5 novembre 2019 2 05 /11 /novembre /2019 06:43

Forcément je les attendais ! Il n'y a d´ailleurs que ça que j'attendais ! Et franchement, elles ne m´ont pas déçu ! Il y a eu les premières, à quelques encablures du port. 4 (et demie), alignées, dos à l´océan. Et, juste à côté, une autre, avec des yeux et un chapeau ! Surprise !

L´île de Pâques : les statues
L´île de Pâques : les statues

C'est au cours de ma visite que je vais lire sur ces statues et leur histoire. Les habitants de l´île de Pâques sont arrivés en 400, ou vers 800, ou... 1200 ! Oui, il y a déjà une sacrée fourchette sur cette information (plusieurs études ont été effectuées, avec des résultats contradictoires !). Ce qui semble avéré toutefois, c'est leur origine, de Polynésie (peut-être les Marquises). Ils sont donc arrivés en bateau, en traversant une partie de l'Océan Pacifique. Ils ont emporté avec eux des traditions, des croyances... Ainsi, dans les îles Marquises on retrouve aujourd'hui des statues appelées Tiki. Le Moaï semblent en être une déformation : les sculptures représenteraient les ancêtres de chaque clan installé sur l'île. Imaginez un gâteau coupé en 10 parts à peu près égales, voilà comment a été divisée l'île par une dizaine de clans (l'objectif étant que tout le monde ait un accès à la mer). Les statues permettraient la transmission d'un esprit, ou d'un pouvoir (le Mana). Encore faut-il que les statues restent debout...

Un peu plus au centre, Ahu Akivi. Celles-là me font un gros effet : elles sont 7, alignées comme des militaires, et (et c'est unique sur l´île) elles sont situées dans les terres, observant l´océan ! 

L´île de Pâques : les statues
L´île de Pâques : les statues

C´est beau, ça arrive après 3 heures de randonnée, et je suis tout seul face à elles. Magique.

Je trace ma route vers Puna Pau, la carrière... des chapeaux ! Officiellement appelés Pukao, ils étaient un peu taillés dans cette carrière, puis on les faisait apparemment rouler jusqu'à la statue (le chapeau perdait alors un tiers de son volume !), pour le retailler ensuite avant de le mettre sur la statue... l'opération devait être très délicate vu le poids ! Pourquoi les chapeaux sont-ils là ? Etait-ce la fin de la croyance des Moaï à ce moment là ? Mystère.

L´île de Pâques : les statues

Mais il n´y a pas que les chapeaux qui sont abandonnés au sol. A de nombreuses reprises je vais rencontrer des têtes, voire des statues complètes couchées, sur le ventre ou sur le dos. L´effet du temps ? Pas seulement...

L´île de Pâques : les statues
L´île de Pâques : les statues

Car cette destruction des statues est volontaire ! Non, ne hurlez pas sur les touristes, ce n'est pas leur faute ! Deux possibilités :
- la première est celle des guerres qui ont éclaté, apparemment souvent, entre les clans. Faire tomber les Moaï du clan adverse, c'est faire perdre l'esprit et le pouvoir donnés par leurs ancêtres. Ce devait donc être un des objectifs de guerre.
- la seconde est l'abandon volontaire. Car pour que le Moaï ait toute sa puissance, il faut qu'il soit debout. A partir du moment où il est tombé, il ne vaut plus rien. Or, pendant le transport, les chutes devaient être nombreuses ! Pensez, certains Moaï font plus de 9 mètres de haut et pèsent jusqu'à.... 74 tonnes !!! Au final, seuls 1/3 des Moaï semblent arriver à destination.
L'un des mystères tient justement au transport de ces Moaï depuis la carrière où ils étaient sculptés. Ont-ils fait avancer ces immenses statues centimètre par centimètre, à la force des hommes ? Les ont-ils mis sur des radeaux-traîneaux et fait glisser jusqu'aux sites ? Aujourd'hui ce ne sont que des hypothèses.

 

Ainsi, dans la carrière de Rano Raraku, ce sont des dizaines de Moaï qui sont entreposés au sol. Certaines statues ont été abandonnées très vite, dès leur chute (comme sur ma deuxième photo plus haut), d´autres ont été laissées là volontairement. Peut-être la fin de la période de croyance des Moaï, et tout s'est arrêté... ou alors ce site devait lui-même être protégé différemment et on a laissé des Moaï sur place pour ça. Il y a presque 400 statues sur ce site ! Il y en a même dans le volcan derrière !

