29 juin 2014 7 29 /06 /juin /2014 19:07

Marine Le Pen dit des bêtises. Régulièrement. Je n'écris pas un article à chaque fois, sinon j'y passerais mes journées. Mais aujourd'hui, ça me concerne un peu. La suppression de la double-nationalité.


Oh, non, je n'ai pas une autre nationalité que la nationalité française (malgré les rumeurs circulant concernant mes origines asiatiques !). Mais cela peut un jour concerner... mes enfants ! Alors, en vertu de mon futur statut de père d'enfants binationaux, je prends la plume.

Dans ma situation actuelle, si demain mes enfants naissent, ils auront un père français et une mère allemande. Que veux tu Le Pen, c'est ainsi fait, je n'ai pas trouvé Française à mon pied. Et l'amour est tombé Outre-Rhin. Mes enfants seraient donc franco-allemands. Le problème, c'est que Le Pen n'en veut pas. Le Pen, elle, ce qu'elle veut, c'est des « vrais Français », à 100%. Un Français à 50%, non merci.

Si je t'écoute Marine, je devrais donc demander à mes enfants de choisir leur nationalité, de choisir entre la France et l'Allemagne. Ainsi de choisir entre leur père et leur mère. Choix cornélien. Imagines-tu demander à chaque enfant de choisir entre son père et sa mère ? Non, clairement pas ! Ca serait des drames de famille à chaque fois. Alors pourquoi vouloir le faire pour des raisons administratives ?

Mais d'ailleurs, pourquoi ne pourrait-on pas avoir deux nationalités ? Donne-moi une seule bonne raison. Est-ce un problème d'identité ? Mais j'ai moi-même beaucoup d'identité. Tu sais, Le Pen, on peut être à 100% Français, mais aussi 100% Européen, 100% Ch'ti et 100% Audomarois. C'est ce que je suis. Est-ce que tu y vois un problème d'identité ou d'intégration ?

Au contraire, la double nationalité est une chance. Moi-même j'aurais voulu naître binational ! Penses-tu, tu parles deux langues sans avoir besoin de galérer à l'école pour les apprendre ! Deux pays, deux cultures, c'est une chance, un sacré avantage dans un monde mondialisé.


Bien sûr, je vois bien où tu veux en venir. Non, toi, les Franco-allemands ne te gênent pas. Toi, c'est plutôt les Franco-maghrébins qui t'énervent. C'est d'ailleurs sur eux que tu tapes à chaque fois. Coup de chance, il y a des abrutis qui ont brûlé des voitures après un match de l'Algérie. C'est super pour toi, la meilleure nouvelle de la semaine. Bizarrement, lorsque les chiffres du chômage sont tombés, on n'a pas entendu tes propositions. Mais 70 interpellations, ça c'est cool ! Ça vaut plus que 25 000 demandeurs d'emplois supplémentaires (car tout le monde sait que 70 > 25 000).

La solution pour ne plus voir ce genre de débordement serait donc la fin de la double-nationalité. Mais c'est magique ta potion ! Un seul passeport et tout d'un coup, les gens arrêteront d'être cons ! Ils arrêteront de casser en fin de soirée. Mais il faut proposer ta potion magique le soir de la braderie de Lille (44 interpellations en 2013). Et pour la Manif pour tous (plus de 70 interpellations en avril 2013). Bizarrement, ces jours là, on ne t'avait pas entendue non plus.


Attention, je ne défends pas là les débordements. Au contraire, ces types sont des cons, ils font le jeu du FN dans une atmosphère déjà très tendue en France.

Mais quand des types se font arrêter à Notre-Dame des Landes après avoir blessé six policiers, on dit qu'ils sont vraiment abrutis de pourrir une manifestation pacifiste. Ils gâchent le mouvement, ils en profitent pour casser du flic. Pour les Algériens c'est pareil. Beaucoup de ceux qui ont regardé le match à Barbès ont fêté ça, puis sont repartis tranquillement dormir chez eux. Le problème c'est les abrutis qui sont restés.

Quand un Français est con, on dit: «Quel sale con!» - Quand un Arabe est con, on dit: «Quel sale Arabe!». - Je revendique pour les arabes le droit d'être con.

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14 mai 2014 3 14 /05 /mai /2014 12:58

59,37%. C'était le taux d'abstention lors des élections européennes de 2009. Merde ! 6 personnes sur 10. Et ça ne devrait pas forcément être mieux cette année. Cela signifie sans doute que plusieurs d'entre-vous lisant en ce moment cet article ont prévu de ne pas voter dimanche prochain, le 25 mai.


Cet article a commencé avec ma sœur. Avec mes sœurs. Sophie est venue il y a deux semaines me voir en Allemagne, et je lui ai rappelé de faire sa procuration. Elle avait oublié. Du coup, j'ai précisé la même chose à Mélanie. Qui m'a répondu texto : « euhhh je ne comptais pas voter ».

J'ai été surpris. Non pas que ma sœur soit politiquement active ou fasse preuve d'une grande motivation à réaliser son devoir de citoyenne à chaque élection. Non, j'ai été surpris car ma sœur fut l'une des grandes gagnantes de l'Europe. Oui, car ma sœur a fait Erasmus.

Là, je vois un sourire apparaître sur chaque tête ayant déjà fait Erasmus. On repense à sa fac, son appart, sa coloc, ses soirées... et même ses amours ! Oui, Erasmus fut génial pour 99% des gens l'ayant fait. Et je pensais bêtement qu'Erasmus avait filé un gène européen à tous les participants. Et voilà que ma sœur ne possède pas ce gène !
 

