4 octobre 2014 6 04 /10 /octobre /2014 19:32

J'avoue avoir hésité à reprendre la plume. Une rupture, c'est un risque de plusieurs articles un peu larmoyants, et on est tous fatigués à notre âge de lire de tels récits. Se plaindre d'une rupture, c'est du déjà vu. Je l'ai déjà fait deux fois, je ne vais pas le faire une troisième fois. Surtout que ça n'aide pas beaucoup. Alors je me décide à écrire sur un autre sujet. Cherchons quelque chose d'un peu plus optimiste.

10 minutes plus tard, je reviens face à mon papier, réfléchissant encore à un sujet sympa. Un sujet cool. Quelque chose qui va vous faire rire. Qui va me faire rire. Je pourrais vous parler de ma Frappadingue de la semaine dernière. Un vrai bon moment. Tous déguisés en Schtroumpfs, à franchir les obstacles un à un, malgré la douleur (putain de tendinite), malgré l'eau à 13°C, malgré les mares de boue. Comment peut-on avoir du plaisir à faire ça ? Être avec une bande de copains. Y'a pas. Seul, je pense que ça ne m'aurait pas du tout fait rire. Déjà l'eau à 13°C, en groupe, ce n'était pas drôle. J'en ris aujourd'hui, mais sur le coup, j'ai détesté. D'ailleurs, je dis que ce n'est que du plaisir, mais à la fin j'étais très très content d'être enfin arrivé ! Terminé, bonsoir, je vais me coucher ! Oui, parce que se lever à 6h du mat' pour le faire, c'est pas un plaisir non plus !

« Saint-Omer, c'est de la merde ». Ou pas.

Ah, voilà un sujet sympa, la frappadingue. La veille, ce Queen était cool aussi. Plusieurs de mes groupes d'amis jusque là distincts commencent à se rassembler. C'est pratique quand on ne passe qu'un week-end. Tout le monde est là, on fait rapidement le tour de la table, on prend des nouvelles de tous.

« Saint-Omer, c'est de la merde ». Ou pas.

Et c'est là qu'arrive aujourd'hui. Oui, ce soir, il y a ce sentiment de ne pas être au bon endroit. Cette envie d'être à Saint-Omer, avec ce groupe de potes. Ceux que l'on connaît depuis x années, ceux qui nous font rire à chaque fois, ceux que l'on connaît un peu par cœur. Mais qu'on apprécie à chaque fois.

D'où viens-tu ? Où habites-tu ? C'est où chez toi ? On a beau être nomade depuis plusieurs années, il y a toujours ce truc spécial à la maison. Et la maison, c'est Saint-Omer. Certes, chez moi, c'était Arras. C'était Canterbury. C'était Rennes, la Finlande ou New York. C'était l'Allemagne. C'était l'Afrique. C'est Bordeaux aujourd'hui. Mais en vérité, chez moi, c'est seulement à Saint-Omer. Parce que c'est chez moi, c'est chez vous. Chez eux. Les amis. La famille. Mes racines.

Bon allez, je vais vous parler un peu de Bordeaux quand même. Super ville. Bonne intégration. Mais on ne peut pas aller plus vite que la musique. Le temps de développer des amitiés aussi fortes que celles de Saint-Omer, je serai sans doute déjà reparti. Et ça m'embête déjà un peu. Je me dis : à quoi bon ? A quoi bon reprendre tout ce processus que tu as déjà fait dans les autres villes pour, au final, ne pas garder contact. Car Canterbury, Rennes, la Finlande, New York, l'Allemagne ou l'Afrique, c'est combien de vrais potes ? Je ne cherche même pas, je connais le résultat. Les plus importants restent à Saint-Omer.

Et pourtant, Dieu sait qu'il y en a qui ne peuvent plus voir Saint-Omer en photo. Saint-Omer, pour eux, parfois, c'est de la merde. Je le sais, j'en connais pas mal, des personnes qui pensent comme ça. Des nouveaux voyageurs. Des exilés. Pas mal de ceux qui sont partis, et qui ne souhaitent vraiment pas revenir. Je les entends me parler de ça, je ne les contredis pas. C'est vrai, parfois, Saint-Omer est un peu ennuyant. Mais oh que non, ce n'est pas de la merde. Car Saint-Omer, ça reste moi, ma vie, mes potes, ma famille. Saint-Omer, c'est ce qu'on en fait. Et l'air de rien, Saint-Omer me manque toujours. Pas la ville en soi, pas la musique du Dickens ou le bruit d'un motard faisant le mariole autour de la place. Non, les potes, la famille. C'est là qu'est le manque. C'est là qu'est le manque aujourd'hui.

Il y a quelques semaines de cela, j'ai parlé avec une autre exilée. Que fera-t-on dans un an ? Dans deux ans ? Surtout, où sera-t-on ? La même réponse est revenue : ça serait cool de rentrer. A la maison. 10 ans plus tard, revenir à Saint-Omer. Dans le Nord tout au moins. S'ils sont encore là, je pense vraiment franchir le pas. Il me reste avant cela à rédiger ma thèse. Pas mal de boulot, et il ne faut surtout pas craquer, péter un câble post-rupture et se retrouver après-demain au Kazakhstan. D'ici là, il ne faut pas rencontrer une nouvelle demoiselle d'un pays étranger et partir avec elle (car l'amour reste la plus égoïste de toutes les passions). D'ici là, il faut trouver quelque chose à faire à Saint-Omer. Il faut que mes idées de voyage reste bien planquées au fond de moi, que la route de la Soie ne m'appelle pas trop souvent. Oui, d'ici là, il peut s'en passer des choses. Mais je reste persuadé que d'ici là, Saint-Omer restera chez moi. Putain de ch'ti.

