24 octobre 2016 1 24 /10 /octobre /2016 09:35

Après mon expérience de brousse, je me retrouve à Mbala, où je visite le Moto Moto (je promets que c’est le vrai nom !), le grand musée local (très intéressant d’ailleurs, notamment le rôle des Zambiens pendant les deux guerres mondiales). J’ai payé 2€ pour le taxi à l’aller, mais ça me semble trop cher. Je reviens donc…en stop ! La première voiture s’arrête, avec une petite famille à l’intérieur. Mais c’est que ça doit être possible de traverser l’Afrique en stop ! (ma mère s’arrache les cheveux en lisant cette phrase !).

Une nouvelle route se construit vers les plantations de café, par des Chinois. Le président est reconnu pour ses grands projets routiers. Je vois plutôt d’un bon œil ces investissements chinois. Les mauvaises langues disent qu’ils pillent les richesses. Certes. Mais les richesses africaines ont toujours été pillées, sans contrepartie la plupart du temps, l’argent retombant dans les poches d’une minorité. Cette fois, la population voit en partie la couleur de cet argent, avec ces routes. Ça change une région, ça désenclave les petites villes et villages, favorisant le business. Pas un mauvais calcul pour le développement, à mon avis (le sujet est un gros débat actuel chez les africanistes). Je mange dans un petit restaurant, avec la télévision. Les informations sont diffusées dans 7 langues différentes ! La France ne me manque pas. J’ai jeté un coup d’œil aux informations aujourd’hui, j’ai vu burkini, et j’ai fermé la page. Drôle de pays tout de même.

Hormis le musée, Mbala ressemble à une ville où il ne se passe pas grand-chose. L’attraction c’est les bus en provenance de la capitale Lusaka. En position assise sur le trottoir, j’attends le mien. J’observe la vie locale. Les Zambiens ne vivent pas chez eux, ils sont toujours dans la rue. Une véritable communauté où l’on se salue chaque jour. Les vendeuses d’oignons et de pommes de terre sont devant moi, immobiles depuis deux heures, attendant d’hypothétiques clients en grignotant de la canne à sucre ou des arachides. D’autres sont assis de chaque côté de la rue, à attendre. Quoi ? Qui ? Aucune idée. Certains vont et viennent, serrent autant de paluches que lors d’une campagne électorale. Les vendeurs de recharges téléphone sont les plus occupés. J’ai vu plusieurs mecs avec un bonnet. Il fait 25°C (sic !).

Mon bus arrive. Tout d’un coup, c’est le remue-ménage ! Tout ce beau monde assis est maintenant debout, entourant le bus, vendant des sucettes ou des tomates, des cacahuètes et des sodas. J’arrive à monter et je me prépare à…25 heures de bus ! L’objectif, aller jusqu’à Lusaka, puis descendre tout de suite vers ma dernière étape : Livingstone. Pendant plusieurs heures, j’ai le droit à du gospel zambien (écoutez, ça vaut vraiment le coup, et regardez le clip, j’ai choisi l’un des moins kitchs). 5 minutes c’est sympa, je vous promets qu’après plusieurs heures…

Nous nous arrêtons. Et enfin la musique s’est tue ! Le bus est enfin silencieux…jusqu’à l’arrivée d’un… pasteur ! Là, c’est du gospel en direct ! Debout, dans l’allée du bus, vêtu de sa chemise blanche et de son pantalon noir, il commence un sermon, la main posée sur la Bible. Et il se met à parler, puis à crier, puis à hurler, de plus en plus fort. Ce moment eut été amusant s’il avait duré 2 minutes. 25, c’est trop. Sympa, il en profite pour faire la quête. Et il descend du bus à la sortie de la ville. Sacré business ! J’ai quand même vu un jeune homme lui filer un billet alors qu’il avait finalement dit non à de la nourriture après avoir entendu le prix et longuement hésité… A peine le pasteur descendu que le gospel reprend. C’est bien ma veine.

Tout se goupille plutôt bien. Pas besoin de nuit d’hôtel ou de taxi à Lusaka, je pionce dans la station de bus avec plein de Zambiens autour de moi (cet endroit ne dort jamais). J’ai enchaîné les deux bus sans grandes difficultés, hormis la fatigue, le mal de dos, la faim, la soif, l’envie de pisser, l’impression d’être sale…sinon ça va je vous dis !!

Le périple me permet d’observer le pays de son extrême nord à sa frontière sud. Beaucoup de différences sautent aux yeux : le nord est beaucoup plus vert, plus boisé, moins habité. Le sud semble plus riche, les toits en tôle sont désormais la norme. Le secteur agricole a l’air florissant avec de très grands élevages et beaucoup de publicités pour les produits phytos… Oui, ici aussi. La route du sud est énormément empruntée par les camions (c’est le corridor qui permet au pays d’importer et d’exporter).

Et voici Livingstone. J'ai hâte.

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