28 août 2013 3 28 /08 /août /2013 12:14

Comme l'année dernière je lance un appel à tous ceux qui sont sur Lille samedi matin, pour la braderie ou pour autre chose, vous pouvez venir me supporter, m’encourager, me lancer un chocolat, crier ou hurler mon nom, voire même réaliser une petite chorégraphie kangourou tout au long du parcours. Le semi-marathon débute du côté du boulevard de la liberté, à côté de la station République, à 9 heures. C’est une boucle de deux tours, je vous mets le parcours en photo (le même que l'année dernière). L’arrivée aura lieu rue de Paris, pas très loin du départ. Des stands et/ou d'épongement sont prévus tous les 2,5 km.

Premier tour 

Premier-tour-du-semi-marathon-lille-2012-parcours.jpgSecond tourSecond-tour-du-semi-marathon-lille-2012-parcours.jpg
Mes objectifs

N°1 : finir le semi-marathon. C'est déjà un signe de non-blessure, le plus important.
N°2 : finir en moins de 1h39 et 26 secondes, mon temps de l'année dernière.
N°3 : finir en moins de 1h35.

N°4 : le faire en moins d’1h30. Mon objectif avoué.
 

Côté entraînement, ce fut un peu mieux que l'année dernière. Cela fait quasiment deux mois que j'ai repris les footings réguliers, à raison de trois fois par semaine. J'ai fait du spécifique montée pour ne pas trop souffrir lors du faux-plat montant de la deuxième boucle, celui qui m'avait achevé l'année dernière. J'ai fait quelques fractionnés (les fameux 30/30 détestables mais qui doivent permettre de mieux accélerer). Et j'ai fait les foulées éperlecquoises. Cette année je n'aurai donc pas d'excuse en cas de mauvais temps, je suis fin prêt !

 

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28 août 2013 3 28 /08 /août /2013 08:47

J'ai découvert Thomas Mann grâce à Luchino Visconti. Dirk Bogarde m'avait époustouflé, je le revois encore crier « Tadzio » dans Mort à Venise. Alors je me suis lancé.

mort-a-venise-Visconti.jpg

Le livre de l'écrivain allemand est intitulé Der Tod in Venedig dans la langue de Goethe. J'ai été surpris par le vocabulaire utilisé, parfois difficile à comprendre. Et pourtant, je l'ai bien lu en français. Les différences entre le livre et le film sont nombreuses. Dans l'ouvrage nous sortons dans Venise, Gustav Von Aschenbach est un écrivain et non pas un musicien. Mais l'esprit reste le même, celui d'un amour interdit, celui d'un amour pédophile. L'écrivain choisit de rester dans Venise, devenue ville fantôme, déchirée par un mal qu'est le choléra. Il reste pour son amour, pour l'observer, pour le scruter. Il ne saura jamais si cet amour est réciproque, n'osant aborder le jeune Polonais, son Tadzio. 

L’œuvre de Thomas Mann dispose donc d'un vocabulaire extrêmement riche, parfois trop pour moi. Les références à la mythologie sont nombreuses, et j'avoue ne pas toujours avoir compris. Thomas Mann ne cachait pas que son œuvre était inspirée par des personnages réels (les traducteurs polonais ayant retrouvé le Tadzio!).

Extrait :

D'être seul et de se taire, on voit les choses autrement qu'en société ; en même temps qu'elles gardent plus de flou elles frappent davantage l'esprit ; les pensées en deviennent plus graves, elles tendent à se déformer et toujours se teintent de mélancolie. Ce que vous voyez, ce que vous percevez, ce dont en société vous vous seriez débarrassé en échangeant un regard, un rire, un jugement, vous occupe plus qu'il ne convient, et par le silence s'approfondit, prend de la signification, devient événement, aventure, émotion.

 

Thomas Mann, Tristan

Gabrielle Klöteryahn arrive à Einfried, maison de repos. Elle bouleverse l'écrivain Spinell, qui perd son temps chaque année ici. De discussions en discussions, les deux personnages centraux finissent par se rapprocher et l'apogée de leur rencontre se fait une journée, au son du piano, avec l’interprétation par Gabrielle de Tristan et Iseut de Wagner. Spinell, tourmenté, accuse le mari de Gabrielle d'être indigne d'elle, alors que celle-ci décède.


