19 juillet 2009 7 19 /07 /juillet /2009 09:17

Avant tout, des explications, un mea culpa. Chers lecteurs, si vous suivez encore le fil de nos aventures, vous devez sans doute vous dire que le rythme de publication n’est pas folichon ces derniers temps. Que vous dire ? Je suis comme un politicien qui n’a pas tenu ses promesses de campagne. Je vous dirai seulement que le temps me manque atrocement en ces temps de rentrée, et je pense que vous le comprendrez. Le récit d’une seule journée de notre voyage prend un temps conséquent, il n’est donc pas évident de l’intégrer dans nos emplois du temps, et je parle ici également pour mes deux amis qui connaissent les mêmes difficultés pour des raisons radicalement différentes cependant ! ^^
Mais nous y parviendrons. Pour vous comme pour nous, nous tenons à ce que cette histoire ne se perde pas au fil du temps.


Finalement, les Français ne nous rappellent pas. Nous en ignorons la cause, qui de toute façon ne nous intéresse guère, et continuons notre route.  Mais quelle route ? Il y a là un dilemne. Sur notre parcours initial, nous avions prévu de visiter la Bosnie-Herzégovine, et la ville de Mostar, situé à 150 km plus au Nord de notre position du jour. Seulement, Mostar constitue un détour important sur la route de Dubrovnik, notre prochaine étape, un détour de 300 kilomètres. D’autant que la ville ne semble pas être incontournable, mis à part son célèbre pont. Peut être regretterons nous ce choix. Nous décidons donc de sacrifier Mostar sur l’autel de l’économie de l’essence.
Du temps se libère donc pour nous en cette matinée dominicale, et autant le dire nous ne savons pas vraiment comment l’utiliser. On atterit sur une sorte de petite crique avec une plage de petits cailloux. Romain part aussitôt nager à l’autre bout de la crique, alors que nous restons sur le bord. Jérémy attaque de nouveau son dossier Rwanda, tandis que je poursuis ma lecture du livre d’Antoine de Maximy, le globbe trotter de France 5. C’est une atmosphère étrange, totalement silencieuse, et je sens que l’ami Jérémy a des choses sur le cœur. Quand je le questionne, il m’avoue qu’il aurait aimé rencontrer des locaux plutôt que des Français, et a des craintes sur la suite de ce Tour d’Europe, qu’il n’imaginait pas faite de journées comme celle-ci, sur le bord d’une plage, à ne rien faire.europa tour (20)
Vers midi, on fonce vers Dubrovnik, perle de l’Adriatique. Une ville magnifique comme on me l’avé conté, purement méditérrannéenne. On y passe peut être 2 ou 3h, avant de se diriger impatiemment vers le Monténégro, un des plus jeunes Etats du monde, né en 2006. Le territoire, anciennement serbe, m’attire réellement car je ne sais absolument rien sur lui. On passe la frontière vers 17h30, et la crainte des « backchichs » parfois encore présents en Europe de l’Est s’affirme puisqu’un homme en civil nous demande de payer 10€ « d’éco-taxe », sous le regard du policier qui approuve. Etrange…On s’exécute, mais nous questionnons de plus belle quand on voit que certains automobilistes ne sont pas interpellés par ce type pour payer…Rappelons que 10 euros, c’est plus que notre budget journalier à nous 3 pour manger ! Pour la seconde fois après la Croatie, la douane garnit nos passeports d’un tampon, absolument immonde soit dit en passant. 
Puis c’est la traversée de ce minuscule pays, aux allures de terre encore quelque peu sous développée. C’est le premier véritable contraste de ce tour d’Europe. Nous attendons près d’une heure dans les bouchons d’une ville dénommée Budva, où les touristes sont légion, ce qui nous surprend, avant de faire le tour d’une magnifique baie. La circulation est réellement difficile dans ce pays, où les routes, quand elles existent, ne sont pas ce qui ce fait de mieux…La route qui mène à Podgorica, la capitale, ressemble à une de nos routes nationales, et ça bouchonne de plus belle alors que la nuit tombe. Sur tout le long de la route, des habitations, avec une animation particulière, comme si un évènement se préparait. C’est la fête au village, semble t il, alors que nous trouvons un coin tranquille dans l’obscurité la plus totale. On parvient tout de même à se faire à manger dans cette nuit d’encre. L’aventure est là, palpable. En ce dimanche 19 juillet 2009, nous sommes là, dans notre tente en plein cœur du Monténégro. Presque deux semaines après notre départ, c’est un tout autre tour d’Europe qui commence.

Lucas

 

Que j'ai eu peur en cette matinée du 19 juillet. Non pas le concours de ricochet mais surtout le scenario des jours précédents qui se répétait un peu trop à mon goût. Heureusement mes amis sont des démocrates éclairés et ils comprennent bien vite que ce programme ne me plaît guère. Il est vrai que j'ai cédé Mostar un peu à contre-coeur, devant les arguments financiers et temporelles. Mais que je regrette le temps perdu ces derniers jours... Cependant le reste de la journée est quasi-parfait. Dubrovnik est bel et bien la perle de l'Adriatique. Puis la fin de la Croatie et l'arrivée au Monténégro qui est un pays qui nous semble tout de suite très différent. La vie y est très animée et j'avoue avoir apprécié l'ambiance de ducasse !

 

Note personnelle : 13,5/20

 

J.R.
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18 juillet 2009 6 18 /07 /juillet /2009 09:15

