22 mars 2018 4 22 /03 /mars /2018 16:25

Non, ce n'est pas pour « prendre en otage » les Français. Oui, car, à chaque grève, une partie des médias va plutôt insister sur les conséquences de la grève sur les usagers (oh la la, mon Dieu, je dois attendre à la gare une heure, c'est une prise d'otage..... non, non ma ptite dame, une heure d'attente, c'est une heure d'attente, une prise d'otage, c'est risquer sa vie). Ou alors ça va être sur les casseurs (oh la la, mon Dieu, il y avait 50 casseurs sur 350 000 personnes, vite, on fait la moitié du journal sur eux !). Alors qu'il faut expliquer pourquoi nous faisons grève.

Nous, car je fais maintenant partie de la grande famille du service public. Et, au niveau national, le gouvernement annonce 140 000 postes de fonctionnaires en moins sur le quinquennat. Où ? Parce que c'est la vraie question. Des personnes pourraient considérer que oui, il y a trop de fonctionnaires en France ! Bon, prenons la question autrement : souhaitez-vous voir à côté de chez vous votre service de maternité disparaître ? Souhaitez-vous attendre plus longtemps aux urgences car des infirmier-e-s n'ont pas été embauché-e-s ? Ou préférez-vous des suppressions de postes dans la gendarmerie de votre ville ? Faire votre carte grise à 50 kilomètres ? Moins de profs pour vos enfants ? Car c'est là le choix à faire. Je fais grève pour défendre le service public, destiné au public, à nous tous. C'est à ça que doivent servir nos impôts, à nous rendre des services publics de qualité. Plusieurs décennies de budget en berne font aujourd'hui une situation explosive dans les hôpitaux, polices ou collèges. Réduire les effectifs, c'est réveiller un volcan déjà en ébullition.

 

Et puis il y a la situation guyanaise. Vous voyez les problèmes de métropole, vous les multipliez par deux. Non, plutôt par trois. Hôpital délabré et saturé, insécurité constante, et un système éducatif sous assistance respiratoire. Pensez, le collège en face du boulot : 800 places. Nombre d'élèves en ce moment : 1143. Sur place, c'est Bagdad. Situation isolée ? Nous avons 5 collèges à Saint-Laurent du Maroni, il y a 1 000 élèves en surnombre. L'année prochaine, 200 de plus ! Comment fait-on rentrer les élèves dans ces établissements ? Réponse entendue : « il faut pousser les murs ». Alors on met des bungalows (que l'on loue à un prix exorbitant, plutôt que de les acheter une fois pour toute et d'assumer l'impréparation de l'Etat, de la région et de la municipalité...). La ville est en pleine explosion démographique, avec une société très particulière (1 500 élèves ne maîtrisent pas la lecture à l'entrée en 6ème!). Et il faudrait faire plus, avec moins de moyens (suppression de postes de surveillants en début d'année...). Je passe les agressions physiques envers les élèves et le personnel, les armes, la drogue, les menaces de mort, les attouchements et viols... Nous demandons l'ouverture d'un nouveau collège pour la rentrée 2018. Réponse : c'est mort. Démerdez-vous. Des cantines ? Des transports scolaires pour tous ? Des pistes cyclables ? Toujours une réponse : y'a pas d'argent ! On va finir par prendre de la peinture blanche pour la faire nous même cette piste cyclable ! (ça m'évitera de ramasser des gamines sur le goudron...).

 

Alors oui je fais grève. Et j'assume totalement. J'en ai marre de voir des hommes et femmes politiques simplement jouer les comptables et toujours parler de « réduire les déficits ». La France a les moyens d'offrir des services publics de qualité. N'est-ce pas là une preuve que nous serions « un pays développé » ? « Un pays riche » ? Dans le top 10 du PIB mondial ? Que voulons-nous faire de notre richesse ? Quelle société voulons-nous ? J'ai fait mon choix.

Pourquoi je fais grève
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12 mars 2018 1 12 /03 /mars /2018 19:23

1) Pour aller acheter des fringues (y'en a marre des T-Shirts à trous)

2) Pour savoir quand je dois vraiment aller chez le coiffeur

3) Pour arrêter de quémander des calins à des inconnues

4) Pour supprimer la rumeur qui court sur ma nouvelle orientation sexuelle

5) Pour partager mon opinion sur le film que nous avons regardé (y'en a marre de le faire tout seul à haute voix !)

6) Pour arrêter de parler tout seul à haute voix...

7) Pour organiser un voyage en amoureux

8) Pour arrêter de faire mon rabat-joie à chaque fois que je reçois une invitation à un mariage (de toute façon, c'est 50% de divorces !)

9) Pour essayer de me projeter à plus de 6 mois (car je vois la vie à 2, au départ !)

10) Pour ne pas laisser périmer ma boîte de préservatifs

11) Pour aimer, et être aimé (parce que 3 ans sans amour sont 3 ans gâchés, malgré tout)

12) Parce que l'effet domino

13) Pour arrêter de me sentir obligé de draguer en soirée

14) Pour que mes colocataires arrêtent de rire à chaque fois que je vais « sur le fleuve »

15) Parce que je suis encore jeune, c'est trop tôt pour le sentiment de solitude

16) Pour que quelqu'un me dise enfin lors d'une soirée karaoké : « arrête de chanter, c'est horrible »

17) Pour rejoindre le club très sélect des gens qui vont faire un « brunch »

18) Pour ne pas devoir réfléchir à la réponse quand ma famille me demande « alors, les filles ? »

19) Pour enfin réaliser mon rêve : remporter une compétition de danse acrobatique en couple

20) Pour acheter la maison, le chien, me marier et.... [la personne ayant écrit cet article vient de partir en courant]

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20 février 2018 2 20 /02 /février /2018 12:35

Commentaire sur une photo : « faut manger un peu hein ». Commentaire oral : « t'es maigre ! ». Regard des autres. Raison de rupture. Je suis maigre. Et la société ne le veut pas.

