31 mars 2015 2 31 /03 /mars /2015 14:51

C'est parfois assez difficile de raconter ses voyages. Je m'y essaie à chaque fois, et j'espère retranscrire un minimum ce que je ressens, en plus de ce que je vois. Mais il y a une chose que je n'ai jamais réussi à faire, c'est retranscrire mes retours.

 

Car oui, tout voyage a une fin. Une fin que l'on anticipe tous un peu. La dernière semaine d'Asie était celle de l'excitation du retour. J'étais encore là physiquement, mais mentalement j'étais déjà rentré. Qui je vais voir, qui je vais serrer dans mes bras, avec qui je vais rire, sortir, chanter, crier. On a beau se dire qu'il faut profiter jusqu'au bout du voyage, les dernières semaines, les derniers jours ne sont que de longues heures d'attentes. En Asie, j'ai commencé mon décompte à J-15. Au Kenya, la première fois, j'étais arrivé depuis deux jours que je faisais déjà un J-58. Oui, ce décompte dépend beaucoup de l'état mental dans lequel on se trouve. J'étais heureux en Asie, moins lors de mon premier voyage au Kenya.

 

Et puis vient l'aéroport, l'avion, le vol. L'arrivée dans la grisaille du Nord (car oui, c'est bizarre, mais on revient presque toujours dans la grisaille). Là, on se le dit déjà : je suis revenu, et ça n'a pas changé !

Les premières semaines sont géniales. On revoit la famille, on revoit ses amis. Ceux qui nous ont tant manqué pendant des semaines, des mois, une ou deux années. On sort, on profite de chaque repas préparé par maman ou mamie. On savoure la nourriture que l'on n'avait pas là-bas (et on jure que l'on ne gâchera plus jamais rien !), on savoure une douche chaude, une maison propre. On va dans un supermarché et on est impressionné de tout ce choix. On prend la voiture, et on se dit que c'est cool, cette liberté de déplacement. On ne galère pas à se faire comprendre, on n'a pas besoin de négocier un prix. Et assez vite, on va oublier tout ça...

Car, après quelques semaines, après plusieurs mois, vers l'automne, il y aura le retour de cette routine. Vous savez, celle que vous avez fuie. Et de cette météo de merde (celle-là aussi vous l'avez fuie!). Et il y aura cette fameuse déprime post-voyage. Certains connaîtront même la dépression. Car si on me félicite beaucoup pour les « couilles » que j'ai de partir (désolé pour la vulgarité, mais j'emploie le terme exact), on me félicite rarement pour les couilles que j'ai de revenir. Pourtant, j'ai bien l'impression que c'est peut-être le plus difficile.

 

Vous êtes rentré. Et vous allez parler pendant les premiers jours de votre voyage, des gens que vous avez rencontrés, des histoires folles qui se sont passées. Et vous allez les répéter cinquante fois. Comme mes policiers grecs ou mon amour du transsibérien. Et puis peu à peu les gens ne vous en parleront plus. Et c'est là où la rupture s'opère, c'est là où l'on perd le centre de l'attention. Pendant plusieurs jours, on n'a d'yeux que pour vous, et votre voyage. Peu à peu, vous redevenez « normal ». En vérité, vous ne l'êtes pas, vous ne l'êtes plus. Car vous avez changé, vous êtes transformé. Ce voyage a fait de vous un être différent, avec une vision de la vie qui a été bouleversée. Mais ça, personne ne peut vraiment le comprendre. Alors vous allez errer comme un être sans âme pendant plusieurs semaines, à essayer de comprendre pourquoi vous êtes rentré, et comment faire pour repartir. Vous allez maudire la nourriture de maman et ce magasin consumériste. Vous allez regarder les photos des autres voyageant sur Facebook avec des larmes plein les yeux et de la jalousie plein le cœur. Vous allez pester contre cette France immobile, conservatrice, et à peine ouverte d'esprit. Et vous allez planifier le prochain.

