18 janvier 2014 6 18 /01 /janvier /2014 15:30

Dans-mes-yeux.JPG           A mes yeux c'est la plus belle

Beauté sans pareil

j'y tiens comme à la prunelle

de mes yeux émerveil

 

A mes yeux c'est une princesse

tout droit sortie d'un Disney

d'une infinie tendresse

comme les contes enchantés

 

A mes yeux, c'est un enfant

resplendissant tel un diamant

avec son air innocent,

ses yeux couleur océan

je m'y plonge et souvent,

souriant, devenant ardent

jamais autant

je ne me sens vivant

A mes yeux c'est un soleil

éclairant mes journées

réchauffant mes oreilles

de douces paroles aimées

 

A mes yeux c'est l'amour

A mes yeux c'est la vie

A mes yeux c'est toujours

 un petit goût d'Asie

P1060098.JPG

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29 août 2013 4 29 /08 /août /2013 08:57

Souvenirs-de-la-maison-des-morts-russe-dostoievski.jpgAprès L'idiot, après Crime et châtiment, voici le troisième ouvrage de celui que je considère à l'heure actuelle comme mon auteur favori.

J'aime Dostoïevski car j'aime la belle littérature, j'aime le rythme des descriptions, j'aime la phrase qui me fait m'arrêter pour réfléchir à son sens. J'aime Dostoïevski car il peut exprimer en quelques mots ce que d'autres expriment en plusieurs pages. Et puis ce style russe me plaît énormément. C'est d'ailleurs pour cette raison, je pense, que j'ai trouvé le style de Boris Vian si faible. Le problème de la comparaison avec le maître russe.

 

Pourtant, Souvenirs de la maison des morts n'est pas le meilleur livre de Fiodor. Mais il est sans aucun doute le plus personnel. Dostoïevski a passé quatre années dans un bagne de Sibérie, à Omsk. Ce qu'il écrit là est quelque chose de vrai, de véritable, quelque chose qui s'est vraiment déroulé au milieu du XIXème siècle. L'auteur a été envoyé là-bas en raison de ses idées politiques, il avait rejoint un club « progressiste », et l'empereur Nicolas Ier avait la phobie de ces clubs depuis une insurrection (les décabristes de 1825). 

Dostoïevski est un noble, et il nous fait bien comprendre que ce n'est pas un avantage dans le bagne. Il évite cependant les punitions corporelles, véritable hantise de chaque prisonnier.

Le temps qu'il passe dans la prison lui permet de mieux comprendre ses contemporains. Il les observe, il les scrute, il nous les décrit. Nul doute que ce temps passé là-bas aura servi à ses prochains livres (dont Crime et châtiment).


Le livre narre le quotidien des bagnards. Les premiers mois, les rencontres, le rythme à prendre. La routine. Le travail. L’hôpital. Noël. Les animaux. L'hiver. L'été. L'envie d'évasion. Tout y passe, et c'est pour cela que j'aime à dire que Dostoïevski est un auteur complet. Ces ouvrages abordent une idée simple, ici la vie au bagne, mais l'idée est retournée et observée dans tous les sens si bien que l'on finit par en avoir fait le tour. Et lorsque l'on tourne la dernière page, on ne peut s'empêcher de penser que tout a été dit. Cela ne vaudrait plus le coup de reprendre le même sujet, à cette même époque, car on ne pourrait faire mieux. 

 

Extraits : « Oui, l'homme a la vie dure ! Un être qui s'habitue à tout. Voilà, je pense, la meilleure définition qu'on puisse donner de l'homme. » "L'homme est un animal d'accoutumance"


« Ce qui m'a frappé dès mon entrée dans cette vie, c'est, il m'en souvient, de n'y pouvoir rien trouver d'extraordinaire ou pour mieux dire d'inattendu. »

" On ne peut juger de certaines choses, si on ne les a pas éprouvées soi-même".

" On trouve quelquefois une jouissance aiguë dans la conscience de l'immensité de son propre malheur"

 

Vocabulaire

 

Outrecuidant : Qui a une confiance excessive envers lui-même, qui a une propension à se croire supérieure aux autres

 

Couard : Qui est poltron, qui n'a pas de courage.