Nous nous dirigeons aujourd’hui vers la ville de Trogir, vieille ville historique croate aux allures de Zadar. L’objectif premier de la journée est comme d’habitude la recherche de nourriture, ce que nous parvenons à faire assez facilement et pour pas grand-chose grâce au marché local de la ville, où les légumes bon marché sont légion. Nous achetons une des plus grandes quantités de victuailles de ce tour ce jour là, et ce pour une bouchée de pain.
La visite de la journée est en fait Split, la deuxième grande ville du pays, voisine de Trogir. Alors que midi approche, on s’élance en direction de la cité, célèbre notamment pour son palais de l’empereur romain Dioclétien. Nous nous garons sans encombre dans les rues en pente, et filons droit vers ce que la ville a de plus renommé. Soudain, aux alentours du palais, nous croisons des visages familiers : les Français ! Ils sont partout ces Français ! Nos rencontres de la veille semblent suivre nos pas, à moins que ce ne soit l’inverse, et c’est comme si le destin nous indiquait de ne pas quitter ces amis du jour. Ceux-ci ont la sympathie de nous payer un verre, surpris eux aussi par ce hasard, et c’est ainsi que nous faisons plus ample connaissance. Nous avons avec nous une étudiante en histoire, Isoline, qui travaille maintenant et deux étudiants en droit, Alexandra et François, tous de Paris. Après cette petite pause, nous reprenons la visite quand j’aperçois un chapeau tomber de la tour du palais de Dioclétien.  Quelques minutes plus tard, François le français, seul mec de leur bande, se ramène avec un chapeau de paille demandant à tous s’il intéressait quelqu’un. Le hasard fait bien les choses, et alors que je pleurais il y a 3 jours la perte de mon couvre chef bien aimé dans les champs slovènes, son remplaçant de Split me tend les bras. Je l’adopte, et il ne me quittera plus.
Nous mettons rapidement un terme à notre escapade dans Split, ville qui ne semble pas nous accrocher, qui m’a en tout cas personnellement déçue, même si je n’y repars pas les mains vides. On reprend donc la route vers le Sud vers Dubrovnik avec l’objectif de trouver une plage afin de s’y donner rendez vous avec nos amis éphémères pour y manger et y passer l’après midi. Grâce à nos achats respectifs, nous passons un bon moment ensemble sur une sorte de quai d’un petit port de pêche, à pique niquer. Puis, après midi sur des rochers peu confortables sur les bords de l’Adriatique, qui s’avère être décevante puisque chacun reste un peu dans son coin.europa tour (19) Isoline nous dit que leur prochain objectif est de rejoindre son parrain, qui possède une maison au Monténégro et qui va les accueillir comme des princes. A son « Qu’est ce que vous en pensez ? », nous pensons à  une invitation mais le futur nous en prendra que ce n’était pas vraiment le cas ! Ils étaient en effet censés nous recontacter et nous étions prêts à mettre le cap directement sur le Monténégro, mais pas de nouvelles, bonnes nouvelles !
En attendant nous avions encore avancé vers le Sud, traversant même vers 20h un étroit couloir de quelques kilomètres appartenant à la…Bosnie, qui s’est vu offrir là un minuscule accès à la mer ! Le paysage se transforme quelque peu, beaucoup plus montagneux alors que la côte croate se couvre de petits ilots et de longues bandes de terres qui font face au continent. C’est d’ailleurs sur une de ces étrangetés, la presqu’île de Korcula, qu’on décide de poser la tente pour la nuit. Le coin est on ne peut plus calme, alors que dans mon esprits l’excitation monte à l’approche du Monténégro et de l’Albanie, véritables mystères de ce tour, sur lesquels nous ne savons rien ou presque. L’ambiance entre nous est au beau fixe, le fait de rencontrer d’autres personnes et de briser un peu notre bulle nous a assurément fait du bien.

 

Lucas

 

Il est vrai que de discuter avec d'autres personnes fut un moment sympa, notamment le verre et le mini pique-nique (surtout la pâté pour chat ^^). Hormis cela, il est vrai que Split a déçu, comme cela est déjà un peu une habitude pour moi en Croatie. L'après-midi notamment restera au stade de la "touristique aïgue".

 

Note personnelle : 9/20

 

J.R.

 

La Croatie était plus synonyme pour moi de paysages et de nature que de cités, et cette journée le confirmera. Le marché nous offre de belles surprises (et une régime un peu plus varié et nutritionel pour quelques jours). La visite de Split nous déçoit, sans doute n'avons-nous pas été capable d'apprécier à sa juste valeur son architecture. Sommes-nous déjà las de visites lors de ce tour ? La rencontre et le pique-nique sont sympas, malheureusement la glande sur la plage ne sera pas vraiment un moment d'échanges. Je me souviens également le soir de ces magnifiques couchers de soleil sur l'eau qui sépare du continent les îles qui nous tendent les bras. 

 

Romain

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17 juillet 2009 5 17 /07 /juillet /2009 09:12

On se réveille vers 8h, après une nuit horrible pour ma part. Je découvre en effet pour la première fois la charmante compagnie des cigales, qui s’en donnent à cœur joie le matin pour nous réveiller, avec l’appui complice d’une chaleur intense. On fonce vers Skradin, la ville d’entrée du parc naturel de Krka, étape du jour. Succession de parcs naturels ? Oui, la raison est que le « préparateur croate » n’est autre que Romain, biologiste de formation. Jérémy et moi sommes cependant plus que satisfaits du menu, surtout après Plitvice qui nous a fait forte impression dès le départ.

La matinée est assez galère. Nous peinons à trouver une place gratuite pour la voiture, et à trouver l’entrée du parc. Ces allers retours incessants nous épuisent, d’autant que nous n’avons pas mangé, et Jérémy manque de nous quitter par manque d’eau. On achète donc de l’eau pour la première fois, un bidon de 6L qui nous sera bien utile pour la suite, mais qui dans l’urgence sert à ravitailler notre ami qui visiblement était prêt à mourir en silence ^^. Après un repas fait de beignets et de pain le midi, nous parvenons à une sorte de ponton à l’entrée du parc, tout prêt d’un grand pont. La différence entre Krka et Plitvice, c’est que le premier parc naturel est certainement moins beau, mais on peut s’y baigner. Sous la chaleur intense qui nous endort depuis ce matin, on s’en donne à cœur joie, et finissons par un exercice de plongeons en tout genre. Nous ne sommes pas loin de nous en aller quand un petit groupe de 3 personnes succède à 3 russes venus nous tenir compagnie sur le ponton. Des Français ! Ils sont partout ces Français ! Le seul garçon de la bande vient immédiatement vers nous, ses compatriotes perdus loin de la mère Patrie. Il nous propose immédiatement de sauter du pont. Romain accepte sans hésiter, et nous met la pression d’entrée de jeu. Loins de nous défiler, Jérémy et moi acceptons le challenge et  partons à l’assaut de l’édifice. Une fois sur le pont, on s’aperçoit que 12m, c’est tout de même haut. Romain le kamikaze n’hésite pas un instant. Je franchis la rambarde et saute avant de trop réfléchir ! Tout simplement énorme, le temps de se voir descendre est assez long et fait virevolter le cœur.europa tour (18) Une fois en bas, satisfaction d’être en un seul morceau (surtout de ne pas s’être claqué) mais également de l’avoir fait ! Jérémy saute juste après moi, après une courte prière ^^. On le refait une deuxième fois, afin de mieux profiter. On fait brièvement connaissance avec nos rencontres françaises : nous avons dans le trio un garçon : François, et deux filles plutôt sympathiques d’aspect : Alexandra et Isoline. Cependant, les conversations ne s’étalent pas plus que les formalités d’usage (qui êtes vous/que faites vous ?), et nous les quittons rapidement pour d’autre aventures. Nous remontons vers le Nord du parc naturel, où nous attend un coin de verdure que nous jugeons propice à une sieste, bercés par le son de la rivière toute proche.
Alors que le soir approche, nous faisons route vers la ville de Trogir, et trouvons un campement non loin de là où nous avons dormi la veille. Le soir, je suis chargé de veiller sur les pâtes et faillit totalement à ma mission, puisque les pâtes sont collées. Ma réputation culinaire ruinée, je m’endors en silence en cette douce soirée croate.