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21 juillet 2014 1 21 /07 /juillet /2014 07:22

Nevers en France.

Oublier les yeux. Oublier la voix. Oublier les moments. Oublier la peur. Oublier l'angoisse. Oublier les souvenirs. Oublier l'amour. Oublier la vie.

On oublie tout, lentement. Les moments du passé s'effacent toujours, à un rythme continu. On dit se souvenir, mais on ne se souvient pas. On ne revoit pas les moments, on revoit les photos, revues 100 fois. Le moment est parti. On a capturé l'instant. On a capturé une image. Mais on a oublié le bruit. On a oublié le vent. On a oublié l'odeur, la couleur, la ferveur. La photo ne retient rien qu'une image. C'est triste.

L'oubli est triste. Mais l'oubli est réparateur. L'oubli du malheur. L'oubli sert et dessert. L'oubli permet d'oublier. L'oubli permet de ne plus pleurer. L'oubli efface la plaie. L'oubli permet de cicatriser.

Reste les écrits. Reste aujourd'hui. Cette sensation. Ce lit. Oublier le passé. Vivre au présent. Penser le futur. Le fabriquer. Mais essayer de garder cela en tête. Toujours.

 

Hiroshima mon amour

 

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1 juillet 2014 2 01 /07 /juillet /2014 14:52

« Mais qu'est-ce que tu vas faire après ta thèse ?! ». Question entendue mille fois. Et pour cause, la réponse a été plutôt longue à se dessiner. Mais le sort en est jeté (je crois!). Direction l'enseignement.

Il y a des multitudes de raisons qui m'ont amené à ce choix. La principale étant que je crois en l'éducation. Cette croyance, de type quasi-religieuse, m'est venue au fil du temps. A chaque discussion, à chaque problème, une réponse revient sans cesse : l'éducation.

Il y a plusieurs types d'éducation. La sienne, celle de ses enfants, l'éducation populaire. Et puis il y a la fameuse Éducation Nationale. « Le mammouth! » pour les intimes de Claude Allègre.

Alors c'est décidé, je m'en vais déclarer ma flamme à l'Éducation Nationale. Reste une question : Capes ou Agreg ? Pour ceux qui ne connaissent pas la différence, l'Agreg est le grand frère du Capes. Plusieurs avantages à être agrégé : travailler moins, gagner plus, meilleur poste. Forcément, c'est tentant. Bon, il y a un petit désavantage : c'est un concours extrêmement dur. En 2008, le taux de réussite atteint les 5,9% ! 2624 inscrits, 83 admis !
Bon, le taux est un peu remonté récemment (en 2013 il est de 12,5%, avec 100 admis pour 1937 inscrits). Mais ca reste quelque chose !

Bref, difficile de l'avoir sans bosser. Cette fois, il va vraiment falloir s'y mettre ! Et à 200% !
200%, car je veux dans le même temps... écrire ma thèse !

Ce sera compliqué de faire les deux, je le sais bien. Mais c'est aussi un investissement pour l'avenir. Je sais que si je ne valide pas l'agreg cette année, je peux encore le faire l'année prochaine (une bonne moitié des programmes de révision devraient être renouvelés). La priorité reste donnée au doctorat.

Concernant les programmes, les voici :

Le monde romain de 70 av. J.-C. à 73 ap. J.-C.
Gouverner en Islam entre le Xème siècle et le XVème siècle (Iraq jusqu'en 1258, Syrie, Hijaz, Yémen, Égypte, Maghreb et Al-Andalus)
La péninsule ibérique et le monde (années 1470-années 1640)
Citoyenneté, république et démocratie en France de 1789 à 1899.

Géographie des mers et des océans.
La France : mutations des systèmes productifs

 

Les quatre épreuves écrites auront lieu au mois de mars 2015 (deux épreuves de dissertation, une épreuve d'explication de textes et une composition sur un sujet de géographie, des épreuves de 7 heures (!!)).
Pour les admissibles, 3 épreuves pratiques et orales (de 6h).

J'ai déjà mon emploi du temps (16h minimum, jusqu'à 26h). Ah, oui, précision importante, je m'en vais suivre la préparation au concours à l'université de Bordeaux.

Bon, je sais que mon temps entre septembre et mars sera très très (très) limité (la bibliographie de 17 pages que je viens de recevoir me le confirme). Je pense d'ailleurs très honnêtement que ce blog ne survivra pas à la fin de l'été. Mais ce sera une année investissement. Une année qui transformera, je l'espère, ma vie.

Je repars à mes lectures.

L'agrégation d'histoire-géo 2015
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29 juin 2014 7 29 /06 /juin /2014 17:07

J'ignore pour le moment si nous serons jugés après la mort, comme la religion le dit parfois. Mais je sais que nous sommes déjà énormément jugés lors de notre vie.

