est pas une volonté de quitter Bordeaux. C'est vraiment l'envie de rentrer chez moi.

Je me souviens bien de ma rédaction de mémoire. J'étais au bout de ma table, dans la salle à manger. C'était un environnement parfaitement adéquat.

Je me souviens aussi de ma phase post-rupture saison 2, et j'étais également à Tilques. C'est là où je me suis refait, où j'ai pu réfléchir à ce que je voulais vraiment. C'est cette période qui m'a convaincu que je devais partir à travers le monde. Tilques, c'est un gage de sérénité, d'équilibre. Quelque chose que je n'ai pas encore trouvé à Bordeaux, et que je ne conçois pas vraiment sans un entourage proche.

 

Bien sûr Tilques c'est un retour aux sources. C'est un retour dans ma famille, dont je suis éloigné depuis x années. C'est aussi un retour auprès des amis, avec qui j'ai réussi à garder les liens malgré les kilomètres. Ce fut un combat de chaque instant, de chaque semaine, mené par les deux partis. Néanmoins, j'ai parfois l'impression que certaines de mes amitiés se nourrissent plus du passé, des moments vécus, que du présent (et pour cause, je ne suis pas là). Et surtout, difficile de parler de futur, étant donné que pour moi le futur s'inscrit à plusieurs centaines de kilomètres.

 

Bien sûr il y a la solitude. La solitude bordelaise, ou kényane, ou de je ne sais où, est quelque chose qui m'atteint. C'est ainsi de ne pas partager sa vie avec quelqu'un. Certes mes colocs sont là (et ils sont supers), j'ai rapidement rencontré du monde. Mais l'amitié se construit avec le temps, au fil des années, au fil des moments passés. Je n'aurai sans doute pas la patience d'attendre. L'amitié avec les Erasmus a déjà une date d'expiration. Il faudrait alors tout refaire ensuite. De même dans mon laboratoire de recherche, où chaque personne après la thèse part vers d'autres horizons. Tilques, c'est totalement différent. Mes amis sont là, ancrés. Ils vont bien parfois jusque Lille, Arras ou Dunkerque. Mais ça reste à une distance convenable, on n'est plus loin des yeux à ce niveau là.

 

Mais est-ce que je ne vais pas vite me lasser de l'air tilquois ? Oui, sans doute. Je me connais, vous aussi, je suis un vagabond. Il faut s'y faire, il faut l'admettre, je n'arrive pas à rester un an au même endroit. Je m'ennuie trop vite. Je rêve toujours d'autres paysages. Mais ça n'empêche, j'ai envie de revenir. La période de Noël sera un bon test, je serai là deux semaines. Ce sera l'occasion de faire le point, d'analyser les points forts et les points faibles de cette décision. Mais je pense que mon choix est déjà en partie fait aujourd'hui. La preuve, je souris.

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1 décembre 2014 1 01 /12 /décembre /2014 17:12

J'ai beau chercher d'autres moyens, je n'en trouve pas. La rupture. L'écriture.


Certes, ce n'est pas ma première rupture, mais celle-ci a un goût très différent. Une rupture d'un commun accord. Consentement mutuel qu'il dirait. Une prise de décision à deux. Mais ça n'empêche pas la souffrance. Ça n'empêche pas le déchirement. Ça n'empêche pas la tristesse ou la colère. Cette fois, ce n'est pas contre l'autre. Ce n'est pas contre soi. C'est contre la vie. C'est contre l'amour. On y croyait, une fois de plus. La relation impossible. La relation de rêve. La rencontre improbable. Le voyage de fou. Et la fin du voyage, près de trois ans plus tard.

Nous nous sommes séparés avec Alba. C'était il y a une semaine de cela. Je revenais de deux mois en Afrique. La distance, cette salope. Et je me prépare à partir un an à Bordeaux. La distance, cette salope. Nous n'y arrivions plus. Nous n'en voulions plus. Finies les larmes des départs, finie la tristesse des kilomètres. Finie la souffrance de l'éloignement. Aujourd'hui, nous choisissons la douleur de la rupture. La peste ou le choléra. Ebola et le chikungunya.

Alors il y a deux sentiments qui s'affrontent. Le premier, celui qui restera, c'est le bonheur. Le bonheur de l'avoir rencontrée. Le bonheur d'avoir croisé sa route. Le bonheur d'avoir emprunté avec elle les chemins d'Asie et d'Europe. Ce bonheur d'avoir connu l'amour, d'avoir tant partagé, d'avoir tant vécu. Les rires, les sourires, ses yeux. Cette fille est géniale. Elle le restera à mes yeux.

