29 septembre 2011 4 29 /09 /septembre /2011 07:32

Deux grosses semaines pour visiter la Russie, cela reste court pour un pays continent. Surtout quand on passe cinq jours dans le train ! Cependant, j'ai l'impression d'avoir déjà vu une bonne partie de ce que le pays peut offrir de meilleur (en prenant en compte mon précédent voyage à Saint-Pétersbourg). J'irais bien faire un tour dans le Caucase, à Vladivostok ou dans le Kamchatka un de ces jours. Mais il faut faire des choix.

 

Le top 3

 

3 - Le match du Spartak Moscou. Je n'ai pas encore évoqué ce moment, mais je vous promets que j'ai eu des frissons en entrant dans le stade. Une ambiance comme j'en ai seulement connu au Parc ou à Twickenham.

2 - La baignade dans le lac Baikal

1 - Les rencontres.

C'est la première grande satisfaction de ce début de trip. Oui, je voyage seul. Non, je ne ressens pas la solitude. Dans chaque ville j'ai été accueilli par mes couchsurfers. Dans chaque train j'ai trouvé des voyageurs à qui parler. Et je vais être accompagné en Mongolie pendant une semaine.

 

Ce que j'ai appris de la Russie

 

3 - C'est un pays occidental. Moscou, je m'en doutais un peu. Ekaterinbourg moins déjà. Quant à Irkutsk, ce fut une surprise. Les visages sont occidentaux, la façon d'être, de penser, la culture. De l'Atlantique à l'Oural ? De l'Atlantique au Baikal à mon humble avis.

2 - Le racisme. Récemment j'ai eu un commentaire sur l'article consacré à Eto'o. On m'expliquait entre autres qu'il souhaitait partir de l'Italie en raison des cris racistes. Pauvre homme, j'espère qu'il connaissait la situation russe auparavant. Oui, les Russes ne connaissent ni les Noirs, ni les Arabes. Et ils ont la fâcheuse habitude de lâcher quelques propos qui m'ont fait bondir. Du style "tant qu'ils nettoient les poubelles ça va". Ou cette tentation d'utiliser le mot nègre. Je pense que si tu es black et touriste, tu dois clairement le ressentir.

1 - Les regrets du communisme. Alors là je suis sur le cul. Je m'imaginais bêtement que les Russes étaient bien plus heureux maintenant qu'il y a vingt ans, qu'ils étaient satisfaits des libertés obtenues... Que nenni !

Tout d'abord les Russes ont l'impression de n'avoir que les mauvais côtés du capitalisme : pauvres dans les rues, chômage, SDF. A l'époque communiste, je rappelle que les choses étaient légèrement différentes : le droit au logement pour tous, le droit à l'emploi pour tous. Quitte à avoir des emplois "fictifs". La mère d'une couchsurfer avait pour mission à cette epoque de compter les chaises de son entreprise, afin de vérifier qu'il n'y avait pas de vol. Une chose qu'elle faisait aisément en une journée, le vendredi. Le reste de la semaine ? Elle tuait le temps.

Surtout, les Russes n'ont pas l'impression d'avoir tant gagné en liberté. Le fin du parti unique ? Poutine et Medvedev se partagent le pouvoir, et cela va continuer. Russie unie est le seul parti qui bénéficie d'une couverture médiatique. Les medias justement sont quasi-intégralement contrôlés par le pouvoir, avec en tête de pont les chaînes de télévision. La corruption est de rigueur, les diplômes des universites, les permis de conduire ou les emplois publics s'achètent comme des petits pains. L'argent du pétrole, du gaz ? Non redistribué. Les oligarques sont à la tête de l'Etat, ils ne partageront rien. Les Russes, eux, ruminent en silence. Pour le moment.

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27 septembre 2011 2 27 /09 /septembre /2011 09:18

 

 

Cette vidéo dit assez peu de chose de mon séjour sur le lac Baikal mais elle vous montre un des objectifs que je m'étais fixé : aller dans le lac ! De là à faire quelques longueurs, faut pas abuser non plus !

 

Dès mon arrivée à Irkoutsk j'ai senti que les choses se dérouleraient bien. Pour la premiére fois, on vient me chercher à la gare, pas de galère pour rejoindre mon hôte, Olga. Celle-ci m'offre, on ne peut plus vite, une douche et un brunch. Après plus de cinquante heures de train, ce sont des choses que l'on savoure.

