14 janvier 2019 1 14 /01 /janvier /2019 21:31

Grande Terre qui s'appelle ainsi, alors que ce bout de l'île est le plus petit, Basse-Terre qui s'appelle ainsi alors que c'est le plus vallonné, avec un volcan à 1 467 mètres d'altitude. Parfois, je ne comprends pas. Enfin, on s'appelle bien les Hauts-de-France alors qu'on est voisin du plat pays...

Basse-Terre, les Améridiens de Guadeloupe et le volcan de la Soufrière

Après la découverte de Marie-Galante, c'est le retour à la ville, avec une route bien empruntée entre Pointe-à-Pitre et Sainte-Rose, notamment Baie-Mahault et son immense zone industrielle (et aussi ses restaurants de sushis, alors on ne lui en veut pas trop...).

Le nord de Basse-Terre est magnifique. Jusqu'à la pointe Allègre (aucun rapport avec Claude, ni Patrice), une randonnée nous permet d'observer les effets des éléments sur la nature elle-même : là l'effet de l'érosion et des vagues, créant une mini-île faite de sable et d'un arbre, là-bas le vent ayant courbé (aucun rapport avec Julien) les arbres, là un rocher sortant de l'horizon : l'îlet à Kahouane.

Basse-Terre, les Améridiens de Guadeloupe et le volcan de la Soufrière
Basse-Terre, les Améridiens de Guadeloupe et le volcan de la Soufrière
Basse-Terre, les Améridiens de Guadeloupe et le volcan de la Soufrière

L'Ouest de la Guadeloupe, côté Caraïbes, est très connu pour sa réserve Cousteau (là, y'a un rapport avec Jacques-Yves!). Très très connu. Très très très connu. Trop connu. Trop de monde. Beaucoup trop de monde, surtout à l'îlet à Pigeon et la plage de Malendure. Nous n'arrivons même pas à nous garer, et on décide de poursuivre la route trois-quatre kilomètres pour se garer à la Pointe à l'Abbé. N'est-ce pas là trop loin déjà ?.... Pas du tout ! Un type nous explique à notre arrivée qu'il y a des poissons dès que l'on a les pieds dans l'eau... et on confirme ! Un régal.

Basse-Terre, les Améridiens de Guadeloupe et le volcan de la Soufrière
Basse-Terre, les Améridiens de Guadeloupe et le volcan de la Soufrière
Basse-Terre, les Améridiens de Guadeloupe et le volcan de la Soufrière
Basse-Terre, les Améridiens de Guadeloupe et le volcan de la Soufrière

Quelques kilomètres plus au sud, Vieux Habitants porte bien son nom. Car les vieux habitants de l'île, juste avant que Christophe Colomb ne débarque, étaient les Amérindiens. Des Arawaks, des Kali'nas (appelés également Caraïbes, d'où le nom de la région). Et à Vieux Habitants, ils ont laissé des traces... sur les pierres ! Des dessins, que l'on retrouve aussi de manière plus spectaculaire encore à Trois Rivières, avec le parc archéologique et botanique des roches gravées. C'est un bon rappel : non, les premiers habitants de la Guadeloupe ne sont pas les Créoles, non les Caraïbes et le « nouveau monde » n'étaient pas inhabités quand les Européens sont arrivés. Du travail forcé, des épidémies, et il ne reste aujourd'hui plus beaucoup de descendants de ces peuples. Sauf en Guyane, où certains sont mes élèves...

Basse-Terre, les Améridiens de Guadeloupe et le volcan de la Soufrière
Basse-Terre, les Améridiens de Guadeloupe et le volcan de la Soufrière
Basse-Terre, les Améridiens de Guadeloupe et le volcan de la Soufrière

La Soufrière. Le nom d'un volcan mythique (en fait de plusieurs volcans, puisque ceux de Saint-Vincent et Grenadines, Montserrat ou encore Sainte-Lucie portent le même nom!). Après la Montagne Pelée, c'est mon deuxième volcan dans la zone. Sauf qu'à la différence de la Pelée, la Soufrière est en activité. Et pas qu'un peu ! Bon, ce n'est jamais facile de trouver un jour où la montagne est dégagée de ses nuages accrocheurs, mais on a un peu de chance : une purée de pois au départ, qui s'efface peu à peu, nous permettant ainsi d'y voir assez loin. La randonnée est assez facile, et à 1467 mètres, la Découverte, du nom du point le plus haut de toutes les petites Caraïbes !

Quelques mètres plus loin, derrière la Roche fendue, se cache un gros gouffre. Il en sort une fumée à l'odeur de soufre. C'est donc ça, un volcan en activité. Ce lieu me fascine. L'éruption de 1976 avait entraîné l'évacuation de toute la partie sud de l'île (quasiment 75 000 personnes!), devenues des réfugiés dans le reste de l'île. [un documentaire d'Herzog intitulé la soufrière est disponible sur Youtube si cet épisode vous intéresse].

Basse-Terre, les Améridiens de Guadeloupe et le volcan de la Soufrière
Basse-Terre, les Améridiens de Guadeloupe et le volcan de la Soufrière
Basse-Terre, les Améridiens de Guadeloupe et le volcan de la Soufrière
Basse-Terre, les Améridiens de Guadeloupe et le volcan de la Soufrière

Sur l'île de Basse-Terre, il y a la ville de Basse-Terre, où on peut observer le fort Louis Delgrès, du nom de celui qui proclama la résistance à Napoléon et au rétablissement de l'esclavage. Plutôt que d'être fait prisonnier, il décide de de suicider avec ses 300 hommes à l'aide d'explosifs... sa devise : « vivre libre ou mourir ».

Basse-Terre, les Améridiens de Guadeloupe et le volcan de la Soufrière
Basse-Terre, les Améridiens de Guadeloupe et le volcan de la Soufrière

Enfin, après de nombreuses plages et autres lieux paradisiaques (regardez moi ce terrain de foot parfait!), direction les chutes du Carbet, d'un peu plus de 100 mètres de haut. Un dernier régal.

Basse-Terre, les Améridiens de Guadeloupe et le volcan de la Soufrière
Basse-Terre, les Améridiens de Guadeloupe et le volcan de la Soufrière
Basse-Terre, les Améridiens de Guadeloupe et le volcan de la Soufrière
Basse-Terre, les Améridiens de Guadeloupe et le volcan de la Soufrière
Basse-Terre, les Améridiens de Guadeloupe et le volcan de la Soufrière

Franchement, la Guadeloupe ne m'a pas déçu. Pourtant, j'en attendais beaucoup, comme la Martinique d'ailleurs. Mais j'ai l'impression que ces îles des Caraïbes sont des valeurs sûres. Une préférence même pour la Guadeloupe, aux paysages plus variés encore. Les gens étaient sympas, la nourriture était bonne... bref, des bonnes vacances ! Les prochaines ? Ohoh, ça va être quelque chose !

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9 janvier 2019 3 09 /01 /janvier /2019 21:47

Belle-Ile en Mer, Marie Galante, Saint Vincent, les Grenadines, c'est l'océan...