L'abstention est le cancer de la démocratie. Continuons à ne pas voter, et la démocratie est en danger. Car tous ceux voyant l'abstention comme un message politique se trompent. Non, l'abstention n'est pas un message, l'abstention est un silence.


Alors oui, bien sûr, à chaque élection, vous avez quelques politiques qui prennent leur tête de chien battu : « je dois déplorer le niveau d'abstention extrêmement élevé lors de cette élection […] c'est un message lancé à tous les partis... ». Et puis... Et puis rien.
Un homme politique se fout royalement du nombre de participants à l'élection. 99,5% d'entre eux préfèrent être élus avec 10% des suffrages exprimés que de perdre l'élection avec une participation de 85%.

Oui mais à quoi ça sert de voter ? « C''est tous les mêmes ». « Bonnet blanc et blanc bonnet ».
Désolé de vous contredire, mais non, les politiques ne sont pas tous les mêmes. Certes, beaucoup pensent plus à leur gueule qu'à leur devoir. Mais ça n'empêche qu'il y a une grande différence politique entre le FN et Europe Ecologie. Encore plus au niveau de l'Europe.

Alors aller voter, c'est aussi dire que vous n'en avez pas rien à foutre de l'Europe. Qu'elle vous intéresse, même si on n'y comprend pas forcément grand chose. Au pire, votez blanc. Mais faites l'effort du déplacement. C'est la démocratie, c'est le droit de vote. Chanter les louanges de la révolution à l'école pour s’asseoir sur le principal avantage lors de votre vie adulte, ce serait malhonnête. Ce serait une insulte lancée à tous ceux qui se sont battus (et certains morts) à travers les âges et les pays pour ce droit.

Pour la première fois, les votes blancs seront comptabilisés. Ce sera donc l'occasion, si vous considérez qu'aucun parti ne vous représente, de vous exprimer quand même.

Attention, je ne vous encourage pas à voter blanc, mais seulement à VOTER ! Je ne suis pas un fan du vote blanc, au contraire. Je pense que l'on devrait toujours voter pour le parti dont on se sent le plus proche, ou, en derniers recours, pour « le moins pire ». Il doit toujours y en avoir un qui reste. Personnellement, je l'ai déjà écrit, je voterai Europe Écologie.

 

VOTE. Car ta voix doit compter.

L'abstention est un silence
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30 avril 2014 3 30 /04 /avril /2014 10:08

Le 25 mai, ce sera les élections européennes. Premier point : VOTER.
Cela fait plusieurs semaines que je suis sûr de mon vote. C'est plutôt rare, d'ordinaire je suis beaucoup plus hésitant. Le centre ou les verts ? Et au deuxième tour, c'est encore pire ! (oui, car malheureusement pour moi, le centre et les verts sont rarement au second tour)
L'avantage des européennes, c'est qu'il n'y a qu'un tour. Du coup, pas trop besoin de tergiverser.

Pourquoi voter pour les verts ? (quand je dis les verts, c'est bien sûr Europe Ecologie-Les Verts, que les puristes me pardonnent mon appellation). Il y a bien 10 raisons :

1- Un parti pro-européen et véritablement européen (coopération des verts à l'échelle de l'Europe)

2- Réforme constitutionnelle (avec un parlement doté de vrais pouvoirs décisionnels)
3- Refus du traité de libre-échange avec les Etats-Unis (TAFTA)
4- Pour un coup de pouce européen aux énergies renouvelables

5- Achever l'union bancaire, et séparer les banques de dépôts des banques d'investissements
6- Taxe sur les transactions financières

7- Création d'un parquet fiscal européen (lutte contre la fraude et l'évasion fiscale)

8- Neutralité du web, respect de la vie privée, droit à l'oubli

9- Statut européen pour les lanceurs d'alerte
10- Salaire minimum européen

Comme le répète souvent un ami, 80% de nos lois environnementales sont d'origine européenne. C'est dire l'importance de ces élections, et du choix qui s'offre à vous.

Dernier point : VOTER

Voter vert aux élections européennes
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18 avril 2014 5 18 /04 /avril /2014 18:57

Je suis jeune. Je suis donc certainement encore naïf. Mais je pensais lors des dernières élections présidentielles avoir voté pour un candidat de gauche. Pas au premier tour, mais au second. Mister François Hollande. Je n'étais pas séduit à 100%, mais l'expérience de Paul Bismuth à l'Elysée m'avait vraiment déplu. Pas tant dans sa politique économique que dans ses actions sociétales. Je trouvais le petit Nicolas trop à droite.
Manque de chance, je trouve François Hollande trop à droite ! Caramba, encore raté !

 

La crise a bon dos. Elle permet à des gens, plutôt privilégiés (au hasard le patron du MEDEF), de demander des « sacrifices » aux travailleurs. Pas pour eux, pas pour les profits, non non. Mais à cause de... la CRISE (musique qui fait peur du JT de TF1). Ah, la CRISE... si elle n'existait pas, il aurait fallu l'inventer ! Elle permet de réclamer aux travailleurs de travailler plus (fin des 35 heures), de gagner moins (on a même entendu récemment « sous le SMIC »), d'en virer quelques milliers (ah, la CRISE...). Et, pendant ce temps là, on réclame à cor et à cri « une baisse des impôts et des charges ! ». Attention, pas pour payer moins d'impôts, mais pour « relancer la croissance ! ». Baissons les charges, et on pourra créer un million d'emplois ! C'est ce qu'a dit le patron du MEDEF.
Notre gouvernement, socialiste (enfin, je crois) répond : oui ! Tu m'étonnes, un million d'emplois, ça serait bien sympa ! Alors la réforme est là : « un pacte de compétitivité ».
Vous voyez comme le mot choisi sonne bien : compétitivité, être compétitif, ça semble être une bonne chose. Si ça s'appelait : baisse des charges pour les grandes entreprises à hauteur de 50 milliards, ça sonnerait forcément moins bien.

