9 avril 2014 3 09 /04 /avril /2014 12:51

Parfois on se demande si on n'a pas vieilli, si le temps ne joue pas trop sur notre physique ou notre mental, sur notre façon de nous amuser, sur notre façon de faire la fête. Et parfois on tombe sur un CD de RFM Party 80. Et là, on ne se demande plus rien. On savoure, à gorge déployée.

 

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24 mars 2014 1 24 /03 /mars /2014 21:29

Revenir deux semaines après deux mois d'absence, c'est revoir beaucoup de monde. La famille et les amis, le chien et les voisins. Revenir deux semaines, c'est finalement court et long à la fois. Court, car j'ai l'impression de ne pas arrêter. Mais long aussi, car je réussis à revoir tout le monde, et certains à plusieurs reprises.

Je ne vais pas vous ennuyer avec mon emploi du temps plutôt rempli de ces vacances Made in Nord-Pas-de-Calais (je le ferai dans un autre article héhé). Mais simplement évoquer mon état d'esprit du moment. Ca semble un peu bête, mais c'est surtout pour moi, pour m'en souvenir (les paroles s'envolent, les écrits restent).

En ce moment, j'ai l'impression de toucher des doigts le bonheur. Le vrai, le véritable. Le 100%. Celui que je n'avais pas ressenti depuis plusieurs années. Peut-être depuis la période d'insouciance Erasmus. Mais cette fois, c'est légèrement différent, et peut-être plus vrai. Un copain à moi évoque souvent Erasmus, et il me rappelle que c'est une sorte de rêve éveillé, mais que ça ne peut pas être la vraie vie. Il n'a pas tort. Erasmus c'est une bulle. Une expérience folle et magnifique, mais ça reste une bulle. Tout ce qui se passe en Erasmus reste en Erasmus. Les contacts avec le monde réel, les autres, les emmerdes, le boulot, et même les études, tout ça n'existe pas. Erasmus ce n'est rien que la fête, l'insouciance, l'amour, les amis. Mais rares sont les mauvais côtés. On s'en rend d'ailleurs très vite compte quand on revient chez soi. Erasmus est une folie, mais Erasmus n'est pas la vie, telle qu'elle existe ensuite.

Erasmus est terminé depuis bien longtemps pour moi. Mais une autre source de bonheur est apparue. J'avoue que je ne l'ai pas trop vue venir. Et depuis quelques jours, je m'en délecte. C'est le bonheur du Carpe Diem.

Ce n'est pas la première fois que j'écris cette locution latine, sans doute pas la dernière. Mais cette fois, c'est différent. Je ne suis plus dans le Carpe Diem « on profite, on fait la fête, on voyage ». En tout cas, plus seulement. Je suis dans le Carpe Diem « on regarde autour de soi, on admire la nature, on observe ses proches, et on profite de tout ça avec le sourire ».
J'ignore un peu comment ce sentiment est venu en moi. Peut-être est-ce le film vu récemment sur ce type qui pouvait revivre chacune de ses journées, pour en profiter une deuxième fois. Ou peut-être est-ce la nature que je côtoie de plus en plus régulièrement qui me donne cette sensation de plénitude. C'est peut-être les randonnées de la Forêt-Noire, ou les balades avec mon chien. C'est aussi mes amis, que je revois depuis quinze jours. C'est également la famille, avec qui je prend plaisir à discuter, surtout quand je les écoute.

Ça commence dans Tilques. Un arbre qui bouge, et le bruit du vent. Je hoche la tête vers le ciel, les yeux fermés, me concentrant sur ce bruit fantastique. Le souffle. Fort, venant du lointain. Ce vent se déplace à travers les terres sans faire attention à moi. Mais moi, je l'écoute attentivement. La sensation est magnifique.

C'est ma grand-mère qui me parle. C'est la deuxième fois que je suis là cette semaine. Et elle évoque un sujet que je connais déjà, puisqu’elle en a parlé la première fois. Mais plutôt que de l'arrêter, je l'observe. Ses traits, ses cheveux, cette façon de parler. Une expression sortant tout droit d'un temps ancien. Je ris. Elle aussi. Je sais qu'elle a déjà fait une bonne partie du chemin, et que des moments comme aujourd'hui ne se reproduiront peut-être plus cent fois. Le temps fait son effet. Pour moi aussi.

C'est mon chien qui remue la queue à chaque fois que je rentre dans ma cuisine. Pourtant je suis parti il y a quinze secondes vers ma chambre. A peine suis-je parti que je l'ai entendu sauter du fauteuil et marcher vers la porte. Lentement, je remonte mon couloir, tout en admirant sa petite tête dépasser des carreaux inférieurs. Quelques centimètres derrière, sa queue gigote. Je lui parle de l'autre côté de la porte, et il se dresse sur ses pattes arrière. J'appuie sur la poignée, et le fauve se jette sur moi pour me faire une fête. Je le prends dans mes bras, essayant de donner autant d'amour que j'en reçois de sa part. C'est con un chien. Mais c'est tellement bon.

Mon père s'est endormi dans le fauteuil. Il a essayé de regarder le classico, que j'ai enregistré pour lui. Mais la fatigue a pris le dessus (et pourtant, quel match!). De mon côté, je regarde à nouveau le match, alors que je l'ai déjà vu la veille. Mais je sais que c'est une rencontre tellement fantastique... Je prends plaisir à suivre le déplacement d'Inesta alors que celui-ci n'a pas le ballon. Le replacement de Busquets, l'accélération de Benzema dans la surface pour être le premier sur le ballon. Et puis j'observe mon père, dans une situation assez habituelle pour lui. Sa sieste après manger. Traditionnel. Et je souris.

Vous voyez, ce ne sont pas des moments extraordinaires. Ce sont d'ailleurs les moments les plus ordinaires du monde. Et c'est ça que j'ai compris : le bonheur c'est de se délecter des moments ordinaires. C'est con à dire, mais ils sont si nombreux. Regarder la pluie tomber avec le sourire, et c'est toute une vision de la vie qui change. Dire bonjour à toutes les personnes que je rencontre, toucher l'herbe derrière ma maison. Le bonheur c'est prendre le temps de vivre. Le bonheur, c'est la fin de tout stress superflu. Je ne fais pas ça aujourd'hui, je le ferai demain. Ou le jour d'après. Et si je ne le fais pas du tout, tant pis. Il n'y a pas mort d'homme. J'ai le temps. Je me laisse savourer. Je me laisse être heureux.