Voulzy a rendu cette île mythique (et pas seulement, puisque aujourd'hui Belle Ile en Mer est jumelée avec Marie-Galante!). Car, la Guadeloupe, ce n'est pas une seule île : les Saintes, la Désirade, la Petite Terre... et donc l'île aux 100 moulins, témoignage d'une histoire industrielle : Marie-Galante.

 

Pour y aller, rien de plus facile : un bateau depuis Pointe-à-Pitre (où l'on croise les immenses navires de croisière des Caraïbes !), 20€ l'aller, et une heure de traversée. Ça secoue un peu (selon la météo), et on arrive à Grand-Bourg, l'une des trois communes de l'île.

Marie-Galante
Marie-Galante

Car Marie-Galante c'est seulement trois villes ! Enfin, villes... petites villes plutôt ! Grand Bourg permet de louer voiture et scooter (ne pas trop compter sur les transports en commun) et c'est parti pour la découverte. Au Sud, une randonnée nous permet de découvrir l'habitation Murat. Un moulin (encore!) et une traversée de forêt autour d'une ancienne plantation de canne à sucre.

Marie-Galante
Marie-Galante
Marie-Galante
Marie-Galante

Sur le parcours, il y a aussi la mare au punch : une mare remplie de punch par les esclaves en révolte ! (ne pas essayer de la boire aujourd'hui, ou vous risqueriez d'avaler des petites tortues !)

Marie-Galante
Marie-Galante
Marie-Galante

Au sud-est de Marie-Galante, Capesterre... oh les Sargasses ! Une odeur qui entre dans les narines pour un lieu qui devait être touristique à une époque. Aujourd'hui, nous n'avons pas même l'envie de nous arrêter tellement ça nous prend le nez.

 

L'Est de Marie-Galante, avec l'Atlantique devant nous, c'est un paysage désolé. Désolé, mais beau, d'une beauté irlandaise, pleine de fougue, de vent, de vagues, de caractère. On y croise des restes d'indigoteries, de ce colorant qui permettait de bleuir les tissus. On y rencontre aussi des bœufs dans les pâturages, et quelques cannes à sucre de temps à autre.

Marie-Galante
Marie-Galante

Au Nord, c'est la gueule grand gouffre, qui n'a rien à envier à Etretat !

A l'Ouest, une succession de falaises percées par les vagues, cognées par les vagues, ravagées par les vagues... sans relâche. Oh, la puissance de l'océan.

Marie-Galante
Marie-Galante
Marie-Galante

Enfin, au nord de Saint-Louis, les plus belles plages de l'île, notamment l'Anse du Vieux Fort. C'est beau, il y a une belle vue sur la Grande Terre de Guadeloupe, mais aussi sur un petit îlet et sur la Dominique (j'irai un jour!).

Marie-Galante
Marie-Galante

Marie-Galante est étonnante. Peu de touristes (j'imaginais ça blindé), et désertée par ses propres habitants : 40 000 habitants en 1946, 10 000 aujourd'hui. Beaucoup de maisons se retrouvent abandonnées, et l'île que je croyais paradisiaque ne l'est certainement pas quand on cherche du travail. Mais quand on y cherche de la sérénité, c'est le lieu idéal.

Marie-Galante
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8 janvier 2019 2 08 /01 /janvier /2019 13:52

La Guyane est un cul-de-sac. A savoir que l'aéroport de Cayenne, loin de l'espoir que j'avais à mon arrivée, ne dessert presque aucune ville d'Amérique du Sud (hormis le Nord du Brésil). Les seuls vols directs ? Paris. Et aussi la Martinique et la Guadeloupe. Bon, si vous insistez...

Nous voici deux heures plus tard à l'aéroport de Pointe-à-Pitre. Nous décidons de rester sur Grande-Terre pour le début du voyage (la Guadeloupe est divisée entre Basse-Terre, Grande-Terre, et les îles, j'y reviendrai).

La Guadeloupe : Grande Terre, ses falaises et son histoire esclavagiste

Direction le Sud, Sainte-Anne et Saint-François. Ce sont les lieux les plus touristiques de l'île. Des plages, des Américains, des Québecois, et un peu de kayak de mer pour moi, de la planche à voile pour ma partenaire de voyage ! Ca sent bon les vacances, les animaux sont de sortie, et nous démarrons le road-trip.

La Guadeloupe : Grande Terre, ses falaises et son histoire esclavagiste
La Guadeloupe : Grande Terre, ses falaises et son histoire esclavagiste
La Guadeloupe : Grande Terre, ses falaises et son histoire esclavagiste
La Guadeloupe : Grande Terre, ses falaises et son histoire esclavagiste

La pointe des châteaux nous en met directement plein la vue ! C'est peut-être même le plus beau lieu que nous verrons ! L'île de la Désirade nous fait face, les falaises sont magnifiques, et nous surplombons toute la presqu'île. Woh.

La Guadeloupe : Grande Terre, ses falaises et son histoire esclavagiste
La Guadeloupe : Grande Terre, ses falaises et son histoire esclavagiste
La Guadeloupe : Grande Terre, ses falaises et son histoire esclavagiste

Nous remontons ensuite la côte Est, traversons la seule ville (Le Moule, mignon) tout en faisant une halte à chaque plage, baie, anse, falaise, que l'on croise. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que ça a de la gueule !

La Guadeloupe : Grande Terre, ses falaises et son histoire esclavagiste
La Guadeloupe : Grande Terre, ses falaises et son histoire esclavagiste
La Guadeloupe : Grande Terre, ses falaises et son histoire esclavagiste
La Guadeloupe : Grande Terre, ses falaises et son histoire esclavagiste

Bon, il ne faut pas se mentir non plus, les Caraïbes ont un problème avec les Sargasses. Je vous ai déjà parlé de cette algue toxique qui recouvre parfois la Martinique (de plus en plus). Et bien c'est aussi le cas en Guadeloupe. Ainsi, l'un des haut-lieux du tourisme guadeloupéen, la Porte d'Enfer, est totalement mangée par les algues. La photo parle d'elle-même.

La Guadeloupe : Grande Terre, ses falaises et son histoire esclavagiste

Tout en haut, c'est la pointe de la Grande Vigie. Là encore, des falaises, et une vue à couper le souffle. Devant nous, au loin, nous apercevons à droite l'île d'Antigua et à gauche l'île de Montserrat. Celle-ci a une histoire un peu folle, puisque la moitié de l'île est condamnée, abandonnée, depuis l'éruption d'un volcan !

La Guadeloupe : Grande Terre, ses falaises et son histoire esclavagiste
La Guadeloupe : Grande Terre, ses falaises et son histoire esclavagiste

La Guadeloupe, c'est aussi une histoire (que l'on regarde attentivement quand on est prof d'histoire!). La région a mis en place une « route de l'esclave », avec plusieurs haltes dans des lieux qui semblent paradisiaques. Et pourtant, il y a deux siècles, on trouvait ici un cimetière d'esclaves. A Port-Louis, nous visitons l'habitation Beauport, du nom d'une des plus grandes entreprises de canne à sucre de l'île. Qui travaillait dans cette habitation ? Des esclaves. Le musée est intéressant, avec son moulin (il y en a partout!) et un petit tour en train à travers le pays de la canne.

