16 août 2008 6 16 /08 /août /2008 09:57

Après ce séjour agréable, on se remet en route, Montpellier, Nîmes et Marseille en ligne de mire. L’oncle de Jérémy nous amène gentiment jusqu’à l’entrée d’autoroute. Du monde, du monde mais trop de touristes, l’ennemi de l’auto-stoppeur. On attend une heure avant qu’une dame accompagnée de sa fille nous propose de nous emmener. Elles ont un avion qui les attend à Montpellier, mais malgré ça elles nous prennent en stop. En retard, warnings enclenchés, on roule sur la bande d’arrêt d’urgence dans les bouchons, on double et on se fait klaxonner par les personnes qui ont refusé de nous prendre, ce qui nous fait légèrement sourire, on est rancunier peut être. On a choisi la bonne voiture, on arrive rapidement à l’aéroport de Montpellier, légèrement excentré. Un gars en vacances chez un copain nous approche un peu plus près du centre. On marche encore un petit peu, on croise des confrères auto-stoppeurs (petit signe amical de la main) et nous voilà au cœur de Montpellier près de la place de la Comédie.

P1010581.JPGAgréable surprise, sceptique au début, la ville de Rémy Gaillard (quelle référence !) et de Rabelais (c’est mieux) vaut en réalité le coup d’œil. Après La Comédie, on se dirige vers l’arc de triomphe, et l’esplanade du Peyrou.

P1010584.JPGOn en profite pour faire une photo (poing levé) à l’endroit même où la célébrissime photo de Jean Moulin a été prise.

P1010596.JPGDirection ensuite la cathédrale Saint Pierre. Sa façade principale est très spéciale et la cathédrale sera sans doute la plus originale que l’on ait vu.

P1010601.JPGOn se « perd » ensuite comme on sait si bien le faire, dans les petites rues pentues de Montpellier. Agréable promenade sous le soleil. L’heure tourne, on prend la direction de la sortie. Une longue ligne droite nous attend. Direction Nîmes. Quelques kilomètres plus loin, une voiture s‘arrête. Le gars, à peine 30 ans, nous avait déjà vu stopper le matin au péage à 100 km d’ici. On doit sûrement l’intriguer. On lui raconte notre périple. Voyageur aussi, le Cambodge, le Tibet , etc …il connaît. Il accepte gentiment de nous déposer dans le centre de Nîmes, c’est sur sa route. Rencontre sympathique, il se gare même en double file, et nous paye un verre près des arènes. C’est du grand luxe pour nous. On discute avec lui, mais on ne tarde pas, il est pressé. On se fait de grands signes pour dire au revoir, c’est fou les rencontres qu’on peut faire. Je ne sais pas combien de personnes on a pu rencontrer ces deux premières semaines mais je dois sûrement pas en rencontrer autant en une année. Jerem’ accoste deux personnes âgées avec classe pour demander une direction, on a le contact plutôt facile. On visite le centre de Nîmes, la Maison Carrée et les inévitables et très touristiques arènes où l’on prend avec fierté quelques clichés.

P1010608.JPG

Des jeunes nous demandent d’où on vient, et éclatent de rire quand on leur dit qu’on vient du Pas-de-Calais. Pas sûr qu’ils savent placer ce département sur une carte, c’est le bout du monde pour eux . On réussit à trouver à manger. Une affiche me fait sourire à la boulangerie. Une association de Chtis de Nîmes organise un moules frites. Dommage c’est pas pour aujourd’hui, on aurait pu y manger à coup sûr. Ils sont fous ces chtis. On sort de la ville assez rapidement grâce à un gars qui est impressionné par ce qu’on fait. On décide de planter la tente à côté de vignes.
 Demain c’est Marseille ! Marseille ?! On est des fadas ..

 

A.


Une journée qui aura défilé à toute vitesse. Ce que je retiens c'est cette dame qui fait une vingtaine de kilomètres sur la bande d'arrêt d'urgence et qui se cache sur la troisième file lorsque les gendarmes arrivent. Montpellier est vraiment très agréable, la visite de Nîmes est un peu rapide. Et puis cette boulangère qui m'offre à manger en expliquant qu'elle en a marre de donner à des Roms... Rencontres et découvertes une nouvelle fois au menu !

 

J.R.