 

Pas le temps de se reposer, il faut profiter du soleil. Direction le lac Baikal, une heure de bus (ça change du train...). Et là... et là... et là d'accord ! J'imagine mon planisphère. Et oui, j'y suis. Le plus profond lac du monde, le plus grand réservoir, qui concentre 20% des réserves mondiales d'eau douce. C'est ici, devant moi. L'étendue d'eau me fait surtout penser à la mer, Méditerranée pour la couleur, du Nord pour la température.

Le tourisme n'en est encore qu'à ses débuts, le site est très naturel. Les arbres qui nous entourent respirent bon l'automne, et nous offrent une farandole de couleurs.

Oui, c'est ce que j'ai vu de plus beau en Russie.

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L'endroit est connu pour sa diversité. Faune et flore, il y a des choses que vous ne pouvez trouver qu'ici. Rien de tel qu'un musée pour en savoir un peu plus. Olga est une véritable experte, elle guide des touristes le week-end. Ses explications sont précises et d'une grande utilité. J'apprécie d'en savoir toujours plus.

Pour me combler définitivement, j'ai le droit à un poisson frais, chaud, seulement présent ici. Fumé. Fameux.

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Dimanche, soleil. Oui, il y a du monde. Et les places dans le bus sont limitées. Comment repartir ? Je regarde mon pouce. Il me répond : "oui, oui ! moi aussi je veux participer au lac Baikal !" D'accord petit pouce, lève-toi.

Et c'est ainsi que je fais du stop devant le lac Baikal. 10 minutes plus tard, quelqu'un s'arrête. Un Iranien. Originaire du Tadjikistan. Mais qui connaît bien l'Afghanistan.

 

Pour ceux aui connaissent un peu la politique du coin, vous le voyez peut-être arriver. J'ai le droit à deux heures (merci les bouchons) de formation religieuse sur l'Islam. Avec ses deux femmes et ses sept enfants, il vit de religion, il est la religion. Scène assez surréealiste quand il me dit qu'il sait tout ce qu'il va se passer demain, grâce à Dieu. J'apprécie l'expérience.

Ah, oui, le stop est payant ici (le méme prix que le bus au final !)

 

A Irkoutsk, j'ai vécu avec la mère et la grand-mère d'Olga. Ne pas tomber entre les mains de la seconde. Elle vous colle à table et vous fait manger sans arrêt jusqu'à impossibilité de se relever ! Un peu à la facon du père d'Oleg, faut pas broncher ! Je ne comprends rien de ce qu'il se passe mais c'est familial.

 

Le lendemain, énorme quiproquo avec mes Germanophones. Je me retrouve du coup avec deux Anglais et un autre Allemand (ils envahissent toujours le monde ceux-là !), que des mecs. Je repars pour Baikal. Oui, hier, c'était génial mais je n'avais pas de serviette ! Le mal est réparé, j'y vais.

 

Sans soleil, Baikal fait un peu lac écossais, surtout qu'aujourd'hui le village de pêcheurs est désert. On voit quelques corbeaux de temps à autre. Une impression d'être dans les Oiseaux d'Hitchcock. Autant la veille je me plaisais à m'imaginer vivre ici, autant aujourd'hui je me rends compte du contraire.

 

La guigne, je l'ai un peu plus chaque jour. La faute aux Allemandes. Pas de ticket de train le jour prévu (demain), je dois avancer mon départ. A peine le temps de visiter Irkoutsk ! Bon, ça ne vaut pas le Baikal, mais un coup d'oeil sur les maisons de bois n'est pas désagréable !

Surtout, j'ai passé l'ensemble de la journée avec mes Germains, et je les retrouve en Mongolie...

 

Oui, car la suite c'est maintenant ! Deux jours de train pour rejoindre Oulan-Bator !

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26 septembre 2011 1 26 /09 /septembre /2011 10:47

C'est l'histoire d'un bidon de 10 litres de vodka.

Non, revenons un peu en arrière.