L´île de Pâques : les statues
L´île de Pâques : les statues
L´île de Pâques : les statues

Le site le plus connu, le plus majestueux, est situé à quelques kilomètres. 15 Moaï sont disposés sur l´Ahu Tongariki, avec l´océan et ses falaises en décor de fond. C´est le lieu où je croise les groupes, finalement pas si nombreux que ça (y´a un avion par jour qui atterrit ici, ça limite forcément !) Il est là le 88 tonnes ! En 1960, un immense tremblement de terre (9,5 sur l'échelle de Richter ! le plus gros jamais enregistré) a provoqué un tsunami (des vagues de 11 mètres), et des statues se sont retrouvées 100 mètres à l'intérieur des terres. Les Japonais ont aidé à tout reconstruire et voici aujourd'hui le plus large site. Avec de la hauteur c´est encore plus beau !

L´île de Pâques : les statues
L´île de Pâques : les statues

Allez, je termine avec mes préférés, les seuls qui ont gardé leur chapeau, avec en plus les pieds dans le sable et entourés des cocotiers... Le plus beau site pour moi, sur la plage d'Anakena

L´île de Pâques : les statues
L´île de Pâques : les statues

Le bilan ? Incroyable. C´est une île magnifique, avec la mysticité qui va avec. Je pourrais aussi vous parler du coucher de soleil.... mais il faut parfois se taire, et simplement apprécier.

L´île de Pâques : les statues
Partager cet article
Repost0
4 novembre 2019 1 04 /11 /novembre /2019 07:01

Dans la vie il faut se faire plaisir. Demandez aux anciens, demandez à ceux en fin de vie, ils vous répondront toujours la même chose : vivre ses rêves. Alors quand je regardais ma carte du monde, il y avait toujours ce petit point au milieu du Pacifique qui attirait mon regard. 4000 kilomètres du Chili et de Tahiti. Et m'y voici ! 450 euros déboursés pour un aller-retour depuis Santiago. Et j´avoue qu'hormis les statues je n´imagine pas grand chose d'autre. Et pourtant...

L´île de Pâques : la nature extraordinaire (1/2)
L´île de Pâques : la nature extraordinaire (1/2)
L´île de Pâques : la nature extraordinaire (1/2)

Partout où je regarde il y a cet océan Pacifique ! Une île sur un triangle de 20 km, ça limite les possibilités de terrain ! Alors les vagues et la brise marine sont le bruit et l'odeur de mes randonnées. Je parcours l´Ouest du sud au nord, puis le Nord d'ouest en Est et l´Est du nord au sud. Sous le soleil, je me crois dans les Caraïbes. Avec les nuages et le vent, j'ai une impression d'Irlande ! 

L´île de Pâques : la nature extraordinaire (1/2)
L´île de Pâques : la nature extraordinaire (1/2)
L´île de Pâques : la nature extraordinaire (1/2)

Partout de la roche volcanique. L'île de Pâques est née de l'éruption successive de 3 gros volcans. On peut escalader le Rano Rau où la vue est saisissante : pensez à un immense stade où la végétation joue le public et les marais les joueurs. En face de moi, une tribune s'est écroulée, laissant voir par la brèche le plus large océan du monde. Merveilleux.

L´île de Pâques : la nature extraordinaire (1/2)

En parlant de sport, j'ai assisté à un match de foot à Hanga Roa, la seule ville de l´île. Oh, pas tant pour le niveau, proche de celui que j´ai connu le dimanche matin en district, que pour le lieu. Les footballeurs ici, jouent devant un public, avec une statue les observant ! Et aussi, régulièrement, des chiens errants qui traversent le terrain, s´assoient, se font engueuler et déguerpissent ! (en vérité les vrais sports de l´île sont nautiques, avec beaucoup de kayaks, avirons/pirogues etc)

L´île de Pâques : la nature extraordinaire (1/2)
L´île de Pâques : la nature extraordinaire (1/2)

L'île de Pâques vaut également pour ses plages de sable fin ! Je l'ignorais, mais il y a des cocotiers et la température de l´eau est correcte (trop froide pour moi, mais on est aux alentours des 20 degrés !)