Bien sûr, ce sentiment est actuellement bien caché derrière la tristesse. La tristesse de lui dire au revoir. La tristesse de la quitter. La tristesse de quitter trois ans de vie, trois ans de souvenirs, trois ans de moments mémorables passés ensemble. C'était avec elle, c'était l'unique. Quand je parle de l'Asie, elle est partout. Quand je parle de l'Allemagne, elle est partout. Quand je parlerai de mes 25, 26 ou 27 ans, elle sera là. Elle a partagé ma vie, et elle hantera mes souvenirs. C'est ainsi, c'est la vie.

C'est la vie. Si vous voulez mon avis, la vie est quand même une belle chienne. Elle vous promet des histoires d'amour à la Disney. L'amour d'une vie. Sur le modèle de nos grands-parents, on croit encore rencontrer LA fille, celle qui partagera tout avec nous. Problème de génération, problème de notre temps : LA fille n'existe plus. Ou de moins en moins. On a toujours un exemple ou deux autour de nous. Mais pour le reste, c'est la foire à la rupture. On passe tous par là. Et on s'en remet tous ! C'est triste et salvateur à la fois.
Alors dire au revoir à Alba, c'est dire au revoir à cette idée dont je rêvais tant : l'amour de jeunesse qui devient l'amour d'une vie. C'est ma troisième rupture, avec mon troisième amour de jeunesse. Plus le temps passe, et plus l'amour est fort. Mais moins je crois à cette idée de LA fille, à cette idée d'UN amour. L'amour arrive. L'amour dure. Et l'amour s'en va. Trois fois.

Dire au revoir à Alba, c'est dire au revoir à ma copine. Je veux dire à ma meilleure copine. Celle avec qui je partageais tout. Celle à qui je disais tout. Celle dont je savais tout. Peu à peu, au cours de la relation, la petite copine devient la grande copine, puis la meilleure copine. Le temps passé ensemble, la confiance qui s'installe, le partage... on passe forcément à ce stade. Et si je me suis fait à l'idée de dire au revoir à l'amour, une fois de plus, j'ai encore beaucoup de mal à me faire à l'idée de perdre ma meilleure copine. Pire encore, je déteste l'idée de dire adieu à une fille avec qui je viens de passer trois ans. Et le pire du pire, c'est que je sais que c'est inévitable.  


J'ai passé presque deux ans avec Amélie. J'ai passé presque deux ans avec Laura. Est-ce que je les revois aujourd'hui ? Non. J'ai recroisé Amélie une fois ou deux, il y a de nombreuses années. Je n'ai jamais recroisé Laura. Tu passes donc des années de ta vie avec quelqu'un, tu partages tout. Et du jour au lendemain, il n'y a plus RIEN. Plus de présence. Plus de conversation. Plus d'échange. Rien. Le vide. Adieu.

Le vide. C'est une sensation que je n'avais pas éprouvé depuis... bah depuis ma dernière rupture. La solitude, un peu (je suis bien entouré). Et le sentiment d'être perdu. Voilà, c'est ça. Avec Alba, je n'étais pas perdu. Je savais qu'elle était là. C'était un peu mon ancre, la seule chose dont j'étais à peu près sûr pendant près de trois ans. Aujourd'hui, l'ancre n'est plus là, et mon radeau de vie est au milieu de l'océan. Je ne sais plus trop quelle direction prendre. J'avais fait des plans. Mais des plans à deux. Est-ce que ces plans me conviennent toujours seul ? Non, clairement. Car quand on est seul, on n'a moins envie de se poser. Une idée me trotte déjà en tête : repartir. Voyager. Et fuir un peu, de cette façon, cette rupture.

Avec le temps va, tout s'en va. L'amour. Et la tristesse. Nous nous en remettrons. C'est ce que je lui souhaite. C'est ce que je me souhaite. J'ai toute une vie à réorganiser. J'ai une thèse à écrire. J'ai un déménagement à faire. Bordeaux. Tout ça évitera de me faire trop cogiter. Tout ça me permettra de reprendre un peu de goût à la vie. Et un jour, goût à l'amour. Mais pas maintenant. Il me faudra un peu de temps. Patience. Wir müssen geduldig sein.