 

Mais rassurez-vous, si un jour vous vous sentez comme cela, sachez que je suis là pour vous aider. Que si pas grand monde ne vous comprend, moi, un peu. Certes, notre voyage n'aura pas été le même, nos histoires auront été si différentes. Mais on aura eu ce putain de sentiment de liberté. Et ce sentiment que rien ne change ici. En deux mois d'Afrique je vois des bâtiments progresser et des routes se construire. Et lorsque je reviens chez moi, rien n'a bougé. Les routes sont les mêmes, les bâtiments aussi, les gens encore plus. Moi, par contre... et vous aussi.

En vérité, je ne regarde pas vos photos de voyage. Ça m'énerve. Ça m'énerve tellement que je suis incapable de regarder n'importe quel documentaire de voyageurs. Allez vous faire foutre, bande de chanceux. Profitez, mais ne m'obligez pas à vous lire, ou à vous regarde. Car je vous hais. Jusqu'au jour où on se retrouvera dans le Nord. Là, ce sera différent, on sera à égalité. On sera revenu. Et on se comprendra.

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8 mars 2015 7 08 /03 /mars /2015 12:24

Pourquoi s'enterrer à Laval ? Oui, c'est le genre de question que l'on se pose parfois lorsque l'on évoque ma sœur. Parce que Laval, en dehors d'être un palindrome célèbre, représente peu de chose. C'est facile, je ne savais pas où mettre cette ville sur une carte de France (et je me considère comme pas mauvais en géographie nationale).

 

Laval est à 55 minutes à l'est de Rennes, au milieu de la Mayenne. La Mayenne, c'est des vaches. Et puis des vaches (1er département pour la viande bovine, 80% des terres sont agricoles). Il n'y a que trois villes de plus de 10 000 habitants : Mayenne, Château-Gontier et donc Laval. Bref, on est au milieu de rien, et rejoindre Laval par la route, c'est traverser ces longues campagnes françaises où rien ne semble avoir bougé depuis 50 ans.

 

Enfin à Laval, je retrouve ma sœur. Et cette fois c'est décidé, je vais visiter la ville ! 50 000 habitants pour une aire urbaine de 120 000 (Saint-Omer est à 100 000).

Laval est un mélange entre une ville médiévale et une ville normande. Ville médiévale pour son château et le fameux donjon (également le nom de la boîte de nuit la plus connue de la ville), ses remparts, sa porte Beucheresse (avec au milieu de la porte un magasin tout vilain du Stade Lavallois).

Laval
Laval
Laval

Ville normande pour ses petites rues pavées, entourées de maisons à colombages.

Laval
Laval

Et ce que je retiens, c'est une certaine tranquillité, une douceur de vivre. Laval, ce n'est pas stressant. Les gens prennent leur temps, marchent doucement. A Laval il y a du boulot (le chômage était de 6% en 2011, quand la moyenne nationale était de 9%). Il y a le siège de Noz, mais aussi surtout celui de Lactalis (Roquefort, Président... premier groupe laitier et fromager mondial, 61 000 emplois dans le monde, 16 milliards de chiffre d'affaires). Des personnalités célèbres sont nées ici : Ambroise Paré, le Douanier Rousseau, Alfred Jarry, Chamix.

Bon, après je n'y ferai sans doute pas ma vie, malgré le Stade Francis-Le-Basser. Une journée c'est bien, sur la route de Bordeaux !

Laval
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23 mai 2014 5 23 /05 /mai /2014 20:33

Il faut comprendre ma surprise. Je suis à Colmar, au mois de mai. Je suis avec un Tilquois, Romain, qui est venu me rendre visite à Fribourg avec Perrine. Et qui je vois sur ma droite, dix mètres devant moi, avec un bon vieux sourire ? Un autre Tilquois. Et pas n'importe lequel, puisque c'est Antoine !

