13 mars 2012 2 13 /03 /mars /2012 13:25

Il s’en passe des choses en 6 mois. Chez vous comme chez moi. Déjà physiquement : 3 kilos de perdus ! Je ne comprends pas. J’ai laissé pousser la moustache. Plus par fainéantise que par effet de mode. Et puis intérieurement.

 

Ma vision du voyage s’est transformée. Je partais avec l’idée d’un tour du monde sur 1 an, peut-être un peu plus. Je pensais fêter ces six mois de voyage en Australie. J’imaginais aussi voyager seul.

On se trompe toujours lorsqu’on imagine un voyage. On pense savoir ce qui nous attend et c’est très souvent bien loin de la vérité. J’imaginais l’Asie un peu plus différente encore de l’Europe. Notamment l’Asie du Sud-Est. J’ai compris que la mondialisation a déjà emporté beaucoup de la culture locale. Que c’est le moment d’y aller car l’Asie est éveillée, est réveillée. Le grand sommeil du dragon chinois est fini depuis 20 ans et le pays change à un rythme effréné, entraînant dans son sillage l’ensemble de ses voisins, parfois à marche contrainte et forcée.

Les touristes sont partout, y compris au plus fin fond du Laos. Seules la Mongolie et la Chine intérieure     peuvent encore donner l’impression d’être un grand explorateur, rencontrant très souvent la barrière de la langue malgré la prédominance de plus en plus forte de l’anglais.

 

Ce qui a particulièrement changé, c’est l’idée même du voyage. Et du temps qu’il faut. Il est loin le tour d’Europe en 41 jours, en traversant 25 pays. Cette fois, je prends mon temps, je profite de la chance qui m’est donnée de ne pas avoir de date retour, de ne pas avoir d’obligation estudiantine ou professionnelle, et d’avoir un peu de finances sur le compte en banque. J’ai été au bout de la majorité de mes visas et je ne regrette cette décision en rien. J’ai compris que le temps est la plus importante des richesses. Pour tenter de connaître un pays, pour le visiter de bout en bout, il faut se donner du temps. Si vous avez un mois devant vous, ne vous efforcez pas de faire l’ensemble des pays d’Asie du Sud-Est, privilégiez un pays, découvrez sa population, ses coutumes, sa nourriture et l’ensemble de ses richesses invisibles au premier abord. Car parfois, à trop vouloir en voir, on n’y voit plus rien.

 

Ce voyage me laisse beaucoup de temps pour réfléchir, à ce que je souhaite dans le futur, proche ou lointain. Je n’ai pas grandement évolué de ce côté-là. Je dirais même que les idées avec lesquelles je suis parti se sont renforcées. Oui, je pense qu’une thèse sur les génocides ou sur la situation politique de l’Afrique Centrale valent le coup. Oui, je pense sérieusement à m’étaler un peu plus sur du papier, à le griffonner, à le chiffonner, à le déchirer, et recommencer, encore et encore, jusqu’à ce que je sois satisfait du résultat. Non je ne crois pas au bonheur de l’argent et de la consommation, ou si peu. Oui, je crois que la culture est la chance du XXIème siècle, que nous avons tout à portée de main, à condition de s’y intéresser un peu. Oui, je pense que la politique est l’une des meilleures façons de faire changer les choses, de les faire évoluer dans la bonne direction, et encore plus d’empêcher qu’elles aillent dans la mauvaise. Comment s’engager ? Quand ? C’est une autre histoire. Oui, enfin, je pense la paix, je crois la paix, je mangerai la paix.

 

Ce voyage me laisse beaucoup de temps pour me découvrir. Intérieurement. Et quand je pense la paix, extérieure, avec les autres, quand je l’imaginais entre les pays, entre les populations, j’en oubliais que la paix commence avec soi-même. C’est là mon plus bel accomplissement. D’avoir trouvé des mots, peut-être pas les bons, mais de les avoir écrits. De les avoir partagés. Car la paix avec soi-même est aussi une paix avec l’autre.