 

53 heures de train pour relier Iekatérinbourg et Irkoutsk. Oui, le transsibérien, tu l'aimes ou tu le quittes. Personnellement ce trajet sera bien plus apprécié que la première partie, notamment du fait de sa longueur ! Eh oui, j'ai réellement pu voir ce que c'était de vivre dans un train, qui, pour certains services, fonctionne encore au charbon !!! (je pensais que c'était du bluff). Les paysages furent bien plus variés, beaucoup plus d'open-fields ou de collines. En bref, moins d'arbres (vue des toilettes).

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Lorsque je m'assois dans mon compartiment, je regarde les personnes qui m'entourent. Ok, pas d' "occidentaux" (les Russes peuvent étre considérés comme "occidentaux" dans la vie de tous les jours, mais je dénomme ici "occidentaux" les personnes sachant parler anglais). "Franzo !" dis-je à l'interlocuteur en face de moi. "Comment t'appelles-tu ?" me répond-il ! Ah ! En voilà une bonne nouvelle ! Dommage que ce soit là l'unique phrase qu'il connaisse !

Heureusement, une certaine Anna Martusheva, sur une autre banquette, répond en anglais. Elle va me tenir compagnie pendant deux jours et surtout, me servir d'interprète pour le reste du compartiment, très curieux de ma personne.

Certains font  Bakou-Chita, 7 jours de train, et sont originaires d'Azerbaïdjan. Les premiers Azéris que je rencontre ! (je ne leur ai pas rappelé que l'AzerbaÏdjan signifiait simplement pour moi le conflit du Haut-Karabagh et la plus large victoire de l'équipe de France de football 10-0 !)

Alieva Amina Ramazolnovna est la fille de la famille, 12 ans, et un anglais qui progresse d'heure en heure. Moi, honte de l'anglais pendant une décennie, me voici devenu professeur particulier.

Avec mon Anna, je découvre la ferveur des Russes pour la religion. Plus de deux heures durant, je discute sur le fait de croire en Dieu, sur l'impact que celui-ci a sur sa vie... elle me rappelle qu'il faut remercier Dieu tous les jours. En quittant le train, elle m'a remercié.

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C'est l'histoire d'un bidon de 10 litres de vodka. Oui, les Russes ne rigolent pas avec cela. Un peu par hasard je rencontre des Allemands dans les deuxièmes classes (je suis un pauvre de troisième et derniére classe). La discussion s'engage, je vais les revoir un peu plus tard. Le garçon du groupe n'est plus là. Il est occupé à boire avec les Russes.

Erreur fatale ! Il pensait que, je cite, "les Russes ne boivent pas tant que cela". Revenu dans leurs bras (sic), il se mit alors à vomir un peu partout (couloir, chambre), ce qui entraîna par la même occasion l'arrêt du train ! Un peu nerveux, il fait même peur aux filles qui voyagent avec lui. Et c'est ainsi que je recueillis une Allemande et une Autrichienne dans mon wagon. C'est les Azéris qui sont contents ! Ils voyagent "international". Amina, de son côté, en profite pour débuter sa troisième langue étrangère du périple.

 

Eve. Alba. Ok, dès le premier regard, je ne suis pas insensible aux charmes de la seconde. Respectivement 22 et 20 ans, elles se sont rencontrées quelques mois auparavant sur... Internet, dans l'optique d'un voyage ensemble (joinmytrip.com). Drôle d'idée ! Surtout quand leur dernier compagnon s'avère être faible devant la boisson. Faut-il voyager seul ou mal accompagné ? Je laisse la question en suspens.

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Bon, ces filles ont ce que j'appelle la guigne. La veille, déjà, un militaire russe saoul (oxymore ?) voulait payer le garcon pour obtenir la nuit avec les deux filles. Le lendemain, c'est la soupe qu'elles avaient achetée quelques minutes auparavant sur le quai qui s'avére être totalement périmée...

J'arrive à Irkoutsk avec un léger mal de ventre à force de rire de leur malheur. Mon hôte m'attend déja sur le quai, un sourire aux lèvres.