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15 août 2008 5 15 /08 /août /2008 09:54

Une journée à bien manger, à être propre, à regarder la télé, à se poser sur la plage et surtout à ne pas marcher, à ne pas se demander où on va dormir, où on va pouvoir manger... On récupère physiquement et moralement. Vous l'aurez compris, on n'a pas fait grand chose de cette journée, si ce n'est glander. Tout d'abord devant les J.O puis l'après-midi sur la plage. Mais cette journée est réellement très importante dans notre périple. On recharge les batteries, on fait des réserves. On sait que le chemin est encore long jusqu'à l'arrivée. Nous profitons de ces moments de calme pour regarder les photos déjà faites, celles qui nous disent qu'on a déjà fait beaucoup. Et puis on sourit devant le confort que l'on nous offre.

P1010575.JPGLa cohabitation se passe excellemment. Mon oncle et toute la famille et les amis sont vraiment cools. On rigole de bon coeur aux blagues, on s'aperçoit que Tokyo Hotel cartonne même chez les plus jeunes...
Faire un tour de France sans avoir de point de chute doit être vraiment éprouvant. Je ne sais pas si on aurait pu le faire. Toute cette fatigue accumulée ces derniers jours a failli venir à bout de notre courage et de notre envie...
Mais c'est reparti grâce à cette journée, la foi est revenue, on regarde les quelques 6 euros que nous avons dépensés depuis le début de l'aventure. Ca vaut le coup tous ces efforts, toute cette souffrance. Parce qu'il y a les découvertes, les rencontres. Et parce que cette expérience nous portera le reste de notre existence.

J.R.

Deux jours de repos oh combien importants... on a repris des forces, le moral est regonflé à bloc . Nous sommes prêts à entamer la dernière semaine du périple .
Un grand merci pour l'accueil très sympathique ( +++ )

A.
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14 août 2008 4 14 /08 /août /2008 09:37

Que s'est-il passé pour qu'on en arrive là ? Comment est-on passé si proche de la fin du périple ? C'est ce que je vais essayer de comprendre en même temps que de raconter...
Après notre nuit agitée le réveil est très sympathique. Imaginez à 8 heures une plage méditerranéenne déserte sous un lever de soleil. Du haut de notre poste de secours on observe les premiers debout, ceux qui vont promener leur chien avant que les touristes ne débarquent.

P1010557.JPGNotre programme du jour est light, l'objectif est d'atteindre Valras Plage. Par la route, viamichelin me dit 49 km. Nous, simples marcheurs, longeons la côte. Une petite matinée dans le désert nous attend. On a les gourdes pleines, heureusement, et on avance. Les paysages sont agréables, osmose avec la nature.

P1010563.JPGArrivés sur le midi à Valras plage, on décide de se poser sur la plage. Cela doit être une journée tranquille, reposante. Mais la météo en a décidé autrement. Le beau soleil des cartes postales est remplacé par la grisaille et le vent nous refroidit vite. On met le pull et on s'endort dans ces conditions. La nuit a été difficile, on récupère un peu.
Le problème est que nous n'avons rien mangé aujourd'hui, assez peu hier. Et toujours pas de douche à l'horizon. Heureusement que notre point de chute est ici, mon oncle arrive aujourd'hui en vacances. On attend donc le bon moment pour l'appeler. La journée passe, et en fin d'après-midi je tente l'appel du bonheur. Pas de réponse. Une fois, deux fois. Je décide donc d'envoyer un message. On est posé devant les campings, assis sur une malheureuse pierre. Le moral descend au fur et à mesure que les minutes s'écoulent. Il faut bouger.
Quelle erreur ! On se retrouve dans le centre ville à humer les odeurs de pizza et de barbecue. Les affiches résonnent dans nos têtes : 3 pizzas, 20€. Ne pas craquer, ne pas craquer. Et mon oncle qui n'appelle pas... 20 heures, l'heure fatidique que nos estomacs rappellent sans cesse. Les gens se goinfrent à côté de nous, dépensent leurs euros sans compter. Antoine est au bout. Je vais acheter quelque chose, 3 pizzas, je les mange. Ne pas craquer, ne pas craquer. Dans trois jours on est à Saint-Omer ! Je veux rentrer. Le harcèlement moral m'atteint de plus en plus.
Je fais un deal : si à 21 heures mon oncle n'a pas appelé, on rentre lundi.
20h58 appel du bonheur, de la délivrance. Au fond du tunnel une lumière, on aperçoit la douche, le repas, la nuit.
Sans doute l'une des meilleures soirées que l'on ait passé. La journée a tellement été dure. On est accueilli comme des princes. Les discussions s'enchaînent, on raconte notre périple, notre nuit et notre journée. Mais on ne se plaint pas, on est arrivé à bout de la souffrance. A deux minutes près...