50 milliards. Rien que ça ! Et en période de CRISE. Alors va falloir les trouver autre part. Bon entre-temps, le MEDEF explique que les 1 million d'emplois c'est pas sûr, que ça dépendra de beaucoup de choses, etc, etc... (on nous aurait menti ?) Peu importe, le pacte est lancé, et les 50 milliards, on va les piocher chez les gens qui ont des moyens, les fameux 1% qui continuent de s'enrichir malgré « la CRISE ».
Caramba, encore raté ! Le gouvernement socialiste choisit les retraités. Et les fonctionnaires. Et l'assurance maladie. Ce n'est pas encore très détaillé, mais rassurez-vous, ça va toucher tout le monde !

50 milliards. Tiens, ça me rappelle un autre chiffre : l'année dernière, en 2013, année de CRISE (oui, la CRISE est là depuis plusieurs années maintenant), 43 milliards d'euros ont été versés en dividendes et rachat d'actions par les entreprises du CAC 40. 43 milliards, sur une seule année. L'année d'avant, c'était « seulement » 41 milliards. Parmi lesquels Sanofi, 600 emplois supprimés, 8 milliards de bénéfices en 2012.
Les rachats d'actions, c'est formidable. Peugeot PSA a fait de même pendant plusieurs années, à un cours élevé. Face à une situation compliquée, c'est l’État, à savoir nous, qui avons recapitalisé l'entreprise. Privatiser les bénéfices, socialiser les pertes. Oui, une ruse de banquier.

Voir un gouvernement « de gauche » (enfin, je crois) mener une politique de droite me sidère (le changement c'est maintenant qu'il disait...). Surtout quand on voit les résultats que ça donne à l'étranger. Surtout quand on voit les résultats que ça donne en France. Mais non, on persiste et signe. Et après, on s'étonne que les électeurs de gauche se détournent du PS...


La CRISE fait reculer le progrès. En 2014, on entend encore le patron du MEDEF réclamer que des jeunes travaillent pour moins de 1 128€ net par mois. Lui, il s'en fout, il n'est plus jeune depuis longtemps. Et il était l'enfant du représentant des patrons français. Alors le SMIC, forcément, il n'a jamais eu à vivre avec. Mais attention qu'il dit, ça va permettre d'embaucher plein de jeunes !

Il ne faut pas se prostituer auprès des patrons pour le travail. Je veux bien que l'on soit dans une économie mondialisée, que le chantage au travail fasse peur, mais nous devons garder nos valeurs. Et continuer d'aller dans le sens du progrès.

Oui à une politique de relance européenne. Oui à la taxe sur les transactions financières (tiens, 57 milliards par an). Oui à la sixième semaine de congés payés.

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21 février 2014 5 21 /02 /février /2014 10:36

Ce n'est pas facile lorsqu'on a 20 ans de se positionner politiquement. On sort à peine de l'école, on fréquente les bancs de l'université et voilà que tout d'un coup on vous demande pour qui vous voulez voter. C'était les élections présidentielles de 2007, mes premières.

A l'époque je ne savais pas trop où me situer. Je me souviens de Philippe, très actif dans le mouvement anti-CPE, qui se situait auparavant au centre-droit (il a changé très vite). C'est d'ailleurs l'une des caractéristiques de la jeunesse : notre vote n'est pas très bien établi. Quelques arguments, quelques mesures, un CPE plus tard, et vous faites passer un centre-droit vers la gauche de la gauche.

Ma famille n'a jamais été très orientée politiquement non plus. Mes parents votent d'ailleurs différemment, mais sans jamais faire de grand débat là-dessus. J'ai une copine bretonne qui est née avec un sang socialiste, et qui savait très vite où se situer. Chez moi, pas de repères familiaux. J'allais devoir découvrir par moi-même mon positionnement politique.

Je n'ai jamais caché pour qui je votais. Je peux d'ailleurs le répéter ici : à la présidentielle de 2007, ce fut Bayrou, Sarkozy, et pour le député PS de ma circonscription. A l'époque, je me voyais plus au centre-droit. En 2012, ce fut Bayrou, Hollande, et pour le député PS de ma circonscription. A l'époque, je me voyais plus au centre-gauche.

Je partais notamment d'un principe un peu bateau : le centre prend les bonnes idées de la droite et de la gauche, mélange tout ça, et fait un beau programme. Et puis Bayrou, avec sa marionnette ridicule, me semblait quelqu'un de bien. Le problème, c'était le deuxième tour. En 2007, ce fut Sarkozy, croyant encore à l'époque dans les bienfaits du libéralisme et dans son programme. En 2012, ce fut Hollande, croyant un peu en son programme social et rejetant cinq années d'une droite dure qui me faisait parfois honte.
Depuis, j'attends la mise en place du programme social de François Hollande (et pas les allègements de charges).

Au début de l'année 2013, je me suis enfin engagé. Cela faisait plusieurs années que je réfléchissais à le faire, que j'en parlais. Et j'ai signé. Non pas pour un, mais pour deux partis ! Mes potes m'ont dit que ce n'était pas une bonne idée, que ça pourrait donner l'impression que je mange à tous les râteliers (bref, un vrai politique). Mais je le faisais vraiment pour l'expérience. Je voulais voir comment fonctionne un parti. Et j'en ai choisi deux très différents : le PS, grosse machine, actuellement au pouvoir. Et l'UDI, alors à peine créé, qui se structurait dans l'opposition.