La Guadeloupe : Grande Terre, ses falaises et son histoire esclavagiste
La Guadeloupe : Grande Terre, ses falaises et son histoire esclavagiste
La Guadeloupe : Grande Terre, ses falaises et son histoire esclavagiste

Enfin, à Pointe-à-Pitre, musée exceptionnel : le Mémorial ACTe. Il a été inauguré il y a trois ans, il vaut le coup rien que pour son architecture, et il revient sur l'histoire de l'esclavage dans le monde depuis, bah depuis la nuit des temps (on retrouve les esclaves dans des documents de – 2000), ainsi qu'en France, en Guadeloupe etc., avant de revenir sur les processus d'abolition. A ne pas manquer si vous êtes dans le coin, c'est très bien fait (beaucoup d'audio, de vidéos etc.).

La Guadeloupe : Grande Terre, ses falaises et son histoire esclavagiste

Demain, direction Marie-Galante !

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13 mai 2018 7 13 /05 /mai /2018 14:09

C'est peu à peu la fin du voyage. Reste le plus sexy, ce pour quoi je suis ici : la Montagne Pelée et Saint-Pierre. Oui, c'est ça qui m'a convaincu pour la Martinique. L'avantage de la Guyane, c'est que nous sommes à deux heures des Caraïbes, et le choix dans les îles existe. Si j'ai opté pour la Martinique, c'est pour l'histoire que je vais vous conter.

 

Saint-Pierre. La petite perle coloniale, réduite en cendres le 8 mai 1902, trois jours après la commune voisine du Prêcheur. Imaginez la situation : les journaux disent que vous ne craignez rien, que la situation au Prêcheur était exceptionnelle, et que la Montagne Pelée, que dis-je, le volcan Pelée, n'est pas dangereux pour la ville. D'ailleurs, le gouverneur de Martinique veut montrer l'exemple, il vient avec sa femme à Saint-Pierre : le message est clair, il ne faut pas paniquer. Qu'importent les rugissements. Qu'importent les tremblements.

La Martinique en road trip (3/3) : Saint-Pierre et la Montagne Pelée

8 mai 1902. En l'espace de deux minutes, les 30 000 habitants de Saint-Pierre sont morts. La ville est devenue poussière : le grand théâtre (construit sur le modèle bordelais), le marché, la cathédrale... Deux survivants, dont l'histoire folle d'un prisonnier enfermé au cachot pour une bagarre en état d'ébriété la veille. Puisqu'on vous dit que l'alcool est bon pour la santé ! (ce type finira par travailler pour un cirque américain, « l'homme qui a survécu à l'éruption d'un volcan, regardez ces blessures ! »). Il reste aussi les richesses, que les habitants des communes voisines viennent piller les jours et semaines suivantes, quitte à couper un doigt ou une oreille (ah, l'accumulation des richesses sensée amener au bonheur...).

Il reste aujourd'hui des ruines où l'on ressent un je ne sais quoi, des musées un peu vieillissants où l'on retrouve les photos d'avant, et les photos d'après. Saisissant. Il y a des objets, la nourriture, encore figés au 8 mai 1902, devant moi, tels quels. Une ville s'est évaporée, la petite Paris a disparu.

Et la Montagne Pelée est apparue, au fond, verdoyante, charmante, à qui l'on croit pouvoir se fier. J'aime ce lieu. La ville d'aujourd'hui ? Passable. Qu'importe.

La Martinique en road trip (3/3) : Saint-Pierre et la Montagne Pelée
La Martinique en road trip (3/3) : Saint-Pierre et la Montagne Pelée
La Martinique en road trip (3/3) : Saint-Pierre et la Montagne Pelée

Ce coup de cœur est suivi d'un coucher de soleil merveilleux sur ce même lieu.

La Martinique en road trip (3/3) : Saint-Pierre et la Montagne Pelée
La Martinique en road trip (3/3) : Saint-Pierre et la Montagne Pelée
La Martinique en road trip (3/3) : Saint-Pierre et la Montagne Pelée

Le lendemain, je me lance à l'assaut du coupable. Je n'ai pas mes chaussures de randonnée, simplement des chaussures de ville. Bon. Je n'ai pas de K-Way. Bon. Je n'ai pas de pull. Bon. Il faut bien l'admettre, ce ne sont pas les conditions idéales. Bon. On y va ?!

L'ascension est plutôt facile. La vue sur Saint-Pierre est dégagée. Peu à peu la végétation disparaît, et le paysage me ramène dans les volcans d'Auvergne. Le vent se lève. Arrivé au sommet, vers 1 300 mètres d'altitude, une petite pluie fine, et un brouillard. J'entame un tour, espérant voir l'autre côté de l'île. La vue se dégage... 3 secondes ! Je confirme, on voit loin. Je confirme aussi, il fait froid ! La pluie tombe maintenant en abondance, avec un vent à décorner les bœufs ! Bon Dieu, je me les gèle ! La végétation est parfois incroyable, des palmiers avec de la mousse, des fleurs roses... mais comment ça pousse ici ?! Quelques passages sont assez techniques et je ne fais pas trop le malin avec mes chaussures ! Ca glisse ! Je me perds à moitié en raison du brouillard, avant de redescendre vers le chaleur du littoral. Quelle bouffée d'oxygène là-haut ! N'est-ce pas là ironique, alors que ce volcan a tué de son gaz ?

La Martinique en road trip (3/3) : Saint-Pierre et la Montagne Pelée
La Martinique en road trip (3/3) : Saint-Pierre et la Montagne Pelée
La Martinique en road trip (3/3) : Saint-Pierre et la Montagne Pelée

Je découvre ensuite un aspect méconnu de la Martinique : son histoire précoloniale ! Direction Vivé et son site archéologique, ouvert au public ce week-end. Les Amérindiens avaient découvert l'Amérique bien avant les Européens, au cours de grandes migrations (ils sont originaires d'Asie, ont traversé le détroit de Bering et ont descendu toute l'Amérique). Les Kali'na et les Arawak, présents encore aujourd'hui en Guyane, ont ainsi habité en Martinique. Ils ont été décimés par les maladies et les guerres. Le site archéologique évoque lui les Amérindiens Saladoïdes, précédant les peuples déjà cités. Des trous, des bouts de vases, des os humains... si vous êtes fans d'archéologie, c'est pour vous ! Moi, je sais pourquoi j'ai bien fait de ne pas faire archéologie ! (tu vois trois briques et tu dois imaginer la maison). Le musée à Fort de France est par contre génial !

La Martinique en road trip (3/3) : Saint-Pierre et la Montagne Pelée

D'ailleurs la capitale économique, politique et culturelle de l'île, à défaut de touristique, vaut le coup d'oeil. Quelques églises, une grande place de palmiers, et, sans surprise, un fort ! Je ne suis resté que quelques heures, mais l'ambiance y était agréable. La statue la plus intéressante : celle de l'impératrice Joséphine, femme de Napoléon, que l'on accuse régulièrement d'avoir contribué au rétablissement de l'esclavage (originaire de Martinique, sa famille était composée de planteurs...). Du coup, des Martiniquais.... l'ont guillotinée ! Sa statue a donc perdu sa tête, et le personnage fait débat dans l'île !