Lucas

Le saut du pont sauve la journée ! Et quelle sensation ! J'avoue avoir parfois des peurs paniques de certaines choses. Sauté d'un pont en faisait parti. Et pouvoir utiliser ce verbe au passé est un grand plaisir. Sensation de liberté qui m'envahit, je vollllllleeeeeeeeeeeeee et plouf ! Hormis cela, je meurs de soif et je marche sur un oeuf. Le parc ne vaut pas Plitvice et la comparaison fait un peu mal. Il est vrai que les aller-retour matinaux nous ont bien chauffé (au sens propre comme au sens figuré). Quant aux pâtes à la Lucas, c'est une marque déposée ^^

Note personnelle : 12/20
europa tour (17)
 
J.R.

 

J'ai adoré cette journée que j'ai vécu comme un poisson dans l'eau. Certes, le matin, nous errons en voiture, cependant, c'est nettement plus agréable de le faire au milieu d'un parc naturel plutôt que de chercher à trouver son chemin dans une grande ville comme Thessalonique ! En fin de matinée, les nombreux sauts et autres plongeons en tout genre sont un régal (et un sacré rafraîchissement) ! La petite montée d'adrénaline au moment de franchir le pas du haut du pont est une sensation assez grisante. Après une courte marche durant laquelle on ne croise personne, on arrive au "spot" du parc, une jolie cascade, malheureusement bondée de touristes. Effectivement, ce n'est pas aussi beau que Plitvica, mais ça vaut vraiment le détour. Il fait beau et chaud, les paysages mêlant verdure et eau sont très sympas, que demander de plus ?

 

Romain

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16 juillet 2009 4 16 /07 /juillet /2009 09:09

Autant le dire, nos conceptions de ce tour d’Europe ont parfois tendance à s’opposer. Ce jeudi est le jour parfait pour ce genre de débat, puisque pour la première fois depuis le début, il nous arrive par une belle après midi de…ne rien faire, ou presque. Nous y reviendrons.
En début de matinée, nous partons à la conquête de Zadar, ville de la côte adriatique, qui accentue encore la ressemblance frappante que j’y voie avec certains paysages et villes corses. Zadar est un peu l’archétype architectural de la ville méditerranéenne, toute de blanc vêtue, avec son marché aux légumes du soleil, sous un ciel plus bleu que le bleu de tes yeux.
Que se passe t il dans nos têtes alors que midi sonne aux églises de Zadar ? La  faim survint brutalement dans nos esprits et nous pousse dans une sorte de brasserie, alors que nous venons pourtant de réaliser des aubaines au marché de la ville. Pourquoi et comment, nous ne savons pas encore, mais alors que l’aimable tavernier nous sert, nous savons qu’il s’agit là de ce que nous appellerons couramment un « craquage » : payer un repas de 6€  (certes divin !), mais sans aucune raison. Néanmoins, non rien de rien je ne regrette rien, tant cela ne se reproduira pas par la suite où nous enlacerons véritablement l’esprit d’austérité de ce tour.

L’après midi aura lieu à la plage, d’abord dans un coin assez touristique avant de nous isoler suite aux demandes pressantes de notre loup agoraphobe Romain. Je m’essaye au masque dans cette mer rarement aussi chaude, alors que l’ami Jérémy commence à engloutir son immense rapport sur le génocide rwandais, objet de son mémoire qu’il doit rendre en septembre. Rien de bien extraordinaire à raconter sur cette sainte journée donc, qui restera sans doute l’une de celle où l’oisiveté sera la plus intense. Selon mon avis, le voyageur peut aussi muter en touriste et en vacancier quand l’envie s’en fait sentir, tant qu’il ne le fait pas trop souvent ! Jérémy, chantre de l’austérité sur ce tour (du moins au début ^^), n’est pas de cet avis et regrette quelque peu. Romain semble lui plus ouvert à ce genre de non activités. La recherche d’un compromis entre ces trois conceptions tracera notre route durant ce tour.
Le soir, on trouve un bel emplacement, bien isolé. C'est ici que Jérémy s'aperçoit qu'il a perdu son téléphone BIC jetable sur la plage, ce qui restera un évènement (et surtout un tacle ^^) marquant de ce tour. Le soir sous la tente, Romain nous fait part des histoires tilquoises, et notamment des querelles de pouvoir et d'honneur, ce qui tient l'auditoire en haleine jusqu'à tard!

 

Lucas


Note personnelle : 6/20

Oui, cette fois, je démarre par la note avant d'en apporter son explication. Tout d'abord, le réveil en compagnie du chien qui nous avait accompagné la veille au soir mérite quelques points. Le reste, c'est un récital de ce qui n'alla parfois pas pendant ce Tour d'Europe. La ville de Zadar, aux quelques charmes et au marché, ville que je compare volontiers à la Côte d'Azur. La plage et la glandouille. Le craquage du restaurant. La plage l'après-midi et les aller-retour pour trouver une bonne place. Le débat de l'ONU et un beau veto Russe. Les Américains et Britanniques qui vont chercher de l'eau...de javel. La perte du portable (objet de malheur !), du couteau suisse et surtout du Labelo ! Et des pâtes que je qualifierai de moyenne. Bref, ce n'était pas ma journée !
 

 

J.R.

 


Zadar n'est sans doute pas le plus bel endroit de la Croatie. L'esprit déjà envoûté par les parcs naturels, je traverse la ville sans la scruter, sans même l'observer, las de ces cités qui s'enchaînent pendant le voyage. Les cours de nutrition en tête, j'arrive à convaincre mes acolytes des bienfaits des fruits et légumes disponibles au marché. Peu emballé par les touristes sur la plage, je ne suis bien que dans l'eau, au milieu des poissons. Me souvenant du snorkelling philippin, je suis un peu déçu de la faible diversité des fonds marins croates, mais c'est toujours un véritable plaisir de palmer entouré de bleu, étourdi par le silence de la mer.

