6 septembre 2013 5 06 /09 /septembre /2013 13:25

Onfield.jpgC'était le milieu du mois d'août et j'avais décidé de rejoindre un projet que je trouvais particulièrement intéressant. Le projet Onfield. L'objectif est simple, clair, précis : récolter un cahier de doléances. Pour cela, c'est facile, il suffit d'écouter la population. De lui demander son avis. Direction le marché et la rue de Dunkerque. La politique, vous en pensez quoi ?

« Ché du brin ! » Avec l'accent de chez nous. « C'est de la merde », pour une petite dizaine de personnes. « Coupons leur la tête ! ». Les accents révolutionnaires étaient de mise, on demande « l'abolition des privilèges ».

 

Clairement j'ai été surpris. Je savais que les Français n'avaient pas confiance dans leurs politiques. Mais à ce point... Près de 90% des passants interrogés témoignèrent d'un réel mécontentement et d'une totale défiance à l'égard de nos représentants.

 

Certains trouveront peut-être cela normal, les nombreuses histoires politico-judicaires n'aidant pas à la confiance du peuple dans ses représentants. Mais ça fait chier ! Merde alors, c'est tout de même de notre démocratie que l'on parle. Si le peuple n'a plus aucune confiance dans ceux qu'ils envoient pour le représenter, pour prendre les décisions à sa place, c'est un ENORME problème.

Bien sûr j'en veux à nos représentants, tout au moins à ceux qui donnent le mauvais exemple. Mais j'en veux aussi à la population, aux citoyens. Pourquoi mettre tout le monde dans le même sac ? Pourquoi prendre un exemple précis (au hasard Cahuzac) et penser qu'ils sont tous pareils ? Dans un autre contexte, cette généralisation s’appellerait racisme.
Les Français, en tout cas ceux de Saint-Omer, font donc preuve d'un véritable racisme à l'égard d'une catégorie de la population : les hommes politiques.



Attention, quand on disait politique, les gens pensaient gouvernement (actuel ou ancien), députés, sénateurs. Quand on parlait du maire, le discours changeait, surtout si on parle d'un maire de petit village. Et pour cause, on le côtoie tous les jours. La confiance s'instaure. On l'aime bien notre maire.

C'est un peu comme l'Arabe du coin. Celui que l'on connaît depuis 20 ans, à qui l'on dit bonjour et qui nous répond poliment. Celui qui vient nous aider quand on a besoin d'un service. Il est sympa, hein. Mais ça n'empêche qu'avec tout(s) ce(ux) qu'on voit à la télé, on ne peut pas s'empêcher de dire qu'ils sont un problème.



L'expérience fut sympa dans l'ensemble. On rencontre du monde, on revoit des têtes, on entend la population. Mais on ne peut pas répondre. Nous n'étions pas là pour donner notre avis, mais pour écouter. Et ça peut parfois être frustrant. Par exemple, à chaque fois que l'on nous dit que seule Marine peut changer les choses, on se doit de sourire. Merci, et bonne journée.

 

Surtout, on en est revenu les mains vides de propositions pour changer les choses. Nos fameuses doléances. La population s'accorde pour dire qu'il y a un problème, mais personne ne semble avoir la solution. Certes, le concept n'était pas propice à de longues réflexions (on interrogeait les gens dans la rue), mais cela n'empêche : les citoyens n'ont pas d'idée pour résoudre le problème. En tout cas, pas dans ce contexte. Il faudrait peut-être le faire différemment, par écrit, sur internet. Mais là encore, je doute un peu. Il me semblait que les gens étaient résignés. Ou qu'ils s'en foutaient quasi-royalement, c'était selon. 

 

En repensant à cette journée, je ne peux m'empêcher d'éprouver une certaine tristesse. Et beaucoup d'inquiétude concernant l'avenir.
Ça m'a cependant donné envie de persévérer, de me battre pour cette démocratie à laquelle je crois. Car on n'a pas encore trouvé mieux.

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2 août 2013 5 02 /08 /août /2013 20:13

La démocratie est fragile comme la dictature.

Ce dernier mois, nous avons assisté à deux défaites de la démocratie.

Tout d'abord, il y a l’Égypte. Rappelez-vous 2011, la révolution. Je m'en souviens comme si c'était hier. J'étais sur Internet, en direct avec Al-Jazeera, dans la bibliothèque de l'université de Lille 2. Le vieux Moubarak, qui avait séjourné dans mon hôtel (true story), quittait le pouvoir après 20 ans. On imaginait une nouvelle destinée pour la grande civilisation égyptienne. Et puis...