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23 septembre 2011 5 23 /09 /septembre /2011 11:05

1417 kilométres plus loin, me voici à Iekaterinbourg, l'ancienne Sverdlovsk à l'époque de l'Union Soviétique (oui, les Soviétiques ont eu tendance à changer l'ensemble du nom des villes). Point important, je pense arriver à 9 heures, et c'est ce que j'ai dit à ma Couchsurfer. Problème, une fois arrivé dans la gare, je me rends compte qu'il est 11 heures. J'ai perdu deux heures de décalage horaire et surtout, les trains en Russie fonctionnent toujours avec l'heure de Moscou ! C'est à dire que si mon train part à 20 heures selon le ticket, il part en vérité à 22 heures d'Iekaterinbourg. A toi de faire le calcul. Ca peut créer quelques problémes techniques cette histoire. Heureusement pour moi, je n'ai pas de souci pour rejoindre ma couchsurfer (et toujours sans téléphone).

 

Pourquoi s'arrêter ici ? Parce que je ne voulais pas me faire 5 jours de train sans interruption ! Et Iekaterinbourg résonne pour moi comme la ville où les derniers Romanov ont été assassinés. Adieu Anastasia ! Celui qui a ordonné cette exécution n'est autre que Iakov Sverdlov, d'où le nom de la ville sous l'époque soviétique (oui, les Soviétiques avaient tendance à aimer les meutriers de Tsar).

 

Depuis la situation a évolué et je peux le voir dès mon arrivée à la gare : Les Romanov sur une fresque au plafond, tels des anges. Un peu partout les Romanov sont évoqués, avec surtout l'eglise orthodoxe Sur le Sang Versé (en photo au moment du coucher de soleil), sur le lieu de l'assassinat de la famille impériale. Autour, une exposition évoque les derniers jours de la famille. A l'intérieur on peut même prier devant leurs portraits. La famille a été canonisée par l'église orthodoxe et ils sont donc considérés comme des martyrs.

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J'ai moi-même assisté à une espèce de messe, j'en ai encore des frissons (les chants étaient admirables).

Iekaterinbourg reste une agréable surprise. Je m'attendais à la ville trés industrielle, fermée aux touristes jusque 1990 en raison de ses activités. C'était une ville contaminée à l'anthrax en 1979, sans que l'on connaisse aujourd'hui la raison d'une telle maladie. Bon, il y a bien quelques traces, comme ce lac où il est interdit de se baigner au risque de périr mais ce n'est pas Dzerjinsk (sur la route Moscou-Iekaterinbourg, considérée comme la seconde ville la plus polluée du monde aprés Tchernobyl).

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Pour visiter, rien de plus facile ! Suivons la ligne rouge et pénétrons la ville ! (sans trucage)

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Elle fait le tour de toutes les attractions de la cité. Une bonne journée est nécessaire, j'ai moi-même mis deux jours. La ville est assez artistique, avec un nombre impressionnant de statues dans les rues et même un clavier d'ordinateur !

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C'est aussi la ville où il y a le plus de centres commerciaux par habitant en Russie. L'occasion de vous réfugier s'il fait un peu froid. Justement, point météo : il fait froid. 8 degrés au plus haut de la journée. Avec mon short, j'ai l'air malin (c'est le désavantage de n'avoir qu'un pantalon, il faut le laver de temps en temps !). 

Ma couchsurfer s'appelle Masha, petite et bien mignonne avec son beau sourire. Stop, je vous vois venir, elle est en couple ! Mais on s'entend plutôt bien, jusqu'à cuisiner ensemble. Une compétition franco-russe a été organisée, avec un repas russe le premier soir (boulette de viande-purée) et un repas français le second soir (quiche tomate-thon, je fais avec les moyens du bord et ils n'ont pas d'appareil à raclette ici !)

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La suite : je repars pour plus de 50 heures dans la transsibérien, direction Irkoutsk et le lac Baikal !

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22 septembre 2011 4 22 /09 /septembre /2011 07:50

La nuit reprend ses droits sur Moscou. L'atmosphère est au depart. Le quai est étrangement animé malgré l'heure tardive. 13 wagons, dont le mien, le numéro 3. Des familles entières s'entassent, emportant avec elles des dizaines de bagages. J'ai l'impression de voir défiler des tortues, avec la maison sur leurs épaules.

 

Je partage mon terrier avec 5 autochtones qui tentent vite de débuter la conversation. Ils comprennent rapidement que "moi parle pas russe". Ils sourient. J'ai l'impression qu'ils sont contents, mais je ne peux en être sûr. La barrière de la langue ne les empêche pas de constamment m'interroger. J'explique, ou tout au moins j'essaie de le faire, avec de temps en temps du succès. Langage des signes franco-russe, nouvelle langue dans ma carte de visite.

