12 novembre 2019 2 12 /11 /novembre /2019 11:10

Sensation de vide intérieur. Pas d'envie. Disons une envie de nulle part. Patagonie. Iguazu. Rentrer en France. Ça m'en touche une sans faire bouger l'autre comme il disait. J'ai mis du temps à comprendre, alors que j'essayais, un peu avec désespoir, de forcer le destin en m'intéressant à ces destinations. Je me disais : ça fait seulement deux mois. Et c'est en attendant le coucher de soleil à côté d'un Moaï que ça m'est venu : en fait, ça fait 2 ans et 2 mois. Car l'Amérique du Sud, dont j'ignorais tout, est mon champ d'action et de découverte depuis septembre 2017, et pas 2019.

8 pays et 3 DOMs plus tard. J'en ai peut-être trop fait, trop vite. J'ai du mal à digérer. Israël-Palestine-Jordanie de l'été n'a pas aidé le processus. Aujourd'hui je réfléchissais à des glaciers, à des chutes d'eau, à des paysages enchantés. Et ça ne me faisait rien. C'est triste hein ! 

Alors j'ai cherché d'autres envies. J'ai pensé aux copains. J'irais bien les voir. Et un cinéma... ça fait... 4 ans peut-être ! (non Tim, John Wick 3 dans un casino guyanien ça ne compte pas !). Des films, des concerts, de la culture dans les narines. Une copine. Oui, forcément. Se poser. Déjà ? Enfin !

 

Aujourd'hui ça fait plus de 10 jours que je suis rentré. Rentrer où ? Quand la maison familiale est vide de meubles, c'est une vraie question ! Alors j'ai pris la direction du Sud pour passer du temps en famille. Ça tombe bien, le camion de déménagement arrivait. J'ai pu découvrir 3 musées marseillais, je suis allé voir Joker (très bon film !), et je suis finalement remonté, direction Lille. Peut-être ma future ville. Depuis mon retour je n'ai pas eu de regrets. Mais j'ai toujours cette sensation de vide intérieur, d'absence d'envie. Les copains font du bien. J'ai l'impression d'être au bon endroit.

La suite ? (car c'est la question que l'on m'a posée 10 fois depuis mon retour). Je ne sais pas. J'avance au jour le jour.

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9 juin 2019 7 09 /06 /juin /2019 16:56

Cela fait quelques mois, deux-trois ans peut-être, que la question arrive chaque été. Paris est bondé, Barcelone et Venise aussi, les habitants se rebellent et certains commencent à le clamer haut et fort : enfoirés ! Repartez chez vous ! Le tourisme est-il devenu un problème ?

 

Ce n'est pas forcément nouveau. Déjà, il y a 10 ans, alors que je voulais visiter le Louvre, je découvrais, effaré, la queue devant la Pyramide. Une heure d'attente l'été, à zigzaguer avec une moitié d'Asiatiques et deux tiers de touristes. Les Parisiens ? Ils ne sont pas fous, ils esquivaient le Louvre à cette période ! Ma surprise augmentait devant la Joconde : un cordon de sécurité l'entourait, et de drôles d'individus la prenaient en photo. Oh, regardez bien, c'est l'époque où les smartphones n'existaient pas... aujourd'hui je présume que tout le monde a son téléphone dans la main, et que l'on doit faire la queue afin de pouvoir faire un selfie avec !

Les touristes, ces salauds !

1,4 milliard de touristes dans le monde en 2018, dont la moitié en Europe. C'est 500 millions de plus qu'il y a 10 ans. Le tourisme se démocratise, et je connais de plus en plus de personnes qui prennent l'avion pour découvrir un autre continent. Est-ce un problème ? Oui disent en chœur les défenseurs de l'environnement. La pollution émise par les avions est en effet un problème de plus en plus important. La mode, depuis quelques mois, est de dire qu'on arrête de prendre l'avion. Bon... ça m'embête un peu cette histoire !

 

Car le tourisme n'a pas que des mauvais côtés. Comme la voiture d'ailleurs. C'est bien beau de dire que la voiture pollue, mais si on n'évoque pas le côté pratique de l'outil, on passe à côté de beaucoup. Le tourisme a ses mauvais côtés, je vais y revenir ensuite, mais il a aussi des bons côtés (pas seulement économiques). Les rencontres entre les peuples peuvent être exceptionnelles : on se côtoie, on apprend sur l'autre, on respecte les différences. Le voyage ouvre l'esprit, le voyage forme la jeunesse. Et le voyage est une sacrée source de bonheur !

 

Mais si tout le monde voyage autant que moi, en aura-t-on assez d'une seule planète ? Sans doute pas. Il y a quelques années, j'étais fier de prendre l'avion. Moi, le fils de parents qui n'avaient jamais pris l'avion ! C'était un surclassement social, la preuve d'une réussite. Aujourd'hui, je ressens de plus en plus de gêne, et ça n'ira pas en s'améliorant. Comme les habitants des années 60-70, heureux d'obtenir leur première voiture, prêts à faire des kilomètres juste pour faire des kilomètres, et qui aujourd'hui choisissent leur vélo pour aller chercher du pain. Les temps changent, le monde évolue, et ma consommation d'avion devra diminuer ces prochaines années. Sinon la planète m'en voudra.

 

Voyager, c'est aussi découvrir des lieux très connus. Et quand je prends une photo, que je la partage, ça donne envie à d'autres personnes de découvrir ces lieux. Cercle devenu vicieux. Exemple de Ko Phi Phi, avec la baie de Maya. La Plage, celle du film avec Di Caprio. Quand j'y suis allé en 2012, j'avais un peu halluciné du monde, alors que d'autres lieux de Thaïlande étaient plutôt paisibles. Aujourd'hui cette plage est fermée... jusqu'en 2021 ! Le problème ? Trop de touristes, trop de dégâts. L'eau bleue était devenue sombre, presque noire !