 

Cela fait une quinzaine d'années que les remarques s'enchaînent. Ma courbe de poids a commencé à vraiment stagner au collège, et mon mètre quatre-vingt six ne m'aide pas. 60 kilos. Un peu au-dessus. Parfois en-dessous. Je suis un garçon. On ne me dira donc pas que j'ai une taille de guêpe, et je ne serai pas surnommé la brindille. Non. Je serai l'Ethiopien. Ou le Somalien. Bref, je serai celui qui ne mange pas assez. Ou pas du tout. Les remarques existent de moins en moins chez mes proches, chez ceux qui me connaissent vraiment : ils savent que je suis loin du régime (au contraire), et que je ne suis pas anorexique. Mais ça n'empêche pas les remarques des connaissances et même parfois des copains.

 

Est-ce que je le vis mal ? Plus que je ne le pense parfois. Sinon, à quoi bon cette mission annuelle de grossir ? Pourquoi je me fais chier à faire des pompes et à aller à la muscu ? Est-ce que ça me plaît ? Autant qu'à celui qui doit faire un régime minceur. D'ailleurs, nos situations sont semblables. Sauf que le vocabulaire évolue, pour les « gros ».

 

Imaginez : « faut arrêter de manger un peu hein !». « Qu'est-ce que t'es gros ! ». Est-ce que vous oseriez faire ce genre de remarque à quelqu'un en surpoids ? Je ne pense pas. Pourtant, certains ne se gênent pas avec les maigres. « Vas-y, reprends-en un, mange un peu dont, faut que tu grossisses ! ». Pourtant vous n'oseriez plus le « Arrête avec ce biscuit, lâche-le tout de suite, tu vois bien que t'es gros ! ». C'est ce que j'appelle la maigrophobie. Je sais que je ne suis pas le seul à en souffrir, j'ai évoqué le sujet avec plusieurs filles. Là, ce sont notamment les mamys qui disent : « allez ma fille, faut manger un peu si tu veux trouver un garçon », comme si ces filles ne mangeaient jamais et que la beauté physique suffit à l'amour. De mon côté, j'ai tout de même eu une ex-copine qui m'a dit, en prétexte de rupture, que j'étais trop maigre. Imaginez l'inverse, « t'es trop gros, je te largue ». On la traiterait de connasse. Elle le serait d'ailleurs.

 

Bien sûr la société et la publicité sont contre nous, les gros et les maigres. Vous ne verrez jamais une publicité avec un garçon ayant les os apparents. Ce ne serait pas « esthétique ». « Fashion ». Beau quoi. Non, c'est « moche ». Surtout pour les mecs. Nous, il faut que l'on soit musclé ! Pectoraux, abdominaux. Un peu de ventre, c'est limite accepté. Mais un os apparent. Brrrrr, effrayant ! « Tu sors d'Auschwitz ? » Oui, le point Godwin existe aussi dans la maigrophobie. On imagine pourtant assez mal quelqu'un dire « t'es resté enfermé six mois dans un Mc Donalds ? » en touchant le ventre de quelqu'un en surpoids. Alors pourquoi se le permet-on avec les gens maigres ? « C'est pas pareil ». Oui, c'est pas pareil, car nous, on doit forcément bien le vivre, car on a « de la chance ». « Et si tu veux, je te donne quelques kilos hein ! ». Non, tu ne peux pas. Il faut arrêter avec cette phrase. Je l'ai entendu 312 fois depuis ma jeunesse, et la possibilité d'échanger vos kilos que vous trouvez superflus avec ceux qui me manquent n'existe PAS !

 

Arrêtons donc avec les remarques sur le poids, arrêtons donc avec toutes les remarques physiques critiquant telle ou telle apparence parce qu'elle n'est pas en accord avec vos goûts (goût subjectif, gardez-les pour vous). Et pour tous ceux qui en souffrent, maigre, gros, qu'est-ce que ça change, si vous êtes en bonne santé ?

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19 février 2018 1 19 /02 /février /2018 00:51

Jeudi, veille des vacances. Le soleil brille et j'ai un moral gonflé. Moins de travail, football ce soir, la vie est belle. Il est 12h30, et ma classe de seconde vient de terminer une intervention « sexualité ». Ils ont bien ri. Ils sont bêtes. Nous l'étions tout autant à leur âge, au moment de prononcer les mots « sexe » et « orgasme ».

J'enfourche mon vélo, que dis-je, mon bolide. J'ai deux heures pour rentrer, manger, et revenir au lycée. Facile. Je pédale néanmoins très vite, dépasse quatre de mes secondes que j'entends faire un bruit, du genre « wooohh ». Je suis content. On est con des fois. Je slalome entre les véhicules et me retrouve dans la descente. Et je vois, cent mètres devant moi, un attroupement en sens opposé. Des voitures garées. Des gens qui semblent dépassés. Et, une fille, sur le sol, comme plaquée. Je ralentis. Un T-Shirt rose qui m'est familier. Une coupe de cheveux. Putain. Non. Si. Je me rapproche. C'est mon élève.