 

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28 août 2013 3 28 /08 /août /2013 08:47

J'ai découvert Thomas Mann grâce à Luchino Visconti. Dirk Bogarde m'avait époustouflé, je le revois encore crier « Tadzio » dans Mort à Venise. Alors je me suis lancé.

mort-a-venise-Visconti.jpg

Le livre de l'écrivain allemand est intitulé Der Tod in Venedig dans la langue de Goethe. J'ai été surpris par le vocabulaire utilisé, parfois difficile à comprendre. Et pourtant, je l'ai bien lu en français. Les différences entre le livre et le film sont nombreuses. Dans l'ouvrage nous sortons dans Venise, Gustav Von Aschenbach est un écrivain et non pas un musicien. Mais l'esprit reste le même, celui d'un amour interdit, celui d'un amour pédophile. L'écrivain choisit de rester dans Venise, devenue ville fantôme, déchirée par un mal qu'est le choléra. Il reste pour son amour, pour l'observer, pour le scruter. Il ne saura jamais si cet amour est réciproque, n'osant aborder le jeune Polonais, son Tadzio. 

L’œuvre de Thomas Mann dispose donc d'un vocabulaire extrêmement riche, parfois trop pour moi. Les références à la mythologie sont nombreuses, et j'avoue ne pas toujours avoir compris. Thomas Mann ne cachait pas que son œuvre était inspirée par des personnages réels (les traducteurs polonais ayant retrouvé le Tadzio!).

Extrait :

D'être seul et de se taire, on voit les choses autrement qu'en société ; en même temps qu'elles gardent plus de flou elles frappent davantage l'esprit ; les pensées en deviennent plus graves, elles tendent à se déformer et toujours se teintent de mélancolie. Ce que vous voyez, ce que vous percevez, ce dont en société vous vous seriez débarrassé en échangeant un regard, un rire, un jugement, vous occupe plus qu'il ne convient, et par le silence s'approfondit, prend de la signification, devient événement, aventure, émotion.

 

Thomas Mann, Tristan

Gabrielle Klöteryahn arrive à Einfried, maison de repos. Elle bouleverse l'écrivain Spinell, qui perd son temps chaque année ici. De discussions en discussions, les deux personnages centraux finissent par se rapprocher et l'apogée de leur rencontre se fait une journée, au son du piano, avec l’interprétation par Gabrielle de Tristan et Iseut de Wagner. Spinell, tourmenté, accuse le mari de Gabrielle d'être indigne d'elle, alors que celle-ci décède.


Drôle de passion mise en scène ici par Thomas Mann. L'écrivain raté semble être à la recherche d'un objectif de vie, et il est prêt à tout donner pour Gabrielle. Celle-ci, frêle, fragile, pure, correspond à ses attentes. La scène du piano est magique et terrible à la fois.

Extrait : Sa belle humeur était celle d'un homme dont l'estomac et les finances sont en règle.

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27 août 2013 2 27 /08 /août /2013 14:45

C'est bien beau de voyager à travers la France, l'Europe ou le monde, mais il ne faudrait pas oublier qu'il y a de très belles choses à voir dans le Nord-Pas-de-Calais. Alors dans la série je découvre ma région, direction LA nouveauté : le Louvre-Lens.
Je ne sais pas si on a encore bien réalisé l'immense chance d'obtenir Le Louvre à Lens. Lens, ses corons, son club de foot et... c'est tout. Il faut reconnaître que la ville n'était pas gâté pour beaucoup de choses. Elle a perdu 7 500 habitants en 50 ans (de 42 500 à 35 000), et présenté un taux de 24% de chômage en 2009 (la moyenne était alors de 8,8%...).