La Martinique en road trip (3/3) : Saint-Pierre et la Montagne Pelée
La Martinique en road trip (3/3) : Saint-Pierre et la Montagne Pelée
La Martinique en road trip (3/3) : Saint-Pierre et la Montagne Pelée

Je finis mes vacances en mode repos-hamac-plage à Tartane, entre les crabes. Couchsurfing m'héberge désormais et la vie est douce. J'aurai effectué un beau petit tour de l'île et je comprends désormais pourquoi tant de personnes me l'ont recommandée. Y vivre est peut-être différent, j'ai par exemple entendu plusieurs discours sur les rapports entre Créoles et Blancs (la question des Békés, descendants des colons, revient souvent ; on reste dans une histoire postcoloniale, et tout n'est pas réglé). Personnellement j'ai trouvé les Martiniquais très sympas, souriants, aimables, assez loin de l'image parfois véhiculée. Mon véhicule d'ailleurs, je le ramène à l'aéroport. A l'intérieur, ça sent le chacal, et il y a 10 kilos de sable. Bizarrement, je dois payer son nettoyage (« ah oui, quand même » m'a dit la femme de l'agence en ouvrant la portière).

Allez, repartons travailler, le prochain voyage arrive très vite !

La Martinique en road trip (3/3) : Saint-Pierre et la Montagne Pelée
La Martinique en road trip (3/3) : Saint-Pierre et la Montagne Pelée
La Martinique en road trip (3/3) : Saint-Pierre et la Montagne Pelée
La Martinique en road trip (3/3) : Saint-Pierre et la Montagne Pelée
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7 mai 2018 1 07 /05 /mai /2018 17:43

Le François. Le Robert. Y'a pas à dire, ils ont des noms très français ces villages ! J'suis chafouin. Je commence à souffrir du manque de sociabilité. J'hésite sur mes lieux de sommeil : en face du large ? J'opte le plus souvent pour les hauteurs, recherchant la fraîcheur (et la tranquillité). Ma voiture-hôtel reprend la route, avec le Robert au petit matin. L'odeur des sargasses me prend le nez. Qu'est-ce que c'est ? Ce sont des algues, issues, apparemment, de la pollution. Au large, j'avais l'impression de voir des nappes de pétrole. Je sais, ça fait déjà rêver ! Sur le sable, quand elles entrent en décomposition, elles dégagent une odeur très forte que je sens parfois à plusieurs centaines de mètres, sur les hauteurs. Ca fait encore plus rêver ! L'Est de la Martinique est particulièrement touché. Cela fait maintenant plusieurs années, et les locaux accusent souvent... les Brésiliens ! Selon eux, les Brésiliens rejettent beaucoup de produits dans l'Amazone, créant un bouillon propice au développement de ces algues. Avec le jeu des courants, elles arrivent ensuite dans les Caraïbes. L'Etat essaie de venir en aide (notamment pour les pêcheurs), mais cela risque d'être très compliqué si les touristes commencer à boycotter l'Est pour cette raison.

La Martinique en road trip (2/3) : l'Est et le Nord, terres de caractère
La Martinique en road trip (2/3) : l'Est et le Nord, terres de caractère

Je reprends la route vers la presqu'ile de la Caravelle. Essence ok. Faim ok. Pipi ok. Il faut que je me lave. Je rêve d'une douche. Je prends un hôtel ? Pas encore. Je découvre Tartane et sa baie, où j'effectue une baignade agréable. Le lieu est vraiment magnifique, et comme les Martiniquais sont repartis travailler après ce long week-end de Pâques... c'est calme !

La Martinique en road trip (2/3) : l'Est et le Nord, terres de caractère

J'opte ensuite pour une randonnée dans la réserve naturelle de la Caravelle, 3h30 d'un coup de cœur ! Les paysages sont variés, avec des falaises découpées par les vagues de l'Atlantique, et de petites baies ensablées. La vue depuis le phare est fabuleuse. Un régal.

La Martinique en road trip (2/3) : l'Est et le Nord, terres de caractère
La Martinique en road trip (2/3) : l'Est et le Nord, terres de caractère
La Martinique en road trip (2/3) : l'Est et le Nord, terres de caractère
La Martinique en road trip (2/3) : l'Est et le Nord, terres de caractère

Sur mon trajet je croise Selva (ma première Selva d'ailleurs), une Suissesse avec qui je partage la fin de mon trajet, avant de découvrir.... une douche publique ! Alleluia ! Je sens bon, je n'ai plus de dreadlocks... c'est à ça que ressemble le bonheur ! Bilan : douche ok, sociabilité ok. [parfois, j'imagine ma vie comme dans les Sims, avec des marqueurs propreté, nourriture, sommeil, sociabilité etc... et quand le niveau est trop faible, je suis grognon!] Je dépose ma camarade à Trinité (elle repart en stop vers le Sud pour regagner son bateau, avec lequel elle a traversé l'Atlantique...). Et j''enchaîne avec une journée hamac à Tartane, la vérité sur l'affaire Harry Québert pour me tenir compagnie.

Le lendemain, direction le Nord Est, avec l'Anse Azérot. Hein ? Non, Azérot. C'est le retour des Sargasses, puis direction Sainte-Marie (si tu savais), petite ville en gros travaux (les bâtiments en ont clairement besoin!). En face, l'îlet Marie, que l'on peut simplement rejoindre à pied par un banc de sable entre janvier et avril. Deux rochers (deux mamelons qu'ils disent, mais je suis trop innocent pour les voir) pour une vue incroyable. L'endroit est assez touristique, mais vaut clairement le détour.

La Martinique en road trip (2/3) : l'Est et le Nord, terres de caractère
La Martinique en road trip (2/3) : l'Est et le Nord, terres de caractère

Le Nord-Est est moins développé, certaines villes font d'ailleurs un peu dévastées, je ne sais pas pourquoi. Le Lorrain ne m'a ainsi pas vraiment attiré (tout comme La Lorraine en France d'ailleurs...), tandis que le Marigot avec son « pain de sucre » local était plutôt agréable. Je me perds un peu dans l'intérieur, au milieu des bananeraies (le fruit est protégé par un sac plastique, ce qui fait un étrange mélange vert-jaune-bleu dans le paysage).

La Martinique en road trip (2/3) : l'Est et le Nord, terres de caractère
La Martinique en road trip (2/3) : l'Est et le Nord, terres de caractère

J'arrive à Basse-Pointe, où je vois la Dominique en face. J'ai hésité pour Sainte-Lucie, et c'est pareil ici (mais à quoi bon n'y faire qu'une journée, je reviendrais plus frustré qu'autre chose). Basse-Pointe est délabrée, avec une église en ruine (le mauvais temps + de l'amiante!), et un centre-ville très étrange. Je continue ma remontée, vers Macoubou. Là, c'est le début des plages sauvages, avec des falaises et des pics. Et, à n'y rien comprendre, c'est désert ! Personne dans le village, personne sur la plage. Le cimetière surplombe l'océan. En bas des falaises, il reste les fondations de certaines maisons, abandonnées à cause de l'érosion. Ambiance fin du monde !