 

Je pars donc de Moscou pour 32 heures de train vers Ekaterinbourg, de l'autre côté de l'Oural. L'Europe, de l'Atlantique à l'Oural (rendons au Général ce qui lui appartient). Pour la première fois du voyage, je ressens une certaine appréhension. Moscou, c'était l'Europe. Après ce train, c'est l'Asie. C'est des plaines inexplorées. C'est la fuite en avant, avec une autre culture, une autre population, peut-être une autre vie.

39 euros pour cette première partie du transsibérien. Ne cherchez pas, vous ne trouverez pas moins cher que sur le site officiel de la compagnie russe (RZB.ru, mais il faut constamment traduire car ils n'ont pas de version anglaise).

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Y a-t-il au moins un occidental avec qui je vais pouvoir discuter ? C'est là ma plus grande question, teintée de l'espoir de quelques conversations avec la bouche, et non plus avec mes mains.

Non pas 1, non pas 2, 3, 4 mais 5 ! Et tous... Francais !

 

Oui, le transsibérien semble être un rêve de Gaulois. Un groupe de 3. Le couple fait un voyage d'un an en Asie, voire plus, voire l'Australie. Leur pote a saisi l'occasion pour faire le transsibérien. Nantais et Rennais.

Un groupe de 2, étudiants à... Lille. En voyage jusque Noël, espèrent aller jusque Singapour par... le même trajet que moi. On risque de se recroiser.

 

Comment mange-t-on dans le transsibérien ?

Avec des réserves précedemment achetées. La nourriture reste peu chère pour un occidental. A chaque arrêt, nous avons aussi le droit à une foule de petites marchandes, avec leurs fruits, leurs oeufs ou autres... (l'appellation "autres" regroupe l'ensemble des nourritures dont le nom, l'apparence ou le goût restent indéterminés). Les Russes de mon terrier m'offrent également pas mal de nourriture, pain, viande, sucreries. La fourmi est prêteuse.

 

Comment se lave-t-on dans le transsibérien ?

Tel un chat. Au robinet. Et encore, difficile d'utilisation (système russe). Pour les personnes qui font 7 jours d'affilée, cela doit étre odorant sur les dernières heures. La pause à Ekaterinbourg sera salutaire de ce côté là.

 

Que fait-on dans la transsibérien ?

On parle, on se fait de nouveaux amis, on discute. Ca lit. Ca boit aussi pas mal, surtout nos amis russes. On tue le temps. On regarde par la fenétre l'immense paysage. On dort. Pas très bien, le lit fait un petit 1m80, ce qui peut gêner les plus grands d'entre-nous (pas d'inquiétude Lucas). On réfléchit. On écrit.

 

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La nuit était déja tombée. Nous étions dans une petite gare dont le nom me restera inconnu. Au loin, une lumiére intense brisait l'obscurité de la nuit. Celle-ci mettait en évidence une épaisse fumée qui devait sortir d'une locomotive à l'arrêt. Je ne sais pas pourquoi, mais cette scène me rappelait Tintin et le Lotus Bleu. Peu à peu la locomotive du transsibérien s'en va, laissant le serpent sans sa tête. A côté, un train de marchandises fait hurler la nuit. Lentement, un petit crissement se rapproche, la lumière heurte mon visage. Je m'écarte légèrement pour mieux observer notre nouvelle locomotive prendre le wagon de tête. Le geste du conducteur est précis, mécanique. Le transsibérien peut repartir. Je remonte dans mon wagon, le sourire aux lèvres.

Je vis l'un de mes rêves.

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18 septembre 2011 7 18 /09 /septembre /2011 10:40

Ne pas faire le musée Pouchkine de Moscou m'aurait fortement ennuyé. Seul problème, c'est en ce moment l'exposition Dali... oui c'est un problème ! D'accord, je ne suis pas son plus grand fan (mais je le connais !) mais ça ne me dérange pas non plus de voir une ou deux de ses oeuvres. Non, là où le problème apparaît, c'est que l'exposition Dali entraîne une queue de deux heures pour entrer dans le musée. 