 

Juger, ce n'est pas seulement une question de justice. Au contraire, les jugements les plus nombreux se font à l'extérieur des tribunaux. Dans la rue. En soirée. Entre amis. En famille.
Les juges sont souvent acerbes. Les juges sont critiques. La critique, voilà la forme de jugement la plus répandue. On critique les autres, sous de multiples facettes. Ça commence avec les vêtements, le look, l'apparence physique. C'est la critique facile, celle que tout le monde peut faire. C'est facile, il n'y a qu'à se poser dans la rue, et observer ses semblables.

Au final, ça n'est pas très important. Très souvent, l'accusé ignore son chef d'inculpation. Il continue sa route sans se douter qu'il vient de prendre une peine de deux minutes de foutage de gueule. Et quand bien même il apprend par hasard le jugement, il s'en accommodera fort bien une fois passé le stade de l'adolescence.

Il y a des jugements un peu plus profonds, ce sont ceux qui traitent de votre façon de vivre, de votre façon de penser. Là, c'est un peu différent. Parce que la critique physique, passe encore (de toute façon, on ne peut pas y faire grand chose, on est toujours le beau d'un tel et le laid d'un autre). La critique de la pensée c'est différent, ça me semble plus grave, car porté par un élan de supériorité et une pointe d'arrogance. La justice peut être là aussi impitoyable. Surtout que les jurés sont très souvent vos proches. Le jugement est souvent sévère, et il est rare qu'une décision de justice populaire soit positive.

Mais il y a encore pire. Il y a le jugement dernier terrestre. Celui-là, impossible d'y échapper. C'est le jugement par soi-même.
La morale. Sa morale. Si on peut se contrefoutre de ce que pensent les autres (j'emmerde le peuple), c'est plus difficile avec soi-même. Je me retrouve moi-même régulièrement confronté à ma morale. Celle qui décide de ce qu'est le bien ou le mal. Je sais par exemple qu'elle me hante déjà pour des actions commises il y a plusieurs années. Celle où je me dis que je n'ai pas bien agi. Celle où je pense avoir fait le mal, pris la mauvaise décision. Celle où j'ai laissé mes instincts les plus bas prendre le dessus. Ce jugement sur moi-même est le pire de tous. Il est également le plus sévère. Je repense à un processus de rupture, à une décision de fin de soirée. Je repense aussi à mes inactions, dans des moments qui auraient pu, qui auraient du être importants.

Cette morale me hante jusque dans mes rêves, lorsqu'elle me fait ressentir un horrible sentiment de culpabilité à la suite d'une action que je serais incapable de faire dans la vraie vie. Tromper sa copine. Tuer quelqu'un. Même dans le plus sombre des cauchemars je me juge régulièrement.

C'est d'ailleurs ce jugement terrible à l'encontre de moi-même qui influence mes décisions chaque jour. Tel un prisonnier, je ne suis pas sorti indemne de mes propres condamnations. Et j'ai choisi la repentance plutôt que la récidive. Avant mes décisions importantes, je repense à ma morale, à mon jugement, à tout ce temps passé au trou. Et je m'adapte.
Ce jugement dernier nous concerne tous. On apprend ainsi parfois des erreurs des autres, et des souffrances qu'ils connaissent face à leur morale. Et on se dit qu'on n'aimerait pas être à leur place, avec cette mauvaise décision prise il y a une semaine, cinq mois, trois ans, et qui continue à les hanter chaque semaine.

Cette morale, c'est peut-être la chose la plus importante que nous avons coincé quelque part au fond de notre cerveau. C'est elle qui permet à notre société de tourner tant bien que mal, avec nous autres pauvres humains responsables de nos actes devant la justice, mais surtout devant nous-même. Le jugement dernier, ici bas.

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5 juin 2014 4 05 /06 /juin /2014 00:02

Cela nous arrive tous de douter. Enfin, je pense. Moi, je doute régulièrement, et j’espère que c’est de même pour vous. Enfin, non, je n’espère pas. Car cela m’emmène dans des couloirs tellement sombres. J’espère vraiment être le seul à les emprunter. Mais je suis pessimiste sur la chose, on doit tous un jour ou l’autre s’y retrouver. Bon, moi, j’aime bien marcher dans ce couloir parfois, faire les cent pas. Ca me permet de réfléchir. Sombrement.


Tout d’abord, je tiens à vous rassurer. Cet article est écrit à un instant T, à savoir ce dimanche, vers 22h, juste après avoir regardé un film avec Patrick Dewaere. C’est bizarre, cet acteur m’envoie à chacun de ses films vers ce couloir sombre. Je repense à Série Noire. Aujourd’hui, c’est Mille milliards de dollars. Oh, pas le film le plus sombre de l’acteur. Mais ca n’empêche, j’ai l’impression de ressentir un truc à chaque fois que je croise son visage. Bref, toujours est-il que cet article ne représente pas mon état d’esprit général, mais celui du moment, bien différent.

Mes pensées sombres m’amènent toujours à me questionner. Aujourd’hui, c’est le mois de juin, mois du départ. Depuis quelques jours j’y pense déjà, et ça me contrarie. Se contrarier, verbe familial. En silence. Ca aussi d’ailleurs.
J’ai peur. Oui, un peu. C’est con d’avoir peur. Ca n’aide pas. Mais c’est ainsi, j’ai peur de quitter cet équilibre à peu près stable que j’ai trouvé ici, en Allemagne. Et j’ai peur de ne pas le retrouver. En Afrique déjà. Parce que mes deux expériences sur place n’étaient pas ce que je considère comme le bonheur. Loin d’être une partie de fun. Et à Bordeaux ensuite, car la relation à distance m’effraie encore plus.