Et puis les élections sont arrivées après une période troublée. Et c'est le parti le mieux organisé, celui des frères musulmans, qui l'emporta. Morsi devint président, légitimé par les urnes.
Morsi-president-egyptien.jpgDes urnes que tout le monde semble avoir oublié depuis plusieurs semaines. Ce qui s'est passé en Égypte n'est rien d'autre qu'un coup d’État militaire. Mais nos belles démocraties occidentales n'en ont pas prononcé le nom. Un immense silence a résonné jusque dans les couloirs de l'ONU.

Faut dire que la victoire des « islamistes » Frères musulmans, n'arrangeait pas grand monde. Nos belles démocraties occidentales avaient un peu peur de l'islam politique, de ses abus. Et imaginez que ça marche...

Bon, ça n'a pas vraiment fonctionné. En une année les Frères Musulmans et Morsi avaient perdu une belle partie de leur légitimité acquise par les urnes. Beaucoup de décisions discutables et des résultats économiques franchement mauvais. Les dernières manifestations contre le président Morsi et son gouvernement furent immenses. Mais est-ce suffisant ? Est-ce que cela justifie et légitime un coup d'état par les militaires ? Des militaires qui jurent qu'ils vont rendre le pouvoir très vite, que la démocratie va l'emporter... Mais l’Égypte et les militaires, c'est une histoire d'amour. Coup d’État de Naguib, présidence de Nasser, El-Sadate, Moubarak... que des hommes formés à l'académie militaire. Et loin d'être des démocrates...

Imaginez un peu l'inverse. Imaginez un coup d’État renversant un président libéral égyptien. Un coup d’État qui amènerait des islamistes au pouvoir, à la mode iranienne. Imaginez un peu les réactions outrées des démocraties occidentales. Et aujourd'hui, rien. Un coup d’État militaire, quel coup d’État militaire ?



 

La deuxième défaite de la démocratie est le refus par l'ensemble des pays occidentaux d'offrir l'asile à Edward Snowden.
Pourtant, on parle ici du plus gros scandale d'espionnage de l'histoire. Les États-Unis ont espionné les conversations du monde entier. Au départ, la raison invoquée fut celle de la lutte contre le terrorisme. Avec le discours traditionnel : vous ne pouvez pas avoir à la fois une sécurité complète et en même temps une protection de la vie privée complète. Problème, l'espionnage ne concernait pas que les personnes susceptibles d'être des terroristes. Non, les autorités américaines ont également espionné les diplomates occidentaux, avant des négociations importantes. Ils ont également espionné des industriels... et glanaient ainsi quelques informations en toute illégalité.

Un seul type a réussi à sortir cette information démente : Edward Snowden. Réfugié à Hong Kong, puis en transit à Moscou, il a envoyé des demandes d'asile à beaucoup de pays occidentaux, Allemagne et France inclus. Il faut dire que ces pays ont grandement protesté par voix de presse. Ils étaient fort mécontents. Très. Enfin, un peu. Pas assez en tout cas pour accueillir l'incroyable informateur, poursuivi par la justice américaine. Et c'est ainsi la Russie, grande démocratie (sic!) et éternel opposant à Washington, qui a offert aujourd'hui un droit de résidence d'une année à Snowden.
Edward-Snowden-save-snowden-save-freedom.jpg
Imaginez un instant que Snowden soit chinois. Imaginez qu'il ait dévoilé un programme d'espionnage chinois concernant l'ensemble du monde occidental. Ne pensez-vous pas que les pays occidentaux se seraient bousculés pour l’accueillir ?
Mais ici c'est les États-Unis. Un État de droit qui va respecter Snowden pendant son procès. Pas d'asile donc. Et tant pis si ce même État espionnait le monde entier, bafouant ainsi... le droit.

La démocratie, c'est donc le droit de se taire. Même au plus haut niveau.

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29 avril 2013 1 29 /04 /avril /2013 15:36

Les mesures d'austérité. Une politique de rigueur. Avouez, vous n'entendez plus que ça dans les débats économiques. L'objectif : réduire la dette ! C'est sur toutes les lèvres. Bizarre, alors que ça ne fonctionne pas ! Depuis 2008 vous pouvez voir sur ces deux graphiques l'évolution de la dette et du chômage dans les pays les plus concernés par ces discours : Grèce, Espagne, Portugal, Irlande. Les fameux PIGS.
Dette publique Grèce Espagne Portugal Irlande Pub-copie-1 Chomage-Espagne-Irlande-Portugal-Grece-Unemployment-level-.jpgLe bilan est saisissant : alors que les plans d'austérité se sont enchaînés (8 plans d'austérité en Grèce en 3 ans!), la dette ne s'est pas contractée. Pire, elle continue d'augmenter, et à un rythme plus rapide encore ! Dans le même temps les politiques de rigueur ont fait exploser le chômage. Aujourd'hui, il atteint 27,1% en Espagne. 6 millions de personnes. 27,2% en Grèce. Et le chômage des moins de 25 ans est de 57,2% en Espagne. La fameuse génération perdue.