Drôle de passion mise en scène ici par Thomas Mann. L'écrivain raté semble être à la recherche d'un objectif de vie, et il est prêt à tout donner pour Gabrielle. Celle-ci, frêle, fragile, pure, correspond à ses attentes. La scène du piano est magique et terrible à la fois.

Extrait : Sa belle humeur était celle d'un homme dont l'estomac et les finances sont en règle.

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27 août 2013 2 27 /08 /août /2013 14:45

C'est bien beau de voyager à travers la France, l'Europe ou le monde, mais il ne faudrait pas oublier qu'il y a de très belles choses à voir dans le Nord-Pas-de-Calais. Alors dans la série je découvre ma région, direction LA nouveauté : le Louvre-Lens.
Je ne sais pas si on a encore bien réalisé l'immense chance d'obtenir Le Louvre à Lens. Lens, ses corons, son club de foot et... c'est tout. Il faut reconnaître que la ville n'était pas gâté pour beaucoup de choses. Elle a perdu 7 500 habitants en 50 ans (de 42 500 à 35 000), et présenté un taux de 24% de chômage en 2009 (la moyenne était alors de 8,8%...).

Et puis le Louvre est arrivé. Comme toujours à Lens, on a su l’accueillir.
Nous nous sommes garés sur le parking du stade Bollaert, gratuit et qui retrouve ainsi une deuxième jeunesse. Empruntant l'allée Marc-Vivien Foé, nous sommes arrivés devant les bâtiments.
Le Louvre-Lens a été construit par un architecte japonnais sur l'ancienne fosse n°9 des mines de Lens. Beau symbole. Le musée est tout en long, et l'aspect extérieur est assez impressionnant. Louvre-Lens.JPGA l'intérieur, nous sommes entrés dans l'immense galerie, dénommée galerie du temps. Celle-ci est gratuite pour tout le monde, jusqu'au 3 décembre. Dépêchez-vous donc !
Le fonctionnement du musée est très XXIème siècle. L'audio-guide tactile vous permet de survoler les œuvres, d'écouter des descriptions audio, voire parfois vidéo. L'audio-guide étant également gratuit, pas la peine de s'en priver. Cela vous permet de mieux comprendre les œuvres.Louvre-Lens-grande-galerie.jpg

Les œuvres justement, sont plutôt nombreuses. On avance dans le temps au fur et à mesure de notre marche. La Mésopotamie, les œuvres égyptiennes, grecques et romaines, des statues, des objets et bien sûr de la peinture. Moyen-Age, œuvres de la Chrétienté ou de l'Islam, et puis la Renaissance. Boticelli et sa Vierge et l'enfant, Saint-Sébastien du Pérugin, Raphael, El Greco, Rubens... et mon Georges de la Tour, avec la Madeleine à la veilleuse.

Madeleine-a-la-veilleuse-George-de-la-Tour.jpgRembrandt, Poussin, Gellée, Goya, Ingres et le chef d'oeuvre, l'apogée, La liberté guidant de le peuple de Delacroix.

Louvre-Lens-La-liberte-guidant-le-peuple-Delacroix.JPGIl nous a fallu deux heures pour finir la galerie. Une sortie ludique pour mes cousins/cousines et une piqûre de rappel d'oeuvre d'art pour moi. Finissons avec le duc de Richelieu !
Le-duc-de-Richelieu-Schiaffino.JPG 

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23 août 2013 5 23 /08 /août /2013 19:41

Boris-Vian--L-ecume-des-jours.jpgL'écume des jours

J'ai été très déçu Boris. Ton nom résonnait en moi comme le créateur du déserteur, chanson devenue mythique. Alors j'attendais beaucoup de L'écume des jours. Ce titre m'inspirait, j'ignore pourquoi. Et puis la déception. Pour être franc, j'ai eu l'impression de lire un livre Harlequin sur les 100 premières pages, avec une amourette entre Colin et Chloé. Le tout dans un univers très étrange, une sorte de science fiction où les objets vivent (wikipédia me dit que c'est surréaliste!). Jean Sol Partre est un des personnages centraux, avec Chick, le meilleur ami de Colin, fan du philosophe. Chloé attrapera très vite un nénuphar au poumon, et Colin finira ruiné. Le tout dans cette atmosphère toujours très bizarre. Une réelle incompréhension face au succès postérieur de l’œuvre (du vivant de Vian, ce fut un échec).