Finalement, j'ai patienté longuement hier pour enfin atteindre mon but. Petite déception. On est très loin de l'Ermitage. 2 étages, faible superficie, le musée Pouchkine est plutôt modeste. Au niveau de la collection, les fans d'Antiquité seront satisfaits, beaucoup de sculptures (notamment de Michel-Ange)... mais assez peu de peintures. Quelques Cranach, Rembrandt, Rubens... mais pas forcément ceux que j'espérais. La collection s'arrête en pleine période classique, laissant l'amateur que je suis sur ma faim.

 

Bon, il y a bien 25 tableaux de Dali et des dizaines de dessins, mais avec 8 spectateurs devant, c'est plus difficile d'apprécier.

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Les Français sont-ils présents à Moscou ? A mon grand étonnement : non ! J'ai dû attendre le musée pour entendre un garçon parler français. C'est le seul que j'ai vu dans la ville. Enorme différence avec Londres ou New York.

Les entreprises françaises sont cependant présentes. Les traditionnelles : Peugeot, Renault, Citroën, JC Decaux, Dior, Chanel...et l'ensemble du luxe français. Premier hic, j'ai vu NRJ. Oui, je sais, c'est triste. Deuxième point trés important pour l'Audomarois que je suis : la Cristal fait de la pub ici ! (oui, je savais que la Russie était un de ses principaux marchés, mais de là à faire de la pub en plein Moscou, en français qui plus est !)

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En parlant d'Audomarois, j'en ai croisé deux, sur la place Rouge, pour mon plus grand bonheur. Mademoiselle Manon, qui est déjà venue me voir en Angleterre et Monsieur Antoine, un vieux de la vieille, avec qui la véritable aventure des voyages a commencé. (Tour de France) C'est étrange de se voir sur la place Rouge. Enfin ça change beaucoup de la place de Saint-Omer ! Ce sont les premiers que je croise, j'espère que ce ne sont pas les derniers (quiconque lit cet article est invité à me rejoindre dans un pays qu'il/elle souhaite découvrir)

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Aujourd'hui, dimanche, je pars donc ce soir dans ce qu'on appelle le transsibérien. 32 heures de train. Ca risque d'être légèrement long. De ce fait ma journée est largement consacrée aux achats divers (bouquins, nourriture) d'avant voyage. Néanmoins, à 18h30, je serai logiquement au stade Loujniki (78 306 places !) pour voir jouer le Spartak Moscou (club des 90' par excellence) contre le Krylia Sovetov (profitez-en, c'est la dernière fois que vous entendez parler de ce club !). Avec, bien sûr, sur les épaules, le maillot du FC Tilques floqué Phileas.

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17 septembre 2011 6 17 /09 /septembre /2011 07:48

Zourab Tsereteli. Ce nom ne vous dit sans doute rien, mais il est l'un des sculpteurs les plus connus au monde. Son truc à lui, les statues de personnalités historiques. Alors en 1992, il se lance dans ce qu'il veut être un cadeau aux Etats-Unis : la statue de Christophe Colomb. 94 mètres de haut ! Problème, les Américains refusent le cadeau ! (bon, ce n'est pas la statue de la Liberté non plus)

Zourab se retrouve comme un con avec une statue de 94 màtres dans son jardin. Il en parle a quelques amis du gouvernement et finalement la statue sera posée sur les bords de la Moskova, en plein Moscou. 

Bon, Christophe Colomb à Moscou, ça pose un probleme. Pas grave dit Zourab, je n'ai qu'à lui couper la tête et à mettre celle de Pierre le Grand à la place. 

Et voilà comment Pierre le Grand (et ses caravelles... lol) surplombe la Moskova.

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Les Russes en sont-ils contents ? Selon un sondage, c'est le monument le plus détesté de Moscou, et il figure sur la liste des dix bâtiments les plus affreux du monde. Bravo Zourab ! (au fait, la tour Montparnasse est deuxième !)