La Martinique en road trip (2/3) : l'Est et le Nord, terres de caractère

Je prends ensuite la direction de Grand Rivière, par une route encastrée dans les falaises. Là, c'est une impression de jungle laotienne, avec du vert partout, des ponts style rivière Kwai, et je ne serais pas surpris de croiser un Vietcong qui traîne. Le Nord est superbe et déserté des touristes. La route de Grand Rivière est un cul de sac, laissant à la ville une atmosphère de pêcheurs au fin fond de la Bretagne (avec 15°C de plus). Le vent, les bateaux, les falaises.

La Martinique en road trip (2/3) : l'Est et le Nord, terres de caractère
La Martinique en road trip (2/3) : l'Est et le Nord, terres de caractère

De l'autre côté de l'île, dans le Nord-Ouest, la situation est similaire : l'Anse Céron (si, Céron, lieu calme, avec du sable noir) et surtout l'Anse Couleuvre (que je n'ai pas avalée), avec une route qui annonce la couleur : c'est vert, c'est grand, et c'est sacrément tortueux ! Arrivé là-bas ; une ancienne rhumerie m'accueille (enfin les ruines, car la végétation a déjà bien repris le dessus) avant de trouver la plage bien planquée. La vue sur la Dominique est très dégagée aujourd'hui, et cette île rocheuse donne envie.

La partie Nord de l'île m'a beaucoup plu : elle dégage plus de caractère, plus d'authenticité.

La Martinique en road trip (2/3) : l'Est et le Nord, terres de caractère
La Martinique en road trip (2/3) : l'Est et le Nord, terres de caractère

Mais mon coup de coeur reste quand même la Montagne Pelée... (à suivre)

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25 avril 2018 3 25 /04 /avril /2018 01:30

Après les quelques péripéties du voyage à Trinidad et Tobago, je joue cette fois le plat du pied-sécurité : la Martinique ! Pas de visa pour me bloquer, pas d'escale pour me dérouter, pas d'autres monnaies pour m'assécher... j'ai presque peur de m'ennuyer ! Deux heures de vol depuis Cayenne, et me voici à l'aéroport à proximité de Fort de France, où une dame m'attend avec mon prénom et mon nom : c'est pour ma location de voiture ! (ils font ça bien!). Une Kia Picanto, la Mercedes du pauvre (à 20€ par jour je ne pouvais même pas m'attendre à une Logan !).

Il est déjà tard, et je n'ai pas réservé d'hôtel : le plan est de dormir dans la voiture. Avec mon bon mètre quatre vingt cinq, c'est joueur ! Je prend la direction du Sud, aux Trois-Ilets et la pointe du bout. Là, c'est directement le rejet ! Il y a beaucoup de monde, et c'est ambiance casino et club un peu chic. Hum... j'avais un peu peur d'une Martinique très touristique, et ça ne s'arrange pas ! Je me trouve un parking sur des hauteurs, à proximité d'une forêt, et je commence ma nuit, en position fœtus.

 

Mais, il est déjà 6h ! La clarté me réveille, et je suis surpris d'avoir si bien dormi ! Le test est validé, j'ai donc réservé mon hôtel particulier en même temps que la caisse ! Le seul souci de la nuit : j'ai respiré. Oui, drôle d'idée ! Et j'ai une condensation très importante qui m'oblige déjà à utiliser mon unique serviette pour enlever tout ça !

Pas grave, car je prends la route : les Anses sont à moi.

La Martinique en road trip (1/3) : on dirait le Sud
La Martinique en road trip (1/3) : on dirait le Sud
La Martinique en road trip (1/3) : on dirait le Sud

Une Anse, c'est une petite baie. Il y a l'Anse Mitan, l'Anse à l'Ane, l'Anse Dufour et ma petite préférée de la matinée : l'Anse Noire ! Un nom d'épisode de Tintin ! (elle tient son nom de la couleur du sable).

 

Je continue mon périple plein sud, avec la grande anse (très touristique, avec beaucoup de bateaux) et les Anses d'Arlet (où je débarque en pleine cérémonie à l'église, qui donne sur la plage, un grand classique de l'île, avec les cimetières surplombant les baies). Petite Anse est plus calme, avec deux caps autour (un peu le Wissant local quoi!).

La Martinique en road trip (1/3) : on dirait le Sud
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Mais, qu'est-ce qu'il fait là ce caillou ?!

La Martinique en road trip (1/3) : on dirait le Sud

Le Diamant, l'une des grandes fiertés de l'île (au loin, vous avez l'île de Sainte-Lucie!). Un rocher à l'histoire mouvementée (les Anglais l'ont occupé pendant les guerres napoléoniennes). Côté histoire justement, je découvre la maison du bagnard. Selon la légende Médart Aribot aurait sculpté un colonel, propriétaire d'une distillerie, et aurait été envoyé au bagne pour ça ! Toujours est-il qu'il a vécu à Saint-Laurent du Maroni avant de choisir la vie d'ermite dans sa maison très Hansel et Gretel. A quelques centaines de mètres un mémorial de l'esclavage et de ses morts, style île de Pâques, vraiment beau.

La Martinique en road trip (1/3) : on dirait le Sud
La Martinique en road trip (1/3) : on dirait le Sud
La Martinique en road trip (1/3) : on dirait le Sud

Après l'Anse Cafard (que j'ai apprécié malgré le nom) et la ville du Diamant, me voici à trimbaler des autostoppeurs ! La fille est un peu flippante (elle a une voix de robot) tandis que le mec ne parle pas (c'était peur-être un robot aussi). Je passe devant la distillerie des Trois Rivière, qui me rappelle l'histoire de l'île : une colonie française, et un esclavage important pour produire du sucre, l'or blanc au XVIIIème siècle.

La Martinique en road trip (1/3) : on dirait le Sud

Sainte Luce ne m'a pas marqué plus que ça, hormis une petite zone à mangrove où je me délecte d'un cocktail (la ville semble bétonnée et sans grand intérêt). Je quitte le littoral pour quelques heures, vers l'intérieur : de la verdure, de la canne à sucre, et la campagne, vallonnée, avec des vaches et... un nouvel autostoppeur ! Local lui aussi, et très marrant ! (il n'arrête pas de m'appeler « mon frère », alors que mes parents ont son âge, je doute donc un peu de la filiation...). A Rivière Pilote je fais demi tour, et je pars vers le Marin en fin de journée, lieu un peu glauque (genre petit port malfamé, avec des maisons abandonnées et des propositions de me droguer).

Je finis la journée à Sainte-Anne où je rencontre un groupe de 4 voyageurs solo (ils étaient tous seuls, et voyagent désormais ensemble!).

La Martinique en road trip (1/3) : on dirait le Sud
La Martinique en road trip (1/3) : on dirait le Sud

Au réveil, j'ai le Smile (aucun rapport avec la boite de nuit lilloise). La baie de Saint-Anne m'interpelle, avec un cimetière original et un bateau en plein milieu de la plage, couché ici depuis la tempête Maria.