P1010569.JPGJ.R.

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13 août 2008 3 13 /08 /août /2008 09:25

Levés au petit matin. «  Pas eu trop froid ? » nous questionne une dame qui promène son chien en observant la tente plantée au milieu d‘un terrain vague. «  Non m’dame ». Direction Carcassonne aujourd’hui. On démarre, et on s’arrête rapidement pour prendre des forces, un petit déjeuner avec ce qui nous reste de la veille. La zone semble assez désertique à la sortie de celle ville, peu de passage et 10 km avant la prochaine ville, 20km avant l’autoroute. Pas le choix, il va falloir marcher, on laisse quand même tendu notre pouce pour les quelques voitures qui nous doublent.  Autre souci, nous sommes à sec, les gourdes vides, et le soleil commence à taper… On avale les premiers kilomètres, où le paysage n’est pas déplaisant c’est le moins qu’on puisse dire. Dur dur, la marche c’est que ça grimpe dans le coin.

 


On croise la DDE qui fauche le long de la route, ils nous offrent de l’eau, le bonheur. Et quelques mètres plus loin on nous prend en stop. Le gars, la trentaine, va par chance jusque Montpellier et accepte de nous déposer à la sortie d’autoroute de Carcassonne. Nous sommes sauvés !

P1010514On marche un peu pour rejoindre le centre de Carcassonne que l’on visite avant de manger. L’après midi, nous nous dirigeons vers la cité et ses remparts, un petit Mont-Saint-Michel, du monde, des prix hallucinants et une belle vue aussi.

P1010542.JPGOn reprend son petit bonhomme de chemin et on tente le stop à un rond point. Deux jeunes s’arrêtent et nous proposent de nous déposer à Narbonne. J’ai personnellement hésité à monter dans cette voiture . Je tiens un minimum à ma vie, il faut le dire.  On accepte finalement . Le passager nous propose un peu de fumette, on refuse poliment, ce sera au chauffeur de prendre une taf…  Petite frayeur sur l’autoroute quand le coffre s’est ouvert, et quand le conducteur freinait au dernier moment dans les bouchons, mais nous sortons de là vivants, sous le soleil de Narbonne.  On marche en direction de Narbonne Plage mais les 15km me refroidissent. Heureusement on se fait prendre par un mec de Marcq en Baroeul qui s’est fait muter dans le sud. Il nous dépose juste devant la plage. La voilà, la voilà la Méditerranée.

P1010548.JPGOn se pose tranquillement sur la plage encore noire de monde même s’il est presque 19h. Le soir un concert gratuit est donné, pas terrible. Une question subsiste, où dormir ? Dormir sur la plage, c’est sympa  et on n'est pas les seuls à y avoir pensé.. Les meilleurs endroits sont pris d’assaut. On décide de se poser dans un coin de pelouse. On s’endort jusque 3h. Et là c’est le drame. Les jets d’eau automatiques se mettent en route, je bois la tasse, jerem ne comprend pas ce qui se passe. Le résultat est cinglant : nous nous sommes fait avoir comme des bleus, on est trempé et on sait plus où dormir. On décide d’avancer, et on finit par reprendre notre sommeil sur un poste de secours. Quelle journée !

A.


Cette journée est peut-être la plus représentative de notre séjour. On est passé par tous les stades : la marche matinale sans eau, puis la magnifique visite de Carcassonne. Au soir, la Méditerranée s'offre à nous, une sorte de petit aboutissement : on aura fait toutes les mers et océans. Et puis une nuit dont on rigole maintenant, avec un réveil surprise que j'ai compris assez tardivement. Entre temps des personnes étonnantes et tellement différentes qui nous prennent en stop et un moral qui va de bas en haut et de haut en bas. Grande journée qui précède une mini-crise.

J.R.