L´île de Pâques : la nature extraordinaire (1/2)
L´île de Pâques : la nature extraordinaire (1/2)

L´île de Pâques coûte cher, oui. La bouteille d´eau à 4 euros a fait bizarre dans le premier resto ! Du coup, c´est reparti sur Jérémy la débrouille. J´ai des lits à 20 euros la nuit et je cuisine quasiment tous les jours. Il y a très peu de backpackers, on comprend pourquoi (c´est pas le Pérou quoi !). Je n´ai pas loué quoi que ce soit, j´étais un marcheur et... un autostoppeur. L´occasion de converser avec les locaux, de parler colonialisme ou coût de la vie : c'est cher pour eux aussi ! (quasiment tout est importé par avion-cargo) Du coup j'ai aussi vu des manifestations ici ! Avec des chiens ! (ils sont partout aussi ceux-la !)

L´île de Pâques : la nature extraordinaire (1/2)

Et puis, forcément, il y a cette histoire de statues... (à suivre !)

L´île de Pâques : la nature extraordinaire (1/2)
Partager cet article
Repost0
31 octobre 2019 4 31 /10 /octobre /2019 17:01

Le début, c'est une image qui tourne en boucle sur les chaines d´information : des étudiants fraudent en masse dans le métro de Santiago pour protester contre la hausse du prix du ticket, la deuxième de l´année. Nous sommes jeudi, et nous ne comprenons pas encore que c'est l´étincelle qui va transformer notre voyage ! Car ces quelques étudiants s´en prennent aussi aux infrastructures du métro, ça casse les portiques. 

Vendredi. Le métro de Santiago est en feu, littéralement. Les manifestations commencent, au bruit des casseroles (un grand classique sud-américain) : les habitants prennent une casserole et tapent dessus pour faire du bruit. Tout seul, ça peut paraître ridicule. A 10 000, ça fait un boucan d´enfer ! Et si le métro est la cible privilégiée, des banques et autres symboles "capitalistes" sont aussi pris à partie. La colère explose à Santiago. Le lendemain, c'est dans tout le pays !


Nous sommes alors à la Serena, station balnéaire à 500km au nord de la capitale. En rentrant d´une visite aux pingouins, le bus doit faire un détour. Nous comprenons le mot "barricade" ! La route est bloquée par les manifestants. Sympa les Chiliens, on a vraiment l´impression d´être à la maison ! A l´hôtel nous sommes surpris de traverser une ville morte, avec tous les magasins du centre-ville fermés, alors que nous sommes samedi ! Et pour cause... la manif arrive !
Notre hôtel nous demande alors de fermer toutes les fenêtres car.... les gaz lacrymogènes viennent d´être tirés à deux pâtés de maison ! On entend les bruits de casseroles en fond, on hume les lacrymos à travers les fenêtres... et on ne sort pas ! C´est pas le moment de faire les cons dans un pays que tu ne connais pas et où les militaires sont chargés du maintien de l´ordre pour la 1ère fois depuis Pinochet !

Et dimanche, je veux retirer de l´argent.... oups !

Chili : être touriste dans un pays qui s´embrase
Chili : être touriste dans un pays qui s´embrase

Ladron ça veut dire voleur pour ceux qui ne parlent pas espagnol ! Et Pinera c´est le nom du président conservateur actuellement en place ! On retrouve alors pour lui beaucoup de déclarations d´amour (sic !) Les dégâts sont limités en ville à des symboles (banque donc, centre commercial, statues taguées). Le centre est encore plus mort que la veille et je marche un bon moment avant de trouver un restaurant ouvert (truc con, j'ai faim !). 

La météo est alors parfaite, et nous allons observer les étoiles ce soir dans un endroit mondialement connu pour ça (la vallée d´Elqui). Oups ! Ca ne va pas être possible, nous dit l´agence ! Car un couvre-feu est instauré à partir de 20h jusque 6h du matin ! Personne dehors ! Sortie annulée ! On est un peu déçu (c´est la 2ème fois que ça nous passe sous le nez !) mais on s´en remet vite.

19h. Mission : trouver à manger (truc con, on a re-faim !). A l´hôtel on nous prévient de ne pas traîner en indiquant une direction. Sur le chemin, nous croisons un type avec un carton de matériel hifi. Au croisement suivant, je vois le magasin dont sont originaires les produits, en train de se faire piller.
Les révolutionnaires sont parfois matérialistes.
Nous trouvons finalement à manger quand les policiers débarquent et qu´un hélicoptère nous survole. Nous ne traînons pas tandis que les tags décorent un mur repeint la veille.