Citation

Je devrais vous conseiller de vous adresser à Dieu, mais j'ai peur que pour une si faible somme, ce ne soit contre-indiqué de le déranger...

 

 

Je voudrais pas crever

Les poèmes de Boris Vian sont reconnus en France. A l'étranger, c'est plus mitigé, mes collègues allemands ne connaissant même pas l'existence de l'écrivain.

Je voudrais pas crever est un recueil de 23 poèmes. Leurs niveaux fluctuent énormément. J'en ai apprécié certains, j'en ai détesté d'autres. Certains sont dans la réalité, certains voguent dans un surréalisme qui ne me plaît guère.

Au final, je reste mitigé. J'ai préféré Baudelaire et Rimbaud.


Quelques extraits :

Un an de plus

Il vaudrait mieux gagner sa vie

Mais ma vie, je l'ai, moi, ma vie

J'ai pas besoin de la gagner


Si les poètes étaient moins bêtes

Mais les poètes sont très bêtes

Ils écrivent pour commencer

Au lieu de s'mettre à travailler

Et ça leur donne des remords

Qu'ils conservent jusqu'à la mort

Ravis d'avoir tellement souffert

On leur donne des grands discours

Et on les oublie en un jour

Mais s'ils étaient moins paresseux

On ne les oublierait qu'en deux


Tout a été dit cent fois (je vous l'offre le poème complet)

Tout a été dit cent fois
Et beaucoup mieux que par moi
Aussi quand j'écris des vers

 

C'est que ça m'amuse
C'est que ça m'amuse
C'est que ça m'amuse et je vous chie au nez.

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5 août 2013 1 05 /08 /août /2013 08:38

Il y a plusieurs mois de cela, j'ai écrit un article au titre similaire. Celui-ci retraçait mes craintes vis-à-vis du temps qui passe et des regrets qui s'amassent. Et je me demandais ce que les personnes âgées, celles qui vivaient en face de chez moi à cette époque, pouvaient bien regretter.

Une infirmière australienne a répondu à ma question. Elle travaille en soins palliatifs et accompagne les gens vers leur dernière demeure. Elle a posé la question à de nombreux patients, et le résultat est le suivant

 

5 – J'aurais dû me laisser être plus heureux.

4 – J'aurais dû rester en contact avec mes ami(e)s.

3 – J'aurais dû avoir le courage d'exprimer mes sentiments.

2 – J'aurais dû moins travailler.

1 – J'aurais dû vivre la vie que je souhaitais vivre, et non pas celle que les autres voulaient que je vive.

 

Depuis plusieurs semaines je repense beaucoup à cet article que j'ai lu dans le Guardian. Et je repense à ces regrets. Le premier, le plus important de tous, est le fait de ne pas avoir vécu ses rêves. C'est clairement un point sur lequel je travaille, comme ma Bucket List en témoigne. J'essaie de faire le maximum pour ne pas avoir ce regret-ci, relisant régulièrement cette liste. A terminer.

Mais ce sont surtout les autres regrets qui m'ont intéressé. C'étaient des points auxquel je n'avais pas pensé. Pour le coup du moins travailler, je ne pense pas être un bourreau de travail. J'ai toujours pensé qu'il fallait travailler pour vivre et non pas l'inverse. A continuer.


Concernant le regret 3, exprimer mes sentiments, c'est quelque chose que je n'arrive pas forcément à faire. Dans ma vie sentimentale, plutôt. Avec mes ami(e)s, j'essaie de leur faire comprendre parfois, à l'aube de quelques articles sur ce blog, que j'ai besoin d'eux. Quant à ma famille, c'est peut-être plus difficile. A méditer.

 

Le point 4 est un point essentiel. Les ami(e)s. Ces vieilles personnes, quelques semaines avant leur mort, pensaient à leurs ami(e)s perdu(e)s. Et je sais que c'est une crainte que je partage. L'amitié est une plante extrêmement fragile. Surtout quand on s'en occupe à distance. Depuis plusieurs années, je fais régulièrement les efforts, par message et à chacun de mes retours dans le Nord. Mon objectif est clair : revoir l'ensemble de mes ami(e)s à chacune de mes venues. Cela semble fonctionner. Les filles du lycée, les Arrageois, deux groupes que j'aurais pu perdre de vue. Mais nous avons fait les efforts pour rester liés. Je sais aussi que j'en ai laissé d'autres sur la route. Et ça me chagrine déjà un peu. A rattraper.