Forcément, quand notre gouvernement fait l'éloge de la rigueur, on rit jaune. 
Et vive la relance ! 

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18 janvier 2013 5 18 /01 /janvier /2013 09:19

Le ciel lui tombe sur la tête. Après le dernier (mauvais) album d'Astérix, nous avons maintenant droit à pire, avec la sortie en fanfare d'Obélix au pays des Soviets. On le pensait pourtant parti chez les Belges et puis non, le voici arrivé en Mordovie, province digne d'un sceptre d'Ottokar.

C'en est donc fini de l'invincible gaulois, celui qui lutte encore et toujours contre l'envahisseur fiscal. La faute à Julius Hollandus et à son préfet Jean-Marcus Ayrus, et à leur idée de faire payer à l'ensemble du village une taxe à 75% (au-dessus du million de sesterces). Le bougon Obélix n'a pas tergiversé très longtemps, pour lui (et son entreprise florissante de menhirs) c'est impensable. Au revoir Gaule, mère patrie, et direction la démocratie soviétique.
Tout le monde a un peu donné son avis sur la question de part et d'autre de l'Oural. Sauf moi, simple citoyen ordinaire. Le débat a été tendu, avec un premier ministre minable, un Torreton grossier et un Lanvin pute. Oui, les mots ont parfois été vulgaires, et la tendance ne s'améliore pas au fil des jours, les Inrockuptibles ayant décidé de tuer le cochon.

Danton-Gerard-Depardieu-Philippe-Torreton.jpgPar où commencer ? Par Obélix, tout d'abord, car c'est de lui que tout part. Obélix qui fut Danton, révolutionnaire audacieux (ci-dessus). Obélix qui part, en Belgique. Ce n'est pas le premier à franchir la frontière dans ce sens. Beaucoup préfèrent la Suisse ou Monaco. Mais ceux-ci le faisaient dans un autre climat. A l'heure où l'on demande une certaine solidarité (financière) aux plus riches du pays, Obélix fuit le bateau qui tangue. Et ce n'est pas son poids physique ou financier qui provoque les remous, mais son poids culturel. L'image que cela envoie, en France, à ceux qui galèrent. L'image que cela envoie, dans le reste du monde, d'une France qui fait fuir les riches (on n'en avait pas forcément besoin!). Non, Obélix, sur ce coup là, je ne te soutiens pas. Payer 75% d'impôt au-dessus d'un million de revenus, ça ne me semble pas honteux. Peut-être parce que l'histoire m'a appris que ce fut déjà le cas, et que les États-Unis des années 50 avaient des impôts sur le revenu à 90%. Et Gérard Lanvin d'affirmer qu'il ne faut pas le prendre pour une pute... il en connaît beaucoup, des putes, qui gagnent un million d'euro sur une année ?? Et le métier d'acteur est-il comparable à celui d'une prostituée ? Il conseille même à ses enfants de quitter la France. Et les commentateurs du Figaro d'applaudir, les mêmes qui il y a quelques mois encore proclamaient à tue-tête : la France, tu l'aimes ou tu la quittes !


Le choix de la Russie a provoqué un échos encore plus fort. La Belgique passe encore, on sait qu'Obélix aime les sangliers avec des frites, assortis de bière. Mais la Russie ?! En quelques heures Vladimir Leninus Stalinus Poutinus lui offre un passeport. La Russie ? Le pays où un président de la République peut devenir premier ministre pour contourner la loi (et garder le pouvoir) puis redevenir président de la République. Le pays où la liberté d'expression est très limitée, le pays où la dernière élection a été un peu (trop) truquée. Obélix, celui qui résiste à l'oppresseur, se jette dans les bras de l'empereur Tsar.

En Russie, ce sont surtout les opposants qui ne comprennent pas. Merci Danton pour ton audace.


Cependant, jeter simplement la pierre sur Obélix serait minable. Et pour cause, ils sont nombreux à en faire de même, sans le claironner sur les monts de l'Oural. Combien de réfugiés fiscaux dans les Alpes suisses ? Acteurs, sportifs, patrons... et pas seulement depuis Julius Hollandus ! Il paraît que le bouclier de notre ancien chef devait les ramener à la maison. Je m'en souviens bien du petit, debout sur le bouclier, à l'attention des riches de Gaule et de Navarre : venez les riches, je vais vous sauver ! Le résultat, on le connaît ! Peu sont revenus, et l’État faisait des chèques à Liliane Bettencourt (100 millions d'euro au total !).

