29 juillet 2009 3 29 /07 /juillet /2009 09:34

 Après un gros détour par Vladivostok qui nous prit quelques mois (blague ironique de l'auteur : le récit de ce tour prend beaucoup plus de temps qu'imaginé), nous arrivâmes enfin à Sofia. Depuis ce fameux mercredi, de l'eau a coulé sous les ponts! Ainsi pour la première fois, je peine à relire mes notes de crayon de bois qui subissent les effets du temps, et certains des moments évoqués dans mon carnet ne me rappellent plus rien.


   

Vers les 11h du matin, nous entrons dans la capitale bulgare, ville de 1.2 millions d'habitants mais étrangement très étendue. Nous apprécions le retour de TOMTOM, notre bien nommé GPS, dans le coma depuis la Grèce. 

europa tour (34)

Sofia est une superbe ville. Une fois encore, nous découvrons un univers nouveau, que ce soit au niveau des paysages ou de la population. Pour la première fois, nous visitons des Eglises orthodoxes, dont l'atmosphère rompt véritablement avec nos Eglises catholiques. Dans ce genre d'édifice, beaucoup de bois, et les murs sont entièrement recouverts de peintures. La messe orthodoxe renforce notre impression d'exotisme. Les rues de la ville sont bourrées de charme, sans savoir vraiment l'expliquer. J'ai personnellement l'impression de découvrir pour la deuxième fois, avec Istanbul, une ville réellement différente, qui se démarque de toutes les autres quelque peu semblables que nous avons déjà visitées. Seul Romain semble rester insensible à l'univers bulgare qui nous séduit Jérémy et moi, lui qui n'a jamais vraiment apprécié les villes. Il décide de faire une sieste dans un parc au pied de l'imposante Cathédrale Alexandre-Nevski. Pendant ce temps, Jérémy et moi en profitons pour rentrer dans un étrange bâtiment aux allures d'école d'Harry Potter. Le gardien nous autorise la visite, après nous avoir proposé de nous prendre en photo. Il s'agit en fait de l'université de la ville, et ses couloirs respirent encore l'ère communiste. Le temps semble n'avoir pas de prise en ces lieux.

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Une fois dehors, Jérémy repousse péniblement un mendiant, tentant de lui expliquer que nous n'avions guère plus d'argent que lui. Nous avons ensuite mangé près du fameux et magnifique théâtre Ivan Basov, au milieu des joueurs d'échec. Nous restâmes un moment devant une partie, au milieu du peuple bulgare, et personne ne s'étonna de notre présence, tant l'attention allait au jeu. Tranquillement installés sur l'une des tables, on se mit à déguster notre traditionnel pain tomates: l'objectif est de ne dépenser aucun denier sur les terres bulgares.

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Rapidement, on se mit en route vers Belgrade. Bien plus de temps sur la route qu'à visiter, l'éternel point faible de notre parcours, l'inconvénient majeur. Sofia ne nous aura vu qu'une poignée d'heures, sans doute méritait elle bien plus d'attention... En deux jours, nous sommes donc passés d'Istanbul aux portes de la capitale serbe, dont le nom trop souvent évoqué négativement nous effraie quelque peu. Il n'y a pas si longtemps, la zone était ravagée par la guerre et les épurations ethniques, ce qui ne manque pas d'alimenter notre imaginaire à l'approche de la frontière serbe. Vous ne m'enlèverez pas le fait que les Serbes sont des salauds, et notamment leurs douaniers, recouvrant de leur immonde tampon le tampon américain de mon passeport. Mais les Serbes ont, à l'instar des Bulgares, un bien beau pays, quelque peu indescriptible cependant quand on manque de souvenirs et surtout de vocabulaire. Non loin de la route principale du pays que nous empruntons, nous trouvons un coin isolé entouré

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de grandes herbes pour dormir cette nuit. Nous venons en fait de pénétrer le royaume des moustiques, qui nous harcèleront toute la soirée, plus particulièrement la chair sucrée de Romain ^^. Quelques passants nous aperçoivent et nous observent d'un air inquisiteur, il ne nous faut alors pas grand chose pour nous imaginer les voir revenir équipés de quelques Kalashnikov! Après une petite partie de cartes, la routine du voyageur nous amène au traditionnel repas fait de pâtes et de kubor, celui ci se transformant en guerre ouverte contre les moustiques. Un bon moustique est un moustique mort!

 

Lucas 

 

La messe orthodoxe m'a enchanté. Tout le monde est debout, à quelques centimètres du prêtre, et les signes de croix s'enchaînent, à l'envers.  Les Bulgares chantent. Les peintures sont nombreuses, l'autel possède quelques figurines dorées. J'avoue apprécié le beauté artistique du lieu. Alors que Romain fait la sieste, nous profitions de l'université pour découvrir au dernier étage une reconstitution focile de mammouth. Au soir, après quelques trous du cul (jeu de carte !), on mange deux loukoms, pour notre plus grand plaisir.

 

Note de la journée : 14,5/20

 

Jérémy

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28 juillet 2009 2 28 /07 /juillet /2009 09:33

En ce mardi 28 juillet 2009, c'est un nouveau Tour d'Europe qui commence. Bientôt, nous quitterons le climat méditérranéen qui nous a bercé pendant une bonne partie du parcours. Bientôt s'ouvrirons devant nous les plaines de l'Est, cette Europe encore différente qui nous fait rêver depuis le début. S'ouvre ici l'ère des Bulgares, des Hongrois, des Polonais...puis celle des Scandinaves, que nous rejoindrons bientôt.

Mais pour le moment, c'est encore le sol turc qui héberge notre tente 3 places. La veille, la fatigue aidant, nous nous étions posés en vitesse et surtout à l'aveuglette, au bord d'une sorte de champ. Le réveil est une fois de plus relativement musclé. Les râlements et cris d'une vieille fermière turque nous sortent de la torpeur, et une fois sortis, la barrière de la langue ne nous empêche pas de comprendre que nous sommes posés en plein milieu du passage de ses vâches! Une fois de plus, nous croisons la route de nos amis bovins! Nous déguerpissons en vitesse, bien conscients de la gêne occasionnée, et la vieille dame, que son mari avait rejoint, nous gratifia finalement d'un sourire...Ah, Turquie!