Et puis le Louvre est arrivé. Comme toujours à Lens, on a su l’accueillir.
Nous nous sommes garés sur le parking du stade Bollaert, gratuit et qui retrouve ainsi une deuxième jeunesse. Empruntant l'allée Marc-Vivien Foé, nous sommes arrivés devant les bâtiments.
Le Louvre-Lens a été construit par un architecte japonnais sur l'ancienne fosse n°9 des mines de Lens. Beau symbole. Le musée est tout en long, et l'aspect extérieur est assez impressionnant. Louvre-Lens.JPGA l'intérieur, nous sommes entrés dans l'immense galerie, dénommée galerie du temps. Celle-ci est gratuite pour tout le monde, jusqu'au 3 décembre. Dépêchez-vous donc !
Le fonctionnement du musée est très XXIème siècle. L'audio-guide tactile vous permet de survoler les œuvres, d'écouter des descriptions audio, voire parfois vidéo. L'audio-guide étant également gratuit, pas la peine de s'en priver. Cela vous permet de mieux comprendre les œuvres.Louvre-Lens-grande-galerie.jpg

Les œuvres justement, sont plutôt nombreuses. On avance dans le temps au fur et à mesure de notre marche. La Mésopotamie, les œuvres égyptiennes, grecques et romaines, des statues, des objets et bien sûr de la peinture. Moyen-Age, œuvres de la Chrétienté ou de l'Islam, et puis la Renaissance. Boticelli et sa Vierge et l'enfant, Saint-Sébastien du Pérugin, Raphael, El Greco, Rubens... et mon Georges de la Tour, avec la Madeleine à la veilleuse.

Madeleine-a-la-veilleuse-George-de-la-Tour.jpgRembrandt, Poussin, Gellée, Goya, Ingres et le chef d'oeuvre, l'apogée, La liberté guidant de le peuple de Delacroix.

Louvre-Lens-La-liberte-guidant-le-peuple-Delacroix.JPGIl nous a fallu deux heures pour finir la galerie. Une sortie ludique pour mes cousins/cousines et une piqûre de rappel d'oeuvre d'art pour moi. Finissons avec le duc de Richelieu !
Le-duc-de-Richelieu-Schiaffino.JPG 

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23 août 2013 5 23 /08 /août /2013 19:41

Boris-Vian--L-ecume-des-jours.jpgL'écume des jours

J'ai été très déçu Boris. Ton nom résonnait en moi comme le créateur du déserteur, chanson devenue mythique. Alors j'attendais beaucoup de L'écume des jours. Ce titre m'inspirait, j'ignore pourquoi. Et puis la déception. Pour être franc, j'ai eu l'impression de lire un livre Harlequin sur les 100 premières pages, avec une amourette entre Colin et Chloé. Le tout dans un univers très étrange, une sorte de science fiction où les objets vivent (wikipédia me dit que c'est surréaliste!). Jean Sol Partre est un des personnages centraux, avec Chick, le meilleur ami de Colin, fan du philosophe. Chloé attrapera très vite un nénuphar au poumon, et Colin finira ruiné. Le tout dans cette atmosphère toujours très bizarre. Une réelle incompréhension face au succès postérieur de l’œuvre (du vivant de Vian, ce fut un échec).


Citation

Je devrais vous conseiller de vous adresser à Dieu, mais j'ai peur que pour une si faible somme, ce ne soit contre-indiqué de le déranger...

 

 

Je voudrais pas crever

Les poèmes de Boris Vian sont reconnus en France. A l'étranger, c'est plus mitigé, mes collègues allemands ne connaissant même pas l'existence de l'écrivain.

Je voudrais pas crever est un recueil de 23 poèmes. Leurs niveaux fluctuent énormément. J'en ai apprécié certains, j'en ai détesté d'autres. Certains sont dans la réalité, certains voguent dans un surréalisme qui ne me plaît guère.

Au final, je reste mitigé. J'ai préféré Baudelaire et Rimbaud.


Quelques extraits :

Un an de plus

Il vaudrait mieux gagner sa vie

Mais ma vie, je l'ai, moi, ma vie

J'ai pas besoin de la gagner


Si les poètes étaient moins bêtes

Mais les poètes sont très bêtes

Ils écrivent pour commencer

Au lieu de s'mettre à travailler

Et ça leur donne des remords

Qu'ils conservent jusqu'à la mort

Ravis d'avoir tellement souffert

On leur donne des grands discours

Et on les oublie en un jour

Mais s'ils étaient moins paresseux

On ne les oublierait qu'en deux


Tout a été dit cent fois (je vous l'offre le poème complet)

Tout a été dit cent fois
Et beaucoup mieux que par moi
Aussi quand j'écris des vers

 

C'est que ça m'amuse
C'est que ça m'amuse
C'est que ça m'amuse et je vous chie au nez.