Le couvre-feu concerne alors 7 grandes villes du pays tandis que le bilan est de 8 morts. Le lendemain, on est passé a 11 (aujourd'hui les chiffres divergent entre une vingtaine et une cinquantaine.... ça commence à faire une sacrée fourchette !). Des incendies de centres commerciaux ont fait prisonniers des visiteurs du soir, tandis que l´armée semble jouer les cow-boys (notamment à Santiago et Valparaiso). Plus de banques ouvertes, les transports ont disparu... reste la station de bus, prise d´assaut par les Chiliens ! Nous arrivons par miracle à trouver un bus pour... Valparaiso, la prochaine étape prévue ! 
Sauf que dans le bus le chauffeur nous dit : "Valparaiso, pas possible !" Ah.... en raison du couvre-feu on s´arrête à Vina del Mar, à 10 km de la. Enfin, si on y arrive.... car dans cette ville de 300 000 habitants, déserte à 21 heures, c´est aussi le couvre-feu ! Etrange vision, on a l´impression que les gens sont calfeutrés chez eux en attendant l'attaque des zombies. Et comme dans les films, ce sont les militaires qui tiennent la route...  

Chili : être touriste dans un pays qui s´embrase

Je suis à l´étage du bus, je n´entends pas la conversation, mais ça a dû être ceci : "faites demi-tour, personne ne va là-bas !
- D'accord, mais j´ai un bus !
- Rien à foutre, tu prends ton bus et tes passagers et tu roules en marche arrière ou à l'envers, mais tu dégages d´ici !"
On nous rassure un peu en expliquant qu'avec une autre route on peut passer jusqu'au centre-ville. Et ensuite ? Chacun pour sa peau !
A côté de cette scène, des gilets jaunes !!! On pense d´abord à des manifestants, puis on apprend que c´est plutôt une milice locale, destinée à faire régner l´´ordre et à surveiller le quartier ! Des hommes pour la plupart, avec des bâtons et des barres de fer...
On descend du bus sous l´oeil attentif des militaires, et nous partons en direction de l'hôtel. Pas de zombie à l´horizon mais une atmosphère étrange ! Par 2 fois des habitants nous disent : "il ne faut pas rester là c´est dangereux !" On croise une carcasse de poubelle encastrée dans une pharmacie pour finalement arriver à l´hôtel, pas mécontents ! On a faim (encore !) mais on mangera demain !

A Valparaiso le couvre-feu commence à 18 heures !! C´est tôt ! Première étape pour nous, trouver une banque... et voilà à quoi ressemblent les banques ouvertes !

Chili : être touriste dans un pays qui s´embrase

Euh... c´est les soldes, c´est ça ? Car les queues s´allongent devant les magasins (la police se chargeant parfois de l´entrée !). On en arrive à échanger des euros contre des pesos avant d´acheter des pâtes dans une petite supérette ! Pas de ramadan pour nous aujourd'hui, c´est toujours ça de pris ! A midi, sur les collines de Valparaiso nous entendons déjà les bruits de casseroles et l´atmosphère se tend... on ne reste pas et nous reprenons le métro, tandis qu´une manifestation débute à 200 mètres.

 

Le Chili, le "pays le plus sur d´Amérique du Sud" d´après notre Routard, se révolte ! Pourquoi ? Le métro ? L´étincelle, la goutte d´eau. De par nos observations et nos conversations, c´est surtout le coût de la vie et les inégalités qui sont les principaux vecteurs de la colère (surprise hein !). La moitié de la population vit avec moins de 500 euros par mois, alors que nous, Français, on trouve le pays assez cher ! Comment font les gens pour vivre ? Ils s´endettent, ils cumulent, ils se débrouillent. Et ils galèrent. Le pays est ultra-libéral : éducation, retraite, santé... même l´eau a été privatisée (coucou Coca-Cola !). Or, à côté de ça, le Chili est officiellement un pays riche de son sous-sol, de ses mines de cuivre et de lithium. Qui en voit la couleur de ces richesses ? Pas grand monde, comme d´habitude ! Ajoutez à cela une Constitution qui date de Pinochet, et un milliardaire à la tête du pays. Aujourd'hui il est à 14% d´opinion favorable. Il a dit "nous sommes en guerre", puis s´est excusé, mis en place un couvre-feu et des militaires dans les rues, puis les a retirés, changé des ministres et réfléchi à des mesures sociales. Les manifestations continuent (plus d´un million de personnes le week-end dernier, la première fois que ce chiffre est atteint depuis l´éviction de Pinochet justement) et le pays semble s´être arrêté, ou éveillé, c´est selon.