Jeter la pierre sur Obélix sans jeter un caillou sur Julius Hollandus et son armée serait aussi une faute. Parce qu'au niveau de la manœuvre, ce fut une petite Bérézina ! C'est bien de claironner un peu partout : vive la taxe à 75% ! vive la taxe à 75% ! Et puis pouf, retoqué par le Conseil Constitutionnel. On a eu le désavantage, à savoir une mauvaise publicité dans tous les pays anglo-saxons, sans avoir l'avantage, avec les quelques centaines de millions d'euros que l'on espérait voir rentrer dans les finances de l’État. Merci Julius.

 

Décidément, je préférais les aventures de l'original. Surtout qu'on savait la Gaule gagnante à chaque fois.

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14 janvier 2013 1 14 /01 /janvier /2013 13:50

Monsieur le maire,

 

 

Je me permets de vous écrire à la suite de votre opinion concernant le mariage pour tous parue le mardi 8 janvier dans mon édition locale de la Voix du Nord.

Les propos qui sont rapportés par la rédaction étaient « Je trouve qu'il y a des sujets beaucoup plus graves. On passionne des gens sur ce sujet qui ne concerne que peu de monde. Personnellement je n'y suis pas favorable car j'ai une certaine vision de la famille, avec un papa et une maman. Je comprends le besoin d'être reconnu de ces personnes, mais le PACS existe pour ça. Si la loi passe, je procéderai au mariage, car je représente la loi et il faut l'appliquer. En ce qui concerne l'adoption, le sujet est bien plus délicat et je suis encore plus réservé. »

 

Voyez-vous, Monsieur le maire, je ne suis pas d'accord avec votre argumentation. Non pas que je vous refuse le droit d'être opposé à cette loi, chacun est libre d'avoir un avis sur ce sujet de société, comme sur les autres. Cependant, vous êtes le premier magistrat de notre commune, et à ce titre représentez l'ensemble de ses habitants. C'est pour cela que j'ai pris la plume, afin de vous témoigner de mon opinion, celle d'un de vos concitoyens, opposée à la vôtre.

 

Oui Monsieur le maire, il y a des sujets beaucoup plus graves que le mariage pour tous. Les guerres, les gens qui meurent de faim dans le monde, les gens qui dorment dans les rues de France et de Navarre... Mais ne faut-il répondre qu'à ces problèmes, sans se préoccuper des autres ? Oui, monsieur le maire, le chômage est un sujet très important. Mais n'y-a-t-il pas 20 ministres et 18 ministres-délégués ? On leur dit assez souvent qu'ils ne font pas grand chose, alors va-t-on se plaindre si un ministère se consacre en partie à cette question ? Cela ne va pas empêcher les autres questions d'être traitées ! Si on réfléchit comme cela, ne risque-t-on pas de ne plus faire grand chose ?

 

Non, Monsieur le maire, ce sujet ne concerne pas que peu de monde. On estime qu'au moins 1% de la population française est homosexuelle (estimation basse). Ce qui nous donne plus de 500 000 personnes. Ne devons-nous pas nous soucier de ces 500 000 personnes ? Est-ce que ce n'est pas assez ? Quel est le nombre minimum de personnes concernées par un problème pour que nous commencions à nous y intéresser ? A titre d'exemple, et je sais qu'il vous tiendra à cœur, selon le recensement agricole de 2010, il y avait en France 600 000 chefs d'exploitation et co-exploitants agricoles. Ne doit-on pas passionner les gens sur leurs problèmes, ou ceux-ci ne concernent-ils que trop peu de monde ?

 

Non, Monsieur le maire, le PACS n'est pas suffisant. Savez-vous qu'en matière de succession et d'héritage par exemple, la situation est fort complexe pour un couple pacsé. Ainsi, contrairement au conjoint survivant, le concubin pacsé n'est pas héritier de son partenaire. En présence d'enfants, qu'ils soient issus ou non du couple concerné, on ne peut léguer à son partenaire que la quotité disponible, qui varie selon le nombre d'enfants : un tiers du patrimoine avec deux enfants, un quart avec trois enfants ou plus. N'est-ce pas là une injustice flagrante pour ces couples ?

 

Monsieur le maire, je connais des personnes ayant été élevées par deux papas, ou deux mamans. J'ai beaucoup lu sur le sujet, j'ai regardé ce qui se fait en Belgique, aux Pays-Bas, en Espagne et dans les 8 autres pays ayant déjà franchi le pas. J'ai recherché les analyses des scientifiques, des psychiatres ou autres psychologues. Et je n'ai pas trouvé une seule étude qui corrobore les craintes d'une grande partie de la population concernant le sort des enfants. Non, leurs enfants ne sont pas plus malheureux. Non, ils ne sont pas plus perdus que les autres au moment de l'adolescence. Et figurez-vous que non, ils ne sont pas forcément homosexuels. Personnellement, vous avez le droit d'être opposé à la réforme. Mais je voulais vous faire savoir qu'une partie de vos concitoyens, que vous représentez, se déclare en faveur de la loi.