 

Je descends de mon vélo en quelques dixièmes de secondes. Je m'approche vite, tandis que les badauds accourent. Les voitures ralentissent. Le monde regarde. Que se passe-t-il ? Elle est sur le ventre. Son T-Shirt est remonté au niveau des omoplates, et un bout de verre, un seul, est enfoncé dans son dos. Là, une perle de sang semble accrochée au verre. Ça ne coule pas. Je lui remonte un peu les cheveux. Elle est consciente. Sur son visage, je lis la souffrance. « Emilie, tu m'entends ? ».

« Emilie !! » « C'est Emilie ! ». Quelques filles de la classe sont de l'autre côté de la route, et viennent d'apercevoir leur camarade. Elles traversent, paniquées. « Quelqu'un a appelé une ambulance ? » sont mes premiers mots à destination des gens autour de moi. Plusieurs sont au téléphone. Je reste accroupi à côté d'Emilie, « t'inquiète pas, une ambulance va arriver ».

Je crois que j'essaie de me rassurer, autant qu'elle. Je regarde vers le haut, on me dit qu'une ambulance est en route. Je regarde ses camarades, ordonne quelque peu que l'on appelle ses parents. (y'a le carnet de correspondance quelque part ?, regarde dans son sac). Emilie essaie de se redresser, elle pousse un peu sur ses bras. « T'inquiète pas, une ambulance va arriver ». Décidément, l'inspiration me manque. Je ne sais pas quoi faire. Personne ne sait quoi faire. Je me suis retrouvé accroupi à ses côtés car j'étais la première personne arrivée qui la connaissait. En habits de prof, blanc, j'ai l'impression que les gens me font confiance. S'ils savaient. Putain, pourquoi je n'ai pas suivi une formation premiers secours. « Il faudrait peut-être la mettre en position latérale de sécurité ? ». Le débat gagne les gens autour de moi. Je ne pense pas que ça soit une bonne idée. Par contre, je ne pourrais pas justifier mon opinion, et je ne suis pas sûr. Qu'est-ce qu'on fait ? Qu'est-ce que je peux faire ? Emilie essaie à nouveau de se redresser. « Reste calme, une ambulance va arriver, on va venir te chercher ». Je lui remonte les cheveux car elle a du mal à respirer. « J'ai mal au dos ». « Je sais, je sais, ils vont venir, ne t'inquiète pas ». Moi, je m'inquiète. Surtout qu'en remontant ses cheveux je viens de découvrir une énorme plaie au niveau du cou, le genre de plaie qui vous fait détourner le regard, avec un peu de sang autour de la tête. Putain, putain, putain. Il faut qu'ils arrivent vite. Ça s'agite autour de moi. Je ne sais toujours pas quoi faire.

Ça dure quelques minutes. Ça donne l'impression de durer des heures. Et un type arrive. Un autre prof je crois. Pas de mon lycée en tout cas. Il me regarde, et dit « quelqu'un a fait premiers secours ? » Je le regarde, au fond des yeux. « Non ». Il descend de son vélo, se saisit de son crâne. « Je vais la maintenir ». Toi, tu tombes sacrément bien. « On lui fait les tests, touche-lui la jambe ». Ok. « Emilie, est-ce que tu sens que je te touche la jambe ? ». Bof. Plus bas. Oui, un peu. L'autre jambe. Oui. Ok. Il faut la maintenir comme ça, jusqu'à l'arrivée des pompiers. Huit minutes, peut-être dix au total depuis mon arrivée, et j'entends le doux son du pin-pon.

Je me retrouve à tenir un protège soleil au-dessus d'elle. Les pompiers sont là, je me sens un peu mieux. Mon CPE est arrivé. On demande, plutôt on ordonne aux élèves de circuler et de repartir chez eux. Ils s'exécutent. Le père d'une camarade arrive, explique que le père d'Emilie est en route. J'ai le pare-soleil dans le main, mais je ne me sens pas en grande forme. Les pompiers sont autour, on a fini notre mission. J'ai fini ma mission. Je me recule de quelques mètres, et je vois le père d'Emilie arriver. J'ai la gorge nouée.

Inquiet, mais digne. Je pense que j'aurais hurlé à sa place, et je n'ai pas d'enfant. Il lui parle en chinois. Je ne comprends pas, mais qu'importe, elle sait qu'il est là, c'est le plus important. Il croise mon regard. Je le connais, il est venu à la rencontre parents-profs il y a deux mois, et je l'ai persuadé que sa fille devait rester dans l'établissement. Il voulait l'envoyer en métropole.