 

Romain

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15 juillet 2009 3 15 /07 /juillet /2009 09:04

Pour la première fois du voyage, c’est la chaleur qui nous sort du sommeil, au milieu de nos deux champs. Sous les coups de 9h, nous traversons la frontière croate et entrons pour la première fois dans un pays qui n’est pas dans l’UE. Le changement de paysages est loin d’être immédiat, il s’agit toujours de collines verdoyantes, même si une certaine pauvreté se fait sentir au fil des kilomètres. Très vite, nous apercevons même quelques façades criblées de balle, et cela devient monnaie courante au fur et au mesure que l’on s’enfonce dans le pays, encore marqué par les stigmates d’une guerre toute récente. On aperçoit même un tank au repos, entre deux maisons. Cependant, les images changent plus on se dirige vers le sud. Il faut dire que nous traversions le nord est du pays, voisin de la Serbie. La Croatie marque l’entrée dans les pays méditérranéens, cela se ressent effectivement au climat, alors que nous approchons des fameux lacs. L’avantage d’un parc naturel est qu’on y entre aussi simplement que dans une forêt, et c’est aussi simplement que nous évitons les 15 euros de frais d’entrée au Parc national des lacs de Plitvice. L’endroit est tout simplement magnifique, pas d’autre mot. L’eau est d’une couleur incomparable, un turquoise qui ferait pâlir les atolls du Pacifique.europa tour (16) Durant la visite, le temps s’oublie au fil de l’eau. Nous tutoyons cette eau limpide où les poissons grouillent le lond des berges. Pour la première fois, si j’oublie les touristes venus en nombre eux aussi, je crois revenir à la nature, aux premiers temps, tant ce site impressionne par sa beauté toute vierge.  Après une sortie des sentiers battus qui restera mémorable tant nous avons galéré à rejoindre la route, nous faufilant au milieu des arbres sur une pente de 45°, au milieu de ce décor grandiose. On passe même à l’endroit où la guerre serbo-croate de 1991 aurait éclaté, causant à cet endroit les 3 premiers morts du conflit. Au moment de repartir, il nous faut reprendre une sorte de bus pour parvenir au point où nous sommes entrés, preuve de la taille de ce parc. On monte dans un de ces bus, qui démarre puis s’arrête au bout de quelques centaines de mètres pour une raison inconnue. Nous ne repartirons pas et continuerons à pied. La raison : un Américain se serait allongé sur la route afin de stopper le bus, pour que celui-ci attende ses amis. Cette version, on la recueille auprès d’une française mais impossible de savoir si c’est la vérité. Toujours est il que le chauffeur refuse de repartir, le temps d’attendre la police qui arrive rapidement, alors que je tente envers et contre tout de défendre la réputation de mes amis américains, complètement entachée par cet incident ! Mes deux amis ont l’idée saugrenue de courir afin d’arriver à temps pour reprendre un autre bus au prochain point d’arrêt, alors que nous n’avons pratiquement pas mangé le midi. Nous parvenons finalement à retrouver notre chère Clio, et reprenons la route en direction de la côte. On passe devant quelques bunkers, et je retrouve un arrière pays semblable aux paysages corses. Vers 19h30, l’Adriatique, que je revois pour la deuxième fois, est en vue. Nous nous baignons dans la ville de Karlobag et prenons notre première douche depuis chez Oleg, le temps pour mes amis de me charrier puisqu’une croate relativement agée avait l’amabilité de faire fonctionner ma douche pour que j’aie le temps de me savonner ! On reprend la route alors que la nuit s’approche. On se pose donc au bord de la route pour manger du riz et des tomates avant que le soleil ne se couche. Il nous faut donc chercher un endroit où camper à l’aveuglette désormais. On trouve un campement fortune, sur des cailloux…alors que l’on aperçoit un muret à la lumière des phares. On décide tout de même de s’y établir, mais quelqu’un approche rapidement muni d’une lampe torche. Je vous présente le maitre des lieux, accompagné de son aimable chien ! Etonnamment, alors que nous nous étions préparés à plier bagage, l’homme nous autorise à rester pour la nuit si nous repartons tôt le lendemain matin…

 

Lucas

Ce fut là sans aucun doute ma journée préféré dans ce doux pays qu'est la Croatie. Pendant longtemps, il est vrai que j'ai apprécié ce pays sans trop savoir pourquoi. Les rumeurs disent que cela débuta le soir de Croatie-Allemagne (3-0) que je regardais chez ma grand-mère lors de la Coupe du Monde 1998. Bref, trêve de détail footballistique. Revenons à de l'histoire et de la géographie, deux matières que j'avoue adoré depuis tout petit. (Cela date notamment de Monsieur Hannotel et d'un cours sur Henri IV ainsi que ces capitales du Monde, jeux que l'on aimé faire à la cantine de Tilques city (oui, aujourd'hui, c'est la foire au détail sur mon enfance ^^)) Le nord du pays fut une immersion totale dans les Balkans que j'imaginais. Les balles, les tanks, les panneaux "Attention, mines !" Puis dans le genre parc naturel, Plitvice fait dans le top. Interdiction de s'y baigner, cela peut expliquer en partie une eau turquoise à faire passer pour noir la Méditerranée (et je n'imagine pas comparer avec notre Belle Mer du Nord !) J'avoue avoir apprécié l'étape "mais où est la voiture ?", avec le petit footing suite à l'incident diplomatique avec nos amis Américains (certains disent qu'il était Texan !). Lorsque l'on repart, je peux apercevoir le drapeau de l'Union Européenne flottait au côté du drapeau local. J'ai une impression d'un assez grand nationalisme dans ce pays et d'une réelle envie d'adhésion. Enfin ma première découverte de l'Adriatique et quelques balbutiements d'Allemands à l'encontre d'un local (c'est fou comme l'Allemand est parfois nécessaire) afin de pouvoir dormir en sécurité.

Note personnelle : 16,5

J.R.

EPOUSTOUFLANT ! J'attendais beaucoup de la visite de ces lacs. J'ai été gâté ! C'était au-dessus de mes espérances. D'abord, la nature, enfin ! Si on met de côté la foule, que l'on pouvait assez facilement fuir, se promener dans cet havre de nature était un pur bonheur. Quelles couleurs ! Entre la verdure, et le bleu de l'eau, on a là des photos cartes postales ! Et puis, sortir des sentiers battus, se sentir perdu en forêt, s'orienter, retrouver son chemin. Les joies de la course à pied, préférée au bus immobilisé. Enfin, la baignade, la première de ce tour d'Europe (mais certainement pas la dernière). Imprégné des paysages, on s'endort l'esprit léger, malgré les pierres qui chagrinent le dos, surveillés par ce gros chien bienveillant.