Mais bon, tout ça, c’est du futur. Le présent aussi, parfois, me pousse dans ce couloir. Ce présent, c’est notamment la thèse. De nombreuses fois je m’interroge. De plus en plus en fait. « A quoi ça sert ? à quoi ça va servir ? » Ca, ce sont des questions que l’on m’a posées des dizaines de fois. J’avais toujours une réponse. A croire qu’à force ça m’a mis le doute.

A quoi ça sert ? Voila, nous avons ici la question principale du couloir. A quoi ça sert tout ça, cette vie, ce futur, ce présent. C’est une question qui revient toujours, à intervalles irréguliers. En ce moment, c’est plutôt régulier.

 

Ah, je pense avoir compris. Mon problème du moment, et la raison de cet article, c’est mon absence d’objectif. Chaque matin, je me lève sans avoir quelque chose de précis à faire. J’ai l’impression d’être en stand-by pour ma thèse, du fait de mon voyage qui arrive et de la fin de mes lectures. Je n’ai plus la motivation pour l’allemand, sachant que je pars dans une semaine. Plus trop d’envie de film, plus de recherche généalogique, pas de vrai voyage à préparer… Et tout d’un coup, le vide. L’ennui. L’absence totale de motivation. Même pour le sport (pas de marathon à préparer). Alors je me retrouve devant mon ordi, avec une tonne de temps disponible, un temps qui ferait envie à des millions de personnes, et je ne sais pas comment l’utiliser. J’ai un peu repris la lecture, ça m’a plu. Mais je cherche quelque chose de plus constructif. Je regarde sur ma Bucket List, mais je ne trouve pas quelque chose cette fois. A croire qu’il manque quelques missions.
Bon, je sais que tout cela n’est qu’un petit problème du moment. Dans une semaine, je suis de retour dans le Nord, dans 10 jours en Afrique. L’ennui me quittera très vite. L’année prochaine, l’écriture de la thèse et la préparation d’un concours me feront sans aucun doute regretter ce temps libre que je ne savais pas utiliser aujourd’hui.

Vous avez peut-être remarqué un changement de ton entre le début de l’article et la suite. Et pour cause, on est jeudi, 1h55 du matin. Mon moral est différent, mon pessimisme est déjà passé. J’ai bien regardé un film aujourd’hui, mais sans Patrick Dewaere. Alors pour les pensées sombres, il faudra repasser. Mais pas tout de suite. Laisse-moi savourer ma dernière semaine ici. On se donne rendez-vous en Afrique. Ou oubliez-moi un peu. J’ai déjà assez arpenté ce couloir. Je veux rester dans la lumière.

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28 mai 2014 3 28 /05 /mai /2014 19:37

Ce n'est plus qu'une question de jours. Lucie, amie du lycée, va très bientôt accoucher. Elle rejoindra alors le club des copines-mères.

Romain, voisin et ami depuis 20 bonnes années, a fait le con. Il a acheté une maison.
Aude, copine de fac, va se marier. Le 30 août. J'y serai.
Quant à ceux qui bossent, de ma génération, je ne les compte plus. Mes deux petites sœurs auront commencé plusieurs années avant moi.

Forcément, à chacune de ces nouvelles, j'ai fait le point. Pendant que les autres avancent dans leurs vies, passent des étapes importantes, je reste à l'université. Et parfois, je me pose la question : ne suis-je pas en retard ?


J'ai de la chance, je vis en ce moment en Allemagne. Ça me permet de relativiser un peu. Mon coloc est en licence. Il a 31 ans. Quand je dis que je suis en thèse de doctorat, à 27 ans, les gens me corrigent régulièrement : « en thèse de master ». « Non non, je connais le mot allemand. Je suis bien en doctorat ».
Ici, on me regarde comme un génie. Ça fait bizarre. Les Allemands ont un grand respect pour les docteurs. Encore plus quand ils sont « si jeunes ».
En France, les gens me regardent comme un dinosaure de l'université. « 27 ans et encore à la fac ? Mais qu'est-ce que t'as foutu ? ». Bah pas grand chose, un cursus normal avec une pause de deux ans au milieu.

Les mentalités sont très différentes. En France, le message me semble être le suivant : vite vite après le bac à l'université ! Vite vite finir sa licence ! Vite vite trouver des stages ! Vite vite finir son master ! Vite vite trouver un travail ! Comme ça, tu pourras vite vite arriver à ta retraite !
En Allemagne, c'est un peu différent. Après le bac, tu prends souvent une année pour travailler ou voyager. Puis tu peux commencer ta licence. Cette année est souvent décisive, tu rencontres le monde du travail ou tu découvres tout simplement le monde. C'est une année qui te transforme et qui te permet un peu plus de réfléchir à ce que tu veux faire de ta vie.
En France, j'ai l'impression qu'on nous balance après le bac dans une filière. 17 ans, et tu dois choisir ce que tu veux faire de ta vie. Logiquement, ils sont nombreux à changer de filière après la première année en dehors du lycée. « C'était pas pour moi ». « Je voulais autre chose ». « Je n'en étais pas capable ». Une année parfois compliquée. Une année que mon homologue allemand aura mise à profit pour voyager. Sur ce point, je les envie.