 

Enfin, quand je regarderai ces 6 premiers mois, je les regarderai avec quelqu’un. Je les regarderai avec vous, qui, d’un pays qui me paraît bien lointain, me suivez régulièrement par mes écrits ou mes photos. Vous qui, j’espère, voyagez en même temps que moi à chaque nouveau pays traversé, à chaque nouvelle culture rencontrée, à chaque nouveau paysage découvert. Et puis je les regarderai avec Elle. Ma partenaire, ma fidèle équipière, avec qui j’ai partagé près de 6 mois de vie commune sans que l’on puisse s’en rendre compte. Mais j’y reviendrai, sur ces 6 mois…

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8 mars 2012 4 08 /03 /mars /2012 08:08

 


 

 

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25 février 2012 6 25 /02 /février /2012 06:54

P1090313.JPGLe Lonely Planet. Le guide du voyageur. Enfin le guide DES voyageurs. Et c’est là le problème. Le guide est tellement répandu, surtout celui ci-dessus, que le voyage en Asie du Sud-Est ressemble de plus en plus à un voyage organisé. Non pas le voyage organisé que l’on imagine : un groupe de retraités dans un bus qui va de ville en ville, non pas pour danser la samba mais pour voir tout ce que le pays peut offrir, dans un temps limité. Non, le voyage organisé Lonely Planet, c'est une multitude de jeunes gens qui se retrouvent aux mêmes endroits au même moment, suivant les conseils de leur guide préféré. Je n’évoque pas les hôtels que le Lonely Planet fait figurer –surabondés, avec des prix réévalués depuis que le nom figure dans le guide-. Je n’évoque pas les restaurants, qui affichent parfois l’inscription Lonely Planet en plus grand que le menu. Non, je parle tout simplement des villes et surtout des villages.

 

Lorsque le Lonely Planet évoque un village perdu au fin fond du Laos, son charme, sa tranquillité… c’en est fini pour lui ! Et pour cause, à peine l’édition parue, une ruée de voyageurs à la recherche d’un magnifique coin perdu vont se ruer sur le lieu. Des hôtels vont se construire en nombre - vive le ciment - et les petits magasins pour habitués se transformer en magasins à touristes. Bilan : le charme et la tranquillité ont disparu, les touristes sont arrivés, les prix ont augmenté. Nous en avons eu la fâcheuse expérience avec Sapa, soit disant un endroit magnifique pour rencontrer les minorités du Nord du Vietnam. Bilan : un touriste pour un habitant. Et surtout, les populations issues des minorités sont devenues tellement habituées aux touristes qu’elles agissent différemment. Très souvent de vieilles femmes s’accrochaient à mon bras pour essayer de me vendre un bracelet, un vêtement ou une boîte « issue de leur minorité ». Touristifié. Maladie répandue.

 

Ce qui était une idée de génie au départ est devenue une plaie, un danger. Les restaurants ou les hôtels donneraient père et mère pour figurer dans le guide mythique. Au contraire, ceux qui n’y figurent pas, ou qui n’y figurent plus, voient leur nombre de visiteurs diminuer, sans avoir pourtant changé quoi que ce soit. Ici, au Laos, je suis dans un hôtel qui affiche 70-80 000 kips sur le Lonely Planet. Nous payons 100 000 kips. Nous avons vu en Chine un restaurant qui affichait sur sa devanture : « nous ne sommes pas dans le Lonely Planet mais nous faisons également de la bonne nourriture ! ». Nous avons rigolé et sommes entrés.

Avant-hier nous voulions voir un coucher de soleil « renommé » pour le Lonely Planet. Résultat ? Ca !

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Romantique n’est-ce pas ?

Le gros problème du Lonely Planet, surtout celui qui figure sur la photo, c’est son nombre d’exemplaires. Nous avons vu une voyageur sur deux se balader avec ce guide. Certains lui ont donné un surnom : « le banana-pancake Lonely Planet ». Car, dans l’ensemble des villes et villages cités par le guide nous retrouvons des crêpes à la banane, spécialement pour les touristes.

 

L’augmentation, ou plutôt l’explosion du tourisme me fait un peu peur. Peur de voir changer les lieux cités dans ces guides, peur surtout que la mentalité des locaux n'évolue, qu’ils ne voient dans l’Occidental qu’un portefeuille sur pattes. J’ai souvent l’impression que c’est déjà le cas.

De temps en temps j’ai bien envie de foutre le guide dans une poubelle, et de voyager un peu au hasard. Au risque de manquer les plus beaux monuments, les plus belles villes. Au risque de rencontrer des locaux peu habitués aux Occidentaux. Avec la chance de faire plus de découvertes, de s’immiscer pleinement dans la culture et dans le pays. Avec le risque de la barrière de la langue, qui gêne après quelques heures, quelques jours.

 

Tout ça, c’est sans doute un peu d’égoïsme. Nous voudrions souvent être seuls dans un coin paradisiaque. Etre les seuls Occidentaux dans un village isolé, à discuter avec une minorité. Mais le paradis il faut savoir le partager.