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19 février 2014 3 19 /02 /février /2014 20:12

Le smartphone est une chose extraordinaire. Pensez, peu importe où vous êtes (encore faut-il du réseau), vous pouvez vous connecter à Internet et trouver l'information que vous recherchez. Il y a une application pour tant de choses. Mais pas pour tout.

Sur le smartphone, il manque l'application politesse. C'est quelque chose qui me choque de plus en plus, et qui me semble progresser de plus en plus. Une personne est assise en face de vous, vous avez une discussion. Et tout d'un coup, sans comprendre pourquoi, elle se met à regarder son téléphone. Parfois elle lit un message, parfois elle regarde le fil d'actualité Facebook. Parfois c'est simplement un réflexe, elle se demande si quelqu'un pense à elle. C'est une chose assez énervante pour l'interlocuteur : je la fais chier ?

J'ai commencé à le remarquer avec ma cousine. Bon, c'est une ado, et son utilisation des smartphones est au-dessus de la moyenne : elle est quasiment née avec. Lors des repas de famille, elle est sur son smartphone toutes les dix minutes, montre en main. Et comme souvent son utilisation dure neuf minutes, difficile d'avoir une conversation avec elle ! Mais il n'y a pas qu'elle ! Je l'ai remarqué à nouveau à Nouvel An, avec le brochette de filles qui m'accompagnait. Petit-déjeuner ensemble, et avec l'ami Lucas nous lançons la discussion. Problème : les filles sont sur leur smartphone. On se regarde, et on se demande qu'est-ce qu'il y a de bien intéressant là-dessus ! Mais c'est que le 1er janvier on met une photo du 31 décembre, et que derrière les autres likent ! Ohoh, le moment est là !


Sur le smartphone, il manque l'application vivre le moment présent. C'est qu'à force de tout raconter, quasi en temps réel, on en oublie de vivre le moment. Une photo d'un concert (voire la vidéo), c'est super. Mais pourquoi le partager alors que tu es encore au concert ! Tu as le temps, ta photo ne va pas disparaître ! De même que le message que tu viens de recevoir ! Alba me fait la même parfois, nous discutons et elle reçoit un message. Elle ne peut pas s'empêcher de le lire ! Ohoh, le message va rester là (quoi Snapchat??)

Sur le smartphone, il manque l'application savoir faire la conversation. Ça pour poster sur Facebook 140 caractères, il y a du monde ! Mais pour avoir une conversation construite sur des sujets de société, il n'y a plus personne ! Et c'est un sentiment que j'ai depuis quelques temps, et qui progresse. Auparavant, avant les smartphones, et avant l'utilisation massive de Facebook de façon générale, les gens parlaient aisément de leur vie. Qu'as-tu fait cette semaine ? La semaine dernière ? Dis-moi en plus. Maintenant que tu postes toutes les choses sympas que tu fais sur Internet, tu as moins de trouvailles, moins de secrets. Alors les gens ne savent pas quoi dire. Mieux, ils parlent du dernier post qu'ils ont lu sur Facebook ! Ça comble les trous, entre deux vérifications des messages.

Sur le smartphone, il manque l'application inspiration/penser. Ça, c'est quelque chose de très personnel. Car mon inspiration pointe lors de mes moments d'ennuis. Dans un train, alors que je regarde le paysage. Problème, c'est que le smartphone tue l'ennui. C'est d'ailleurs pour cela qu'il est autant apprécié. On aime son smartphone car sans lui on se fait royalement chier dans le métro ou le TER. Mais justement, apprécions les moments d'ennuis ! Ils deviennent si rares. On se plaint trop souvent que le temps passe si vite. Mais c'est nous qui le faisons passer trop vite. Et puis l'inspiration ou les pensées sont quelque chose d'incroyablement utile. Vous réfléchissez à votre vie, à ce que vous en faites, à ce que vous voudriez en faire. Vous pensez aux choses que vous avez dites, aux choses que vous auriez dû lui dire. Je pense, donc je suis !

 

Sur le smartphone, il manque l'application Big Brother sait où vous êtes. « Allo la NSA, allo mon pote », c'est ainsi qu'il faudrait commencer chacune de vos conversations. Car si l’État français veut savoir où vous êtes, ce que vous dites, ce que vous faites, il n'a plus besoin d'un agent derrière vous. Il a simplement besoin de votre Smartphone. Et pour cause, vous lui dites tout ! « Qu'est-ce que ça peut faire, je n'ai rien à cacher ». Peut-être. C'est beau la démocratie. Mais aujourd’hui, pensez un peu aux Ukrainiens. Hier ils manifestaient. Et ils ont reçu des beaux SMS, leurs disant : « Cher abonné, vous êtes enregistré comme participant à une émeute ». C'est beau le progrès.

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23 janvier 2014 4 23 /01 /janvier /2014 23:07

Faut-il aller faire un stage à l'ambassade de France au Burundi ? Pendant une petite semaine, cette question m'a quelque peu tourmenté. Elle m'a poussé à réfléchir, vite, sur ce que je voulais de ma vie.

Le stage commence le 1er février. Il dure quatre mois. Très vite j'ai pu voir que mon profil devrait intéresser l'ambassade. Expérience de vie dans la région : check. Connaissance des affaires des grands lacs : gros check. Intérêt pour les pays post-conflit : check. Compétence économique : check. Reste une question : est-ce que je veux ce stage ?

Comme souvent, j'ai fait mes deux colonnes. Les plus et les moins. Les premiers plus étaient évidents : ce serait mon vrai premier stage professionnel (excepté presse) ; ce serait l'occasion de vérifier si bosser dans les affaires étrangères peut m'intéresser ; ce serait une bonne possibilité pour ma thèse de rencontrer du beau monde burundais. Et puis quelques autres, comme un voyage supplémentaire, payé. Et puis c'est un sacré test pour le couple.