Bon, il n'y a pas que ça. Je répète depuis plusieurs années : pas de mariage ou bébé avant 30 ans ! Pour moi, c'est d'une importance considérable. C'est une idée qui m'est venue lors d'une soirée avec l'ESSOR. Il y avait un type là, il devait avoir 30 ans. Je devais en avoir 19, mes sœurs encore moins. Celles-ci lui avaient lancé un joli « mais t'es trop vieux pour être ici, repars chez toi te coucher ! ». Et lui, pas trop perturbé, commença à nous parler de la jeunesse, et de ce qu'on devait en faire. Il l'a dit plusieurs fois « profiter jusque 30 ans ! ». Forcément, à 19 ans, 30 ans nous paraît très loin ! Trop loin même ! Maintenant, en y repensant, je me dis qu'il avait bien raison !

Attention, je ne dis pas que toi, travailleur, marié, propriétaire, maman, a tort. Ou que tu as fait les mauvais choix. Au contraire, je te félicite. Bravo, si cela te rend heureux, je suis content pour toi. Mais comme je le dis souvent : je ne vous envie pas. Du moins, pas encore. Il se peut très bien que dans deux ans j'ai l'envie folle d'un enfant. Et alors là, je vous jalouserai ! Mais ce n'est pas encore le cas, et je le vis plutôt bien.

Non, ce qui me gêne un peu, c'est forcément nos discussions. Car on a beau dire, on a beau faire, notre vie ne tourne plus autour des mêmes choses. Un travailleur nous a récemment parlé des prêts, des taux d'intérêt, des différentes banques, de l'assurance vie. On écoutait cela avec attention, dans une sorte de conversation science-fiction ! Tout simplement car je ne suis pas encore concerné. Placer mon argent ? Quel argent ? Le peu que je reçois en bourses diverses est dépensé aussi vite en déplacement africain.
Et les histoires d'amour ? En voilà un sujet intéressant ! Intéressant pour moi, en tout cas ! J'aimais savoir ce qui se passait dans vos soirées, qui embrassait qui... Forcément, cette conversation avec un couple marié ne fonctionne plus ! (ou alors y'a comme un problème).

La maturité de vie. C'est une notion très importante. Et c'est quelque chose où on ne peut pas tricher. Les grandes étapes de la vie comme le boulot ou l'enfant vous font passer dans une autre catégorie. Le boulot c'est un salaire, des placements, des impôts. C'est de l'argent tous les mois sur le compte, et parfois une voiture. Un étudiant comme moi ne comprend pas encore cet état d'esprit. Je me réveille quand je veux, je travaille quand je veux. Je prends des vacances quand je veux. 5 semaines de congés payés, ça me semble complètement dingue ! Alors que toi, travailleur, trouve ça logique.

Alors ce mariage, alors ce bébé, je les regarderai avec un drôle de regard. Car pendant quelques instants, je pourrai un peu voir de mon futur. Un futur déjà bien présent pour vous.

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9 mai 2014 5 09 /05 /mai /2014 13:18

Le fait de relire mon blog m'a fait revoir des têtes que je n'ai pas vues depuis pas mal de temps. Les copains. Enfin, les anciens copains. Ceux que l'on a lâchés sur la route. Ceux que l'on a perdus quelque part, sans trop s'en rendre compte.

 

Moi ce sont clairement les études qui m'ont dirigées pendant plusieurs années. En entrant au lycée, j'ai perdu des potes du collège. En entrant à l'université, j'ai perdu des potes du lycée. Des gens avec qui je passais mes journées et que je n'ai pas revus depuis (ah, si, bien sûr, en photo sur Facebook, mais reconnaissons que c'est une sensation différente!)
La fin du football a emporté mon groupe de l'ESSOR, sans que je le voie arriver. Pourtant, je pensais que ce serait des potes d'une vie. Non pas que je les déteste à présent, mais je ne les vois plus, tout simplement. Alors que j'ai passé d'innombrables soirées avec eux autour de mes 18-20 ans.

C'est l'année de mon Erasmus où des choix ont été faits. Quand on habite à l'étranger, difficile de recroiser ses potes le week-end. Alors, quand on revient, on voit les principaux. Deux, trois groupes. Pas plus. Car on n'a pas le temps. On n'a plus le temps.

Habiter à l'étranger ça peut paraître génial. Mais ça peut aussi paraître déprimant. Ici, en Allemagne, je me suis fait mes connaissances. Que je vois chaque semaine. Mais je ne les appelle pas "potes". Car je sais que dans quelques semaines, je rendrai mon appartement. Et je quitterai à nouveau une ville, et les personnes rencontrées sur place. Et je pense bien que dans deux ans de cela, je n'aurai plus aucun contact avec mes connaissances de Fribourg. Car loin des yeux, loin du cœur. Surtout en matière de connaissances.

L'année prochaine, dès septembre, ce sera Bordeaux. Une nouvelle ville. Un nouveau cycle de connaissances. Et toujours cette drôle de sensation, celle que ma maison reste à Tilques, et que mes amis restent dans le Pas-de-Calais.
L'un des cinq regrets des mourants (article que j'ai déjà évoqué), c'est d'avoir perdu ses amis en chemin. Alors je résiste, tant bien que mal, malgré la distance. Malgré l'étranger. Pas de téléphone, mais avec Internet. Cette bénédiction.