Après une année, je peux faire un rapide bilan. Tout d'abord, ce n'est pas facile d'être engagé en politique quand vous habitez à l'étranger. Très clairement, j'étais trop loin des réunions et des rencontres pour pouvoir réellement comprendre et analyser ce qui se passait dans ma région, et dans ses partis. Mais au-delà de la déception de n'avoir pas beaucoup participé, il y a quelques choses intéressantes. J'ai participé à un petit projet citoyen, Onfield, au cœur de l'été. Créer un cahier de doléances, l'idée me plaisait énormément. Dans les faits, j'attends que le brave Borloo se remette pour qu'il soit enfin déposé à l'Assemblée Nationale. Et j'ai reçu très régulièrement les infos par mail sur ce qui se passait dans les deux partis (notamment l'UDI, très actif par mail). Et si cet engagement ne fut pas parfait, il a cependant permis de me positionner.

Je ne suis pas de droite. En tout cas, pas cette droite là. Entre Copé qui lance des polémiques de pain au chocolat et de livres sur la nudité et un Fillon qui essaie de se faire passer pour plus à droite qu'il ne l'est... Et enfin le petit, qui essaie désespérément de revenir à coup de sondage sur le Figaro... Le bilan de la droite, au pouvoir entre 2002 et 2012, n'est pas très bon. Mais dans l'opposition, j'ai l'impression qu'elle se dépasse pour faire pire. Le droite a tendance à lentement glisser vers l'extrême-droite, se servant de sujets comme l'immigration pour essayer de rebondir, cachant ainsi son absence d'idées économiques (« baisser les impôts qu'ils disent, baisser les charges ! » Oui, mais comment mon ptit père ? C'est bien gentil de le dire, mais si vous ne l'avez pas fait pendant 10 ans, c'est qu'il y a une raison). Le droite se conservatise de plus en plus (pardon pour le néologisme), notamment sur les sujets de société. Et c'est là mon gros problème avec l'UMP depuis plusieurs années. Le mariage pour tous, notamment, fut un choc pour moi. Je pensais que la droite française était un peu plus progressive que le Tea Party. Mais malheureusement, elle est infiltrée de plus en plus par des gens sectaires (je ne vais sans doute pas me faire que des amis avec cet article, mais ce n'est pas le but, ceci est juste une expression de mon opinion, et on peut débattre dans le calme et sans insulte).

Alors le centre me plaisait bien. Oui, mais de moins en moins. L'UDI reprend certains des discours de l'UMP. Notamment la lignée économique. L'UDI est un parti libéral. Hors, depuis la crise de 2008, j'avoue énormément douter du libéralisme. La déréglementation, les baisses des charges, les baisses d'impôts... tout cela me semble favoriser une société à deux vitesses, une société qui tend à accroître les injustices économiques et sociales. Je crois en l'impôt, non pas seulement parce que je suis étudiant et que je n'en paie pas (oui, c'est facile pour lui de dire ça!), mais parce que je crois en l’État. Bien sûr qu'il n'est pas géré d'une main de maître. Mais on se plaint et plaindra toujours de nos politiques. Voyez-vous, depuis que j'habite en Allemagne, je n'entends que des gens mécontents de leurs politiques. Et pourtant, on prend souvent en exemple les politiques allemands en France. Mais se plaindre est dans la nature des gens, encore plus des Français (avec manifester).

Alors je vais reprendre une expression que j'entends beaucoup ici, dans mon Bade-Wurtemberg, « le moins pire ». Car oui, finalement, on le sait tous : il n'y a pas un parti politique parfait, comme il n'existe pas d'homme ou de femme parfait. Chacun a ses défauts, moi le premier. Ca se saurait si il y avait un parti qui allait régler tous nos problèmes. C'est d'ailleurs sur ça que nous devons tous travailler : les politiques ne régleront pas tout ! C'est à chacun d'entre-nous de régler ses problèmes, et d'apporter sa pierre à l'édifice. C'est facile de taper sur l’État ou sur Hollande dès que quelque chose va mal. Mais parfois il vaudrait mieux se demander ce que nous faisons nous, en tant que personne, pour essayer d'améliorer les choses. Je ne veux pas me faire passer pour Gandhi, mais soyez le changement que vous voulez voir dans le monde.

Alors aujourd'hui, si je devais me placer sur « l'échiquier politique », je me dirais « de gauche ». Est-ce que je me sens proche du parti socialiste ? Oui, notamment pour certaines de ses valeurs. Plus d'égalité. Plus de fraternité. Des mots qui semblent de plus en plus loin de la droite. Et je l'affirme d'autant plus lorsque je vois les sondages qui font passer Hollande ou le gouvernement pour une équipe d'incapables. Ou les Unes des journaux franchement détestables. Le fameux « Hollande bashing » comme on l'appelle, me renforce de plus en plus dans cette idée.
Cependant, quand je dis de gauche, je devrais préciser : verte. Et ça, c'est vraiment l'un des gros effets de mon arrivée en Allemagne. Vivre quasiment comme un végétarien, voir chaque jour des affiches « non au nucléaire », discuter de ces sujets avec les locaux... ça vous reverdit un homme ! Je ne pense pas que les Verts soit LA solution, mais sans aucun doute une solution. Un mouvement important, qui va, selon moi, dans le sens du progrès, le seul qui vaille.