 

Romain

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14 juillet 2009 2 14 /07 /juillet /2009 09:01

Vienne, Vienne, Vienne ! Que d’attentes et d’espoirs en ce jour de fête nationale, alors que nous nous dirigions vers la gracieuse capitale autrichienne. Vienne, c’est une de mes principales attentes, une de ces capitales qui rayonne depuis des siècles, un joyau de l’Est. Après un petit déjeuner plus que sommaire, nous filons à travers la plaine et entrons dans la ville vers 10h.
Sous un soleil tapant, je peine à trouver ce que je cherchais. On déambule, on visite, on erre. Et là, on y trouve bien des beautés, c’est vrai, des bâtiments haussmanniens qui rappellent Paris à Jérémy, des édifices somptueux comme le Parlement ou le théâtre. Mais rien à faire, Vienne a peut être oublié son âme ce jour là, je ne sens rien.europa tour (13) L’essentiel de toute ville est avant tout ce qu’elle dégage, il y a quelquechose de puissant et de différent dégagé par ses constructions comme par ses habitants. Ce jour là, j’étais sans doute anesthésié pour une raison quelconque. Il est vrai que la fatigue nous plombait quelque peu, avec une première grosse chaleur sur ce tour d’Europe, et peu de carburant dans l’estomac. L’enthousiasme n’est présent ni chez Romain, globalement hostile aux villes, mais aussi chez ceux qui espéraient le plus de Vienne. On reste àpeine 2h dans la ville, et on se dirige péniblement vers le château des Habsbourg, situé en périphérie, avec un goût de trop peu. J’ai beau scruter à travers ma fenêtre alors que nous quittons le centre ville en voiture, je nevois pas. Vienne est la première déception, et c’est notable. Je me dis alors que c’est sans doute la faute à la   configuration de notre aventure. Comment découvrir une ville, comment la vivre, en une simple matinée, voire une journée ? Je crains pour la suite, même si cela a relativement bien marché avec Prague. Sans doute y-a-t-il des villes qui vous confient tout dès le premier instant, et d’autres plus farouches, que l’on amadoue avec le temps. Je retournerai à Vienne, persuadé qu’elle ne m’a pas tout dit ce jour là.
europa tour (14)Le château des Habsbourg reste cependant réellement impressionnant. Dans la course au plus bel édifice, les Autrichiens ont à coup sût fait moins bien que Versailles, mais leur niveau n’est pas le plus faible. Un parc immense, que surmonte une gigantesque fontaine et une sorte d’arc de triomphe, Jérémy l’historien se régale au milieu d’une armée japonaise et de son artillerie numérique.
Je ne sais plus vraiment quelle heure il devait être quand nous nous sommes mis en route pour la Croatie. Nous avons encore de la route et tenons à être aux lacs de Plitvice pour le lendemain. Sur la route, je reste enthousiaste à l’idée d’avancer mais le pays commence à me manquer. Nous traversons la petite et belle Slovénie, des paysages de campagnes, vallonnés, verdoyants et forestiers (plus de la moitié du pays est couvert d’arbres), le pays des Ours. Alors que le soleil se couche, on trouve un coin au calme, entre deux champs de maïs. Le paysage est magnifique, l’un des plus cadres où l’on dormit selon moi pendant ce tour d’Europe. J’en perds mon latin, à tel point que je perds aussi le chapeau de paille généreusement prêté par Olivia. Espérons qu’il fasse aujourd’hui le bonheur d’un fermier slovène, ou d’un ours.

 

Lucas

 

Magnifique Vienne ! J'avoue que mon sentiment sur cette ville est un mélange de satisfaction et de déception. Contrairement à mes petits camarades, j'ai franchement aimé la ville, qui me fit très vite penser à Paris. Et la question que je me pose depuis : Haussman est-il autrichien ? Néanmoins cette visite fut trop courte à mon goût. A peine de le temps des préliminaires..., même pas le temps d'acheter une carte postale... Nous courrons ! Quant au château de Sissi, un régal ! Le parc est à mon avis plus grand que celui de Versailles. europa tour (15)

En route vers la Slovénie, pays de transition. A noter l'épisode Nutekka, dont l'achat reporté fera causer sous les chaumières. Quant aux repas entre les deux champs de maïs, je n'oublie pas le présence en grand nombre d'acteurs qui nous suivrons tout au long de notre parcours : les moustiques ! De ce fait, on avale plus qu'on ne savoure nos délicieuses pâtes.

Note personnelle : 15/20

J.R.


« Encore une ville, encore une grande ville, une nouvelle capitale européenne » voilà ma pensée au lever. Les bâtiments sont beaux, il est vrai, mais ça reste du ciment, du béton, du gris. Sissi m'a peu fait rêver dans mon enfance, je ne perçois pas trop la magie de cette ville. La visite du parc est pourtant agréable. Alors que nous quittons Vienne et l'Autriche, nous n'en avons sans doute pas assez vu. Mais la Croatie nous tend les bras et nous fonçons vers elle. Pas d'ours lors de la traversée de la Slovénie et c'est une vraie déception pour Lucas.

Romain

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13 juillet 2009 1 13 /07 /juillet /2009 08:59

L’étape du jour est Cesky Krumlov, une ville du sud de la République Tchèque et sur la route de Vienne, qu’Oleg nous a conseillé alors que nous allions opter pour la ville de Telc. Dès 8h30, un « petit déjeuner » nous attend, et c’est là un des moments marquants de ce tour. On trouve en effet dans notre assiette deux saucisses et de la purée, accompagnés d’une tasse de thé. Le père d’Oleg, concepteur du repas, nous a également mis à disposition des œufs et de la mayonnaise ! Je rappelle aux lecteurs dissipés qu’il est 8h30 du matin. Soit nous avons brusquement passé la porte d’une autre culture, où nos repas du midi se mangent ici le matin (depréférence dotez vous donc d’un appétit du tonnerre dès le lever!), soit le père d’Oleg a très bien compris le message selon lequel nous considérions la nourriture comme quelque chose de sacré, et le but de ce petit déjeuner est littéralement de nous gaver. Quoiqu’il en soit, j’oublie mes considérations gastronomiques et me rue sur le plat concocté par notre hôte, alors que mes deux compagnons peinent à s’y mettre. Soucieux de ne pas brusquer notre maitre de maison qui nous observe manger d’un œil bien soviétique, je prends garde de ne rien laisser dans mon assiette. Finalement, nous restons bien 2h à table à manger et à discuter, et quittons Oleg et son père vers  11h30, après un repas gargantuesque et qui restera gravé dans nos esprits.
En début d’après midi et après une traversée de ces paysages tchèques toujours aussi vides qui bordent les autoroutes, nous touchons au but.