Le couple justement, pour commencer la liste des moins. Pourquoi partir alors qu'Elle est ici. Et puis j'ai pensé tout de suite à ma famille et à leur inquiétude. Certes, si je pense ainsi, je ne vais pas loin (et surtout pas en Afrique), mais c'est à prendre en compte. Et ma vie allemande, mon appartement, l'apprentissage de la langue. Tout ça aussi ce sont des moins. J'ai pensé à mon chien que je dois garder en mars, au concert de Stromaé en avril. Je vais courir le marathon de Paris.

Dans ma tête, ce fut un peu compliqué. Le temps d'une ou deux journée(s), pas plus. Car j'avais oublié un élément essentiel : mon bonheur est ici.

Au fond de moi, je le sais bien que ce stage m'intéresse surtout car c'est dans une ambassade. C'est toujours chic à raconter, c'est toujours sympa sur un CV. Mais moi qui pense que les affaires étrangères ne m'iraient pas pour des raisons de vie personnelle (bouger tous les trois ans, ou vivre à Paris), à quoi ça me servirait ? J'ai bien vu des gens bosser dans des ambassades ou des ministères, et ce n'était pas folichon tous les jours. Il y en a qui sont capables de sacrifier leur vie sociale pendant plusieurs mois pour un boulot. Mais pas moi. La vie est trop courte [#FrançoisMarquis]. Et puis je crois de plus en plus en ma vocation d'enseignant, je m'imagine de plus en plus devant une classe. Je considère que l'éducation fait l'homme, construit notre société de demain. Alors pourquoi aller là-bas ? Surtout que je peux très bien y aller cet été, pour simplement deux mois. Et ça sera peut-être encore plus productif pour la thèse.

Quatre mois c'est long vous savez. En quatre mois, il peut s'en passer des choses. Et c'est quatre mois que je ne retrouverai pas. Si ma relation ne survit pas à ces quatre mois, est-ce que je ne m'en voudrai pas pendant longtemps ? Quoi, si c'est la bonne, ça survivra ? Mais allons ma petite dame ou mon bon monsieur, vous y croyez vraiment à « la bonne », celle d'une vie ? Quatre mois dans la vie d'une fille magnifique comme l'est ma partenaire, c'est quatre ans pour une fille ordinaire. Elle ne vit pas bien la distance, elle a besoin d'une présence régulière. Et moi aussi. Deux mois c'est déjà bien assez difficile comme cela.

La distance est l'une des pires choses qui soit pour un couple. Loin des yeux. Bref. Surtout qu'en Afrique je vais retrouver ma principale ennemie : la solitude. Et être seul, ça ne me va pas. C'est le retour de Jérémy le dépressif. Pensez, ça fait 8 ans que je suis en couple. Pas avec la même, mais ça n'empêche : je n'ai plus l'habitude d'être seul. Alors me retrouver comme un con au milieu du Burundi, comme je l'étais la dernière année au Kenya, très peu pour moi. Je pense d'ailleurs très souvent à cette expression pourrie que l'on sort souvent aux nouveaux célibataires : « mieux vaut être seul que mal accompagné ». Non non non ! Car être seul, c'est être mal accompagné ! C'est avoir cette chienne de solitude qui vous accompagne partout, jusque dans votre propre lit ! Les draps froids, c'est l'horreur !

Finalement, qu'est que je veux de ma vie ? Pas grand chose, si ce n'est le bonheur. Mon bonheur à moi, c'est un lit chaud. Un repas en tête à tête (avec des enfants dans quelques années). Un livre dans les mains, à hocher la tête pour voir celle que vous aimez réviser sa chimie. Un film sous la couette, à rire ensemble sur les mêmes passages. Le bonheur c'est l'amour. Le bonheur, c'est à deux. Pas besoin d'ambassade, de petits fours et d'un salaire démesuré. Pas besoin d'une grande maison, du dernier Iphone et du grand écran plat Samsung. Pas besoin du Burundi. Aujourd'hui, c'est mon Allemande et moi. Le bonheur est suffisamment difficile à trouver (construire), ça serait idiot de déserter. 

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12 janvier 2014 7 12 /01 /janvier /2014 15:44

Après le bilan de 2013, voici les objectifs de 2014. 12 résolutions à suivre, 12 missions à réaliser. Entre les voyages et le sport, entre l'environnement et les arts.

 

Découvrir 2 nouveaux pays

Faire 2 missions de ma Bucket List

Être capable de faire 100 pompes

Manger de la viande une fois par semaine

Visiter 10 nouveaux lieux allemands

Aller à 3 concerts

Réaliser 10 filmographies de réalisateurs

Connaître les principales étoiles et galaxies

Prendre 5 kilos (59,3 au premier janvier)

Pouvoir lire le journal et regarder un film en allemand

Écrire mes rêves et essayer de les interpréter

 Connaître et savoir reconnaître tous les arbres et cultures de France

 

C'est ambitieux, comme toujours. Mais si je réalise tout ça, je suis sûr que mon année 2014 sera bonne. Avec la santé, Inch'Allah ! 

Et vous quels sont les objectifs 2014 ?

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11 janvier 2014 6 11 /01 /janvier /2014 14:54

Il est enfin arrivé, le tant attendu zapping de mon année 2013 !
année du zapping 2012
Le réveillon du nouvel an était animé, en mode tour d'Europe. Arrivé chez Tof, on tombait dans l'étrange. L'ami Lucas n'est pas étranger à cette situation. Au revoir Olivette, profite de l'Australie malgré ton sac d'une tonne, tu en reviendras changée ! Ma copine d'Eramus Helena venait me rendre une petite visite, me rappelant une époque qui me paraît tellement lointaine. En janvier, on souffrait du froid, c'est la première fois que j'entends parler du mot congère. Ça tombe bien, il y en a une dans mon jardin en mars. Je partais à Fribourg, réfléchissant à l'idée de m'y installer.
En février, il me fallait revenir : j'allais me faire opérer d'une tumeur bénigne. On faisait la fête pour Rose-Marie, puis à la soirée infirmière déguisée, d'où Sophie est repartie de manière précoce. Un petit bal, avant la belle bande de Malo un peu plus tard.
En mars, ce fut un match du Losc, l'anniversaire de Juliette, la crémaillère de Steph, puis la Saint-Patrick à Lille. L'occasion de faire des rencontres. D'ailleurs des Couchsurfers allemandes étaient présentes. Un fou est d'ailleurs venu me voir, il marchait du Kent jusqu'à Istanbul (il l'a d'ailleurs fait!). On a enchaîné quelques soirées lilloises avec des nouvelles venues : Julie et Anaïs.
Alba m'a rejoint dans le Nord. On a visité la région, Bruxelles, puis assisté aux cinquante ans surprise de ma mère. Mon anniversaire fut l'occasion d'une poignée de main historique entre deux individus en pleine guerre froide. Paris à deux, en amoureux.
Redirection Fribourg, début de ma recherche d'appartement. En mai ma dernière tante s'est mariée.