La Martinique en road trip (1/3) : on dirait le Sud
La Martinique en road trip (1/3) : on dirait le Sud
La Martinique en road trip (1/3) : on dirait le Sud

Aujourd'hui c'est Pâques, et qui dit Pâques dit beaucoup de Martiniquais en balade, à la plage. D'ailleurs, je m'aperçois que beaucoup d'entre eux ont campé sur place, et viennent là avec les glacières... mais aussi les sonos ! Ah, les salauds ! Ils me bousillent mes moments ! Du gros son le matin, c'est pas mon kif' ! Fonds Moustique, l'Anse Meunier, et la grande Anse des Salines. J'y retrouve mes 4 acolytes de la vieille, mais il y a trop de monde à mon goût. A l'Anse Michel, c'est les sonos avec... des gros générateurs qui tournent ! Bon Dieu ! Je déguerpis !

 

Je finis à Pointe Marie, l'Anse Baleine et Morne Sulpice, où j'ai une belle vue sur le sud (c'est situé à côté du Pérou, oui, les noms sont bien sympas!).

La Martinique en road trip (1/3) : on dirait le Sud
La Martinique en road trip (1/3) : on dirait le Sud

Je termine néanmoins par mon coin préféré du Sud : Crève-Coeur. C'est un ancien volcan, une altitude de 200 mètres environ, facilement accessible (la rando dure 20 minutes) et il permet d'avoir une vue à 360° sur toute la pointe sud de l'île. Un régal.

La Martinique en road trip (1/3) : on dirait le Sud

A suivre...

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8 janvier 2018 1 08 /01 /janvier /2018 16:22

C'était une évidence. Depuis l'année 2008-2009, je savais que j'irais dans ce pays. Car mon Erasmus n'eût pas été le même sans la présence de mon coloc Sean, sa barbe de 3 jours, son sourire, et sa grande spécialité : le football (enfin, pas que...).

Pour le retrouver, il a fallu quitter mon personnage de guigne qui m'a poursuivi pendant ces vacances et, aussi, me lever tôt : 3h45. Direction le ferry pour essayer d'obtenir un ticket. Il est 4h25 quand j'arrive et il y a déjà 20 personnes dans la file. Je pense « c'est pas possible, ils ont dormi là !? ». Après 1h30 d'incertitude j'obtiens l'un des derniers tickets. Ca y est, le karma me revient ! Et, à Port of Spain, le voici qui débarque. Le même sourire. Des frissons. 6 ans et demi que je ne l'ai pas vu. Forcément on va un peu vivre dans le passé, ressasser les bons souvenirs, les grands fous rires, revoir les têtes qu'on a tous deux perdues de vue, écrire à nos vieux colocs, et se demander comment on a fait pour ne pas se voir avant. Tu me dis de prendre what's app, je te réponds de t'inscrire sur Facebook. Tu me dis de revenir vite, plus longtemps ; je te réponds la même chose, en Guyane française.

Bien sûr on va évoquer nos six années, nos amours perdues et notre jeunesse envolée. Tu te vois grisonner, t'inquiète, ça lui plaira à celle qui te domptera. Car tu restes l'animal fou que tu étais, toujours prêt à sortir et à rire. Un bon copain. Un type qui m'a manqué. Oh, Erasmus, comme je t'aime.

Trinidad et Tobago : Erasmus et rodéo
Trinidad et Tobago : Erasmus et rodéo

Chronologiquement, tout a commencé par la découverte de Port of Spain, ville industrielle mais aussi capitale économique et politique du pays. C'est là que nous avons pris notre ferry à l'aller, avec, au large, ce qui a fait, fait et fera encore la richesse de l'île : les plates-formes pétrolières. Si Trinidad est l'île riche des Caraïbes, c'est pour ça ! L'extraction a commencé au XIXème siècle et elle continue. La population en voit un peu la couleur, puisque la compagnie qui exploite a été nationalisée il y a plusieurs décennies et que le litre de gazole coûte 50 centimes !

 

Tobago est la petite île. 60 000 habitants (contre 1,5 million pour Trinidad), et un côté nature assumé : l'île vit essentiellement du tourisme. Les plages sont nombreuses et se succèdent (on peut faire le tour de l'île en une journée). Nous avons opté avec Tim pour Castara, petit village de pêcheurs ancré dans une baie. Le lieu est magnifique. Un peu touristique, mais ça reste raisonnable (il y a 5-6 restaurants en tout et pour tout). Certes la pluie nous a joué des tours mais ça n'empêche pas l'eau d'être à 25°C.

Trinidad et Tobago : Erasmus et rodéo
Trinidad et Tobago : Erasmus et rodéo

Deux petits périples nous ont sorti de ce lieu. Le premier nous emmène à Pigeon Bay et Nylon pool. Si la plage de Pigeon Bay est touristifiée, elle nous permet de choper un bateau pour faire du masque-tuba dans des coraux (un peu cramés) et de nous baigner dans une eau turquoise avec des beaux poissons colorés.

Trinidad et Tobago : Erasmus et rodéo
Trinidad et Tobago : Erasmus et rodéo

Quelques jours plus tard c'est en stop que nous rejoignons Englishman Bay, enfin avec le soleil.

Trinidad et Tobago : Erasmus et rodéo
Trinidad et Tobago : Erasmus et rodéo
Trinidad et Tobago : Erasmus et rodéo

Tobago est l'île relax, plage, farniente, petites rando, nature et collines (c'est assez vallonné). Pour faire la fête ce n'est sans doute pas le top, surtout Castara. Qu'importe, on reste ici pour Nouvel An. Un buffet, une douzaine de Français, le bermuda, le T-Shirt, les pieds dans l'eau, drôle d'endroit pour un décompte !

Vroum vroum vroum. De la fumée. Du bruit. Nous avançons. Sur le parking du restaurant, des pneus ont été alignés, comme sur un circuit de karting. La population est amassée autour. Et, surgissant de l'obscurité, une voiture tunée débarque et fait chauffer les pneus : c'est parti ! Elle tourne, crisse et cuit la gomme. Un épais nuage de fumée commence à s'élever, accompagné d'une odeur de caoutchouc brûlé. Et la voiture tourne, tourne et tourne encore. Ce Nouvel An se transforme en quelques minutes en rodéo, avec pétarade de pot. Tuning et rodéo sur un parking, avec la menace de la pluie... heureusement que je suis en T-Shirt pour me rendre compte que j'ai bien quitté le Pas-de-Calais !

A Trinidad les choses sont très différentes : j'ai mon guide attitré. Il me fait découvrir Chaguaramas le 1er jour, puis Santa Cruz et sa demeure magnifique, mélange de Noël et d'Inde (la communauté indienne représente 40% de la population de l'île).Le second jour on fonce vers le Nord et les baies de Maracas et Las Cuevas (les photos parlent pour elles).

Trinidad et Tobago : Erasmus et rodéo
Trinidad et Tobago : Erasmus et rodéo
Trinidad et Tobago : Erasmus et rodéo
Trinidad et Tobago : Erasmus et rodéo

Deux jours c'est trop peu, j'ai encore 95% de Trinidad à découvrir, notamment tous les lieux à la toponymie française : Grand matelot Bay, San Souci Bay, Blanchisseuse Bay, et même La Vache Point (car les deux îles ont longtemps été disputées entre les Néerlandais, Espagnols, Anglais, Français et même Lettons (!!!) - Tobago a changé plus de 30 fois de « propriétaire » en 300 ans). Surtout ces deux jours sont trop courts quand on a 6 ans à rattraper. On est sorti, on a fumé, on a même rencontré Miss Univers Trinidad ! Mais, même ça reste trop peu. Allez, on se revoit en 2018.