C'est marrant parfois la vie. La veille, j'avais écrit un article sur l'amitié. Et notamment sur le fait que les kilomètres m'ont fait perdre des amis que je pensais garder. Antoine en fait forcément partie. Je l'ai connu à l'école primaire. Et il était encore à Arras lors de ma deuxième année de fac. Bref, une tête que j'ai sacrément bien connue, une famille que j'ai côtoyée, une maison que j'ai arpentée. Alors le croiser là, c'est un petit clin d’œil de la vie. L'air de dire « tu vois, finalement, le monde n'est pas si grand ». 10 minutes ne rattrapent pas 5 années, mais le plaisir de l'instant fut formidable.

Colmar et Eguisheim : apparition surprise et village préféré des Français

Bref, toujours étant que nous sommes à Colmar, cette petite Venise (ah, les canaux). J'étais déjà venu dans la ville l'hiver dernier, il faisait glacial, je me réchauffais tant bien que mal dans les magasins ou devant un stand du marché de Noël. Vous vous doutez bien qu'au mois de mai, sous le soleil, les sensations sont différentes. Il n'y a rien à dire, c'est vraiment une jolie ville, la base de l'Alsace avec Strasbourg. Mais encore plus Alsacien.


Enfin, pour faire encore encore plus alsacien, rien de tel qu'un petit village. Après avoir parcouru un peu Ribeauvillé et Riquewihr, voici donc Eguisheim. Eguisheim a obtenu récemment son moment de gloire en étant élu village préféré des Français (programme de France 2). Même sans avoir vu l'émission, c'est une chose que l'on ne peut pas ignorer en ville : banderole et plaque commémorative !

Colmar et Eguisheim : apparition surprise et village préféré des Français

1800 habitants, la moitié caviste ! Car oui, ici, c'est la route des vins d'Alsace. Alors c'est dégustation pour mes hôtes. Avant cela, ce fut une belle flammekueche au Munster et une tournée de la ville (tourner est le mot, car le plan de la ville est tel que l'on tourne toujours autour, drôle de sensation).

Colmar et Eguisheim : apparition surprise et village préféré des Français
Colmar et Eguisheim : apparition surprise et village préféré des Français
Colmar et Eguisheim : apparition surprise et village préféré des Français

Après la ville, direction les vignes, pour surplomber la plaine d'Alsace et revoir au loin les premiers massifs de la Forêt Noire. Une averse nous fait déguerpir vers Neuf-Brisach.

Colmar et Eguisheim : apparition surprise et village préféré des Français
Colmar et Eguisheim : apparition surprise et village préféré des Français

Ici, c'est un rendez-vous avec Vauban. La citadelle de Neuf-Brisach, classée Unesco, serait l’aboutissement de son œuvre en matière d'architecture militaire. Très clairement, ça se voit du ciel. A l'intérieur, l'impression laissée n'est pas exceptionnelle. Les bâtiments de la ville sont vétustes, et une vieille foire tient la place. On a l'air de s'ennuyer ferme ici.

Colmar et Eguisheim : apparition surprise et village préféré des Français
Colmar et Eguisheim : apparition surprise et village préféré des Français
Colmar et Eguisheim : apparition surprise et village préféré des Français

Pour le reste de la visite, j'ai fait les classiques : Fribourg et une randonnée. Et ce fut un plaisir ! A la votre !

Colmar et Eguisheim : apparition surprise et village préféré des Français
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7 mars 2014 5 07 /03 /mars /2014 18:36

Ce qui est sympa aussi, quand quelqu'un vient me rendre visite, c'est que j'en profite aussi pour découvrir quelques coins de la région. Cette fois-ci, avec Julie et Anais (en mode lycée Ribot), on a fait mes deux classiques : la visite de Fribourg, et la randonnée avec vue sur les Vosges enneigées.
Freiburg (2)

Et puis mon petit bonus, grâce à la voiture disponible : l'Alsace.
C'est l'avantage de vivre à la frontière : les principales attractions alsaciennes sont à une heure de chez moi. Après avoir fait les villes (Strasbourg, Colmar, Mulhouse), ce fut au tour des petits villages typiques alsaciens.