Nous faisons route vers l'Ouest, et sur cette route se trouve Edirne. Ancienne capitale ottomane, la ville a encore quelques restes de son glorieux passé, dont sa magnifique & impressionnante Mosquée. On passe pas mal de temps en ville à chercher une poste, ou tout au moins une boîte aux lettres, qu'aucun panneau n'indique! Il faut en fait payer pour expédier son courrier, en plus du timbre. Néanmoins, le doute de l'arnaque plâne encore dans nos esprits! Avec les YLT restants, Romain et moi achetons quelques délicieuses pâtisseries et Jérémy opte bien évidemment pour des loukoums.

Le passage à la douane bulgare s'effectue sans problèmes. Le paysage change lentement, de même que l'atmosphère. Au cours du trajet, on s'arrête à une petite fontaine où sont déjà postés quelques voyageurs bulgares bien sympas. On effectue une toilette complète, qui nous faisait défaut depuis environ 3 jours! La traversée du pays m'offre la vision de cette Europe balkanique, plate, verte, rurale et déserte, où défilent quelques vieilles voitures au milieu de vieilles infrastructures. Nous posons le campement relativement tôt, vers 19h, dans un endroit idéal, à l'abri des regards et avec une vue magnifique sur le soleil couchant sur la plaine. A 40 km de Sofia, la capitale, notre quotidien voyageur s'installe, repas fait de pâtes kubor, suivi d'une petite partie de cartes où l'on m'initie au tarot. Comme si nous avions toujours vécu ainsi...

 

Lucas

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Journée un peu plus calme que la précédente. Edirne et sa mosquée valent le coup d'oeil. Les derniers loukoms se jouent à pierre-papier-ciseau. La Bulgarie signifie le retour au sein de l'UE. C'est un nouveau tampon sur notre beau passeport. A trente kilomètres de Sofia, je redécouvre les joies du tarot où Romain fait parler son expérience.
Note de la journée : 13,5/20.
Jérémy
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27 juillet 2009 1 27 /07 /juillet /2009 09:29

Nous nous étions implantés à une cinquantaine de kilomètres d'Istanbul. Istanbul, la promise, celle qui nous attendions tous. Istanbul était un symbole aux multiples facettes. Parvenir aux portes d'Istanbul, c'était d'abord de la fierté, celle d'avoir accompli la moitié de notre tour d'Europe. C'était un signal fort envoyé à ceux qui n'y croyaient pas. Istanbul, c'était aussi la découverte, celle d'un autre monde, que nous qualifions tous les trois d'Européen.

C'est donc avec la conviction que notre aventure avait pris du galon que nous filions vers la ville, mégalopole de 12 millions d'habitants. Nous avions d'abord pour projet de nous garer près de l'aéroport, afin de ne pas nous placer trop près de la ville, réputée pour sa circulation infernale, et d'avoir ainsi un point de repère. Mais nous échouons, et parvenons alors à nous garer dans une petite rue située près d'un hôpital. Le premier contact, deux hommes à qui je demande le chemin, est plus que positif.

europa tour (27)Nous prenons le dolmuç (bus) afin de relier la station de tram et nous approcher du centre. Une fois cela fait, j'aperçois une Mosquée aux 6 minartets, que je pense être Sainte Sophie. Grave erreur, le guide d'Istanbul que j'étais commençait mal la partie. Il s'agissait en fait de la Mosquée Bleue, édifice réellement impressionnant, avec ses 6 minarets et son intérieur colossal.  Nous parvenons à y pénétrer à la condition de rêvetir un magnifique drap bleu censé nous couvrir les jambes.

Puis nous prenons la route de la fameuse basilique Sainte Sophie, toute proche, mais nous ne réussissons pas à y rentrer, celle ci pratiquant des tarifs quelque peu démesurés. C'est la même chose pour le Palais de Topkapi, l'autre édifice représentant la ville. Palais des sultans, c'est un peu le Versailles Turc. Mais un Versailles entouré de murs de 5 mètres, ça ne laisse pas beaucoup de place à la fraude dont nous étions devenus des spécialistes. Face aux imposants murs de Topkapi, nous abandonnons et poursuivons la visite vers le Bazar Egyptien.P1020699 (modifié)

Dans ce bazar, nous instaurons les premiers contacts avec les Stambouliotes qui confirment l'impression positive du début. Très chaleureux, accueillants, prêts à se mettre en 4 pour nous. Le midi, on se fait plaisir, parce que c'est Istanbul. Fort logiquement, on s'offre un kebab, accompagné d'un jus de fruit pressé qui restera dans les annales, et ce pour la modique somme de 1.50 euros! Puis nous décidons d'acheter une autre spécialité locale, les loukoums. Les loukoums d'Istanbul entreront dans la légende du tour d'Europe, et nous les consommerons précieusement pendant encore une bonne partie du trajet. Alors que nous commençions à les entamer sur un petit murer du quartier de Fatih, un homme passa devant nous et fit tomber une brosse. Je décidais de lui rendre, et pour me remercier ce monsieur s'enquit de me cirer les chaussures. Je refusais par deux fois mais devant son insistance à vouloir "me remercier", cédais. Bien évidemment mes collègues ne manquèrent pas l'occasion de me charier. A la fin, je me sentis naif d'avoir cru au caractère gratuit de la prestation de notre ami en échange de mon aide, puisqu'il nous demanda de payer...Pour être tranquilles, nous lui donnâmes néanmoins une petite compensation.

P1050819.JPGPar la suite, nous continuons dans le quartier de Fatih, réputé fondamentaliste, et nous y perdons. Soudain, la masse imposante d'une mosquée surgit devant nous et nous aidà à retrouver le chemin. Se perdre dans les rues d'Istanbul était un plaisir, plaisir dépassé par celui de s'asseoir au beau milieu de la population pour siroter un thé et manger une pâtisserie. Là encore, l'accueil est chaleureux.
Puis nous marchons encore, vers le Grand Bazar et le Vieux Bazar, où nous profitons pour acheter quelques souvenirs, pratiquement les seuls du périple. Les vendeurs nous interpellent de tous les coins, criant des "Barcelona!" à tout va à la vue du maillot de Romain. (Correction de l'auteur : Lucas fume trop, Romain avait le coq français tandis que Jérémy avait bel et bien le maillot de Barcelone).