Aux prochaines élections européennes, je crois d'ailleurs que je vais voter pour les Verts. C'est un parti qui me semble très important à l'échelle européenne, qui présente une véritable ambition européenne, avec des liens très forts unissant les différents courants dans l'ensemble des pays de l'UE. Et qui contre-balance parfois suffisamment les lobbys des industriels très (trop) nombreux de Bruxelles.

Bref, ceci n'est qu'un article pour tenter de me positionner, et de vous expliquer le pourquoi (tout autant qu'à moi d'ailleurs). Une gauche-verte, ce serait peut-être le bilan, mon positionnement à l'aube de mon vingt-septième anniversaire. Est-ce qu'il est définitif ? Je l'ignore encore. Mais j'ai l'impression que ma réflexion est de plus en plus poussée sur ce sujet. Et concernant l'engagement, il reste d'actualité, mais sous d'autres formes.

Liberté, égalité, fraternité. Amen.

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30 novembre 2013 6 30 /11 /novembre /2013 01:04

Mercredi, j'ai réalisé un petit rêve : entrer dans l'Assemblée Nationale. Non pas que j'eusse été élu à la suite d'une élection passée inaperçue ! J'y suis allé en simple spectateur.

L'Assemblée Nationale se réunit dans le Palais Bourbon. Ce bâtiment a une belle histoire. Il fut construit en 1722 pour Louise-Françoise de Bourbon, fille légitimée du roi Louis XIV et de Madame de Montespan. Le prince de Condé récupéra le palais en 1764, avant de devoir le céder lors de la Révolution, puis de le louer à la Chambre des députés. L’État acheta finalement le bâtiment en 1827.
Assemblee-nationale-palais-bourbon.jpgPour assister à une séance, il faut être invité par un député. Ou mieux, un ministre. Ça tombe bien, j'ai un ami haut-placé qui a effectué un stage au ministère de l'écologie. Ainsi, c'est Monsieur le ministre Philippe Martin qui nous permet d'être sur la liste des spectateurs. Après avoir présenté notre passeport, nous passons le contrôle de sécurité. Il y a un peu de queue, le temps pour la dame en charge de la sécurité de nous demander de signaler si l'on se présente avec un couteau ! Bizarre ! Je ris à entendre cette phrase, me demandant qui peut bien vouloir entrer dans l'Assemblée Nationale avec un couteau.

Moi. En fait, sur mon porte-clef, il y a un mini-couteau. Suffisant pour me faire remarquer lors de ce contrôle. « Avez-vous un couteau ? » Je ne réalise pas très bien, ne me souvenant plus de la présence de mon porte-clef dans mon manteau. « Non, c'est un stylo ». La dame me regarde avec un air surpris. Puis me montre mon couteau. Ah, oui, en effet. François Pignon, bonjour.

Après quelques escaliers (et de nouveaux contrôles d'identité), nous entrons enfin dans l'Hémicycle.

assemblee-nationale.jpg

C'est magnifique. Petit frisson. On s'assoit et on se tait, la cloche sonne, la séance débute. Les premières questions au gouvernement. L'événement est retransmis sur France 3, c'est la seule fois de la semaine. De ce fait, l'hémicycle est plein (ce qui n'est pas toujours le cas, loin de là). Et Michel Lefait, le député de ma circonscription, de nous avertir : « les questions au gouvernement, c'est un spectacle ». Spectacle pour les caméras, spectacle pour les téléspectateurs.

Spectacle est le mot. Déplorable spectacle conviendrait mieux. Les députés sont des collégiens. Mais pas les bons collégiens du premier rang. Non, les cancres du dernier rang. Ils n'écoutent pas celui qui parle. Ils vaquent à leurs occupations (lecture de journal, de mail, envoi de courrier). Pire, certains parlent entre eux. Pire, d'autres hurlent. « Vous mentez ! Vous mentez ! ». La secrétaire d’État continue son discours, malgré les clameurs venus d'un groupe de cinq députés UMP.
Bien sûr, il faut montrer que l'on est là. Lorsqu'un député va poser une question, tous ses petits voisins se collent à lui, afin de passer à la télévision. De notre place, en haut de l'hémicycle, on observe tout ça avec désolation. Le président du parlement frappe avec son marteau pour obtenir le silence. Il rappelle que ce genre de comportement renforce la mauvaise image des députés. Pas mieux.
A-l-assemblee-nationale.JPG

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15 novembre 2013 5 15 /11 /novembre /2013 20:38

L'année dernière, je vous avais fais un petit point sur la situation de l'extrême-droite en Europe, à l'aide d'une carte contenant les résultats de ces partis aux différentes élections législatives. Je fais de même cette année.

Précision n°1 : Je précise que j'appelle extrême-droite les partis se revendiquant comme tels, ou les partis clairement populistes (ou anti-immigrés). Le FN dit qu'il n'est pas un parti d'extrême-droite, mais je le classe comme tel. Le Mouvement 5 étoiles de Grillo en Italie n'est pas foncièrement d'extrême-droite (pas de discours anti-immigration, contrairement à la Ligue du Nord) mais il est un parti populiste par excellence et rassemble les mécontents avec un discours anti-élite et contre les partis traditionnels. Ma méthodologie n'est peut-être pas parfaite sur ce point, mais je n'en ai pas trouvé de meilleure pour le moment.

Précision n°2 : La France est un contre-exemple, car je prends le résultat du deuxième tour (alors que dans le reste de l'Europe, ce sont des systèmes proportionnels).