Je tiens aussi à vous remercier pour votre affirmation concernant le fait que vous appliquerez la loi. Beaucoup de vos collègues ayant déclaré le contraire devraient vous prendre comme exemple (notamment votre collègue de la CASO Louis Cainne). Le représentant de l’État doit accepter une loi de l’État. Dans le cas contraire, ça en ferait un hors-la-loi.


Enfin, je vous retranscris ici l'opinion du maire de Wismes, Jean-Luc Hochart : « 
Si on m'oblige à faire ce genre de choses, je rends mon écharpe de maire. Arrêtons de bafouer nos valeurs. Il existe des sujets beaucoup plus urgents à traiter que de penser à quelques individus. Qu'ils aillent vivre dans un autre pays. C'est contraire à ce qu'on nous a appris dans la morale chrétienne ».


Vous pouvez comprendre, Monsieur le maire, cher ami, que lire ce genre d'opinion plusieurs jours consécutifs dans mon journal m'a passablement déplu. L'image qu'elle renvoie est parfois détestable. J'espère que vous comprendrez ainsi mieux ma démarche.

 

En vous remerciant de l'intérêt porté à cette lettre.

 

Respectueusement,

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10 janvier 2013 4 10 /01 /janvier /2013 06:41

Alors que la manifestation contre la mariage pour tous aura lieu ce dimanche, et que trois bus partiront de Saint-Omer, où je réside actuellement, un nouveau point sur ce thème (après la contre-argumentation) en regardant ce qui se fait à l'étranger. C'est un sujet que j'ai déjà évoqué par deux fois, et rien de tel qu'une carte.

Le-mariage-et-l-adoption-homosexuel-pour-tous-dans-le-monde.gif

Qu'on ne m'accuse pas sur la source, c'est Le Figaro, quotidien plutôt conservateur ! Comme vous pouvez le voir, 11 pays ont franchi le pas du mariage (ainsi que 7 États américains et Mexico), et 13 celui de l'adoption (ainsi que 2 États australiens et 19 États américains!). A noter que les pays nordiques autorisent également les mariages religieux, l'église luthérienne ayant soutenu les projets.

 

Les pays qui ont évolué sur ce sujet sont loin d'être, selon moi, des contre-exemples. Au contraire, ce sont les pays les plus évolués au sens de l'IDH (indice de développement humain). Alors que, dans le même temps, le fait d'être homosexuel dans le monde est parfois puni... de la peine de mort. Mais pourtant ce sont des pays sympa ! Arabie Saoudite, Soudan, Somalie... Des pays qui ne vivent pas du tout, mais alors pas du tout, dans le passé...

Lois-sur-l-homosexualite-et-le-mariage-dans-le-monde.jpgUn rappel, que j'aime souvent évoquer, l'Organisation Mondiale de la Santé n'a supprimé qu'en... 1990 l'homosexualité de la liste des maladies mentales. 
Alors on n'hésite pas à utiliser ces arguments pour mamie, qui est apparemment celle qu'il faut le plus convaincre d'après le sondage du jour ! (38% des plus de 65 ans approuvent le mariage homosexuel, contre 75% des 18/24 ans ! Pour être complet, 70% des 25-34 ans, 68% des 35-49 ans et 55% des 50-64 ans approuvent également la réforme, ce qui donne un total de 60% d'approbation) 

Oui à l'égalité, à la justice et au progrès. 

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3 janvier 2013 4 03 /01 /janvier /2013 10:57

Hier, dans ma Voix du Nord édition Saint-Omer, j'ai pu lire un article consacré au mariage pour tous, avec la majorité des maires de la communauté de communes du canton de Fauquembergues qui se déclare opposée au projet de loi. 12 maires y sont défavorables, 3 sont favorables, et 3 sont pour le moment sans opinion. Au delà de l'information, ce sont surtout les raisons développées par le premier magistrat des communes concernées qui m'ont poussé à écrire cet article.


Je l'ai déjà dit, c'est d'ailleurs un de mes vieux combats : je suis favorable au projet de loi sur le mariage pour tous. Que ce soit le mariage, l'adoption et même la PMA (procréation médicale assistée).


Que nous dit par exemple Alain Méquignon, maire de Fauquembergues ? Qu'il est « comme catholique, contre le mariage, qui, pour [lui], est un sacrement ». Je remercie le maire de Fauquembergues pour cette explication assez facile à mettre en déroute. Alain Méquignon, doit en effet être contre le divorce, je présume, puisque c'est est une rupture du sacrement, et donc un véritable péché pour le catholique qu'il est. Cependant, en tant que premier magistrat, nous n'avons que faire de sa religion. Il se doit d'être un laïc, en vertu du principe de séparation de l’Église et de l’État. Et si l’État considère que le mariage pour tous est une avancée du XXIème siècle comme le fut le divorce au XXème siècle, le premier magistrat devra donc accepter cette loi. Même s'il n'est pas en accord avec celle ci.