Nous parvenons vite sous les coups de 19h, et traversons le fameux pont de Galata qui relie le vieux Istanbul que nous quittons à l'Istanbul moderne, plus européen, que nous nous apprêtons à découvrir. Alors que le soleil se couche sur le Bosphore, j'appelle Olivia pour lui souhaiter son anniversaire. Le tableau des pêcheurs à la ligne qui s'acharnent sous la couleur du soleil en effacerait presque la laideur du pont. Nous restons à proximité de celui ci pour déguster un...kebab! mais au poisson cette fois ci, alors que les chats et les mouettes se livrent une véritable guerre autour de nous pour s'approprier les restes de poisson gisant autour du port.
 

P1020728 (modifié)Comme prévu, c'est bien un autre Istanbul que nous découvrons durant la soirée, où tout nous ferait penser que la Turquie a déjà un pied bien ancré en Europe. Les rues sont tracées à l'Européenne, les boutiques le sont aussi, et la population semble également vivre à l'heure du Vieux Continent. Il y a sans doute un peu de raisons historiques, puisque le quartier de Galata fut fondé par des Gênois et fut peuplé pendant longtemps d'une population majoritairement européenne. On se perd à nouveau dans les quelques ruelles du quartier, le temps d'échouer au pied d'une mosquée à l'heure de la prière. On a alors l'impression que les imams conversent entre eux religieusement, les prières se faisant d'un coup d'un seul entendre à partir de tous les minarets de la ville. Une sensation inoubliable qui nous fait à nouveau prendre toute la mesure de cette aventure aux confins de l'Europe.

Puis, on se pose manger quelques loukoums sur le quai, admirant les batîments et les mosquées éclairées sur l'autre rive alors que la nuit est totalement tombée désormais. Instant symbolique puisque nous étions à ce moment précis sur le point le plus à l'Est de notre parcours. Puis nous revenons dans le quartier de la Corne d'Or, celui que nous avions visité dans la matinée, dans le but de revenir sur nos pas tout doucement. J'en profite pour m'acheter un dernier...kebab et calmer ma faim intarissable avec mes derniers deniers, alors que Romain reste fan de pâtisseries.

Le tram nous conduit jusqu'au quartier où nous avons posé la voiture. Le problème qui se pose est alors de retrouver celle ci! Nous voici, dans les 1h du matin, au beau milieu de la banlieue d'Istanbul, en train d'errer pour retrouver cette petite rue perdue parmi des milliers! Le matin, nous avions heureusement pensé à prendre des photos des noms de places et de rues environnantes pour retrouver notre chemin par la suite. Cela étant, on tourne en rond pendant au moins trois quarts d'heure, certains nous indiquant tantôt une direction, alors que d'autres nous dirigent vers la route opposée. On en vient à demander notre chemin aux policiers, plus que sympathiques et preuve supplémentaire de la gentillesse du peuple turc. Malheureusement, même eux ne parviennent pas à nous éclairer!
Finalement nous retrouverons la voiture, après avoir cédé à l'appel des taxis. Nous nous sommes mis en route sur les coups de 2h du matin, éreintés par cette journée pleine. Sans doute nous souviendrons nous longtemps de ce 27 juillet 2009, jour où Istanbul fut conquise!


Lucas
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J'avoue avoir adoré Istanbul. Ses habitants furent charmants, très chaleureux.  La mosquée bleue m'impressionna. Le grand bazar fut magnifique. Les loukoums m'ont emmené ont paradis. L'appel de la prière résonne encore dans mon esprit. Après quelques jours de rationnement, les prix nous ont encouragés toute la journée à la consommation des spéciliatités locales et le kébab-verre de jus d'orange à 1€50 ou le fish-kébab restent graver. Mais le moment le plus drôle fut le cirage de pompe, ou plutôt de sandale Décathlon de notre président Lucas. Romain nous fit une journée Benny Hill, à savoir je me prends le trottoir tous les 250 mètres. Chacun à donc sa spécialité, c'est ça une équipe qui gagne. La ville reste également pour moi une dualité étrange, avec un pont faisant office de frontière entre l'Europe et la Turquie, la vraie.

Istanbul fut pour moi un délice, un immense loukoum aux saveurs bien particulière, très différent edu reste de notre tour. Alors ce n'était qu'un au revoir.

 

Note de la journée : 19/20

 

Jérémy

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26 juillet 2009 7 26 /07 /juillet /2009 09:29

Après un déjeuner fait de pain, de nutella et...de raisin (on s'embourgeoise!), nous passons une nouvelle journée à rouler. Une fois de plus, on se perd en Grèce. Nous parvenons à aboutir dans l'impasse menant à une cimenterie où des jets d'eau automatiques nous arrosent allégrement, près de la ville de Kevala.

Nous atteignons la frontière turque vers 17h, et alors que nous sommes à l'arrêt, en attendant de passer aux douanes, une rixe éclate entre des Turcs. L'un d'entre eux a visiblement été passeblement énervé de s'être vu grillé la priorité par son compatriote! Chaude ambiance à la frontière! Puis on se tape un peu la discute avec des français d'origine turque venus voir la famille. Une fois cette étape passée, la région de la Thrace occidentale défile sous nos roues, paysage plutôt vert et plat, où les drapeaux turcs flottent partout.

Nous plantons le campement à 50 km d'Istanbul, après s'être fait plaisir avec des courses dans un supermarché. On s'achète en plus des victuailles habituelles (pain!), du fromage et de ... la confiture de rose, qui va faire parler d'elle par la suite! Vous avez sans doute remarqué l'importance attachée aux détails qui constituent notre repas quotidien, mais je les remets dans mon texte car à l'époque du voyage chaque aliment revêtait une importance considérable (c'est ça, la faim ^^). Cela veut notamment dire que l'un de nos sujets de discussion principal portait sur la bouffe!
Durant la nuit, l'ambiance est garantie, en tout cas de mon côté puisque je suis réveillé par deux fois par les chants du muezzin de la mosquée voisine. Etant le seul à les avoir entendu, on me soupçonnera fort logiquement d'avoir halluciné ^^!