Quant au dernier, le fait de ne pas se laisser à être heureux, je pense qu'il découle beaucoup des regrets précédents. Si je n'ai pas ces quatre premiers regrets à quelques heures de ma mort, je pense que je n'aurai pas celui-ci. J'essaie toujours de faire les choix en terme de bonheur, et jusque là ça m'a plutôt porté chance. A savourer.

Et vous, déjà des regrets ? Quelles sont vos peurs par rapport à ça ?
On n'a qu'une vie. Profitez.

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4 août 2013 7 04 /08 /août /2013 09:45

Aujourd'hui direction les corons et les mines de charbon. Bruay-la-Buissière bonjour. Avec les Arrageois ce fut une journée découverte de notre patrimoine, celui du Pas-de-Calais, pas forcément celui que je connais le plus par ailleurs. L'occasion de combler mes lacunes sur ma propre région. Et quoi de mieux pour l'occasion de grimper sur un terril.

TerrilsLes terrils dans le Pas-de-Calais, c'est un peu nos Alpes à nous. Le plus haut terril de la région (celui de Loos-en-Gohelle) est plus haut que le Mont Cassel, le sommet des Flandres (188 vs 176 mètres). Ce sont les seules montagnes que nous ayons et qui rythment le paysage quand on roule sur l'autoroute du côté de Béthune ou d'Hénin. Il paraîtrait même que l'on y fait du ski... (à Noeux les Mines). TerrilTerril 2Le paysage est saisissant. Des montagnes noires. Les terrils sont composés des restes de l'extraction minière, surtout du schiste. Les dernières mines ont fermé à la fin de la décennie 1970. La végétation n'a pas encore totalement pris possession du lieu, comme c'est le cas sur d'autres terrils (il y a même un terril où ont été implantés des pieds de vigne).

Terril 4La montée fut très sympa. La descente, moins. Il faut dire que je suis un peu stupide. Alors qu'il restait encore un quart du terril à descendre j'ai eu la mauvaise idée de courir. C'est le point « j'ai testé pour vous ».

« J'ai testé pour vous » la chute d'un terril. Je me suis mis à courir. De plus en plus vite. Il faut dire qu'il y a de la pente. Au départ j'étais tranquille, j'étais pénard. Mais peu à peu mes pas se sont espacés, ma vitesse a grandi et la peur est apparue. J'ai bien vu qu'il était impossible de freiner. J'étais dans la situation où vous courez trop vite, et où vous avez l'impression que les jambes ne vont pas assez vite. Mais j'ai réussi à rester debout. J'étais en bas.

Mais ce qui compte ce n'est pas la chute, c'est l'atterrissage. Je suis arrivé à très grande vitesse, celle que j'ai acquise dans la pente, et le passage sur le plat fut casse-gueule. Pensez, j'avais l'impression tout d'un coup d'avoir un mur contre mes pas. Et là, ce fut la chute.

Celle-ci fut sévère. J'arrivais trop vite. Et ce fut la tête la première. Deux heures après, j'avais encore des résidus de charbon entre les dents. Mon seul réflexe fut de tenter le roulé-boulé. J'ai mis en opposition mon genou droit, et fait une roulade. Une fois au sol, j'ai entendu les rires de mes collègues, apparemment pas du tout inquiets pour moi. Personnellement je l'étais plus, puisque mon épaule me faisait mal. J'ai pensé au déboîtement. Et puis finalement plus de peur que de mal. J'étais vite debout, et hormis un genou bien éraflé, le reste du corps n'a pas trop souffert. « J'ai testé pour vous », et mon conseil est le suivant : à ne pas réaliser.

Les-arrageois-sur-un-terril.JPGAprès les terrils, ce fut direction la piscine de Bruay. Construite en 1936, à l'époque du Front Populaire et des premiers congés payés, elle est un symbole d'art déco. Si vous regardez le journal TV de TF1, il y a eu un sujet hier midi (oui, je fais de la pub pour TF1). Manque de chance, les horaires étaient exceptionnellement changés hier, on est reparti avec des photos, mais sans les souvenirs qui vont avec. Dommage car c'est vraiment joli (l'eau est à 29°C, la piscine est maintenant chauffée au gaz, après avoir été chauffée au... charbon).