Mais Alain est également « totalement opposé à l'adoption d'en enfant par deux parents du même sexe ». Et pour cause, pour lui, « une famille, c'est un papa, une maman et des enfants  ». Un peu comme Joël Roclin, maire de Reclinghem, pour qui « une famille, c'est un papa et une maman, c'est un repère auquel il ne faut pas toucher ». A cette occasion Messieurs Méquignon et Roclin saluent l'ensemble des familles monoparentales de France et de Navarre, qui ne sont donc pas pour eux de véritables « familles ». Mais dites-moi messieurs, êtes-vous entrés dans le XXIème siècle ? Savez-vous que déjà, en 2007, les familles monoparentales représentaient 20% du total, en constante évolution depuis 40 ans ? Et je présume qu'en 2012 on doit s'approcher du quart des familles.

 

Merci Alain et Joël pour votre argumentation. Oh, mais tiens, un autre Alain, Deblock celui-ci, maire de Bomy. « Je suis défavorable, parce que je pense que c'est un peu contre-nature ». Bon argument, fortement détaillé. Mais je me pose une question : est-ce que c'est autant contre-nature que les médicaments ? Que la science en général ? Finalement, les homosexuels existent depuis la nuit des temps. Et il y a plus de 500 espèces animales où l'on retrouve des comportements homosexuels. Est-ce donc contre-nature ? Alain Deblock persévère cependant, et déclare que « si le cas se présente, [il] n'acceptera pas de célébrer le mariage ». Le représentant de l’État n'acceptera donc pas une loi de l’État. Ce qui en fera un hors-la-loi.

 

Ah, l'argument de Christian Crunelle, maire de Dennebroeucq. « Je pense qu'il y a d'autres sujets plus graves et plus importants que celui-ci, en ce moment en France ». Un argument que je retrouve sur beaucoup de forums, notamment sur Le Figaro. Oui Christian, le chômage est un sujet très important. Mais n'y-a-t-il pas 20 ministres et 18 ministres-délégués. On leur dit assez souvent qu'ils ne font pas grand chose, alors va-t-on se plaindre si un ministère se consacre en partie à cette question ? Cela ne va pas empêcher les autres questions d'être traitées ! Si on réfléchit comme toi, Christian, on ne ferait plus grand chose.


Bernadette Franche, maire de Laire, une opinion ? « Je pense qu'un papa et une maman sont plus à même de favoriser le développement d'un enfant ». Bernadette, es-tu psychiatre ? Non, je demande, car il n'y a aucune étude scientifique qui déclare que le développement d'un enfant est gêné par le fait d'avoir des parents homosexuels. Vous connaissez peut-être, autour de vous, des enfants ayant été élevés par des homosexuels. J'en ai personnellement rencontré. Sont-ils différents ? Il me semble que non. Et pour la plupart d'entre-eux, ils sont hétérosexuels !

 

C'est d'ailleurs souvent l'argumentation principale des opposants à l'adoption : n'y-a-t-il pas un risque pour les enfants ? Vous savez, le risque que les enfants soient perdus, qu'ils n'aient pas assez de repères, qu'ils ne se développent pas comme il faut. Un peu les mêmes arguments que ceux développés au début du XXème siècle quand certaines femmes voulaient travailler. Mais qui va s'occuper des enfants ?


Prenons l'exemple de ma sœur. Celle-ci évoque ses souvenirs et déclare qu'elle n'aime pas l'idée de l'adoption en raison des risques de moqueries de la part d'autres élèves à l'école. Cet argument ne tient pas la route pour deux raisons :

- c'est un argument généré par les anti-homo contre le fait que les enfants d'homos vont être victimes de moqueries de la part des enfants des anti-homos. On voit que c'est un cercle vicieux. Un peu comme quand les enfants noirs étaient victimes de moqueries de la part des enfants de racistes. Est-ce que c'était la faute des parents noirs ? Ou celle des parents racistes ?
- les moqueries dans les cours de récré touchent à tout. Si quelqu'un se moque de la coupe de cheveux d'un autre élève, va-t-on interdire cette coupe ? Si quelqu'un se moque des vêtements d'un autre élève, va-t-on les interdire ? Si un enfant se moque du nez d'un autre enfant, va-t-on interdire aux parents de se reproduire, pour raison que leur précédent enfant était moche ?