Saga Africa, Tome 2. Mai-juin, c'est le Kilimandjaro en Tanzanie, puis une danse effrénée dans un hôpital pour enfants du Rwanda. Je mange chez l'ambassadeur à Nairobi. J'assiste à ma première conférence qui se révélera très intéressante. Car oui, 2013 est avant tout une année de thèse.

Au mois d'août et en septembre, nous avons couru. Les foulées éperlecquoises, puis le semi-marathon de la braderie de Lille.
En 2013, je me suis un peu engagé politiquement, malgré la distance. Le projet Onfield au cours de l'été à Saint-Omer ne fut pas de tout repos, on en a entendu des belles.
J'ai profité de l'été pour découvrir un peu plus encore ma région, au Louvres-Lens, puis à travers les terrils (chute mémorable) et à la cité des électriciens. Côté sport, un match à Bollaert dans le kop, afin d'équilibrer les totaux régionaux. Une soirée lilloise permit la rencontre de Bozo le clown avec Dormeur, une autre fut l'occasion d'une prise d'otage devenue légendaire.
Je commence mes vacances en Bavière, et je les finis en Crête. De l'eau, de soleil, du repos. Du bon temps.

 

 

J'ai finalement trouvé mon appartement, et j'y emménage à la rentrée. 3 colocs allemands, et un objectif : parler la langue de Goethe. Je reste d'ailleurs essentiellement en Allemagne au cours de l'automne, étudiant beaucoup, rencontrant régulièrement mes tandems. Anaïs vient me voir (la seule pour l'instant).
Je rends visite à ma petite sœur, qui s'est enfin décidée à quitter le cocon familial pour s'envoler dans le sud-est. Cassis, son soleil, ses calanques. Pas un mauvais choix. Pas sûr qu'elle reviendra.
Je publie mes deux premiers rapports, et je participe à une conférence aux Invalides sur l'Afrique des Grands Lacs. Paris où j'ai pu voir des enfants mal-élevés dans une Assemblée Nationale. A Laval, j'ai vu un nouvel appartement et des 25 ans surprise du beau-frère.
Je finis 2013 par une nouvelle soirée lilloise (ou coco régale), une victoire aux colons de Catane (true story) puis par Berlin. Ah, non, j'allais oublier : une entorse aux cervicales consécutive à un contact avec un Russe sur un terrain du FC Tilques déplorable comme jamais !

Alors finalement, quand je regarde 2013, je me dis que c'était une bonne année. J'ai préféré 2012, mais c'était difficile de concurrencer 5 mois de voyage à travers l'Asie. J'ai avancé, j'ai voyagé, j'ai fêté, j'ai rigolé. J'ai vécu. En étant heureux. En étant en couple, passant pour la première fois le cap des deux ans.

Reste le plan national et international, une conférence sur le climat sans grand succès (mais chut!), Depardieu en Russie, les manifs contre le mariage pour tous, des discours sur l'islam, puis les Roms, puis l'islam, puis Léonarda, puis Dieudonné, qui me font parfois penser que la France ne tourne pas très rond. Les transports non plus ne tournaient pas très rond cette année : on avait plus de chance de mourir en prenant le train que l'avion ! 2013 était une année plutôt creuse politiquement (encore qu'Angela a marqué mon automne), ainsi que sportivement. On a bien eu l'hégémonie du Bayern ou le titre du PSG, que j'attendais depuis toujours (1994). Mais ce n'est plus forcément le PSG que je supportais il y a quelques années (mais il gagne). Nelson est parti, laissant la terre sans réel guide. Les Tunisiens et les Égyptiens ont retapé une révolution qu'ils avaient laissé s'échapper, tandis qu'en Syrie rien ne change. Pas de paix au Proche-Orient, malgré un rapprochement avec l'Iran. Et en Afrique, le Kivu s'est un peu calmé, mais le Mali, la Centrafrique ou encore le Sud-Soudan ont plongé dans des conflits loin d'être résolus. 2013 ne marquera pas forcément les esprits des prochaines générations, à moins que le scandale de la NSA permette de revoir notre utilisation d'Internet (mais j'en doute fortement). A voir pour 2014, avec des élections européennes importantes, et une coupe du monde au Brésil qu'on aurait tant aimé voir sur place (mais on apprécie déjà d'être représenté!). 

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10 janvier 2014 5 10 /01 /janvier /2014 15:13

Elles étaient douze. Nous étions début janvier 2013, et je partais plein de bonnes intentions, ambitieux comme jamais après une très bonne année 2012.

Très clairement, ce ne fut pas une grande année pour mes résolutions.


Résolution n°1 : Mettre le pied dans 5 nouveaux pays → échec

Je n'ai découvert « que » deux pays : la Tanzanie et le Rwanda. Une année moins prolifique que 2012 donc, mais ça reste tout de même pas mal. J'ai peut-être un petit regret concernant les vacances de l'été, où j'aurais aimé aller voir un peu le Portugal ou les Balkans. Ce n'est que partie remise.


Résolution n°2 : Écrire la première partie de ma thèse → échec

Résolution n°3 : Faire un stage → échec

J'étais trop présomptueux. Écrire ma première partie de thèse, ce n'était tout simplement pas possible. Quant au stage, j'ai fait d'autres choix, plus orientés personnellement que professionnellement. 