2012
Carte Europe Extrême Droite 20122013Extreme-droite-en-Europe-elections-legislatives-extreme-.jpg

Les élections allemandes ou islandaises n'ont pas porté chance à l'extrême-droite en 2013, ce sont les deux exceptions. En Norvège, l'extrême-droite a reculé, mais est entrée au gouvernement. En République Tchèque, c'est une avancée fantastique. En Autriche, le parti confirme sa grande forme. En Bulgarie, un animateur de télé au discours populiste a fait entrer le parti au parlement. En Roumanie, une progression de 4 points. Et en Italie, les populistes du mouvement 5 étoiles ont réuni un quart des suffrages. Seul au Luxembourg le parti populiste a perdu un siège (il en garde trois).

 

Alors que les élections municipales auront lieu les 23 et 30 mars, et, surtout, que les élections européennes auront lieu lors du week-end du 24-25 mai, je m'inquiète un peu (et je ne suis pas le seul). Lors des dernières élections européennes, les partis populistes et d'extrême-droite avaient obtenu 8,49% des suffrages.
 

 

Il y a quelque chose qui me chagrinne un peu : en Norvège, le taux de chômage était de 3,5% en août 2013. En Autriche, il était de 4,9%. En Suisse, il est de 3,1%. Ce sont les trois meilleurs chiffres d'Europe.

En Norvège, l'extrême-droite a obtenu un peu plus de 16% aux élections d'octobre 2013 et est entrée au gouvernement. En Autriche, en septembre 2013, l'extrême-droite a obtenu 20,5% des votes. En Suisse, l'UDC a obtenu en 2011 26,6% des suffrages exprimés. Les deux derniers sont les meilleurs chiffres d'Europe pour l'extrême-droite.


Pendant très longtemps, j'ai cru que l'extrême-droite était forte en Europe en raison d'un chômage élevé. La preuve en était un peu faite en France lors de la dernière élection présidentielle : partout où le taux de chômage dépassait la barre des 10%, la présidente du FN se hissait au-delà des 20% des suffrages. Oui, mais apparemment non.


Alors j'essaie de comprendre pourquoi. Cela fait plusieurs dizaines de minutes que je lis sur le net des articles essayant d'analyser les résultats de l'extrême-droite, essayant de comprendre les raisons qui poussent un électorat à se tourner vers le droite populiste. Certains avancent l'immigration, mais le fait que ce soit l'Angleterre et l'Allemagne qui accueille le plus d'immigrés (avec une extrême-droite plutôt faible) contrarie un peu la théorie. L'argument du chômage ne tient pas vraiment, les 3 pays cités plus hauts le prouvent. Et des pays ayant énormément de chômage comme l'Espagne et le Portugal sont toujours extrêmement fermés à l'extrême-droite. Je reste donc comme un con avec ma question. 

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13 novembre 2013 3 13 /11 /novembre /2013 07:46

C'est un peu le marronnier de chaque élection, surtout présidentielle. C'est la fameuse phrase que l'on entend un peu partout, que l'on lit un peu partout « la montée de l'insécurité ». Ça fait peur rien qu'à l'écrire ! Alors je n'imagine même pas pour vous, pauvre lecteur ! L'insécurité est là, elle augmente constamment. C'est le sentiment que j'en ai quand je lis les journaux, quand j'écoute les politiques (surtout à droite). Encore aujourd'hui, je viens de lire dans Le Monde, journal respectable et respecté, qu'un commerçant niçois s'est fait agresser. L'insécurité.

Alors bêtement, je vais voir les chiffres. Je cherche les statistiques depuis 1980. Et...
Evolution-du-taux-de-criminalite--crimes-et-delits-consta.pngEt voilà que l'insécurité n'a pas vraiment augmenté. Entre les années 1960 et 1980 c'est différent, on en arrive à une multiplication par 3. Mais depuis ma naissance, en cette belle année 1987, il semble que ça n'ait pas véritablement bougé. Il y a eu des cycles, avec des hausses puis des baisses, mais sur les 30 dernières années il est difficile d'affirmer que la criminalité a augmenté.
Evolution-du-taux-de-criminalite--crimes-et-deli-copie-1.pngEn regardant en détail, on voit quelques différences. Les vols sont en baisse de 25% depuis 1980. Merde, moi qui pensait que les Roms présents sur notre territoire faisaient exploser les chiffres ! Les infractions économiques ont été divisées par 2. Les autres infractions, catégories fourre-tout, dont les stupéfiants, ont été multipliées par deux. Dans le détail, on voit que l'usage des stupéfiants a augmenté de 32% depuis 2004, et que les infractions aux conditions générales d'entrée et de séjour des étrangers ont été multipliées par 2 ! En résumant, on criminalise le consommateur de cannabis et on chasse le sans-papiers. L'insécurité on vous dit !

Reste une catégorie importante : la hausse du nombre de crimes et délits contre les personnes. C'est la catégorie qui est pour moi la plus importante, car elle touche à l'humain. Et le chiffre est multiplié par 2,5 depuis 1980. Mince, on risque donc à tout moment de se faire poignarder dans la rue ! Ou alors... La raison ? Autrefois, on aurait gardé pas mal d'affaires dans la sphère privée. L'exemple caractéristique est celui des violences faites aux femmes. Aujourd'hui, ce type de violence fait l'objet d'une plainte.


Cette augmentation ne reflète pas la situation réelle des homicides volontaires. Là, pas de place à l'interprétation : un homicide volontaire est un homicide volontaire. Pour cette catégorie, c'est aussi une forte baisse : 1 600 dans le milieu des années 1980, contre 700 en 2009. C'est 700 de trop, on est bien d'accord, mais pour donner une échelle de temps plus importante, nous sommes actuellement dans la période la moins meurtrière depuis le début du XIXème siècle !

