14 mars 2012 3 14 /03 /mars /2012 05:30

Après 9 filmographies consécutives concernant des réalisateurs et une actrice, il serait temps de revenir sur des films très oscarisés que j’ai pu découvrir ces derniers mois. Tous nominés à l’Oscar du meilleur film, ils ont cependant des effets très différents sur ma personne (et d’une personne à l’autre…).

 

All about Eve. 13,5/20. Titre français : Eve. Réalisé par Joseph L. Mankievitz. Avec Bette Davis et Anne Baxter. Gagnant en 1951.

 

Le monde du théâtre. Margo Channing, la star de la scène, reçoit dans sa loge Eve, une grande admiratrice qui a assisté à toutes les représentations. Elle la prend sous son aile, un peu par pitié. Mais très vite Eve se révèle être une immanquable calculatrice, calquant l’ensemble de sa personnalité sur son modèle, au point de rêver à une carrière. Le film joue énormément sur la prestation de Bette Davis, sa jalousie, parfois sa folie. Le petit monde du théâtre est dépeint de manière très sombre, entre les stars ayant la grosse tête et ceux qui cherchent à arriver en haut de l’affiche.all about eve bette davis marylin monroe

En 1951, il y avait également Sunset Boulevard dans les nominés et j’ai clairement une préférence pour celui-ci (mais c’est très dur de départager Bette Davis et Gloria Swanson pour la meilleure actrice, les Oscars ayant tranché pour… Judy Holliday !).

14 nominations (record), 6 récompenses.

 

A place in the sun. 13/20. Titre français : Une place au soleil, Réalisé par George Stevens. Avec Elizabeth Taylor et Montgomery Clift. Nominé en 1952 (gagnant : Un Américain à Paris).

 

George Eastman (Clift) a la chance d’avoir un oncle à la tête d’une grande industrie, ce qui va lui permettre de sortir de son statut de pauvre. Commençant en bas de l’échelle, il va bientôt gravir les échelons dans l’usine comme dans sa vie sentimentale. Seul problème : sa première liaison avec une employée de l’usine.

Le film est sombre, porté par la performance de Montgomery Clift, ses pensées, ses actes et par la scène finale. Cela peut paraître parfois assez lent, mais cela permet à l’atmosphère de se dégager.  

9 nominations, 6 récompenses.

 

To kill a Mockinbird. 14/20. Titre français : Du silence et des ombres. Réalisé par Robert Mulligan. Avec Gregory Peck. Nominé en 1963 (gagnant : Lawrence d’Arabie).

 

Le film bourré de bons sentiments mais qu’il faut replacer dans son contexte. Atticus Finch, avocat, est chargé de défendre un homme noir accusé de viol dans les Etats-Unis des années 1930. La performance de Gregory Peck fut reconnue de tous, l’exemple de l’homme idéal, pensif au grand cœur, toujours présent pour donner un conseil et une éducation à ses enfants. Un bon film donc, mais très empreint de leçons, ce qui peut en agacer certains.

8 nominations, 3 récompenses.

 

Who’s afraid of Virginia Woolf ? 18/20. Titre français : Qui a peur de Virginia Woolf ?. Réalisé par Mike Nichols. Avec Elizabeth Taylor et Richard Burton. Nominé en 1967 (gagnant : Un homme pour l’éternité).

Who's Afraid of Virginia Woolf Taylor, Elizabeth richard bu

LA claque cinématographique du voyage. Avec une Elizabeth Taylor sensationnelle, qui remporta l’Oscar de la meilleure actrice pour sa prestation. La descente aux enfers d’un couple, le temps d’une soirée un peu trop arrosée. Le film est basé sur la pièce éponyme de Edward Albee, mais on a souvent l’impression que le couple Taylor-Burton joue devant la caméra ce qui se passe chez eux (ils sont mariés depuis 1964). Parfois sadique, souvent vulgaire, bourré d’humour noir, ce chef d’œuvre m’a laissé atone pendant une soirée.

13 nominations, 5 récompenses.

 

The Graduate. 14,5/20. Titre français : Le Lauréat. Réalisé par Mike Nichols. Avec Dustin Hoffman et Anne Bancroft. Nominé en 1968 (gagnant : Dans la chaleur de la nuit).