 

Lucas

P1020678
Que dire d'une journée où si peu de choses se sont passées, hormis la route, la route et la route. Non, ce jour reste la fin de la Grèce, un pays me laissant un sentiment mitigé. L'arrivée en Turquie s'observe au premier coup d'oeil. Les maisons sont différentes, beaucoup de petits commerces de part et d'autres de la route principale, l'atmosphère est légère, une teinte d'Egypte me revient à l'esprit. L'autre élément important est le repas, dont les brugnons m'emmènent au paradis.
Note de la journée : 10/20
Jérémy
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25 juillet 2009 6 25 /07 /juillet /2009 09:28

En ce samedi matin, nous quittons notre hôte Helleni, partie travailler, et repartons de nouveau. Le point le plus au Sud du parcours a été atteint, désormais, cap à l'Est, ou plutôt au Nord en attendant. Notre objectif est de nous rapprocher au plus vite d'Istanbul, afin de pouvoir y être pour la journée du 27 juillet. L'étape clé est alors Thessalonique, deuxième ville du pays située au nord, que nous devons atteindre aujourd'hui, et visiter.

Nous ne pouvons saluer les parents d'Helleni, partis dans la nuit pour Chypre, d'où est originaire la famille. A ce stade du parcours, je commence à ressentir un vague sentiment; conscient d'avoir la chance d'être ici et de vivre une telle aventure, avec l'envie d'aller toujours plus loin, mais le manque de ce bon vieux Nord Pas de Calais et surtout de ce qui va avec commence à se faire sentir.

Qu'à cela ne tienne, la route a déjà repris ses droits, et nous voilà bientôt à Thèbes, ville mythique elle aussi, mais que nous n'avons pas le temps de visiter. Un peu après l'avoir dépassé, on s'arrête dans un village désertique pour y manger un peu de pain et des oeufs.

La suite, c'est de la route, de la route, de la route...Vers 16h, on se pose à une plage jusqu'à 18h, afin de couper un peu le trajet. Alors que nous étions affalés sur le sable chaud, l'idée vint alors à Romain de jouer au football. Brillante idée, que j'approuvais plutôt, mais ce ne fut pas le cas de Jérémy, visiblement très à l'aise sur sa serviette! Romain sentit le besoin P1020672 (modifié)d'insister, jusqu'à lui lancer le ballon sur le dos. Eut alors lieu cet évènement marquant du tour, l'intense colère de Jérémy qui ira jusqu'à balancer de râge le ballon au foot au loin. L'Histoire ne nous dire pas à qui était ce ballon, mais moi, soucieux de protéger une liberté de la presse en péril,  je peux vous dire que l'épisode était encore plus étrange que Jérémy s'est débarassé par ce coup de colère de son propre bien! En effet, personne ne prit le soin d'aller le rechercher et celui ci disparut, sans doute aux mains aujourd'hui d'un heureux propriétaire grec. Que retenir de cet évènement? En premier lieu, nous avons perdu un ami fidèle en la personne du ballon, qui nous manquera cruellement par la suite. En second lieu, Jérémy a indirectement contribué au bonheur du football grec, alors que celui ci pourfenda la France en 2004: Jérémy serait il un traitre du football ^^? En troisième lieu, cette colère saine de la part de notre ami a instauré entre nous une belle ambiance, faite de silence et de non dits. Ainsi, ce fut le calme absolu jusqu'à Thessalonique, que nous avons visité de manière expresse!  On galère formidablement pour sortir de cette maudite ville, repassant peut être 4 fois devant la même publicité pour un foutu parc aquatique !

A la sortie de la ville, nous parvenons à nous trouver un endroit entre deux vignes. Une aubaine pour les affamés que nous sommes, et j'amputerai sérieusement quelques pieds de vigne malgré les remarques de Romain, gardien de la morale ^^. Durant nos traditionnelles histoires du soir, Jérémy retrouve la parole et nous nous endormons pour une nuit très venteuse!

 

Lucas
P1020673

 

Note du jour : 4/20.

 

Oui, lorsque je commence par la note, ce n'est pas bon signe. Heureusement, ily a eu le petit déjeuner fait de pain, de beurre et de miel après une bonne douche froide. Merci Eleni ! 7h20, on prend la route, 12h45, on s'arrête ! Ouf et aïe le dos ! Les autres s'endorment, moi je plonge dans le Rwanda. Après être reparti on fait une nouvelle pause quelques heures plus tard. Je pense pouvoir faire la sieste lorsqu'une personne dont nous tairons le nom (mais dont le surnom dans la profession est "Le Russe") décide que nous jouerons au football. Calmement je réponds par la négative à l'appel du ballon, préférant me reposer un peu avant de reprendre la route. Cependant "Le Russe" insiste, d'une façon que je considère comme lourde, en me lançant le ballon sur le dos, lieu fragile d'un corps en déliquécence. Je réponds à nouveau par la négative, préférant chercher le sommeil. Mais "Le Russe" souhaite faire passer sa résolution par la force, à la manière d'une intervention en Afghanistan. Seulement, le Taliban qui sommeille en moi n'accepte pas l'envoi du ballon sur ma tête et décide de lancer une attaque kamikaze en détruisant l'une de mes armes favories. Je peux trouver le sommeil mais l'ambiance en a prit un coup. Quant à Thessalonique, ce sera l'endroit le plus neutre que j'ai vu. Rien, si ce n'est une galère pour sortir de la ville. Avant de dormir, quelques pâtes salées... Vivement Istanbul !

 

Jérémy

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24 juillet 2009 5 24 /07 /juillet /2009 09:27

Athènes, reine de Grèce, voilà l'étape du jour. On parvient à se garer sans trop de problèmes, après n'avoir ingurgité que deux pauvres morceaux de pain. Nous ne marcherons pas seuls dans Athènes: une amie Erasmus de Jérémy, Helleni, nous y attend pour nous faire visiter la ville et nous offrir l'hébergement. On lui donne rendez vous devant le Parlement grec. Durant l'attente, on en profite pour admirer les fameux gardes grecs et leur marche si particulière! Cette tradition qui consiste à démobiliser les soldats d'un lieu de pouvoir dépasse vraisemblablement les frontières; après l'Angleterre, voici la Grèce. Mais c'est un avis!
Après l'arrivée d'Helleni, une fille très timide au premier abord, on se dirige vers le mythique Parthénon à l'aide du métro. Sur la route, j'achète une écharpe du Panathinaikos pour un ami collectionneur, et j'aperçois un certain Yohann Gourcuff en une d'un des journaux grecs. Le fan des Girondins est aux anges.