Les touristes, ces salauds !

Le tourisme de masse. Ce n'est pas forcément les tours opérateurs, et un groupe de 50 vieux Allemands en bus ! C'est aussi nous, les back-packers, avec notre guide dans la poche. Prenez ce « magnifique » coucher de soleil au Laos, recommandé en 2012 par le Lonely Planet...

Les touristes, ces salauds !

Oups. Bon, puisque il y a trop de monde pour les couchers de soleil, j'essaie un lever de soleil, au pic d'Adam, au Sri Lanka....

Les touristes, ces salauds !

Oups. Ces deux photos résument mieux que toutes mes phrases. Les touristes sont nombreux, très nombreux, sans doute trop nombreux dans les lieux les plus connus. Que ce soit la grande muraille, la tour Eiffel, le Taj Mahal ou le Corcovado, ils sont là, et ils veulent leur photo ! Mais une photo sans touriste ! Alors on court dans les escaliers du Machu Picchu pour être le premier à l'ouverture, ou on trouve des angles improbables cachant les 343 personnes autour de nous pour publier la photo parfaite sur un réseau social. C'est comme ça, c'est tout, je le fais aussi, et je ne juge pas. Ca pose certainement un problème de transparence, car nous ne montrons pas la réalité du lieu, la tension que nous avons parfois en nous devant ces salauds de touristes, qui font la même chose que nous.

 

Néanmoins, il faut l'admettre, si ces lieux sont visités, c'est qu'ils ont quelque chose en plus. Il y a un côté mythique, la beauté, la grandeur, l'élégance, une vue... je ne nous jette pas la pierre, et ces lieux restent gravés en nous. Là où nous posons peut-être plus de problèmes encore, c'est lorsque nous recherchons l'authentique. Le vrai. Les vrais gens. Pas ceux qui côtoient des touristes. Ou encore mieux : les autochtones ! Les peuples qui ne voient jamais personne ! Ceux qui nous font nous sentir comme des aventuriers, comme des précurseurs. Une sensation étrange, et pourtant très appréciable. Ainsi les Massaï. 2014, en Tanzanie.

Les touristes, ces salauds !

A posteriori, cette photo me gêne un peu. D'un côté, je sais ce que cela leur apporte (un contact, un peu d'argent, des sourires), mais je crois aussi que ça leur prend beaucoup, car ils tirent parfois leurs forces de leur isolement. Ce contact, cette danse, c'est peu à peu la perte de leur authenticité. Viendra un jour où ils danseront sans doute plusieurs fois par jour une « danse traditionnelle » pour des groupes venant en nombre. Et cette impression que j'aurai alors, d'être dans un zoo humain, comme à l'époque de la colonisation, où Paris avait ses villages asiatiques et africains « authentiques », avec des « vrais sauvages », exécutant leurs danses traditionnelles.

 

Tout est à jeter ? Certainement pas. Mais c'est à prendre en compte. Quel type de voyage veut-on faire ? Quel est notre impact sur le lieu, au niveau humain, au niveau environnemental ? Faut-il privilégier des zones non-touristiques, au risque de reproduire le même schéma ? Faut-il mettre des quotas dans certains lieux, certaines villes, certaines plages, comme ça se fait désormais parfois ? Ce sont des questions difficiles, et je n'ai pas les réponses. Tiens, d'ailleurs je viens d'acheter un ticket d'avion pour Lima. Ensuite direction Cuzco. Il paraît que le Macchu Pichu est très sympa. Surtout si je me lève tôt et que j'y arrive en premier. Sûr que ma photo sera parfaite.

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28 janvier 2019 1 28 /01 /janvier /2019 13:35

Ai-je vraiment changé ? Le continent change, mais l'esprit reste.

Idée 2009- Idée 2019

10 years challenge
10 years challenge

Et je n'oublierai pas de jouer au foot en Antarctique et d'aller admirer l'île de Paques. On n'a qu'une vie.

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13 novembre 2018 2 13 /11 /novembre /2018 02:40

Clairement, ce n'était pas une volonté de ma part. Mais Miami s'offrait à moi pour la seconde fois, et j'espérais vraiment mettre un pied dans cette foutue ville après le doigt d'honneur qu'elle m'avait envoyé il y a dix mois ! A l'époque, je voulais rejoindre Trinité et Tobago pour mes vacances de Noël, et c'est à l'aéroport qu'on m'avait dit : « ça ne va pas être possible ! ». Un voyage de guigne que j'ai déjà raconté, et je rejoue avec le feu pour rejoindre la Colombie : un passage par le Surinam, et une escale à Miami ! Logique quand on regarde une carte du monde, non ?

Miami, bitch !

Oui, c'est le souci de la Guyane : un putain de cul-de-sac ! A l'époque où je recherche un moyen de partir de Cayenne, on me propose des vols qui passent... par Paris ! Deux traversées de l'Atlantique pour un prix ahurissant. Allez, je choisis donc mon ennemi du Surinam et sa douane légendaire. Pas de souci cette fois, les démarches administratives avaient été faites un mois avant (pas de prise de risque!). Et je me retrouve le lendemain à Miami, sans doute dans le top 3 des lieux qui ne m'attirent pas dans ce monde (avec Ibiza et Las Vegas). Bon, une escale de 12 heures laisse quand même le temps d'aller y jeter un coup d'oeil.

 

Déjà, en sortant de Guyane, c'est un choc ! Des immeubles ! Pleins d'étages ! Ouah, j'ai perdu l'habitude !

Miami, bitch !

Miami doit sa fortune (on dit que c'est la ville la plus riche des Etats-Unis) à son emplacement géographique : c'est la porte des Caraïbes. Que dis-je, c'est son port ! Un tiers des navires de croisière au monde y sont stationnés ! Alors je m'y retrouve vite confronté.