Résolution n°4 : Faire plus de sport qu'en 2012 (et ce sera facile!) → succès

La résolution 4 est réalisée : j'ai fait plus de sport qu'en 2012. Pas mal de football, de la course, de la musculation. J'ai un peu souffert physiquement, entre une opération de la main, une tendinite récurrente au genou et une entorse des cervicales toute récente.


Résolution n°5 : Arriver à 65 kilos ! (je persévère) → échec

On repassera en 2014. (59 kilos à la dernière pesée)


Résolution n°6 : Ne pas boire de coca de l'année → succès

Pour le coca, c'est fait. Hormis une mini-erreur avec Sam en juillet (j'ai fini les trois gouttes restantes dans sa canette, plus par réflexe qu'autre chose (faut pas jeter!) et je m'en suis rendu compte ensuite!). En Allemagne, je me suis mis au jus de pomme, en France c'est la grenadine à l'eau qui sponsorise officiellement mes soirées.


Résolution n°7 : Faire deux missions de ma Bucket List → moitié de succès

Pour les deux missions de ma Bucket List, une seule est vraiment réalisée : l'arbre généalogique. Un gros travail, sur lequel je reviendrai bientôt. Le saut à l'élastique a été reporté en raison des conditions météo. Et mon objectif oscar est quasi-réalisé (mais simplement quasi). Pas déçu cependant, l'arbre nécessitant un gros travail de recherche.


Résolution n°8 : Avoir un bon niveau d'allemand → moitié de succès

Là, c'est quelque chose d'assez subjectif. Les Allemands que je côtoie depuis quelques mois me disent que j'ai bien progressé. Il est vrai que pour les conversations de base, l'expression et la compréhension sont là. Après, dire que j'ai « un bon niveau », ce serait peut-être un peu présomptueux. Mais c'est clairement meilleur. A persévérer.


Résolution n°9 : Finir les vainqueurs des Oscars et des Césars → quasi-succès

Pour les Oscars, j'en étais à 66 sur 84. J'en suis aujourd'hui à 80 sur 85. C'est pas mal, mais pas parfait. Pour les Césars, j'en étais à 13 sur 39, j'en suis aujourd'hui à 40 sur 40. Ça, c'est fait ! Et plutôt bien d'ailleurs ! Il me reste donc cinq films à voir, mais j'ai clairement fait le plus dur. C'était une idée de 2011, et j'ai vraiment apprécié redécouvrir l'histoire du cinéma de cette façon.


Résolution n°10 : Lire 12 livres (autre que des livres d'histoire) → échec

7 sur 12. Dostoïevski et Boris Vian ont pourtant rythmé mon été, mais ça n'a pas suffi. Je me suis rendu compte que c'était difficile de lire pour le plaisir en soirée quand je dois lire pour ma thèse toute la journée. J'ai envie d'autre chose. Mes lectures se sont d'ailleurs quasi-exclusivement concentrées sur mes deux périodes de vacances. Ça veut tout dire.


Résolution n°11 : Découvrir 5 nouvelles séries → succès

Modern Family, Luther, The Big Bang Theory, IT Crowd, Game of Thrones, It is always sunny in Philadelphia, Dexter, Freaks and geeks, Breaking Bad, Sherlock.

10 ! C'est un double. Cette année fut clairement une année de séries. J'ai découvert des grands classiques du moment (Game of Thrones, Dexter, Big Bang, Breaking Bad) et exploré quelques séries un peu moins connues. J'ai lâché Philadelphia, Freaks and geeks et Breaking Bad assez vite, mais j'ai persévéré pour les autres, jusqu'à être à jour.


Résolution n°12 : Aller à un festival de musique → succès

Succès. Ce fut à Nairobi que j'ai réalisé cette résolution. C'était sympa, tout comme les concerts funk et jazz de Fribourg.


Le bilan, c'est une moitié des résolutions tenue. C'était l'avantage de m'en donner douze au début de l'année, j'étais sûr d'en tenir quelques-unes. Pour l'année prochaine, ça sera encore le cas. A venir.

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5 décembre 2013 4 05 /12 /décembre /2013 18:47

1 – Je suis la cotation du café arabica à la bourse de New York alors que je n'aime pas le café.

2 – Lorsque l'union monétaire a été signée par la Communauté d'Afrique de l'Est, je me suis dit que c'était l'information de l'année, peut-être même de ta thèse.

3 – J'ai tremblé quand on a évoqué la séparation de l'organisation régionale → ça m'aurait obligé à revoir mon sujet !
4 – Le matin, je me réveille, et je file directement sur le New Times rwandais. Normal.

5 – Je ne suis même plus choqué lorsque je vois que mon dossier thèse contient 126 000 fichiers.
6 – L'East African est devenu ma bible.
7 – Je suis étonné lorsque quelqu'un ne sait pas que Mambo/Jambo veut dire bonjour en swahili.
8 – Ma première publication fut un moment important. La seconde, déjà, moins.
9 – Le dimanche soir, sans raison apparente, je me mets à lire des documents sur mon sujet. Et le lundi matin je regarde un film. Je suis le grand maître de mon emploi du temps.

10 – D'ailleurs, quand on me dit que 3 ans pour une thèse, c'est long, j'affirme le contraire. C'est que ça passe très vite lorsque l'on débute 10 nouvelles séries TV !
11 – Je peux placer Bujumbura et Mombasa sans difficulté sur une carte. Et je confirme que le Kilimandjaro est en Tanzanie, pas au Kenya !
12 – Le corridor Nord me semble la meilleure idée pour importer un bien depuis Kigali.

 

13 – Quand je lis que les barrières non-tarifaires seront enlevées cette année, je souris. J'ai déjà lu la même information huit fois, les huit années précédentes.
14 – Je connais parfois mieux le nom des ministres rwandais que le nom des ministres français.
15 – Lorsque j'ai terminé mes recherches sur un point précis, je serre les poings comme lors de mes plus belles victoires avec le FC Tilques.