Je critique assez souvent le Net pour des choses, mais il faut reconnaître un aspect pratique. Les anciennes générations ont perdu leurs ami(e)s d'enfance au fil des études, au fil des déménagements. Presque comme moi. A un détail près : ce n'était pas forcément possible de rester en contact à l'époque. Oui, bien sûr, les lettres et le téléphone fixe. Mais le net... si j'arrive à garder un gros noyau du lycée/fac/Audomarois, c'est grâce à Internet. C'est grâce aux mails, aux blogs, voire même à MPG ! C'est grâce à Internet que je prévois chaque retour dans le Nord, chaque sortie, chaque repas.

Mais Internet n'apporte tout de même pas de partager ma routine en terre étrangère. Et c'est là où j'ai un manque. Vivre tous les jours d'une année auprès des ami(e)s, une sensation que je n'ai pas connue depuis 2008. Il y a bien eu un petit intermède en 2011, pendant quelques mois. Et j'admets avoir apprécié chaque soirée et moment de l'époque.

La vie, c'est une question de choix. Toujours. De priorité. L'année prochaine, je serai donc à Bordeaux pour terminer ma thèse, et essayer d'obtenir le concours de l'enseignement (CAPES/Agreg histoire-géo). Ensuite, il n'y aura plus d'études. Il y aura un travail. Et j'aurai une nouvelle fois le choix : où veux-je vivre ?

Avec Elle. Avec vous. Avec le soleil. Avec les montagnes. A l'étranger. Dans le Nord.

Tu choisiras ton camp, camarade. Et chaque choix apportera son lot d'inconvénients. C'est triste, mais c'est ainsi. La vie n'est jamais parfaite. On s'adapte. L'amitié aussi. Mais parfois tout ça nous manque un peu.

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7 mai 2014 3 07 /05 /mai /2014 11:35

Il y a quelques jours, j'ai fêté les 10 ans de mon blog. Oh non, pas les 10 ans de ce PhileasFrog, mais les 10 ans de Quebecstar. Je ne sais pas si vous avez connu Quebecstar, sur le skyblog de l'époque. C'était un drôle de personnage, et une drôle d'écriture : le langage SMS. Avec les fautes en bonus (non pas que je ne fasse plus de fautes ^^ mais je vous promets que ça s'est vraiment amélioré depuis).


J'ai un très grand avantage: j'ai sauvegardé mes blogs. Il y en a eu trois véritables, quebecstar (2004-2008) en mode skyblog/skyrock, quebecstar en mode overblog (2008-2010) et milev, l'actuel, depuis l'automne 2010. Et pour les dix ans, j'ai décidé de tout relire.

1469 articles. 10 ans. Oui, pas besoin d'avoir fait beaucoup de math pour comprendre le rythme : près de 150 articles par an (et je ne compte pas les résumés de films). Des articles qui ont évolué au fur et à mesure des années. Et pour cause, au début cela concernait surtout ma vie au lycée Ribot, mes premières sorties d'avant-permis à Saint-Omer. Un bowling était un événement, une fête dans la salle Bélanger la sortie de l'année. A l'époque, je ne connaissais rien, en tout cas très peu. Je ne savais pas ce qu'était une copine ou un voyage. J'avais beaucoup de doutes sur la vie, sur mon futur, sur mon pouvoir d'attraction (^^). Forcément, j'ai beaucoup ri au fur et à mesure des articles. J'ai revécu beaucoup de soirées, beaucoup de fous rires. J'ai compris que mon cerveau est un salaud, qu'il efface les souvenirs. Et c'est là où j'ai remercié chacun de mes articles. Car ils m'ont tous permis de revivre quelque chose, un moment, un instant, une pensée, un doute.

 

Bien sûr, j'ai aussi revécu mes voyages. Les Pays-Bas et la Suède chez un Erasmus, l'Egypte avec Mélanie, et puis les Philippines et le tour de France. Là, j'ai commencé tout doucement à me transformer. Alors le tour d'Europe... et puis forcément l'Asie, il n'y a pas si longtemps.

Cette relecture m'a justement fait prendre conscience de mon évolution en 10 ans. On a tous changé, je le savais déjà. Mais à ce point... Il y a 10 ans, j'écrivais beaucoup sur la mort. Chose étrange, alors que je débutais ma jeunesse ! Mais c'est quelque chose qui me hantait beaucoup. Et puis au fur et à mesure des années, j'ai compris qu'on ne pouvait pas comprendre. Alors j'ai lâché l'affaire, sans trop de regrets.
Je me suis également rendu compte des doutes que l'on peut avoir à 20 ans, et que l'on n'a plus forcément à 27. Ces dernières années ont été déterminantes dans ma construction personnelle, j'ai grandi. Je suis devenu un adulte. Pas encore très mature (faut pas pousser, je reste un étudiant!), mais un adulte tout de même.

 

Ces blogs furent également mes journaux intimes. Ca continue encore, mais à un rythme très inférieur. Car au début, je vous parlais de tout (et de rien). J'écrivais sur tout, et surtout sur moi. Mes doutes. Mes pensées sombres. Mes colères. J'avais beaucoup moins de honte à rédiger sur mes sentiments. J'ai très vite écrit sur mon premier amour, et plus tard, sur ma première rupture. Sans me cacher. Sans me censurer. Ou finalement, très peu.