On a commencé avec la château de Haut-Koenigsbourg. Rien qu'à son nom, on comprend bien qu'il s'agit d'un édifice à l'histoire très allemande. C'est un « château médiéval ». J'utilise les guillemets, car son histoire est un peu compliquée : un château est construit dès le douzième siècle sur l'emplacement actuel. Après quelques siècles au sein du saint empire romain germanique, il est détruit par les Suédois (!) lors de la guerre de trente ans, en 1633. Et puis pendant plus de deux siècles, rien. C'est seulement vers 1900 que le château est reconstruit sur demande de... Guillaume II, l'empereur allemand ! Oui, l'Alsace est à ce moment-là allemande, et l'empereur est tombé amoureux de l'endroit (il visite le chantier tous les ans). Il y a beaucoup de controverse historique sur cette reconstruction. Toujours est-il que nous avons en face de nous un château d'aspect médiéval, quoi que un peu modernisé. La visite est sympa, la vue encore plus (les montagnes de la Forêt Noire de l'autre côté).L'Alsace (4)L'Alsace (3)L'Alsace (2)A quelques minutes de là, Ribeauvillé. Ici, c'est l'Alsace des cartes postales : cigognes, bretzels, vignes et maisons alsaciennes.L'Alsace (1) La période idéale doit être le printemps/l'été, avec les fleurs qui font la renommée de la ville. Au fond, le château Saint-Ulrich domine.L'Alsace (5) Nous étions là le jour du carnaval, avec parade et compagnie (j'ai enfin pu réentendre du Patrick Sébastien, ça manquait clairement à ma vie allemande).
Puis direction Riquewihr, dans le même style mais en vrai village. Beaucoup de ruelles à s'y perdre. On est dans un coin très touristique (le village affirme qu'il y a 2 millions de visiteurs chaque année!), sorte de musée à ciel ouvert. Le village a également beaucoup souffert lors de la guerre de trente ans, mais a été épargné pendant la seconde guerre mondiale. L'Alsace (6)

Bref, n'hésitez pas à venir me voir, ça me sort ! Et entre le gratin, les crêpes (magnifiques) et les colons de Catane, je vous promets quelques bons moments !
Freiburg (1)

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29 janvier 2014 3 29 /01 /janvier /2014 17:13

Ceci est le palais Rohan, je répète, ceci est le palais Rohan (private joke tour d'Europe).
Palais-Rohan-Strasbourg.JPG
Ce samedi je suis reparti à Strasbourg. C'est une ville que je commence à bien connaître, puisque ce fut ma troisième visite (en sachant qu'à chaque fois que je prends le train pour revenir dans le Nord, c'est de Strasbourg que je pars, la gare n'ayant plus de secret pour moi).

Pourquoi revenir à Strasbourg ? Pour mes tandems bien sûr ! Car rien ne vaut un peu de pratique. Nous avons donc décidé de faire quelques voyages linguistiques, en commençant par la France. Strasbourg étant à une heure de Fribourg, c'était la ville idéale.

Et nous avons commencé par le quartier de la Petite France. SAM_1657.JPG
C'est mignon ! Bon, en vérité, le nom Petite France n'est pas très mignon : il vient du nom de l'hospice des vérolés, qui accueillait les militaires atteints de syphilis, appelée également le « mal français » ! (les militaires revenaient de la campagne d'Italie). Comme c'est mignon !
SAM_1649.JPG
On a également observé les défenses de Vauban (oui, je suis dans une spéciale Vauban en ce moment) avant de partir vers le centre-ville. La cathédrale, la fameuse, avec sa seule tour, le plus grand édifice du monde pendant deux siècles ! Et également l'ensemble de la Grande Ile, classée au patrimoine mondial de l'Unesco.
europa tour (3)
Malgré mes précédentes visites, je me suis surpris à découvrir des quartiers que je ne connaissais pas/plus (et je n'évoque pas seulement le Palais Rohan). Et je me suis surpris à apprécier Strasbourg, grande ville, mais qui n'en reste pas moins charmante.SAM_1654.JPG