Je recule de quelques mètres supplémentaires. Mon CPE me demande si ça va. En vérité, non. Je réponds « oui oui, ça va ». Je m'assois à l'ombre. Je veux la voir dans le brancard, emmenée dans le fourgon. Là, je me sentirai mieux. Mais elle est toujours sur le ventre. Ils sont extrêmement précautionneux. Toujours l'éclat de verre au milieu du dos, et toujours la perle de sang. Eux, ils sont concentrés sur son cou. Une ambulance est arrivée, les gendarmes, etc. On m'interroge. Qu'est-ce que j'ai vu ? « Rien ». Je raconte mon arrivée, je présente le père aux gendarmes. Apparemment, elle a traversé avec son vélo pour rejoindre le chemin en face, et repartir vers le centre-ville. Une voiture est arrivée en face, peut-être un peu vite. Le choc fut brutal. La roue avant du vélo le prouve. Mais ça, je m'en fous. Ça traîne. Je me relève. Je croise son regard, pendant plusieurs secondes. Me voit-elle ? A quoi pense-t-elle ? Ils refont les tests. Elle ne sens plus ses deux jambes. « C'est pas bon ça » me dit le CPE. Oui, j'avais compris. Elle est sur le brancard. Elle va partir vers l’hôpital.

 

Je reprends mon vélo. Une heure s'est écoulée. Je n'ai plus le temps de repartir chez moi, je n'en ai plus l'envie. La faim est passée. Je remonte vers le lycée. Je passe devant la R5 à la vitre défoncée. Je suis vide. Je ne sais pas si c'est le mélange de colère, de tristesse. Je déambule dans le lycée. Une prof vient me voir : « tu sais pour Emilie ? ». J'explique. Le proviseur adjoint me demande si je veux mon après-midi. A quoi bon. Devant les élèves ça passera plus vite. D'ailleurs, ça passe vite. Je fais une intervention d'une minute dans chaque classe pour réexpliquer l'importance de faire attention à vélo, mais j'ai l'impression que je tiens surtout le discours pour moi. 17H30. Fin des cours. « On a des nouvelles ». Je vais voir le proviseur. Elle est emmenée en Martinique. Le pronostic vital n'est pas engagé. Et elle devrait pouvoir retrouver l'usage de ses jambes.

Un poids qui tombe. J'avais l'impression d'être Atlas, le poids du monde sur mes épaules. Je souris un peu plus. Putain, elle m'a fait peur. J'imaginais le fauteuil roulant, ou pire.

 

20h. Je pars au foot. 22H, je rentre. Je vois deux appels manqués à 21H37 d'un collègue, le collègue toujours au courant de tout plus vite que toi, et un message sur ma boite vocale. Je dois passer par Internet pour la consulter. J'ai aussi reçu un SMS à 21h38 d'un autre collègue : « J'ai appris pour ton élève, toutes mes condoléances, quel drame ».

 

Non. Non, non, non, non non non non. C'est pas possible. C'est pas possible. Il doit y avoir une erreur. Putain non. Pourquoi. C'est pas possible. Je reprends une claque. Je suis au bord des larmes. Pas Emilie. Je revois son sourire et son rire à plusieurs reprises ce matin. Je la trouvais tellement joyeuse. Là, fini, comme ça ? Non. Non, non. Je pense à comment va-t-on gérer ça dans le lycée. Et ma classe, où je suis le prof principal. Je vais annuler mon ticket d'avion, pour l'enterrement. Je me reprends. Je le connais, ce collègue, il peut avoir des difficultés de communication. C'est un Sheldon. Je me connecte à ma boite vocale. Mon collègue qui connaît tout me donne les infos de 17h30, elle part pour la Martinique. Alors, pourquoi ce sms de l'autre ? Je vais aux nouvelles.

Elle est bien en Martinique. Elle est vivante.

 

Putain. Une petite joie. Et une colère. Si mon collègue avait été devant moi, à ce moment là, c'eût été pour lui les condoléances. « Désolé, une erreur de formule » m'a-t-il dit le lendemain. Heureusement que je l'apprécie. Et ce soir, c'est les vacances. La métropole m'attend. Le karma y sera forcément bon.

[Faites gaffe tout le monde, roulez tranquille, on n'est pas pressé de vous enterrer]

L'accident
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6 février 2018 2 06 /02 /février /2018 02:06

Alors que le bal des Corsaires vient d'avoir lieu et que je me prépare à rejoindre le nord pour faire la bande de Malo, direction un carnaval un peu différent de celui de Dunkerque : pas de pluie et pas de neige fondue en Guyane !

Les Caraïbes et l'Amérique du Sud sont un peu (mais juste un peu) connues pour leur carnaval (je ne sais pas si vous avez entendu parler de Rio...). Et depuis plusieurs mois on me parle du carnaval guyanais. Je ne savais pas trop à quoi m'attendre, étant plutôt exigeant sur le sujet en raison de ma formation dunkerquoise. A Saint-Laurent du Maroni, un défilé a lieu tous les dimanches. Allez, c'est parti...

Le carnaval guyanais
Le carnaval guyanais

Bon, je reste clairement sur ma faim ! Il y a trois pelés et un tondu, deux ou trois groupes passent (plusieurs fois !), et il n'y a pas grand monde en ville. Hum.

Soit, alors direction Kourou ! Là, il paraît que c'est LA parade de Guyane. 5 heures de route aller-retour, j'espère que ça vaut le coup ! Dans tous les cas, la plage sera là pour nous accueillir.

Le carnaval guyanais

Le défilé commence à peu près à l'heure (c'est à signaler en Guyane). Et, pendant 3 heures durant, les groupes s'enchaînent.

Le carnaval guyanais
Le carnaval guyanais
Le carnaval guyanais

Les Cubains, les Haïtiens, les Brésiliens, les Surinamiens... là, clairement, la diversité culturelle guyanaise dans toute sa splendeur, pour le plaisir de tous ! (c'est chouette l'immigration pouvais-je presque lire sur les lèvres).