 

Partager. Voyager. Et créer mon propre guide. Un peu ce blog. Beaucoup pour vous.

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11 février 2012 6 11 /02 /février /2012 03:16

Alea jacta est. Non, je n’ai pas décidé de franchir le Rubicon. Ni même la frontière birmane. Au contraire, nous battons en retraite !

 

La Birmanie, pourquoi y aller :

-          Baganbagan

-          Inle Lake

-          Mandalay

-          Un pays peu touristifié

-          Un pays qui a été fermé pendant des années

-          Un pays qui doit être très différent

-          Une période de pré-élection

 

La Birmanie, pourquoi ne pas y aller :

-          Impossible de franchir la frontière terrestre

-          Prendre un avion, taxe de départ

-          Besoin d’un visa

-          Il faut des billets de 100$, pas de banque sur place, calculer 3 semaines de frais

-          La moitié du pays est fermée aux touristes

-          La température va nous cramer

-          Les prix sont plus chers que chez les voisins

-          Une période de pré-élection

-          Un guide est nécessaire et obligatoire à plusieurs endroits

-          Difficile de sortir des sentiers battus

-          Donner de l’argent à un gouvernement qui est encore loin d’être démocratique

 

Non, la Birmanie, nous n’irons pas. Il y a des avantages, il y a des inconvénients. Si c’est un voyage que vous souhaitez faire, n’hésitez pas. Mais la comparaison avec d’autres pays (Malaisie, Indonésie) fait mal aux Birmans. Les inconvénients sont presque inexistants chez les Malais ou Indonésiens, les paysages ont l’air un peu plus spectaculaires, les frais seront plus limités. Si 3 semaines de Birmanie, alors pas de gros mois en Malaisie ou en Indonésie.

Les voyages c’est une question de choix. Chaque pays mérite le coup d’œil. Mais le choix est fait, nous ne le regretterons sans doute pas.

 

Programme des prochaines semaines (dates approximatives et mouvantes) : 10 jours de Laos (jusqu’au 20/02), 15 jours de Nord Thaïlande (maximum pour une entrée terrestre), un peu de Malaisie, retour en Thaïlande pour 15 jours pour le Sud, puis retour en Malaisie. Ensuite ce sera une question de choix entre les différentes îles indonésiennes et Bornéo, ou les deux.

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24 décembre 2011 6 24 /12 /décembre /2011 07:53

Et joyeux Noël au passage (depuis la plage !)


 

 

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14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 18:09

Dans l’école de la négociation, j’ai débuté par les souks égyptiens, une école très formatrice, reconnue de tous les spécialistes. Et après quelques stages intensifs aux Philippines, en Turquie, en Russie, en Mongolie et en Chine (ou dans le quartier chinois de New York !), je pense être devenu un bon négociateur. L’objectif : ne pas se faire pigeonner parce que tu es un touriste (occidental qui plus est !).

 

Le moment shopping présenté ci-dessous est extrait des histoires merveilleuses de Phileas Fogg dans les 36 old streets de Hanoi (36 rues de shopping, le fantasme de chaque demoiselle, le cauchemar de chaque homme).

 

A l’étranger, nous sommes souvent fascinés par les produits locaux,  ceux que nous n’avons pas dans notre supermarché, et dont nos voisins ignorent même l’existence. L’idée : ramener un produit dont nous serons le seul possesseur à 200 kilomètres à la ronde (tout le contraire des meubles Ikéa).

Personnellement j’ai craqué pour les couvertures de Tintin. Des 22 albums officiels, je me demande donc lequel ramener à la maison. Après mûre réflexion, et après m’être souvenu que demain, j’envoie un paquet pour la France, je décide d’acheter les 22 couvertures. Au-delà du problème du poids et de l’encombrement, c’est surtout le prix qui me fait un peu hésiter. 140 000 dongs, 5€ la couverture. Multiplié par 22, cela fait 110€ (j’espère que les filles suivent toujours après ces opérations compliquées). Une somme en soi.

 

Le premier jour, je touche un peu une couverture devant le propriétaire. Il me fixe son prix. Je le repose directement et fais une mauvaise tête. « C’est cher ». En France, 5€ ce n’est pas cher. Mais pour le Viet Nam c’est en effet un peu cher. 140 000 dongs, j’espère arriver à 100 000. « Pour vous, je peux le faire à 120 000 ». Mes pensées s’éclairent, s’il descend aussi vite, je peux arriver aisément à 80 000. Je quitte cependant le magasin et entre dans un autre. Prix de base : 100 000 dongs ! Houla, ça dégringole dans le coin !