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13 janvier 2014 1 13 /01 /janvier /2014 15:34

D'une superficie totale de 2586 km², c'est à dire 2,5 fois plus petit que le département du Pas-de-Calais, le Luxembourg comptabilise 525 000 habitants (soit la population de Lyon), dont 43,8% d'étrangers. Pourtant ce petit pays est le deuxième centre de fonds d'investissements du monde, derrière les USA ! Rien que ça ! 46% du PIB provient de son rôle de place financière, et on comptait 148 banques installées dans le pays. Paradis fiscal ? Oui ! C'est officiel depuis le mois de novembre, à la suite d'une rencontre entre 121 pays lors du forum mondial sur la fiscalité.

Historiquement parlant, le Luxembourg est loin d'avoir été un État indépendant pendant des siècles. Bourguignon, espagnol, français, autrichien, français, néerlandais, le Luxembourg a été ballotté entre les grandes nations européennes pendant des siècles avant de se retrouver indépendant un peu par hasard en 1867, afin d'éviter un conflit entre la France de Napoléon III et la Prusse de Bismarck. Et, en 1890, c'est le début d'un véritable royaume luxembourgeois (jusque là, le roi était celui des Pays-Bas). Voilà une belle anomalie européenne [dans la liste des anomalies européennes, il y a aussi Monaco, San Marin, le Liechtenstein, Andorre...], un territoire où le français et l'allemand étaient les seules langues officielles jusqu'à la décennie 1980 (le luxembourgeois est apparu). 


La question de la langue saute d'ailleurs aux yeux dès mon arrivée dans la ville de Luxembourg, capitale de l’État du Luxembourg. Tous les panneaux sont en français ! Je pensais le Luxembourg plus germanique que francophone, mais c'est exactement l'inverse. Les lois du pays sont d'ailleurs écrites en français. Le luxembourgeois n'est pratiqué que par la minorité de la population, situation très étrange. On retrouve même plus de 10% de la population qui parle... le portugais ! (15% de la population en est originaire!).

 

Je suis venu de Trêves avec Anaïs, mon hôte du séjour, qui fait partie du flot des travailleurs frontaliers (130 000 estimés, dont 66 000 Français). La ville de Luxembourg n'est pas très grande, elle compte 110 000 habitants (la population de Mulhouse, 35ème ville française) et se visite aisément en une journée.
Luxembourg (1)
J'ai commencé par le centre historique (Place Guillaume II, Hôtel de ville, Palais grand ducal, cercle municipal...). Beaucoup de beaux bâtiments, mais pas de réelle surprise. Et puis tout d'un coup, je suis arrivé devant la vallée de la Pétrusse. La ville semble coupée en deux par un mini cours d'eau. Je suis descendu, pour prendre quelques photos.
Luxembourg (5)
De l'autre côté, un bâtiment ressemble à un château. En fait, c'est la... Banque du Luxembourg ! Je continue ma visite et voici que j'arrive sur la Corniche. Surnommé « le plus beau balcon d'Europe », ce lieu de balade romantique offre une vue magnifique sur un autre côté de la ville. En fait, Luxembourg est un gruyère, constitué de falaises. La ville fait partie du patrimoine mondial de l'Unesco. Sur ces falaises, un certain Vauban a construit des murs (oui, il aimait bien les murs, Vauban). Et forcément, une petite forteresse. Le paysage est vraiment beau. Une grosse surprise.
Luxembourg (2)Luxembourg (3)Luxembourg (4)
Au Luxembourg, vous avez donc la ville-haute et la ville-basse. Et de l'autre côté, c'est Kirchberg, avec le quartier européen (la ville abrite notamment la cour de justice européenne). Cette fois les bâtiments sont très différents. Au revoir histoire, bonjour modernité et travaux d'architecte. Le mélange des deux est parfois surprenant.Luxembourg (6)