Le carnaval guyanais
Le carnaval guyanais
Le carnaval guyanais
Le carnaval guyanais

Les Brésiliens sont ceux qui mettent le feu (avec grosse sono, DJ, et troupes endiablées). D'autres choisissent plutôt la beauté des costumes. Les troupes viennent de toute la Guyane pour l'occasion (la parade est retransmise sur Guyane 1ère, la chaîne de télé locale).

Le carnaval guyanais
Le carnaval guyanais
Le carnaval guyanais

Ce qui est chouette, c'est l'ambiance familiale et multiculturelle, chose assez rare ici, il faut l'admettre (les soirées touloulou et tololo, à la réputation sulfureuse, sont plutôt créoles par exemple).

Le carnaval guyanais
Le carnaval guyanais

De mon côté, pas de déguisement cette fois. Par contre, pour la Funky d'Apatou.... Apatou se situe à 45 minutes de la maison. C'est un petit bled le long du Maroni, où il ne se passe pas grand chose d'ordinaire. Mais, chaque année, un festival de musique funk a lieu. Une première pour moi ! Alors c'est parti pour une soirée déguisée avec les colocs. Clairement l'une des très bonnes soirées de l'année !

Le carnaval guyanais
Le carnaval guyanais

[en vérité je bosse beaucoup]

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3 février 2018 6 03 /02 /février /2018 02:39

On est bien assis. Canapé. Chaise de bureau. L'ordinateur et le smartphone. La télévision à côté de nous. Je prends un verre. Une tartine. De la musique. Il fait bon vivre. 2018.

Tu es compressé. Un bateau. Le froid. La mer. Les vagues. Le noir. Les cris. La peur. Le peu que tu avais dans le ventre, tu l'as vomi. La Libye enfin derrière toi. L'Europe devant. Moi, mes conditions de vie.

 

Et tu vas mourir. Toi. Et lui. Et elle. Son enfant aussi. Et les autres. Le vieux au fond. Une noyade. Belle mort. Tu te demanderas à ce moment là pourquoi tu es parti. Et moi, toujours bien assis.

 

Mon gouvernement ? Il pourrait envoyer des hommes te chercher, te sauver. Il en envoie, parfois. Mais pas trop non plus. Car il y aurait le fameux « appel d'air ». Te sauver, ça veut dire que d'autres vont te suivre. Il faut bien en laisser mourir de temps en temps. Pour l'exemple. Alors c'est tombé sur toi. Quelle justice dans tout ça ? Oh, et depuis quand le monde serait juste ?! Tu le sais bien, tu es né là-bas, en Afrique. Moi je suis né ici, en Europe. A partir de là, l'injustice était faite. Tu essaies de rattraper cela avec une traversée de la Méditerranée. Dommage. La loterie, ce n'est décidément pas ton truc.

 

Et tu connais les élections ? Non, forcément, ta dictature... Bon, je t'explique : les élections c'est compliqué. Imagine, tu arrives. Là, c'est embêtant. Car on n'a pas de boulot pour toi. Surtout sans papiers. Tu ne veux pas rester ? Dis donc, tu ne te rends pas compte de la chance que tu avais d'être là. Décidément, vous n'êtes pas reconnaissants... Bon, l'Angleterre tu dis ? Oui, Calais. Y'a plus de jungle par contre. Plus de logement. D'ailleurs, y'a plus de migrants, c'est bien connu. Oui, oui, tous partis, le gouvernement l'avait annoncé, et il a, comme toujours, tenu sa promesse.

 

Par contre, il ne faudrait pas rester trop longtemps. Tu sais, les prochaines élections. Partir vite. On n'a rien pour toi. Le chômage. La misère. Quoi ? Tu dis qu'on est riche ? Ah, la bonne blague. C'est la crise mon bon enfant. Allez, repars. Ne nous en veux pas, on te dit qu'on ne peut rien pour toi.

Assis. Ma chaise de bureau. Ma musique. Ah, qu'est-ce qu'on est bien. 2018.

Regarder les gens mourir
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31 janvier 2018 3 31 /01 /janvier /2018 03:27

Alors saute-moi au cou, allez dis-moi que la vie est belle, allez saute-moi au cou

 

Ma chère, mon tendre,

 

Il faut bien l'admettre, notre rencontre fut un coup de foudre. Plus de dix ans d'amour, à mon âge, c'est une chose rare. Et chaque jour, chaque semaine, chaque mois avec toi furent des instants de bonheur. Qui peut en dire autant ? Tu m'as procuré mes plus grands plaisirs, mes plus grandes découvertes. J'ai traversé des villes et des pays en ta compagnie, sous le soleil et la pluie, nous avons croisé mille regards et mille sourires. Chacun d'eux, chaque paire d'yeux furent une rencontre insolite, des moments de délice. Le couple ce n'est pas se regarder l'un l'autre, mais marcher tous les deux dans la même direction. S'entraider, se soutenir, porter l'autre sur son dos.

 

Tu sais, mon sac à dos, mon fidèle ami, je te propose un voyage de noces des plus dépaysants, à travers un nouveau continent. Car on ira tous les deux jusqu'au bout. Le monde est vaste, et nous allons continuer à le découvrir ensemble. Une simple vie avec toi n'est sans doute pas suffisante, et je pesterai contre ce temps qui s'accélère et contre l'usure de chacun. Mais cette sensation que tu me procures lorsque je suis en ta compagnie, mélange de liberté et de folie, est inégalable.