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12 août 2008 2 12 /08 /août /2008 09:18

Ce sont les petites pluies qui gâtent les grands chemins... Depuis notre passage de la Loire, le temps n'est plus avec nous. Après les nuages d'hier, la pluie d'aujourd'hui. Et la vraie, celle du Pas-de-Calais, qui nous a rejoints ! Celle qui nous oblige à aller nous abriter sous un pont afin d'éviter d'être trempés. Pour le moral, c'est mauvais. Soleil = Bon moral. Pluie, nuages = Baisse de ce moral. Et cela tout au long de notre périple.
L'objectif du jour : Toulouse ! J'attends avec impatience la ville rose, en raison des propos élogieux que l'on m'en a faits. Pour y arriver, c'est difficile. Une heure d'attente tout d'abord sous une pluie fine, à regarder passer les voitures comme les vaches observent le train. Heureusement, la situation se décante assez vite. Façon de parler, on arrive à Toulouse en début d'après-midi, notamment grâce à une demoiselle au goût d'Antoine (1-1 ^^).
Et aussi un vacancier qui nous emmène dans une camionnette que l'on aura souvent empruntée (3 places devant et derrière un matelas et souvent un gros bordel !). Lui part pour l'Espagne et nous, comme toujours, racontons notre histoire. La pluie continue mais cela ne nous empêche pas de profiter de la ville rose qui porte bien son nom. Les quartiers, les maisons, les monuments, tout cela en brique rouge tel un coron !

P1010485.JPGOn se croirait revenus : les briques rouges et la pluie ^^ Mais lorsque arrive la place du capitole...on comprend que l'on est bien en voyage ! La pluie ne nous empêchera pas de prendre des photos ! On se réfugie néanmoins dans l'enceinte. On craque un peu, la pâte à tartiner au doigt ! Je sais, niveau hygiène c'est pas le top, mais on doit s'habituer pour Koh Lanta !

P1010496.JPGLa visite continue sous les nuages menaçants. La cathédrale m'impressionne, elle arrive à se fondre dans le décor !

P1010497.JPGAntoine, qui n'est pas un fan absolu des églises en tous genres, commence à s'habituer ! Par contre il se rappelle bien de l'épisode rennais puis bordelais. Comment ressortir sans difficulté de la ville. Toulouse = zone industrielle impressionnante... Va t-on devoir la traverser ? Après mûre réflexion, on décide de taper dans la caisse ! 2€30 pour un billet de train vers Pins Justaret. Le bonheur, nous voyons défiler ce qui aurait pu être une nouvelle galère, la zone industrielle ! Le seul souci c'est que nous nous sommes un peu trompés dans la route... On est direction Foix, on aurait voulu être direction Carcassonne... Pas grave, on fait avec. Un sixième et dernier stop aujourd'hui (44 depuis le départ), un mec qui revient du boulot. On se fait déposer à Auterive, bon carrefour pour repartir demain.
Pour manger, j'ai perfectionné mon discours. "Bonjour, vous connaissez Pékin Express ? On a repris le principe de l'émission, c'est à dire qu'on effectue un Tour de France, on est parti du Pas-de-Calais lundi dernier, et on fait également cela avec un euro par jour, mais sans les caméras ! On compte sur la solidarité des Français et ce serait donc pour savoir si vous n'auriez pas quelque chose pour nous ?" Ce soir là, à la boulangerie, grande chance. La dame est fan de Pékin Express et elle est originaire d'Arras : deux points à notre avantage ! Elle nous demande de repasser à la fermeture. A l'heure dite, grand sachet avec des bouts de baguette et surtout pour chacun une part de quiche et une part de pizza, tout juste chauffées ! Quand y'en a plus, il y en a encore : en dessert, un gâteau à la poire ! Quand je vous dis que les Français sont généreux !

P1010506.JPGAprès une journée mi-figue, mi-raisin, le repas fait du bien au moral. Après quelques tergiversations, on se trouve un bon endroit pour dormir et récupérer. La journée de demain nous offre un long périple !

J.R.

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11 août 2008 1 11 /08 /août /2008 09:12

Après cette soirée exceptionnelle et une bonne nuit, on se réveille avec le sourire. Un petit cliché dans notre chambre, une bonne douche, et rien de tel qu’un café et un croissant offerts par notre hôte. L’espace d’une nuit nous étions presque voisins d’Alain. (oui Alain Juppé pardi, mais quand on est voisin on s’appelle par son prénom) On remercie bien son beau-fils (de la dame, pas d'Alain !) et en route pour découvrir plus en détail Bordeaux. Direction le stade Chaban-Delmas qui s’avère en fin de compte pas impressionnant du tout. On se promène dans le centre ville, en prenant des trajectoires un peu au petit bonheur la chance car on sait maintenant que pour découvrir une ville rien de tel parfois que de s’y perdre. L’architecture bordelaise est impressionnante, on apprécie. On flâne ensuite le long des quais de la Garonne très bien aménagés, passons près du miroir d’eau.