Cesky Krumlov est qualifié de « petite Prague », et on observe effectivement quelques similitudes. Ce village est bourré de charme, même si la nuée de touristes trouble quelque peu la visite. On ne reste que 2h cependant, essayant d’avancer au plus vite vers Vienne. Nous empruntons les départementales tchèques, traversant la campagne. On s’arrête dans une petite épicerie pour acheter du pain et des bananes, en guise de repas, sous les regards étranges de deux locaux qui voient sans doute des français dans ce coin ci pour la première fois ! C’est à partir de ce moment que la logique de survie avec 3€/jour est définitivement entérinée, puisque l’hésitation sur ce point nous a fait passer de périodes d’austérité complète à des craquages notables durant les premiers jours du séjour.
Vers 18h30, la frontière autrichienne passée, on s’arrête aux abords d’un terrain de foot afin d’y trouver de l’eau. On y tâte le ballon jusque 20h, puis allons nous poser à proximité d’un village, dans une sorte de champ, comme à l’accoutumée. Plantage de tente et diner à base de pâtes, comme cela nous arrivera souvent, voilà le descriptif d’une soirée assez commune de notre séjour, alors que demain la grande Vienne nous ouvre ses portes.

 

Lucas

 

Je comparerais le petit-déjeuner du père d'Oleg à la Cène. Nous trois, les apôtres de l'austérité, prenons notre dernier repas. Et on peut dire que nous avons profiter devant l'étendue monumentale de nourriture qui se dressait devant nous. Concernant le choix de Cesky Krumlov, j'avoue avoir été légèrement déçu du sacrifice de Telc, ville classé à l'Unesco dont j'avais entendu la comparaison avec Arras.... Néanmoins Cesky Krumlov à un air de Florence, abordé à un cours d'eau, avec un château possédant des peintures en trompe-l'oeil. Je me rappelle également bien des cinquante millions de chinois et moi, et moi, et moi... Quant au foot, c'est un petit plaisir du jour.

Note personnelle de la journée : 14,5/20

J.R.


Le ptit' déj restera, c'est certain, dans nos mémoires pour longtemps. Cesky Krumlov ou Telc, telle a été la question, et la réponse n'a pas été évidente. La ville est jolie, semblable à celle de la veille, et mon coté « vive la Nature, A bas la ville, A bas la foule de touristes » reprend le dessus. Le regard éberlué de l'épicier restera pour moi mémorable au moment nous comptions combien de bananes nos quelques piécettes restantes nous permettaient d'acheter. Le soir, après le foot et des délires vidéos, nous nous endormons heureux, demain, nous reprendrons la route. Le voyage continue et de nombreuses surprises encore nous attendent.


Romain


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12 juillet 2009 7 12 /07 /juillet /2009 08:55

La République tchèque est un pays vide. C’est l’impression qui me frappe alors que nous fonçons vers Prague par une belle matinée dominicale. Rien, durant des kilomètres, le long d’une route vide qui nous mène vers une des plus belles villes européennes selon sa réputation. A peine quelques immenses panneaux publicitaires implantés le long de la glissière, symbole de l’ouverture au capitalisme d’un pays encore communiste il n’y a pas si longtemps, le premier d’une longue liste. Une nouvelle fois nous circulons sans vignette, comme nous l’avons fait en Suisse. Dieu bénisse les pays qui fonctionnent avec vignette et non avec péages, ils nous font faire bien des économies.
Vers 10h30, les choses s’agitent sur ce paysage quasi statique : Prague nous  ouvre ses portes. Nous garons la voiture dans la banlieue de la ville, où réside Oleg, le deuxième hôte de ce tour d’Europe. Celui-ci est un ami de Jérémy, rencontré en Erasmus, étudiant en Sciences politiques. J’angoisse un peu devant cette perspective, je crains que mon anglais ne me barre la route et ne me tienne à l’écart.europa tour (11,1) (3)Je découvre en Oleg un personnage souriant, qui ouvre les portes de son appartement dont le décor me rappelle franchement ceux du film « Good bye Lenine ». L’ambiance vire carrément au soviétique quand Oleg nous présente son père, de nationalité russe. Personnage peu locace (il ne parle pas anglais) et rude d’aspect, il est une de mes figures favorites de ce tour, nous y reviendrons.
A 11h, nous nous mettons à table et avalons tels 3 gloutons une salade composée et une pizza, alors que le père  nous abreuve généreusement de thé. La discussion avec notre ami tchèque s’engage facilement, la première impression est plus que positive. Après ce repas bénéfique, nous partons tous les 4 à l’assaut de la ville de Prague, dans un tramway vieux comme le monde. Je découvre une ville superbe mais qui reste néanmoins en deça de mes espérances et de ce qu’on m’en a dit, pour le moment. Nous visitons le centre historique de Prague, son château, son fameux pont Charles, mais aussi sa Tour Eiffel !europa tour (11,1) (1) On découvre alors que l’ami Oleg est un admirateur de la France. Les ruelles de Prague sont bourrées de charme, mais il manque quelque chose. Puis vient la danse sur les remparts qui surplombent la ville, alors que notre hôte nous fusille littéralement avec son appareil photo. Vers la fin de journée, Oleg s’écclipse pour une occupation un peu mystérieuse. Pendant ce temps, l’austérité du tour d’Europe nous glisse entre les doigts et nous pousse dans une sorte de brasserie très classe, avec pianiste et serveurs élégants. Pas le temps de se demander si ce que nous faisons est dans l’esprit du périple ou non, les plats nous parviennent et on se régale de spécialités tchèques. On s’offre le luxe d’un dessert, le temps de s’apercevoir  grâce à photos accrochées au mur que ce restaurant a tout de même accueilli certaines personnalités notables, comme une certaine Hillary Clinton. Bilan des courses, environ 8€ chacun, correct ! On se promet cependant de ne pas recommencer ce genre de craquages trop souvent…
Puis on rejoint Oleg pour une visite de Prague by night. europa tour (12)C’est beau une ville la nuit, en tout cas bien plus que le  jour. Prague en tenue de soirée, c’est tout autre chose à mon gout. Le pont Charles resplendit, les échaffaudages censés lui offrir une deuxième jeunesse disparaissent avec l’obscurité. Au loin, le château n’est pas en reste. L’atmosphère de la ville est tout autre, ça sent l’Est à plein nez ! Prague est réellement la ville pour romantiques, mais c’est entre mecs que nous la parcourons alors qu’Oleg ne manque pas de nous instruire sur la cité. On oublie le temps lors de cette soirée inoubliable, qui se termine qu’à 2h du matin après une sortie au bar morte née, faute de…bar ! Une fois rentrée, Oleg se plie une nouvelle fois en 4 pour nous en nous préparant quelques toasts en guise de repas du soir, avec une tasse de thé : au sein de cet appartement à l’atmosphère d’une autre époque, avec un ami tchèque et son père russe, le moment est unique. L’Europe entière nous attend alors que l’on s’endort sous les étoiles praguoises…