Certes, je ne peux pas te passer une bague au doigt, mais quelques drapeaux te pareront, te renforceront, et tu pourras les montrer à tes amis qui te jalouseront. Ta vie est belle, ma vie est belle. Continuons.

Ma demande en mariage
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25 janvier 2018 4 25 /01 /janvier /2018 13:28

Il y a pour moi des transports synonymes de voyage. L'avion, bien sûr, quoique j'aie plus encore un faible pour les aéroports. Et il y a le mini-bus, prévu pour 8 personnes, où tu te retrouves parfois à 10, 12, 14 ou 16 selon les continents (les Africains ayant l'art de faire entrer hommes et animaux dans un exercice réfutant toutes les théories du contenant et de l'espace nécessaire à la survie). Aujourd'hui, nous sommes 4 : c'est là où je comprends que la Guyane est française. Direction Cayenne, pour prendre un avion et quitter ce territoire, pour la première fois en 4 mois.

 

Bilan de mi-mandat : « c'est vert... Une grenouille peut-être ? »

 

Si je devais résumer ma Guyane en un mot ce serait cette couleur, omniprésente. Les arbres, la végétation luxuriante, la nature... on ne peut y échapper. C'est en sortant de chez moi, en allant au travail, dès que je fais 100 mètres en dehors de Saint-Laurent. J'imaginais une Guyane nature, et je ne me suis pas trompé. Là où les faits m'ont donné tort, c'est le côté moustique/animaux bizarres/pluie. Oui, il pleut, parfois. Mais beaucoup moins souvent que dans ch'Nord. Et de la pluie à 27°C, ce n'est pas de la pluie à 7°C. Je n'ai pas quitté mes nombreux [sic!] T-Shirts depuis mon arrivée, et je confirme : ça joue beaucoup sur mon moral ! Je sors du travail, je me pose sur la terrasse, ou au bord du fleuve. Je prends l'air, je vis dehors. C'est la première fois, et je suis conquis (je comprends mieux ma sœur et son déménagement provisoire devenu définitif à Marseille).

Côté animaux bizarres, il y a bien des cafards, des gros lézards et des papillons, des escargots très gros et quelques singes en forêt, mais on est loin des serpents à tous les coins de rue ! De même s'il y a des moustiques, c'est plutôt en soirée, et ça reste supportable (plus que la Finlande l'été).

 

Ma Guyane, c'est aussi ma colocation. C'est la huitième fois que je me retrouve en coloc, et j'apprécie toujours autant. Nous sommes 5, dont deux sont arrivés après moi (oui, ça tourne pas mal!) et l'ambiance me paraît être de mieux en mieux (tout comme notre logement). Le fait que mon coloc Tim soit assis à côté de moi dans ce bus et que nous partions ensemble en vacances suffit à illustrer mon propos.

 

« Monsieur, j'ai un bonbon pour vous avec votre nom dessus »

 

L'autre partie de ma vie est le travail : c'est tout de même ce qui m'a amené ici ! Là, quelques lignes ne suffiront pas à tout dire. Disons que ce fut une agréable surprise, avec des élèves respectueux et plutôt travailleurs et intéressés dans l'ensemble. Ca me confirme ma vocation et ma croyance dans ce métier (j'écrirai prochainement en longueur sur ce sujet).

 

Enfin, il y a Saint-Laurent du Maroni, ma ville. Au-delà de son histoire bagnarde et de son aspect physique, que je compte vous présenter un jour (j'essaie encore de l'apprivoiser), il y a les rapports humains, notamment les miens, que je pense caractéristiques de notre situation : prof, originaire de métropole. D'abord, je rappelle que la Guyane était, comme les autres DOM, une colonie française jusqu'en 1946. Nous sommes donc, qu'on le veuille ou non, au sein d'une société post-coloniale, avec des personnes, quoique peu nombreuses, ayant connu la Guyane coloniale. Cette histoire est essentielle, puisqu'elle a forgé des groupes de population distincts : les Amérindiens, présents sur place depuis des millénaires, ce sont les colonisés. Il y a ensuite les Noirs-Marrons, Bushinengués, eux, c'est plus compliqué : c'était des esclaves exportés d'Afrique et amenés en Guyane anglaise et surtout néerlandaise. Certains se sont échappés (le marronnage) et se sont rapprochés du Maroni, vivant parfois des deux côtés du fleuve. La guerre civile au Surinam a rompu cet équilibre déjà précaire, et les Bushis se sont réfugiés en nombre à Saint-Laurent du Maroni au cours de la décennie 1980. Les logements temporaires laissent peu à peu place à des logements décents, et j'ai dans mes classes des enfants nés en France de parents anciennement réfugiés (la fameuse seconde génération). C'est un résumé grossier pour les Bushis, mais j'assume.

En plus des Amérindiens et des Bushis, vous avez les Créoles : ils sont moins nombreux que dans le reste de la Guyane mais ils tiennent les rênes politiques et économiques. Ce sont aussi des descendants d'esclaves, envoyés en Guyane française, mais beaucoup plus métissés (avec les blancs) : ils parlent sans surprise le créole guyanais, quand les Bushis ont une autre langue maternelle, un créole surinamien (le Sranan Tongo, surnommé vulgairement le taki-taki, une sorte de mélange de néerlandais-anglais-portugais-origine africaine-apports extérieurs).