Et quand ma sœur déclare que ces enfants là ont peut-être été malheureux pendant leur enfance, je lui répond qu'ils n'avaient pas le monopole du malheur. Et que nombre d'enfants de familles « normales » ou monoparentales connaissent également le malheur pendant cette période de leur vie. Souvent ça les endurcit. Non, je ne crois pas que les enfants d'homosexuels seront tous heureux avec leurs parents. Pas plus, mais pas moins non plus qu'avec des parents hétérosexuels. L'important dans tout ça, ça reste qu'ils puissent recevoir suffisamment d'amour.

Nous-aussi--on-veut-congeler-nos-bebes.jpg
Finalement, je vous laisse avec cette pancarte un peu provocatrice. J'aime beaucoup l'humour noir. Mais trêve d'humour, étant donné que les anti-mariage pour tous manifesteront le 13 janvier. J'espère qu'ils liront ce petit post de blog avant la manifestation. Et qu'ils trouveront d'autres arguments. Car ceux cités plus hauts et répétés à tue-tête depuis plusieurs mois/années/siècles ne tiennent décidément pas la route.

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14 décembre 2012 5 14 /12 /décembre /2012 07:05

Vous avez sans doute vu aux informations la bagarre un peu surréaliste au sein du parlement ukrainien. Le parlement s'était réuni pour la première fois avant-hier, et l'Europe a eu à cette occasion la chance d’accueillir un nouveau parti d'extrême droite au sein d'un de ses parlements (le 16ème). Pour fêter ça, voici une carte personnelle des résultats de l'extrême-droite aux élections législatives selon les pays (entre parenthèses, la date de la dernière élection) . En vert, ce sont les pays qui n'ont pas d'extrême-droite au sein de leur parlement. Plus la couleur brunit et moins c'est bon signe.

Carte-Europe-Extreme-Droite-2012.jpg

Comme vous le voyez, j'ai mis 3,66% pour la France, ce qui correspond aux résultats du Front National au deuxième tour. Mais le système français est très différent du reste de l'Europe, et les 13,6% du premier tour ne doivent pas être oubliés.

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11 décembre 2012 2 11 /12 /décembre /2012 12:38

Assis dans un train TGV en provenance de Strasbourg et à destination de Lille, je suis à côté d'un Monsieur aux cheveux blancs, 75 ans, mais qui en fait 60. Lunettes sur le front, barbe couleur neige et yeux verts. Il va récupérer son petit-fils à l'aéroport Charles de Gaulle. Je débute la conversation, n'étant pas d'humeur à regarder un film en ce début d'après-midi. « D'où revient votre petit-fils ? »

« Il arrive de Nouméa, en Nouvelle-Calédonie. »

Il m'explique alors son histoire familiale. Il fut le premier à se rendre en Nouvelle-Calédonie, âgé de 20 ans. Il pensait être envoyé en Algérie et se retrouva finalement à Nouméa. Plutôt verni sur ce coup là. A l'époque, l'île c'est « un peu la brousse ». Il rencontre une femme, se marie et monte son petit business. Il perd sa femme relativement jeune, en retrouve une seconde à Cannes quelques années plus tard, avec qui il s'est remarié. Celle-ci est également décédée. Doublement veuf (moins verni sur ce coup-là), il a maintenant une copine sur Strasbourg.

Ce Monsieur a une vision de la société et des dénominations qui viennent de son époque. Il dit des choses que je qualifierais de politiquement incorrect. Ainsi, les Asiatiques sont des « jaunes ». Quant aux Mélanésiens, populations locales de Nouvelle-Calédonie, ce sont « des fainéants ». Très vite nous évoquons les possibilités d'indépendance et le référendum qui doit se tenir là-bas depuis plus de 15 ans. Il le dit très clairement, il est pro-français. Il me demande de citer un seul exemple d'indépendance de la France qui a réussi. Je sèche un peu. « C'est la misère partout où on était ». J'hésite à dire le Vietnam et puis je pense aux guerres, Cambodge la guerre civile. J'ai la Louisiane pour les États-Unis ou le Québec, mais je pense qu'il ne parlait pas de ces indépendances là.


Il tente de m'expliquer que l'erreur de la France a été de donner de l'instruction aux autochtones, tout en refusant tout partage du pouvoir et en ayant une attitude raciste. C'était l'époque. Du coup, les locaux, « qui sont parfois pas plus cons que vous ou moi » ont bien compris que le système n'était pas juste. Lucidité.