A l'arrivée à l'Acropole, nous approchions les coups de midi. La chaleur est terrible, et nous promet une température record pour la journée. En effet, nous nous apercevrons par la suite que le thermomètre atteindra les 43°C en ce 24 P1050716 (modifié)juillet. Wow! L'Acropole est une déception pour chacun d'entre nous. On y découvre un monument certes impressionnant mais en pleine restauration, ce qui se comprend puisque la bête n'est plus toute jeune! La conséquence, c'est une armée de grues et d'échafaudages qui gâchent un peu la vue. Heureusement pour nous, l'entrée était gratuite pour les étudiants. Qu'à cela ne tienne, Athènes a certainement d'autres merveilles!

Puis nous sommes arrivés dans la famille d'Helleni. L'accueil est réellement chaleureux, notamment à table où le père semble très en verve! On fait part des premiers pas de notre aventure et notamment de l'histoire grecque! Après une douche, on passe l'après midi à se reposer, sur internet ou devant la TV. On en profite également pour écrire quelques cartes postales.

Vers 19h, après quelques morceaux de pastèque offerts gracieusement par la mère d'Helleni, qui se met en quatre pour nous, nous décidons de repartir à la conquête de la ville, imprenable l'après midi pour cause de chaleur extrême. Une fois de plus, c'est beau une ville la nuit et P1050743.JPGAthènes nous offre un tout autre visage! Alors que la température est très clémente, nous traversons un jardin public où l'enfance reprend ses droits sur un des jeux pour petits. Nous continuons ensuite la visite accompagnés d'une pomme de pin qui fait office de ballon de foot et à qui nous faisons visiter une bonne partie de la ville devant des passants intrigués. La traversée du Vieux Athènes nous fait découvrir des endroits superbes, avec des rues minuscules au pied de l'Acropole. Devant celle ci, qui a revêtu une tenue bien plus séduisante pour la soirée, on hésite à franchir les grilles...Mais l'honnêteté nous reprend, ou plutôt les pointes en fer qui jonchent la grille! On fait de superbes clichés d'un très bon point de vue, avant d'effectuer notre danse fétiche devant un monument de style totalement grec (à défaut de l'Acropole trop inaccessible!).

Vers 23h, nous sommes de retour chez Helleni, dont le toit de la résidence offre une vue magnifique sur la ville et son Acropole. Après une deuxième douche et un morceau de tarte goulument avalé, nous allons nous coucher, épuisés, alors qu'une grosse journée de route nous attend le lendemain.

 

Lucas

 

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Eleni et non pas Helleni monsieur Lucas, qui a hellénisé le nom de la demoiselle grecque, dont j'ai fait la connaissance à Canterbury. Une fille que je ne connaissais que très peu, mais dont j'avais très vite remarqué la timidité mais également la gentillesse. Elle habite une ville où il ne fait pas bon circuler en voiture... Heureusement, il y a l'Acropole. Et là je me suis dit : "Je suis sur l'Acropole d'Athènes". Une phrase qui me fait méditer à mes heures perdues d'histoire grecque. Le grand plaisir était pour moi de découvrir la vie grecque, en compagnie de sa famille. Et je n'ai pas été déçu. La mama à la maison prépare le plat pour le père en pleine forme, toujours prêt à offrir une goutte d'une beuvrage apprécié de mes compagnons. Et puis l'après-midi, les grecs font la sieste, c'est une tradition (de là à évoquer un parallèle avec leur situation économique...). La visite de la vieille ville en soirée fut très bonne, et me permet de garder une image positive de l'antique cité grecque.

 

Note personnelle : 15/20.

 

Jérémy

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23 juillet 2009 4 23 /07 /juillet /2009 09:24

Le lever des voyageurs a lieu cette fois à 7h30, heure tardive pour la moyenne, sans doute grâce au bon repas de la veille! Alors que je me pose tranquillement sur un pont pour écrire, un berger s'approche et nous regarde avec suspicion. Envisage t il lui aussi d'appeler la police? Désormais, le doute est facilement permis sur ces terres grecques!

europa tour (24)Aujourd'hui, nous faisons route vers Epidaure et son fameux théâtre antique. L'Histoire ne dira pas si nous sommes entrés une nouvelle fois en fraudant pour cette visite, mais moi je vous le dis sans beaucoup de remords je dois l'avouer! En effet, après une bonne demi heure d'analyse stratégique, nous franchissons le grillage qui cloture le site et prenons l'allure de touristes ordinaires. La visite est très sympa sous ce soleil matinal, le théâtre réellement impressionnant. On se pose un instant chacun dans notre coin de l'hémycicle, seuls, comme si tous les trois nous avions ressenti au même moment un besoin de solitude. Après la visite, on se permet une pause déjeuner avec du pain, du nutella et de la confiture. Grand moment de ce tour quand Jérémy nous fait un one man show, balançant avec rage sa tartine enduie de nutella parce qu'une malheureuse guêpe s'était posée dessus ^^. Le P1020572 (modifié)spectacle n'était pas terminé, mais c'est cette fois Romain qui prend le relai en oubliant une nouvelle fois sa pochette sur le toit de la voiture en démarrant, cette  pochette qui avait pris l'habitude du gout du bitume grec. Autre anecdote, c'est en ce jour que Romain le russe décrète unilatéralement qu'on ne peut plus manger sur le toit de sa voiture (qui nous servait auparavant de table à manger), évoquant à tort les salissements par le plus jeune d'entre nous. Ces accusations pourtant calomnieuses furent longuement dénoncées tout au long du voyage, mais Romain ne voulut jamais plus convier sa "Mercedes" à nos repas ^^.

Vers le début d'après midi, on se dirige vers le cap Sunio, où se trouve le temple de Poséidon. Mais pour cela il nous fallut traverser la capitale, Athènes, l'étape de demain. Nous découvrons alors l'enfer: le subtil mélange des embouteillages et de la chaleur. Quel bordel! La ville, très polluée, nous oppresse et nous ne rêvons alors plus que d'une chose: une baignade. Celle ci arrive après quelques heures d'attente, dans un coin de rochers tranquille avec pour seule compagnie quelques pêcheurs.

P1020583 (modifié)Nous parvenons en fin d'après midi au cap Sunio, et une fois n'est pas coutume, on ne paye pas. Mais je faillis me faire interpeller par la gardienne! Alors que nos regards se coisèrent, je pressais le pas et elle abandonna la poursuite!
Le site du temple était magnifique, et le coucher de soleil du lieu, tant vanté par Romain, l'était tout autant. Nous étions assis en train de contempler la mer majestueuse quand un homme s'approcha pour nous conter l'histoire des lieux. Selon lui c'est ici que, selon la légende, le père de Thésée se serait jeté dans la mer quand il s'aperçut que le navire de celui ci revenait de Crète avec des voiles noires, ce qui signifiait la mort de Thésée. Or celui ci avait tout bêtement oublié de mettre les voiles blanches. C'est parfois con la mythologie!