Au final, je reviens du Luxembourg avec une drôle d'impression : une très jolie ville dans un Etat qui ne devrait pas exister ! (ou alors comme simple région européenne dans une UE totalement harmonisée)

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9 janvier 2014 4 09 /01 /janvier /2014 14:58

Redécouvrir Berlin fut une grande satisfaction. Je ne peux pas en dire autant de mes retrouvailles avec Paris. Pourtant, j'y étais dans le même mode, celui de touriste. Avec mon sac sur le dos, j'arrivais à la gare de Lyon en début d'après-midi, content de revoir la capitale. Mais dès ma sortie du train, j'ai compris que quelque chose fonctionnait différemment dans cette ville de fous : les gens couraient. Pourtant, c'étaient les mêmes personnes qui étaient avec moi à Marseille. Là-bas, à Saint-Charles, les usagers marchent, et entrent tranquillement dans le train. Et à peine arrivés à Paris, ils marchent deux fois plus vite. Comme si le fait de se savoir à Paris oblige le commun des mortels à accélérer sa démarche.

Je quitte la gare direction la bibliothèque François Mitterrand. La première rue me rappelle ce qu'est l'ambiance parisienne. « TUT, TUT !! ». Le bruit des klaxons recouvre régulièrement la douce harmonie de la circulation parisienne, les démarrages et freinages successifs, l'accélération à peine le feu vert passé, qu'importe si le trafic bouchonne dix mètres devant.

Mais pire que le bruit, il y a l'odeur. C'était le premier coin d'une rue adjacente à la gare, et j'avais l'impression d'humer la bonne odeur des toilettes d'autoroutes. Cette odeur s'amplifie lorsque vous longez les quais de Seine, à l'approche de n'importe quel bosquet. Pire, il y a les petits tunnels piétons. Là, je tente de prendre un gros coup de respiration avant d'entrer. J'accélère ma démarche mais je n'y arrive pas : il me faut respirer. A quand des toilettes publiques gratuites dans chaque quartier de Paris pour éviter ça ? J'imagine le touriste en voyage de noce, vagabondant le long des quais de Seine, comme cela semble romantique. Mais la réalité rattrape les amoureux, et le voyage de noce gardera la belle odeur du pipi parisien.

Heureusement, il y a les commerçants, aux sourires légendaires (quand je dis légendaire, c'est au sens propre, à savoir que c'est une légende rapportée depuis des générations, d'un commerçant parisien qui aurait souri à un touriste étranger il y a plusieurs décennies de cela).Bêtement, j'entre dans un Carrefour. J'ai soif, et bêtement, j'achète une bouteille d'eau. Encore plus bêtement, je souhaite payer avec un billet de 20 euros. Le caissier, déjà en train d'enguirlander une autre cliente qui se plaint d'avoir payé trop cher ses bouteilles de lait (elle aura finalement gain de cause), me regarde avec un regard tueur. « Non, mais nous n'allez pas payer avec un billet de 20€ ? Vous n'avez pas de monnaie ? ». « Euh, non, je viens juste de retirer de l'argent.. ». Il me coupe « mais c'est toujours pareil, les gens viennent ici pour se faire de la monnaie ! ». Je reste souriant et propose une alternative : « je peux payer avec la carte si vous souhaitez ». Il me recoupe : « n'importe quoi, pour 1€50 vous n'allez pas payer avec une carte ! Donnez-moi votre billet ». Je lui donne, il me rend la monnaie et déclare « la prochaine fois, je refuserai ! ». « Merci beaucoup, bonne après-midi ».

3 choses : Carrefour a toujours de la monnaie. C'est quand même la seconde entreprise mondiale dans son domaine. Le client a toujours raison. Et le commerçant se doit de le satisfaire (et pas de l'engueuler). En Allemagne, on peut même payer par carte pour 50 centimes (et je pense que c'est un pays qui fonctionne bien).