P1010470.JPGPuis on se dirige vers le nord pour sortir de la ville. On se fait un petit plaisir avec deux baguettes et un pot de pâte à tartiner, de la sous marque évidemment, on n'a pas les moyens. On essaye de stopper à plusieurs endroits,  une voiture, puis une autre, puis une centaine, plusieurs centaines... sans succès, les minutes, les heures passent.

 

On se résigne à partir au sud de la ville pour trouver un meilleur « spot ». Un choix moralement difficile qui implique une traversée de la ville du nord au sud après l’avoir traversée du sud au nord… On prend son courage à deux mains et hop nous voilà dans la partie sud de la ville. Deux jeunes filles (dont une charmante selon les propos de Jérémy) nous amènent un peu plus à l’extérieur, puis une dame qui revient du boulot. Nous sommes sortis de Bordeaux ; l’objectif est donc atteint mais on décide d’avancer un peu plus vers la ville rose, l’étape de demain.  Une dernière dame nous prend en stop. Elle nous fait visiter les petits coins sympas, et cerise sur le gâteau, nous trouve à manger gratuitement dans sa boulangerie... Que demander de plus ? Rien ! Mais elle réussit à nous donner 3 euros malgré notre refus.  Elle nous descend à Saint Macaire, on visite la jolie petite bourgade à l’intérieur des remparts, on mange notre petit festin du soir. On décide de planter la tente en contrebas des remparts, dans une ancienne zone où le camping était autorisé. Une bonne nuit bien méritée après une journée où on n'aura pas compté les kilomètres de marche (mais qu’est-ce qu’on en aura fait !)

 

A.


Je me souviens bien de cette première fois où on a vraiment galéré pour le stop. La pluie est parfois présente, on doit s'abriter... La faim prend le dessus, on dépense 1€95 pour deux baguettes et du Nutella (merci Leader Price !) Et puis la traversée de la ville du Nord au Sud après avoir fait l'inverse... Physiquement, cela commence à être parfois difficile. Personnellement ce sont mes lèvres en sang qui me posent problème, un drame à chaque fois que je veux ouvrir la bouche ! Après la belle journée d'hier c'est donc difficile, on re-visite Bordeaux puis Saint-Macaire en soirée. Mais on voit le côté positif des choses. Cette dame qui nous prend en stop, qui nous fait visiter la région, qui fait appeler deux boulangeries pour nous trouver quelque chose. Et ça, c'est bon pour le moral !

P1010481.JPG

PS : pardons pour les insultes de la vidéo, qui ne sont que le reflet de la fatigue physique et mentale !

 

J.R.

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10 août 2008 7 10 /08 /août /2008 08:44

Déjà une semaine...Au réveil on se rappelle que nous étions à Saint-Omer voici une semaine et qu'aujourd'hui on se dirige vers La Rochelle, tout cela grâce à 29 autostops et 2€30 ou 2€70 de dépensés. On commence à se rendre un peu mieux compte de la chance qu'on a !
Aujourd'hui, La Rochelle, logiquement. Nous arrivons assez vite, en fin de matinée. Un mec qui nous emmène nous offre un peu de San Pelégrino, des fruits. Et sur la route je récupère un sachet de petits pains ! Hummm. 11 heures, La Rochelle. Cela nous laisse beaucoup de temps pour visiter la ville, animée par son marché. Ah oui, on est dimanche. Détail important pour nous, beaucoup de boulangeries ferment sur le midi. Mais tout d'abord on admire le port fortifié de La Rochelle, bien sympa.

P1010426.JPGHormis cela...Si une ville me déçoit lors de ce séjour c'est La Rochelle. Pas mal d'éloges auparavant mais hormis ce port pas grand chose. On tourne dans la ville, on observe, mais... Bref, on décide de se poser sur la plage (ça c'est sympa !) Le seul problème c'est que le soleil joue à cache-cache derrière les nuages...

P1010430.JPGImpressions mitigées, on décide donc de bouger et d'avancer vers Bordeaux, notre étape de demain. Première étape, Rochefort, que l'on va également visiter ! On n'est pas pressé, pas de violence, c'est les vacances ! On continue notre avancée, vers Saintes, puis Royan. On hésite à faire encore du stop, on met le panneau et puis...