Miami, bitch !

L'ambiance en ce dimanche est très fête foraine. Les Miamians sont de sortie, il y a du monde devant un grand prix de Formule 1, et ça bouge de partout dans le centre. J'essaie de partir assez vite, car je veux rejoindre la plage avant le coucher du soleil. Bingo, je trouve le bon bus, et je pars... loin ! Car Miami Beach, sans aucun doute le quartier le plus connu de la ville, se situe en fait... sur une île ! Il faut enjamber un immense pont pour s'y retrouver. Là-bas, c'est la Côte d'Azur, avec les habitants qui font de la musculation devant la plage. En fait, c'est plutôt Ibiza, car tout le monde parle espagnol ! C'est que Miami accueille la plus grande partie des Cubains exilés depuis l'arrivée des Castro au pouvoir. On estime que 70% des habitants parlent espagnol à la maison !

Miami, bitch !

Je profite de l'occasion pour manger comme un gros sac avant de reprendre mon avion. L'avantage du périple, c'est aussi le survol des Caraïbes, notamment des Bahamas. Clairement les couleurs donnent envie ! Allez vamos a la Colombia !

Miami, bitch !
Miami, bitch !
Miami, bitch !
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17 septembre 2018 1 17 /09 /septembre /2018 14:50

Sarajevo. Si une ville devait résumer l'histoire de l'Europe, je pense que ce serait celle-ci. Prenez l'attentat contre l'archiduc François Ferdinand, héritier du trône d'Autriche, qui servit de prétexte au déclenchement d'une guerre, aujourd'hui appelée la première guerre mondiale. Nous sommes en 1914, à un petit carrefour du centre de la ville. Aujourd'hui, rien ne pourrait nous y faire penser, si ce n'est une petite plaque commémorative. Car, de l'autre côté de ce pont, c'est toute l'histoire du monde qui a basculé.

La Bosnie, road-trip dans le pays qui n'existait pas

Se balader dans cette ville, c'est parcourir les livres : ici les mosquées, ici les églises, et ainsi l'Empire Ottoman et l'Empire Austro-Hongrois se côtoient. Le bazar est animé, on se croirait à Istanbul. Quelques dizaines de mètres plus loin, les bâtiments donnent un air de Budapest, quand la vie nocturne nous y amène réellement. Sarajevo vit, Sarajevo chante, Sarajevo danse. Sarajevo est libre.

La Bosnie, road-trip dans le pays qui n'existait pas
La Bosnie, road-trip dans le pays qui n'existait pas
La Bosnie, road-trip dans le pays qui n'existait pas
La Bosnie, road-trip dans le pays qui n'existait pas
La Bosnie, road-trip dans le pays qui n'existait pas

Car, plus récemment, c'est la guerre civile qui a tout emporté. 1993-1995, une ville assiégée. Là, ce n'est plus vraiment de l'histoire, nous sommes dans le temps présent. Les guerres yougoslaves ont été sales (mais quelle guerre est propre ?). Les cicatrices marquent encore les bâtiments, là criblés de balles, là touchés par les mortiers. Les cicatrices marquent encore les habitants, les musées. Nous avons visité celui consacré au massacre de Sebrenica. Acte de génocide selon l'ONU (quoique le débat existe sur le terme). Crime de guerre. Des milliers d'hommes abattus. Et, dans mes écouteurs, le récit du drame. On y ressent de la colère. On y ressent l'injustice. La guerre est encore là, la Bosnie n'existe pas. Les traités internationaux ? Les frontières ? A quoi bon ? A Sebrenica, l'ONU était là. Qu'a-t-elle fait, à part regarder ?

La Bosnie, road-trip dans le pays qui n'existait pas
La Bosnie, road-trip dans le pays qui n'existait pas

Alors si Sarajevo est mélangée, comme les plus belles capitales européennes, et si son futur semble assuré (avec tourisme de masse à prévoir dans les cinq ans) le reste du pays, lui, est découpé. Au sens propre, comme au sens figuré. Il y a officiellement la partie serbe de Bosnie, et la partie croato-bosniaque. Dans les faits, il y a les Serbes, avec le drapeau de la Serbie dans leur rue (et non pas de la Bosnie). Il y a les Croates, avec le drapeau de la Croatie dans leur rue (et non pas la Bosnie). Et, tout de même, il y a les Bosniaques, les seuls non-chrétiens du pays, et les seuls aussi à afficher le drapeau du pays. La Bosnie ne semble exister que sur mes cartes. A l'intérieur, la langue est différente, avec des dialectes, la religion est différente, les drapeaux sont différents, et la vision de l'histoire du pays. C'est fascinant. C'est compliqué.

La Bosnie, road-trip dans le pays qui n'existait pas

Et pourtant, au détour des collines et des montagnes, les ponts de Konjic, Mostar et Visegrad témoignent des liens qui unissent ces territoires. Des peuples qui ont été reliés pendant des siècles. La Bosnie est belle, nous l'avons aimée. Ses marchés animés, ses rues bondées, ses soirées rythmées. Nous nous y sommes perdus, à de nombreuses reprises (merci Tomtom 2009). Nous avons traversé des coins parmi les plus reculés, rencontré des personnages hauts en couleurs (cet homme qui nous fait l'imitation du fusil de chasse... dans la ville de Sebrenica... étrange), admiré parmi les plus jolies filles d'Europe et, enfin, roulé, sans grande destination. Le road-trip, son esprit, les Balkans.

