27 avril 2017 4 27 /04 /avril /2017 03:41

Parfois, ce pays me paraît vide. C’est fou, ils sont plus d’un milliard. Soit c’est un cache-cache géant, soit les densités varient énormément (j’opte pour la deuxième hypothèse). Je me dirige vers le Nord, en bus, avec des Indiens tendus (un passager et le contrôleur s’embrouillent, car, même si je ne comprends pas la langue, il y a une intonation universelle à la prise de tête !). Pour la première fois, ça ne parle pas du tout anglais dans mon bus. Le ticket est d’ailleurs écrit dans une langue inconnue, et même les chiffres ne sont pas arabes. Je dois donc faire confiance au chauffeur, qui me fait non de la tête, me confirmant ainsi que je suis dans le bon bus. Sacré pays !

 

Goa, ça va 5 minutes. Ou 3 jours. Mais ce n’est pas vraiment l’Inde, en tout cas pas celle que je suis venu chercher. Et, encore une fois, c’est Couchsurfing qui me vient en aide. “Entre Goa et Mumbai, je te conseille Ratnagiri et Raigad”, tel fut le message d’une fille qui ne m’a pas hébergé. Et je l’ai écouté, mot pour mot, sans savoir ce qui se cache là-bas.

A Ratnagiri, je recherche un hôtel, et le chauffeur de tuk tuk ne parle pas anglais. Une première. Du coup, il fait appel à un homme, puis à une femme, et à un autre homme. Ca galère, j’explique que je cherche un hôtel pas cher. Il m’amène finalement dans un lieu luxueux, décidément on a du mal à se comprendre. Après une longue conversation, j’arrive à obtenir une chambre dans mes prix, avec un ordinateur à ma disposition (c’est comme ça que je peux donner de mes nouvelles !). En plus d’une connexion, Ratnagiri fait plaisir pour ses falaises. Un fort est perché sur les hauteurs. L’endroit vaut le détour, malgré les détritus.

Ratnagiri, Raigad : l’Inde au plus profond
Ratnagiri, Raigad : l’Inde au plus profond
Ratnagiri, Raigad : l’Inde au plus profond
Ratnagiri, Raigad : l’Inde au plus profond
Ratnagiri, Raigad : l’Inde au plus profond
Ratnagiri, Raigad : l’Inde au plus profond

A Raigad, il y a une rivière qui coupe la “ville”. Les enfants s’y jettent, les femmes y lavent leur linge, les hommes se lavent tout court, les boeufs se promènent.

Ratnagiri, Raigad : l’Inde au plus profond
Ratnagiri, Raigad : l’Inde au plus profond

En soi, ces deux villes ne sont pas vraiment touristiques. Je n’ai d’ailleurs pas rencontré un seul blanc. Mais elles représentent mieux que les autres l’Inde. Celle où les cérémonies religieuses défilent en ville. Celle où l’anglais se fait rare. Celle qui détourne le regard en me croisant. Les gens essaient de m’aider, m’indiquent quelques lieux à découvrir, restaurants où manger. Ils viennent me serrer la main, cherchent à savoir ce que je fais là, sans arrière pensées commerciales (et ça change de Goa !). Mais, surtout, la vie suit son cours. Des vieilles femmes sont assises à même le sol au milieu d’un marché, essayant de récupérer quelques roupies d’une cueillette de fruits ou de légumes. Une odeur de poissons se dégage du lieu. Un homme sort d’un étal, crache sur le chemin, et repart aussitôt. Les vendeurs de jus de citron appâtent le client avec un petit claquement de langue sur leur palais, ayant peine à surpasser le bruit du klaxon d’une moto roulant en sens inverse. Un homme transporte je ne sais quelle marchandise sur sa tête, des enfants crient ça et là, jouant au cricket ou effectuant un saut dans l’eau. Beaucoup de sourires rencontrent des visages fermés, des marchands de babioles attendent sans grand espoir le client du jour, les restaurateurs font frire les samosas, envoyant dans l’air un nuage de fumée. Du thé, dans chaque verre. Les litres d’eau. L’odeur des déchets. Un troupeau de chèvres. Un sacré bordel. L’Inde.

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25 avril 2017 2 25 /04 /avril /2017 03:43

5 bus. Pour aller de Hampi à Keri, ville au nord de la région de Goa, je vais mettre plus de 13 heures, et arriver lessivé. Ce qui n'est pas le cas de mes fringues, 7 semaines sans machine, et même si le lavage à la main dépanne bien, ce n'est pas pareil : j'ai de plus en plus l'impression d'être poisseux !

A Goa, je retrouve le paysage verdoyant et un peu escarpé que j'avais laissé dans le Kerala et la Tamil Nadu : palmiers partout, rivières, et, avec plaisir, la plage. C'est un peu pour ça que je viens, puisque Goa est LA station balnéaire du pays. Je retrouve aussi, peut-être avec moins de plaisir, le tourisme de masse (quoique ce ne soit pas la grosse saison). Je vais passer mes deux jours sur la plage de Mandrem, à siroter des banana shakes et à nager tout mon saoul.

Goa, petite Moscou
Goa, petite Moscou
Goa, petite Moscou
Goa, petite Moscou

A mes côtés, des Russes, des Russes, et des Russes. Vraiment impressionnant. Les magasins, les restaurants et les hôtels se sont adaptés, et beaucoup d'indications sont traduites en russes. Direction mon hôtel.