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28 avril 2013 7 28 /04 /avril /2013 11:55

Pour mon anniversaire j'ai reçu un drôle de cadeau. Un livre. Jusque là tout va bien. Sauf que les auteurs sont un certain Lucas D., un Christophe L. et une Juliette R. Bizarre, d'autant plus que çà correspond parfaitement aux trois noms de mes ami(e)s ! Quand je retourne le quatrième de couverture, quelle n'est pas ma surprise d'y voir mon nom. L'histoire de Jérémy R., gagnant d'un ticket de loterie, vivant la vie de star, et accusé de meurtre.

Je l'ai lu avec beaucoup d'intérêt. Pensez, ce n'est pas tous les jours que l'on est le personnage principal d'un livre ! J'ai donc suivi les pérégrinations de moi-même, à travers le monde du show-biz parisien, puis à travers la France, en cavale. J'y ai retrouvé beaucoup de noms que je connais, et d'autres moins (Felix, Antoinette, Sandy...).

Et puis je suis allé faire un tour sur le site internet qui propose la chose. Et j'ai donc vu, Mieux vaut star que jamais. Les salauds. Ils m'ont fait croire qu'ils avaient écrit l'ensemble du bouquin ! Ils ont en fait répondu à un questionnaire et choisit des options ! Jérémy prend de la coke, et une double scène de sexe ! Merci les copains !

Bon reste des tranches de rigolade, en imaginant Carlos danser avec Christophe au Magnun, ou en lisant sur ce faux-pote qu'est Ziwei.Mieux-vaut-star-que-jamais.JPG

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6 février 2013 3 06 /02 /février /2013 13:50

Quand le compositeur est touché par la grâce, il entame l'écriture d'un aria qu'il peut déjà entendre. C'est la même chose pour un écrivain, qui vit en même temps que la plume rédige l'histoire.

C'est une vision, c'est un son. C'est l'image qui apparaît. Il n'y a plus qu'à laisser faire. Les doigts se dirigent directement sur les bonnes touches, ils accélèrent, ne s'arrêtent plus. Le cerveau se refroidit et l'inspiration prend le dessus. Le fait de penser me ralentit, il faut laisser faire, laisser aller. Il faut que cette idée prenne le contrôle de moi, qu'elle se joue de moi, qu'elle m'utilise. Il faut que je ressente la scène, que j'observe le paysage, que j'analyse chaque arbre, chaque fleur vibrant au vent. Les personnages, aux sourires étourdis, aux cheveux touffus, au visage bouffi ou à la mine réjouie. Les yeux cernés, le cœur gros, la larme discrète, cachée, les lèvres gercées. Les vêtements, toujours les mêmes, ou presque. Le pantalon gris avec le pli au milieu. Le gilet déboutonné. Les souliers noirs. Vaste cour, théâtre d'un drame des temps modernes. L'action se déplace, elle avance, entre dans la demeure. La table au milieu de la pièce, les chaises qui l'entourent. La réunion des êtres chers, la discussion suit son cours. Les photos sur le buffet reluquent cela avec le regard du passé, celui que l'on n'a plus, celui qu'on ne reconnaît plus. Et pourtant il est là, au centre des attentions, au centre de mon action. Ses yeux sont perdus dans le vague, il ne semble pas comprendre, à défaut de ne pas entendre. Son sort se joue ici, et maintenant. Il est scruté, j'espère toujours une réaction qui se fait attendre. C'est trop tard, il est déjà parti. C'est fini. Une autre histoire commence. 

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11 janvier 2013 5 11 /01 /janvier /2013 11:00

L'amour

 

L'amour sincère, l'amour d'une mère

L'amour rebelle, l'amour d'une belle

L'amour s'en va, l'amour parti

L'amour pas là, l'amour tant pis

 

L'amour de toi, l'amour tout bas

L'amour bruyant, l'amour cassant

L'amour qui broie, l'amour qui boit

L'amour d'une nuit, l'amour d'une vie

 

L'amour sincère, l'amour d'une mère

L'amour rebelle, l'amour d'une belle

L'amour s'en va, l'amour parti

L'amour pas là, l'amour tant pis

 