La Bosnie, road-trip dans le pays qui n'existait pas
La Bosnie, road-trip dans le pays qui n'existait pas
La Bosnie, road-trip dans le pays qui n'existait pas
La Bosnie, road-trip dans le pays qui n'existait pas
La Bosnie, road-trip dans le pays qui n'existait pas
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5 septembre 2018 3 05 /09 /septembre /2018 16:29

Parfois on prend des résolutions le 1er janvier, sans trop savoir comment on va pouvoir les réaliser. Prenez mon « voyager avec la famille » et « voyager avec les ami(e)s ». Clairement, je n'y croyais qu'à moitié. Et voilà que ma sœur a eu envie de me rejoindre en Bolivie ! Et voilà qu'un vieux de la vieille, l'ami Lucas, a eu envie de partir cet été. Comme souvent, ensemble, nous avons parcouru le monde de nos idées. Le Pérou a tenu la corde. Puis ce fut l'Islande. Nous avons parlé de la Géorgie, d’Israël-Palestine. Et, après beaucoup de réflexion et une course à élimination, notre choix s'est porté sur les Balkans. Parce que Sarajevo nous faisait rêver. Et que le Monténégro avait été effleuré. Quand ? Il y a 9 ans. A l'époque, nous étions partis pour un tour d'Europe avec l'ami Romain. 3 euros par jour, tel était notre budget. 25 pays traversés, 15 000 kilomètres plus loin, nous étions revenus avec des images plein la tête. Et, pour moi en tout cas, un regret : être passé trop vite, un peu partout. Le Monténégro est l'exemple parfait : nous l'avions traversé du Nord au Sud, sans nous arrêter ! Le pays, devenu indépendant 3 ans plus tôt (2006), était alors un point d'interrogation pour nous. Que s'y cachait-il ? Que diable y faire ? Nous n'avions pas les réponses, et nous avions dû faire des choix. La Grèce nous appelait et la Croatie avait eu nos faveurs. Et nous voici de retour, 9 ans plus tard. 9 ans trop tard ?

 

Comme en 2009, c'est en voiture que nous débarquons, avec un petit passage en Bosnie (j'y reviendrai prochainement). La joie des frontières, de l'attente, du tampon. Oh, les cochons ! Ils tamponnent toujours n'importe comment ici ! Le tampon déborde du passeport, et ils ont pris une nouvelle page, vierge. Merde les gars, faites un effort !

Le Monténégro, de Kotor au Durmitor

A peine passés que nous voilà aux prises avec une auto-stoppeuse. Nous nous arrêtons. La dame a bien 50 ans, elle est du Monténégro... et c'est à peu près tout. C'est le retour de la barrière de la langue ! On lui dit Herceg Novi, elle a l'air d'accord. Et nous voici devant l'Adriatique. Sans surprise, le lieu est assez touristique. Le Monténégro, c'est un peu la Croatie il y a 5 ans : la destination à la mode. Et pour cause : il fait beau, l'eau est chaude, et c'est surtout beaucoup moins cher que notre Côte d'Azur. Les Monténégrins utilisent l'euro, c'est aussi bien pratique ! Nous nous régalons de poissons (ce sera l'une des valeurs sûres du voyage), et nous faisons comme tout le monde : plage et baignade.

Le Monténégro, de Kotor au Durmitor

Pour aller jusque Kotor, nous longeons un immense fjord. Le paysage est incroyable, et nous comprenons pourquoi cette fameuse « bouche de Kotor » attire le monde.

Le Monténégro, de Kotor au Durmitor
Le Monténégro, de Kotor au Durmitor

La ville de Kotor, inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco, vaut également un bel arrêt. Fortifiée, elle offre un énorme dynamisme en soirée, avec des concerts, spectacles etc. Il y fait bon vivre, et l'ascension de la muraille le lendemain matin nous offre une vue sur l'ensemble de la bouche. Magnifique.

Le Monténégro, de Kotor au Durmitor
Le Monténégro, de Kotor au Durmitor
Le Monténégro, de Kotor au Durmitor
Le Monténégro, de Kotor au Durmitor

Nous espérons continuer notre balade-baignade, mais les gros immeubles poussent comme des champignons à mesure que nous nous rapprochons de Budva. A partir de là, c'est l'Espagne, en pire, au niveau de l'architecture. Dommage, car il y avait moyen de faire quelque chose d'un peu moins laid. Là, c'est le tourisme à son apogée : chaises longues sur des kilomètres, et immeuble de 30 étages en construction. Le béton est omniprésent.

Le Monténégro, de Kotor au Durmitor

Bien sûr, tout cela n'est qu'une question de point de vue. Au sens propre. Car quand on regarde la mer, il y a toujours de quoi se faire plaisir...

Le Monténégro, de Kotor au Durmitor
Le Monténégro, de Kotor au Durmitor

Changement de paysage, direction le cœur du pays, et le parc national du Durmitor, lui aussi classé Unesco. Le temps est couvert, nous prenons la pluie pour la seule fois du voyage, et nous sommes assez surpris du monde. Le Monténégro est bien devenu touristique en 9 ans, même quand on quitte la côte. La randonnée est très sympa, pas seulement à cause de ma victoire au ricochet (je me devais de narrer ce moment), mais aussi parce que les couleurs et les montagnes se reflétant dans un lac, c'est toujours beau ! A noter le canyon de la Tara, le plus profond d'Europe (et le deuxième du monde après le grand Canyon) !

Le Monténégro, de Kotor au Durmitor
Le Monténégro, de Kotor au Durmitor
Le Monténégro, de Kotor au Durmitor

Le bilan du Monténégro ? 3-4 jours à l'arpenter, et oui, ça vaut le coup. Mais, honnêtement, nous avons préféré la Bosnie...

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27 août 2018 1 27 /08 /août /2018 11:54

C'est quoi le comble d'un touriste ? De penser qu'il y a trop de touristes.

 

Le salar d'Uyuni. Peut-être dans le top 3 des lieux les plus touristiques d'Amérique du Sud (avec le Machu Picchu et Rio). Du monde, forcément. Beaucoup de monde. Et, parmi la foule, des « pppfff c'est trop touristique ». Really ?