Puis nous quittons les lieux, et je prends garde de ne pas me faire repérer par la gardienne. Nous avons pour but d'atteindre une plage non loin d'Athènes, afin d'y passer la nuit. Première expérience de ce type pour moi, et nos sacs de couchage déballés sur la plage, l'aventure prend à nouveau tout son sens. Les yeux rivés sur les étoiles, la jeunesse pour nous, on se raconte quelques histoires, avant une nuit plutôt agréable, seulement interrompue par moment par le vent et le sable.


LucasP1020586 (modifié)

 

"J'ai vu une boulangerie". Lucas commence à voir quelques mirages alors que nous nous dirigeons vers Epidaure et son théâtre, où je me fais rappeller à l'ordre pour absence de T-Shirt. Pudique ces grecs, alors que je passe à côté de plusieurs statues grecs, nues, évidemment. Après le beau couché de soleil, on galère un peu pour faire cuire le riz dans le noir. Pas grave, je m'endors la tête dans les étoiles, les pensés filantes vers Athènes...

 

Jérémy europa tour (25)

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22 juillet 2009 3 22 /07 /juillet /2009 09:23

Olympie! Réveillé par ces satanés boeufs, c'est d'assez mauvaise humeur que je monte dans notre carosse, en direction de cette ville au nom enchanteur. Ville, bien grand mot car il s'agit plutôt d'un site, orné de vestiges grecs de l'Antiquité. L'amateur d'histoire qui sommeille en moi est impatient et s'imagine déjà rester béat devant les immenses colonnes et les statues divines. J'ai donc la tête ailleurs alors que nous franchissons le pont qui sépare le continent européen du Péloponèse, terre de légendes et de mythes. Alors que nous nous arrêtons pour acheter quelques fruits bon marché, nous profitons de la présence d'une fontaine pour nous rafraichir.. Jérémy se fait soigneusement engueuler par une dame grecque qu'il l'aperçoit en plein délit d'urinement dans les bosquets derrière la fontaine ^^. On reprend doucement la route et nous posons sur une plage quasi déserte, où l'ambiance semble propice à la sieste. Aussitôt dit, aussitôt fait, et nous restons bien deux heures sur le sable chaud du Péloponèse. Le temps pour moi d'attrapper un sérieux coup de soleil qui laissera quelques traces!

A 15h, nous parvenons à Olympie, sous une chaleur intense, il faut dire que nous approchons du point le plus au sud de notre parcours. On s'accorde une nouvelle petite sieste (oui encore!) tant ce climat ne permet aucune activité humaine! Sans surprise, la visite est payante, environ 3 euros. Un grand débat doctrinal s'offre alors à nous: les bons touristes honnêtes qui en avons les moyens doivent ils payer ces 3 euros? Ou alors les voyageurs de fortune doivent ils sacrifier le montant de leur repas du jour? Le choix est vite fait, d'autant qu'il y a un challenge: des barrières d'une hauteur d'environ 2m entourent les ruines. Nous cherchons un moyen d'entrer, et y parvenons à l'abri des regards indiscrets! Rien ne nous dit alors que cette infraction nous vaudra une revanche des forces de l'ordre par la suite! Quoiqu'il en soit, nous y voilà, et devant le paysage qui s'offre à nous, on se dit qu'on a bien fait de ne rien débourser. Si les archéologues seraient sans doute comblés, on s'accorde à dire qu'il n'y a rien de bien impressionnant ici à part quelques blocs de pierre qui sortent de terre. Je généralise quelque peu, mais il n'en reste pas moins que le spectacle est décevant. On reste à peine une heure, le temps de jouer les photographes pour un couple québécois pour le moins extraverti dans ses rapports!

A 17h30, nous avions fait le tour et décidions de recharger nos portables après une nouvelle entrée illégale (décidément) dans les sanitaires d'un camping. Une fois repartis vers l'Est, on tergiverse sur le moment et le lieu de notre repas: faut il manger maintenant afin de devancer la nuit ou attendre encore un peu? On préfère opter pour la deuxième solution et parvenons à trouver un emplacement aux aspects coquets entre deux champs de maïs. On s'y engouffre allégrement, mais on s'aperçoit vite que l'emplacement est occupé, vu le pick up bleu qui y stationne, et son étrange conducteur...On fait alors marche arrière, et route vers le village afin de trouver des chemins plus propices à notre quête. Ce ne sera pas le cas, ce qui nous fait revenir sur nos pas et passer devant ce fameux emplacement. A ce moment, le pick up bleu aperçu plus tôt sort en trombe et se range à nos côtés! Le type, d'une quarantaine d'années, accompagné d'une vieille dame, baisse le carreau pour engager la discussion, en grec. Discussion que je pense cordiale, vue de mon siège arrière, mais que Romain et Jérémy perçoivent comme menaçante. Que nous veut ce grec? Sans doute nous reproche t il d'avoir voulu entrer dans sa propriété. Toujours est il que l'on met les bouts, et le type prend la même direction que nous. Une coincidence, me dis je au départ. Mais au bout de 20 kilomètres de route commune, je commence à douter. C'est à cet instant qu'une voiture de police nous prend en chasse après le passage à un tournant. L'officier hurle à la fenêtre de nous ranger sur la droite. Pas le moment de faire le malin, Romain coopère avec calme. Mais son sang froid et le notre prendront un coup quand nos amis des forces de l'ordre sortiront de la voiture en sortant leur calibre! What what what??? On ne comprend plus rien, nous qui pensions être interpellés pour un excès de vitesse, ce qui nous est déjà arrivé 2 fois déjà! Le temps s'arrête, et on hallucine. Les flics demandent alors à Romain de sortir du véhicule, et de mettre ses mains sur le capot. Quant à Jerémy et moi, nous devons garder les mains posés devant nous, et leur donner notre passeport lentement, à une main. Juste avant, on s'était aperçus que le pick up bleu qui nous suivait s'était stationné juste derrière nous au moment de notre interpellation. Ca pue l'embuscade!  Mille questions se bousculent alors sous les injonctions agressives des policiers grecs et les "Oh my God" successifs de Jérémy ^^. Je pense même à des faux policiers, après tout ça s'est encore vu il n'y a pas si longtemps en Espagne. Heureusement pour nous, seul un des 4 ou 5 policiers parle anglais, et Romain parvient à expliquer la situation. Ils se rendent bien compte que ces 3 français ne sont pas si malfaisants que semblait le dire le grec, propriétaire du pick up, qui les appelé pour nous accuser de tentative de vol...! TF1 national ou non, l'obsession insécuritaire règne aussi sur les champs grecs! Très vite pourtant, notre ami aux propos quelque peu diffamatoires se fait chasser par nos nouveaux amis flics. Ceux ci, soudainement souriants et détendus (ç'en est presque du foutage de gueule devant nos tronches effrayées), nous parlent désormais de notre président et surtout de sa femme. Ils nous demandent aussi si on aime la Grèce. Bien sûr Mr l'agent!
Retournés par toutes ces émotions, nos estomacs restent pour autant vides. L'occasion est trop belle: fêter notre liberté, liberté chérie, alors que les geôles grecques nous ont frôlé de peu ^^! Un peu d'exagération de ma part peut être, il n'empêche que nous saisissons ce prétexte pour substituer aux pâtes sauce tomate qui étaient prévues un repas un peu plus consistant dans un restaurant d'une ville proche. 8 euros chacun, c'est peu, mais beaucoup pour un Tour d'Europe. Mais tel est le prix de la liberté!