Ensuite il m'évoque ses impôts. Étant étudiant sans aucun revenu, je ne suis pas concerné par la question. Mais j'aime beaucoup écouter les gens se plaindre, dans la vraie vie ou sur Facebook, du fait qu'ils payent trop d'impôts. On les entendait moins quand ils avaient l'école gratuite. Il enchaîne sur l'assistanat. Là, je me dis que j'en tiens un. Puis l'immigration massive. Il cite un socialiste qu'il aimait bien, Rocard « on ne peut pas accueillir toute la misère du monde ». Je hoche la tête en signe d'approbation. Difficile de dire le contraire et je sais que si je me lance dans un débat nous risquons de passer un mauvais voyage. Je me plais à l'étudier, notamment son système de pensée. L'enchaînement impôt/assistanat me fit penser qu'il était de droite. En effet, « il était de droite ». Mais l'argument immigration me le rapproche de l'extrême-droite (bien qu'on commence de plus en plus à avoir des difficultés à les dissocier). « j'ai beaucoup de respect pour les Le Pen, d'ailleurs, la prochaine fois, je vote FN. Depuis 30 ans, c'est la droite, c'est la gauche, et ils font tous des conneries. Alors je ne vois pas comment le FN peut faire pire qu'eux ». J'ai des arguments - guerre civile, politique raciste qui nous ramène aux heures sombres de l'histoire, débâcle économique, renfermement sur soi... - mais je n'ai pas le temps de les développer. Il revient sur les Mélanésiens. Il a eu peur il y a quinze ans, lorsque le référendum devait se tenir, « peur de se retrouver comme les pieds-noirs ». Sans rien, quitter son pays, son île et se retrouver en métropole en attendant l’aumône des autorités. Alors il a choisi de quitter son île, après 40 ans passés sur place. Et il était de ce fait assis à côté de moi.


J'ai parfois peur de notre avenir politique.

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8 décembre 2012 6 08 /12 /décembre /2012 06:49

Cope-fillon-ump-rump.jpgJ'ai deux sentiments qui me traversent, comme beaucoup d'entre-nous. D'un côté, il y a un certain plaisir à voir la politique sous son vrai visage. De les voir se déchirer, devant les caméras. Des hommes et des femmes qui finissent par se détester alors qu'ils appartiennent officiellement au même parti politique. Et puis j'ai de la peine. De la colère. Car si ce n'est pas aux extrêmes, à qui profite le crime ?

 

Depuis des dizaines d'années les extrêmes crient sur tous les toits qu'ils sont tous pourris. Qui « ils » ? Les hommes politiques bien sûr. Ils déclarent qu'ils ne pensent qu'à leur personne, et à leur propre carrière. Qu'ils se foutent bien de l'intérêt général ou des électeurs.
Et qu'avons-nous depuis maintenant 3 semaines ? Une querelle d'hommes, qui supplante la querelle d'idées. Des élections que l'on accuse d'avoir été truquées. Un candidat qui se déclare vainqueur avant la proclamation des résultats. Puis on s'aperçoit qu'on a oublié de compter des bulletins. Et dire que ça a dirigé le France pendant ces cinq dernières années ! Qui s'étonne maintenant que nos comptes étaient déficitaires ?! On fait des recours, on se divise. Et le bilan ? La majorité des Français commence déjà à détester les deux candidats. « Fillon ou Copé ? Les deux sont pourris ! »

 

Il y a quatre ans, le congrès de Reims et les socialistes avaient fait rire les militants de droite. Rira bien celui qui rira le dernier. A force de perdre des élections nationales (régionales, présidentielles, législatives), l'UMP a réussi à perdre sa propre élection, en étant la seule à avoir des candidats.

 

Mais ce qui m'inquiète un peu plus encore que cette querelle de personnes et d'ego, c'est la querelle des idées. D'un côté, il y avait pour moi la droite sociale, gaulliste, chiraquienne, la droite qui pense à l'alliance avec le centre et qui refuse de pointer du doigt certaines minorités. Et de l'autre, il y avait la droite dure, la droite forte comme ils l'appellent, celle qui voit le Front National comme un possible partenaire, celle qui est justement téléguidée par un transfuge du parti d'extrême-droite. Celle qui parle de pain au chocolat, désigne les Roms ou les musulmans. Celle du discours de Grenoble et des centres de rétention. Celle de la politique du chiffre et du refus de l'homosexualité. Celle qui a voté pour la peine de mort alors que François Fillon a voté contre. Celle qui croit parler au nom des « vrais Français » et du « vrai travail » comme si certains étaient faux. Celle qui joue sur les peurs. Celle qui me fait peur.

 

Avant le vote, j'étais contrarié. D'un côté, une victoire de Fillon permettait un gros boulevard à sa droite, et donc au Front National. De l'autre, une victoire de Copé amenait déjà à une victoire des idées du Front National et des sujets qu'il souhaite traiter. Bref, ce vote sentait déjà la défaite à plein nez. Mais je crois qu'ils ont fait pire encore. C'est la République qu'ils risquent d'assassiner.

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