La piscine BruayEnfin, direction la cité des électriciens. Si vous avez vu Bienvenue chez les Ch'tis, c'est le coron où la bande d'amis emmène la femme de Kad Merad pour la dégoûter de la région. Il reste une maison habitée, par des nonagénaires. Le reste est à l'abandon, et en reconstruction. L'effet film, et le fait de s'être aperçu que c'est le plus vieux coron du coin, ont permis de débloquer des fonds pour la restauration du lieu. Le cité des électriciens tient son patronyme du nom des rues : des hommes ayant révolutionné l'électricité. L'ambiance était étrange, sorte de cité fantôme.La cité des électriciensLa cité des électriciens 3La cité des électriciens 2Nous avons terminé par un verre dans le centre de Béthune, en face du beffroi illuminé. Qui a dit que nous n'avions pas une belle région ?

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2 août 2013 5 02 /08 /août /2013 20:13

La démocratie est fragile comme la dictature.

Ce dernier mois, nous avons assisté à deux défaites de la démocratie.

Tout d'abord, il y a l’Égypte. Rappelez-vous 2011, la révolution. Je m'en souviens comme si c'était hier. J'étais sur Internet, en direct avec Al-Jazeera, dans la bibliothèque de l'université de Lille 2. Le vieux Moubarak, qui avait séjourné dans mon hôtel (true story), quittait le pouvoir après 20 ans. On imaginait une nouvelle destinée pour la grande civilisation égyptienne. Et puis...

Et puis les élections sont arrivées après une période troublée. Et c'est le parti le mieux organisé, celui des frères musulmans, qui l'emporta. Morsi devint président, légitimé par les urnes.
Morsi-president-egyptien.jpgDes urnes que tout le monde semble avoir oublié depuis plusieurs semaines. Ce qui s'est passé en Égypte n'est rien d'autre qu'un coup d’État militaire. Mais nos belles démocraties occidentales n'en ont pas prononcé le nom. Un immense silence a résonné jusque dans les couloirs de l'ONU.

Faut dire que la victoire des « islamistes » Frères musulmans, n'arrangeait pas grand monde. Nos belles démocraties occidentales avaient un peu peur de l'islam politique, de ses abus. Et imaginez que ça marche...

Bon, ça n'a pas vraiment fonctionné. En une année les Frères Musulmans et Morsi avaient perdu une belle partie de leur légitimité acquise par les urnes. Beaucoup de décisions discutables et des résultats économiques franchement mauvais. Les dernières manifestations contre le président Morsi et son gouvernement furent immenses. Mais est-ce suffisant ? Est-ce que cela justifie et légitime un coup d'état par les militaires ? Des militaires qui jurent qu'ils vont rendre le pouvoir très vite, que la démocratie va l'emporter... Mais l’Égypte et les militaires, c'est une histoire d'amour. Coup d’État de Naguib, présidence de Nasser, El-Sadate, Moubarak... que des hommes formés à l'académie militaire. Et loin d'être des démocrates...

Imaginez un peu l'inverse. Imaginez un coup d’État renversant un président libéral égyptien. Un coup d’État qui amènerait des islamistes au pouvoir, à la mode iranienne. Imaginez un peu les réactions outrées des démocraties occidentales. Et aujourd'hui, rien. Un coup d’État militaire, quel coup d’État militaire ?



 

La deuxième défaite de la démocratie est le refus par l'ensemble des pays occidentaux d'offrir l'asile à Edward Snowden.
Pourtant, on parle ici du plus gros scandale d'espionnage de l'histoire. Les États-Unis ont espionné les conversations du monde entier. Au départ, la raison invoquée fut celle de la lutte contre le terrorisme. Avec le discours traditionnel : vous ne pouvez pas avoir à la fois une sécurité complète et en même temps une protection de la vie privée complète. Problème, l'espionnage ne concernait pas que les personnes susceptibles d'être des terroristes. Non, les autorités américaines ont également espionné les diplomates occidentaux, avant des négociations importantes. Ils ont également espionné des industriels... et glanaient ainsi quelques informations en toute illégalité.