Un homosexuel russe au regard de chat. Un Néerlandais en dreadlocks, sosie de Fred, un copain de primaire, une guitare à la main. Un Indien étrange, comme possédé, rempli de TOCs. Deux Turcs en tour du monde à vélo, qui ont passé 3 mois en Iran. Lui a la barbe très fournie. Un Allemand, car il y a toujours un Allemand. Le Russe sert, ressert, et re-ressert du thé, son thé. No Name's Hotel. 

Certains considéreraient cet endroit comme un repaire de hippies. Ils n'auraient pas tort. Les joints tournent de main en main. J'esquive. Le lieu a été fondé par une Française et un Indien. Le concept : l'hôtel est... gratuit ! Nous sommes à Keri, le village le plus au nord de la région de Goa. A quelques centaines de mètres, un pont nous emmène au Maharashtra. Ce lieu est paisible : pas de restaurant aux environs, peu d'activité. C'est un village épargné de cette côte gangrenée par le tourisme de masse. Mais le No name's Hotel n'est-il pas le cheval de Troie pour ce village ? La question se pose. L'hôtel fonctionne grâce aux donations et aux coups de main. Un café et un petit resto sont sur les rails. La nourriture se fait rare dans les environs, ce ne sera pas un luxe. Je dors dans un dortoir, la salle de bain est sommaire. Je passe une longue feuille. La Russe guette ma tasse vide. Sur la terrasse, peinte de 1 000 dessins, ça lit, ça discute, ça rit, ça joue. Drôle d'endroit, tellement différent de ma routine française. Goa.

Goa, petite Moscou
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24 avril 2017 1 24 /04 /avril /2017 04:30

J'évite de trop écrire par superlatifs, même si ce pays le permettrait régulièrement. Néanmoins, j'ignore comment écrire cet article sans utiliser les mots "extraordinaire", "magique" ou "incroyable". Je les écris donc tout de suite, dans cette petite introduction.

Hampi est le lieu historique, culturel et architectural du coeur de l'Inde. C'est le Bagan, Angkor ou les Pyramides, c'est la cité Maya et le Machu Pichu national. Devant le Taj Mahal. Certes, vous connaissez tous celui-ci, et Hampi ne vous dit sûrement rien (c'était mon cas jusqu'à mon arrivée ici). Pourtant... Hampi, ce n'est pas un seul temple, une statue ou un palais. Non, c'est tout ça à la fois. De 1350 à 1550, ce fut la capitale de l'empire Vijayanagara. Des dizaines de temples et de palais ont poussé la, et l'ensemble est aujourd'hui un mélange de ruines mais aussi, et c'est pour ça que c'est génial, encore en fonction et utilisé par la population (Hampi est un village, moins de 3 000 habitants !)

J'ai tout de suite compris que ce serait incroyable, à peine arrivé, lorsque je rencontre une cérémonie religieuse, avec musique et éléphant. Coucou toi.

Hampi. C'est tout.

La suite, ce fut 6h30 de marche pour découvrir les merveilles. Magique.

Hampi. C'est tout.
Hampi. C'est tout.
Hampi. C'est tout.
Hampi. C'est tout.
Hampi. C'est tout.
Hampi. C'est tout.
Hampi. C'est tout.

Je souffre vraiment de la chaleur pour la première fois depuis mon arrivée. Le mercure doit approcher les 40 degrés, je réussis à prendre des coups de soleil sur les bras (en n'étant pas blanc blanc) et je descends 6 litres de boisson (je dois tenir un record personnel).

Après un repas dans un restaurant de rue, je pars à l'ascension du coucher de soleil, pas vraiment là au contraire des nuages. Depuis mon balcon, j'observe l'édifice principal, un phare dans l'obscurité, les vaches traînassant ça et là, sans se rendre compte qu'elles habitent au milieu d'un lieu extraordinaire. Hampi.

Hampi. C'est tout.
Hampi. C'est tout.
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19 avril 2017 3 19 /04 /avril /2017 02:56

Les réfugiés tibétains, c'est un peu comme les bébés chiens, tout le monde les aime bien, les trouve mignons, et serait prêt à en adopter un.... sauf les Chinois ! Bon, ils ne vont pas jusqu'à manger les petits Tibétains, mais comme ils ont déjà envahi leur pays...

Nous sommes en 1950, et 40 000 soldats chinois marchent sur Lhassa pour "libérer" le Tibet. De qui ? De quoi ? Ca reste une bonne question. Toujours est-il que la Chine remporte une victoire assez facile et le gouvernement tibétain doit signer un accord en 1951 reconnaissant la souveraineté chinoise sur la région. Cet accord a été dénoncé depuis (car signé sous la contrainte) par le gouvernement tibétain en exil, qui est réfugié en Inde depuis 1959.

Des milliers de réfugiés tibétains arrivent en Inde. Que faire pour eux ? Le gouvernement indien aurait pu leur proposer de construire un grand camp, voire une jungle...(suivez mon regard). Non, New Delhi va faire mieux que ça : elle lance un programme d'installation ! A Bylakuppe, ce sont ainsi près de 50 000 réfugiés tibétains qui s'installent. Aujourd'hui ils représentent près de 75% de la population locale. Je pars donc en territoire tibétain.