 

A titre personnel, c´est intéressant à suivre et un peu compliqué. Après la dissolution du Congres au Pérou, un Chili en révolte, vivement le coup d´Etat en Argentine ! 
Plus sérieusement nous suivons les infos, on regarde ce qui se trame à l´aéroport (c´est qu´on avait des vols à prendre !), et on verra bien ce qui se passe demain. Et dans ces cas là, demain, c´est loin.

Partager cet article
Repost0
30 octobre 2019 3 30 /10 /octobre /2019 17:03

Bon, j´écris pacifique dans le titre mais c´est un petit jeu de mots par rapport aux manifestations qui parcourent le pays à partir de ce moment là (j´y reviendrai !).

Chanaral, où ché q´c'est ? Petite carte du Chili pour ne pas vous perdre.

De Chanaral à Valparaiso, le Chili pacifique

La ville ne casse pas 3 pattes à un canard, mais après quelques jours d´air sec dans le désert nous ne sommes pas mécontents de recevoir un peu de brise marine ! Cette ville nous sert de base pour le parc Pan de Azucar. Pas vraiment de ressemblance avec le pain de sucre brésilien, c´est un parc connu notamment pour ses manchots ! Sauf que lieu est... désert ! Facile, on est une dizaine en tout et pour tout dans un lieu de 430km2 ! Pas la saison, pas très connu à l´international, ça nous fait tout drôle après l'Atacama. Et si ça vous semble sympa, ça nous handicape : la sortie en bateau tombe à l´eau devant le prix prohibitif demandé (on est seulement 5 à être motivés). On ne perd pas trop au change car 2 retraités suisses semblent se prendre d´affection pour nous et décident de nous trimbaler sur les hauteurs du parc. On économise 3 heures de marche grâce à leur voiture et on pousse même plus loin encore en leur compagnie. Les décors sont splendides.

De Chanaral à Valparaiso, le Chili pacifique
De Chanaral à Valparaiso, le Chili pacifique
De Chanaral à Valparaiso, le Chili pacifique
De Chanaral à Valparaiso, le Chili pacifique
De Chanaral à Valparaiso, le Chili pacifique

Le monsieur, à l´accent caricatural, m'évoque les difficultés de la retraite, notamment la solitude, quand sa femme parle des petits-enfants et des voyages réguliers qu´ils font. Là ils partent louer un van à Santiago et vont descendre jusqu'en Patagonie avec. Ma soeur les jalouse.... et s'énerve ensuite sur notre chauffeur de taxi ! Pourquoi donc ? C'est que l´on est allait en taxi au parc et nous avions convenu de repartir avec lui le soir. Sauf que les Suisses nous ont ramenés bien en avance, du coup on le prévient. Mais le bougre veut nous faire payer l'aller-retour ! Autant vous dire qu´une question d'argent avec une Révillon... il a perdu la négociation ! (après 20 minutes de débat tout de même !)

Pour les manchots c´est partie remise dans la Réserve Nationale d´Humbolt. Et avec eux, des lions de mer et des loutres, entre tous les oiseaux aux yeux rouges ou bleus ! On a même croisé un renard ! C´est Maxime le fan d´animaux qui se régale (moi c´est ma deuxième fois dans le mois, je suis déjà blasé ^^).

De Chanaral à Valparaiso, le Chili pacifique
De Chanaral à Valparaiso, le Chili pacifique
De Chanaral à Valparaiso, le Chili pacifique
De Chanaral à Valparaiso, le Chili pacifique
De Chanaral à Valparaiso, le Chili pacifique
De Chanaral à Valparaiso, le Chili pacifique

La ville de la Serena, à une centaine de kilomètres au sud, est notre nouveau quartier central. On s'y sent bien entre la plage et un joli centre-ville... certes les manifestations et le couvre-feu nous ont empêchés d´aller voir les étoiles, mais ça reste une ville que l'on recommande.