 

Lucas

 

Difficile d'enchaîner après le ton cérémoniel de mon ami ! son récti est cependant proche de la perfection. J'ajouterai également quelques détails qui m'ont fait sourire. Tout d'abord, le grec roule sur deux voies, surtout lorsqu'il n'y en a qu'une. Ainsi, la voiture de droite roule en grande partie sur la bande d'arrêt d'urgence et peut se laisser facilement doubler. Plutôt que de construire une 2 x 2 voies... belle économie ! Aussi, peu après notre siestre et une douche (et oui, vous ne rêvez pas !), Romain part en laissant sa pochette sur le coffre. "Chute, chute à l'arrière". Ce sera l'une de ces spécialités. Concernant la visite, j'avoue avoir été deçu, de la vision, mais également de l'absence de panneau explicatif. Nous observons donc une pierre et à nous d'imaginer ce que c'était il y a 2 500 ans... Après l'épisode des policiers grecs, ce fut l'un des repas que nous avons le plus savourer. Une balle perdue et nous mourrions l'estomac vide, c'eut été dommage !

 

Jérémy

 

Note personnelle : 12/20 (merci les policiers pour remonter la moyenne !)

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21 juillet 2009 2 21 /07 /juillet /2009 09:21

Après un lever plus que prématuré, je trouvais Jerémy en train de lire Courrier International, à 6h15 du matin. Le soleil est de mise sur les plaines de Grèce, et nous les dévalons en direction des fameux Météores. Phénomènes naturels étranges, ces tours de pierre suscitent notre curiosité à tous les 3. Nous parvenons au site vers 10h, au pied de ces géants tant décrits. Le paysage est déjà réellement impressionnant alors que nous ne sommes qu'en bas. Sous un soleil accablant, nous gravissons les marches en compagnie des touristes, pour atteindre le premier des monastères situés en haut de ces pics. C'est en fait par soif de solitude que des moines, dès le 15e siècle il me semble, se sont réfugiés ici afin d'y établir leur refuge. Tout au long de l'histoire, d'autres ermites les imiteront, cherchant la quiétude absolue. Désormais, envahis par les touristes de tous genres dont nous faisons partie, les monastères se sont vidés de leurs âmes, et il ne reste guère dans la région que 3 ou 4 sites de ce genre, encore à l'abri du public.
La visite de l'intérieur des monastères est payante, mais sans trop savoir comment je me retrouvais à l'intérieur, alors que mes deux amis restaient dehors à contempler le paysage. Alors qu'une foule de touristes attendait des instructions en bas, je profitais de l'étourdissement du gardien pour monter les escaliers de bois vers les étages supérieurs. Je tombais sur des salles aux murs garnis d'icones, caractéristiques de la religion orthodoxe qui régit ces lieux. Le silence s'impose à moi au milieu de ces salles de prière, ç'en est presque troublant. Je reste quelques instants puis redescend, toujours à l'insu du gardien. europa tour (21) Nous continuons ensuite la visite, passant de monastères en monastères, sans pour autant tenter d'y rentrer. La vue, de plus en plus époustouflante, va de pair avec ce soleil assommant. Coup de chaud ou non, nous avons droit à un Jérémy totalement silencieux, ce qui ne manque pas de nous laisser perplexe. Après une série de photos et une vidéo, nous redescendons vers la ville, où les commerces, bercés par la sieste, sont encore fermés. Nous parvenons néanmoins à trouver une arnaque de cybercafé afin de donner quelques nouvelles, et d'en prendre.
Vers la fin de l'après midi, nous faisons route vers le Péloponnèse, théâtre des légendes grecques. Il s'agit d'avancer un maximum, et nous passerons la nuit sur la côte. Malgré le peu de sommeil et de nourriture, les journées fatigantes je suis étonné par ma forme qui tient encore le coup, et je constate la même chose chez mes compagnons. Néanmoins, la faim commence à progresser d'un jour à l'autre, ce midi là je dévore littéralement le giros que nous nous décidons acheter. Giros, une sorte de kebab, bref, un "grec", en France. Logique.
Sur la route, nous commençons pour la première fois à élaborer un système de notation des endroits parcourus, et évoquons le mystérieux silence de l'ami Jérémy. Une fois de plus, la discussion rend les choses plus simples, et cette méthode s'avèrera gagnante jusqu'à la fin de l'aventure. Après quelques achats au supermarché, on finit par échouer près d'un stade de foot desséché. Nous mangeons des œufs sur le plat avec du pain, et ma popote s'en souviendra tout le long du tour, conservant les stigmates de l'œuf brûlé sur sa belle carrosserie. Et pas de liquide vaisselle pour régler ça...Durant ce repas, une impression étrange alors que je dévore ce plat sommaire sur mon rocher: celle d'être revenu à l'état de nature...Une sensation d'insouciance m'envahit, rien d'autre ne compte sinon manger, et la satisfaction des besoins primaires. Je découvrais les vertus de l'ascétisme...
Décidément les nuits grecques sont maudites! Après une première nuit que je qualifiais de glacée, nous sommes cette fois réveillés au petit matin par d'étranges bruits, ainsi qu'une conversation entre hommes. Je mis quelques temps à comprendre que nous étions traversés par un troupeau de vaches, leurs mugissements faisant office de sonnerie de réveil!