 

J'ai donc déménagé, je suis actuellement chez Olga, qui parle un très bon français. Elle est fort occupée, ce qui me laisse une très grande liberté pendant la journée. J'en ai profité hier pour me faire une très longue balade en ville. Au menu notamment, l'intérieur de la cathédrale du Christ-le-Sauveur. Sur deux étages, des peintures et des icônes. Bon, elle a été édifiée en mémoire de la victoire russe sur la Grande Armée de Napoléon. Et puis Staline (plus anti-religieux tu meurs) l'a fait démolir, comme beaucoup d'églises de la capitale. A la place, il y met... une piscine ! Elle fut reconstruite sous Boris (pas le DJ)

Et du fait de la quasi-absence de religion sous les cocos, j'ai trouvè des Russes tres croyants. Ils étaient fort nombreux autour de moi à prier, à parler, à donner. Devant les icônes, c'est un spectacle étonnant pour quelqu'un qui, comme moi, a suivi une éducation catholique. J'ai une préférence pour le triple signe de croix à l'envers.

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Enfin, de ma balade d'hier, je retiens la folie des mariages russes. Tous se réunissent sur le pont фалеевский (non, je n'ai pas trouvé en français). Un pont, un mariage, il y a donc quelques cadenas. La municipalité de Moscou a mis en place des arbres à cadenas sur ce pont, et lorsqu'un arbre est suffisamment rempli, il est déplacé sur une piste piétonne qui rejoint le pont. La scène est un peu surréaliste.

Mes amis russes prennent 50 000 photos, boivent du champagne et se mettent à danser sur ce pont. Et comme il y a plusieurs mariages qui se côtoient, ça met une belle ambiance ! 

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Enfin, à noter, hier soir, une jolie balade dans Moscou by night après un magnifique Jungle Speed en compagnie de 3 autres membres de la communauté Couchsurfing. Et un peu comme en basket, la France a totalement maîtrisé la rencontre !

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15 septembre 2011 4 15 /09 /septembre /2011 18:22

Journée 3, Moscou sur l'eau

 

Pas de chance pour nous, Fede est sacrément malade. De ce fait, Tania reste avec lui et je reste en compagnie de mes nouveaux amis allemands, Yann et Martin.

P1150581.JPG En Russie, vaut mieux connaître le russe. C'est déjà vrai pour le métro, ça l'est encore plus pour les musées. Tout au moins pour celui de l'espace. 0 ligne en anglais. De ce fait, la visite perd de son sens et les photos ou les objets ne suffisent pas à combler ma curiosité. Quelle frustration ! Conséquence, c'est une petite déception. Lénine n'aura pas réussi à me montrer la voie du succès..

P1150553.JPGMais qui vois-je ? Est-ce une illusion ou un rêve éveillé ? Mais oui, c'est bien mon Général ! Maître, avez-vous une idée de comment nous pouvons découvrir la ville ? Le Général a répondu : quand il n'y a pas de solution sur terre, prenez la mer. Merci mon Général !

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L'idee d'une balade sur la Moskova (non non, ne me demandez pas d'où provient le nom de Moscou). 400 roubles, 10 euros, prix européen. Mais on en a pour son argent. 

Nous passons l'ensemble de l'Ouest et du Sud de la ville en revue (1h30 de bateau tout de même) pour notre plus grand bonheur. Je conseille à tous les futurs visiteurs surtout si la visite s'achève sur le coucher du soleil.

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Je repars chez mes hôtes et mange à nouveau local. La nourriture russe me contente pour le moment. Ce n'est pas 5 étoiles mais ça remplit sacrément l'estomac. Je me suis surtout mis au thé (il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis). Mes hôtes sont des grands fans de cette plante et chaque jour est une nouvelle dégustation, avec plus ou moins de succès (fraise + poire -)

 

Demain, je déménage ! De plus, je vais voir à la gare pour le transsibérien...  

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13 septembre 2011 2 13 /09 /septembre /2011 18:09

La place Rouge, le Kremlin, la tombe de Lénine, et Poutine à la télévision, non, vous ne rêvez pas, je suis bien à Moscou.

 

Pourtant, le tour du monde a bien failli s'arrêter en Belgique. Et pour cause, les bouchons, conséquence d'un accident, faisaient que selon le GPS de Bubu, je devais arriver à l'aéroport à 10H30. Et comme mon avion décollait à 9H... 