 

Sur la route de Mysore, je trouvais déjà que la région du Karnataka était plus pauvre que le Kerala ou le Tamil Nadu. Mon impression se confirme, puisque ce sont maintenant des petits tracteurs ou des boeufs qui tractent les remorques ou travaillent dans les champs. Et c'est aussi la première fois qu'un mendiant insiste de façon gênante pour avoir de l'argent (il s'agrippe à mon bras, et me fait une sorte de câlin en réclamant de l'argent).

Arrivé à Bylakuppe, je me retrouve sans hôtel. Dans le premier on m'explique que c'est les élections ce week-end, et que tout est plein. On me conseille quand même d'aller voir au pied d'un monastère tibétain, on ne sait jamais. Arrivé là-bas, il y a de la place, ouf. Mais il faut un permis spécial du ministère des affaires étrangères indien pour y dormir. Merde. En résumé, les Tibétains sont les bienvenus en Inde, mais on surveille un peu quand même qui ils reçoivent. Bon, que faire ? Je laisse mon sac au pied du monastere, et je m'en vais voir le lieu. Difficle de le visiter, les moines ne sont pas du tout loquaces, et je cherche en vain des infos. Je demande à l'auberge des conseils, notamment pour en savoir plus sur l'histoire locale des Tibétains... on me répond que ce n'est pas possible. Bon, d'accord. Décidément, pas grand chose de possible ici !

Chez les réfugiés tibétains
Chez les réfugiés tibétains

Je repars, mon sac sur les épaules... quand le moine de l'auberge vient me chercher et m'explique que je peux finalement rester une nuit ! Ca m'arrange ! Et c'est ainsi que je dors dans la zone de peuplement tibétain de Bylakuppe, au pied d'un monastère.

Je visite notamment le Golden Temple, la grosse attraction locale. Les moines sont présents en très grand nombre, tout comme les Indiens, comme toujours très bruyants. Cela ne m'empêche pas d'apprécier les hommes en rouge et orange qui chantent devant la porte du temple, derrière le rideau (le rideau, le rideau, le rideau !!).

Chez les réfugiés tibétains
Chez les réfugiés tibétains
Chez les réfugiés tibétains
Chez les réfugiés tibétains

Bylakuppe est intéressante pour son coté combattif, que l'on ne voit pas toujours chez les Tibétains. Ainsi, il y a plusieurs mémoriaux, pour les martyrs. Il y a des peintures murales "Save Tibet", "Free Tibet".

Chez les réfugiés tibétains
Chez les réfugiés tibétains
Chez les réfugiés tibétains

Je me sens de moins en moins en Inde en me baladant en ville : les écoles sont tibétaines, les restaurants (avec de la viande !), les magasins et même la maison de retraite ! Surtout, ce sont les faciès qui sont très différents. Il y a même leur propre show !

Chez les réfugiés tibétains
Chez les réfugiés tibétains

Se sont-ils adaptés à l'Inde, se sont-ils intégrés ? (car c'est toujours une grande question que l'on pose lorsque l'on évoque les réfugiés !). Pas sûr. Difficile de l'affirmer, car j'ai beaucoup de mal à engager des conversations (faudrait rester une semaine pour gagner la confiance des locaux). Mais je remarque peu de mélange entre Indiens et Tibétains, pas de faciès mixte. Même au niveau du sport, puisqu'il y a un terrain de foot, mais pas de terrain de cricket ! (et ça c'est un signe !)

Je suis le seul touriste sur place quand... je rencontre un bus de lycéennes anglaises en voyage scolaire ! Comment sont-elles arrivées là, c'est un mystère !

Tout ça donne envie d'aller voir Lhassa. Mais si ça ne passe pas au niveau du visa, j'aurai quand même vu un second bout de Tibet (après le Sichuan !).

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18 avril 2017 2 18 /04 /avril /2017 04:28

Il y a des mots qui entraînent un scintillement du regard, le sourire béat. Maharadjah est l'un de ces mots pour moi. Je repense à Tintin et au Maharadjah de Rawhajoutalah dans les Cigares du pharaon. Et je me revois, enfant, fasciné par les épisodes du grand reporter.

Pour rencontrer le Maharadjah de Mysore, je prends un bus d'Ooty à Mysore. Celui-ci traverse notamment un parc naturel où les tigres seraient présents. Mais hormis les biches et les phacochères (il était jeune et phacoooocheeeere. Bel organe. Merci.), pas grand chose. J'ai l'impression que les régions que je traverse sont de moins en moins riches : les maisons rapetissent, tout comme les magasins, les territoires sont de plus en plus ruraux, les charrettes sont tirées par des boeufs. Même la végétation est moins riche, plus sèche, moins luxuriante. Arrivé à Mysore, je fonce me coucher, car il est déjà 20h ! (réveillé à 3h50 pour mon train mythique, d'où mon horaire russe !).

De ce fait, c'est frais comme un gardon que je me prépare à attaquer le palais de la ville, the place to be. 8h30, ça ouvre à 10h. Bon. Ca me laisse le temps de faire un tour.

Pour la première fois, je vois un "beau" centre-ville. C'est très subjectif, et cela correspond pour moi à des bâtiments ayant une architecture à peu près existante, ce qui n'est pas toujours le fort des villes du Sud. Ici, influence du palais ou pas, il y a des colonnades, des frontons, bref, une certaine classe, que ce soit pour l'école, la poste, l'hôpital ou les autres bâtiments publics.