Reste encore une minorité chinoise, détenant une partie du commerce (on va « chez le Chinois » pour aller dans des magasins), les Hmongs, originaire du Laos (présents à plusieurs dizaines de kilomètres de Saint-Laurent mais venant deux fois par semaine vendre leurs légumes au marché), les Brésiliens, et les Haïtiens (migrants, souvent dans des situations illégales). Enfin, il y a moi, et les autres comme moi : les métropolitains (profs, infirmiers, gendarmes...) appartenant au pays colonisateur.

Et ce que je craignais arrive : je traîne essentiellement avec des métros. Ce n'est pas uniquement un choix personnel : la société est terriblement divisée. Les Amérindiens sont entre-eux, les Hmongs, les Chinois ou les Haïtiens aussi. Cette division est très marquée spatialement. Il y a le quartier haïtien, derrière chez moi, les villages amérindiens et la Charbo est bushi. Les mélanges sont limités entre les communautés, et un Bushi aperçu de nuit dans un village amérindien pourra être suspect. Il en ressort pour moi un malaise, surtout vis-à-vis des Bushis, majoritaires, et pourtant moins bien intégrés économiquement que les Asiatiques et les Créoles. Le chômage est très élevé ici, et les tensions sont nombreuses (sauf à vouloir mettre des oeillères). Moi, le métropolitain, payé 30 à 40% de plus qu'en métropole, je deviens parfois un porte-monnaie sur pattes. Les histoires de vol et de cambriolage sont nombreuses, et ça empêche un bien être global de véritablement s'installer. Les Amérindiens restent quant à eux en retrait dans la vie de Saint-Laurent, quand les Haïtiens me semblent encore les plus précaires.

 

En même temps, j'ai l'impression que ce sont plutôt les métropolitains qui essaient le plus de se mélanger : avec les Amérindiens aux jeux Kali'na, avec les Bushis aux soirées de la Charbo, etc. Ca a l'air parfois plus compliqué entre les autres communautés.

Cette vision d'ensemble me laisse penser que la Guyane peut être un volcan en sommeil, avec quelques symptômes d'activité : aux dernières élections, les deux extrêmes ont fait 1er et 2ème, loin devant Macron ; les Créoles, surtout, ont bloqué la région deux mois au printemps 2017 ; les Asiatiques ont déjà manifesté contre l'insécurité...

Attention, Saint-Laurent du Maroni n'est pas toute la Guyane, surtout pour les Bushis (en majorité ici, ce n'est pas toujours le cas ailleurs). Ajouter à tout cela l'orpaillage, et la drogue (avec le phénomène très important des mules) : vous avez un sacré cocktail.

 

Là, vous vous dites de plus en plus : c'est Bagdad ! Non, il ne faut pas non plus voir tout en noir (et blanc). Déjà, ce n'est pas vraiment la couleur de peau qui fait la différence : les noirs de métropole et même les Amérindiens ayant suivi un cursus en métropole restent essentiellement avec des métropolitains. C'est, selon moi, des barrières économiques et culturelles plutôt qu'ethniques. De plus, lorsque je joue au football le jeudi, je passe la balle à un Brésilien qui centre à un Bushi qui marque. Et tout cela sans remarquer notre origine : on est juste des joueurs de foot.

 

Il y a de nombreux côtés positifs :  la nourriture, de mon poulet haïtien favori (le meilleur de Saint-Laurent que je répète depuis 3 mois!) à la soupe Hmong du mercredi. Il y a la musique, du bœuf du dimanche soir à la Goélette aux rythmes endiablés de la Charbo, en passant par les sons des églises. Et il y a les sourires, présents un peu partout, en centre-ville quand je dépasse quelqu'un à vélo ou les gamins de mon allée. Les mélanges existent chez les gamins de mon lycée, et ça me donne de l'optimisme pour les années à venir.

 

Le bilan de tout ça, c'est quoi ? J'aime ma vie ici (un type m'a dit un jour que je l'encense), et je n'ai pas regretté un seul jour ma décision de venir. Je ferai cette année scolaire avec, j'espère, toujours grand plaisir. Et en juin ? Et en septembre ? Hum, je vous vois venir avec vos questions ! On verra, rien n'est encore décidé, et mon sac à dos me démange.

4 mois de Guyane
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23 janvier 2018 2 23 /01 /janvier /2018 14:28

Jean Cocteau, La machine infernale

 

Alors que Laïus hante les soldats pour les prévenir du drame qui s'annonce, Oedipe se retrouve devant Thèbes et rencontre le Sphinx. Après l'avoir emporté, il épouse sa mère biologique Jocaste et c'est la nuit de noce. Enfin, dans le dernier acte, Oedipe apprend la mort de son père adoptif, ce qui l'amène à découvrir la terrible vérité.

 

La machine infernale. J'attendais, derrière ce titre, une toute autre histoire ! Me revoici avec Oedipe, quelques mois après ma lecture du livre de Sophocle. La pièce est cependant différente et assez complémentaire : Cocteau imagine des scènes précédant celles de Sophocle. La première scène n'est clairement pas ma préférée (pour le côté fantastique-science-fiction) tandis que l'idée d'un Sphinx dépressif et donnant la réponse à Oedipe me laisse un peu dubitatif. Le troisième acte doit être très intéressant à voir au théâtre (attraction-répulsion). Le quatrième est mon préféré car le plus dramatique (notamment avec l'idée de la fille qui supporte son père).