Après une journée de lèche vitrine (fantasme de chaque demoiselle, cauchemar de chaque homme…), j’ai pu faire un comparatif des prix. Celui de base pour mon Tintin : 80 000 dongs ! Belle différence quand on veut en acheter 22 !

 

Le lendemain, je vais chez mon amie 80 000 (ce n’est pas son prénom, mais cela facilite la compréhension). 80 000 c’est le prix pour 1, combien si j’en achète 10 ? 75 000. D’accord mais si j’en achète 20 ? La vendeuse a du mal à diminuer. Elle sort 70 000 mais je sens bien qu’elle est dans sa zone limite. 70 000 c’est exactement 2,50€ la couverture. Moitié-prix depuis hier, je suis sur la bonne voie, la voie du prix juste.

70 000 x 22 = 1 540 000. Ça ne tombe pas juste ! J’explique que les ronds comptes font les bons amis (expression française, true story !). La vendeuse n’apprécie pas l’expression, mais quand je lui dis que je reviens un peu plus tard, elle finit par enlever les 40 000 gênants.

Je suis plutôt content de mon affaire. Problème, ma vendeuse n’arrive pas à mettre la main sur 3 couvertures manquantes. « Ah, c’est embêtant ». Surtout ne pas dire que ce n’est pas grave, que les 3 manquantes sont dans un magasin une rue plus loin. Elle me regarde avec un air dépité. Elle a déjà empaqueté 12 couvertures, un gros travail.

Je lui explique qu’il me faut la collection complète, que je ne peux pas ramener 19 couvertures en France… Je me dirige vers la sortie. Elle me demande un dernier prix. Je lui fixe 65 000 par couverture sinon je pars. Je sors l’argent.

A la vue de l’argent, à la vue des couvertures empaquetées, et à la vue du regard de sa mère, son fils me dit ok en anglais. Sa mère me m’adressera plus un sourire, elle est franchement en colère. Oui, règle de base : si le vendeur vous fait un grand sourire en partant, vous êtes un pigeon. Si le vendeur est en colère (tout en vous vendant le produit), pensez que vous avez obtenu le meilleur prix, le Juste prix !

 

Bon cela fait un peu salaud sur les bords de négocier pour 8 centimes d’euros par-ci par-là, mais, comme le dit l’expression, business is business. Et ça rattrape le fait de se faire pigeonner par le taxi parce que, de toute façon, vous ne connaissez pas la bonne route.

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Les règles de la négoce

Règle de base : faire marcher la concurrence, regarder dans les magasins d’à côté le prix pour le même produit.

Règle numéro 1 : ne jamais prononcer les premiers mots ou demander le prix, attendre que le vendeur parle en premier.

Règle numéro 2 : reposer l’objet lorsque le premier prix est annoncé, avec une mine de dépit.

Règle numéro 3 : ne jamais prononcer un seul prix, même lorsque le vendeur vous demande combien vous seriez prêt à mettre.

Règle numéro 4 : ne jamais verser l’argent tant que le produit n’est pas dans vos mains. S’il existe un seul petit défaut dans le produit, demander une ristourne.

Règle numéro 5 : tant que l’argent n’a pas été versé, la négociation continue. Si une offre a été acceptée, possibilité de revenir en arrière et de tester l’offre – 5/10% dans le magasin d’en face.

Règle numéro 6 : ne pas oublier que la négoce est un jeu, que l’important c’est de participer. Et surtout qu’il y ait deux vainqueurs, pas seulement le vendeur.

 

Je reste à l’écoute d’autres conseils de la part de négociants avisés.

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10 décembre 2011 6 10 /12 /décembre /2011 04:09

Carte-de-l-Asie-du-sud-est.png

Un itinéraire, ça évolue ! La preuve, j’étais parti pour 3 semaines de Russie, de Mongolie et de Chine. J’ai finalement bien raccourci les deux premiers et allongé le dernier pays cité. Rien n’est figé !

 

Cette carte, c’est mes deux-trois prochains mois de voyages.

Actuellement nous sommes au Viêt-Nam, que nous allons longer du nord au sud (ligne Hanoï-Ho Chi Minh Ville, ex-Saïgon), en passant par la baie d’Ha Long (et Cat Bah), puis Nam Dinh, Hué, Nha Tang (sur les plages à Noël), Da Lat, et le delta du Mékong. Le 31 décembre sur Saïgon.