De Chanaral à Valparaiso, le Chili pacifique
De Chanaral à Valparaiso, le Chili pacifique
De Chanaral à Valparaiso, le Chili pacifique

Pour Valparaiso, je suis un peu plus dubitatif. C´est la ville hippie du Chili, et j'avoue que je reste circonspect. Capitale du street art, elle serait très "instagramable", photogénique pour les anciens. Oui, ça l´est. 

De Chanaral à Valparaiso, le Chili pacifique
De Chanaral à Valparaiso, le Chili pacifique
De Chanaral à Valparaiso, le Chili pacifique
De Chanaral à Valparaiso, le Chili pacifique

J´avoue que le port m'a le plus fasciné, visible depuis les grosses collines surpeuplées de la ville. Les grues, les cargos, les conteneurs... je crois que je développe une passion pour ces lieux (je vais m´engager dans la marine marchande un jour !).

De Chanaral à Valparaiso, le Chili pacifique
De Chanaral à Valparaiso, le Chili pacifique
De Chanaral à Valparaiso, le Chili pacifique

Hormis ça, pas grand chose de plus, si ce n´est une manif qui nous accompagne pour repartir vers Vina del Mar, la station balnéaire du pays. Du sable, un front de mer piéton.... c´est suffisant pour nous !

De Chanaral à Valparaiso, le Chili pacifique

L´air de rien, après 2 semaines, nous avons parcouru plus de 2000 kilomètres et traversé 5 des 12 régions du Chili. La suite ? En solo car certains doivent travailler pour la France (et on les remercie !). Et pour moi, ohhhhh. Ce sera encore plus Pacifique !

De Chanaral à Valparaiso, le Chili pacifique
Partager cet article
Repost0
29 octobre 2019 2 29 /10 /octobre /2019 15:25

A la frontière de la Bolivie et de l´Argentine, il existe un triangle blanc, celui des salars. Uyuni, côté bolivien, est le plus grand, et le plus connu. Je ne connais pas celui de Salta en Argentine, mais je peux vous témoigner de la beauté du côté chilien. Enfin, les photos témoigneront pour moi, tant elles sont parlantes.

Une merveille : le désert de l´Atacama

San Pedro de l´Atacama est situé en plein désert. Le désert le plus aride du monde ! Nous sommes entre deux cordillères, tandis que l´anticyclone du Pacifique sud est constant, empêchant les nuages de passer et la pluie d´arriver. Le tropique du Capricorne a également un rôle dans cette aridité, en raison de l´inclinaison de la Terre. Toujours est-il qu´il ne pleut pas (parfois pendant 50 ans !!), et que l´air est très sec (5 à 10% d´humidité, ça change de la Guyane !). Les cactus pointent à l´horizon, la poussière vole. Cette ville pourrait servir de décor à un western. C´est pourtant aujourd'hui le coeur touristique du nord-Chili. Mais ses jours semblent comptés.... le lithium, merveille pour nos batteries, aiguise ici les appétits. Un salar touristique a déjaàété vendu, et les professionnels de la ville sont pessimistes : "dans 10 ans c´est fini !" Vraiment ? Fini les flamants roses se nourrissant dans les lagunes ?

Une merveille : le désert de l´Atacama
Une merveille : le désert de l´Atacama

Fini ces salars spectaculaires ?

Une merveille : le désert de l´Atacama
Une merveille : le désert de l´Atacama

Fini ces lacs enchanteurs entourés de volcans ?

Une merveille : le désert de l´Atacama
Une merveille : le désert de l´Atacama
Une merveille : le désert de l´Atacama

Ce serait bien triste tant cette région est merveilleuse. Nous y sommes restés 4 jours, dont 3 à faire des tours (agence Flamengo, je recommande rarement mais là ils sont bien moins chers que les autres et surtout ils font un tour que les autres ne font pas et c´est pour moi le meilleur !). Nous nous sommes régalés des volcans (la région en compte des centaines), certains ayant leur sommet à plus de 6000 mètres !

Une merveille : le désert de l´Atacama
Une merveille : le désert de l´Atacama

Et j´ai même vu des geysers, de ceux qui envoient de l´eau en l´air de manière spectaculaire (je retire d´ailleurs le titre de geysers à ceux que j´ai vus en Bolivie et au Kenya !).