 

Après m'être fait vilipender par le commerçant, je me fais ensuite rejeter de la bibliothèque « parce que vous avez un sac à dos ». Le plan vigi-pirate a changé il y a quelques jours, et le vestiaire de l'entrée n'est plus disponible pour les gros sac à dos. En sachant que la bibliothèque côtoie deux gares, je ne devrais pas être le seul à me faire avoir.

Enfin, pour finir en beauté, il me reste les Parisiens, que l'on rencontre dans le métro. Des moments de grâce (cf. NKM). Dans le mien, il y a eu un décès. Enfin, je crois, car les cinq minutes de silence sont impressionnantes. On entendrait une mouche voler. D'ailleurs on en entend une.

Vivre à Paris, non merci.

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24 novembre 2013 7 24 /11 /novembre /2013 21:55

Plusieurs de mes copains sont venus étudier à Aix-en-Provence lors des dernières années. J'ai tenté de comprendre pourquoi.

Aix-en-Provence (1)

Une heure et quinze minutes. C'est le temps qu'il faut pour visiter le centre-ville. C'est rapide, c'est efficace. Avec l'aide de notre carte, nous enchaînons les numéros surlignés. De temps en temps, c'est des déceptions. Les fontaines ont une grande histoire, mais elles n'impressionnent guère. Elles me rappellent simplement qu'Aix est une ville thermale. On déambule dans la partie XVIIIème siècle de la ville, plutôt jolie. Puis on se retrouve dans la cathédrale Saint-Sauveur.

Là, on se tait, et on admire.

Aix-en-Provence (2)

On estime le début de la construction au début du Haut Moyen-Age (dans la cathédrale c'est écrit le VIème siècle). S'en suit un mélange d'art roman, gothique, de nombreuses peintures, et des orgues, que dis-je, des ORGUES immenses, des deux côtés de la nef.
Orgues-Aix-en-Provence-cathedrale-saint-sauveur.jpg
Ensuite pas grand chose, j'admets. Mais je ne doute pas que la ville soit agréable à vivre pour les étudiants, avec de nombreux magasins et une rue de la soif locale.

 

Puis nous avons enchaîné avec le paradis des peintres, la montagne Sainte-Victoire. Direction Beaurecueil, hommage aux vacances de mon enfance. On retrouve facilement la maison où on a passé un été, la balançoire, le cours d'eau, l'allée d'arbres... et puis la montagne, massive, impressionnante (160 km² de superficie). Moins impressionnante sur la photo qu'en vrai, mais croyez-moi. Et pensez à Cézanne, et à ses 80 œuvres représentant la montagne.
Aix-en-Provence (3)Montagne-Sainte-Victoire-Cezanne.jpg

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22 novembre 2013 5 22 /11 /novembre /2013 15:14

Cela fait plusieurs années que je n'ai pas mis les pieds sur la côte méditerranéenne. J'y ai passé l'essentiel de mes vacances d'enfance, et j'avais l'impression d'avoir déjà fait le tour : la Côté d'Azur n'aurait plus de secret pour moi.
Mais, avec le temps va, tout s'en va. Les souvenirs se font plus lointains. Et du Marseille que j'ai visité en 2008 je me souviens simplement de Notre-Dame de la Garde, du Vieux Port et de la Canebière. C'est déjà pas mal me direz-vous. Pas faux, mais l'occasion se présente pour rafraîchir ma mémoire : ma sœur a déménagé à Cassis, à quelques kilomètres de la cité phocéenne. Et un ticket Prem's à 25,90€ depuis Fribourg, ça ne se refuse pas.

Je redécouvre avec joie la France, la neige à partir de Lyon, les trente minutes de retard de la SNCF. I'm back ! Bonjour gare Saint-Charles. Après quelques minutes à errer pour retrouver ma sœur, nous partons direction le Vieux Port. Sensation étrange, une pensée à celui avec qui j'avais découvert en 2008 cet endroit, au cours d'un tour de France devenu légendaire et d'un melon bien frais offert par un Marseillais à l'accent magnifique. Je retrouve aussi les joies de l'entrecôte, bleue. On ne s'attarde pas trop dans la ville, et partons direction Cassis, dans l'appartement de Sophie.