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30 novembre 2013 6 30 /11 /novembre /2013 10:14

Les soirées d'intégration étudiante. Ou soirées beuveries. Je vous annonce tout de suite la couleur, cet article ne sera pas une ode aux soirées festives où l'on boit avec modération. C'est que j'ai une petite histoire qui m'est arrivée il y a quelques semaines, et je pense qu'elle vaut le coup d'être entendue (ou lue).

Je considère que ne pas boire d'alcool est un choix fait contre la société. Que c'est un choix plus difficile qui n'y paraît, que c'est un choix qu'il a fallu imposer. Qu'il m'aurait été plus facile de me laisser entraîner. Voyez-vous, je refuse de boire depuis de nombreuses années, depuis ce choix que j'ai fait lors d'une soirée du collège. Depuis je m'y suis tenu, malgré les demandes incessantes. Combien de personnes m'ont proposé un verre depuis ce temps là ? 100 ? 1 000 ? 5 000 ? On doit être dans cette fourchette. C'est que je suis sorti pas mal pendant ma jeunesse (qui continue). Et que très souvent, quelqu'un m'a proposé un verre. Ma réponse était toujours la même, non.

Dire non à un verre d'alcool, c'est subir des moqueries. « Tu ne sais pas t'amuser ». Commandez une grenadine à l'eau au café, vous verrez parfois la réaction du serveur. Un petit rire. Surtout quand je suis le seul. A Lille, dans un pub irlandais, on m'a déjà tenu le crachoir cinq minutes un soir de Saint-Patrick pour me faire changer d'avis. Pour me dire que c'est soirée Guiness, qu'il faut que j'en prenne une, qu'il y a beaucoup de monde dans le café, que certains n'ont pas pu entrer. Alors c'est mieux que je consomme une Guiness. Non. Vraiment. Non.


L'une de mes tandems est étudiante en sport. Elle m'évoquait les soirées d'intégration étudiante. Tous dans une hutte, au milieu d'une montagne. Chaque petit groupe reçoit un seau de bouteilles. Je suis un peu choqué. Selon moi, ça pousse à la consommation.


Le débat a commencé à apparaître avec Alba. Je lui expliquais que pour moi la société nous pousse à boire. Que malgré la petite mention du « boire avec modération », la publicité est omniprésente. Que l'alcool va toujours avec l'image de fête. Le débat s'est prolongé sur les soirées étudiantes, et notamment les soirées intégration. Un bierathlon. C'était l'épreuve à laquelle était invitée Alba. L'idée était simple : une course dans la ville de Fribourg, avec un nombre de bières à boire. Le premier groupe arrivé avec les bières vides a gagner. Elle considérait que cela ne pousse pas les gens à boire. J'étais en désaccord.

Ses arguments tenaient la route. Celui qui n'a pas envie de boire ne boit pas. On n'oblige personne. C'est exact. Mais ces soirées étudiantes sont faites pour rapprocher les étudiants. Alors celui qui souhaite s'intégrer doit venir. Cela pousse les personnes à venir, et donc à boire. Non, Alba me réplique que quelqu'un peut bien venir et ne pas boire. C'est vrai. Mais je lui explique qu'il y aura toujours quelqu'un, le plus souvent un garçon d'ailleurs, qui va venir vers cette personne qui ne boit pas pour lui demander pourquoi ? Et pour le pousser un peu. Imaginez faire ce bierathlon avec une boisson sans alcool. Alba m'arrête, me dit que ça ne serait pas pareil. Exact. Donc pour participer, il faut boire de l'alcool. Si tu ne bois pas, tu ne participes pas. Et tu ne t'intègres pas.

Je lui ai pris l'exemple d'un jeu auquel j'ai participé il n'y a pas longtemps. Le gros poulet. Si vous êtes du nord de la France, vous devez connaître. C'est un jeu de dés, à boire. Ce n'est pas forcément mon jeu préféré, mais c'est celui qui a été lancé lors de l'une de mes dernières soirées lilloises. Le jeu est simple: faire boire les autres. De mon côté, je ne bois pas. Bon, étant le seul, je joue tout de même au jeu. Mes amis sont sympas, ils ne me laissent pas tout seul dans la cuisine. Mais ça reste problématique pour certains. Ce n'est pas du jeu pour d'autres. J'entends toujours des petites réflexions « c'est pas drôle avec toi ». Cet exemple, c'est pourtant avec des gens que je connais très bien, avec qui je fais des soirées régulièrement.

Le cap's. Combien de fois des personnes se sont assises en soirée pour jouer au cap's ? Des dizaines de fois sans hésiter. Et moi, forcément, je n'étais pas toujours convié. J'étais en dehors du groupe à ce moment là. Pas de bière pour moi, donc pas de jeu, donc pas de fun. Donc en dehors du groupe, pas intégré.


Je ne sais pas si vous comprenez bien le point important de cet article : pour s'intégrer dans un groupe, surtout quand on est jeune, il est conseillé de boire. J'ai réussi à ne pas le faire, grâce à un mental en acier, forgé au fil des années. Mais combien ont craqué ? Et combien craquent chaque jour ? Combien se disent un jour « non, aujourd’hui, je ne bois pas ». Pour, quelques heures plus tard, se retrouver à moitié saoul, après avoir répondu par les actes aux propos des potes qui leur disaient « allez, un petit verre, allez, ne fais pas ta fillette ! ».

Le problème de la soirée d'intégration, c'est qu'elle ne pousse pas à boire un verre pour le plaisir. C'est qu'elle pousse à boire plus que de raison. Donner un seau d'alcool à un groupe d'étudiants c'est dangereux. Surtout quand on explique que le dernier groupe qui aura fini son seau devra nettoyer les toilettes de la hutte où sont réunis les étudiants de sport.

Je vois peut-être le mal partout. Ou pas.

Lors du week-end d'intégration, le meilleur ami de ma tandem est mort.

Il avait 24 ans. La vie devant lui. Une belle soirée d'intégration s'annonçait. Il a bu, plus que de raison. Le seau. Il ne serait pas le dernier. Il ne laverait pas les toilettes. Il était saoul. Tout d'un coup, il lui a pris l'idée de courir dehors. Drôle d'idée. On a souvent des drôles d'idées quand on est saoul. Et il est parti courir dehors. Le problème, c'est que c'était la nuit. Le problème c'est qu'il y avait du brouillard. Le problème, c'est qu'il faisait froid.
Il a couru. Et il n'a pas été capable de retrouve la hutte où étaient réunis les autres étudiants. Il est mort de froid dans un champ, à un kilomètre de là.