Un seul type a réussi à sortir cette information démente : Edward Snowden. Réfugié à Hong Kong, puis en transit à Moscou, il a envoyé des demandes d'asile à beaucoup de pays occidentaux, Allemagne et France inclus. Il faut dire que ces pays ont grandement protesté par voix de presse. Ils étaient fort mécontents. Très. Enfin, un peu. Pas assez en tout cas pour accueillir l'incroyable informateur, poursuivi par la justice américaine. Et c'est ainsi la Russie, grande démocratie (sic!) et éternel opposant à Washington, qui a offert aujourd'hui un droit de résidence d'une année à Snowden.
Edward-Snowden-save-snowden-save-freedom.jpg
Imaginez un instant que Snowden soit chinois. Imaginez qu'il ait dévoilé un programme d'espionnage chinois concernant l'ensemble du monde occidental. Ne pensez-vous pas que les pays occidentaux se seraient bousculés pour l’accueillir ?
Mais ici c'est les États-Unis. Un État de droit qui va respecter Snowden pendant son procès. Pas d'asile donc. Et tant pis si ce même État espionnait le monde entier, bafouant ainsi... le droit.

La démocratie, c'est donc le droit de se taire. Même au plus haut niveau.

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27 juillet 2013 6 27 /07 /juillet /2013 19:30

Le temps s'est arrêté. Il n'y a plus de passé, plus de futur. Je suis là, ici, présent. En plein dedans. En pleine interaction. Ce film m'a transcendé. Il a déjà 20 ans. Et il m'était méconnu. Jamais entendu parler. Jamais vu dans la programmation télé. 

Alors la claque n'en fut que plus brutale. Jean, tel un zombie, le traverse. On comprend lentement ces atermoiements. Et puis forcément. La relation qui s'en suit est violente, telle une maladie. Un amour interdit, qui n'interdit pas l'amour. Le choc des images et plus encore, le choc des paroles. Les actes aussi. Une souffrance. Pendant deux heures de film, pendant deux heures de vie. Le pourquoi moi. Les nuits fauves.

Les-nuits-fauves.jpg
Parfois j'ai l'impression de choisir la mauvaise voie. Celle du malheur. Et de l'emprunter en toute connaissance de cause. De persévérer au fur et à mesure des kilomètres, au fur et à mesure des heures. D'y plonger avec un certain plaisir, une certaine envie. D'en tester les limites. Combien de fois ai-je voulu être plus malheureux que je ne l'étais réellement. Combien de fois j'ai imaginé une situation des plus horribles pour penser mon malheur dans cet état de fait. La chute est lente, mais profonde. J'observe les différents étages, croise la tristesse et les idées noires. Je descends plus bas, parfois. Je regarde autour de moi. Je regarde vers le haut, j'y vois la lumière. Et je m'assois, pour contempler tout ça. Qu'il est beau mon malheur.


Le frôlement d'une main contre la mienne. Lentement, doucement, qui continue vers le long de l'avant-bras. Des frissons s'emparent de mon corps. L'intérieur du coude. Le divin. J'ouvre un peu les yeux, contemplant la beauté d'un visage. Les lèvres à peine refermées. Nos yeux se croisent. Les sourires s'installent. Des mots s'échangent. Légers. Je caresse sa joue droite. Divine. Je sens ses frissons. Je ressens l'amour. Qu'il est beau, mon bonheur.


Il est à portée de main. Il est la somme de nos décisions, de nos actes. Il est un choix. Mais il faut goûter des deux pour s'en satisfaire pleinement. Et il faut y retourner parfois, tester le goût amer, et le recracher, avec le sourire. Rien n'a le goût du bonheur. Rien n'a le goût de l'amour. Putain de belle vie.