L'augmentation de l'insécurité n'a pas vraiment l'air réelle. Pourquoi assiste-t-on alors à l'augmentation du sentiment d'insécurité ?

 

Je reviens au journal Le Monde, quotidien respectable et respecté. Il y a 30 ans, jamais, je dis bien JAMAIS Le Monde, quotidien national, n'aurait repris un fait divers. Cette hausse du sentiment d'insécurité est clairement portée par les médias. L'exemple le plus typique est avant la campagne présidentielle de 2002, vous savez, la fameuse. Entre le 1er janvier de cette année là et le 5 mai 2002, jour du premier tour, les journaux télévisés (et je répète seulement télévisés) ont consacré 18 766 sujets aux crimes, agressions, braquages ou interventions des forces de l'ordre. Soit 987 sujets par semaine, 141 sujets par jour. Simplement à la télé, à une époque sans TNT ! 

Les nouveaux autoroutes de l'information, Internet et les réseaux sociaux, font qu'une affaire qui serait restée à l'échelle d'un quartier devient aujourd'hui une affaire d'Etat (exemple typique du bijoutier niçois). Tout va plus vite aujourd'hui : une agression dans le métro parisien fait l'objet d'une dépêche AFP une heure après. Dans les années 1980 il aurait fallu que la personne agressée aille porter plainte à la gendarmerie, que le journaliste aille dans cette même gendarmerie et note l'info de l'agression, que le journal décide d'imprimer l'info la considérant comme importante, et que l'AFP reprenne ensuite l'information publiée dans ce même journal pour alimenter les autres médias. Autant vous dire tout de suite que cette agression du métro parisien, en 1980, je n'en aurais pas entendu parler. Aujourd'hui, je la vois sur le Figaro.

 

Ça m'embête un peu de tirer sur les médias, car je sais au combien ils peuvent (et doivent) avoir un rôle dans un État libre. Mais le problème de cette surenchère médiatique concernant l'insécurité (alors que celle-ci n'augmente pas) est que le débat politique est également monopolisé par ce sujet. Entre 2002 et 2009, plus de 30 lois sont venues modifier le droit pénal. Et à chaque élection présidentielle, on passe des heures et des heures à débattre de "comment réduire l'insécurité" et "à quoi est dûe la montée de l'insécurité", la droite accusant la gauche, jugée laxiste, et la gauche accusant la droite, centrée sur le tout-répressif. Et pendant ce temps-là, le chômage est passé au-dessus des 3 millions, les inégalités de revenus se creusent, le déficit public croît d'année en année depuis 1970... mais chut... 19h28, dépêche du Figaro, 10 000 euros braqués dans un Lidl... L'insécurité.

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6 septembre 2013 5 06 /09 /septembre /2013 13:25

Onfield.jpgC'était le milieu du mois d'août et j'avais décidé de rejoindre un projet que je trouvais particulièrement intéressant. Le projet Onfield. L'objectif est simple, clair, précis : récolter un cahier de doléances. Pour cela, c'est facile, il suffit d'écouter la population. De lui demander son avis. Direction le marché et la rue de Dunkerque. La politique, vous en pensez quoi ?

« Ché du brin ! » Avec l'accent de chez nous. « C'est de la merde », pour une petite dizaine de personnes. « Coupons leur la tête ! ». Les accents révolutionnaires étaient de mise, on demande « l'abolition des privilèges ».

 

Clairement j'ai été surpris. Je savais que les Français n'avaient pas confiance dans leurs politiques. Mais à ce point... Près de 90% des passants interrogés témoignèrent d'un réel mécontentement et d'une totale défiance à l'égard de nos représentants.

 

Certains trouveront peut-être cela normal, les nombreuses histoires politico-judicaires n'aidant pas à la confiance du peuple dans ses représentants. Mais ça fait chier ! Merde alors, c'est tout de même de notre démocratie que l'on parle. Si le peuple n'a plus aucune confiance dans ceux qu'ils envoient pour le représenter, pour prendre les décisions à sa place, c'est un ENORME problème.

Bien sûr j'en veux à nos représentants, tout au moins à ceux qui donnent le mauvais exemple. Mais j'en veux aussi à la population, aux citoyens. Pourquoi mettre tout le monde dans le même sac ? Pourquoi prendre un exemple précis (au hasard Cahuzac) et penser qu'ils sont tous pareils ? Dans un autre contexte, cette généralisation s’appellerait racisme.
Les Français, en tout cas ceux de Saint-Omer, font donc preuve d'un véritable racisme à l'égard d'une catégorie de la population : les hommes politiques.



Attention, quand on disait politique, les gens pensaient gouvernement (actuel ou ancien), députés, sénateurs. Quand on parlait du maire, le discours changeait, surtout si on parle d'un maire de petit village. Et pour cause, on le côtoie tous les jours. La confiance s'instaure. On l'aime bien notre maire.

C'est un peu comme l'Arabe du coin. Celui que l'on connaît depuis 20 ans, à qui l'on dit bonjour et qui nous répond poliment. Celui qui vient nous aider quand on a besoin d'un service. Il est sympa, hein. Mais ça n'empêche qu'avec tout(s) ce(ux) qu'on voit à la télé, on ne peut pas s'empêcher de dire qu'ils sont un problème.



L'expérience fut sympa dans l'ensemble. On rencontre du monde, on revoit des têtes, on entend la population. Mais on ne peut pas répondre. Nous n'étions pas là pour donner notre avis, mais pour écouter. Et ça peut parfois être frustrant. Par exemple, à chaque fois que l'on nous dit que seule Marine peut changer les choses, on se doit de sourire. Merci, et bonne journée.