Dans bande d'arrêt d'urgence, il y a le terme urgence. Et dans mon cas, l'urgence était là ! Imaginez un peu si j'étais revenu à Tilques le jour même de mon départ ! On aurait pavoisé jusqu'à la Voix du Nord ! . De ce fait, 20 minutes de bande d'arrêt d'urgence plus tard, me voici à l'aéroport de Bruxelles. 8h40. Les portes sont officiellement fermées depuis 10 minutes. Bon, dans ces moments là, j'oublie mon savoir-vivre ou mon respect des règles légendaires et je double l'ensemble des queues, avec les bénédictions de chaque garde. Ouf, après quelques minutes de sprint, je suis dans l'avion. Une halte à Riga et j'arrive en terre sainte. (oui, Moscou est, selon sa prétention, la troisième Rome)

 

1h30 de bus dans les bouchons moscovites. Décidément ça n'arrête pas aujourd'hui ! Le métro (où tout est écrit en cyrillique, heureusement que j'ai imprimé mon propre plan du métro en alphabet cyrillique et latin) pour rejoindre Tania, qui m'attend pour prendre un tram. J'ai perdu deux heures dans l'affaire (oui, c'est le nombre d'heures de décalage horaire).

 

Je suis logé avec Couchsurfing ; pour ceux qui l'ignorent encore, c'est dormir gratuitement chez l'habitant grâce à un site Internet (génial !). Bon, en l'occurence, ce ne sont pas des inconnus qui m'hébergent, mais Fede et Tania, qui sont déjà venus chez moi, à Tilques, au cours de l'été. Du coup l'adaptation est rapide. Ils ont un petit appartement assez éloigné du centre, mais on y arrive vite avec le métro. A peine posé que nous commençons à cuisiner. Ca tombe bien, l'horrible sandwich d'Air Baltic m'avait laissé un goût horrible/de trop peu. 

 

Surprise, je ne suis pas seul. 2 Allemands sont également avec moi, bien sympa (j'ai déjà oublié leurs prénoms, malgré le fait que je sois resté toute la journée avec eux, mais cela ne signifie rien, j'ai une drôle de maladie avec les prénoms). Du coup nous mangeons ensemble puis allons chercher le repos.

 

Le tour du monde débute ainsi. Ouah. Je ne me rends pas trop compte en fait. Juste l'impression de faire un nouveau voyage. Je pense que le transsibérien va vraiment me faire réaliser.

 

Journée 2 : à l'assaut du Kremlin ! (au sens figuré parce que ce n'est pas pour demain au sens propre vu le nombre de flics)

 

Avec mes deux Allemands, nous découvrons donc la ville. Originalement, nous faisons la place Rouge. Oui, je sais, c'est inattendu. Mais depuis que j'ai fait Amsterdam sans faire le quartier rouge et que tout le monde m'en a fait la remarque... J'avoue que la place Rouge est magnifique. La basilique Saint-Basile, que j'ai également visitée, rayonne franchement de l'extérieur (l'intérieur est cependant un peu décevant). La tombe de Lénine trône sur la place, mais il faut s'armer de patience pour la visiter. Ce sera un autre jour.

http://i031.radikal.ru/1109/e6/47b6b9e75e7f.jpgPuis, le Kremlin. Le soleil est au rendez-vous. 100 roubles (2,50 euros), c'est une bouchée de pain vu la renommée et la beauté de l'édifice. De nombreuses églises, des bâtiments militaires, un joli parc. A voir sans hésitation.

http://img849.imageshack.us/img849/3914/p1150514.jpg

Miam miam, mais il se fait faim. Au menu, une chaîne de restaurant locale, spécialisée dans les pommes de terre. J'avais déjà fait à Saint-Petersbourg, toujours aussi satisfaisant.

 

Le frère d'un Allemand nous rejoint, 3 Allemands pour un Français, j'ai l'impression d'être dans les Ardennes en 1939. La pluie arrive. J'ai l'impression d'être dans le Nord-Pas-de-Calais. Ah ah qui aime bien châtie bien.

Nous allons voir l'université MGU, franchement splendide. De là, la vue sur l'ensemble de la ville doit être extraordinaire, je dis bien "doit" puisque les nuages bas bouchent quelque peu l'horizon.

http://i025.radikal.ru/1109/e5/3270364b5a0e.jpg Ce fut clairement une journée de marche et la fatigue nous prend déjà (bon, il est 22h30 ici). Demain, Fede sera avec nous, et le musée de l'espace nous accueillera. Vive la France, vive le Général.

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