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23 juillet 2013 2 23 /07 /juillet /2013 13:45

C'est un article que je veux faire depuis plusieurs mois, sans trouver le ton juste. Et depuis, il s'en est passé des choses sur Internet, et encore plus par rapport aux libertés sur Internet.
J'ignore comment c'est pour vous, mais il est clair que pour mois il y a de plus en plus une méfiance vis-à-vis de la toile. Et notamment par rapport aux traces que je laisse sur celle-ci. L'exemple le plus frappant est FB. Il n'y a pas si longtemps, j'avais un millier de photos, je faisais partie de 50 groupes et je faisais quelques blagues salaces sur les murs. Mais ça, c'était avant. Aujourd'hui j'ai nettoyé mon mur, pour ne rien laisser apparaître entre 2007 et 2011. Je laisse un mois ou deux d'archives, hormis la période du tour d'Asie. Et je suis tagé sur 69 photos. J'ai supprimé une dizaine d'albums. J'ai arrêté les blagues salaces. Je like rien, ou si peu. Pas de film, pas de musique, pas de livre. Pas de boulot. Pas de lieu d'étude. Pas de date d'anniversaire. Pas le vrai nom.

Très clairement FB n'est plus aussi drôle qu'il l'a été. FB c'est devenu sérieux. Et pour cause, j'ai des collègues de boulot, ma famille, des universitaires en puissance et des anciens d'Erasmus dans mes amis. Bonjour le melting-pot. Il est fini le temps où nous n'étions qu'un petit groupe à naviguer sur le réseau. Est-ce FB qui a changé ? Ou est-ce moi ?

 


Un peu des deux mon capitaine. Certes FB est moins « in » qu'auparavant. Mais mes cousins publient autant de photos d'eux et de leurs ami(e)s que je le faisais. Et ils écrivent les mêmes conneries. Si FB est devenu sérieux, c'est parce que je le suis devenu également.

Il n'y a pas que FB d'ailleurs. Quand je regarde mon blog des premières années, j'ai parfois honte. Le langage SMS que je combats maintenant, les milliers de fautes (que je fais toujours), des articles sans queue ni tête. Je me demande souvent comment j'ai fait pour publier ça. Et puis je me dis que tout ça fait partie de ma jeunesse. J'ai auto-censuré de nombreux articles, j'ai fait des choix. Mais j'ai gardé le tout bien précieusement dans mon disque dur, avant de l'imprimer. Je laisse des traces, mais je choisis lesquelles.

J'ai l'impression que de plus en plus de personnes entretiennent une psychose vis-à-vis d'Internet. Personnellement, je ne m'inquiète pas trop. Certes, les États tentent d'en profiter, mais il y a une telle lutte à leur encontre que beaucoup arrivent à contourner. L'exemple typique c'est le téléchargement et le streaming. Combien d'entre vous regardent des séries en streaming ? On est bien d'accord. Un autre exemple c'est quand je fus en Chine. Chez notre couchsurfer, on pouvait consulter FB, grâce à un contournement. Là-bas, c'était se connecter à la liberté. Ce serait fou qu'en France, en démocratie, FB devienne un symbole contraire. Bien sûr il faut rester vigilant. Mais de là à s'en détourner, il y a un pas que je ne franchis pas.

C'est qu'on a beau dire, on a beau faire, Internet a énormément d'avantages. Et j'ai développé une réelle dépendance. J'y achète mes livres, mes tickets d'avion et de train, je regarde mes films et mes séries, les photos des amis, j'échange avec ma famille, avec mon directeur de thèse, j'effectue celle-ci quasi-exclusivement en ligne, je lis les journaux, j'écris pour ce blog, je squatte facebook pour avoir des nouvelles de tout le monde...

Imaginez juste un peu : quitter Internet pendant une année. On en dégagerait du temps ! Mais pour quoi faire ? Pour être plus accroché au téléphone pour avoir des nouvelles des autres, pour galérer et se faire pigeonner dans les agences de voyages pour chaque ticket d'avion, pour faire la queue à la SNCF, pour commander mes livres et attendre 10 jours avant de les recevoir à la FNAC, en payant plus cher qui plus est. Pour squatter devant la télé et regarder une série traduite dans un français délirant, pour dépenser 10 euros à chaque fois que je veux voir un film au cinéma. Pour ne pas être au courant des naissances, des mariages, des soirées, des matchs de football... Pour n'avoir que la télévision et la radio comme source d'information...

Se méfier d'internet. Oui. D'accord. Mais sur Internet. 