Cassis, je ne connaissais pas. Mais c'est un nom qui résonne comme une destination de vacances. Alors y habiter... Ma sœur a franchement de la chance, et elle réussit à me faire aimer la ville en une matinée. Faut dire que le décor aide : le soleil (Cassis est la ville avec le plus petit nombre de jours de pluie en France), le bord de mer, la végétation méditerranéenne. Pas de stress, on marche tranquillement, à un rythme de vacancier. Le port est très joli, surtout sans touristes. Le cap Canaille en impose sur l'horizon : du haut de ses 363 mètres, on m'annonce que c'est la plus haute falaise d'Europe (au second plan).
Cassis (3)C'est le point marseillais. Le Cap Girao au Portugal fait 589 mètres, le Preikestolen en Norvège fait 604 mètres et la Slieve League en Irlande 606 mètres. Quant au Hornelen en Norvège, c'est 860 mètres ! Il s'avère finalement que le cap Canaille est douzième ! Mais ça reste la plus haute falaise de France. Sacrés Marseillais !

Après une petite balade vers le phare, direction l'Anse de l'Arène. Nous passons devant quelques vignes : Cassis est également une grande terre viticole (le fameux blanc-cassis!). Ce fut d'ailleurs l'un des trois premiers vins à obtenir l'appellation AOC (en 1936).
Cassis (6)

L' Anse de l'Arène fait partie de ces petits coins cachés que l'on ne pourrait pas trouver sans aide. L'été, la ville est prise d'assaut, et même les meilleurs recoins du pays sont envahis par les touristes, au grand dam des locaux. Cette Anse de l'Arène en fait partie. Il faut suivre une petite route, tourner vers la droite dans un sens unique, descendre quelques escaliers, et enfin vous y êtes. Un petit coin de paradis, très calme en novembre.
Cassis (8)Après le centre, direction les calanques. Cassis a la chance d'abriter l'une des dernières calanques lorsque l'on vient de Marseille : la calanque de Port-Miou. Les calanques, sorte de mini-fjords, offrent toujours un spectacle magnifique. Celle de Port-Miou est assez longue, d'abord large, avant de devenir très fine. Elle abrite un port de plaisance (plus de 500 bateaux). Jusqu'en 1982, c'était encore une carrière exploitée, dont les pierres ont notamment servi au canal de Suez ou au socle de la Statue de la Liberté (rien que ça!).
Cassis (11)Puis nous avons continué notre route vers La Ciotat, en passant par la route des Crêtes. Sur le cap Canaille, on observe des pompiers niçois en mode entraînement avec Cassis en fond. Ça a l'air très facile pour eux, alors que de mon côté, je fais bien gaffe de ne pas trop m'approcher du bord lors de mes photos.
Cassis (13)Enfin, la Ciotat, pas forcément la plus jolie ville de la région. Mais elle abrite la calanque de Figuerolles, la plus jolie que j'ai vue jusqu'à maintenant. Très étroite, pas très longue, elle se démarque par ses caractéristiques animalières : un « bec de l'Aigle » et un lion. Le premier est le haut du rocher à droite de la photo, le second est le rocher posé dans l'eau sur la gauche de la photo.
Cassis (15)Je comprends pourquoi Frédéric Mistral, prix Nobel de littérature en 1904, disait : "Qui a vu Paris et pas Cassis, n'a rien vu !" (plus de photos ici)

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21 novembre 2013 4 21 /11 /novembre /2013 14:21

Bien arrivé dans le Sud, à Cassis, chez ma soeur. Et il règne ici comme une douce odeur de vacances...
Cassis (1)Cassis (2)Cassis (5)

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