Une merveille : le désert de l´Atacama
Une merveille : le désert de l´Atacama

Oui, il y a un peu de monde ici et pour le coucher du soleil sur la vallée de la lune...

Une merveille : le désert de l´Atacama
Une merveille : le désert de l´Atacama

Mais il faut en profiter vite, car les jours de ce lieu merveilleux semblent comptés.

Une merveille : le désert de l´Atacama
Une merveille : le désert de l´Atacama
Une merveille : le désert de l´Atacama
Partager cet article
Repost0
16 octobre 2019 3 16 /10 /octobre /2019 22:30

Pour traverser la frontière péruviano-chilienne nous devons prendre un bus vers Tacna, avant de rejoindre Arica. Et tout d´un coup nous sommes les seuls touristes du bus ! Nous quittons la foule un temps, alors que nous traversons de longues étendues désertiques. Arica était une ville péruvienne il y a 150 ans. Le Chili a envahi la zone (bien aidé par les Anglais toujours fourrés dans les mauvais coups) alors que du salpêtre venait d'être découvert en grande quantité dans la région... De manière générale c'est tout le nord du Chili qui ne lui appartenait pas, car la partie un peu plus au Sud appartenait à la Bolivie (et ça râle toujours à la Paz pour récupérer un accès à l´océan !)

Toujours est-il qu´aujourd'hui ce sont des drapeaux chiliens qui flottent sur les maisons (en grande quantité d´ailleurs !), et en haut de la colline surplombant la ville (et quel drapeau ! le plus grand que j´aie jamais vu je pense !) (à gauche)

Arica, la porte du Chili

Cette colline est d'ailleurs l´une des grandes victoires du Chili lors de sa guerre du Pacifique : les Péruviens avaient braqué tous les canons sur la côte et le nord.... les Chiliens sont passés par l´est de la colline ! (les Péruviens n'étaient apparemment pas des pros de la stratégie !) Arica offre assez peu aux touristes que nous sommes hormis un front de mer et un port encombré de camions boliviens. La ville est connue pour être celle de l´éternel printemps (il n´a pas plu entre 1903 et 1918 par exemple !) De nuit, c'est toujours sympa une ville éclairée... (oui, je sais, la planète aime moins !).

Arica, la porte du Chili

Si nous nous sommes arrêtés à Arica, c´est parce que nous avons un contact là-bas : le fils d´une copine décédée de la grand-mère du copain de ma soeur (vous suivez ?!). Il s'appelle Eduardo, et c´est un sacré pistolet ! (je hais la personne qui m´a mis cette expression en tête !). Il nous fera rêver : Pinochet ? Bah, "moi j´ai pas eu de problème avec !". Plutôt très ancré à droite, notre Eduardo a l´air dubitatif sur l´arrivée de Noirs en ville, et nous fout carrément la honte lorsqu'il met sa musique à fond dans la voiture, vitre ouverte, pour couvrir le son d´une violoniste de rue. Et pour le chat... non, je ne vous raconte pas.

Et pourtant le bougre est attachant quand il nous ouvre les portes de sa demeure et qu´il nous fait le plus gros barbecue que j´ai vu dans ma vie (500 grammes de boeuf dans l'assiette !). Il nous raconte sa vie ici, ses voyages (ah la Russie en 1995...), ses souvenirs du communisme, ses origines allemandes et indiennes... Il nous emmène à Anzota, à quelques kilomètres du centre-ville pour observer les grottes à flanc d´océan, entourées d´immenses falaises, tandis que des peintures préhistoriques sont difficilement visibles. Au loin les oiseaux migrateurs foncent plein sud (nous aussi !) tandis que des espèces de phoques ou lions de mer se prélassent au soleil. Eduardo s´occupe en ramassant du caca d´oiseaux pour son jardin.

Arica, la porte du Chili
Arica, la porte du Chili
Arica, la porte du Chili
Arica, la porte du Chili

Il est un peu triste que nous ne restions qu´une journée, et il nous le dit à sa manière : "si j´avais su, je n´aurais pas nettoyé la maison !". Un sacré pistolet.

4ème Christ rédempteur en 14 mois... faut arrêter les gars !

4ème Christ rédempteur en 14 mois... faut arrêter les gars !

Partager cet article
Repost0