 

Ce discours, je le rencontre de plus en plus au cours de mes voyages. Car ils sont nombreux, les touristes : + d'un milliard en 2016. Car ils sont aussi très nombreux, les touristes qui ne veulent pas l'être... Dans leur discours, c'est évident : ils recherchent toujours l’authenticité. Voir le « vrai » pays, pas celui des touristes. Rencontrer les « vrais » gens, pas ceux qui côtoient des touristes tout le temps. Ils vont donc éviter les voyages organisés, et, pire encore, le « all-inclusive », qu'ils jugent avec dégoût. Eux, ils veulent de la Bolivienne avec ses habits traditionnels ; et c'est encore mieux avec un chapeau ! (c'est pour la photo...).

Mais, chose étonnante, ils choisissent presque toujours les mêmes lieux. En Bolivie ? Le lac Titicaca, un parc national, le salar et le sud-Lipez, Potosi, Sucre. Un peu comme si en France vous faisiez Paris, le Mont Saint-Michel, les châteaux de la Loire et la Côte d'Azur. En juillet. Bizarrement, il y a des touristes... sans doute parce que ce sont les coins les plus connus du pays !

 

Le touriste qui ne veut pas l'être fait toutefois les choses différemment du touriste « all-inclusive » : il ne passe pas par une agence pour faire ses réservations. Non, il est original : il choisit ses hôtels sur place, sur son smartphone (en prenant les meilleures notes sur Booking, faut pas déconner non plus!), en regardant son Lonely Planet, ou AirBnB. Trois entreprises occidentales. Bizarrement, il se retrouve dans des hôtels avec plein de touristes, qui, eux aussi, ne veulent pas l'être. Et il pestera contre eux.

 

Je peux sembler un peu moqueur dans mes propos, mais je m'y reconnais pourtant ! Ma volonté de dormir chez l'habitant (coucou Couchsurfing!) n'est-elle pas une preuve ?

Néanmoins je comprends peu à peu que nous sommes prisonniers de notre condition : quand quelqu'un dort chez l'habitant, il reste vu comme un touriste. Pire, il « contamine » parfois des gens qui ne sont pas habitués aux touristes. Ne nous mentons pas, nous sommes au XXIème siècle, siècle du tourisme de masse. Ne pas vouloir être un touriste, du moins ne pas vouloir les côtoyer, c'est devoir éviter les plus beaux endroits sur terre, les plus fous : adieu Pyramides, Grande Muraille, Taj Mahal et Statue de la Liberté, adieu parcs nationaux et plages de rêve. La solution ? Bonjour Afrique subsaharienne ! Bonjour Asie Centrale ! Un peu comme si vous voyagiez en Lozère et en Picardie : là, vous êtes plutôt tranquille (comme je l'étais au Burundi ou en Zambie). Mais il n'empêche : notre look, notre passeport et notre carte bancaire font de nous des touristes. Il y a 10 ans, j'avais encore l'illusion de faire des choses un peu extraordinaires. Quand je suis parti aux Philippines en 2008, quand j'ai découvert le Monténégro en 2009, trois ans après l'indépendance de ce pays. A l'époque, les gens me regardaient d'un air bizarre (« que diable va-t-il faire aux Philippines???!). Aujourd'hui, je ne pourrais même plus compter les gens qui, autour de moi, sont allés en Asie du Sud-Est, ou qui ont découvert la Croatie et le Monténégro ! Il y a 10 ans, j'avais un peu l'impression d'être un aventurier, aujourd'hui je me dis que je n'étais qu'un peu précurseur.

Le touriste qui ne voulait pas l'être
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31 janvier 2018 3 31 /01 /janvier /2018 03:27

Alors saute-moi au cou, allez dis-moi que la vie est belle, allez saute-moi au cou

 

Ma chère, mon tendre,

 

Il faut bien l'admettre, notre rencontre fut un coup de foudre. Plus de dix ans d'amour, à mon âge, c'est une chose rare. Et chaque jour, chaque semaine, chaque mois avec toi furent des instants de bonheur. Qui peut en dire autant ? Tu m'as procuré mes plus grands plaisirs, mes plus grandes découvertes. J'ai traversé des villes et des pays en ta compagnie, sous le soleil et la pluie, nous avons croisé mille regards et mille sourires. Chacun d'eux, chaque paire d'yeux furent une rencontre insolite, des moments de délice. Le couple ce n'est pas se regarder l'un l'autre, mais marcher tous les deux dans la même direction. S'entraider, se soutenir, porter l'autre sur son dos.

 

Tu sais, mon sac à dos, mon fidèle ami, je te propose un voyage de noces des plus dépaysants, à travers un nouveau continent. Car on ira tous les deux jusqu'au bout. Le monde est vaste, et nous allons continuer à le découvrir ensemble. Une simple vie avec toi n'est sans doute pas suffisante, et je pesterai contre ce temps qui s'accélère et contre l'usure de chacun. Mais cette sensation que tu me procures lorsque je suis en ta compagnie, mélange de liberté et de folie, est inégalable.

Certes, je ne peux pas te passer une bague au doigt, mais quelques drapeaux te pareront, te renforceront, et tu pourras les montrer à tes amis qui te jalouseront. Ta vie est belle, ma vie est belle. Continuons.

Ma demande en mariage
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6 janvier 2018 6 06 /01 /janvier /2018 19:52

Il y a quelques années de cela, six ans et demi pour être précis, j'avais intitulé un article « Sophie la guigne », l'arrivée de ma sœur en Espagne ayant provoqué une succession d'événements non prévus et désagréables. Cet épisode n'est rien à côté de ce tome 2, où la personne maudite est : ma gueule.