P1010441.JPGIl n'y a aucun doute, nous aurons eu de la chance ce jour là pour le stop. 6 fois pris dans la journée, et puis une dernière dame extraordinaire. Elle nous prend à Royan et nous emmène directement à Bordeaux, 137 km ! Quelle idée de se retrouver à Bordeaux ? Pour faire une soirée rennaise ? Non, il a fallu quelque chose de spécial, cette dame ! On raconte comme toujours notre histoire, un tour de France, en stop, avec un euro par jour. Forcément, cela attire la curiosité, un peu de respect ainsi que de la compassion... Où voulez-vous que je vous dépose ? Juste avant Bordeaux s'il vous plaît, on pourra planter la tente comme cela. Oh, mais vous n'allez pas camper à quelques kilomètres de Bordeaux pour revenir demain, venez à la maison !
Grand sourire...Voilà ce que j'espérais, se faire héberger chez des personnes que l'on ne connaît pas. On ne refuse bien sûr pas cette aide. Arrivés à Bordeaux on hallucine un peu devant la taille de l'appartement, en plein centre de la ville. Non, non, ce n'est vraiment pas un appartement d'étudiant !

P1010468.JPGOn a notre propre chambre et cette dame que nous ne connaissions pas il y a deux heures nous offre maintenant les clefs de son appartement : "allez-y, visitez Bordeaux, faites la fête et profitez !" Nous, en garçons polis, demandons une heure pour rentrer..."rentrez quand vous voulez, profitez !" GENIAL ! A peine sortis qu'on appelle la famille, les amis, pour raconter ce qui se passe ^^

C'est quoi la ville que vous avez préférée ? Bordeaux ! Certes le contexte de notre présence ici doit jouer sur notre réponse. Mais notre visite nocturne de la ville ne nous laisse pas indifférents. Splendide, superbe, tous les mots sont bons pour décrire ce que nous voyons. La ville est très bien refaite (merci Alain !), les monuments s'enchaînent...

P1010463.JPGLa Tour Pey Berland, l'hôtel de ville (palais Rohan), le théâtre et puis le miroir d'eau, devant la place de la Bourse (voir Antoine ci-dessus), tout cela illuminé de façon parfaite. Bordeaux et ses quartiers au patrimoine mondial de l'UNESCO...on a compris pourquoi !
Lorsqu'on décide de revenir et d'aller se coucher, nous savourons. Nous rigolons. C'est dingue ce voyage. Et dire qu'on aura dépensé 0€ aujourd'hui...


J.R.

Une journée tout simplement énorme.. on a du mal à y croire, mais c'est bien la réalité : nous dormons à Bordeaux ce soir ! On a le sourire, et on oublie vite la fatigue dans ces moments là. Magique !

A.
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9 août 2008 6 09 /08 /août /2008 08:37

Encore une grosse étape (223km) qui nous attend pour cette sixième journée sur la route. Mais nous partons en forme, avec enthousiasme et ravis de ce séjour au bout du Finistère. Un petit regard dans le rétroviseur, et on se dit qu’on est quand même arrivé ici presque sans rien dépenser. On commence le stop à la sortie de Penmarch bourg. La phobie de rester planté sur l’asphalte tel un paria nous a quittés, qu’importe l’endroit où nous sommes l’espoir d’être pris est presque toujours là. Et quelqu’un s’arrête rapidement pour nous donner raison. Pour garder l’anonymat nous l’appellerons Kévin. Une vingtaine d’années, mythomane à ses heures perdues, il revenait de chez sa copine et s’en allait sur Quimper. Après le récit d’un cocktail d’histoires invraisemblables de voitures, de vitesse et d’accident  (du 250 km/h , un corps qui se retrouve 1 km plus loin …) il nous dépose à proximité de Quimper.  On marche un peu, puis une dame en Twingo nous amène à Lorient où elle compte bien profiter du festival. On arrive dans un quartier populaire de la cité lorientaise, rapidement un homme et sa fille nous embarquent, en nous expliquant que sans eux c‘était pas gagné. Ils nous conduisent à l’extérieur de la ville, en faisant au passage un gentil détour. On enchaîne les voitures, au tour d’une dame de nous prendre en auto-stop, elle nous explique son dernier périple, le pèlerinage de Saint Jacques de Compostelle et nous offre des fruits quand on lui explique le nôtre et notre budget limité. Changement de voiture, au tour d’un homme, qui écoute du Hervé Vilard  de nous avancer d’un bout et puis un dernier pour nous amener à l’entrée de Nantes.