Trinidad et Tobago : Erasmus et rodéo
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6 janvier 2018 6 06 /01 /janvier /2018 19:52

Il y a quelques années de cela, six ans et demi pour être précis, j'avais intitulé un article « Sophie la guigne », l'arrivée de ma sœur en Espagne ayant provoqué une succession d'événements non prévus et désagréables. Cet épisode n'est rien à côté de ce tome 2, où la personne maudite est : ma gueule.

 

Mercredi

 

Aujourd'hui, je dois faire notre carte touristique. Nous partons avec Tim, mon coloc, à Tobago pour les vacances de Noël. Pour y arriver nous devons prendre un avion à Paramaribo, capitale du Surinam, située à moins de 3 heures de mon domicile actuel. La mission a l'air faisable, puisque nous avons simplement besoin d'une carte touristique du Surinam, qui se fait en quelques minutes au consulat. Mais, ce mercredi, je suis malade, au point de ne pas aller travailler (une première pour moi). Je ne me rends pas compte ; je pense à une intoxication alimentaire ou à un parent d'élève qui, la veille, m'a refilé un reste de gastro. En vérité, je venais d'être marabouté. C'est le premier épisode de Jérémy la guigne.

 

Vendredi

 

Pas grave, le consulat est ouvert vendredi après-midi, et je n'ai pas cours. Je me présente au lieu-dit vers 14h30 et.... c'est fermé. Jérémy la guigne. Situation ubuesque : le consulat a donné rendez-vous à plusieurs dizaines de personnes pour venir récupérer leur passeport (et leur visa) à 14h, mais ils ont décidé de fermer cet après-midi, sans prévenir (la veille des vacances de Noël). Les passeports sont là, à l'intérieur, et le consulat n'ouvre plus avant... mercredi. Les gens sont, logiquement, très contents. Après quelques heures de tractations, quelqu'un viendra finalement ouvrir le consulat, relâchant les passeports. Pour nous, par contre, pas de carte touristique. Heureusement, on peut la faire directement au poste-frontière.

 

Samedi

 

Les sacs sur le dos, nous nous retrouvons comme une sucrerie au milieu d'un essaim d'abeilles – les abeilles étant les conducteurs de pirogue. Nous allons traverser le Maroni, fleuve frontalier et arriver au Surinam. Après quelques négociations, nous voici à Albina, poste-frontière.

« Vous n'avez pas votre carte touristique ? »

« Non, on voudrait la faire »

«  C'est pas possible, il faut la faire au consulat »

« Pardon ? »

«  C'est pas possible, il faut la faire au consulat »

« Mais il est fermé jusque mercredi, et notre avion part demain ».

«  C'est pas possible, il faut la faire au consulat »

« Mais on nous a dit que c'est possible de la faire ici »

«  C'est pas possible, il faut la faire au consulat »

Négocier avec une administration revient à se battre avec un mur : ça ne bouge pas. Nous voici tout penauds – comme des cons quoi – notre sac sur le dos, la frontière devant nous, et l'avion de dimanche matin qui se révèle impossible à chopper. Nous repartons dépités de l'autre côté du fleuve, cherchant sans succès un plan B pour passer au Surinam. Oh, notre bel hôtel de Paramaribo. Oh, notre avion en première vers le soleil des Caraïbes. Tout a disparu, et nous voici sous la pluie, déambulant vers la maison. Jérémy la guigne.

 

Allez on se motive ! C'est les vacances merde ! A peine arrivés à la maison que nous regardons les sites internet. On partira, qu'importe quand, et on verra Tobago ! Un ticket nous saute alors aux yeux : Cayenne-Paramaribo-Aruba-Miami-Trinidad. Oui, 3 escales, mais c'est le moins cher et nous avons 22 heures de disponibles à Miami ! C'est un signe, on doit voir la Floride ! On achète notre ticket en même temps et on pense déjà à notre bon temps aux USA ! C'est sans compter sur Jérémy la guigne.

 

Dimanche

 

Le covoit est là. Ouf. Direction Cayenne, où Justine nous héberge. Nous sommes le 24 décembre, elle a bizarrement des plans pour la soirée. Mais elle est très sympa et nous laisse la maison pour la nuit. Au moment de venir nous chercher à Cayenne, sa batterie... lâche. Un autre effet de Jérémy la guigne. Des pinces plus tard, la voici. Ouf.

 

Lundi

 

Nous prenons le taxi pour l'aéroport. 50€ ; c'est le 25 décembre. Nous avons déjà perdu un ticket d'avion pour Trinidad le dimanche, la nuit d'hôtel à Paramaribo, la première nuit à Tobago...alors 50€...

Aéroport de Cayenne. Tim passe. On lui donne son ticket. Je passe.

« Désolé, mais je n'ai pas votre nom ».

« Pardon ? »

« Vous n'êtes pas sur le liste des passagers ».

« Mais, j'ai ma réservation ».

« ….... »

« …...... »

Le coup de massue. Jérémy la grosse guigne. Car, jusque là, ça pouvait être Tim la guigne. Ici, c'est beaucoup plus clair. La dame de l'accueil m'explique la situation : j'ai apparemment un ticket de Miami à Trinidad qui est réservé, mais pas de Cayenne à Miami. Je peux l'acheter. Combien ? 700€. Outch ! Bon, de la merde, j'irai en vacances ! Je sors la carte bleue. « Désolé, c'est seulement en cash ». 700€, en cash. Bizarrement, je n'ai pas le somme sur moi. Et vas-y que je pars à la machine pour retirer. A 150€ la machine dit stop. Je ne le sais pas encore, mais je suis au plafond. Jérémy la guigne. Bon, il semble bien que Miami disparaît pour moi. Une autre solution serait de partir jusqu'à Paramaribo et de prendre un vol jusque Trinidad ; selon Internet, il y en a encore et c'est beaucoup moins cher : 180€ vers Paramaribo... allez c'est parti !

Je file quasiment tout mon argent disponible pour partir au Surinam (alors que j'étais sensé y être il y a deux jours pour 5 fois moins... putain de carte touristique!!) J'appelle mes parents pour leur souhaiter un joyeux Noël et leur demander d'appeler la banque aujourd'hui -ah, c'est le 25 décembre ils ne travaillent pas??!- demain pour faire sauter mon plafond de retrait.

Me voici à Paramaribo, nous nous séparons avec Tim : lui part à Miami. Le salaud. Moi, j'entre au Surinam, je fais cette foutue carte touristique que l'on peut faire à l'aéroport (mais plus aux frontières terrestres) et j'ai deux objectifs : un hôtel pas cher et internet au plus vite : il me faut un vol pour Trinidad le lendemain.

Je me fais entuber par un taxi, mes derniers euros s'envolent, et je me retrouve dans un hôtel à 5 kilomètres de l'aéroport. Un peu plus de 10€ la nuit.... en hamac.... sous des tôles.... et sans moustiquaires... Bref, le rêve. Jérémy la guigne. Bon, je n'ai qu'un dollar et trois euros sur mois, je fonce à la première banque. J'arrive à retirer 30€ en tout et pour tout : il faut que je tienne un jour et une nuit. Y'a pas de raison !