Nous nous dirigerons ensuite vers le Cambodge puis le Laos.

 

Logiquement la suite voulait la Thaïlande, puis la Malaisie avant l’Australie. Les rumeurs disent que la cote de la Birmanie a bien remonté, tout comme celle de l’Indonésie. La Papouasie-Nouvelle-Guinée reste un fantasme seulement réalisable en cas de présence en Indonésie. Les Philippines ont été éliminées au premier tour (la faute à un voyage en 2008 !)

 

Bref, nous hésitons, et déciderons selon le temps (et l’argent) disponible dans quelques semaines/mois. Je relance l’invitation à tous ceux qui souhaitent me rejoindre dans l’un des pays cités un peu plus haut (jusque l’Australie !), vous êtes les bienvenu(e)s !

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14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 06:18

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Comme je l’avais déjà signalé, Alba et moi continuons l’aventure ensemble, sans Evi. Petit rappel des épisodes précédents : Alba, Munichoise de 20 ans, souhaite voyager à travers l’Asie. Ne trouvant pas de personnes suffisamment motivées dans son entourage, elle s’inscrit sur le site Joinmytrip.com et laisse une annonce. David, Allemand, et Evi, Autrichienne, y répondent favorablement. Ils se rencontrent une fois et décident d’effectuer une partie de l’aventure ensemble.

Dès le transsibérien, l’ambiance est compliquée entre David et Evi. Le premier choisit de continuer l’aventure seul dès Pékin (dans tous les cas, Evi aurait été prête à l’abandonner attaché à un arbre si nécessaire).

1 de perdu pour 1 de retrouvé puisque je suis accueilli favorablement dans le groupe dès la Mongolie. Entre-temps, ma situation personnelle évolue avec Alba et…

 

…l’ambiance reste compliquée avec Evi. Un couple + 1, c’est toujours bizarre pour le 1. Evi n’a pas forcément  les mêmes attentes et les mêmes opinions sur le voyage. Nous lui conseillons de poursuivre l’aventure de son côté (tout en sachant qu’elle prévoyait de faire de même dès le mois de décembre). Et c’est ainsi que je voyage avec Alba pour un temps indéterminé.

 

Nous n’avons pas le même trajet au départ, les choses ont évolué depuis. Le sud de la Chine (si mon beau visa) et les pays d’Asie du Sud-Est (si la Thaïlande existe encore) sont au programme. Cette idée est à la fois géniale et… dangereuse.

 

Pourquoi dangereuse ? Car si les choses se passent mal, cela signifie que je devrai la laisser voyager seule (et un sentiment de culpabilité apparaîtra). Mais le plus grand danger est si les choses se passent bien. Elle compte voyager jusque mai inclus. Déjà plus d’un mois et demi ensemble. Pour ne rien vous cacher je m’attache un peu. 7 jours sur 7, 24/24, au niveau du temps cumulé ensemble, le compteur défile beaucoup plus vite que d’ordinaire. Difficile de se cacher derrière les études, les amis, le boulot ou la famille… rien de tout cela n’existe en voyage. Les rares moments en solo sont concentrés dans la douche (et encore… !). Toujours ensemble. C’est la loi du voyage.

 

Mais pas pour toujours. Nous sommes d’accord, cette relation n’a pas d’avenir lointain. C’est la loi de la raison. Distance, âge, vie. Beaucoup de choses sont compliquées et je ne me vois clairement pas replonger dans une relation où les sacrifices personnels doivent être si importants. Nous ne préférons même pas envisager cette hypothèse. Pour combien de temps ?

 

Oui, il y a un risque. Mais quel risque magnifique ! Pour la suite, seul le temps me (vous) renseignera.

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23 octobre 2011 7 23 /10 /octobre /2011 04:54

P1010113C’est donc ça, un coup de foudre ?  Je l’ignorais. Je n’en n’avais jamais subi les conséquences. On me l’avait évoqué, dans les livres, dans les revues. J’avais vu quelques films qui en faisaient l’éloge, mais cela restait pour moi un genre fantastique. De la science-fiction.

 

C’est rare un coup de foudre. Alors je n’ai pas hésité. J’ai mis tous les moyens à ma disposition pour parvenir à La revoir. Un ami m’a dit qu’il croyait à l’amour dans le transsibérien. Le fou.