Arrivée dans la banlieue nantaise, le ventre gargouille, j’ai l’appétit presque cannibale. Pizza paï, Mac Donald’s, Quick, je suis attiré comme un aimant, quand une suave odeur sort de ces endroits où l‘on pourrait se remplir le ventre. On est dans le mauvais coin, la tentation est là.

P1010370.JPG

Ne pas craquer, ne pas craquer: voila ce que me dit mon cerveau pendant que mon ventre crie famine. Jérémy récupère alors in extremis, dans les arrêts de jeu, du pain et des pains au chocolat, qui sont accueillis les bras ouverts par ma mâchoire qui broie tout ça en deux temps trois mouvements. On approche du centre ville , on demande la direction à une dame qui nous offre gracieusement un plan. On se promène tranquillement dans le centre ville, sous le soleil qui nous suit apparemment, on n’hésite pas à se poser régulièrement pour récupérer. On attaque ensuite le château des ducs de Bretagne qui surplombe une belle pelouse où beaucoup de Nantais font la sieste.

P1010412.JPGPuis le jardin des plantes et on passe enfin la Loire.
Pour sortir de Nantes, un homme nous prend et nous fait l’éloge de la Charente maritime sans oublier de nous préciser ce que De Villiers a fait de bien … Il nous dépose à Chantonnay. Jérémy tente alors de nous trouver à manger dans un Kebab en expliquant notre périple et à notre surprise, on nous demande de nous attabler et nous sommes servis comme des rois, sans dépenser un centime. On stresse un peu parce qu’on se demande si on s’est bien fait comprendre, et s’ils ne croient pas que les caméras vont arriver d’un moment à l’autre .. La peau du ventre bien tendue, on sort rapidement de la ville car le soleil se couche, et on plante la tente dans le noir dans un coin tranquille.


A.


8 auto-stops depuis le départ, 29 en 6 jours. S'il y a bien quelque chose qui marche depuis le départ c'est ça, à mon grand étonnement. Mais c'est vrai qu'aujourd'hui la chance est avec nous. Un vrai repas, 3 steaks et des frites, tout ça gratuit, le bonheur ! Hormis cela Nantes reste assez vague. Je me souviens bien du château, d'une ville assez basse (peu d'immeubles) et assez agréable.

P1010406.JPGC'est la première fois qu'Antoine m'a semblé râleur ^^ Et puis je me rappelle aussi du passage de la Loire, où l'on s'était dit qu'on arrivait dans le Sud et que le soleil brillerait pour toujours !

 

J.R.

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8 août 2008 5 08 /08 /août /2008 08:27

"C'est quoi le coin qui vous a le plus plu ?" La Bretagne !
Une bonne nuit de sommeil, dans un lit ! Le bonheur ce n'est pas grand chose, un peu de confort retrouvé. Une douche. Un petit déjeuner. Et puis la découverte d'un endroit inconnu. Penmar'ch se situe dans la pointe de la Bretagne, au sud. Le soleil est au rendez-vous, comme toujours dirait Tif.
Le matin est l'occasion d'une balade sur la côte. Les paysages de carte postale se succèdent.

P1010279.JPG

Le coin est encore très nature, peu d'habitats, hormis traditionnels. Cela change de la Côte d'Azur. Tif nous fait la visite avec talent. Elle nous raconte les anecdotes, comme celle de la mort de la femme du député du coin, emportée par la mer un jour de séance photo pour le mariage de sa fille. Celle-ci est également happée. On en profite pour faire une petite séance photo.

P1010282.JPG

On se pose au café en bordure de côte, racontant un peu notre voyage. La balade se conclut par un bon repas, avec des frites !
L'après-midi est vraiment excellent. Tif nous emmène en mer, petite balade pour poser un filet de pêche en compagnie de son père. On observe et on apprend. On regarde et on profite. J'ai envie de dire qu'on savoure. C'est tellement bon l'air de la mer.