 

Lucas

 

L'arrivée à Prague me laisse songeur. Installé dans une banlieue que Lucas compara à Clichy, avec un appartement au sixième étage, Oleg nous accueille. C'est un Erasmus de la première heure, quelqu'un que j'ai rencontré la première semaine et que je n'ai cessé de voir tout au long de l'année. Le retrouver dans un autre contexte me fait grandement plaisir. C'est cela aussi les avantages d'être un Erasmus.  Après le petit repas très bien décrit par mon ami Lucas, nous partîmes vers Prague, des couronnes en poche. Ma seconde vision de la ville me laisse songeur. C'est troué. C'est à dire une inégale répartition, des terrains vides puis des grandes étendues d'industries. Le myhe Praguois s'écroule.... Néanmoins on revoit la Tour Eiffel de Prague, on y grimpe et observe la ville sous la description Olegienne. Nous sommes un dimanche de juillet, touristes parmi les touristes. Je parfait mon histoire locale et je comprends que les Tchèques détestent les Russes : destruction de beaucoup de leur bâtiments, des principaux symboles. Oleg ? Oui c'est un prénom russe. Je sens un peu le sentiment ambivalent de mon hôte aux origines soviétiques. Mais les Tchèques aiment la France, surtout Chirac ! Pas Sarkozy ! Et les filles adorent notre accent. Pourquoi tant d'amour ? Parce qu'on ne les a jamais envahit !

Concernant le repas au restaurant, cela me rappelle la question du budget que l'on a toujours pas résolu. Du coup, nou faisons nos riches touristes et profitons du festin. Je ne suis pas en reste. La nuit m'a également fait le même effet : beautiful ! somptueux !

A noter le prix du meilleur guide pour notre hôte, qui nous explique la grande Histoire de la ville.

europa tour (11,1) (2)

Note personnelle : 16,5

 

J.R.

 

europa tour (11,1) (4)Alors que Lucas ne voit que du vide, c'est pour moi une nouvelle diversité des paysages qui apparaît, les notions de cours d'agronomie m'aident. Accueil extraordinaire d'Oleg. De nouveau, nous sommes reçus comme des rois ... Prague est magnifique (et dans la bouche d'un anti-ville, ces mots prennent tout leur sens). Oleg est un guide extraordinaire, il recevra d'ailleurs la palme du meilleur guide. Le repas nous permet de gouter des spécialités locales, un de mes objectifs ; connaître un pays c'est aussi connaître sa gastronomie. Comme toutes les villes, Prague est encore plus belle la nuit ! Je m'endors très satisfait de m'être lancé dans cette belle aventure.

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11 juillet 2009 6 11 /07 /juillet /2009 08:52

Vers 10h et sous un temps gris, la Clio 95 fait son entrée dans la ville de Fussen, en Bavière. Au programme d’aujourd’hui, la visite de la ville dans la matinée, puis des deux châteaux aux alentours.
Nous entrons aujourd’hui dans l’une de nos premières périodes d’austérité. Par exemple, pour bien se mettre dans l’ambiance tour d’Europe, nous nous élançons à la conquête de la ville le ventre vide, le petit déjeuner ayant fait les frais du festin de la veille au soir : une portion de riz avec du kubor… !
C’est donc un sentiment nouveau qui fait son apparition dans la bonne vieille ville de Fussen : celui de la faim qui prime sur tous les autres : profitons-nous pleinement du décor ? Peut être pas, en tout cas pour moi, dont les 5 sens sont mis à disposition de la quête de nourriture. Et puis la chance nous sourit : au détour d’une rue, nous apercevons d’étranges stands avec des mecs jouant de la guitare, chantant, et faisant des gaufres. Romain repère alors que ces gaufres sont distribuées gratuitement aux passants. Le temps de vérifier et nous nous retrouvons avec chacun une gaufre napée de sucre glace dans les mains, gracieusement offerte par des…évangélistes !  Evidemment nous avons droit aux traditionnels discours sur la question divine, et c’est ici la seule fois où mon médiocre niveau d’anglais me sauvera la mise, mon interlocuteur comprenant assez rapidement que je peux difficilement répondre à ses sermons. Je parvins néanmoins à lui faire comprendre mon athéisme relatif, ce qui lui fera dire que Dieu est un gentleman et qu’il est libre à moi de croire en lui. Quoiqu’il en soit, cette gaufre n’en reste pas moins un cadeau du ciel, et c’est l’estomac soulagé que l’on se dirige vers les deux châteaux réputés des alentours : celui  de Hohenschwangau et de Neuschwanstein (ou de la belle au bois dormant).europa tour (9)

Le premier, que l’on pensait moins impressionnant que le second, n’en reste pas moins superbe avec sa couleur ocre, ses statues et fontaines. Mais on file vite vers Neushwanstein, qui fait la réputation du lieu, essuyant entre temps une petite averse. On galère pour s’y rendre en voiture, on décide donc de marcher vers les contreforts de l’édifice situé sur une montagne à pied. Pour cela, on traverse prairies et forêts, franchissons un torrent et grimpons quelques marches. On effectue une bonne partie de la marche seuls, avant de rejoindre la masse des touristes aux abords du batiments. De l’intérieur, celui-ci se révèle certes impressionnant mais sans plus selon mon point de vue, les meilleurs clichés se feront du pont suspendu à proximité, qui se balance à une  bonne cinquantaine de mètres du vide. On y court, et y effectuons notre petite danse caractéristique au milieu des touristes des quatre coins du monde, qui nous regardent d’une manière assez étrange ! S’ils ne savent pas que c’est la France qui vient se déchainer ici, nous tachons de leur faire comprendre par la suite en brandissant fièrement notre drapeau en haut de la colline qui surplombe le château, de sorte que tout le monde puisse nous voir. Pour parvenir à ce point de vue, il nous a fallu sortir des sentiers battus et gravir la montagne. A l’arrivée, la vue est sensationnelle, avec le château et la plaine en arrière plan, alors que la forêt règne tout autour. Ce moment parait certes anodin mais il est une des preuves de notre volonté à éviter à tout prix les rassemblements de touristes et à nous démarquer pour faire autre chose, voir ces lieux différemment que tout le monde. Du moins je l’ai perçu ainsi.
L’après midi touche à sa fin quand nous fimes nos adieux au magnifique château de Neuschwanstein. Direction Regensburg, plus ou moins connu sous le nom de Ratisbonne. Ville de l’est de la Bavière, elle parait être un lieu à voir sur la route de la République Tchèque, notre prochaine conquête. On y arrive sous les coups de 19h30-20h, alors que la faim fait son grand retour dans nos esprits. Regensburg restera connue dans notre jargon comme le  nom d’un symbole, celui de la fin de journée que l’on aimerait ne pas revivre. Dans la ville, soucieux de nous nourrir au plus bas prix, nous tentons une technique découverte par Jérémy lors de son tour de France : demander aux boulangeries leurs invendus, leurs restes, qu’il faudra jeter. On s’essaye sur une sorte de boulangerie ambulante près de la cathédrale, et c’est un cuisant échec, qui expliquera sans doute le fait que nous ne retenterons plus jamais ce genre d’exercice. La visite de la ville, de son pont du 12e siècle qui surplombe le Danube, tout cela valait incontestablement le coup d’œil, mais fut troublé par notre obsession de manger. On reste peut être 1h30 à tout casser dans Ratisbonne, et filons planter la tente (et surtout manger !) au plus près de la frontière tchèque. Je suis pour ma part très enthousiaste à l’idée d’attaquer Prague le lendemain, que je considère comme la première grande étape de ce tour d’Europe tourné vers l’Est fascinant. J’en oublie presque le fait que nous ne mangions que du riz, cela ne fait que rajouter du charme et du mérite à notre périple. Doucement mais surement, l’esprit tour d’Europe vient m’habiter.