Le maharadjah de Mysore
Le maharadjah de Mysore
Le maharadjah de Mysore

9h45. C'est l'occasion de vous présenter deux particularités parfois gênantes des Indiens. La première, c'est la queue pour les tickets. Ou plutôt l'absence de queue. Car lorsque le guichet ouvre, c'est la cohue. Ca pousse franchement (et c'est pareil pour monter dans un train ou un bus). Parfois ça en est ridicule, comme ici, ou les deux premières femmes de la "queue" se battent à moitié pour être la première servie. Oh, vous allez avoir un ticket, pas d'inquiétude ! J'entre dans le palais, je prends l'audioguide qui me sera très pratique et qui est compris dans le prix du ticket et je vois, autour de moi, les Indiens cavaler. Pas de cow-boys à l'horizon pourtant. Non, ils cavalent pour faire la visite. Et là, spectacle amusant, ils se suivent un à un, comme.... dans une queue. Ils sont tellement rapides que certains ont déjà fini alors que je suis au point 3 sur 24 ! Surtout, et c'est leur deuxième caractéristique parfois ennuyante, ils sont bruyants. Ils crient, partout, dans les édifices religieux ou dans ce palais. Ils s'appellent d'un bout à l'autre d'une pièce. Et s'ils sont au téléphone, c'est là le pire ! 


Il n'empêche, ce site est magique. Le palais appartenait à la famille des Wodeyar, qui a gouverné Mysore de 1399 à.... 1947 ! (sacrée dynastie !!) Plusieurs palais se sont succédé, celui en face de moi ayant été construit en 1897 (après l'incendie du précédent). Ce n'est donc pas un vieux bâtiment. Ce qui fait sa force, c'est le mélange des influences : indienne, musulmane et... néo-gothique !

Le maharadjah de Mysore
Le maharadjah de Mysore
Le maharadjah de Mysore

Si l'extérieur est magnifique, que dire de l'intérieur.... (ce ne sont pas mes photos, puisqu'il est interdit de sortir l'appareil dans le palais).

Le maharadjah de Mysore
Le maharadjah de Mysore

Le reste de la ville, plutôt étendue (quasiment 1 million d'habitants) est sympa, un zoo (que je boycotte désormais), un grand marché, quelques édifices religieux, mais rien de comparable au palais !

Le maharadjah de Mysore
Le maharadjah de Mysore

Tiens, un Tibétain. Tchang ? (à suivre)

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17 avril 2017 1 17 /04 /avril /2017 05:13

Le retour en Inde s'est fait sur les chapeaux de roues (drôle d'expression !). Quoique, non. Le retour s'est fait à la vitesse d'une locomotive. A Kochi, j'ai enchaîné train pour Coimbatore, puis pour Mettupalayam. Les paysages sont plutôt sympas sur la route...(enfin, sur les rails, alors que je suis assis sur les marches du train !).

Mettupalayam-Ooty, train mythique
Mettupalayam-Ooty, train mythique
Mettupalayam-Ooty, train mythique
Mettupalayam-Ooty, train mythique
Mettupalayam-Ooty, train mythique

Mettupalayam où je dois récupérer LE train du sud de l'Inde : Mettupalayam-Ooty, classé au patrimoine mondial de l'Unesco. Je passe ma nuit dans la chambre la plus chaude que j'ai connue : j'avais chaud aux pieds rien qu'à y marcher et les murs étaient brûlants J'ignore si je me trouvais au-dessus d'un volcan qui comptait entrer en éruption mais c'était impressionnant (ça aurait fait plaisir à ma compère sri lankaise !).
Je réussis tout de même à dormir, réveil 6h, pour aller récupérer le train mythique. Arrivé sur place, une foule est déjà là, et les 50 tickets sont déjà épuisés (le train part pourtant dans une heure !). Pas grave, je retourne me coucher dans mon sauna, et je passe ma journée à écrire mes récits sri lankais. Je ne vois pas un blanc en ville de mes deux jours passés sur place, ça fait bizarre après le Sri Lanka. Je bois le meilleur jus de mangue de mon existence (et il coûtait 40 centimes ! oups, je parle d'argent), parfait avant une nouvelle nuit de chaleur.


Réveil.... 3h50 ! Je le veux ce train ! Arrivé à 4h15 à la gare, pour un train à 7h30 et.... il y a déjà une quinzaine de personnes dans la queue ! Fou ! J'obtiens cette fois un ticket (18 centimes, parfois je souris en payant) et je m'assois.

Le train Mettupalayam-Ooty est mythique car c'est une locomotive.... à vapeur ! Retour au XIXème siècle ! (bon la ligne date de 1899 ou 1908, wiki anglais et français étant en désaccord !) L'engin est impressionnant, et je me demande comment l'eau va pouvoir nous tracter tout ce chemin ! Le parcours est une lente montée de 40 kilomètres (on passe de 1 000 à 2 000 mètres). Ce trajet dure plus de.... 4 heures ! Oui, on est loin du TGV !