Au-delà de l'écriture, et de ma modeste (?) personne, il y a aussi les lecteurs. Car oui, ce blog n'est pas seulement le mien. Certes, je le contrôle, je décide des articles. Mais je ne décide pas des réactions. J'ai relu des commentaires. Parfois j'ai ri. Parfois j'ai souri. Parfois j'ai fait la moue. A une époque, les blogs étaient un défouloir (aujourd'hui, les commentaires des sites d'informations ont remplacé cela). Je me souviens de la rafale d'insultes que j'avais pris après une histoire de déguisement du PSG à la fac (après la finale contre Lens et la banderole ch'ti). Sur le coup, je n'avais pas trop compris. Avec le recul, je prends cela avec le sourire, me rendant compte à quel point tout cela n'avait que peu d'importance.

Et c'est là où j'ai compris. Finalement, ces moments d'extrêmes-joies ou d'extrêmes-peines semblent tellement dérisoires aujourd'hui. Et tellement lointains. Ils n'ont plus de réelles conséquences, si ce n'est qu'ils m'ont formé, qu'ils m'ont endurci. Je suis qui je suis grâce à tout ça, grâce à ces 10 ans, que je peux revivre aujourd'hui grâce à ce blog. Et je me rends compte de la chance que j'ai d'avoir cet outil de la mémoire à ma disposition. Combien d'entre-vous se souviennent de leur façon de penser il y a 10 ans ? Combien d'entre-vous se souviennent de leurs soirées d'il y a 8 ans ? Et combien d'entre-vous peuvent se rappeler des sentiments qu'il éprouvait pour telle fille ou tel garçon il y a 6 ans ? Les souvenirs s'envolent. Les écrits restent.

J'ai adoré regarder mon passé pendant une semaine (oui, ça prend du temps l'air de rien). Reste ce blog. Aujourd'hui. Le moment présent. Ce que je veux faire, mon futur. L'avenir. Tout ça m'appartient, tout ça reste à construire. Et à retranscrire. Car je compte bien garder ce blog quelques mois/années supplémentaires. En prévision des 20 ans. Et je sourirai à nouveau en relisant cet article. Et j'espère même que pour les 30 ans, je ferai lire mes bribes d'adolescents à mes enfants. Et une petite boucle sera bouclée. Une boucle qu'on appelle la vie.

Merci pour vous, et les 125 000 visites depuis que Milev est en route.

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25 avril 2014 5 25 /04 /avril /2014 22:20

J'ai eu trois copines dans ma vie. Pas forcément un gros chiffre. Mais je pense avoir privilégié la qualité à la quantité. Trois filles qui ont déjà marqué ma vie, à leurs façons. Trois relations assez longues, aux alentours des deux ans. Trois relations sérieuses, et qui m'ont sérieusement marqué.

La première avait le goût de l'innocence. De la découverte. De l'apprentissage. De la naïveté. Après quinze jours, je l'aimais. Après deux mois, j'imaginais ma vie avec. Après six mois, nous avions déjà évoqué le nom des futurs bébés. C'était une relation magique et sans crainte. Et pour cause, je n'avais jamais connu la douleur d'une rupture. Je ne pensais pas que ça pourrait m'arriver, à moi, car j'étais sans aucun doute différent. Nous serions différents.
Et la rupture est arrivée, avec moi dans le rôle du méchant, du bourreau. J'ai mis du temps à m'en remettre, une bonne année, qui en réalité fut mauvaise. Au-delà de l'histoire qui se terminait, je pleurais son cœur brisé, mon mal-être face à la décision prise, et l'idée que l'amour se fâne avec le temps.

Et puis, sans trop m'en rendre compte, l'amour est revenu, avec une autre. Celui-là fut fougueux, impétueux, rythmé par les hauts et les bas, les joies et les engueulades. Un amour sincère, mais qui ne pouvait pas durer. Un amour destructeur, à 200 à l'heure, mais qui tangue sérieusement à chaque virage. Au bout de la dernière ligne droite, je m'y voyais encore, avec la femme de ma vie. Saloperie de concept Disney de la princesse et du prince qui vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants. Mais Disney n'est qu'un conte pour enfant.

Une deuxième rupture, encore plus compréhensible que la première. Sauf que cette fois, ce n'est pas moi qui ai pris la décision. Bizarrement (mais après coup logiquement), ce fut une rupture-délivrance. J'ai rebondi avec plus de vigueur, retrouvant les joies d'une vie que j'avais oubliées. Mais j'avais retenu la leçon : amour, tiens toi loin de moi ! Laisse-moi tranquille ! Je veux profiter de ma jeunesse.

Et l'amour m'a entendu. L'amour m'a retrouvé. Et l'amour continue de me faire profiter de ma jeunesse. Cette fois, ce fut un hasard, et ce fut un coup de foudre. Mais plus de je t'aime en avance, ou de plan sur la comète. Cette fois, ce fut un amour patient. Le je t'aime, il aura fallu un an. Trop peur de se découvrir. Trop peur de souffrir. Alors je me suis protégé, sans trop vite me dévoiler. Ça tombe plutôt bien, elle était dans le même état d'esprit.
Le cap des deux ans, je l'attendais. Avec méfiance et peur. Si l'amour est mort deux fois, pourquoi pas trois ? Et puis non. 2 ans et demi. Et ça continue.