L'amour de tes yeux, l'amour délicieux

L'amour sensuel, l'amour fidèle

L'amour d'un chien, l'amour d'une chienne

L'amour de tes reins, l'amour de tes seins

 

L'amour sincère, l'amour d'une mère

L'amour rebelle, l'amour d'une belle

L'amour s'en va, l'amour parti

L'amour pas là, l'amour tant pis

 

L'amour devant toi, l'amour réveille-toi

L'amour pourquoi, l'amour s'en va
L'amour en grand, l'amour bandant

L'amour d'un soir, l'amour trop tard

 

L'amour sincère, l'amour d'une mère

L'amour rebelle, l'amour d'une belle

L'amour s'en va, l'amour parti

L'amour pas là, l'amour tant pis

 

L'amour à la fête, l'amour en retraite

L'amour criant, l'amour hurlant

L'amour cheval blanc, l'amour d'un enfant,

L'amour, toujours, l'amour

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13 décembre 2012 4 13 /12 /décembre /2012 12:44

Je vous ai déjà parlé de Frédéric Beigbeder (ici) mais je n'avais à l'époque pas lu L'amour dure trois ans. A Emmaüs Paris, il n'y avait que peu de choix. Et puis ce titre, que ma sœur me rabâche depuis plusieurs mois : « mais tu sais Jérémy, l'amour dure trois ans ». Je ne suis évidemment pas d'accord, bien que n'ayant jamais passé ce cap.

 

Les livres sont magiques quand vous arrivez à vous glisser dans la peau du personnage. Quand vous vous reconnaissez au fur et à mesure des phrases. Quand vous auriez pu, vous-même, les écrire. Et c'est ce qui m'est arrivé. Frédéric Beigbeder a une femme, il divorce après trois années. Et il le déclare haut et fort, à qui veut l'entendre, et encore plus à ceux qui ne veulent pas l'entendre : « l'amour dure trois ans ». Et de ligne en ligne, je me suis laissé berner. Et pour cause, je m'y retrouvais.


Cependant, l'écrivain lui-même s'est berné. Et il finit son livre sur une belle touche d'optimisme pour tous les romantiques que nous sommes (enfin, presque). 195 pages que je vous recommande chaudement.

 

Extraits (pour vous donner envie) :

 

« Au début, tout est beau, même vous ».

«  Il vient d'avoir trente ans : l'âge bâtard où l'on est trop vieux pour être jeune, et trop jeune pour être vieux ».

«  Les garçons comme moi, qui se sont trouvés moches dans leur enfance, sont en général tellement étonnés d'arriver à séduire une jolie fille qu'ils les demandent en mariage un peu vite ».

« On s'apitoie sur ceux qui souffrent mais pas sur ceux qui font du mal ».

« Car c'est soi-même qu'on abîme le plus, quand on fait souffrir quelqu'un ».

« Au revoir sera le dernier mensonge ».

«  La polygamie est entièrement légale en France : il suffit d'être doué pour le mensonge »

« Aimer quelqu'un qui vous aime aussi, c'est du narcissisme. Aimer quelqu'un qui ne vous aime pas, ça, c'est de l'amour ».

« Le plus dur ne serait pas de quitter Anne, mais de renoncer à la beauté de notre histoire ».

« Pourquoi tout le monde fuit-il la solitude ? Parce qu'elle oblige à penser. De nos jours, Descartes n'écrirait plus : « Je pense donc je suis ». Il dirait « Je suis seul donc je pense ». Personne ne veut la solitude, car elle laisse trop de temps pour réfléchir. Or plus on pense, plus on est intelligent, donc plus on est triste. »

« Surtout, j'ai appris que pour être heureux, il faut avoir été très malheureux ».

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5 octobre 2012 5 05 /10 /octobre /2012 08:04

Dostoievski.jpgDostoïevski est entré dans mon estime quand j'ai commencé ma lecture de l'Idiot. J'avais tant entendu parler de ce livre en bien, notamment lorsque je voyageais à l'étranger, que je me suis décidé à entamer sa lecture, malgré les 505 pages. Ce fut mon premier pas dans la littérature russe, riche en descriptions et en visages, avec des noms dont on a mille difficultés à se souvenir. A la suite de cette expérience, j'ai décidé de poursuivre avec Dostoïevski, délaissant encore Tolstoï pour quelques mois/années.