Comme toujours avec la lecture d'une pièce de théâtre, j'ai envie de la voir jouer.

 

Citation : Un visage de jeune fille, c'est l'ennui d'une page blanche où mes yeux ne peuvent rien lire d'émouvant.

 

Jean-Paul Sartre, Huis Clos

 

Un homme est amené dans une pièce. Sans fenêtre. Quasiment vide. Et il doit rester là. Garcin le sait, c'est son purgatoire. Il va enfin pouvoir faire le point sur sa vie, sur ses actes. Mais la présence d'Inès et d'Estelle le dérange dans sa démarche. Chacun d'eux est pourtant là pour une raison. Pas d'échappatoire. Et une conclusion : l'enfer, c'est les autres.

 

Pièce de théâtre moderne, Huis Clos imagine une « vie » après la vie. La tension qui règne dans la pièce monte au fur et à mesures des lignes. Pièce agréable à lire, à voir ce que ça donnerait sur scène.

 

Jean-Paul Sartre, Les mouches

 

Oreste est le fils du roi d'Argos Agamemnon. Celui-ci a été assassiné, avec l'aide complice de sa femme. Oreste a été abandonné mais a survécu et est devenu un homme sage, éduqué. Il revient à Argos alors que la ville est en perpétuelle repentance, encouragée en cela par Jupiter. Après des discussions avec Electre, sa sœur maltraitée, il prend la décision de tuer l'assassin de son père, amant de sa mère, nouveau roi d'Argis, ainsi que celle-ci.

 

Pièce à l'apparence classique, les Mouches n'en demeure pas moins extrêmement anti-religieuse, opposant l'homme libre (Oreste) au Dieu Jupiter. A travers sa pièce, Sartre parvient à faire passer son message, quand bien même celui-ci peut être sanglant.

 

Citation : Le secret douloureux des dieux et des rois, c'est que les hommes sont libres

 

Alexandre Pouchkine, La dame de pique

 

Traduit par... Prosper Mérimée !

 

Hermann, jeune officier sans vice entend parler d'une histoire extraordinaire : une vieille dame, le comtesse Anne Fedotovna, aurait connu le secret de la victoire à coup sûr à un jeu de carte. Troublé, Hermann décide de séduire Lisabeta, la gouvernante, afin d'avoir accès à la vieille. Mais son plan rencontre un accroc... la dame de pique.

 

Après le Joueur de Dosto, c'est le deuxième ouvrage russe consacré au jeu que je lis. La nouvelle se lit vite et facilement (ça change). La chute est parfaite. Critique acerbe de l'aristocratie pour ses manières (ou ses non-manières) et de l'ambition des hommes, prêts à tout pour s'enrichir. Mon premier Pouchkine, que je valide bien plus que Gogol !

 

Alexandre Pouchkine, Doubrovsky

 

Cyrile Pétrovitch Triekourof est un puissant homme dans sa campagne russe. Mais il n'a qu'un seul véritable ami : André Gavrilovitch Doubrovsky. D'une insulte à une expulsion de sa demeure, il n'y a que quelques pays que Troïekounof emprunte. Son ami décède, en colère. Son fils revient alors et, fort du caractère de son père, préfère brûler la maison que de la laisser à Troïekounof. Il empunte dès lors une carrière de bandit Robin des Bois, prince des cœurs.

 

Amitié, revanche, vengeance, fierté... de nombreuses valeurs sont abordées dans cette nouvelle. Et fidélité. La chute est incompréhensible pour notre époque, et terriblement vraisemblable début XIXème.

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22 janvier 2018 1 22 /01 /janvier /2018 19:58

Chaque année c'est la même rengaine. Et chaque année je prends beaucoup de plaisir à réaliser cette liste. Autant le réveillon m'emmerde profondément, autant faire le point à chaque tournant d'année me plait beaucoup. Car c'est à ce moment-là que je me fixe de nouveaux objectifs, et que tout semble encore possible pour mon année. Quoique 2018 soit un peu différente, car je sais où je suis jusqu'en juin : en Guyane, en tant que prof. Je rentre en février en métropole, je pars pendant les vacances d'avril (la Martinique tient la cote). Et puis il y a le flou qui commence en juillet. Ce flou est sexy. Ce flou annonce la liberté : tout sera possible. Plusieurs pistes se dégagent : partir à travers l'Amérique du Sud pendant plusieurs mois ; partir à travers l'Amérique du Sud pendant deux mois et faire la rentrée en Guyane, ou en métropole, ou ailleurs ; partir à travers l'Amérique du Sud quelques semaines et rentrer en métropole et y rester, ou revenir en Guyane... Bref, ça tourne un peu autour des mêmes idées, mais rien n'est gravé dans le marbre.

 

- Découvrir 3 nouveaux pays

- Réaliser deux missions de la Bucket List

- Découvrir 2 nouveaux sports

- Faire 50 pompes par jour / Arriver à 65 kilos

- Voyager avec des copains / la famille

- Finir mon tour de Guyane

- Revenir au moins 2 mois en métropole

- Etre en couple au moins deux mois

- M'engager dans la vie publique

- Etre heureux

Les résolutions 2018
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