P1010309.JPG

Tif est coachée par son père pour les déplacements. La mer est basse, pas facile de sortir du port. Elle manoeuvre parfaitement, on peut poser le filet de pêche. Un peu de travail même si cela ressemble plus pour nous à un loisir. Nous avançons ensuite en pleine mer, les vagues sont un peu plus hautes, le bateau tangue mais ne rompt pas ! Un peu d'eau dans la tête d'Antoine, ça rafraichit. Tif rougit, le soleil bat son plein !
Au retour on est assez fier de cette escapade. La Bretagne ça nous gagne !

P1010326.JPGTif doit aller bosser. Nous, on se refait des pâtes, petit plaisir personnel ! On récupère les vêtements secs que nous avions lavés ici, ça peut servir pour le reste du séjour ! Nouvelle balade en soirée, l'occasion de prendre la pose avec le coucher de soleil dans l'Atlantique.

P1010343.JPGMoi, maître du monde (enfin de mon monde !)

P1010348.JPGAntoine, et son "spécial" !

 

On profite encore un peu de la Bretagne avant le départ de demain. On sait déjà que c'est des moments dont on aura la nostalgie. Dont on se souviendra en revenant. Dont l'on sera nostalgique dans les futurs moments de déprime. On se perd un peu dans le village, on arrive à Penmar'ch bourg (un peu compliqué cette ville découpée en plusieurs villages...) Et finalement on retrouve Tif (ou plutôt Tif et son frère nous retrouvent !) Petit tour au café où certains peuvent encore faire quelque chose d'interdit dans les autres cafés depuis le 1er janvier (je reste vague au cas où les agents du gouvernement passent par ici ! ^^) Notre première dépense se fait là : 2€30 pour mon jus d'ananas, 2€70 pour la bière d'Antoine. Jour 5 et premiers euros dépensés, on est déjà assez fier, surtout que c'est une dépense pour savourer. C'est un peu une dépense qui conclut ce séjour parfait.
La Bretagne, j'y repartirai. Gens accueillants, magnifiques paysages, beau soleil ^^


J.R.

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7 août 2008 4 07 /08 /août /2008 08:15

Après une nuit, on ne peut plus difficile...on se remet en route à l’aurore. C’est la première grosse étape niveau distance mais au bout, c’est le bonheur, un chaleureux accueil qui nous attend. On commence le stop dans les rues de Rennes sans trop y croire, à tort, une camionnette s’arrête rapidement. Coursier, il livre des ordinateurs pour Conforama, à Vannes, Lorient et Quimper. On décide de rester avec lui jusque Quimper même si on perd un peu de temps avec les livraisons. L’espace d’une matinée nous sommes aussi coursiers au service de Conforama, le pays où la vie est soit disant moins chère. On lui donne un petit coup de main, comme le veut la bienséance.
 On arrive à Quimper sous quelques gouttes. La pluie bretonne ne serait donc pas une légende… Le K-way est de sortie.

P1010248.JPGOn atteint le centre ville entre les averses, d’arrêt de bus en arrêt de bus, lieu où on discute parfois notamment avec un homme qui s’abrite comme nous.  Notre gros sac et notre allure de voyageur intriguent parfois. On visite la ville sous la pluie, c’est jour de braderie, les rues sont  bondées. On avance ensuite vers Penmarch, où on sera hébergé chez Tif, copine de fac arrageoise de Jerem, mais bigoudène d’origine. On commence le stop à un rond point,  une voiture belge  s’arrête, mais c’est en réalité une bretonne qui a loué une voiture en Belgique . Une autre voiture est nécessaire pour arriver à destination, et c’est une personne âgée (la première depuis le début) accompagnée de sa fille et de son petit fils qui nous amène jusqu’à notre point de chute. Dès le début nous sommes sous le charme de ce petit coin, et de ses rues.

P1010264.JPG

On fait un petit tour puis on se pose, on s’endort dans l’herbe et on prend froid . On arrive ensuite, chez notre hôte que nous remercions encore au passage. Douche, lit, accès internet, pâtes : le bonheur à l’état pur. Tout un petit confort que nous avions laissé chez nous. Ces premiers jours nous ont quand même usés, la petite sortie au café sera donc pour le lendemain. Je tombe endormi et Jerem ne tarde pas à faire de même.

A.


A noter : mon magnifique K-Way de l'ESSOR ^^. Et bien sûr l'historien fan d'églises qui aura apprécié le plafond de Quimper et les filets de pêche dans l'église de Penmar'ch ! Je n'avais jamais vu cela !

P1010256.JPGJ.R.

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