Mettupalayam-Ooty, train mythique
Mettupalayam-Ooty, train mythique

La sonnette retentit, c'est parti. La locomotive crache une épaisse fumée blanche et fait valdinguer les wagons bleus d'origine dans un bruit de vaisselle cassée. Nous avançons, lentement, à travers une colline boisée. Après 10 kilomètres, nous nous arrêtons pour... remettre de l'eau ! C'est une sorte d'arrêt au stand, que l'on va faire plusieurs fois. La machine avale tout de même 3 000 litres d'eau pour 10 bornes, sacrée descente ! Le spectacle est génial. Les Indiens en profitent pour prendre des selfies avec le train (ils sont dingues de selfies, mais vraiment dingues !). 

Mettupalayam-Ooty, train mythique
Mettupalayam-Ooty, train mythique
Mettupalayam-Ooty, train mythique
Mettupalayam-Ooty, train mythique

Alors que la pente s'élève, la locomotive commence à cracher une fumée noire, et je me demande vraiment si on va arriver jusqu'au bout ! Le thé fait son apparition sur le côté, puis au vert succèdent les mille couleurs des maisons d'Ooty. Les Indiens crient "ouuuuuuuuhhhhhh" dans chaque tunnel (y'en a 16 !). L'ambiance est vraiment sympa, tout le monde a l'air content d'être là. Seul bémol, mais il est important d'écrire sur ce sujet : le sport national indien, à bien y réfléchir, n'est pas le cricket, mais le lancer d'ordures dans la nature. C'est vraiment un problème de société (d'éducation), et c'est partout le cas. Le pays risque fort (ou c'est déjà le cas) de ressembler à une décharge à ciel ouvert si rien n'est fait. Je n'y fais pas forcément attention quand c'est déjà à terre, mais quand je vois quelqu'un lancer les détritus devant moi, sur un rail classé Unesco, c'est dur de ne pas réagir ! Difficile toutefois de prêcher à plus d'un milliard de personnes (ça fait un peu le blanc donneur de leçons), surtout quand les poubelles se font rares (elles n'existent pas dans le train par exemple...).
 

Ca n'empêche, ce train, si vous êtes dans le coin, c'est un Must !

Mettupalayam-Ooty, train mythique
Mettupalayam-Ooty, train mythique
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22 mars 2017 3 22 /03 /mars /2017 07:34

Les récits que j'avais de l'Inde étaient discordants. Il y avait pourtant de l'émotion à chaque fois, des sentiments. Mais ceux-ci étaient parfois positifs, et parfois négatifs. L'Inde, c'est un peu tu l'aimes ou tu la hais. Enfin, sans doute les deux à la fois. Mais, et c'est un grand MAIS, mes récits indiens étaient des récits de l'Inde du Nord.

L'avantage de commencer par l'Inde du Sud, c'est d'entrer de manière un peu plus soft dans le pays, sa culture, ses habitants. "Les gens sont plus sympas ici", "mieux éduqués", "les hommes n'osent pas aborder les filles", "région plus riche", "tranquille", "relax", voilà les réflexions des voyageurs que je rencontre au Tamil Nadu et au Kerala. Souvent, ce sont des gens qui viennent du Nord. Et la comparaison, dans ce domaine, est favorable au Sud.

Et c'est vrai que je ne suis ni choqué par la pauvreté, ni par la saleté (c'est pas clean non plus), ni par le monde autour de moi. La nourriture est moins épicée que dans le Nord, et mon estomac résiste aisément jusqu'ici. Je me suis bien adapté, et sans difficulté.

 

J'apprends beaucoup de choses. Sur le pays, d'abord. Enfin, sur les Indes, parce que les régions différent énormément. Pensez : 22 langues officielles ! Et presque autant d'alphabets  ! Certes, il y a des choses qui unissent le pays (la religion notamment, et l'autre religion, à savoir le cricket). Mais je reste étonné devant tant de disparités, au niveau politique ou linguistique.

 

Les voyageurs que je rencontre en Inde sont un peu différents du reste de l'Asie. Il y a un côté "recherche de spiritualité" qui est souvent important. Cela passe par une semaine dans un ashram, par des cours intensifs de yoga, de la méditation, des cures de desintox mentale. Le pays était connu pour être, dans les années 1960-70, un repaire de hippies. C'est encore le cas aujourd'hui.

 

Mon parcours a donc été le suivant :

Un mois en Inde, 1er bilan (et combien ça me coûte)

Ce que j'ai préféré niveau lieu : 1 - Munnar ; 2 : Kanyakumari ; 3 : Alleppey

Les moments fous : 1 : Pondicherry à la ferme ; 2 : bébés tortues a la mer ; 3 : la ferme aux serpents

Rejet : Varkkalla. This is not India.

 

Au niveau du bilan financier : environ 300 euros dépensés sur place. De la manière suivante :

- environ 57 euros d'hôtels. Couchsurfing m'a forcément bien aidé de ce côté la, puisque sur 4 semaines, il y a eu une semaine d'hôtels au total.

- environ 43 euros d'excursions-visites de temples. Le canoë à Alleppey et la randonnée de Munnar représentent la grosse partie de cette somme.

- 15 euros de frais de change. Que ce soit ma banque ou sur place, on se fait toujours enfler.

- environ 50 euros de frais de transports. Essentiellement les taxis/tuk-tuk. Les transports publics (bus ou train) sont très bon marché (j'ai payé maximum 2 euros !)

- 120 euros de frais de bouche. 2 à 3 repas par jour, quelques jus ça et là. Dans cette somme, environ 10 euros de pourboires.