 

Surtout, on en est revenu les mains vides de propositions pour changer les choses. Nos fameuses doléances. La population s'accorde pour dire qu'il y a un problème, mais personne ne semble avoir la solution. Certes, le concept n'était pas propice à de longues réflexions (on interrogeait les gens dans la rue), mais cela n'empêche : les citoyens n'ont pas d'idée pour résoudre le problème. En tout cas, pas dans ce contexte. Il faudrait peut-être le faire différemment, par écrit, sur internet. Mais là encore, je doute un peu. Il me semblait que les gens étaient résignés. Ou qu'ils s'en foutaient quasi-royalement, c'était selon. 

 

En repensant à cette journée, je ne peux m'empêcher d'éprouver une certaine tristesse. Et beaucoup d'inquiétude concernant l'avenir.
Ça m'a cependant donné envie de persévérer, de me battre pour cette démocratie à laquelle je crois. Car on n'a pas encore trouvé mieux.

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2 août 2013 5 02 /08 /août /2013 20:13

La démocratie est fragile comme la dictature.

Ce dernier mois, nous avons assisté à deux défaites de la démocratie.

Tout d'abord, il y a l’Égypte. Rappelez-vous 2011, la révolution. Je m'en souviens comme si c'était hier. J'étais sur Internet, en direct avec Al-Jazeera, dans la bibliothèque de l'université de Lille 2. Le vieux Moubarak, qui avait séjourné dans mon hôtel (true story), quittait le pouvoir après 20 ans. On imaginait une nouvelle destinée pour la grande civilisation égyptienne. Et puis...

Et puis les élections sont arrivées après une période troublée. Et c'est le parti le mieux organisé, celui des frères musulmans, qui l'emporta. Morsi devint président, légitimé par les urnes.
Morsi-president-egyptien.jpgDes urnes que tout le monde semble avoir oublié depuis plusieurs semaines. Ce qui s'est passé en Égypte n'est rien d'autre qu'un coup d’État militaire. Mais nos belles démocraties occidentales n'en ont pas prononcé le nom. Un immense silence a résonné jusque dans les couloirs de l'ONU.

Faut dire que la victoire des « islamistes » Frères musulmans, n'arrangeait pas grand monde. Nos belles démocraties occidentales avaient un peu peur de l'islam politique, de ses abus. Et imaginez que ça marche...

Bon, ça n'a pas vraiment fonctionné. En une année les Frères Musulmans et Morsi avaient perdu une belle partie de leur légitimité acquise par les urnes. Beaucoup de décisions discutables et des résultats économiques franchement mauvais. Les dernières manifestations contre le président Morsi et son gouvernement furent immenses. Mais est-ce suffisant ? Est-ce que cela justifie et légitime un coup d'état par les militaires ? Des militaires qui jurent qu'ils vont rendre le pouvoir très vite, que la démocratie va l'emporter... Mais l’Égypte et les militaires, c'est une histoire d'amour. Coup d’État de Naguib, présidence de Nasser, El-Sadate, Moubarak... que des hommes formés à l'académie militaire. Et loin d'être des démocrates...

Imaginez un peu l'inverse. Imaginez un coup d’État renversant un président libéral égyptien. Un coup d’État qui amènerait des islamistes au pouvoir, à la mode iranienne. Imaginez un peu les réactions outrées des démocraties occidentales. Et aujourd'hui, rien. Un coup d’État militaire, quel coup d’État militaire ?



 

La deuxième défaite de la démocratie est le refus par l'ensemble des pays occidentaux d'offrir l'asile à Edward Snowden.
Pourtant, on parle ici du plus gros scandale d'espionnage de l'histoire. Les États-Unis ont espionné les conversations du monde entier. Au départ, la raison invoquée fut celle de la lutte contre le terrorisme. Avec le discours traditionnel : vous ne pouvez pas avoir à la fois une sécurité complète et en même temps une protection de la vie privée complète. Problème, l'espionnage ne concernait pas que les personnes susceptibles d'être des terroristes. Non, les autorités américaines ont également espionné les diplomates occidentaux, avant des négociations importantes. Ils ont également espionné des industriels... et glanaient ainsi quelques informations en toute illégalité.

Un seul type a réussi à sortir cette information démente : Edward Snowden. Réfugié à Hong Kong, puis en transit à Moscou, il a envoyé des demandes d'asile à beaucoup de pays occidentaux, Allemagne et France inclus. Il faut dire que ces pays ont grandement protesté par voix de presse. Ils étaient fort mécontents. Très. Enfin, un peu. Pas assez en tout cas pour accueillir l'incroyable informateur, poursuivi par la justice américaine. Et c'est ainsi la Russie, grande démocratie (sic!) et éternel opposant à Washington, qui a offert aujourd'hui un droit de résidence d'une année à Snowden.
Edward-Snowden-save-snowden-save-freedom.jpg
Imaginez un instant que Snowden soit chinois. Imaginez qu'il ait dévoilé un programme d'espionnage chinois concernant l'ensemble du monde occidental. Ne pensez-vous pas que les pays occidentaux se seraient bousculés pour l’accueillir ?
Mais ici c'est les États-Unis. Un État de droit qui va respecter Snowden pendant son procès. Pas d'asile donc. Et tant pis si ce même État espionnait le monde entier, bafouant ainsi... le droit.

La démocratie, c'est donc le droit de se taire. Même au plus haut niveau.

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