 

Crime et Châtiment. Je ne sais pas pourquoi, mais ce titre fait très Jane Austen (la faute à Raison et Sentiments peut-être). Mais dès le départ j'ai reconnu l'excellence de la prose de l'auteur. La première partie a été avalée en quelques heures. J'ai suivi avec délectation et une certaine admiration les questionnements de Roskolnikov, hésitant et préparant à la fois le crime de l'usurière Aliona Ivanovna.


Le passage à l'acte est le tournant du livre, bien que placé dans la première des six parties. S'en suit le châtiment. Le châtiment effectif n'a lieu que dans l'épilogue, mais le châtiment mental et physique a lieu tout au long des cinq parties suivantes. Comment vivre avec un meurtre sur la conscience ? Cela semble être le grand questionnement de Dostoïevski, sans pour autant arriver à une réponse. Peut-être ne peut on pas vivre avec cela, comme cela semble être le cas avec Roskolnikov, passant par des moments de pure folie, devenant totalement paranoïaque, persuadé que la police est au courant de tout.

 

Pour expliquer le meurtre, l'auteur utilise des procédés très nietzschéens, où le nihilisme prend tout son sens (Dostoïevski évoque très souvent cette notion, notamment dans Les frères Karamazov où il constate que « si Dieu n'existe pas, tout est permis » ). De son côté, Nietzche fit l'éloge de l'auteur : « Dostoïevski est la seule personne qui m'ait appris quelque chose en psychologie ».Raskolnikov pense en effet que seuls les grands hommes peuvent se permettre de défier la moralité et la loi, comme il le fait en tuant quelqu’un. Cette justification ne l'aide cependant pas à affronter les conséquences de son geste. Peut-être est-il trop lâche, comme il le dit à la fin du livre. Il ne ferait donc pas partie de ces grands hommes, il n'est pas le nouveau Napoléon, qu'il prend tout au long du livre pour exemple, pour expliquer son acte. Dostoïevski ne contredit donc pas totalement cette théorie, mais il présente ici son insuccès, et l'extrémisme que cette théorie pourrait avoir, puisque un homme pourrait se croire supérieur alors qu'il ne l'est pas.

 

Pour expliquer l'impossibilité de vivre avec un meurtre sur la conscience, une partie religieuse, passant par le salut et la souffrance, semble être la vision de l'auteur. Le fait que ce soit une prostituée qui l'amène à se dénoncer est un véritable symbole. Les nombreuses références à Dieu et à la religion excluent presque automatiquement Dostoïevski et cette œuvre de l'univers existentialiste.

 

Cependant, ce livre emprunte un univers philosophique important, avec de longues tirades sur l'existentialisme, la capitalisme ou le communisme. Il faut parfois sérieusement s'accrocher et relire trois fois certaines phrases afin de pouvoir les assimiler. Mais si vous souhaitez comprendre les douleurs psychologiques qu'un homme peut endurer lorsqu'il a une mort sur la conscience, ce livre peut être votre bible. Et ne soyez pas rebuté par les 504 pages.


Citation : Les rêves se distinguent souvent par le relief, la clarté et la grande ressemblance avec la réalité. Il se forme parfois des tableaux horribles, mais la mise en scène et le processus même de la représentation sont si vraisemblables, si pleins de détails tellement délicats et inattendus mais correspondant si artistiquement à la plénitude du tableau, que celui qui rêve ne saurait en imaginer de pareils éveillé, fut-il un artiste comme Pouchkine ou Tourgéniev.

 

J'aime cela, qu'on se trompe. C'est la seule supériorité de l'homme sur les autres organismes. C'est ainsi qu'on arrive à la vérité. Je suis un homme et c'est parce que je me trompe que je suis un homme […] Une erreur originale vaut peut-être mieux qu'une vérité banale.

 

La souffrance, la douleur sont inséparables d'une haute intelligence, d'un grand cœur.

 

La raison est l'esclave de la passion.

 

Quand ils n'ont pas réussi, les meilleurs projets paraissent stupides.

 

Le criminel, au moment où il accomplit son crime, est toujours un malade.

 

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