 

Mrs Robinson. La chanson de Simon et Garfunkel. Ecrite spécialement pour le film, elle reste le plus grand succès du duo folk américain. Mrs Robinson. Et sa relation très spéciale avec Benjamin Braddock (Dustin Hoffman), qui vient de terminer ses études. Plusieurs scènes sont géniales (les plans subliminaux du ventre et des seins de Mrs Robinson, la scène finale et le bus) et contribuent à élever le film au rang de spécial. « Plastics ».

7 nominations, 4 récompenses.

 

The Sting. 12,5/20. Titre français : L’arnaque. Réalisé par George Roy Hill. Avec Robert Redford et Paul Newman. Gagnant en 1974.

 

J’ignore comment ce film a pu remporter l’Oscar, surtout entre les deux années du parrain ! Le film est une arnaque, celle d’un petit bandit qui cherche à venger la mort de son ami. Ils mettent au point une combine avec des faux bookmakers et des courses de chevaux.

J’ai apprécié l’idée de l’arnaque mais le scénario est assez léger, sans grande profondeur selon moi. Mais avec un budget de 5,5 M de $, et un box-office de 160 M de $, il semble que les goûts et les couleurs diffèrent beaucoup d’une personne à l’autre !

10 nominations, 7 récompenses.

 

The Conversation. 13,5/20. Titre français : Conversation secrète. Réalisé par Francis Ford Coppola. Avec Gene Kackman. Nominé en 1975 (gagnant, Le Parrain, II).

 

Coppola qui place 2 films sur les cinq nominés cette année-là, la grande classe. Mais bon, il n’y a pas photo entre les deux ! The Conversation est un film assez lent, portant uniquement sur la personne de Harry Caul, engagé pour écouter une conversation. Seul problème, celle-ci est codée. Le personnage est sombre, un peu perdu, toujours effrayé à l'idée qu’il puisse être suivi ou écouté, quasiment parano (notamment lorsqu’il détruit l’ensemble de sa maison). La fin du film est cependant un beau chef d’œuvre.

3 nominations (Palme d’or à Cannes).

 

The Artist. 15/20. Réalisé par Michel Hazanavicius. Avec Jean Dujardin et Bérénice Bejo. Gagnant en 2012.

The Artist Dujardin Bejo

Oui, je l’ai vu. Et j’ai même bien aimé. Je sortais d’une période Charlie Chaplin, autant dire que le cinéma muet ne me faisait plus peur. Au contraire j’aime le jeu des acteurs du muet. Et oui, Dujardin, à des années lumière des « Nous C nous », est vraiment bon dans le rôle de George Valentin. Le film m’a rappelé Les lumières de la ville de Chaplin ou Sunset Boulevard (je n’ai pas encore vu A Star is Born, mais ça va venir). Tendre, amusante, émouvante, l’histoire de cette star du muet qui ne franchit pas la barrière du cinéma parlant, n’y croyant pas, se croyant trop bon pour ça. J’aurais aimé un oscar animalier pour le chien (il a obtenu la Palme Dog à Cannes).

10 nominations, 5 récompenses.

 

Il y a aussi…

 

The Third Man. 13/20. Titre français : Le troisième homme. Réalisé par Carol Reed. Avec Orson Welles et Joseph Cotten. Gagnant… de l’Oscar de la meilleure photographie !

 The third man orson welles

Pas nominé à l’Oscar mais considéré depuis comme l’un des meilleurs films sombres. Le British Film Institute le classe d’ailleurs comme le meilleur film britannique de l’histoire (devant les David Lean ou Alfred Hitchcock s’il vous plaît !). Le scénario est pour moi un peu léger, Holly Martins menant l’enquête dans le Vienne d’après-guerre sur le prétendu meurtre de son ami. Mais le film vaut le coup pour la manière de filmer (notamment les gros plans sur le visage d’Orson Welles), ainsi que pour une phrase : « en Italie, pendant 30 ans sous les Borgia, ils ont eu la guerre, la terreur, les meurtres, le sang, mais ils ont produit Michel-Ange, Leonard de Vinci et la Renaissance. En Suisse, ils ont vécu d’amour, ils ont eu 500 ans de démocratie et de paix – et qu’est-ce que ça a donné ? La pendule à coucou. »

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