  Lucas

 

Les Météores furent sans aucun doute l'un des plus beaux paysages de ce tour d'Europe, si ce n'est le plus spectaculaire. Cependant, je ne peux pas commenter cette vision, en raison d'un problème aux lèvres récurrent qui m'attaque à chaque mots prononcés, à la grande inquiètude de mes collègues. Il faut ajouter que l'on fit une randonnée de quatre heures, et qu'il n'en faut pas moins pour observer un minimum les Météores.  Le reste de la journée sera sur la route, mais nous avons pris le rythme du voyage.

 

Note du jour : 15,5/20

 

Jérémyeuropa tour (22)

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20 juillet 2009 1 20 /07 /juillet /2009 09:20

Qu’est ce que je fous ici ? Chaque matin la question me revenait inlassablement, au sortir de la tente, un nouveau paysage s’ouvrant devant moi. En cette matinée du lundi 20 juillet 2009, à 6h15 du matin, c’est l’aube du Monténégro qui nous sourit, et ma foi ce visage fut sublime. Elle annonce une journée attendue et chargée, la route vers le Sud oui, mais surtout la route vers l’inconnu.
Nous partons directement du campement, sans même prendre le temps de manger (il faut dire que nous n’avions pas vraiment le choix !), direction Podgorica, capitale du Monténégro, que nous voulions atteindre la veille mais les bouchons nous en avaient empêchés.
A 7h15 nous sommes à la frontière albanaise, perdue au beau milieu de monts et de campagnes, dépaysement garanti, et ma question matinale se répète ! On patiente peut être un bon quart d’heure, le temps de voir une voiture diplomatique française passer devant nous ! Ils sont partout ces Français ! Mais que viennent-ils donc faire ici ?
Surprise, on ne nous demande même pas de bakchichs alors que c’est sans doute ici que nous aurions parié nous faire plumer ! Sur le bitume albanais, ou ce qu’il en reste, personne, le néant. Petit à petit, la journée s’affirme complètement alors que nous découvrons les premiers paysages de ce pays coupé du monde. Une autre Europe s’offre à nous. Une Europe quasi tiers-mondiste, où beaucoup circulent encore soit avec des chevaux soit avec de vieilles Mercedes. Les stations
 essences désaffectées défilent devant nos yeux. Parfois une maison neuve et colorée, au milieu des bâtiments usés et des fermiers coupant encore l’herbe à la faux. Quand on approche des villes, les déchets abondent sur le bas côté, et le peuple albanais se presse le long du trottoir. Nous n’avons encore rien vu avant Tiranë, la capitale. Tiranë, stéréotype du grand bordel, une circulation bien pire qu’à la parisienne, des flics débordés, et ce bruit constant, celle d’une masse grouillante qui attaque une nouvelle journée au beau milieu de constructions d’un autre âge, d’un style soviétique, comme cet Opéra digne des œuvres du Petit Père des Peuples. On hallucine complètement ici, alors que Jérémy zigzague comme il peut au milieu de cette folie. On ne fait que passer, dommage…Tiranë mérite certainement qu’on s’y attarde.
Nous parvenons assez vite aux monts de l’Est de l’Albanie. Des paysages superbes au milieu de ces montagnes verdoyantes et sauvages. Parfois, un pont lui aussi certainement conçu par une méthode bien rouge, made in Russia ou peut être même China, celle-ci s’implanta un temps chez nos amis Albanais, dans les années 60. On prend le temps d’admirer à l’occasion d’une de nos  « pauses carottes » ; ces légumes bien pratiques nous permettaient de grignoter un peu. A la descente, on aboutit sur une vallée, comparable à la Ruhr albanaise ! Une immense usine, monstre de rouille, apparait en contrebas. Un truc indescriptible, une sorte de complexe industriel d’avant guerre imposant qui sort de terre. Le plus étonnant est que cet énorme machin est encore en activité, au vu des fumées noirâtres recrachées des cheminées.
Puis c’est la frontière macédonienne, que l’on passe sans soucis. Ici aussi, pas grand monde dans ce minuscule pays qui nous rapproche des Grecs. Terre d’Alexandre le Grand, la Macédoine est ma foi un joli petit coin du monde, et il consolide cette réputation quand on arrive sur les bords d’un lac aux alentours de la ville de Bitola. Alors qu’il y a deux heures, nous roulions sur les monts albanais, une ambiance style Ibiza et un personnel d’accueil agréable en tout point nous souhaitent la bienvenue en Macédoine ! Le contraste est assez saisissant. Nous avons en effet l’occasion de rencontrer ce «personnel d’accueil » grâce à une partie de volley ball contre eux, remportée par la French Team. Que de regrets pour Romain, qui voit le fut de bière s’envoler, celui-ci a failli être mis en jeu mais nous avons refusé… !
Dans la soirée, nous parvenons sur la plaine grecque grâce à des autoroutes, infrastructures bien pratiques dont nous avions oublié l’existence en Albanie et Macédoine ! On pose la tente non loin de la ville de Ptolémaida, entre deux centrales électriques, qui s’apparentent à des nucléaires au vu de leurs cheminées ! Cette première nuit grecque s’avère difficile car plutôt…fraîche !


Lucas

 

Que dire de plus hormis que Lucas a très bien décrit cet épisode ! Peut-être l'oubli des bunkers, qui pour mon Lonely Planet Europe était la grande spécificité de ce pays ^^.  Et que Tom Tom ne connait qu'une route, nous préparant ainsi à l'épisode grec ! Surtout des pilotes intéressants et au sein de ma Formule 1 Clio 1995, je me crois parfois à Monza, avec une piste un peu délabrée il est vrai. Hormis cela, une Albanie très différente et qui parut très éloignée du reste de l'Europe, comme avec trente ans de retard. Une étape qui aurait méritait un peu plus de temps sans doute.

 

Note personelle : 13,5/20

 

J.R.
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