- environ 10 euros d'Internet. 50 centimes de l'heure en moyenne dans les Internes cafés. 30 dans celui où je suis actuellement.

- 3 euros d'achats. Oui, j'ai fait une folie : un drap de plage. J'aurais pu l'avoir à 2.

 

En sachant qu'un aller-retour en avion jusque Chennai ou Kochi peut se trouver à 400 euros, et que le visa coûte 50 euros, ça vous fait le mois de vacances en Inde du Sud à 750 euros. A ma façon !

 

 

La suite ? Kochi - Mettupalayam - Ooty - Wayanad (?) - Mysore - Bylakuppe (?) - Hampi - Goa - Bombay. Hyderabad m'intéresse aussi, à voir. Mais, tout ça démarre le 3 avril. Aujourd'hui, place au Sri Lanka !

Un mois en Inde, 1er bilan (et combien ça me coûte)
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20 mars 2017 1 20 /03 /mars /2017 23:52

Assis à sa table, seul, il regarde passer les bus et les voitures, les piétons et les chiens, quelques vaches se baladant. Il est français, ça, j'en suis sûr. Difficile pour nous autres de passer inaperçus avec notre accent majestueux. Mais, sans ça, je l'aurais reconnu. Nous avons parfois quelque chose sur le visage, dans la coiffure, qui hurle à l'observateur attentif notre nationalité. Et puis il y a le sac Quechua, le meilleur tatouage de notre Hexagone. Enfin, et surtout, il y a ce geste, celui que les autres n'oseraient pas, de renvoyer la nourriture en cuisine pour une raison quelconque. Et, pour ça, il est vraiment français !

 

Munnar est la parenthèse de ce premiers mois. Je quitte le littoral, la mer d'Arabie, le sable et la chaleur pour la végétation à perte de vue. Le bus toussote quelque peu pour passer la première côte, puis la seconde...et ainsi de suite. Les lacets s'enchaînent, tandis que la fraîcheur fait une apparition remarquée. Une cascade, puis une deuxèeme. Et, enfin, cette toile de fond recherchée, les arbustes alignés, et découpés : me voici au milieu des plantations de thé.

Munnar, les richesses de l'Inde

Munnar est le lieu parfait pour ma première randonnée. 19 kms sont au programme, avec un départ à 7h. Mon pull sur les épaules (drôle de sensation !), je me lance à l'ascension de ce qui a fait, fait, et fera la richesse de cette région. Autour de nous, 55 000 pieds de thé. Ce sont des tribus locales qui ont découvert la plante, mais ce sont les Anglais qui en ont fait un véritable business, avec une grande politique de plantation. Le paysage est aujourd'hui une étendue verte, remplie de cicatrices, que nous empruntons. Nous grimpons à 2 100 mètres pour parvenir au sommet. C'est là que le petit-déjeuner apparaît enfin pour nos estomacs affamés.

Munnar, les richesses de l'Inde
Munnar, les richesses de l'Inde
Munnar, les richesses de l'Inde
Munnar, les richesses de l'Inde

Sri est notre guide. Du genre expérimenté, puisque cela fait 12 ans qu'il fait ce travail. Depuis 3 mois, il est à son compte. Marre de se faire exploiter ! Il a lancé Munnar Trekking Adventure et sa gentillesse et ses connaissances font de lui le guide parfait (en plus de la nourriture maison de sa femme !). Il nous explique la situation locale : 12 000 personnes travaillent aujourd'hui dans les plantations, qui sont le plus souvent la propriété de la famille Tata. Elles sont payées 301 roupies par jour (environ 4 euros), sur la base de 27 kilos de feuilles ramassées. Si tu en ramènes plus, tu es mieux payé. L'inverse est également vrai. Le thé est récolté toute l'année. L'autre travail important est la découpe, qui est régulière (à la base, c'est un arbre, et l'idéal pour la récolte est qu'il ne dépasse pas le mètre de hauteur). Pour les travailleurs, il existe quelques avantages à travailler à Munnar pour Tata : le logement est offert, tout comme l'école ou les équipements de sport. Ils pourront également bénéficier d'une retraite (ce qui n'était pas le cas auparavant, et ce qui n'est pas encore le cas de beaucoup) et de 3 semaines de congés. Les parents de Sri travaillaient dans les plantations, son petit frère aussi. La famille est originaire du Tamil Nadu, la région voisine, tout comme la majorité des travailleurs de Munnar.

On en arrive à parler de sa vie, du décès récent de son grand frère, "son second père". Nous parlons politique, nous parlons religion. Il raille notamment ceux qui prient Dieu pour un meilleur salaire, alors qu'ils feraient mieux d'aller voir leur patron. Il est curieux de tout, et moi aussi. Les 9 heures passeront très vite.

Munnar, les richesses de l'Inde
Munnar, les richesses de l'Inde

Après la montée, sans surprise, il y a la descente. Elle nous permet de traverser l'autre grande richesse de la région, l'autre grande richesse historique du pays : les épices. Je rencontre notamment le roi et la reine, à savoir le poivre (rouge, vert, noir et même blanc !) et la cardamone. Et puis il y a tout le reste : le jacquier (et son fruit de 10 kilos !), la vanille venue de Madagascar, les ananas, les mangues, le cacao (que l'on mange tel quel !), le pomelo (sorte de pamplemousse), les clous de girofle, l'eucalyptus, les noix de coco, lemongrass, noix de muscade, menthe, papaye, café... L'apprenti naturaliste que je suis se régale de tant d'informations (j'ai renommé mon guide Srikipedia), même si je ne retiens pas tout. Sans hésitation, ma meilleure journée indienne.