La morale de cette histoire ? L'amour forge un homme. Mais la rupture encore plus. Il y en a qui s'écroulent, au fond du trou, au fond d'une mine, ne cherchant pas à s'accrocher, préférant se lamenter sur les belles journées ensoleillées d'un amour évanoui. Et puis il y en a d'autres, qui se rejettent à corps perdu dans une nouvelle bataille, les mêmes armes à la main, sans avoir eu le temps de faire le point.
Aujourd'hui, j'ai un peu de temps pour moi. La soirée est triste, un orage arrose le paysage, pas grand chose à faire. Si ce n'est de se poser, et de réfléchir à ces années écoulées, et à ces amours perdues.

Avec du recul, je me permets d'apprécier à nouveau les moments vécus avec celles que j'appelle désormais « mes ex ». Non pas que je les détestais. Mais je ne voulais plus en entendre parler. Ex comme exit. Terminé, bonsoir. Peut-être dans une autre vie.
Aujourd'hui, l'eau a coulé, la haine et les rancœurs sont parties. J'étais d'abord en colère, contre moi la première fois, contre elle la seconde fois. Et puis j'ai pardonné. A elle, tout d'abord, car elle avait pris la bonne décision. Et à moi aussi, car je n'y pouvais rien. L'amour est un drôle d’algorithme, une combinaison chimique dont on ignore encore le secret. On a beau tout faire pour que ça fonctionne, quand ça ne veut pas... Certains tentent de se forcer, notamment sur les derniers mois. On se torture en voulant y croire, en se disant que ce n'est pas possible, qu'on n'a pas fait et cru tout cela depuis des mois, des années, pour en finir là. On lutte, tant physiquement que moralement. Et puis un jour on se rend compte. Non, décidément, ce n'est pas toi. C'est dommage, tu me plaisais bien. Tu me plais d'ailleurs toujours beaucoup. Tu es une personne formidable. Mais je ne suis plus amoureux. Dans ce cas là, ce n'est pas un cœur qui saigne, mais les deux. La fameuse rupture où l'on n'a rien à reprocher. C'est pas tant que tu as fat quelque chose, c'est moi. Pardonne-moi.

Malheureusement, le pardon n'est pas facile. Seul le temps apaise la douleur.
Il y a aussi la rupture amoureuse. Oui, je suis amoureux, mais plus de toi. Quelqu'un d'autre. Je ne voulais pas, j'ai tout fait pour résister. Mais je n'y arrive plus. Je pense à lui. Je pense à elle. Et plus à toi. Pardonne-moi. Là, même le temps a du mal à apaiser la douleur. Ce n'est pas tant la rupture, c'est le fait d'avoir été préféré à quelqu'un d'autre ! Au delà de l'amour, c'est l'amour-propre qui en prend un sacré coup ! Gros con (ou grosse conne, c'est selon).

 

Bref, toujours est-il que j'ai pardonné. Et que je souris maintenant en pensant au passé. A tout ce que j'ai appris avec elles, à tout ce que j'ai fait, découvert, rencontré à leurs côtés. Je me dis que ce fut une chance de les rencontrer à cet instant T., où l'amour entre nous était possible. Certes, celui-ci n'a pas duré. Mais il en valait la peine. Car une rupture n'efface pas une année et demie ou deux ans de bonheur.

Alors aujourd'hui, je profite d'un nouvel amour, d'un nouveau bonheur partagé. Au jour le jour, car je sais que rien n'est éternel. On mourra, c'est une certitude. Sur mon lit de mort, je dirai peut-être que c'est elle, la femme de ma vie. En ce moment, c'est en tout cas ce que j'aurais envie de dire. Mais ça ne m'empêcherait pas de penser à elles, mes ex. Mes ex femmes de ma vie.

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14 avril 2014 1 14 /04 /avril /2014 22:25

27

Il paraît qu'aujourd'hui j'ai 27 ans. 

C'est un chiffre qui m'impressionne un peu. Ça me semble beaucoup pour tout vous dire. J'ai vraiment l'impression d'en avoir moins. La raison c'est bien sûr mon mode de vie : je suis et je reste un étudiant. Un étudiant de 27 ans, une espèce rare en France.

Les anniversaires, c'est un peu comme Nouvel An, un drôle de décompte qui nous oblige à nous arrêter et dire : « Déjà ?! Mais ça passe vite ! » Oh que oui petit, le temps passe vite.

Alors c'est l'occasion de faire un bilan de mon année, ou des vingt-six déjà écoulées. Bon, c'est quelque chose que j'ai déjà fait souvent, et j'aurai encore beaucoup l'occasion de le refaire. En deux phrases ça donne : content de ce que j'ai déjà fait, heureux quand je vois ce qu'il reste à faire. Pas impatient comme je pouvais l'être à mes 16 ans (quand j'aurai un permis, quand j'aurai un appart, quand j'aurai une copine...). Pas perdu comme je pouvais l'être à mes 20 ans (pourquoi la vie, qu'est-ce que je veux faire, où vais-je...). Heureux. 27 ans et heureux. Je donnerai beaucoup pour continuer un décompte pareil jusque 100 avec la même appréciation. Heureux et sans problème. Un luxe. Une chance. Cette journée, c'est aussi s'en rendre compte. Et penser à ceux qui n'ont pas cette chance. Et profiter pour eux, autant que pour moi.

Alors mes 27 ans ne seront pas vraiment particuliers, ou exceptionnel. Comme mes 26 d'ailleurs (aucune idée de où j'étais et de ce que je faisais). Pas de fête, pas de verre en ville, pas de voyage de fou. Juste une journée ordinaire. Une de plus. Mais une de plus que j'apprécierai. Elle est belle, la vie.

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