 

Le soir même j’ai  cru devenir fou. Elle hantait mon esprit, mes pensées. Déjà elle habitait mes rêves. Au réveil je ne pensais qu’à une chose : quelle excuse allais-je trouver pour la revoir ?

 

Le destin s’en mêla. Non, je ne crois pas au destin. Je ne suis pas fou.  Je contrôle ma vie, je contrôle mon voyage. Elle veut faire un tour organisé en Mongolie. C’est parti.

 

Ce fut des regards. Ce fut une tête sur mon épaule. Un sourire. Une main qui effleure une autre. A l’abri des regards indiscrets. A l’abri de nos propres regards.

 

Cela semblait logique. Cela semblait fou. Ses lèvres contre les miennes. En plein milieu des steppes mongoles, dans une petite yourte chauffée au bois.

 

Deux semaines plus tard j’avoue ma faiblesse. 24 heures sur 24 ensemble, cela semble trop peu. Je souris mais j’ai peur.

 

Il faut en profiter, les yeux fermés, sans se poser de questions, sans imaginer un avenir incertain. Car on le sait tous, la foudre ne frappe jamais deux fois au même endroit.

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11 septembre 2011 7 11 /09 /septembre /2011 22:45

Voir pleurer sa mère. Ou plutôt la faire pleurer. Etre la cause de sa tristesse. Et s’en vouloir.

Faire pleurer mes grands-mères. Ma marraine. Mes tantes.

« Te rends –tu compte de ce que tu vas faire subir à tes parents ? Imagines-tu le mouron qu’ils vont se faire ? »

 

Ne suis-je qu’un égoïste ? C’est dur de l’être. En pleine conscience qui plus est. Et en plus avec l’impression d’avoir raison de l’être.

 

J’éprouve cependant les pires difficultés à faire taire ma conscience. Celle qui me dit que je ne suis qu’un enfoiré de vivre mon plus grand rêve.

 

Cette sensation est accentuée par les remarques de mes proches, de ma famille, de mes ami(e)s.

D’ailleurs, beaucoup insistent sur le fait que je doive faire attention à moi. Profiter ? Non, mais revenir, oui.

 

Pourquoi le tour du monde dans ces conditions ? Non pas pour faire souffrir l’ensemble de mes proches, mais…

 

Pour moi. Parce que c’est mon rêve.

Pour les autres. Parce que c’est le rêve de beaucoup, et que tout le monde n’a pas la chance de pouvoir le faire.

Parce que le temps passe. 24 ans. Ca ne durera pas.

Parce que c’est le bon moment pour le faire. En bonne santé, en fin d’études. Pas de copine, pas d’enfant.

Pour François Marquis. Parce que la vie s’arrête parfois brutalement et qu’il faut en profiter à chaque instant.

Parce que le monde vaut le coup que l’on se bouge le cul pour le découvrir.

Parce que Tilques ça va six mois.

Parce que le Nord-Pas-de-Calais est situé juste en dessous de la plus grande dépression atmosphérique du globe et que je veux revoir le soleil une fois dans ma vie.

Parce que il y a les Ch’tis à Ibiza sur Direct 8 et que je ne veux surtout pas voir cela.

Pour éviter la saison 37 des feux de l’amour.

Pour ne pas voir Jean Pierre Pernaut tous les midis et son fameux reportage sur un marché.

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Pour le transsibérien.

Pour la Grande Muraille de Chine.

Pour le Christ rédempteur.

Pour trouver ma voie.

Pour tenter de comprendre le monde.

Pour apprendre l’espagnol.

Pour apprendre la salsa.

Pour voir un kangourou autrement que dans un zoo.

Pour que Bayankhongor ou Chiclayo me deviennent des noms familiers.

Pour découvrir d’autres civilisations, d’autres cultures.

Pour Barney Stinson.

Parce que je suis triste ici.

Parce que je suis perdu.

Pour que l’album de cartes postales de ma grand-mère soit rempli et qu’elle doive en racheter un autre.

Parce que la liberté a été si difficile à obtenir pour d’autres générations.

Parce que la liberté est si difficile à obtenir pour d’autres peuples.

Pour manger un plat chinois sans être malade.

Pour apprendre comment faire un massage thaï.

Pour jouer au football dans chacun des pays traversés.

Pour le Maracana.

Pour jeter mon téléphone portable avec le sourire.

Pour Couchsurfing.

Pour la France.

Pour le Général.

Pour rencontrer l’amour.

Parce que je suis né pour ça.

Pour la vie.

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