D'ici là, je penserai à toi, souvent. Une chanson. Un film. Une phrase. Un bruit. Un paysage. Toutes ces petites choses de la vie qui me rappelleront ton souvenir. Qui me rappelleront le bonheur. Et ton sourire, ton rire. D'ici là, je penserai à cette rupture. J’essayerai de la comprendre. J'essayerai de l'expliquer, aux autres, autant qu'à moi. Qu'est-ce qui n'a pas fonctionné ? Qu'est-ce qui nous a éloigné ? Qu'est-ce qui nous a fait nous quitter ? Pourquoi l'amour est mort ? Pourquoi la vie est triste ? Et peu à peu, je ferai le deuil. Je passerai par différents stades, de la tristesse à la colère, de l'envie d'isolation à l'envie de sortir à outrance. J'aurai à de nombreuses reprises ce mal de ventre au moment de lire un de tes messages. J'aurai même les larmes aux yeux, parfois. Et puis ça ira, un jour. Ça passera. C'est la vie, c'est ainsi. C'est la rupture. C'est un au revoir. Mais pas un adieu. Car on se retrouvera, un jour. Et on reparlera de tout ça, avec le sourire. Nos souvenirs. Ce coup de foudre. Une princesse. Un amour.

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22 novembre 2014 6 22 /11 /novembre /2014 11:35

5 mois déjà depuis notre séparation. 5 mois sans tes rires et tes larmes, tes yeux azur et cheveux de princesse. 5 mois où la tristesse et les larmes sont venues, à intervalles réguliers. Et peu à peu, espacés.

 

Je ne pense jamais avoir autant aimé quelqu'un. Je ne pense jamais avoir autant pleuré quelqu'un ! Et malgré tout, je t'oublie.

C'est un mal pour un bien, une quasi-nécessité, et je ne peux m'empêcher d'être triste en y pensant. Je suis triste d'être capable de t'oublier. Je suis triste d'avoir eu raison. Je suis triste que nous ayons pris la bonne décision. Notre amour était donc en perdition. Pas assez fort. La preuve, je ne pense plus à toi chaque jour. Je ne m'endors plus en susurrant ton nom. Je commence peu à peu à oublier tes traits, ton visage et même ton rire. Je hais à cet instant ma mémoire si fragile, et mon cœur, si faible. Et je les remercie.

 

Schizophrénie, cet article est fait en ton nom. J'ai perdu ma faculté à jouer cet air que tu m'as appris avec patience au piano. C'est comme si mes mains ne voulaient plus se souvenir. Il y a au fond de moi cet être qui veut tellement t'oublier, qui hésite à te supprimer, qui ne souhaite plus entendre ni de toi, ni de tes actes. Et il y a l'autre, heureux d'avoir de tes nouvelles, se demandant ce que tu fais, à quoi tu penses, et avec qui.

Il y a le lucide sans cœur et le romantique plein d'espoir. Et peu à peu, l'un des deux l'emporte.

 

Cet espoir fou reste avec cette idée d'Erasmus à Bordeaux. Sans cela, je ne l'aurais pas/plus. Dangereux, sans doute. Il me faudrait lire ou entendre ce renoncement, cette impossibilité pour toi. Ta décision de ne pas le faire, ou autre part. Car le romantique s'accroche à ce minime espoir. Il est tombé du grand arbre de l'amour et reste désespérément accroché à la dernière branche, un mètre au-dessus du sol, espérant encore pouvoir remonter. Il regarde en bas, et ne veut pas toucher le sol.

Le lucide, lui, essaie de t'oublier chaque jour. Il se rappelle le pourquoi, et le comment. Il se souvient que la vie est longue, et belle, même sans toi. Il ne veut pas t'oublier pour autant, pas totalement, et souhaite que tu ornes les plus belles pages de ses souvenirs. Mais que tu restes dans le passé.

Le romantique pense encore à l'avenir. Il voit dans les plus belles histoires de la littérature ou du cinéma des exemples. Il se souvient de ces êtres séparés des mois, ou des années, par la guerre, la distance, capables de s'aimer à nouveau pour deux éternités.


Alors, si je suis capable de t'oublier, peu à peu, je sais que je ne pourrai pas oublier ce rêve fou d'un amour infini. Et tu en fais partie, encore aujourd'hui.

 

A cette amitié impossible.

 

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