 
Lucas


europa tour (10)Füssen reste pour moi une très jolie, très mignonne, avec des rues colorées et un accent bavarois. Les deux châteaux m'ont également marqué, notamment celui de la Belle au bois dormant que j'avais tant vu sur des photos. L'escalade était bien sympa, un peu de sport ne fait pas de mal et quand ça monte, on monte ! Regensbourg fut sans aucun doute l'une des étapes les plus difficiles. Ce fut le première et pendant un long moment, l'unique tentative de demande de nourriture. Un échec dû en grande partie à la langue de Goëthe et à l'aspect caravanier de la boulangerie. De ce fait la ville de la ville fut mauvaise, nous ne profitons pas et pensons à notre estomac. 400 grammes de riz et la République Tchèque qui arrive contribue à nous endormir avec l'espoir d'un jour meilleur.

Note personnelle : 14/20


J.R.


Peu enclin à visiter l'Allemagne, peu enclin à visiter des villes, je pars pour cette journée perplexe. Mais Fussen me semble agréable, la gaufre et la discussion qui s'en suit m'amuse. Les châteaux sont fantastiques, l'un comme l'autre, mais j'apprécie plus particulièrement la visite du 2ème. Fuir la foule. Sortir des sentiers battus. Obtenir un point de vue inaccessible. Quel bonheur. Direction Regensburg, toujours plus nature que citadin, je suis pourtant mes 2 acolytes. En revanche, je serai déçu par notre acceptation de l'échec, et c'est bien plus cela que la faim qui me tiraille l'estomac. Mais Prague approche et j'attends beaucoup de la république tchèque.

Romain

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10 juillet 2009 5 10 /07 /juillet /2009 08:50

On s’est donné une journée, et même une après midi après notre réveil tardif, pour rejoindre la Bavière et se rapprocher de la ville de Fussen, prochaine étape. Pas grand-chose à détailler lors de cette journée, de la route, de la route, de la route…C’est néanmoins l’occasion de se connaitre un peu plus, surtout pour moi qui découvre encore chaque jour mes deux compagnons. La route passe vite, pas vraiment le temps de s’emmerder entre nos conversations diverses et nos jeux pour le moins simplistes mais divertissants ! Jusqu’à 18h, la route défile. Vient alors le moment de se poser un instant, près d’une sorte d’aire de jeux. L’idée d’un foot s’immisce très rapidement dans nos esprits alors que nous nous apercevons que nous sommes en fait en Autriche, pays que nous sommes obligés de traverser brièvement pour rejoindre nos amis allemands. L’occasion de tater le ballon est donc vite saisie alors qu’une superbe pelouse nous tend les bras. Soudain un groupe fait son entrée sur le terrain, on croit en premier lieu qu’il s’agit d’un entrainement à la vue des chasubles des joueurs. En réalité, c’est une tribu de Turcs autrichiens habitués à s’affronter chaque soir pour le plaisir du jeu qui s’avance vers nous, prête à en découdre avec les 3 intrus français. Avides de défis, [il faut dire que nous n’attendions que ça], nous acceptons le match, qui se décline en des « 3 contre 3 », sur des mini buts. Sur un total d’environ 8 matchs, nous n’en perdons qu’un et en gagnons bien 6. Le tout dans un esprit plus que fair play, avec du beau jeu. Ce moment me fait entrer un peu plus dans le tour d’Europe que j’imaginais, avec ces rencontres hasardeuses et éphémères. Vers 20h, on met les bouts, vidés par l’effort et par la faim qui se fait sérieusement sentir, mais satisfaits de notre premier contact. On poursuit notre chemin vers cette Bavière verte et vallonée, où règne cet esprit d’organisation bien allemand que l’on remarque notamment au rangement du bois et à l’allure des maisons. Ici, les toits se couvrent de panneaux solaires, preuve de l’avancée germanique en la matière. On se pose dans une pature, à proximité d’une sorte de grange et bercés par un ciel de voyage. On fait cuire du riz pour la première fois au milieu des monts bavarois, alors que Jérémy cherche désespérément du réseau avec son portable jetable BIC pour joindre sa bien aimée. Livrés à nous même dans cette Germanie bienveillante, l’aventure commence à prendre tout son sens, baignée dans l’esprit de camaraderie. Pourvu que ça dure !

Lucas

europa tour (8) 

Journée route effectivement, mais c'est également l'occasion d'accroitre la complicité entre ces 3 compères. Après plusieurs heures de route, des ralentissements semblent se dessiner, une belle occasion de sortir de l'autoroute et de prendre une pause. En effet, pas de violence, c'est les vacances ! Quand un terrain de foot et une équipe prête à en découdre nous attendent, c'est l'idéal ! L'effort n'est pas négligeable puisque nous faisons cela le ventre vide ! Après avoir trouvé un endroit pour poser la tente, le riz Kubor nous rassasie et nous plonge dans les songes en attendant de mieux découvrir les contrées allemandes ... la belle aventure !

Romain

Une grasse matinée ! L'une des seules ! Nous avons bien savourés notre période Suisse, en route vers nos amis Allemands ! Les derniers abricots nous amènent un peu d'énergie le temps d'un football bien mérité après plusieurs heures de route. Les deux paquets de riz ressemblent même à un festin presque comparable à la raclette (tout est dans le presque !) Le sketch "Jérémy et le téléphone" débute tandis que le plus jeune d'entre nous débute la belote !

J.R.

Note personnelle : 12,5/20
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