Imaginez un peu les autres étudiants aujourd'hui. Comment ne pas se sentir coupable ? Certes, personne ne l'a obligé à boire. Mais ça n'empêchera pas le sentiment de culpabilité pour tous. Car on parle ici d'un jeune de 24 ans. Imaginez recevoir l'appel qu'on reçu ses parents ce jour là. Imaginez leur vie maintenant.

L'année prochaine, il n'y aura pas de soirée d'intégration à l'université.
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1 novembre 2013 5 01 /11 /novembre /2013 07:06

On se retrouve tous, un jour ou un autre, confronté à ce mot terrible et angoissant. La mort. Prononcez le et vous verrez les visages s'assombrir autour de vous. « C'est qui qui est mort ? »
Personne. Enfin, beaucoup. Trop. Ou pas assez. Ça dépend pour qui.

J'ai toujours vu la mort comme une délivrance. Ça, c'est pour les personnes ayant fait leur temps. Ou ayant rencontré la maladie trop vite, une maladie trop forte. Une maladie contre laquelle on lutte, mais à laquelle on ne peut résister. Une maladie qui l'emporte, et qui à force de souffrance fait regretter au souffrant d'être encore ici bas. Mourir est la meilleure chose qui puisse arriver à certains. Triste à dire, à écrire, mais tellement logique parfois. Et l'une des pires maladies reste la vieillesse. Mon arrière grand-mère est morte à 96 ans. Elle avait clairement fait son temps. Et elle le savait. Elle n'avait pas envie de prolonger. Je la revois encore, chercher quelques pièces dans son porte-monnaie. C'était quelques jours après la nouvelle année. Nous venions présenter nos vœux en famille. Et comme chaque année, elle voulait nous donner une piécette à nous, ses petits-petits enfants qu'elle connaissait finalement si peu. Trop d'écart dans le temps. Trop de kilomètres. Se voir une fois par an complique le rapprochement inter-générationnel. Dans son porte-monnaie elle avait trouvé quelque chose. Je ne me souviens plus combien. Mais c'était trop. Trop pour ma mère qui l'arrêta. Elle lui convertit alors la somme en anciens francs. Nous venions de passer à l'euro. Mon arrière grand-mère s'est tout d'un coup mise à pleurer. Les larmes d'une grand-mère sont encore plus difficiles à supporter que les larmes d'un enfant. Ce sont les larmes de l'expérience. Elle ne pleure pas pour pleurer, elle pleure car elle n'y arrive plus. Trop de conversions, trop de changement. Mon arrière grand-mère est née dans une autre France, en 1907. Elle a connu les périodes les plus sombres. Elle a connu des temps plus glorieux. Et voici qu'arrive l'euro dans la botte du XXIème siècle. Ce n'est pas son siècle. Ce n'est plus de son temps. Ce n'est plus pour elle.

Mes trois grands-pères sont morts. Deux officiellement. Le troisième est mort mentalement. Il est maintenant dans le monde d'Alzheimer. Je l'ai déjà écrit, c'est une maladie terrible pour les proches, plus que pour le malade. Cela fait bien longtemps que je ne suis pas allé le voir. Je me souviens cependant très bien des deux dernières fois. L'avant-dernière fois, c'était quelques jours avant mon départ pour le tour du monde. Très franchement, j'y allais en me disant que c'était sans doute la dernière fois que je le voyais. Alors sur la route du retour de chez ma grand-mère, j'ai fait un arrêt à la maison de retraite. Je le revois assis sur une chaise, dans la salle commune. Il s'est retourné vers moi, et m'a reconnu. Ça se lisait à son visage : un grand sourire aux lèvres. Le fait qu'il m'ait reconnu était déjà, à l'époque, un petit miracle en soi. Mais ce qui suit va rester gravé. Il se leva, et prit la parole, en direction des autres pensionnaires : « c'est mon petit-fils, et il part faire le tour du monde ».
Alors là, ce fut un miracle. Et un bonheur. Mon grand-père ne se souvenait pas des prénoms, des visages, n'avait aucune idée de l'endroit où il était, était souvent persuadé de voir des personnes mortes depuis 30 ans, ou revivait un moment vieux de 15 ans. Et là, un immense éclair de lucidité a traversé la pièce, le temps, l'espace. On lui avait dit que je partais bientôt faire un tour du monde, on lui avait accroché un article de la Voix du Nord sur le sujet, et ça l'a apparemment marqué. Si vous saviez comme j'étais fier ce jour là. J'avais réussi à graver quelque chose dans le cerveau malade d'Alzheimer de mon grand-père.

Lors de mon retour de voyage, j'y suis reparti. Mon grand-père est toujours vivant, même si la maladie a continué à empirer. Cette fois, le miracle n'a pas eu lieu. Je ne pense pas qu'il m'ait reconnu. Quant au tour du monde, je présume que ça a déjà dû disparaître depuis de nombreux mois de son cerveau. Le revoir ainsi m'a fait mal. Depuis je n'y suis plus reparti.

Je me pose souvent la question d'aller le revoir. Pourquoi. Pour qui. Pour mon grand-père ? Les chances qu'il me reconnaisse sont très limitées, ayant déjà de nombreuses difficultés avec mamy. Et il a sans aucun doute déjà oublié notre venue quelques secondes après notre départ. Pour ma grand-mère alors. Pour montrer qu'on est là avec elle, dans cette galère de vie ou de survie.
Mon grand-père a fait un AVC il y a plusieurs années. Depuis ce temps là, il n'est plus le même. Parfois, je me demande si les choses n'auraient pas été meilleures pour tout le monde s'il était mort ce jour là. Car depuis, personne ne peut tourner la page. Ma grand-mère continue ses visites sur place, malgré l'absence totale de dialogue ou d'échange. Et lorsque je vais chez elle, c'est souvent le sujet de discussion. Il ne faut pas longtemps avant que les larmes coulent. La dernière fois, c'était à cause du sourire de mon grand-père lorsque celui-ci avait entendu le surnom de mes sœurs.