 

Mercredi

 

Aujourd'hui, je dois faire notre carte touristique. Nous partons avec Tim, mon coloc, à Tobago pour les vacances de Noël. Pour y arriver nous devons prendre un avion à Paramaribo, capitale du Surinam, située à moins de 3 heures de mon domicile actuel. La mission a l'air faisable, puisque nous avons simplement besoin d'une carte touristique du Surinam, qui se fait en quelques minutes au consulat. Mais, ce mercredi, je suis malade, au point de ne pas aller travailler (une première pour moi). Je ne me rends pas compte ; je pense à une intoxication alimentaire ou à un parent d'élève qui, la veille, m'a refilé un reste de gastro. En vérité, je venais d'être marabouté. C'est le premier épisode de Jérémy la guigne.

 

Vendredi

 

Pas grave, le consulat est ouvert vendredi après-midi, et je n'ai pas cours. Je me présente au lieu-dit vers 14h30 et.... c'est fermé. Jérémy la guigne. Situation ubuesque : le consulat a donné rendez-vous à plusieurs dizaines de personnes pour venir récupérer leur passeport (et leur visa) à 14h, mais ils ont décidé de fermer cet après-midi, sans prévenir (la veille des vacances de Noël). Les passeports sont là, à l'intérieur, et le consulat n'ouvre plus avant... mercredi. Les gens sont, logiquement, très contents. Après quelques heures de tractations, quelqu'un viendra finalement ouvrir le consulat, relâchant les passeports. Pour nous, par contre, pas de carte touristique. Heureusement, on peut la faire directement au poste-frontière.

 

Samedi

 

Les sacs sur le dos, nous nous retrouvons comme une sucrerie au milieu d'un essaim d'abeilles – les abeilles étant les conducteurs de pirogue. Nous allons traverser le Maroni, fleuve frontalier et arriver au Surinam. Après quelques négociations, nous voici à Albina, poste-frontière.

« Vous n'avez pas votre carte touristique ? »

« Non, on voudrait la faire »

«  C'est pas possible, il faut la faire au consulat »

« Pardon ? »

«  C'est pas possible, il faut la faire au consulat »

« Mais il est fermé jusque mercredi, et notre avion part demain ».

«  C'est pas possible, il faut la faire au consulat »

« Mais on nous a dit que c'est possible de la faire ici »

«  C'est pas possible, il faut la faire au consulat »

Négocier avec une administration revient à se battre avec un mur : ça ne bouge pas. Nous voici tout penauds – comme des cons quoi – notre sac sur le dos, la frontière devant nous, et l'avion de dimanche matin qui se révèle impossible à chopper. Nous repartons dépités de l'autre côté du fleuve, cherchant sans succès un plan B pour passer au Surinam. Oh, notre bel hôtel de Paramaribo. Oh, notre avion en première vers le soleil des Caraïbes. Tout a disparu, et nous voici sous la pluie, déambulant vers la maison. Jérémy la guigne.

 

Allez on se motive ! C'est les vacances merde ! A peine arrivés à la maison que nous regardons les sites internet. On partira, qu'importe quand, et on verra Tobago ! Un ticket nous saute alors aux yeux : Cayenne-Paramaribo-Aruba-Miami-Trinidad. Oui, 3 escales, mais c'est le moins cher et nous avons 22 heures de disponibles à Miami ! C'est un signe, on doit voir la Floride ! On achète notre ticket en même temps et on pense déjà à notre bon temps aux USA ! C'est sans compter sur Jérémy la guigne.

 

Dimanche

 

Le covoit est là. Ouf. Direction Cayenne, où Justine nous héberge. Nous sommes le 24 décembre, elle a bizarrement des plans pour la soirée. Mais elle est très sympa et nous laisse la maison pour la nuit. Au moment de venir nous chercher à Cayenne, sa batterie... lâche. Un autre effet de Jérémy la guigne. Des pinces plus tard, la voici. Ouf.

 

Lundi

 

Nous prenons le taxi pour l'aéroport. 50€ ; c'est le 25 décembre. Nous avons déjà perdu un ticket d'avion pour Trinidad le dimanche, la nuit d'hôtel à Paramaribo, la première nuit à Tobago...alors 50€...

Aéroport de Cayenne. Tim passe. On lui donne son ticket. Je passe.

« Désolé, mais je n'ai pas votre nom ».

« Pardon ? »

« Vous n'êtes pas sur le liste des passagers ».

« Mais, j'ai ma réservation ».

« ….... »

« …...... »

Le coup de massue. Jérémy la grosse guigne. Car, jusque là, ça pouvait être Tim la guigne. Ici, c'est beaucoup plus clair. La dame de l'accueil m'explique la situation : j'ai apparemment un ticket de Miami à Trinidad qui est réservé, mais pas de Cayenne à Miami. Je peux l'acheter. Combien ? 700€. Outch ! Bon, de la merde, j'irai en vacances ! Je sors la carte bleue. « Désolé, c'est seulement en cash ». 700€, en cash. Bizarrement, je n'ai pas le somme sur moi. Et vas-y que je pars à la machine pour retirer. A 150€ la machine dit stop. Je ne le sais pas encore, mais je suis au plafond. Jérémy la guigne. Bon, il semble bien que Miami disparaît pour moi. Une autre solution serait de partir jusqu'à Paramaribo et de prendre un vol jusque Trinidad ; selon Internet, il y en a encore et c'est beaucoup moins cher : 180€ vers Paramaribo... allez c'est parti !

Je file quasiment tout mon argent disponible pour partir au Surinam (alors que j'étais sensé y être il y a deux jours pour 5 fois moins... putain de carte touristique!!) J'appelle mes parents pour leur souhaiter un joyeux Noël et leur demander d'appeler la banque aujourd'hui -ah, c'est le 25 décembre ils ne travaillent pas??!- demain pour faire sauter mon plafond de retrait.