Munnar, les richesses de l'Inde
Munnar, les richesses de l'Inde
Munnar, les richesses de l'Inde
Munnar, les richesses de l'Inde
Munnar, les richesses de l'Inde
Munnar, les richesses de l'Inde

19 kilomètres plus tard, avec un bon dénivelé, je rentre sur les rotules. Mais cela ne m'empêche pas d'honorer le soir même, jour de Saint-Patrick, l'Irlande. La soirée est déchaînée. 

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20 mars 2017 1 20 /03 /mars /2017 01:43

Il ne faut pas croire que chaque jour de voyage est un jour de bonheur. Non, parfois, j'ai une vraie journée de merde. Celle-ci a commencé avec des Anglais. Deux Londoniens pour être précis. Jeunes et plutôt sympas dans la chambre que je partage avec eux, ils se révèlent être très différents de mes valeurs pendant notre petit-dej en commun. La conversation tourne autour de 40k et de 60k (les salaires annuels), du monde de la finance, des fonds d'investissements, et des 70h semaine. Autant vous dire que je n'accapare pas la conversation ! Le lieu choisi ne me plaît guère, les prix sont doublés, pour le même résultat. Surtout, il se dégage dans leur discours un bon vieux sentiment de supériorité lorsque le sujet est celui de la politique, et notamment du Brexit. Ceux qui ont voté pour le Brexit ? "Des idiots". Plus que ceux qui ont été incapables de les convaincre de rester ? Je n'ai pas eu ma réponse. Mais leur discours m'aurait convaincu de quitter l'UE !

A la gare, j'attends deux heures mon train. Direction Kollam, où les hôtels se font rares. Je rentre dans le seul que je vois à l'horizon.... la nuit est à 200 euros ! Hum. J'atterris finalement dans un boui-boui, et je pense enfin me désaltérer... manque de chance, il n'y a que de la bière ! Décidément, mon karma doit être entaché !

Dans la ville, je vois les drapeaux communistes flotter, et même ce bon vieux Fidel Castro ! Le Kerala est l'un des deux seuls Etats du pays à être gouverné par le parti de la faucille et du marteau. 

Alleppey, le Kerala dans toute sa splendeur
Alleppey, le Kerala dans toute sa splendeur

Au réveil, alors que j'observe l'horizon, une grosse tache se dessine. J'approche pour en avoir le coeur net : oui, c'est bien un bateau échoué, le Costa Concordia local !

Alleppey, le Kerala dans toute sa splendeur

Pas de temps à perdre, je prends un train direction Alleppey ou Alappuzha (j'évoquerai le sujet des transports un de ces jours, tant il y a à dire). Le sourire est revenu, malgré les difficultés que je rencontre pour rejoindre mon couchsurfer. Et c'est à quelques centaines de mètres de la plage que je me retrouve. J'y passe deux excellentes journées (notamment à Marari Beach). L'eau est propre et chaude, le soleil brille, les Indiens enchaînent les parties de cricket.

Alleppey, le Kerala dans toute sa splendeur

Un match de football s'organise et je décide de me joindre à la fête. Un Russe et son fils sont également là. C'est du football de plage, les jeunes Indiens attaquent... mais ne connaissent pas trop le principe de défendre ! Je me régale, je finis dégoulinant et j'ai juste le temps d'entrer dans l'eau pour voir le soleil faire de même.
Chaque jour a un coucher de soleil, mais l'avantage des pays tropicaux, c'est de pouvoir l'admirer à chaque reprise. Et j'ai toujours une sensation différente, une nuance de rouge ou d'orange changeant ma perception du moment. Puis, le soleil couché, vient le meilleur moment selon moi, ou en tout cas le plus beau : le ciel s'embrase de petites touches colorées, avec une gamme de couleurs encore plus variées. L'idéal, c'est d'avoir quelques nuages, puisque ce sont eux qui s'habillent de la parure ici violette, l-bas rouge, et orangée, tandis que le bleu ciel et le bleu nuit, étrangement opposés au départ, tel un couple en dispute, se marient finalement. Merveille de la vie.

Alleppey, le Kerala dans toute sa splendeur

Le lendemain, direction les backwaters, pour un lieu que je compare à mon marais audomarois (ou poitevin), la végétation tropicale en plus. C'est la première fois que j'opte pour un tour organisé (1 250 roupies). Nous sommes six : un couple allemand, la vingtaine, en voyage 4 semaines, un Anglais de 48 ans, présent depuis plusieurs mois dans le pays, une Irlandaise de 34 ans arrivée il y a six semaines et Ricardo, un Portugais présent dans mon auberge depuis un mois (il étudie une sorte de kung fu local), à qui je dois cette photo dans le rickshaw.

Alleppey, le Kerala dans toute sa splendeur

Après le petit-dej, nous nous retrouvons dans une petite barque assez différente des gros bateaux sur lesquels la plupart des tours opérateurs voulaient me faire monter. Ils sont des centaines, et entre le bruit, et les odeurs (hommage)... Notre barque est un ecotour, elle avance à la force des rames et emprunte de ce fait les petits canaux. Nous ne croisons pas les autres bateaux.