 

J'ai l'impression que mon grand-père va mourir quelques années trop tard.
Et il y en a d'autres, qui sont morts quelques années trop tôt.

On échangerait bien les années en trop du précédent pour quelques années de plus pour d'autres. François Marquis était quelqu'un que je connaissais peu. Un garçon de Tilques, et comme on se connaît tous plus ou moins à Tilques, il était dans mes amis Facebook. J'avais fait une ou deux années d'école primaire avec lui.
Je me souviens bien, j'étais en Finlande, à Tampere, quand j'ai reçu la nouvelle. Ça m'a marqué, ça m'a fait la soirée. La mort l'a happé avant ses 25 ans. Une putain de sale mort, bien violente. Une putain de nouvelle. Chaque mère peut tenter d'imaginer ce que la sienne a pu ressentir lorsqu'elle a appris la nouvelle. Chaque mère peut tenter d'imaginer ce qu'elle peut ressentir chaque jour depuis, en pensant à lui. La mort d'un fils c'est une plaie ouverte et profonde, au niveau du cœur, qui ne se refermera jamais. Toute la vie, ce sera le poids de son absence. J'en ai mal au cœur rien qu'en écrivant ces quelques lignes.
Je le connaissais peu. Mais depuis je pense souvent à lui, plus que quand il était vivant pour être tout à fait honnête. Lorsque je suis parti autour du monde j'ai pensé à lui, lorsque je fais quelque chose de ma Bucket List, je pense à lui. A chaque fois que je dois me rappeler que la vie est courte je pense à lui. Il est un peu vivant avec moi.

Et puis il y a ma voisine. C'était un peu ma quatrième grand-mère, il y a plusieurs années de cela. Je franchissais le trou sous la haie, et j'allais la voir. Je la revois encore regarder Pascal Sevran à la télé, puis écouter RDL. Sensation étrange de replonger dans mon passé. Depuis cette période, de l'eau a coulé, et je l'ai vraiment perdue de vue pour des histoires de voisinage (qui, comme les histoires de famille, sont présentes un peu partout sur cette planète). Je l'ai revue il y a quelques mois de cela. Elle était à sa fenêtre, et l'a ouverte en me voyant. Je vais dire bonjour et nous entamons la discussion. Je lui explique mon parcours. Je lui demande des nouvelles de ses enfants et de ses petits-enfants. Et tout d'un coup elle me parle de la vie. Et de la vieillesse. « Tu sais, c'est dur de vieillir ». Surtout seule. Elle a perdu son mari il y a plus de dix ans. Et elle m'évoque sa fin. Elle est fatiguée d'être ici. Elle me raconte qu'elle a encore un peu de mort aux rats dans sa serre. Alors un jour, elle me dit qu'elle franchira le pas.
Difficile de répondre à une telle sortie. J'essaie bien de lui faire voir le bon côté des choses, sa santé encore bonne, voir ses petits-enfants se marier dans quelques années. Mais même en le disant, je n'y crois pas tellement. Moi aussi je me dis que ça doit être long ici, seule le soir dans une grande maison froide. Car rien n'est pire que la solitude.

Alors quand je lis des articles glorifiant la poussée de l'espérance de vie, je reste circonspect. Combien de personnes ont vraiment envie de vivre jusque 100 ans ? En bonne santé, avec vos proches autour de vous, bien sûr. Mais dans d'autres circonstances, est-ce que ça vaut vraiment le coup. Et après 90 ans de vie, n'a-t-on pas déjà fait le tour des choses que l'on voulait faire sur cette planète ? Que peut-on bien faire de nouveau entre 90 et 100 ans ? Répondez-moi ! Oui, manger avec sa famille, voir ses petits-petits enfants apparaître. L'occasion de voir que la boucle est bouclée. Qu'après les enfants que l'on a éduqués et les petits enfants que l'on a chéris, la vie continue avec une nouvelle génération. Et ensuite ?


Parfois aussi, j'imagine la mort de mes proches. C'est une situation que j'envisage de plus en plus, sans savoir vraiment pourquoi. Et j'essaie d'imaginer ma possible réaction. Je vais au plus profond de moi-même, je plonge tellement loin que parfois les larmes m'en tombent des paupières. Souvent, je crois que ces morts me plongeront dans un grand état de déprime. Une déprime réelle, profonde. Une dépression. Je me dis souvent que j'aurai du mal à m'en relever. Et dans d'autres occasions, je vois la mort comme un appel à la liberté. Je m'imagine tout claquer et partir loin, vers d'autres horizons. Je m'imagine en voyage, je m'imagine dans un monastère. Je m'imagine changer de vie.

Et puis j'imagine ma mort, aussi. Enfin, surtout l'enterrement, auquel j'espère pouvoir assister (lol). J'imagine qui sera là, ce qu'on jouera, ce qui se dira. Comment réagiront les proches, ceux qui restent sur terre, ceux qui ont le droit de souffrir alors que moi j'aurai déjà la chance d'être parti. Car le plus dur est pour celui qui vit avec le poids de l'absence. Le défunt, lui, est libre.

La mort est un sujet que j'ai évoqué récemment avec une amie ayant eu un mois d'octobre noir. Elle me disait que les disparitions successives autour d'elle lui avaient fait parler du sujet, et qu'elle avait demandé que lors de son enterrement on ne passe que des musiques joyeuses. Et que surtout il ne fallait pas être triste. Belle demande. Malheureusement, je crains que ça ne soit pas le cas. On pleure toujours les morts, on pleure leur départ, on pleure les bons souvenirs, on pleure les moments que l'on ne vivra pas, les moments que l'on ne vivra plus. Et on pleure aussi sa propre mort. Car chaque décès n'est qu'un rappel du temps qui passe. La mort de mon arrière grand-mère appelait les morts prochaines de mes grands-parents. Et quand mes grands-parents seront tous partis, ce sera au tour de mes parents. Et ensuite, ce sera moi. Ce sera nous. On a beau chercher, on n'y échappera pas. Et c'est sans doute mieux comme ça.

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