Me voici à Paramaribo, nous nous séparons avec Tim : lui part à Miami. Le salaud. Moi, j'entre au Surinam, je fais cette foutue carte touristique que l'on peut faire à l'aéroport (mais plus aux frontières terrestres) et j'ai deux objectifs : un hôtel pas cher et internet au plus vite : il me faut un vol pour Trinidad le lendemain.

Je me fais entuber par un taxi, mes derniers euros s'envolent, et je me retrouve dans un hôtel à 5 kilomètres de l'aéroport. Un peu plus de 10€ la nuit.... en hamac.... sous des tôles.... et sans moustiquaires... Bref, le rêve. Jérémy la guigne. Bon, je n'ai qu'un dollar et trois euros sur mois, je fonce à la première banque. J'arrive à retirer 30€ en tout et pour tout : il faut que je tienne un jour et une nuit. Y'a pas de raison !

Mission suivante, le ticket d'avion. Je vais sur le site de la compagnie et.... il n'y a plus de ticket. Le prochain vol est disponible dans... 3 jours. Jérémy la guigne. Je me décompose devant l'ordinateur, me demandant qui est ce sorcier vaudou si puissant m'ayant marabouté (j'ai choppé le baclou!). Je passe par d'autres sites et là, miracle, je peux réserver un ticket pour le lendemain. C'est à n'y rien comprendre. Bon, je me suis fait avoir à Cayenne dans la même situation, j'attends d'être dans l'avion pour sauter de joie.

Après une journée et une nuit pluvieuse passée dans la banlieue de l'aéroport de Paramaribo, Surinam, accompagné de nouilles chinoises, je repars, j'espère pour de bon, à Trinidad.

 

Mardi

 

Alleluia ! Je suis dans l'avion (et il y avait encore pas mal de places !). Je croise quelques personnes de Saint-Laurent du Maroni, à qui je raconte mes malheurs. Et nous atterrissons à Port of Spain, capitale de Trinidad. Il est midi, Tim arrive dans le même aéroport à 19h. Je me décide à l'attendre, il y a des vols vers Tobago, l'autre île et notre destination finale, toutes les heures quasiment. Ils vendent des tickets à partir de 18h. Ma carte bancaire fonctionne, tout va bien, le karma est de retour ! Enfin, c'est ce que je croyais. Un journal et deux heures de couture plus tard, 17h30. Je me mets dans la file pour acheter un ticket. Je suis premier, j'ai fait le mouvement au bon moment, il y a plusieurs dizaines de personnes derrière moi deux minutes plus tard. L'hôtesse prend alors la parole et explique « pas de ticket disponible avant 20h ». Bon, au point où j'en suis. Je récupère Tim et je vais dans la file. Je pose la question qui fâche : « il y a encore des tickets ? » (car vous n'en avez pas vendu un seul depuis que je suis arrivé !). Elle se décide alors à faire une annonce générale : « pas de ticket avant 3 heures du matin ». On se renseigne un peu, et on apprend qu'il n'y a pas de ticket avant 4 jours, et qu'il faut espérer que quelqu'un ne vienne pas. Jérémy la guigne. Nous voici à Trinidad alors que nous avons une réservation d'hôtel à Tobago, et des amis là-bas...

Nous sommes à nouveau abattus. On regarde pour le bateau. Certes, ça dure 4 heures au lieu de 15 minutes, mais on va y arriver ! ….. Plus de ticket de bateau sur Internet. Jérémy la guigne. Une possibilité est d'aller faire la queue très tôt demain, genre 8 heures, pour essayer d'avoir un des tickets restants pour le bateau de midi. Ou de faire la même chose pour l'avion (en gros ce que j'ai fait toute la journée...).

Bon on réserve une nuit d'hôtel à Port of Spain, capitale de Trinidad et nous prenons un taxi qui nous dépose au bon endroit (faut le signaler quand ça se passe bien!).

« Sorry, on est complet »

« Mais nous avons une réservation »

« Désolé, mais nous sommes complet »

« Mais enfin, on a pu faire une réservation sur Internet il y a 30 minutes ! »

« Désolé, mais nous sommes complet »

Jérémy la guigne. La goutte d'eau pour moi, je m'assois dehors, je laisse Tim chercher un plan B (enfin, non, le plan B c'était Miami, le plan C c'est moi par Paramaribo puis Tobago, le plan D c'était cet hôtel, on est donc au plan E, comme énervé). Et nous voici à pied, à travers Port of Spain, sacs sur le dos, pour trouver un autre hôtel. Il est 22h30, j'ai passé la nuit dernière dans un hamac, ma journée dans un aéroport et je marche. Joyeux Noël Jérémy la guigne.

 

Mercredi

 

5 jours que nous avons commencé notre périple. Et nous ne sommes pas encore arrivés à destination. Du coup c'est Tim qui va faire la queue pour les tickets du bateau – si j'y vais le ferry est capable de rencontrer un Iceberg au milieu de la mer des Caraïbes –. A 11 heures, j'avance avec un autre naufragé de l'aéroport de Trinidad et nous voyons Tim, grand sourire, les pouces levés. C'est fait, on a les tickets, direction Tobago !!!

Le bateau met 5 heures, ça remue sévère, ça vomit beaucoup et Tim dit « plus jamais ça ! ». Un taxi nous attend à Tobago, l'hôtel n'a plus notre chambre pour ce soir, mais c'est pas grave, au point où on en est ! Les vacances commencent enfin.

 

Jeudi

 

Pluie.

 

Vendredi

 

Pluie.

 

Samedi

 

Pluie, sans arrêter. Nous sommes dans les Caraïbes, et il pleut autant qu'en Bretagne un soir d'automne. D'ailleurs, le soir, l'électricité disparaît. Jérémy la guigne. Bon, jusque là ça allait bien en fait, car nous avons un autre souci : notre carte bancaire ne fonctionne plus. Tous les deux. Pas grave, lundi mon plafond doit augmenter, et je vais pouvoir retirer (et payer notre hôtel, notre bouffe, etc).