Alleppey, le Kerala dans toute sa splendeur
Alleppey, le Kerala dans toute sa splendeur

Je me régale de la quiétude du lieu, et des cadeaux que nous fait la nature. La population vaque à ses occupations, les oiseaux chassent les petits poissons, les fleurs sortent des buissons. 

Alleppey, le Kerala dans toute sa splendeur
Alleppey, le Kerala dans toute sa splendeur
Alleppey, le Kerala dans toute sa splendeur
Alleppey, le Kerala dans toute sa splendeur
Alleppey, le Kerala dans toute sa splendeur

Nous effectuons un seul arrêt, le temps de visiter une église. Le Kerala est plutot varié concernant la religion, puisque 20% de catholiques et 25% de musulmans cotoient 55% d'hindous

Alleppey, le Kerala dans toute sa splendeur

Nous terminons notre petite croisière avec une noix de coco pas tout à fait fraîche et un repas indien.

Alleppey, le Kerala dans toute sa splendeur

A peine revenu que je me précipite à la plage, prêt a rechausser les crampons (enfin, c'est une métaphore). Un petit vent se lève, je regarde vers le ciel... mais c'est la mer Noire ! Je n'hésite pas, et je me rentre. Sous la douche, j'entends le déluge. Ouf ! 
La pluie existe donc en Inde, mais, tout comme les journées de merde, elle se fait très rare.

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13 mars 2017 1 13 /03 /mars /2017 07:34

L'un des espoirs de ce voyage, c'est d'essayer de me cerner un peu plus encore. Je suis un grand adepte du travail sur moi (si tu lis ce blog depuis plusieurs années tu as sans doute remarqué). 6 mois à travers le sous-continent indien, c'est l'assurance de me retrouver face à certaines de mes questions existentielles. Au-delà de cette idée, je suis aussi en face à face constant avec le type de voyage que je souhaite, et le type de voyageur que je voudrais être. Varkala représente ce que je ne veux pas.

 

Nous sommes ici dans une station balnéaire. le lieu s'y prête fabuleusement bien : falaises, sable fin, cocotiers, coucher de soleil dans la mer d'Arabie.

Varkala, l'effet crêpe banane-chocolat
Varkala, l'effet crêpe banane-chocolat

Forcément, cela n'est pas resté inconnu, et Varkala attire aujourd'hui le monde entier : Russes (en grand nombre et avec la réputation sulfureuse qui les précède), Anglais, Allemands, Français, etc. Les paillotes succèdent aux restaurants et aux hôtels, au point où l'accès à la plage se fait de plus en plus difficilement, sauf à traverser l'un de ces endroits. Les prix sont surévalués, et je ne suis plus Jérémy, petit voyageur français, mais billets de banque, grand pigeon voyageur. Les rapports humains ne sont plus normaux, c'est à dire de ceux que j'ai eus avec le reste du pays. Tout est faussé, tout est marchandé. Et tout m'attriste. Sur la plage, entouré de mes congénères aussi blancs (puis rouges) que moi, je vois passer les vendeurs de bracelets et le loueur de parasols. Des planches de surf au large, un parachute dans les airs. Je serais à Ibiza ou à Puhket que ce serait pareil. Ce n'est plus vraiment l'Inde. Et je suis venu pour l'Inde.

Varkala, l'effet crêpe banane-chocolat

Certes, cet endroit a ses avantages : repos, bikini sur la plage pour les filles, et free wifi puissant. Même la bouffe est diversifiée, a savoir qu'en plus des choix indiens il y a les choix européens : boulangerie allemande et crêpe banane-nutella.

Je hais cette crêpe. C'est le symbole des zones touristiques en Asie du Sud-Est, et c'est aussi le cas ici. Cette crêpe me rappelle Vang Vieng et son loop, l'alcool qui coule à flots, la drogue en libre accès et les touristes comatant devant les épisodes de Friends. Ce n'est pas aussi poussé ici, mais il y a comme un air de ressemblance.

 

Attention, je ne juge pas. Ca plait forcément et ça fait (bien) vivre les commerçants du coin. Mais ce n'est pas pour moi, tout simplement. Ce n'est pas le voyage que je cherche, et je pense que j'aurai beaucoup de mal à trouver un compromis là-dessus, sauf à être un peu malheureux. C'est pour cela que j'évite le Lonely Planet et le Routard comme la peste. Je crois être assez débrouillard maintenant pour pouvoir m'en passer. Et je m'interroge sur la suite du parcours que j'envisage dans le Kerala : n'est-ce pas les lieux que je souhaite éviter ?

 

5 kilomètres de marche plus loin. Je suis seul, le long de l'océan. Et je retrouve ce que je cherche. Comme quoi, c'est con. Il suffit de marcher quelques dizaines de minutes pour trouver une ambiance totalement différente. Plus d'odeur de crème solaire, plus de vendeurs. Moi, et la nature. Finalement, ce n'est pas si mal, Varkala.

Varkala, l'effet crêpe banane-chocolat
Varkala, l'effet crêpe banane-chocolat
Varkala, l'effet crêpe banane-chocolat
Varkala, l'effet crêpe banane-chocolat
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