Mission suivante, le ticket d'avion. Je vais sur le site de la compagnie et.... il n'y a plus de ticket. Le prochain vol est disponible dans... 3 jours. Jérémy la guigne. Je me décompose devant l'ordinateur, me demandant qui est ce sorcier vaudou si puissant m'ayant marabouté (j'ai choppé le baclou!). Je passe par d'autres sites et là, miracle, je peux réserver un ticket pour le lendemain. C'est à n'y rien comprendre. Bon, je me suis fait avoir à Cayenne dans la même situation, j'attends d'être dans l'avion pour sauter de joie.

Après une journée et une nuit pluvieuse passée dans la banlieue de l'aéroport de Paramaribo, Surinam, accompagné de nouilles chinoises, je repars, j'espère pour de bon, à Trinidad.

 

Mardi

 

Alleluia ! Je suis dans l'avion (et il y avait encore pas mal de places !). Je croise quelques personnes de Saint-Laurent du Maroni, à qui je raconte mes malheurs. Et nous atterrissons à Port of Spain, capitale de Trinidad. Il est midi, Tim arrive dans le même aéroport à 19h. Je me décide à l'attendre, il y a des vols vers Tobago, l'autre île et notre destination finale, toutes les heures quasiment. Ils vendent des tickets à partir de 18h. Ma carte bancaire fonctionne, tout va bien, le karma est de retour ! Enfin, c'est ce que je croyais. Un journal et deux heures de couture plus tard, 17h30. Je me mets dans la file pour acheter un ticket. Je suis premier, j'ai fait le mouvement au bon moment, il y a plusieurs dizaines de personnes derrière moi deux minutes plus tard. L'hôtesse prend alors la parole et explique « pas de ticket disponible avant 20h ». Bon, au point où j'en suis. Je récupère Tim et je vais dans la file. Je pose la question qui fâche : « il y a encore des tickets ? » (car vous n'en avez pas vendu un seul depuis que je suis arrivé !). Elle se décide alors à faire une annonce générale : « pas de ticket avant 3 heures du matin ». On se renseigne un peu, et on apprend qu'il n'y a pas de ticket avant 4 jours, et qu'il faut espérer que quelqu'un ne vienne pas. Jérémy la guigne. Nous voici à Trinidad alors que nous avons une réservation d'hôtel à Tobago, et des amis là-bas...

Nous sommes à nouveau abattus. On regarde pour le bateau. Certes, ça dure 4 heures au lieu de 15 minutes, mais on va y arriver ! ….. Plus de ticket de bateau sur Internet. Jérémy la guigne. Une possibilité est d'aller faire la queue très tôt demain, genre 8 heures, pour essayer d'avoir un des tickets restants pour le bateau de midi. Ou de faire la même chose pour l'avion (en gros ce que j'ai fait toute la journée...).

Bon on réserve une nuit d'hôtel à Port of Spain, capitale de Trinidad et nous prenons un taxi qui nous dépose au bon endroit (faut le signaler quand ça se passe bien!).

« Sorry, on est complet »

« Mais nous avons une réservation »

« Désolé, mais nous sommes complet »

« Mais enfin, on a pu faire une réservation sur Internet il y a 30 minutes ! »

« Désolé, mais nous sommes complet »

Jérémy la guigne. La goutte d'eau pour moi, je m'assois dehors, je laisse Tim chercher un plan B (enfin, non, le plan B c'était Miami, le plan C c'est moi par Paramaribo puis Tobago, le plan D c'était cet hôtel, on est donc au plan E, comme énervé). Et nous voici à pied, à travers Port of Spain, sacs sur le dos, pour trouver un autre hôtel. Il est 22h30, j'ai passé la nuit dernière dans un hamac, ma journée dans un aéroport et je marche. Joyeux Noël Jérémy la guigne.

 

Mercredi

 

5 jours que nous avons commencé notre périple. Et nous ne sommes pas encore arrivés à destination. Du coup c'est Tim qui va faire la queue pour les tickets du bateau – si j'y vais le ferry est capable de rencontrer un Iceberg au milieu de la mer des Caraïbes –. A 11 heures, j'avance avec un autre naufragé de l'aéroport de Trinidad et nous voyons Tim, grand sourire, les pouces levés. C'est fait, on a les tickets, direction Tobago !!!

Le bateau met 5 heures, ça remue sévère, ça vomit beaucoup et Tim dit « plus jamais ça ! ». Un taxi nous attend à Tobago, l'hôtel n'a plus notre chambre pour ce soir, mais c'est pas grave, au point où on en est ! Les vacances commencent enfin.

 

Jeudi

 

Pluie.

 

Vendredi

 

Pluie.

 

Samedi

 

Pluie, sans arrêter. Nous sommes dans les Caraïbes, et il pleut autant qu'en Bretagne un soir d'automne. D'ailleurs, le soir, l'électricité disparaît. Jérémy la guigne. Bon, jusque là ça allait bien en fait, car nous avons un autre souci : notre carte bancaire ne fonctionne plus. Tous les deux. Pas grave, lundi mon plafond doit augmenter, et je vais pouvoir retirer (et payer notre hôtel, notre bouffe, etc).

 

Lundi

 

Il y a une seule machine. Elle fonctionnait. J'arrive retirer de l'argent. « Sorry, out of service ». La machine n'a plus de cash. Jérémy la guigne. Je doit partir le lendemain à Trinidad. Je n'ai pas de ticket d'avion (il n'y en a plus avant plusieurs jours). Et c'est pareil pour le ferry.

 

Mardi

 

J'obtiens après 2 heures de queue un ticket pour le ferry. Pas malade. Et un vieux copain est de l'autre côté pour ma dernière journée. Il veut m'emmener à sa plage favorite, l'un des plus beaux lieux de l'île... il ignore alors qu'il transporte Jérémy la guigne. A dix kilomètres du but, nous sommes bloqués : un glissement de terrain ayant bloqué la route ! Jérémy la guigne. Elle ne sera débloquée que le lendemain.

 

Mercredi

 

J'arrive à l'aéroport. Tim est là. Le ferry de ce matin était... en panne (forcément, je l'avais emprunté la vieille) et il a eu énormément de chance : un type très sympa lui a filé un ticket d'avion très discrètement. L'avion est... retardé de 4 heures. Bon, Jérémy la guigne, c'est bientôt fini !??? Perdu, l'avion n'est toujours pas là. Nous l'imaginons dans les airs, ne souhaitant parsatterrir pour me rencontrer, moi terrible malade, marabouté depuis 10 jours. Il arrive finalement avec 5 heures de retard sur l'horaire et nous emmène au Surinam. Nous rentrons le vendredi en Guyane.

 

Le bilan ? Un avion manqué, un ticket annulé à l'aéroport, 3 jours de vacance perdus dans des transports, 4 jours de pluie, un carte bancaire en difficulté (mais c'était pire pour Tim), des hôtels réservés dans le vent, du vomi... et bonne année ! Jérémy la guigne.

Le port de Port of Spain

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