 

Lundi

 

Il y a une seule machine. Elle fonctionnait. J'arrive retirer de l'argent. « Sorry, out of service ». La machine n'a plus de cash. Jérémy la guigne. Je doit partir le lendemain à Trinidad. Je n'ai pas de ticket d'avion (il n'y en a plus avant plusieurs jours). Et c'est pareil pour le ferry.

 

Mardi

 

J'obtiens après 2 heures de queue un ticket pour le ferry. Pas malade. Et un vieux copain est de l'autre côté pour ma dernière journée. Il veut m'emmener à sa plage favorite, l'un des plus beaux lieux de l'île... il ignore alors qu'il transporte Jérémy la guigne. A dix kilomètres du but, nous sommes bloqués : un glissement de terrain ayant bloqué la route ! Jérémy la guigne. Elle ne sera débloquée que le lendemain.

 

Mercredi

 

J'arrive à l'aéroport. Tim est là. Le ferry de ce matin était... en panne (forcément, je l'avais emprunté la vieille) et il a eu énormément de chance : un type très sympa lui a filé un ticket d'avion très discrètement. L'avion est... retardé de 4 heures. Bon, Jérémy la guigne, c'est bientôt fini !??? Perdu, l'avion n'est toujours pas là. Nous l'imaginons dans les airs, ne souhaitant parsatterrir pour me rencontrer, moi terrible malade, marabouté depuis 10 jours. Il arrive finalement avec 5 heures de retard sur l'horaire et nous emmène au Surinam. Nous rentrons le vendredi en Guyane.

 

Le bilan ? Un avion manqué, un ticket annulé à l'aéroport, 3 jours de vacance perdus dans des transports, 4 jours de pluie, un carte bancaire en difficulté (mais c'était pire pour Tim), des hôtels réservés dans le vent, du vomi... et bonne année ! Jérémy la guigne.

Le port de Port of Spain

Le port de Port of Spain

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13 juillet 2017 4 13 /07 /juillet /2017 06:35

384 villes ou lieux découverts selon Trip Advisor. 54 pays. Une Europe punaisée. Une scratch map bien entamée. Et une mission, l'ultime mission de ma Bucket List : voir tous les pays du monde.


visited 54 states (24%)

Récemment, une réflexion m'a traversé l'esprit : ne suis-je finalement rien d'autre qu'un consommateur de voyages ? Certains ou plus souvent certaines consomment des vêtements et ont chez elle 54 paires de chaussures, quand moi j'ai 54 pays dans un coin du crâne. Mais n'est-ce pas là une même démarche ?

Oui, je me pose des question bizarres. Mais tout de même, est-ce que je voyage pour moi, toujours, ou pour le principe de voyager ? Est-ce que je choisis un pays pour le découvrir ou pour le gratter ? Si j'opte plus facilement pour des lieux que je n'ai pas déjà visités, n'est-ce pas dans ce but ? Est-ce que je voyage toujours pour mon plaisir, mon bonheur, ou pour l'image que ces voyages donnent de moi, image que j'entretiendrais ?

 

J'ai déjà écrit sur ce sujet il y a deux ans, mais j'ai un peu plus de certitudes aujourd'hui. Car, à l'époque, j'éprouvais moins de plaisir dans mes voyages. Enfin, quand je dis "voyage", je devrais préciser "voyage en Afrique pour ma thèse", ce qui n'est pas tout à fait pareil. Le périple en Inde et les petites escapades en Europe de l'Est m'ont rassuré : non, je ne voyage pas seulement pour voyager, mais surtout parce que ça me rend heureux (oui, j'en ai douté).
Il n'empêche, je suis un consommateur. J'achète mes voyages et je les consomme. Certes, peut-être un peu différemment de la majorité de la population, sans doute moins cher, sans doute plus longtemps et plus souvent, avec peut-être, en tout cas je le crois, plus de rencontres. Mais je reste un gros consommateur, arpentant comme tous le Taj Mahal en Inde et les Pyramides en Egypte. Je suis un voyageur, car les voyages m'ont transformé, mais je suis aussi un touriste, qui suit des chemins souvent classiques. Je suis un backpacker, parce que j'ai bien mon sac à dos sur les épaules, mais sans être absolument différent des autres, au contraire. Je rencontre mes semblables sur Couchsurfing, ou lorsque j'en croise un le pouce levé. 

"Moi, je ne suis pas le touriste de base en all-inclusive en Espagne ou en Tunisie". Oui, mais non. Car tu es le backpacker de base, avec le Lonely planet dans les mains. Et tu seras tout de même devant la Sagrada Familia, avec ces êtres que tu juges si inférieurs : les touristes. Je peste un peu dans cet article, mais c'est qu'ils sont nombreux, parmi les backpackers, parmi les voyageurs à se croire différents, ou plutôt supérieurs. Je ne dis pas il y a 70 ans, si tu te baladais avec un sac à dos au milieu du Congo. Mais, aujourd'hui, nous sommes des millions. Ce n'est pas un problème en soi, ce n'est pas une critique du voyage avec le sac à dos, mais c'est un rappel à la modestie. Nous restons des consommateurs. Notre façon de consommer est un peu différente de la majorité, mais nous consommons en majorité les mêmes produits, les mêmes pays, les mêmes lieux. Il y a eu plus d'un milliard de personnes qui ont voyagé en 2016, le tourisme de masse est de plus en plus partout, tout le temps, c'est un fait. Vouloir découvrir Venise ou Prague sans touriste, c'est un doux rêve. C'est trop tard. Tristes tropiques qu'il disait. Certes, mais je garde mon sourire. Les voyages, ils sont finalement toujours plus beaux quand ils sont partagés.

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