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22 juillet 2013 1 22 /07 /juillet /2013 12:32

La capitale nordiste et moi avons une relation conflictuelle. Un mélange de haine et d'amour. Tout a commencé en 2005, alors que je devais faire mon choix d'université. Beaucoup partaient vers la métropole. Et puis j'ai visité Lille 3. Forcément, le tout-béton et les trous dans les murs faisaient rêver ! (sic!) Alors je me suis dit qu'Arras, avec sa verdure, ses beaux bâtiments... et ses moindres tentations, me permettrait d'éviter de foirer mes années universitaires. Je n'avais pas tort, j'étais (à l'époque ?) un garçon immature, et ce choix me fut salutaire. Car j'en ai vu beaucoup se perdre dans les folles soirées lilloises.

Et puis très honnêtement, je n'aimais pas Lille. Je trouvais la ville sale, engorgée, alcoolisée. Mes quelques soirées sur place se comptaient sur les doigts d'une main. Même la braderie me dégoûtait. Lille, c'est pas pour moi.

J'ai gardé cette impression jusque tard. Jusqu'à il n'y a pas si longtemps. Décembre 2010 et début d'année 2011. Lille m'a rattrapé par le col alors que je sombrais après mes aventures new yorkaises. Et dès lors, ce fut l'île de la tentation. Lille m'a montré qu'elle était reine de la nuit, qu'elle festoyait comme une belle Erasmus. Mon Lille vibrait au rythme de Solférino. Je vivais Magnun et Smile, croisant le Latina et la Boucherie, rigolant au Scotland et à l'Irlandais. Je vivais ma seconde jeunesse, celle que je n'avais pas voulu embrasser à la sortie du lycée. Je me plaisais dans mon immaturité, débarquant chaque jeudi plein d'envie et repartant chaque vendredi plein de cernes. On a même envisagé d'aller voler le drapeau du consulat d'Italie, qui a fermé devant notre menace.

Mes soirée lilloises m'ont apporté beaucoup sur le plan humain, et sur le plan relationnel. Je ne connaissais que la vie de couple. J'ai découvert autre chose, presque aussi important. Lille m'a permis de tester mon envie. Lille m'a apporté les comparaisons. Lille m'a fait comprendre que la polygamie ne doit pas être enviée. Lille m'a offert une confiance que je ne connaissais pas. Alors quitter l'île de la tentation fut une quasi-délivrance. J'y avais pris goût, cela aurait pu être dangereux.

A mon retour en Europe j'ai imaginé revivre Lille de la même façon, avec la même envie. Et puis...
Et puis Lille a un goût de déjà vu. Un goût de déjà fait. Un goût de déjà entendu. J'ai refait les mêmes soirées, dans les mêmes boîtes, avec les mêmes personnes. Et pourtant ce n'est plus pareil. La folie a disparu. Lille n'est plus la reine de la nuit, puisque j'ai trouvé une autre reine, peut-être celle de ma vie.
Les soirées lilloises ont clairement un goût différent quand vous êtes célibataire et quand vous êtes en couple. Non. Ce n'est pas ça. Les soirées en boîte ont clairement un goût différent quand vous êtes célibataire et quand vous êtes en couple.
Pourtant j'ai répété pendant des années que j'aime danser. Oui, c'est vrai. Mais plus autant qu'avant. Et puis danser la Macarena pour la 233ème fois, c'est moins drôle.

Ma dernière soirée lilloise était la fête du bac. Et autour de moi, j'avais tous les lycéens et lycéennes de Lille, certain(e)s pour leur première soirée en boîte. Ils fêtaient le bac, et goûtaient la liberté. Et moi, à côté d'eux. Je fêtais mon bac pour la huitième fois. Putain, huit ans. Alors très clairement je me suis senti vieux. J'ai pourtant tenté d'amuser ma soirée en aidant tant bien que mal des amis à flirter avec le sexe opposé, que ce soit Dormeur ou Bozo. Mais ça n'a pas suffi.

Très clairement, je me rapproche de l'épilogue de mes soirée lilloises. Oh, il y en aura d'autres, des soirées au restaurant et avec un verre dans un bar. Mais il faut reconnaître que notre temps en boîte est compté. L'horloge tourne, il est 4 heures, la soirée est sur la fin. Des gens sont déjà partis. La plupart de ma génération d'ailleurs. Restent les plus jeunes qui prennent le relais, et les anciens savourant leur dernière danse. Je fais partie de ceux-là. Pour combien de temps encore ?

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Published by Phileas Frog - dans Autre
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